Sougyot, sources, hakira de fond, ma’hlokot des Richonim et des Aharonim,
nafka minot pour la halakha, et examen des chitot
Le sujet :
Choulhan Aroukh, Yoré Déa, siman קי״ג — seize seifim
avec ses nossé kélim : Chakh (שפתי כהן), Taz (טורי זהב), Baer Hetev, Pit’hé Techouva
Le fond de la sougya dans le Chass :
עבודה זרה ל״ז:–ל״ח. — les deux conditions, le maakhal ben Droussaï, le motif du rapprochement ·
עבודה זרה ל״ח. — le tisonnage des braises et le chauffage du four ·
עבודה זרה ל״ח: — le salé n’est pas comme le bouillant, le mariné n’est pas comme le cuit
Rédaction et étude :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT
« דיני בשולי עובדי כוכבים. ובו ט״ז סעיפים » (שו״ע יו״ד קי״ג:א)
« דבר שאינו נאכל כמו שהוא חי וגם עולה על שלחן מלכים ללפת בו את הפת או לפרפרת שבישלו עובד כוכבים אפילו בכלי ישראל ובבית ישראל אסור משום בישולי עובד כוכבים » (שו״ע יו״ד קי״ג:א)
Traduction. Les lois de la cuisson faite par les non-Juifs ; il comporte seize seifim. — Un aliment qui ne se mange pas tel quel, cru, et qui de surcroît monte sur la table des rois pour accompagner le pain ou comme entremets, et qu’un non-Juif a cuit — même dans un ustensile appartenant à un Juif et dans la maison d’un Juif — est interdit au titre du bichoul akoum.
Le siman repose tout entier sur un décret rabbinique : les Sages ont interdit le bichoul akoum, l’aliment qu’un non-Juif a cuit. La guemara (עבודה זרה ל״ז:–ל״ח.) enseigne que deux conditions doivent se rejoindre pour que l’interdit s’applique : (a) l’aliment ne se mange pas tel quel, cru — ce qui se mange cru n’a pas assez d’importance pour qu’un non-Juif invite son prochain autour de lui ; (b) il monte sur la table des rois pour accompagner le pain ou comme entremets. Il faut les deux : si l’une manque, il n’y a pas d’interdit. Et le Choulhan Aroukh prend soin de dire que le décret ne dépend pas de l’ustensile du non-Juif mais de son acte de cuisson — il vaut donc même dans un ustensile de Juif et dans la maison d’un Juif.
« אפילו בכלי ישראל ובבית ישראל אסור משום בישולי עובד כוכבים » (שו״ע יו״ד קי״ג:א)
« הטעם דעיקר הגזירה משום חתנות ודבר שאינו חשוב כ״כ אין אדם מזמין חבירו עליו » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק א׳)(b) שמא יאכילנו דברים אסורים — la crainte que le non-Juif n’y mêle une chose interdite. Le Pit’hé Techouva rappelle ce second motif au nom du Beit Yossef, et les deux motifs habitent ensemble le décret : c’est de leur écart que naissent plusieurs des dins du siman.
« אלא שהיה עוד טעם מבואר בב״י דשמא יאכילנו דברים אסורים » (פת״ש יו״ד קי״ג ס״ק א׳)
« דלפי טעם זה שרי בישול של מומר דמשום חתנות ליכא » (פת״ש יו״ד קי״ג ס״ק א׳)Mais le second motif demeure, et il suffit à interdire — d’où la conséquence que le Pit’hé Techouva tire jusqu’au profanateur public du Chabbat, en renvoyant au siman 2 seif 5 et au siman 119.
« ה״ה מומר לחלל שבת בפרהסיא או לכל התורה כולה חוץ משתים אלו דדינו כעובד כוכבים » (פת״ש יו״ד קי״ג ס״ק א׳)
C’est la hakira sur laquelle repose toute la définition de la « cuisson » dans ce siman, et c’est là que le Chakh met tout son poids, dès son premier ס״ק.
« מדלא התנה המחבר שיהא נשתנה מברייתו ע״י האור אלמא דס״ל אפילו לא נשתנה אסור וכדעת הרמב״ם » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק א׳)Puis il dit ce qui lui paraît être l’essentiel dans la guemara, et il l’appuie sur le Ran, Rachi, le Rif et le Raavan.
« אבל באמת נראה עיקר בש״ס … כהר״ן ורש״י דאין אסור משום בשולי עובדי כוכבים אלא כשנשתנה מברייתו ע״י האור » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק א׳)Et il ne cache pas que le reste des décisionnaires ne fait pas cette distinction.
« מיהו דעת שאר הפוסקים נראה דאין לחלק בזה » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק א׳)
| Chita | Définition de la cuisson | Source |
|---|---|---|
| Rachi · Rif · Ran (et le Raavan) | il faut que la chose ait été changée par le feu — et tant qu’elle ne l’a pas été, même cuite par un non-Juif, il n’y a pas de bichoul akoum | Chakh ס״ק א |
| Le Rambam | aucun changement visible n’est requis — la cuisson du non-Juif suffit dès lors que l’aliment ne se mange pas cru et monte sur la table des rois | Chakh ס״ק א |
Le Chakh ajoute une lecture de la glose du Rama au seif 2 : s’il n’a permis les pois grillés que parce qu’ils ne montent pas sur la table des rois, et non parce qu’ils n’ont pas été changés, c’est que lui aussi tient comme le Rambam.
« כתב האו״ה קרביים וקורקבן ובני מעיים אע״ג דאמרינן לעיל … אוכליהון לאו בר אינש ולא הוי חה״ל מ״מ אסורים משום בישולי עובדי כוכבים » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ב׳)Et de même les truffes et les champignons, qui montent sur la table des rois au titre de l’entremets.
