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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Choul'han Aroukh · Yoré Déa — Siman 194 : l'accouchée et la fausse couche

Étude et pilpoul — ce qui rend l'accouchée impure, et à partir de quand il y a « naissance »
סימן קצ״ד
יולדת בזוב ושבעה נקיים, פתיחת הקבר בלא דם, אין אנו בקיאין בצורות, הגדרת הלידה, ויוצא דופן
עיון, פלפול, שיטות הראשונים והאחרונים
⚡ Pour les lamdanim et les talmidei hakhamim ⚡
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Pilpoul et étude approfondie

Sougyot, sources, la ha'hira de fond, ma'hlokot des Richonim et des A'haronim,
nafka minot pour la halakha et examen des chitot

Sujet sensible et douloureux — naissance et fausse couche. Écrit dans une langue respectueuse et avec humilité. Toute question pratique — et en particulier une fausse couche ou une césarienne — est une question urgente à poser à un rav, accompagnée du suivi médical nécessaire.

Sujet :
Choul'han Aroukh Yoré Déa siman 194 (14 seifim)
avec les nossei kelim : Chakh (Siftei Kohen), Taz (Tourei Zahav), Pit'hei Techouva

Racines de la sougya :
l'accouchée « en zov » aujourd'hui · l'ouverture de la matrice sans sang · nous ne savons plus reconnaître les formes · les mesures de la naissance · le yotsé dofen

Rédaction et étude :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Sommaire

  1. Ouverture de la sougya — l'accouchée est impure comme une nidda même sans avoir vu de sang (seif 1)
  2. L'accouchée « en zov » aujourd'hui — pourquoi toutes comptent sept jours nets, et les jours d'impureté et de pureté de la Tora
  3. L'ouverture de la matrice sans sang — la fausse couche dans les quarante jours, et la règle qu'il n'y a pas d'ouverture sans sang (seif 2)
  4. « Nous ne savons plus reconnaître les formes » — la crainte d'un enfant et la crainte d'une fille, et le doute de fille (seif 3)
  5. Le placenta et son rattachement — le rattacher à un enfant déjà né, et les jours d'impureté de fille (seifim 4–7)
  6. Toumtoum et androgyne · « elle a senti qu'elle avait avorté » — le doute de fille est tranché vers la rigueur (seifim 8–9)
  7. La définition de la naissance — la majeure partie, le front, la voix — les mesures de la naissance (seifim 10–12)
  8. Les jumeaux — on compte les jours d'impureté à partir du dernier (seif 13)
  9. Le yotsé dofen et la césarienne — la ma'hloket des Sages et de Rabbi Chimon, et le sang qui passe par la voie naturelle (seif 14)
  10. Ha'hira et nafka mina pour la pratique
  11. Tableaux de synthèse

📜 Le texte du Choul'han Aroukh — seif 1

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Chapeau du siman : דיני יולדת ומפלת. ובו י״ד סעיפים:

יולדת אפילו לא ראתה דם טמאה כנדה בין ילדה חי בין ילדה מת ואפילו נפל וכמה הם ימי טומאתה עכשיו בזמן הזה כל היולדות חשובות יולדות בזוב וצריכות לספור שבעה נקיים נמצאת אומר שיולדת זכר יושבת ז׳ ללידה וז׳ לנקיים לזיבה והיולדת נקבה יושבת שבועים ללידה וז׳ נקיים לזיבה ימי לידה שהם ז׳ לזכר וי״ד לנקבה אם לא ראתה בהן עולים לספירת זיבתה ואם שלמו ז׳ נקיים בתוך י״ד לנקבה הרי זו אסורה עד ליל ט״ו ואם טבלה קודם לכן לא עלתה לה טבילה:

הגה (Rama) : ולאחר ז׳ לזכר וי״ד לנקבה מותרת לבעלה מיד מאחר שספרה ז׳ נקיים ולא חזרה וראתה מיהו יש מקומות שנוהגין שאין טובלין תוך מ׳ לזכר ושמונים לנקבה (בית יוסף בשם מהרי״ק שהביא התניא ובאגודה פרק ע״פ ובמהרי״ל) ואין להתיר במקום שנהגו להחמיר (ריב״ש) אבל במקום שאין מנהג אין להחמיר כלל רק מיד שלא ראתה דם אחר ז׳ לזכר וי״ד לנקבה וספרה ז׳ נקיים מותרת לבעלה (ת״ה סימן רנ״ה) אבל אם חזרה וראתה אפילו טפת דם כחרדל טמאה אע״ג דמדאורייתא דם טהור הוא כבר פשט המנהג בכל ישראל שאין בועלין על דם טהור (ב״י ואגור וטור ופוסקים בשם הגאונים) ודינו כשאר דם לכל דבר:

Traduction — l'accouchée, même si elle n'a pas vu de sang, est impure comme une nidda, qu'elle ait enfanté un enfant vivant ou mort, et même un nefel. Combien de jours dure son impureté ? Aujourd'hui, toutes les accouchées sont tenues pour accouchées « en zov » et doivent compter sept jours nets. Il en ressort que celle qui enfante un garçon s'assied sept jours pour la naissance et sept pour les jours nets de la zivah, et celle qui enfante une fille s'assied deux semaines pour la naissance et sept jours nets pour la zivah. Les jours de naissance — sept pour un garçon, quatorze pour une fille — comptent dans la numération de sa zivah si elle n'a pas vu de sang pendant ces jours. Et si les sept jours nets se sont achevés à l'intérieur des quatorze jours d'une fille, elle demeure interdite jusqu'à la nuit du quinze ; et si elle s'est immergée avant, son immersion ne lui compte pas. (שו״ע יו״ד קצ״ד ס״א)

La glose du Rama ajoute deux choses, et il faut les tenir distinctes : passé les sept jours d'un garçon ou les quatorze d'une fille, et les sept jours nets comptés, elle est permise immédiatement à son mari ; mais il rapporte des lieux où l'usage est de ne pas s'immerger avant quarante jours pour un garçon et quatre-vingts pour une fille, usage qu'il ne faut pas lever là où on l'a pris, et qu'il ne faut pas instaurer là où il n'existe pas. Il termine sur ce qui décide tout le reste du siman : le dam tohar de la Tora n'est plus pratiqué.

