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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Choulhan Aroukh · Orah Haïm

Hilkhot Chabbat — étude approfondie
סימן ר״צ
בְּשַׁבָּת יַשְׁלִים מֵאָה בְרָכוֹת בְּפֵרוֹת
Étude, pilpoul, positions des Richonim et des A'haronim
⚡ Pour lamdanim et talmidei hakhamim ⚡
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Pilpoul approfondi

Sources talmudiques, hakira de fond,
positions des Richonim et des A'haronim sur la manière de compléter les cent berakhot de Chabbat par des fruits

Sujet :
Choulhan Aroukh, Orah Haïm, siman ר״צ — 2 seifim
avec le Tour, le Maguen Avraham et la Michna Beroura

Michna Beroura : 8 entrées sur ce siman

Rédaction et étude :
Rav Yossef Haim Samama · DAAT

📑 Table des matières

  1. La source de la sougya — Mena'hot 43b
  2. La hakira de fond — quelles sont les cent berakhot, et comment les compte-t-on ?
  3. Fruits, megadim et parfums — trois voies de complément
  4. Le hidouch du Rama — ne pas supprimer la sieste de l'après-midi
  5. Après le repas du matin — l'établissement du beit midrach
  6. « Il est interdit d'installer un repas » — la définition de סעודה
  7. Ouvriers et baalei battim face aux talmidei hakhamim — la position du Yerouchalmi
  8. Le sommeil de Chabbat — source et fondement
  9. Le hidouch de Torah en Chabbat — ce qu'en disent nos maîtres
  10. Nafka minot pratiques et ligne de décision

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — 2 seifim

Le siman tient en deux seifim, et chacun porte une glose du Rama. Le premier demande de multiplier les berakhot pour atteindre le compte de cent ; le second fixe l'étude publique après le repas du matin. Voici le texte tel que le Choulhan Aroukh le donne, la glose du Rama étant ce que Sefaria rend en petits caractères à l'intérieur du seif.

סעיף א. בשבת ישלים מאה ברכות בפירות. ובו ב סעיפים:
ירבה פירות ומגדים ומיני ריח כדי להשלים מנין מאה ברכות: הגה ואם רגיל בשינת צהרים אל יבטלנו כי עונג הוא לו (טור):
סעיף ב. אחר סעודת שחרית קובעים מדרש לקרות בנביאים ולדרוש בדברי אגדה ואסור לקבוע סעודה באותה שעה: הגה ופועלים ובעלי בתים שאינן עוסקים בתורה כל ימי שבוע יעסקו יותר בתורה בשבת מתלמידי חכמים העוסקים בתורה כל ימי השבוע ותלמידי חכמים ימשיכו יותר בעונג אכילה ושתיה קצת שהרי מתענגים בלמודם כל ימי השבוע: [ב״י סי' רפ״ח בשם ירושלמי]:

1. La source de la sougya — Mena'hot 43b

Le siman tout entier est suspendu à deux lignes de Mena'hot, l'une posant l'obligation, l'autre montrant comment un Amora s'y prenait précisément le jour où elle est difficile à tenir. La beraïta d'abord :

« תַּנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: חַיָּיב אָדָם לְבָרֵךְ מֵאָה בְּרָכוֹת בְּכׇל יוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַתָּה יִשְׂרָאֵל מָה ה׳ אֱלֹהֶיךָ שֹׁאֵל מֵעִמָּךְ״ » (מנחות מ״ג ע״ב)

Le passage du mot מה au nombre מאה n'est pas dans la guemara : c'est Rachi qui le dit, et il faut le savoir pour ne pas attribuer au Talmud une deracha qu'il ne formule pas.

« מה ה׳ אלהיך וגו׳ - קרי ביה מאה » (רש״י מנחות מ״ג ע״ב)

Vient immédiatement après la source directe de notre siman — un Amora qui, Chabbat et jours de fête, se donnait du mal pour compléter le compte :

« רַב חִיָּיא בְּרֵיהּ דְּרַב אַוְיָא, בְּשַׁבְּתָא וּבְיוֹמֵי טָבֵי, טָרַח וּמְמַלֵּי לְהוּ בְּאִיסְפַּרְמָקֵי וּמַגְדֵי » (מנחות מ״ג ע״ב)

Trois gloses de Rachi expliquent chacun des termes, et ils donnent la raison du manque, le compte et la nature des denrées :

« בשבתות וימים טובים - דלא מצלו י״ח » (רש״י מנחות מ״ג ע״ב)
« טרח וממלא להו - למאה ברכות » (רש״י מנחות מ״ג ע״ב)
« באספרמקי ומגדי - אספרמקי בשמים ומגדי מיני מגדים שטעונים ברכה » (רש״י מנחות מ״ג ע״ב)

Trois manières de rendre compte de l'origine de la takana :

Ce qui en ressort : quelle que soit la voie retenue, le compte de cent berakhot par jour est traité comme une obligation, et c'est cette obligation-là que le Chabbat met en difficulté.

