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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 105 — Comment l'interdit transmet son goût : כבוש (mariné), חום (chaleur), צלי (rôti) et מליחה (salage)

Les mécanismes de transfert du goût entre interdit et permis : le marinage (כבוש) de 24 h à froid = comme une cuisson ; la chaleur d'un récipient premier (כלי ראשון) où « la main se rétracte (יד סולדת) » cuit et interdit tout, contre le récipient second (כלי שני) ; le bas l'emporte (תתאה גבר) ; le rôti (צלי) n'interdit que l'épaisseur d'un doigt (כדי נטילה) — sauf le gras qui imprègne (פעפוע) ; et le salage (מליח כרותח) : un aliment trop salé pour être mangé tel quel agit comme l'ébullition — Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 105 — 14 seifim
יורה דעה · סימן ק״ה
דין איסור שנפל לתוך היתר
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman 105 : les 14 seifim du Mehaber et les gloses du Rama, texte hébreu et traduction française fluide. Comment un aliment interdit communique-t-il son goût à un aliment permis ? Par le marinage à froid (כבוש כמבושל), par la chaleur d'un récipient (כלי ראשון / כלי שני), par le contact où « le bas l'emporte » (תתאה גבר), par le rôti (צלי, כדי נטילה) et le gras qui imprègne (פעפוע), et par le salage (מליח כרותח). À chaque fois la question est la même : le goût passe-t-il, et jusqu'où ?

Sujet : L'interdit tombé dans le permis — marinage, chaleur, rôti, salage
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״ה

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Mehaber : les 14 seifim, par groupes thématiques
2. Contexte : pourquoi ce siman vient dans les lois de mélanges (תערובות)
3. Les concepts-clés : כבוש, כלי ראשון / שני, תתאה גבר, כדי נטילה, פעפוע, מליח כרותח…
4. Les voies du transfert : le tableau marinage / chaleur / rôti / salage
5. Le Shach et le Taz : qui ils sont, quelques entrées-clés
6. La glose du Rama (הגה)
7. מליח כרותח : ce que le salage fait vraiment
8. Cas pratiques modernes : marinade, récipient premier, salage de cacherisation
9. Synthèse et questions de compréhension

1. Le texte du Mehaber — les 14 seifim

Le Siman 105 est l'un des grands sièges de la תורת ההיתר והאיסור (la science de l'interdit et du permis). Sa question est unique mais déclinée de mille façons : par quels canaux un aliment interdit transmet-il son goût (טעם) à un aliment permis qui le touche ou cuit avec lui — et jusqu'à quelle profondeur ? Le Mehaber (Rabbi Yossef Karo) passe en revue les grands modes de transfert : le marinage à froid (seif 1), la chaleur d'un récipient (seifim 2-3), le rôti et le gras qui imprègne (seifim 4-8), et enfin le salage (seifim 9-14). Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute ses gloses (הגה) pour l'usage achkénaze. Découvrons les seifim par groupes.

Groupe A — Le marinage et la chaleur du récipient (seifim 1-3)