« שאין בועלין על דם טהור » (רמ״א שם ס״א)

1. Ouverture de la sougya — l'accouchée est impure comme une nidda même sans avoir vu de sang

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le fondement — la matrice ne s'ouvre pas sans sang

Le fondement du siman : l'accouchée — même si elle n'a pas vu de sang — est impure comme une nidda, qu'elle ait enfanté vivant ou mort, et même un nefel. La racine en est que la matrice ne s'ouvre pas sans qu'il en sorte du sang : la source s'étant ouverte par la naissance, il est acquis qu'il en est sorti du sang, même invisible à l'œil. Il s'ensuit que l'impureté de la naissance ne dépend pas d'une vue perceptible mais de l'ouverture elle-même — c'est un gader distinct de l'impureté ordinaire par vision, et il commande tous les chapitres du siman.
« שֶׁאִי אֶפְשָׁר לִפְתִיחַת הַקֶּבֶר בְּלֹא דָּם » (נדה כ״א ע״ב)

La formule est celle de Rabbi Yehochoua dans la guemara. Il faut savoir qu'elle y est disputée : les Rabbanan tiennent qu'il est possible que la matrice s'ouvre sans sang. La halakha suit ici Rabbi Yehochoua, et c'est sur cette base que le Chakh écrit, à propos du seif 10, que même d'après la Tora elle est impure comme nidda.

« דאי אפשר לפתיחת הקבר בלא דם » (ש״ך יו״ד קצ״ד ס״ק ט׳)
Les deux impuretés de l'accouchée. On trouve chez l'accouchée deux dinim distincts : (a) les jours d'impureté de la Tora — sept pour un garçon, quatorze pour une fille (Vayikra 12) ; (b) à l'intérieur de ces jours, le din du sang qui sort à l'ouverture de la matrice. Et puisque la matrice ne s'ouvre pas sans sang, la voilà impure même sans avoir vu. Le hidouch propre du Me'haber ici : même avant qu'elle ait vu, et même si elle a enfanté un mort ou un nefel, elle est dans l'impureté — car tout tient à l'ouverture de la matrice et non à la vue du sang.
Source du din : la parachat Tazria (Vayikra 12) — jours d'impureté et de pureté pour un garçon et pour une fille ; et le traité Nidda (à partir du chapitre המפלת), où sont exposés l'ouverture de la matrice, les mesures de la naissance, le placenta et le yotsé dofen. Tout cela est tranché dans le Tour et chez le Me'haber ici, avec la décision des A'haronim pour notre temps, comme il va être expliqué.

2. L'accouchée « en zov » aujourd'hui — pourquoi toutes comptent sept jours nets

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C'est l'un des fondements du siman — pourquoi le din de l'accouchée a changé, de l'époque du Temple à la nôtre.

La ha'hira — les jours d'impureté et de pureté de la Tora. La parachat a divisé : qui enfante un garçon — sept jours d'impureté et trente-trois jours de pureté (דם טוהר) ; qui enfante une fille — quatorze jours d'impureté et soixante-six jours de pureté. Et pendant les jours de pureté, même si elle voit du sang, elle est pure d'après la Tora. Dès lors, quel est le din de l'accouchée à notre époque ?
Le fondement — « toutes les accouchées sont tenues pour accouchées en zov ».
Puisque les filles d'Israël ont pris sur elles la rigueur de Rabbi Zéra — toute femme qui voit du sang, fût-ce une goutte grosse comme un grain de moutarde, s'assied sept jours nets — il se trouve que toutes les accouchées entrent dans la catégorie de l'accouchée en zov et doivent compter sept jours nets avant l'immersion. D'où : accouchée d'un garçon — sept jours pour la naissance et sept jours nets ; accouchée d'une fille — quatorze jours pour la naissance et sept jours nets. Pour la pratique, les usages du décompte et de l'immersion — au rav.
« מכח חומרא דר׳ זירא שהחמירו בנות ישראל על עצמן אפילו רואות טיפת דם כחרדל יושבות ז׳ נקיים » (ט״ז יו״ד קצ״ד ס״ק א׳)

Le Taz, dans la première de ses trois entrées sur ce siman, pousse cette rigueur jusqu'au bout : si elle a vu du sang pendant la seconde semaine d'une fille, cette vue l'oblige à recommencer sept jours nets. Il faut lire ce passage en sachant qui y parle : lorsque le Taz écrit מו״ח, il désigne son beau-père, le Bayit Hadach (Ba'h), et non lui-même. Le Ba'h soutenait que la rigueur de Rabbi Zéra ne vaut que pour un sang apte à la nidda et à la zivah ; le Taz la lui refuse, par un a fortiori : si elle vaut pour le dam tohar, qui est entièrement pur, à plus forte raison pour un sang impur.