2. La hakira de fond — quelles sont les cent berakhot, et comment les compte-t-on ?

חקירה. Qu'est-ce qui entre dans le compte des cent berakhot ? La question n'est pas oiseuse : tant qu'on ne sait pas ce qu'on compte, on ne sait pas non plus de combien le Chabbat est en deçà, ni ce qu'il faut ajouter pour y revenir.

Le compte d'un jour de semaine. La Michna Beroura le fait en toutes lettres au siman 46 : berakhot du réveil et du matin, berakhot de la Torah, tsitsit et tefilin, Baroukh cheamar et Yichtabah, les berakhot du Chema du matin et du soir, puis les amidot — ונ״ז ברכות דג׳ תפלות (משנה ברורה מ״ו סקי״ד) — et les deux repas. Total :

« הרי בס״ה ק״ח ברכות » (משנה ברורה מ״ו סקי״ד)

C'est donc qu'un jour ordinaire dépasse déjà le compte, et que le problème est propre au Chabbat.

Ce que le Chabbat retire. L'amida de Chabbat n'a que sept berakhot — la Michna Beroura de notre siman le rappelle en donnant la raison même de la règle :

« ועתה שנחסר לו כמה ברכות שבתפלת שבת יש רק ז׳ ברכות וע״כ ישתדל להשלימם » (משנה ברורה ר״צ סק״ב)

Sur quatre prières — arvit, chaharit, moussaf, minha — cela fait vingt-huit berakhot d'amida là où la semaine en compte cinquante-sept : vingt-neuf de moins sur ce seul poste.

Ce que le Chabbat rend. Le Chabbat ajoute d'autre part les berakhot de la lecture de la Torah et de la haftara, celles du kidouch et un troisième birkat hamazon. Le solde n'est donc pas de vingt-neuf, et la Michna Beroura le chiffre :

« וביום השבת חסר לו י״ג ברכות מהמאה » (משנה ברורה מ״ו סקי״ד)

C'est ce manque-là — et non l'écart des amidot pris isolément — que notre siman demande de combler.

נפקא מינה — répondre amen entre-t-il dans le compte ?

La question n'est pas tranchée ici, et la page ne la tranchera pas. Ce que la Michna Beroura écrit, en revanche, est net sur le rang de cette voie : elle n'est ouverte qu'à défaut de fruits, et à titre de dehak, en visant les berakhot de la lecture de la Torah et du maftir — voir le siman 284 :

« ואם אין לו יוצא ע״פ הדחק במה שיכוין לשמוע ברכת התורה והמפטיר ויענה אמן » (משנה ברורה מ״ו סקי״ד)

Et la même Michna Beroura y rapporte l'avertissement du Maguen Avraham, qui ferme la porte à un empressement mal placé :

« דלא יכניס עצמו בחשש ברכה שאינה צריכה משום מצות ק׳ ברכות » (משנה ברורה מ״ו סקי״ד)

Autrement dit : on complète par ce qu'on mange ou sent de toute façon, on ne fabrique pas des berakhot pour arriver au compte.

3. Fruits, megadim et parfums — trois voies de complément

Le Mehaber nomme trois catégories, et ce n'est pas une énumération de style : chacune se comporte différemment au regard de la répétition de la berakha.