« דכמהין ופטריות עולין על שלחן מלכים משום פרפראות ויש בו משום בשולי עובדי כוכבים » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ב׳)La mesure n’est donc pas la seule transformation de la forme, mais l’importance du mets et la manière dont on le mange — et c’est exactement le foyer de la hakira.
« עירב דבר הנאכל כמו שהוא חי עם דבר שאינו נאכל כמו שהוא חי ובישלם העובד כוכבים אם העיקר מדבר שיש בו משום בישולי עובד כוכבים אסור ואם לאו מותר: » (שו״ע יו״ד קי״ג:ב)
« הגה ומותר לאכול אפונים קלויים של עובד כוכבים וכן הקטניות שקורין ערבשי״ן קלויים דאינן עולים על שלחן של מלכים וכן נהגו בהם היתר אם לא במקום שנהגו למשוח המחבת בחלב שאז נוהגים בהם איסור … אבל בלאו הכי שרי ואין לחוש לכליהם של עובד כוכבים דסתמן אינן בני יומן וכל פרי שנאכל כמו שהוא חי אע״פ שבשלו אותו עובד כוכבים ונמחה ונעשה תבשיל בידיהם שרי ועל כן אוכלין הפובידל״א שעושין העובדי כוכבים: » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:ב)
« פנאד״ה שאפאה עובד כוכבים אסורה אפילו למי שנוהג היתר בפת של עובד כוכבים מפני שהשומן נאסר כשהוא בעין משום בישולי עובדי כוכבים ונבלע בפת וכן ירקות הנאכלים חיים שבשלם עם בשר אסורים מפני ששומן של בשר נבלע בהם: » (שו״ע יו״ד קי״ג:ג)
Traduction du seif 2 (Mehaber). S’il a mélangé une chose qui se mange telle quelle, crue, avec une chose qui ne se mange pas telle quelle, crue, et qu’un non-Juif les a cuites : si l’essentiel vient de la chose à laquelle s’applique le bichoul akoum — interdit ; sinon — permis.
Traduction de la glose du Rama (seif 2). Il est permis de manger des pois grillés d’un non-Juif, ainsi que les légumineuses qu’on appelle ערבשי״ן grillées, parce qu’elles ne montent pas sur la table des rois ; et l’usage a été de les permettre — sauf à l’endroit où l’on a coutume d’enduire la poêle de graisse, où l’usage est alors d’interdire. Mais hors de ce cas c’est permis, et il n’y a pas à craindre leurs ustensiles, qui ordinairement ne sont pas בני יומן. Et tout fruit qui se mange tel quel, cru — même cuit par un non-Juif, délité et devenu un mets entre leurs mains — est permis ; c’est pourquoi l’on mange le פובידל״א que font les non-Juifs.
Traduction du seif 3 (Mehaber). Une פנאד״ה qu’un non-Juif a cuite au four est interdite, même pour celui qui a coutume de permettre le pain des non-Juifs, parce que la graisse devient interdite quand elle est en nature au titre du bichoul akoum, et qu’elle est absorbée dans le pain. De même, des légumes qui se mangent crus et qu’il a cuits avec de la viande sont interdits, parce que la graisse de la viande y est absorbée.
« אם העיקר מדבר שיש בו משום בישולי עובד כוכבים אסור ואם לאו מותר » (שו״ע יו״ד קי״ג:ב)
« קמ״ל דכאן לא אמרינן כן כיון שהשומן בעין לא בטיל » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ב׳)Le Chakh, de son côté, précise de quelle פנאד״ה il s’agit et pose la distinction que le Taz discutait.
« והיינו בפנאד״ה של עובד כוכבים אבל פנאד״ה של ישראל שאפאה עובדי כוכבים לא נהגו היתר בשום מקום » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ו׳)
« וראיתי כתוב דבשומן אווז או של בהמה אין איסור בישול עובד כוכבים כי מסתמא כבר מהותך ואין בישול אחר בישול » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ב׳)Le Chakh dit la même chose à son ס״ק ה, où il précise que la פנאד״ה dont parle le Choulhan Aroukh est celle de poisson.
« דאלו שומן בשר או של אווזא סתמן כבר מהותך ואין בו משום בשולי עובדי כוכבים דאין בישול אחר בישול » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ה׳)
« יש מי שמתיר בשפחות שלנו ויש מי שאוסר ואפילו בדיעבד » (שו״ע יו״ד קי״ג:ד)
« הגה ובדיעבד יש לסמוך אדברי המתירים … ואפילו לכתחילה נוהגין להקל בבית ישראל שהשפחות והעבדים מבשלים בבית ישראל כי אי אפשר שלא יחתה אחד מבני הבית מעט » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:ד)
Traduction. Mehaber : il y a qui permet dans le cas de nos servantes, et il y a qui interdit, même a posteriori (responsum du Rachba §68). Rama : a posteriori, on peut s’appuyer sur ceux qui permettent ; et même a priori l’usage est d’être indulgent dans la maison d’un Juif, où les servantes et les esclaves font la cuisine dans la maison du Juif, car il est impossible que l’un des gens de la maison ne tisonne un peu.
| Chita | Nos servantes | Source |
|---|---|---|
| Il y a qui permet | la cuisson des servantes attachées à la maison du Juif est permise | Mehaber seif 4 |
| Il y a qui interdit — même a posteriori | il n’y a pas à distinguer une servante d’un autre non-Juif ; interdit même a posteriori | Mehaber seif 4, au nom du responsum du Rachba §68 |
« פי׳ הקנויות לנו ומוזהרין אנו על מלאכתן בשבת מן התורה ואין מכלל זה השפחות עובדי כוכבים שהם נשכרים לישראל לזמן » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ג׳)Et il ajoute aussitôt que, même pour les servantes louées, l’Issour véHetter permet a posteriori.