Ce qui subsiste du dam tohar. À notre époque, on ne s'appuie plus du tout sur le דם טוהר : tout sang que voit l'accouchée interdit comme un sang de nidda, et il lui faut un hefsek tahara et sept jours nets. Mais le décompte des jours d'impureté de la Tora — sept pour un garçon, quatorze pour une fille — reste en place pour la date de l'immersion : même si elle a achevé ses sept jours nets, elle ne s'immerge pas avant que les jours d'impureté de la Tora soient écoulés. La nafka mina est grande chez une fille, comme ci-dessous.
« והאידנא כל נשים שלנו חשובות יולדות בזוב שהרי החמירו בטיפת דם כחרדל לישב שבעה נקיים…וכן אין אנו בועלים על דם טוהר » (ערוך השולחן יו״ד קצ״ד:ה)
Nafka mina — la date de l'immersion pour une fille et pour un doute de fille. Chez l'accouchée d'une fille (ou d'un doute de fille), même ayant déjà compté sept jours nets, elle ne s'immerge pas avant la nuit du quinze, car elle est encore à l'intérieur des quatorze jours d'impureté de la fille. Aussi, si elle a achevé ses sept jours nets à l'intérieur des quatorze et s'est immergée avant la nuit du quinze — son immersion ne lui compte pas. C'est là l'essentiel de ce qui subsiste des jours d'impureté de la Tora. Le Me'haber le dit en propres termes au seif 1. Pour la pratique — demande à ton rav, et pour le médical au médecin.
A'haronim : le Hokhmat Adam traite l'accouchée au klal 115 — dont l'intitulé renvoie explicitement aux simanim 192, 193 et 194 — et y écrit ובזמ״הז חשבינן לכולם שהם יולדות בזב וצריכות ז״נ ; il renvoie ensuite au Choul'han Aroukh pour le reste des dinim de l'accouchée. L'Aroukh HaChoul'han (Yoré Déa 194) développe pourquoi on ne s'appuie plus sur le dam tohar aujourd'hui, et le décompte pratique des jours. Les Sidrei Tahara sont cités sur ce siman par le Pit'hei Techouva (sous le sigle ס״ט).
« שאר דיני יולדת כגון שהפילה תאומים או ולד בשליא או טומטום ואנדרוגינוס ויוצא דופן עיין בש״ע סי׳ קצ״ד » (חכמת אדם כלל קט״ו)

3. L'ouverture de la matrice sans sang — la fausse couche dans les quarante jours

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Me'haber (seif 2)

המפלת בתוך מ׳ אינה חוששת לולד אבל חוששת משום נדה אפילו לא ראתה:

הגה (Rama) : מפני שא״א לפתיחת הקבר בלא דם ונפקא מינה דמיד לאחר שספרה ז׳ נקיים מותרת ואינה חוששת לולד (ד״ע):

Traduction — celle qui avorte dans les quarante jours ne craint pas d'enfant, mais elle craint la nidda même si elle n'a pas vu. Glose du Rama : parce que la matrice ne s'ouvre pas sans sang ; et la conséquence en est qu'aussitôt après avoir compté sept jours nets elle est permise, et ne craint pas d'enfant. (שו״ע יו״ד קצ״ד ס״ב)

Le fondement — deux dinim séparés dans la fausse couche.
Dans une fausse couche survenue dans les quarante jours, deux dinim se séparent :

• le din d’enfant (valad) — il n'y a pas d'enfant du tout, la formation n'étant pas achevée ; elle ne craint donc pas d'enfant et n'a pas de jours d'impureté de naissance.
• le din de nidda — elle craint malgré tout la nidda, même sans avoir vu de sang, car la matrice ne s'ouvre pas sans sang.

Voilà toute la profondeur de la règle : l'ouverture de la matrice rend impure par elle-même, jusque là où il n'y a pas de din de naissance.

Le Chakh donne la raison du chiffre, et elle vaut d'être notée : ce n'est pas que la crainte soit moindre avant quarante jours, c'est que ni garçon ni fille n'achèvent leur formation en moins de quarante jours. La racine en est dans la guemara.

« בין הוא זכר או נקבה זה וזה אינם נגמרים בפחות ממ׳ » (ש״ך יו״ד קצ״ד ס״ק ב׳)
« עַד אַרְבָּעִים מַיָּא בְּעָלְמָא הִיא » (יבמות ס״ט ע״ב)
Ha'hira — qu'est-ce au juste que « l'ouverture de la matrice » ? Les A'haronim ont cherché le gader de cette ouverture qui rend impure : l'impureté tient-elle au sang qui est certainement sorti (une vue qui n'a pas été vue), ou bien l'ouverture même de la source est-elle impureté, sans aucun sang ? Le Pit'hei Techouva, ici, rapporte sur ce point le Noda BiYehouda, qui écrit que la cause de l'ouverture est indifférente — de l'intérieur ou de l'extérieur, par exemple lorsqu'un médecin a introduit son doigt ou un instrument et a ouvert l'orifice de la source — et de même l'âge et l'état de la femme.
« אין חילוק בין גרם הפתיחה מבפנים ובין מבחוץ… תמיד אין פה״ק בלא דם » (פת״ש יו״ד קצ״ד ס״ק ד׳)

La même entrée du Pit'hei Techouva rapporte aussitôt qui lui répond, et c'est ce qui donne à la ha'hira sa nafka mina : le Binat Adam (siman 23) objecte que la femme qui se contrôle introduit elle aussi le doigt en profondeur, et que ce n'est donc pas de cela qu'il s'agit ; le 'Hatam Sofer (siman 179) écrit que ni la femme ni la sage-femme n'atteignent jamais l'orifice de la source ; et le Noda BiYehouda lui-même, rapporté dans les Techouva mé-Ahava (I, 116), restreint la règle au cas où il est sorti un corps solide, et non lorsque rien n'est sorti, ou seulement quelque chose de très ténu, ou un liquide — car autrement, demande-t-il, où trouverait-on jamais du sang pur ? La question se tient telle quelle : nous la laissons ouverte, comme l'appareil la laisse.

La nafka mina du Rama. Puisque, dans les quarante jours, il n'y a pas de crainte d'enfant mais seulement de nidda — aussitôt après avoir compté sept jours nets elle est permise et n'a pas à observer les jours d'impureté de la naissance (ni sept, ni quatorze). C'est en cela que le Rama allège, en ne la traitant pas comme une accouchée proprement dite. Et malgré tout, s'il y a un doute sur la date de la fausse couche ou sur ce qui est sorti — question urgente à un rav ; et pour toute indication médicale — au médecin.

4. « Nous ne savons plus reconnaître les formes » — la crainte d'un enfant et la crainte d'une fille

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C'est l'un des fondements de la halakha de notre temps — une décision de rigueur tirée de la perte d'une compétence.