« ירבה פירות ומגדים ומיני ריח כדי להשלים מנין מאה ברכות » (שו״ע או״ח ר״צ:א)
  1. Les fruits (בורא פרי העץ / בורא פרי האדמה) : ce qui multiplie ici, c'est le changement d'espèce, non la quantité.
  2. Les megadim — les mets de מזונות : gâteaux, biscuits. Une consommation continue ne redemande pas de berakha ; c'est l'interruption et le changement qui la redemandent.
  3. Les parfums (ברכות הריח) : c'est la catégorie la plus productive, parce que les berakhot y sont distinctes selon la nature de ce qu'on sent — בורא עצי בשמים, בורא עשבי בשמים, בורא מיני בשמים, le Choulhan Aroukh les distinguant au siman 216. Mais elles ne se répètent pas à chaque inhalation : tant qu'on reste au même endroit sans détourner son esprit, une seule berakha suffit.
    « ישב שם כל היום אינו מברך אלא אחת » (שו״ע או״ח רי״ז:א)

La Michna Beroura ajoute, dès sa première entrée, que la nuit de Chabbat entre elle aussi dans ce travail de complément :

« וגם בליל ש״ק טוב שישלים בם המאה ברכות » (משנה ברורה ר״צ סק״א)

4. Le hidouch du Rama — ne pas supprimer la sieste de l'après-midi

La glose du Rama au premier seif tient en une ligne :

« ואם רגיל בשינת צהרים אל יבטלנו כי עונג הוא לו » (רמ״א או״ח ר״צ:א)

קושיא. Cette glose se trouve au seif א, celui des cent berakhot — et non au seif ב, qui traite de l'étude de l'après-midi. Que vient faire la sieste dans un seif consacré au compte des berakhot ?

תירוץ. Le Rama pose une limite à l'effort que le seif vient d'imposer. Celui qui veut atteindre les cent berakhot pourrait se dire : je ne dormirai pas, afin de pouvoir manger et bénir davantage. Le Rama répond que le oneg Chabbat ne se sacrifie pas à cela : la sieste de l'après-midi est elle-même une forme du oneg, et sa raison est donnée dans la glose même — כי עונג הוא לו (רמ״א או״ח ר״צ:א). Qui en a l'habitude ne la supprime donc pas, et cherche ses cent berakhot par une autre voie.

La Michna Beroura tient les deux bouts et refuse que l'argument se retourne :

« ומ״מ לא ירבה בו יותר מדאי שלא יביאנו לידי ביטול תורה » (משנה ברורה ר״צ סק״ג)

5. Après le repas du matin — l'établissement du beit midrach

Le second seif quitte le compte des berakhot pour l'emploi de l'après-midi :

« אחר סעודת שחרית קובעים מדרש לקרות בנביאים ולדרוש בדברי אגדה ואסור לקבוע סעודה באותה שעה » (שו״ע או״ח ר״צ:ב)

La source de cette institution est le Yerouchalmi, rapporté par le Beit Yossef au siman 288 et repris par la Michna Beroura de notre siman. Le Yerouchalmi y place deux voix, et il faut les lire toutes les deux avant d'en tirer quoi que ce soit :

« רִבִּי חַגַּי בְשֵׁם רִבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָן. לֹא נִיתְנוּ שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים אֶלָּא לָאֲכִילָה וְלִשְׁתִיָיה » (ירושלמי שבת פט״ו ה״ג)
« רִבִּי בְּרֶכְיָה בְשֵׁם רִבִּי חִיָיא בַּר בָּא. לֹא נִיתְנוּ שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים אֶלָּא לַעֲסוֹק בָּהֶן בְּדִבְרֵי תוֹרָה » (ירושלמי שבת פט״ו ה״ג)

La Michna Beroura retient la seconde comme raison de l'interdiction du repas à cette heure :

« לא ניתנו שבתות ויו״ט לישראל אלא כדי לעסוק בהם בתורה » (משנה ברורה ר״צ סק״ז)

Pourquoi les Prophètes et la aggada ? Le Mehaber nomme les deux ensemble, et la Michna Beroura précise ce que doit être le contenu réel de la deracha — non pas un morceau d'éloquence, mais l'enseignement de la loi :

« והעיקר יהיה אז ללמד לרבים את חקי האלהים ואת תורותיו להורות הלכות שבת והאסור והמותר » (משנה ברורה ר״צ סק״ו)

Le Tour donne de son côté l'image midrachique qui fonde l'institution : la Torah se plaint devant le Saint béni soit-Il de n'avoir personne pour l'étudier une fois Israël entré en terre, et il lui est répondu qu'un partenaire lui est destiné, dont le nom est Chabbat.