« אלא דבאו״ה כלל מ״ג כתב גם באלו להתיר בדיעבד » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ג׳)Le Chakh donne à la même distinction sa raison, au nom du responsum du Ramban rapporté par le Beit Yossef : l’esclave acheté sort de la catégorie du non-Juif, et sort donc des décrets du rapprochement.
« שקנויות לנו דמלאכה דעבד העובד כוכבים דישראל הוא ומוזהר עליו בשבת מן התורה וליתיה בכלל עובד כוכבים והלכך ליתיה בכלל גזרות חתנות » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ז׳)Il en tire une difficulté sur le Rama : nos servantes à nous, dans ces pays, ne sont pas achetées mais louées à l’année, et l’indulgence a posteriori ne leur convient donc pas telle quelle.
« אבל לא בשפחות שלנו שבארצות אלו שאין קנויות לנו רק שנשכרו לשנה ואין אנו מוזהרין עליהם בשבת » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ז׳)
« דעיקר דמילתא סמיך אטעמא דא״א שלא יחתה אחד מבני הבית מעט » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ז׳)Il rapporte encore, au nom du responsum du Ramban cité par le Issour VeHeter du Maharchal, un autre motif d’indulgence — que la servante travaille par contrainte et non de son gré, de sorte qu’il n’y a pas là de rapprochement des cœurs. La réserve qui suit appartient encore aux paroles rapportées, que le Chakh clôt par ע״כ עכ״ל, et non à lui :
« ומ״מ אין דבריהם מחוורין ואין אנו סומכין ע״ז ואנו נוהגין איסור אפילו בדיעבד » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ז׳)Et le ס״ק ne s’arrête pas là. Le Chakh reprend en son nom, et la suite renverse l’impression que laisserait cette fin : ce motif-là est justement celui sur lequel repose l’avis indulgent du Mehaber, et c’est sur lui que le Rama s’appuie pour permettre a posteriori.
« ולפ״ז י״ל דסברת המתיר שכתב המחבר הוא מטעם זה ולזה כתב הרב דיש לסמוך עליהם בדיעבד » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ז׳)
L’indulgence ne tient donc pas à ce que l’on ait vu un membre de la maison tisonner, mais à la présomption qu’il l’a fait ; et c’est pourquoi elle est dite de la maison du Juif, et des servantes qui y sont attachées.
« עובד כוכבים שבישל ולא נתכוון לבישול מותר כיצד עובד כוכבים שהצית אור באגם כדי להעביר החציר ונתבשלו בו חגבים הרי אלו מותרים ואפילו במקום שעולים על שלחן מלכים וכן אם חרך הראש להעביר השער מותר לאכול ראשי האזנים שנצלו בשעת החריכה אבל אם כוון לשם בישול כגון שהסיק התנור לבשל בו והיה בו בשר תחילה ונצלה אף על פי שלא כיון לזה הבשר שהרי לא ידע בו אסור: » (שו״ע יו״ד קי״ג:ה)
Traduction. Un non-Juif qui a cuit sans avoir visé la cuisson — permis. Comment ? Un non-Juif qui a mis le feu à un marais pour en faire disparaître l’herbe, et que des sauterelles y ont cuit — elles sont permises, et même là où elles montent sur la table des rois. De même, s’il a flambé la tête pour en ôter le poil, il est permis de manger le bout des oreilles qui a rôti pendant le flambage. Mais s’il a visé la cuisson — par exemple qu’il a chauffé le four pour y cuire, qu’il s’y trouvait de la viande auparavant et qu’elle a rôti — bien qu’il n’ait pas visé cette viande, puisqu’il n’en savait rien — c’est interdit.
« ואפילו במקום שעולים על שלחן מלכים » (שו״ע יו״ד קי״ג:ה)
« בטור כתוב לפיכך אם ידע שהיה בשר בתנור אפילו חממו לייבש בו כלי אסור חיישינן שמא כוון גם לבישול » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ה׳)Et il lui oppose une difficulté tirée du seif 11 : là, le doute sur le bichoul akoum s’allège, puisqu’il s’agit d’une prescription rabbinique.
« וקשה לי הא כתב הטור אח״כ בסי׳ זה דאם היפך בו עובד כוכבים ואין ידוע אם סילקו כו׳ ולא חיישינן שמא סילקו דספק דבריהם להקל » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ה׳)
« וצריך לדחוק ולחלק דשאני גבי סילוק דהוא אינו דבר מצוי כ״כ לעשותו כמו כאן שמצוי הוא לכוין גם לבישול » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ה׳)
« כל שבישלו ישראל מעט בישולו בין בתחילה בין בסוף מותר לפיכך אם הניח עובד כוכבים בשר או קדרה על גבי האש והפך ישראל בבשר והגיס בקדרה או שהגיס ישראל וגמר העובד כוכבים הרי זה מותר. » (שו״ע יו״ד קי״ג:ו)
« ואפי׳ לא היה מתבשל בלא סיוע העובד כוכבים: » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:ו)
Traduction. Mehaber : tout ce dont un Juif a fait un peu la cuisson, au début comme à la fin — permis. C’est pourquoi, si un non-Juif a posé de la viande ou une marmite sur le feu et qu’un Juif a retourné la viande ou remué la marmite, ou que le Juif a remué et que le non-Juif a achevé, cela est permis. Rama : et même si cela n’aurait pas cuit sans le concours du non-Juif.