Le texte du Me'haber (seif 3)

המפלת כמין בהמה חיה ועוף או כמין דגים וחגבים ושקצים ורמשים וכל צורת ולד או שפיר או שליא או חתיכה שקרעוה ויש בה עצם עכשיו שאין אנו בקיאין בצורות חוששת לולד ואם כלו ז׳ נקיים בתוך י״ד יום אם טבלה קודם ליל ט״ו לא עלתה לה טבילה:

Traduction — celle qui avorte quelque chose ayant l'aspect d'une bête, d'un animal sauvage ou d'un oiseau, ou l'aspect de poissons, de sauterelles, de bestioles ou de reptiles, ou toute forme d'enfant, ou un chafir, ou un placenta, ou un morceau qu'on a ouvert et où il se trouve un os — aujourd'hui que nous ne savons plus reconnaître les formes, elle craint l'enfant. Et si les sept jours nets se sont achevés à l'intérieur de quatorze jours, si elle s'est immergée avant la nuit du quinze, son immersion ne lui compte pas. (שו״ע יו״ד קצ״ד ס״ג)

Le fondement — « nous ne savons plus reconnaître les formes ».
Au temps des sages de la guemara, on savait distinguer la forme de l'enfant — si sa formation était achevée et qu'il comptait comme enfant, ou non. Mais aujourd'hui que nous ne savons plus reconnaître les formes, on craint pour toute fausse couche (chafir, placenta, morceau contenant un os, ou toute forme) qu'il s'agisse d'un enfant, et on lui donne les jours d'impureté de la naissance. C'est une règle de grande portée pour notre temps : le doute est tranché vers la rigueur, la compétence qui permettait de le lever ayant disparu.
Crainte d'un enfant et crainte d'une fille — deux doutes qui s'additionnent :
Le douteLa décisionRacine de la rigueur
Peut-être est-ce un enfant On craint l'enfant — jours d'impureté de la naissance Nous ne savons plus reconnaître les formes
Peut-être est-ce une fille On craint la fille — quatorze jours pour la naissance, et pas d'immersion avant la nuit du quinze Doute garçon / doute fille — vers la rigueur
La racine du din de « doute de fille ». Puisqu'on craint qu'il y ait un enfant, et que tout enfant est un doute garçon / doute fille — on lui applique la rigueur de la fille pour le décompte des jours d'impureté : elle ne s'immerge pas avant que soient écoulés les quatorze jours d'impureté d'une fille. Aussi, même si elle a achevé ses sept jours nets à l'intérieur des quatorze, elle ne s'immergera pas avant la nuit du quinze. La rigueur née du défaut de compétence (on craint l'enfant) entraîne donc avec elle la rigueur du doute de fille (la nuit du quinze). Le Chakh le dit sur le seif même.
« ומטמאינן לה טומאת נקבה מספק » (ש״ך יו״ד קצ״ד ס״ק ג׳)

Le Chakh, dans l'entrée suivante, ajoute ce qui n'est pas dans le corps du seif : il lui faut sept jours nets après les quatorze jours ; et, bien que personne n'exige d'elle les quatre-vingt-un jours, celui qui veut être rigoureux se séparera d'elle la nuit du quarante et un et la nuit du quatre-vingt-un, à cause du doute garçon ou fille.

« נראה דבעל נפש יחמיר לפרוש ממנה ליל מ״א וליל פ״א משום ספק זכר או נקבה » (ש״ך יו״ד קצ״ד ס״ק ד׳)
L'appareil sur ce seif : le Chakh y a deux entrées (ס״ק ג׳ et ס״ק ד׳) et le Pit'hei Techouva trois (ס״ק ה׳ à ס״ק ז׳). Le Pit'hei Techouva ס״ק ו׳, sur les mots ויש בה עצם, rapporte le Meïl Tsedaka (siman 46) — s'il n'y a pas d'os, elle n'est impure de naissance que dans un chafir — et les Sidrei Tahara, qui écartent la rigueur contraire. Toute fausse couche demeure une question pour un morè horaa, accompagnée d'un éclaircissement médical.

5. Le placenta et son rattachement — le rattacher à un enfant déjà né

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Me'haber (seifim 4 à 7)

סעיף ד׳ : ילדה ולד חי ואח״כ הפילה שליא אינה חוששת לולד אחר אלא תולה אותה בולד שילדה כבר עד כ״ג יום אבל אם הפילה נפל תחילה אין תולין בו השליא שהפילה אחר כך וחוששת לשליא ליתן לה ימי טומאה של נקבה:

סעיף ה׳ : יצאה השליא תחילה אין תולין אותה בולד שתלד אחר כך אפילו הוא בן קיימא וחוששת לשליא ליתן לה ימי טומאה של נקבה:

סעיף ו׳ : יצאה מקצת שליא ביום ראשון ולא נגמרה יציאתה עד יום ב׳ חוששת מיום ראשון אבל אינה מונה אלא מיום שני:

סעיף ז׳ : המפלת דמות בהמה חיה ועוף ושליא קשורה בה אינה חוששת לולד אחר ואם אינה קשורה בה חוששת לולד אחר ואף על פי שהולד הנדמה זכר חוששין ליתן לה ימי טומאה של נקבה בשביל השליא:

Traduction — (seif 4) elle a enfanté un enfant vivant puis a expulsé un placenta — elle ne craint pas un autre enfant, mais rattache le placenta à l'enfant déjà né, jusqu'à vingt-trois jours ; mais si elle a d'abord expulsé un nefel, on ne lui rattache pas le placenta expulsé ensuite, et elle craint pour le placenta, à qui on donne les jours d'impureté d'une fille. (seif 5) Le placenta est sorti le premier — on ne le rattache pas à l'enfant qu'elle enfantera ensuite, même viable, et elle craint pour le placenta, à qui on donne les jours d'impureté d'une fille. (seif 6) Une partie du placenta est sortie le premier jour et sa sortie ne s'est achevée que le second — elle craint à partir du premier jour, mais ne compte qu'à partir du second. (seif 7) Celle qui avorte quelque chose ayant l'aspect d'une bête, d'un animal sauvage ou d'un oiseau, avec un placenta qui y est attaché — elle ne craint pas un autre enfant ; et s'il n'y est pas attaché, elle craint un autre enfant, et même si l'être ainsi formé est mâle, on craint de lui donner les jours d'impureté d'une fille à cause du placenta. (שו״ע יו״ד קצ״ד ס״ד–ז׳)