« אמרה תורה לפני הקב״ה רבש״ע כשיכנסו ישראל לארץ זה רץ לכרמו וזה רץ לשדהו ואני מה תהא עלי אמר לה יש לי זוג שאני מזווג לך ושבת שמו שהם בטלים ממלאכתם ויכולין לעסוק בך » (טור או״ח ר״צ)

Et le Tour donne aussi la sanction talmudique, tirée de Guittin, de celui qui installe son repas à l'heure du beit midrach :

« אמר רבה בהני תלת מילי נחתי בעלי בתים מנכסייהו וחד מינייהו דקבעי סעודתא בשבתא בעידן בי מדרשא » (טור או״ח ר״צ)
« ואסור לקבוע סעודה בזמן בית המדרש » (טור או״ח ר״צ)

Un point d'attribution, à ne pas croiser. Ce qui est dit jusqu'ici — l'étude fixée, l'interdiction du repas à cette heure — est du Mehaber. Le Rama, au seif ב, n'intervient pas là-dessus : sa glose porte sur la répartition entre ouvriers et talmidei hakhamim, et c'est l'objet de la section 7.

6. « Il est interdit d'installer un repas » — la définition de סעודה

Qu'est-ce qu'un « repas » interdit à cette heure ?

La Michna Beroura se prononce dans le sens de la lecture étroite, et elle donne le critère — l'absence de קביעות :

« ולאכול בלי קביעות סעודה כמו שרגיל בימות השבת נראה שמותר » (משנה ברורה ר״צ סק״ח)

Elle donne aussi la raison de l'interdiction, et cette raison est ce qui en fixe la portée : si l'on interdit, c'est à cause du bitoul Torah qui en résulterait ; on décale donc le repas plutôt qu'on ne l'annule —

« אלא יקדים אותה או יאחר אותה » (משנה ברורה ר״צ סק״ז)

Une tension que l'appareil ne referme pas. Deux textes se font face sur le bord opposé de la même règle. Le Maguen Avraham, au nom du Rokéah, écrit que la deracha ne se laisse pas tomber pour la séouda chelichit :

« אין להניח הדרשה עבור סעודה ג׳ » (מגן אברהם ר״צ סק״א)

et la Michna Beroura, à la fin de sa dernière entrée, écrit qu'on ne fait pas durer la deracha au point de faire manquer cette même séouda chelichit :

« אין להמשיך הדרשה שיבטל עי״ז סעודה שלישית » (משנה ברורה ר״צ סק״ח)

Les deux visent le même après-midi par ses deux extrémités, et aucun des deux ne donne de mesure. C'est un endroit où la page s'arrête : l'arbitrage relève du Rav.

7. Ouvriers et baalei battim face aux talmidei hakhamim — la position du Yerouchalmi

C'est ici, et ici seulement, que le Rama intervient au second seif :

« ופועלים ובעלי בתים שאינן עוסקים בתורה כל ימי שבוע יעסקו יותר בתורה בשבת מתלמידי חכמים העוסקים בתורה כל ימי השבוע » (רמ״א או״ח ר״צ:ב)

Le Beit Yossef, au siman 288, montre d'où cela vient : les deux voix du Yerouchalmi citées plus haut ne se contredisent pas, le Tanhouma les répartit entre deux publics.

« מה דא״ר ברכיה לת״ת אלו הפועלים שהם עסוקים במלאכתן כל ימות השבוע ובשבת הם באים ומתעסקים בת״ת ומה דא״ר חגי להתענג אלו ת״ח שהם יגיעים בתורה כל ימות השבוע ובשבת הם מתענגים » (בית יוסף או״ח רפ״ח)

Le fondement. Le Chabbat fait la balance de la semaine. Celui qui a travaillé de ses mains toute la semaine a besoin de davantage d'étude ; celui qui a étudié toute la semaine a besoin de davantage de repos et de table. Ce n'est pas une règle rigide mais un principe d'équilibre, et il se lit dans les deux sens :

8. Le sommeil de Chabbat — source et fondement

Le Rama ne fait ici que reprendre le Tour, et le Tour le dit dans les mêmes termes, en enchaînant d'ailleurs directement sur l'établissement du beit midrach — ce qui explique l'ordre de notre siman :

« ואם רגיל בשינת הצהרים אל יבטלה כי עונג הוא לו » (טור או״ח ר״צ)

Le fondement. Le sommeil du jour de Chabbat n'a pas le statut du sommeil du jour en semaine. En semaine il est un renoncement à l'étude ; en Chabbat il fait partie du oneg, et c'est à ce titre que le Rama défend de le supprimer.