« כל שבישלו ישראל מעט בישולו בין בתחילה בין בסוף מותר » (שו״ע יו״ד קי״ג:ו)
« לכאורה קשה דהוא נגד הש״ס דעבודת כוכבים … ומביאה ב״י דאמרינן אי דלא הפך בה עובד כוכבים לא הוי בשיל בשולי עבודת כוכבים הוא ואסור » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ח׳)Il explique alors sur quoi l’Issour véHetter et le Rama s’appuient : sur l’assimilation au copeau du siman 112, qui permet le pain.
« אלא היינו מטעמא דקי״ל דכי היכי דמהני קיסם לעיל סימן קי״ב ס״י ה״ה בבשולי עובד כוכבים » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ח׳)Et il dit franchement d’où vient l’indulgence du copeau lui-même : non de la stricte lettre de la guemara, mais d’un usage rapporté dans les différences de coutumes entre les gens d’Erets Israël et ceux de Bavel.
« אלא דסמכינן אמ״ש בחילופי מנהגים דבין בני א״י ובין בני בבל דמהני והנח להם לישראל שיהו שוגגין כו׳ » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ח׳)Le ס״ק ne s’achève pourtant pas sur une décision tranquille : le Chakh y revient à la fin et laisse la chose en suspens.
« ומ״מ לענין דינא צ״ע » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ח׳)
« תימה לי הא איתא בהדיא בגמרא אלא לאו דאי לא היפך העובד כוכבים לא הוה בשיל אמאי מותר » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ו׳)Il propose d’abord de lire la glose autrement : le plat n’aurait pas cuit comme il faut sans le non-Juif, mais il serait parvenu au maakhal ben Droussaï.
« וצ״ל דה״ק דלא היה מתבשל כראוי בלא סיוע עובד כוכבים אבל כמאכל בן דרוסאי הוי בשיל » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ו׳)Puis il conclut, pour la pratique, en bornant l’indulgence à la maison du Juif.
« ונראה לע״ד לענין הלכה דדוקא בבית ישראל יש לסמוך אקולא זו » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ו׳)
« אבל בבית עובד כוכבים אין להקל רק שהישראל יניח הקדירה למקום הראוי להתבשל » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ו׳)
C’est la ma’hloket la plus vive et la plus pratique du siman : c’est d’elle que dépend, aujourd’hui encore, ce qu’un surveillant doit faire pour rendre une cuisson permise.
« אין שגירת … התנור מועלת אלא בפת אבל בשאר המתבשלים אין שגירת התנור ולא הדלקת האש מעלה ומוריד אלא ההנחה דוקא לפיכך הרוצה לבשל במחבת בתנור של עובד כוכבים צריך שיתן ישראל המחבת לתוך התנור למקום הראוי להתבשל בו » (שו״ע יו״ד קי״ג:ז)
« הגה ויש חולקין וסבירא להו דהדלקת האש או חיתוי בגחלים מהני לענין בישול כמו לענין פת וכן נוהגין » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:ז)
« ואפילו חיתוי בלא כוונה מהני ומועיל » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:ז)
« וי״א דאפילו לא חיתה ישראל ולא השליך שם קיסם רק שהעובד כוכבים הדליק האש מאש של ישראל שרי » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:ז)
Traduction. Mehaber : le chauffage du four (c’est-à-dire l’attisement) n’est utile que pour le pain ; mais pour les autres mets qui cuisent, ni le chauffage du four ni l’allumage du feu n’ajoutent ni ne retranchent — c’est le dépôt seul qui compte. C’est pourquoi celui qui veut cuire une poêle dans le four d’un non-Juif doit faire mettre la poêle par le Juif dans le four, à l’endroit propre à ce qu’elle y cuise. Rama : il y a qui contestent et tiennent que l’allumage du feu ou le tisonnage des braises est utile pour la cuisson comme il l’est pour le pain, et tel est l’usage ; et même un tisonnage sans intention est utile. Et il y a qui disent que même si le Juif n’a pas tisonné et n’a pas jeté de copeau, mais que le non-Juif a allumé son feu au feu d’un Juif, c’est permis.
| Chita | Qu’est-ce qui rend permis ? | Source |
|---|---|---|
| Le Mehaber (et le Ran) | le chauffage du four n’est utile que pour le pain ; pour toute autre cuisson, c’est le dépôt par le Juif, à l’endroit propre à la cuisson | Mehaber seif 7 |
| Le Rama (« il y a qui contestent ») | l’allumage du feu ou le tisonnage des braises vaut pour la cuisson comme pour le pain — et tel est l’usage ; même sans intention | Rama seif 7 |
| « Il y a qui disent » — une indulgence de plus | il suffit que le non-Juif ait allumé son feu au feu d’un Juif | Rama seif 7 |
« בר״ן כתוב הטעם ששגירת התנור בפת מלאכה מיוחדת בו » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ז׳)Puis il explique ce que cela veut dire concrètement, et son explication est d’ordre technique : pour le pain on chauffe le four et l’on en retire toutes les braises avant d’enfourner, tandis que pour un autre mets on entretient le feu pendant que le plat cuit — de sorte que l’acte du Juif ne s’y distingue plus.
« נראה פירושו שבפת צריך להסיק התנור ולהוציא כל הגחלים קודם שיאפה הלחם מה שאין כן בשאר תבשיל מסיק האור בשעה שהתבשיל מתבשל מוסיף והולך תמיד ע״כ לא ניכר כ״כ מעשה ישראל » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ז׳)Le Chakh, de son côté, déduit de la formulation même du Rama que le copeau vaut aussi pour la cuisson, et non pour le seul pain.