Le fondement — « il n'y a pas de placenta sans enfant ».
Le placenta n'advient qu'avec un enfant. De là la règle de la michna. Et par conséquent —
• elle a enfanté d'abord, puis expulsé un placenta dans les vingt-trois jours → on rattache le placenta à cet enfant, et elle ne craint pas un second ;
• le placenta est sorti le premier (ou elle a expulsé un nefel puis un placenta qui ne s'y rattache pas) → on craint un enfant supplémentaire, et on donne les jours d'impureté d'une fille, par doute.
« שֶׁאֵין שִׁלְיָא בְּלֹא וָלָד » (משנה נדה כ״ו ע״א)
Ha'hira — pourquoi précisément « les jours d'impureté d'une fille » ? Partout où l'on craint un placenta sans savoir le sexe de l'enfant, on donne les jours d'impureté d'une fille. La racine en est : doute garçon, doute fille — et l'on est rigoureux pour le nombre de jours le plus grand (quatorze). Et même lorsque l'être formé est mâle, c'est malgré tout à cause du placenta qui l'accompagne (peut-être une fille était-elle avec lui) qu'on craint la fille. Le din de doute de fille est donc l'axe autour duquel tournent les seifim du placenta.
La mesure du temps — vingt-trois jours, et le raccordement de la sortie. La mesure de vingt-trois jours pour rattacher le placenta à l'enfant a sa source dans la guemara (Nidda) — c'est le temps pendant lequel il se peut encore que le placenta tarde à sortir après l'enfant. Le Chakh précise sur ce mot ce que le seif ne dit pas : les vingt-trois jours s'entendent sans le jour de la sortie du placenta, c'est-à-dire vingt-quatre jours en le comptant. Et au seif 6 (une partie du placenta est sortie le premier jour et sa sortie ne s'est achevée que le second) — elle craint à partir du premier jour, par rigueur, mais ne compte les jours d'impureté qu'à partir du second, la naissance ne s'étant achevée qu'alors. Pour la pratique, tout le détail du décompte — au rav.
« בלא יציאת השליא דהיינו כ״ד יום עם יציאת השליא » (ש״ך יו״ד קצ״ד ס״ק ה׳)

Au seif 7, le Chakh raccorde la chose au seif 3 et referme le cercle : pour nous, qui ne savons plus reconnaître les formes, on donne toujours les jours d'impureté d'une fille.

« ולדידן שאין אנו בקיאים לעולם נותנים לה ימי טומאה של נקבה » (ש״ך יו״ד קצ״ד ס״ק ז׳)

6. Toumtoum et androgyne · « elle a senti qu'elle avait avorté »

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Me'haber (seifim 8 et 9)

סעיף ח׳ : היולדת טומטום או אנדרוגינוס נותנין לה ימי טומאה של נקבה:

סעיף ט׳ : הרגישה שהפילה ואינה יודעת מה אפילו לא היתה בחזקת מעוברת הרי זו טמאה לידה וחוששת שמא נקבה היתה:

Traduction — (seif 8) celle qui enfante un toumtoum ou un androgyne — on lui donne les jours d'impureté d'une fille. (seif 9) Elle a senti qu'elle avait avorté et ne sait pas quoi : même si elle n'était pas présumée enceinte, la voilà impure de l'impureté de la naissance, et elle craint que c'ait peut-être été une fille. (שו״ע יו״ד קצ״ד ס״ח–ט׳)

Le fondement — le doute de fille vers la rigueur.
Partout où le sexe de l'enfant n'est pas établi, on est rigoureux comme pour une fille quant au décompte des jours d'impureté (quatorze) et quant à l'interdiction de s'immerger avant la nuit du quinze. D'où :
• le טומטום (dont le sexe est recouvert) et l' אנדרוגינוס (qui porte des signes des deux) sont un doute, et on donne les jours d'une fille ;
• « elle a senti qu'elle avait avorté et ne sait pas quoi » — même sans avoir été présumée enceinte, elle est impure de l'impureté de la naissance, et craint une fille.
Ha'hira — ce que « sentir » veut dire ici. Les A'haronim ont cherché le gader de la sensation qui oblige : suffit-il de sentir l'ouverture de la matrice, même sans rien voir sortir, ou faut-il qu'elle voie quelque chose ? La langue du Me'haber — הרגישה שהפילה — indique que la sensation même qu'un enfant est sorti (bien qu'elle ne sache pas quoi) suffit à obliger la crainte d'une naissance et d'une fille. Il faut dire ici ce qui se mesure : dans ce siman, ni le Chakh, ni le Taz, ni le Pit'hei Techouva n'ont d'entrée sur les seifim 8 et 9 — la parole du Me'haber y tient seule. Ce qui s'en rapproche le plus est l'entrée du Pit'hei Techouva sur le seif 2, citée plus haut, qui discute précisément si l'ouverture de la matrice sans qu'un corps en sorte entre dans la règle. Nous ne tranchons pas : tout doute est une question pour un rav.
Sujet sensible : derrière les formulations halakhiques, la détresse d'une mère qui a perdu le fruit de son ventre. L'étude est ici théorique, et dans une langue respectueuse ; mais chaque cas — et en particulier une fausse couche dont on ne sait pas ce qu'elle était — est une question urgente pour un rav, posée avec délicatesse, et accompagnée du suivi médical nécessaire.