Mais le motif doit rester le oneg, et non le calcul. C'est la limite que posent la Michna Beroura et le Maguen Avraham, chacun dans les mêmes termes — le Maguen Avraham au nom du Séfer Hassidim : dormir en Chabbat pour être en état de travailler à la sortie renverse l'ordre, et fait du Chabbat le serviteur de la semaine.

« אבל לא יאמר נלך ונישן כדי שנוכל לעשות מלאכתנו במו״ש שמראה בזה שנח וישן בשביל ימות החול » (משנה ברורה ר״צ סק״ד)
« לא יאמר בשבת נישן כדי לעשות מלאכתינו בערב » (מגן אברהם ר״צ סק״א)

Un moyen mnémotechnique courant lit les trois lettres de שבת comme les initiales de שינה בשבת תענוג — « dormir en Chabbat est un délice ». C'est un notarikon d'usage, non une citation : aucune source classique n'en est donnée ici.

9. Le hidouch de Torah en Chabbat — ce qu'en disent nos maîtres

La Michna Beroura, ס״ק ג׳, au nom des livres qui l'écrivent au nom du Zohar. La formulation exacte importe : la Michna Beroura n'écrit pas « le Zohar dit », elle écrit que des ouvrages le rapportent au nom du Zohar, et elle ne nomme pas de paracha.
« כתבו הספרים בשם הזוהר שמצוה על האדם לחדש חידושי תורה בשבת » (משנה ברורה ר״צ סק״ג)
La même entrée, suite. Et pour qui n'est pas en mesure de produire un hidouch, la Michna Beroura ouvre une autre porte : apprendre du neuf est aussi un hidouch.
« ומי שאינו בר הכי לחדש ילמוד דברים שלא למד עד הנה » (משנה ברורה ר״צ סק״ג)

10. Nafka minot pratiques et ligne de décision

PointCe que donne la source
Cent berakhot en ChabbatÀ compléter — fruits, megadim, parfums (שו״ע או״ח ר״צ:א) ; et, à défaut, par les berakhot de la lecture de la Torah et du maftir, à titre de dehak (משנה ברורה מ״ו סקי״ד)
FruitsC'est le changement d'espèce qui multiplie la berakha, non la quantité
ParfumsBerakhot distinctes selon la nature de ce qu'on sent (siman 216) ; pas de répétition tant qu'on ne s'est pas détourné (שו״ע או״ח רי״ז:א)
Sieste de l'après-midiNe pas la supprimer, parce qu'elle est un oneg (רמ״א או״ח ר״צ:א) — mais sans excès (משנה ברורה ר״צ סק״ג)
Étude fixée de l'après-midiLe Mehaber l'institue : Prophètes et aggada (שו״ע או״ח ר״צ:ב), le contenu devant être la loi et la crainte du Ciel (משנה ברורה ר״צ סק״ו)
Repas à l'heure du coursLe repas installé est interdit ; manger sans קביעות est permis (משנה ברורה ר״צ סק״ח)
Ouvriers / talmidei hakhamimAux premiers davantage d'étude, aux seconds un peu plus de oneg de table (רמ״א או״ח ר״צ:ב, d'après בית יוסף או״ח רפ״ח)
Hidouch de Torah en ChabbatRapporté au nom du Zohar ; à défaut, apprendre ce qu'on n'a pas encore appris (משנה ברורה ר״צ סק״ג)

יסוד. Le siman ר״צ est un siman d'équilibre. Trois motifs y sont noués, et chacun borne les deux autres :

  1. compléter les cent berakhot — une obligation de halakha, que le Maguen Avraham empêche aussitôt de déborder en berakhot inutiles ;
  2. la sieste de l'après-midi — le oneg du corps, que la Michna Beroura empêche de déborder en bitoul Torah ;
  3. l'étude fixée — le oneg de l'âme, que la Michna Beroura empêche de déborder sur la séouda chelichit.

Aucun des trois ne l'emporte sur les autres : c'est leur ajustement qui fait le sujet du siman, et c'est pourquoi le Rama a placé la sieste dans le seif des berakhot plutôt que dans celui de l'étude.


Pour aller plus loin

Niveau 3 — Synthèse : récapitulatif structuré, repères de mémoire, arbres de décision et règles pratiques.
Niveau 4 — Daat HaRav : la chita de l'Admour HaZaken (Choulhan Aroukh HaRav).

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DAAT · Rav Yossef Haim Samama

Siman ר״צ · Niveau 2 — Lamdan
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