« משמע אבל השליך קיסם מועיל גם בבשולי עובד כוכבי׳ וכן הוא בסמ״ק ובאו״ה להדיא » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק י״א)
« אך יזהר כשמחתה בגחלים שאותו חיתוי יועיל לתקן האש ויועיל למהר בישולו ע״י ישראל » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ט׳)Et il ajoute que c’est bien ce qui ressort de la guemara et des décisionnaires.
« וכן משמע בש״ס ופוסקים דבעינן שהישראל יעשה קירוב בישול » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ט׳)
« כתב בד״מ שמעינן מכאן אפילו לא כוון להתיר ע״י חיתוי זו אלא עשאו בלא כוונה דמותר » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ד׳)Mais le Chakh signale qu’une glose imprimée à la fin de l’Issour véHetter tient le contraire.
« ובהגהה שבסוף ספר או״ה כלל מ״ג פסק שצריך שיכוין לסייע בתיקון האש להכשיר » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק י׳)Et le Taz, à son ס״ק ח, ajoute que le Darké Moché étend l’indulgence au souffle sur le feu.
« וכתב בד״מ דהוא הדין דניפוח באש בפה דמהני » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ח׳)
« עיין בתשובת רדב״ז החדשות סימן ג׳ » (פת״ש יו״ד קי״ג ס״ק ב׳)Et pour la pratique — demande à ton rav.
« נתן ישראל קדרה על האש וסלקה ובא עובד כוכבים והחזירה אסור אא״כ הגיע למאכל בן דרוסאי שהוא שליש בישולו כשסילקה: » (שו״ע יו״ד קי״ג:ח)
« אם בישלו עובד כוכבים כמאכל בן דרוסאי וגמרו ישראל יש לאסור אלא אם כן הוא ערב שבת או ערב יום טוב או שיש הפסד מרובה בדבר. » (שו״ע יו״ד קי״ג:ט)
« ויש מתירין בכל ענין » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:ט)
« וכן נוהגין » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:ט)
« הניח ישראל על גבי גחלים עוממות שלא היה ראוי להתבשל עליהם כמאכל בן דרוסאי ובא עובד כוכבים והפך בו ונתבשל אסור: » (שו״ע יו״ד קי״ג:י)
« הניח ישראל על גבי האש והניח עובד כוכבים לשמרו והפך בו ואין ידוע אם סלקו העובד כוכבים עד שלא הגיע למאכל בן דרוסאי מותר. » (שו״ע יו״ד קי״ג:י״א)
« וכן כל ספק בישולי עובדי כוכבים וכיוצא בו מותר: » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:י״א)
Traduction. Seif 8 (Mehaber) : un Juif a posé une marmite sur le feu et l’a retirée ; un non-Juif est venu et l’a remise — interdit, à moins qu’elle ne fût parvenue au maakhal ben Droussaï — c’est-à-dire au tiers de sa cuisson — au moment où il l’a retirée. Seif 9 (Mehaber) : si un non-Juif l’a cuit à la mesure du maakhal ben Droussaï et qu’un Juif l’a achevé, il y a lieu d’interdire, sauf la veille de Chabbat, la veille d’un Yom Tov, ou en cas de perte importante ; Rama : et il y a qui permettent en tout état de cause, et tel est l’usage. Seif 10 (Mehaber) : un Juif a posé sur des braises mourantes, impropres à cuire jusqu’au maakhal ben Droussaï, un non-Juif est venu, a retourné, et cela a cuit — interdit. Seif 11 (Mehaber) : un Juif a posé sur le feu et a laissé un non-Juif garder ; celui-ci a retourné, et l’on ne sait pas s’il l’a retirée avant qu’elle ne parvînt au maakhal ben Droussaï — permis. Rama : car dans leurs prescriptions le doute s’allège ; et de même tout doute de bichoul akoum et ce qui lui ressemble — permis.
« אא״כ הגיע למאכל בן דרוסאי שהוא שליש בישולו כשסילקה » (שו״ע יו״ד קי״ג:ח)
| Chita | Le din | Source |
|---|---|---|
| Le Mehaber | il y a lieu d’interdire — sauf veille de Chabbat, veille de Yom Tov, ou perte importante | Mehaber seif 9 |
| « Il y a qui permettent » (Rama) | permis en tout état de cause — et tel est l’usage | Rama seif 9 |
Le Taz explique le ressort de l’avis indulgent : la mesure du maakhal ben Droussaï ne vaut comme « cuisson accomplie » que pour alléger, non pour aggraver — de sorte que l’achèvement par le Juif reste utile.
« דדוקא לקולא אמרינן דכמאכל בן דרוסאי הוי בישול שלא יאסרו אח״כ העובד כוכבים אבל לחומרא לא ועדיין מהני אם יגמור ישראל אח״כ » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק י׳)
Et le Chakh note que l’avis indulgent est celui de la plupart des décisionnaires.
« וכן הסכמת רוב הפוסקים ודלא כמהרש״ל בא״ו שלו » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק י״ד)
« לאו דוקא סלקה ישראל אלא ה״ה סלקה העובד כוכבים והחזירו אסור כמ״ש הרשב״א » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק י״ב)Il rapporte que le Bayit Hadach conteste longuement et tient que si c’est le non-Juif qui a retiré et remis, c’est permis.
« ובב״ח האריך לסתור ולבנות ולחלוק ע״ז ודעתו דבסילקו עובד כוכבים והחזירו שרי » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק י״ב)Le Chakh oppose au Bayit Hadach une réserve — ויש לי להשיב על דבריו וכאן אין מקום להאריך — mais il ne la développe pas, et il conclut que la question n’a pas de portée pratique : puisque nous tenons que même lorsque le Juif a allumé le feu ou jeté un copeau c’est permis, rien ne change ici.