7. La définition de la naissance — la majeure partie, le front, la voix

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Me'haber (seifim 10 à 12)

סעיף י׳ : נחתך הולד במעיה ויצא אבר אבר בין שיצא על סדר האברים כגון שיצא הרגל ואחריה השוק ואחריה הירך בין שיצא שלא על הסדר אינה טמאה לידה עד שיצא רובו ואם יצא ראשו כולו כאחד הרי זה כרובו ואם לא נתחתך ויצא כדרכו משתצא פדחתו ה״ז כילוד אף על פי שנחתך אח״כ ולא סוף דבר שיצא לחוץ ממש אלא אפילו משיצא חוץ לפרוזדור:

סעיף י״א : הוציא העובר את ידו והחזירה אמו טמאה לידה:

סעיף י״ב : היתה מקשה לילד ושמעה קולו של ולד חשוב כילוד שאי אפשר שלא הוציא ראשו חוץ לפרוזדור:

Traduction — (seif 10) l'enfant a été découpé dans ses entrailles et est sorti membre après membre, soit dans l'ordre des membres — par exemple le pied, puis la jambe, puis la cuisse — soit hors de cet ordre : elle n'est pas impure de l'impureté de la naissance avant que la majeure partie soit sortie ; et si sa tête entière est sortie d'un coup, cela vaut la majeure partie. Et s'il n'a pas été découpé et qu'il est sorti à sa manière, dès que son front est sorti le voilà comme né, même s'il a été découpé ensuite ; et il n'est pas nécessaire qu'il soit sorti tout à fait au dehors, il suffit qu'il soit sorti hors du vestibule. (seif 11) Le fœtus a sorti sa main et l'a retirée — sa mère est impure de l'impureté de la naissance. (seif 12) Elle était en travail difficile et a entendu la voix de l'enfant — il est tenu pour né, car il est impossible qu'il n'ait pas sorti sa tête hors du vestibule. (שו״ע יו״ד קצ״ד ס״י–סי״ב)

La ha'hira — qu'est-ce que la « mesure de la naissance » ? À partir de quand la sortie compte-t-elle comme une naissance qui rend impure ? Trois mesures selon la manière dont l'enfant sort :
« יָצָא מְחוּתָּךְ אוֹ מְסוֹרָס, מִשֶּׁיֵּצֵא רוּבּוֹ — הֲרֵי הוּא כְּיָלוּד » (נדה כ״ט ע״א)
La racine de la distinction — la majeure partie pour le découpé, le front pour celui qui sort entier. Pourquoi, dans le cas du découpé, faut-il la majeure partie, alors que pour celui qui sort à sa manière le front suffit ? Le fondement en est : quand l'enfant sort entier, par la voie ordinaire de la naissance, la sortie du front est le commencement d'une naissance véritable, et tout le corps suit — de là « comme né » dès la sortie du front. Mais dans le cas du découpé, il n'y a pas de naissance selon sa manière, et l'impureté de la naissance ne s'attache pas avant la sortie de la majeure partie du corps (ou de la tête entière, qui vaut le corps entier). Et pour la main sortie puis retirée — quoiqu'il n'y ait pas là de majeure partie, elle est impure de la naissance. Le Chakh le rattache à ses deux titres : d'après la Tora elle n'est pas impure de la naissance, mais elle l'est d'après les Sages dès qu'un membre est sorti et rentré ; et elle est de toute façon impure comme nidda, même d'après la Tora, puisque la matrice ne s'ouvre pas sans sang.
« מדאורייתא אינה טמאה לידה אבל מדרבנן טמאה לידה ביצא אבר אחד והחזירו » (ש״ך יו״ד קצ״ד ס״ק ט׳)

C'est ici, et non dans le Taz, que se tient la ma'hloket sur la mesure — il faut le dire, parce que les trois entrées du Taz dans ce siman portent toutes sur le seif 1. Le Chakh, sur les mots משתצא פדחתו, rapporte que le Kessef Michné et le Bayit Hadach tiennent que le רוב פדחתו du Rambam est une faute de copiste, tandis que le Beit Yossef défend sa leçon ; et puisque le Tour lui aussi écrit רוב פדחתו, le Chakh en conclut que le « front » de la michna est la majeure partie du front.

« משמע דסבירא ליה דפדחתו שבמשנה היינו רוב פדחתו » (ש״ך יו״ד קצ״ד ס״ק י׳)
Le Pit'hei Techouva sur ces seifim : sur רובו (seif 10) il rapporte le Na'halat Chiv'a (siman 9), qui exige sept jours nets d'une femme assise sur le siège d'accouchement dont les douleurs se sont arrêtées, puisqu'il y a eu ouverture de la matrice ; le 'Havot Daat le conteste et permet, et le Kreti ou-Pleti ainsi que les Sidrei Tahara s'accordent avec lui — mais là où l'usage est d'interdire, on ne change pas. Sur ושמעה קולו של ולד (seif 12) il rapporte une décision du Noda BiYehouda sur un cas où l'on avait entendu l'enfant pleurer dans le ventre de sa mère.
« דטמאה י״ד יום » (פת״ש יו״ד קצ״ד ס״ק ט׳)

8. Les jumeaux — on compte les jours d'impureté à partir du dernier

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Me'haber (seif 13)

היולדת תאומים ושהה ולד אחר חבירו כגון האחד קודם שקיעת החמה והאחר אחר שקיעת החמה משיצא הראשון טמאה לידה ומונין ימי טומאה משיצא האחרון ואם הראשון ניכר שהוא זכר והשני ניכר שהוא נקבה או שאינו ניכר שני זה אם הוא זכר או נקבה מונה משיצא השני ימי טומאה לנקבה:

Traduction — celle qui enfante des jumeaux, et qu'un enfant a tardé après l'autre — par exemple l'un avant le coucher du soleil et l'autre après le coucher du soleil — dès que le premier est sorti elle est impure de l'impureté de la naissance, et on compte les jours d'impureté depuis la sortie du dernier. Et si le premier est reconnu comme un garçon et le second reconnu comme une fille, ou qu'on ne reconnaît pas de ce second s'il est garçon ou fille — elle compte, depuis la sortie du second, les jours d'impureté d'une fille. (שו״ע יו״ד קצ״ד סי״ג)