« כי למאי דקי״ל דאפילו הדליק ישראל האש או השליך קיסם שרי לא נ״מ מידי בהא דפשיטא דשרי » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק י״ב)Et comme ce n’est pas le Juif qui a retiré la marmite, il écrit que le cas ressemble au copeau.
« כאן כיון דלא סלקו הישראל רק העובד כוכבים נראה דדמי מיהת לקיסם וכה״ג » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק י״ב)Le Taz, lui, ne s’en tient pas là. Il donne à l’interdit une raison propre : le non-Juif a lui-même défait l’acte du Juif et tout refait, si bien que le nom du Juif s’est retiré de cette melakha.
« ונראה לי דכל שכן הוא דאסור בסילקה עובד כוכבים כיון שהעובד כוכבים עצמו ביטל מעשה ישראל ועשה מחדש הכל ממילא עקר שם ישראל ממלאכה זו » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ט׳)Et il écarte expressément l’indulgence a posteriori du Bayit Hadach.
« ומ״ש שם דבדיעבד מותר אם סילק עובד כוכבים והחזירה אין לסמוך על זה כלל » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ט׳)
« דמ״מ אם בישל עובד כוכבים כמאב״ד ולקחו מהאש וחזר בין אותו עובד כוכבים בין עובד כוכבים אחר וגמרו אסור » (פת״ש יו״ד קי״ג ס״ק ג׳)Et il laisse en suspens le cas inverse — c’est le Juif qui a ôté du feu, et c’est le non-Juif qui a remis.
« מיהו אם לקחו ישראל מהאש והחזירו עובד כוכבים צ״ע » (פת״ש יו״ד קי״ג ס״ק ג׳)Le ס״ק suivant rapporte le Chelah, qui tient pour la rigueur du Maharchal contre l’usage que le Rama vient d’enregistrer.
« ובשל״ה ד׳ ע״ו כתב דיש להחמיר כמהרש״ל דלא מהני אחר בישול מאב״ד » (פת״ש יו״ד קי״ג ס״ק ד׳)
« והוא בענין שאין לחוש בו שהחליפן העובד כוכבים » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ט״ו)Et le Taz précise de quel doute il s’agit dans la généralisation du Rama.
« פי׳ שיש ספק אם חיתה ישראל באור או לא » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק י״א)Et pour la pratique — demande à ton rav.
« דגים קטנים שמלחן ישראל או עובד כוכבים הרי הן כמו שנתבשלו מקצת בישול ואם צלאן עובד כוכבים אחר כן מותרים אבל דגים מלוחים גדולים אינם נאכלים אלא ע״י הדחק לפיכך אם צלאן עובד כוכבים אסורים ויש מתירין: » (שו״ע יו״ד קי״ג:י״ב)
« הגה וכן כל דבר שנאכל חי ע״י הדחק ובשלו עובד כוכבים דינו כדגים גדולים … ובשר מלוח אינו נאכל כלל כמו שהוא חי ואסור אם נתבשל ע״י עובד כוכבים: » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:י״ב)
« דג שמלחו עובד כוכבים ופירות שעשנן עד שהכשירן לאכילה הרי אלו מותרין דמלוח אינו כרותח בגזירה זו והמעושן אינו כמבושל: » (שו״ע יו״ד קי״ג:י״ג)
« הגה גם כבוש אינו כמבושל דלא אסרו אלא בישול של אש: » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:י״ג)
« ביצה אף על פי שראויה לגומעה חיה אם בשלה עובד כוכבים אסורה: » (שו״ע יו״ד קי״ג:י״ד)
« תמרים המרים קצת שאינם נאכלים אלא על ידי הדחק אם בשלם עובד כוכבים אסורים: » (שו״ע יו״ד קי״ג:ט״ו)
Traduction. Seif 12 : de petits poissons qu’un Juif ou un non-Juif a salés sont comme ayant subi une part de cuisson, et si un non-Juif les rôtit ensuite, ils sont permis ; mais de grands poissons salés ne se mangent qu’à la rigueur, de sorte que, rôtis par un non-Juif, ils sont interdits — et il y a qui permettent. Rama : de même tout ce qui ne se mange cru qu’à la rigueur et qu’un non-Juif a cuit a le statut des grands poissons ; et la viande salée, qui ne se mange pas du tout crue, est interdite si un non-Juif l’a cuite. Seif 13 : un poisson qu’un non-Juif a salé, et des fruits qu’il a fumés jusqu’à les rendre propres à la consommation, sont permis, car le salé n’est pas comme le bouillant pour ce décret, et le fumé n’est pas comme le cuit ; Rama : le mariné non plus n’est pas comme le cuit, car on n’a interdit que la cuisson par le feu. Seif 14 : un œuf, bien qu’il soit propre à être gobé cru, est interdit si un non-Juif l’a cuit. Seif 15 : des dattes un peu amères, qui ne se mangent qu’à la rigueur, sont interdites si un non-Juif les a cuites.
« גם כבוש אינו כמבושל דלא אסרו אלא בישול של אש » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:י״ג)D’où les deux versants du seif 13 : le salé n’est pas comme le bouillant, le fumé n’est pas comme le cuit, le mariné non plus. Et d’où, à l’inverse, la ligne des seifim 12, 14 et 15 : ce qui ne se mange cru qu’à la rigueur — grands poissons salés, viande salée, œuf, dattes amères — compte comme ne se mangeant pas cru, et tombe donc sous le décret si le non-Juif l’a cuit au feu.
« כתבו התוס׳ ושאר פוסקים דהיינו אפילו גדולים קצת » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק ט״ז)Le Taz, au même endroit, donne la raison de l’indulgence et rapporte trois réponses à la difficulté — le Beit Yossef, le Maharchal et son beau-père le Bayit Hadach — sur ce qui fait qu’un petit poisson monte, ou non, sur la table des rois.