Le fondement — impure depuis le premier, comptée depuis le dernier.
Chez des jumeaux sortis l'un après l'autre (même sur deux jours distincts, avant et après le coucher du soleil), deux moments se séparent :
• le début de l'impureté — dès que le premier est sorti, la matrice s'étant déjà ouverte et l'enfantement ayant eu lieu ;
• le décompte des jours d'impureté — depuis la sortie du dernier, la naissance se poursuivant et ne s'achevant qu'à la sortie du second.
Garçon et fille réunis, vers la rigueur. Quand le premier est un garçon et le second une fille (ou que leur sexe n'est pas reconnu), elle compte depuis le dernier, et avec la rigueur de la fille — quatorze jours, et pas d'immersion avant la nuit du quinze — car un doute de fille se tranche vers la rigueur. Le Me'haber le dit d'ailleurs en propres termes à la fin du seif : elle compte, depuis la sortie du second, « les jours d'impureté d'une fille ». Le din des jumeaux est donc lui aussi un rameau de la règle du doute de fille, greffé sur le fondement « on compte depuis le dernier ». Dans ce siman, aucun des trois nossei kelim n'a d'entrée sur ce seif. Pour la pratique — au rav.

9. Le yotsé dofen et la césarienne

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Me'haber (seif 14)

יוצא דופן אם לא יצא דם אלא דרך דופן אמו טהורה מלידה ומנדה ומזיבה:

Traduction — yotsé dofen : s'il n'est pas sorti de sang autrement que par la paroi, sa mère est pure — de l'impureté de la naissance, de celle de la nidda et de celle de la zivah. (שו״ע יו״ד קצ״ד סי״ד)

Le fondement — « s'il n'est pas sorti de sang autrement que par la paroi ».
Le יוצא דופן est un enfant sorti par la paroi du ventre, et non par la voie naturelle. S'il n'est pas sorti de sang autrement que par cette paroi, sa mère est pure de la naissance, de la nidda et de la zivah : il n'y a pas eu là d'ouverture de la matrice selon la voie de la naissance, et le sang sorti par la paroi ne rend pas impure. C'est un gader qui fait hidouch par lui-même — l'impureté de la naissance tient à la sortie par la voie naturelle, et non à la sortie de l'enfant comme telle.
Ma'hloket des Sages et de Rabbi Chimon (michna Nidda) :
ChitaLe yotsé dofenRacine de la ma'hloket
Les Sages On ne s'assied pas pour lui des jours d'impureté ni des jours de pureté, et on n'est pas tenu d'un korban pour lui La naissance dépend de la sortie par la matrice
Rabbi Chimon הֲרֵי זֶה כְיָלוּד — le voilà comme né Le nom de « naissance » vaut aussi pour le yotsé dofen
Et pour la halakha, le Me'haber a suivi l'avis des Sages — si le sang n'est sorti que par la paroi, sa mère est pure de l'impureté de la naissance.
« יוֹצֵא דֹפֶן, אֵין יוֹשְׁבִין עָלָיו יְמֵי טֻמְאָה וִימֵי טָהֳרָה, וְאֵין חַיָּבִין עָלָיו קָרְבָּן » (משנה נדה ה׳:א׳)
« רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר, הֲרֵי זֶה כְיָלוּד » (משנה נדה ה׳:א׳)
La ha'hira pour la pratique — la césarienne à notre époque. À première vue, celle qui accouche par césarienne est un yotsé dofen au sens propre, et d'après le Me'haber elle serait pure de l'impureté de la naissance. Mais il faut peser la langue du Me'haber : s'il n'est pas sorti de sang autrement que par la paroi. Le Me'haber ne dispense pas le yotsé dofen en tant que tel ; il le dispense à une condition, et cette condition est factuelle. Dès lors, tout dépend de ce qui s'est réellement passé dans cette naissance-là — et cela n'est pas une question de page, mais de constat.
Ce que la condition du Me'haber engage, et ce qu'elle n'engage pas. Là où du sang est également sorti par la voie naturelle — ce qui se produit dans bien des césariennes — la condition posée par le Me'haber (« pas autrement que par la paroi ») n'est pas remplie : il y a eu une vue de sang, et le raisonnement du seif 14 ne s'applique plus à ce cas. Là où, au contraire, il n'est rien sorti par la voie naturelle, c'est le seif 14 qui parle. Deux choses doivent être dites honnêtement. D'abord, la question est de fait avant d'être de droit : elle demande un éclaircissement médical précis sur ce qui est sorti et par où. Ensuite, dans ce siman, ni le Chakh, ni le Taz, ni le Pit'hei Techouva n'ont d'entrée sur le seif 14 — le lecteur qui veut l'appareil des A'haronim sur la césarienne doit le chercher chez les poskim qui en ont traité, et non ici. ⚠️ On n'allège pas depuis une page : toute césarienne est une question pour un morè horaa et pour le médecin.
Où trouver l'appareil : le Pit'hei Techouva de ce siman revient souvent au Noda BiYehouda et au 'Hatam Sofer — notamment sur l'ouverture de la matrice (seif 2), sur la fausse couche (seif 3) et sur la voix de l'enfant entendue (seif 12). Mais il n'a, dans ce siman, aucune entrée sur le seif 14, et nous ne ferons pas dire à ces passages ce qu'ils ne disent pas. Les décisionnaires contemporains ont traité la césarienne pour la pratique, et c'est chez eux qu'il faut aller — Chevet HaLévi pour la halakha, Nichmat Avraham du docteur Avraham Sofer Abraham pour le versant médical. Et pour la pratique — demande à ton rav, et au médecin.

10. Ha'hira et nafka mina pour la pratique

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La ha'hira d'ensemble du siman : à partir de quand l'accouchée est-elle impure, et de quoi dépendent les jours d'impureté et le décompte des sept ?
Nafka mina pour la pratique :
  1. Toute accouchée est impure comme une nidda même sans avoir vu de sang, et il lui faut sept jours nets (l'accouchée « en zov » à notre époque).
  2. Accouchée d'une fille ou d'un doute de fille — elle ne s'immerge pas avant la nuit du quinze, même ayant compté ses sept jours nets.
  3. Fausse couche dans les quarante jours — crainte de nidda seulement ; aussitôt après sept jours nets elle est permise (Rama).
  4. Toute fausse couche (chafir, placenta, morceau contenant un os) — on craint l'enfant et la fille, puisque nous ne savons plus reconnaître les formes.
  5. Mesure de la naissance — la majeure partie pour l'enfant découpé, le front pour celui qui sort à sa manière, et la voix dans un travail difficile.
  6. Césarienne — la dispense du seif 14 est conditionnée au fait qu'il ne soit pas sorti de sang autrement que par la paroi ; c'est un constat à établir, et une question urgente pour un rav.
Pour la pratique — demande à ton rav, et pour tout ce qui est médical, au médecin. Une fausse couche et une césarienne sont des questions urgentes, à poser avec délicatesse et compassion.

11. Tableaux de synthèse

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Tableau — le din de l'accouchée et de la fausse couche, dans le détail

La situation Le din Source
Accouchée (enfant vivant / mort / nefel) Impure comme une nidda même sans avoir vu de sang ; sept jours nets מחבר ס״א
Accouchée d'un garçon / d'une fille (à notre époque) Sept jours (ou quatorze) pour la naissance et sept jours nets ; pour une fille — pas avant la nuit du quinze מחבר ס״א · ס״ג
Fausse couche dans les quarante jours Pas de crainte d'enfant ; crainte de nidda ; après sept jours nets elle est permise מחבר ורמ״א ס״ב
Fausse couche d'une forme / chafir / placenta / morceau avec un os On craint l'enfant et la fille — nous ne savons plus reconnaître les formes מחבר ס״ג
Placenta après un enfant (jusqu'à vingt-trois jours) On le rattache à l'enfant ; s'il est sorti le premier — on craint, et jours d'une fille מחבר ס״ד–ז׳
Toumtoum / androgyne / « elle a senti qu'elle avait avorté » Jours d'impureté d'une fille ; elle craint que c'ait peut-être été une fille מחבר ס״ח–ט׳
Découpé, sorti membre après membre Impure de la naissance dès que la majeure partie est sortie (la tête entière la vaut) מחבר ס״י
Sorti à sa manière Comme né dès que sort le front מחבר ס״י
Travail difficile, et elle a entendu la voix Tenu pour né מחבר סי״ב
Jumeaux Impure depuis le premier, comptée depuis le dernier ; doute de fille vers la rigueur מחבר סי״ג
Yotsé dofen (césarienne) Pure s'il n'est pas sorti de sang autrement que par la paroi ; condition de fait à établir מחבר סי״ד

Tableau — ma'hlokot et ha'hirot centrales du siman

Le sujet Premier terme Second terme / la décision
Les jours d'impureté à notre époque D'après la Tora — jours d'impureté et jours de pureté (garçon 7+33, fille 14+66) À notre époque — plus de dam tohar ; toutes sont « en zov », sept jours nets
La compétence à reconnaître les formes de l'enfant Au temps de la guemara — on savait distinguer l'enfant de ce qui n'en est pas un À notre époque — on ne sait plus ; on craint pour toute fausse couche (rigueur)
La mesure de la naissance Découpé — la majeure partie (et la tête entière la vaut) Sorti à sa manière — le front ; travail difficile — la voix
Ce que « front » veut dire (Chakh ס״ק י׳) Kessef Michné et Bayit Hadach — le « רוב פדחתו » du Rambam est une faute de copiste Beit Yossef et Tour — et le Chakh conclut que le front de la michna est la majeure partie du front
Yotsé dofen (michna Nidda 5:1) Les Sages — on ne s'assied pas pour lui jours d'impureté ni de pureté (et telle est la halakha) Rabbi Chimon — le voilà comme né
La césarienne pour la pratique S'il n'est pas sorti de sang autrement que par la paroi — pure (seif 14) S'il est aussi sorti du sang par la voie naturelle — la condition du seif 14 n'est pas remplie ; question pour un rav

Tableau — les sources de la sougya

Écriture et guemara : Vayikra 12 (Tazria — jours d'impureté et de pureté pour un garçon et pour une fille) · michna et guemara Nidda (à partir du chapitre המפלת — l'ouverture de la matrice, les mesures de la naissance, le placenta, le yotsé dofen et la ma'hloket des Sages et de Rabbi Chimon).
Têtes des poskim : Tour · Beit Yossef · Me'haber · Rama
A'haronim : Chakh (onze entrées sur ce siman) · Taz (trois entrées, toutes sur le seif 1) · Pit'hei Techouva (neuf entrées) · Sidrei Tahara et 'Havot Daat, cités par le Pit'hei Techouva · Hokhmat Adam klal 115 · Aroukh HaChoul'han Yoré Déa 194 · Noda BiYehouda et 'Hatam Sofer, cités par le Pit'hei Techouva · et, chez les décisionnaires contemporains, Chevet HaLévi et Nichmat Avraham pour la césarienne.

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DAAT · Rav Yossef Haim Samama
Talmid hakham · donne des cours de halakha et de hassidout
Pilpoul et étude des lois de l'accouchée et de la fausse couche · Siman 194 · ⚡ Niveau 2 — Lamdan
⚠️ Ce contenu est écrit pour l'étude et l'analyse seulement, dans une langue pudique et respectueuse, sur un sujet sensible et douloureux. Pour toute décision pratique (למעשה) — et en particulier une fausse couche ou une césarienne — interroge ton rav sans tarder, et pour tout ce qui relève du médical, adresse-toi au médecin.

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