« דכיון שנאכלין כמות שהן חיין ע״י המליחה אין בהם משום בישול עובד כוכבים ועל המליחה תחילה לא גזרו שלא גזרו רק בבישול שעל ידי האש » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק י״ב)
« תירץ ב״י דאחר המליחה עולין הם ורש״ל תירץ דאינם קטנים לגמרי ומו״ח ז״ל תירץ דהמין דאותן דגים הם קטנים לעולם והן חשובין אבל המין שהוא גדול אח״כ אין עולין כל זמן שהם קטנים » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק י״ב)Le Chakh, à son ס״ק י״ח, tire du fumage la même conséquence que de la salaison, au nom de l’Issour véHetter.
« דדגים קטנים אפילו עישנם עובד כוכבים ובשלם אח״כ שרי דעישון הוא שוה בכל מיניו למליחה » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק י״ח)Et le Taz, sur l’œuf, explique pourquoi la chose reste interdite bien qu’on puisse le gober.
« הטעם דאכילה ע״י הדחק היא » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק י״ד)
« שכאן אין נאכלין אלא ע״י דוחק גדול וכן סיים הטור בהדיא ע״י דוחק גדול » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק י״ד)
« וכ׳ האו״ה דחבושים וערמונים … אינן נאכלין חיין אלא ע״י הדחק ויש בהן משום בשולי עובד כוכבים » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק י״ז)Et il rapporte aussitôt l’objection du Torat Hatat, tirée de l’usage du lieu.
« ואינו נראה בערמונים דהא בכל מדינות אלו רוב אכילתן חיין » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק י״ז)Le même ressort joue en sens inverse pour les poires et les pommes, que l’on mange le plus souvent cuites et qui restent pourtant permises.
« ומיהו הני אגסים ותפוחין אף ע״פ שרוב אכילתן ע״י צלי ובישול אם צלאן ובשלן עובד כוכבים מותרים דמ״מ נאכלים גם כן חיין » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק י״ט)
Le critère n’est donc pas une propriété fixe de l’aliment : il se mesure sur la manière dont on le mange là où l’on est. C’est la raison pour laquelle ce seif a produit tant de questions pratiques, et pourquoi elles ne se règlent pas par une liste.
« כלים שבשל בהם העובד כוכבים לפנינו דברים שיש בהם משום בישולי עובדי כוכבים צריכים הכשר ויש אומרים שאינם צריכים ואף לדברי המצריכים הכשר אם הוא כלי חרס מגעילו שלש פעמים ודיו מפני שאין לאיסור זה עיקר בדאורייתא: » (שו״ע יו״ד קי״ג:ט״ז)
« הגה עובד כוכבים שבשל לחולה בשבת מותר למוצאי שבת אפילו לבריא ואין בו משום בשולי עובדי כוכבים דכל כה״ג היכרא איכא: » (רמ״א שו״ע יו״ד קי״ג:ט״ז)
Traduction. Mehaber : des ustensiles dans lesquels un non-Juif a cuit devant nous des aliments soumis au bichoul akoum ont besoin d’être cachérisés ; et il y a qui disent qu’ils n’en ont pas besoin. Et même selon ceux qui l’exigent, s’il s’agit d’un ustensile de terre, il lui suffit de le passer trois fois à l’eau bouillante, parce que cet interdit n’a pas de racine dans la Tora. Rama : un non-Juif qui a cuit pour un malade le Chabbat — c’est permis à l’issue du Chabbat, même pour un bien portant, et il n’y a pas là de bichoul akoum, car en pareil cas il y a un signe distinctif.
« מפני שאין לאיסור זה עיקר בדאורייתא » (שו״ע יו״ד קי״ג:ט״ז)De la même racine sort l’allègement du Chakh sur l’absorption : elle s’annule dans la majorité, et non dans soixante comme pour les interdits de la Tora.
« ואם נתבשלה בהן בדיעבד ויש רוב בתבשיל שרי דבשולי עובדי כוכבים בטלים ברוב כדלעיל סי׳ קי״ב ס״ק כ״ג וע״ל סימן קט״ו ס״ק י״ז » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק כ״א)
| Chita | Un non-Juif a cuit pour un malade le Chabbat | Source |
|---|---|---|
| Le Ra’ah (rapporté par le Ran, suivi par le Rama) | permis, et même après le Chabbat pour un bien portant — il y a un signe distinctif | Taz ס״ק ט״ו |
| Le Rachba (Michmeret HaBayit) | seule la nécessité du moment a été permise ; à l’issue du Chabbat la chose revient à son interdit, et a fortiori pour un bien portant | Taz ס״ק ט״ו |
« ובעל משמרת הבית שהוא הרשב״א כתב על זה וחלילה וחס שלא הותר אפילו לחולה עצמו אלא בעת הצורך בלבד דהיינו בשבת הא למוצאי שבת חוזר לאיסורו וכ״ש לבריא » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ט״ו)
« ודבריו נכונים » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ט״ו)Il ajoute une preuve tirée du siman 112, puis formule la remarque qui a fait la fortune de ce ס״ק.
« ואלו ראו ב״י ורמ״א ספר משמרת הבית לא היו פוסקים להיתר כהרא״ה בזה » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ט״ו)Et il signale enfin que le Beit Yossef lui-même, au siman 123, rapporte un responsum du Ran qui ne suit pas le Ra’ah.
« והיותר תימה שבסימן קכ״ג בסופו כתב ב״י תשובת הר״ן דלא קי״ל כהרא״ה בזה » (ט״ז יו״ד קי״ג ס״ק ט״ו)
La décision pratique en ce point demande donc examen : le texte du Rama dit une chose, l’Aharon qui le commente en dit une autre, et il donne sa raison. Et pour la pratique — demande à ton rav.
« וכלים שבישלו בהן עובדי כוכבי׳ אסורין לכך צריך ליזהר בשפחות עובדת כוכבים המבשלות לעצמן בבית רבן שלא יניחו ע״ג האור » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק כ׳)Et il en donne la raison, qui tient à la présomption du seif 4 : quand elle cuisine pour elle-même, personne de la maison n’a de motif de tisonner.
« י״ל דאם מבשלת לעצמה אין רגילות כלל שא׳ מבני הבית יחתה » (ש״ך יו״ד קי״ג ס״ק כ׳)Le Pit’hé Techouva, au ס״ק ו, rapporte le Hokhmat Adam sur les ustensiles du malade.
« ובספר חכמת אדם כלל ס״ו דין י״ב כתב דיש להתיר הכלים אחר מעל״ע אפילו בלא הגעלה » (פת״ש יו״ד קי״ג ס״ק ו׳)Et le ס״ק ne s’arrête pas au Hokhmat Adam : il renvoie encore au Hayé Adam.
« ועיין בחיי אדם כלל ס״ט דין ט״ז » (פת״ש יו״ד קי״ג ס״ק ו׳)Et pour la pratique — demande à ton rav.
| Le cas | Le résultat | Source |
|---|---|---|
| Ne se mange pas cru et monte sur la table des rois | interdit — même dans l’ustensile et dans la maison d’un Juif | Mehaber seif 1 ; Taz ס״ק א |
| Mélange de ce qui se mange cru et de ce qui ne s’en mange pas | on suit l’essentiel ; mais la graisse en nature ne s’annule pas | Mehaber seifim 2–3 ; Taz ס״ק ב ; Chakh ס״ק ה–ו |
| Servantes attachées à la maison du Juif | l’usage est d’alléger — il est impossible que l’un des gens de la maison ne tisonne ; les servantes louées sont plus lourdes | Rama seif 4 ; Taz ס״ק ג ; Chakh ס״ק ז |
| Sans intention de cuire | permis (sauterelles, flambage) ; mais qui a visé la cuisson — interdit, même sans connaître ce mets-là | Mehaber seif 5 ; Taz ס״ק ה |
| Un peu de cuisson par le Juif (début ou fin) | permis, et selon le Rama même si cela n’aurait pas cuit sans le non-Juif — le Chakh y laisse un צ״ע | Mehaber et Rama seif 6 ; Chakh ס״ק ח ; Taz ס״ק ו |
| Chauffage du four · tisonnage · dépôt | le chauffage pour le pain ; le dépôt selon le Mehaber, le tisonnage ou l’allumage selon le Rama | Mehaber et Rama seif 7 ; Taz ס״ק ז ; Chakh ס״ק ט–י״א |
| Maakhal ben Droussaï entre les mains du Juif | atteint — plus de bichoul akoum ; et le doute s’allège | Mehaber seifim 8–11 ; Rama seifim 9 et 11 ; Pit’hé Techouva ס״ק ג–ד |
| Salaison · fumage · marinade | ce ne sont pas des cuissons — permis | Mehaber seifim 12–13 ; Rama seif 13 ; Chakh ס״ק ט״ז–י״ח |
| Œuf · dattes amères · grands poissons salés | ne se mangent crus qu’à la rigueur → interdits si un non-Juif les a cuits | Mehaber seifim 12, 14–15 ; Taz ס״ק י״ב et י״ד |
| Ustensiles · malade le Chabbat | cachérisation allégée, faute de racine dans la Tora ; pour le malade, le Rama permet au titre du signe distinctif | Mehaber et Rama seif 16 ; Taz ס״ק ט״ו ; Chakh ס״ק כ–כ״א |
| Sujet | Première chita | Seconde chita |
|---|---|---|
| Définition de la cuisson | Rachi, le Rif, le Ran — il faut que le feu ait changé la chose | le Rambam — aucun changement visible n’est requis |
| Nos servantes | il y a qui permet (Mehaber seif 4) | il y a qui interdit même a posteriori, au nom du responsum du Rachba §68 (Mehaber seif 4) |
| Chauffage du four et tisonnage | le Mehaber — le chauffage pour le pain seul, et le dépôt pour le reste | le Rama — l’allumage ou le tisonnage vaut aussi pour la cuisson, et tel est l’usage |
| Le tisonnage sans intention | le Rama, suivant le Darké Moché — il est utile (Taz ס״ק ד) | la glose imprimée à la fin de l’Issour véHetter — il faut viser (Chakh ס״ק י) |
| Qui a retiré la marmite du feu (seif 8) | le Chakh et le Taz — même si c’est le non-Juif qui a retiré, c’est interdit | le Bayit Hadach — si c’est le non-Juif qui a retiré et remis, permis (rapporté par le Chakh ס״ק י״ב, qui n’y voit pas de portée pratique, et écarté par le seul Taz ס״ק ט) |
| Le Juif achève après le maakhal ben Droussaï | le Mehaber — interdire, sauf veille de Chabbat, veille de Yom Tov ou perte importante | le Rama — permis en tout état de cause ; et le Chelah, rapporté par le Pit’hé Techouva ס״ק ד, tient pour la rigueur du Maharchal |
| Le malade le Chabbat, après le Chabbat | le Ra’ah, suivi par le Rama — permis même pour un bien portant | le Rachba dans Michmeret HaBayit — cela revient à son interdit ; et le Taz écrit que ses paroles sont justes |
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