Seif 1 — כבוש כמבושל : le marinage de 24 h vaut cuisson

אִסּוּר שֶׁנִּשְׁרָה עִם הֶתֵּר מֵעֵת לְעֵת בְּצוֹנֵן — מִקְרֵי כָּבוּשׁ, וַהֲרֵי הוּא כִּמְבֻשָּׁל, וְנֶאֱסַר כֻּלּוֹ. אֲבָל פָּחוֹת מִכָּאן — בַּהֲדָחָה סַגִּי. (הגה: וְכָל מָקוֹם שֶׁאוֹמְרִים כָּבוּשׁ כִּמְבֻשָּׁל, אֲפִלּוּ מַה שֶּׁחוּץ לַמַּשְׁקֶה הַכָּבוּשׁ נֶאֱסָר, שֶׁכְּבִישַׁת הַתַּחְתּוֹן מְפַעְפַּעַת לָעֶלְיוֹן כְּמוֹ בְּבִישּׁוּל; וְיֵשׁ מְקִילִין בְּמַה שֶּׁחוּץ לַמַּשְׁקֶה. וּסְפֵק כָּבוּשׁ אָסוּר, אֶלָּא אִם כֵּן הוּא בָּשָׂר בְּחָלָב, דְּאָז יֵשׁ לְהָקֵל, דְּמִן הַתּוֹרָה אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא דֶּרֶךְ בִּישּׁוּל מַמָּשׁ.) וְאִם נִכְבַּשׁ הָאִסּוּר בְּצִיר אוֹ בְּחֹמֶץ : אִם שָׁהָה בּוֹ כְּדֵי שֶׁיָּשִׂים עַל הָאוּר וְיַתְחִיל לְהַרְתִּיחַ — הֲרֵי הוּא כִּמְבֻשָּׁל; פָּחוֹת מִכָּאן — אֵינוֹ אוֹסֵר אֶלָּא כְּדֵי קְלִיפָה.
Un interdit trempé avec du permis vingt-quatre heures (מעת לעת) à froid est appelé « mariné » (כבוש), et il est comme cuit (כמבושל) : tout devient interdit. Mais en deçà de ce délai, un rinçage (הדחה) suffit. Glose du Rama : partout où l'on dit « כבוש כמבושל », même ce qui dépasse hors du liquide de marinage est interdit, car le marinage du bas diffuse vers le haut (מפעפעת) comme à la cuisson ; certains sont indulgents (יש מקילין) pour ce qui est hors du liquide. Et un doute de marinage (ספק כבוש) est interdit, sauf en viande-lait, où l'on peut être indulgent, car de la Torah ce n'est interdit que par une cuisson réelle. — Et si l'interdit a mariné dans du ציר (saumure) ou du חומץ (vinaigre) : s'il y est resté le temps qu'on le mette au feu et qu'il commence à bouillir (כדי שירתיח) → comme cuit ; en deçà → il n'interdit que כדי קליפה (l'épaisseur d'une pelure).
כבוש כמבושל« le mariné est comme le cuit » : à froid, un long trempage (24 h) extrait et fait passer le goût aussi sûrement qu'une cuisson. Un liquide acide ou salé (ציר, חומץ) accélère le processus : le seuil tombe au temps qu'il faudrait pour porter à ébullition.
L'idée centrale : on n'a pas besoin de feu pour que le goût passe. Le temps (24 h) à froid suffit, ou bien un milieu agressif (saumure, vinaigre) en bien moins de temps. Le Rama ajoute deux précisions pratiques : (a) le marinage diffuse même hors du liquide (mais certains allègent) ; (b) un simple doute de marinage rend interdit — sauf en viande-lait, plus léger, car l'interdit toranique y suppose une vraie cuisson. (Voir Siman 70 — la viande tombée dans la saumure.)

Seif 2 — כלי ראשון / כלי שני : la hiérarchie de la chaleur

חֲמִימוּת כְּלִי רִאשׁוֹן, כְּל זְמַן שֶׁהַיָּד סוֹלֶדֶת בּוֹ, מְבַשֵּׁל וְאוֹסֵר. אֲבָל חֲמִימוּת כְּלִי שֵׁנִי אֵינוֹ מְבַשֵּׁל; וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁאֵינוֹ מַפְלִיט וְלֹא מַבְלִיעַ, וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁמַּפְלִיט וּמַבְלִיעַ וְאוֹסֵר כְּדֵי קְלִיפָה; וְרָאוּי לָחֹשׁ לִדְבָרֵיהֶם לְכַתְּחִלָּה, אֲבָל בְּדִיעֲבַד מֻתָּר בְּלֹא קְלִיפָה, וְסַגִּי בַּהֲדָחָה.
La chaleur d'un récipient premier (כלי ראשון) — celui qui a été sur le feu — tant que la main s'y rétracte (יד סולדת בו), cuit et interdit [tout ce qui y tombe]. Mais la chaleur d'un récipient second (כלי שני) — celui dans lequel on a transvasé — ne cuit pas. Certains disent (יש אומרים) qu'il ne fait ni sortir ni absorber [de goût] ; d'autres disent qu'il fait quand même sortir/absorber et qu'il interdit כדי קליפה. Il convient d'y prendre garde a priori (לכתחילה) ; mais a posteriori (בדיעבד) c'est permis sans peler : un simple rinçage suffit.
Le seuil et le contenant. Deux paramètres décident si le goût passe : la température (au-dessus de יד סולדת בו, « la main se rétracte ») et le contenant. La règle d'or : un כלי ראשון (resté sur le feu) cuit et interdit en profondeur ; un כלי שני (où l'on a versé) est plus faible — il ne cuit pas, et au pire n'atteint qu'une pelure. (Voir simanim 68, 92 et 95 sur le כלי שני et l'עירוי.)

Seif 3 — תתאה גבר : le bas l'emporte

חֲתִיכַת אִסּוּר רוֹתַחַת שֶׁנָּפְלָה עַל חֲתִיכַת הֶתֵּר רוֹתַחַת שֶׁהִיא כְּלִי רִאשׁוֹן, אוֹ אֲפִלּוּ אִסּוּר צוֹנֵן עַל הֶתֵּר רוֹתֵחַ — הַכֹּל אָסוּר, דְּתַתָּאָה גָּבַר וּמְחַמֵּם וּמַפְלִיט לְמַטָּה; וְכָל שֶׁכֵּן הֶתֵּר צוֹנֵן עַל אִסּוּר רוֹתֵחַ. אֲבָל אִם הָעֶלְיוֹן חַם וְהַתַּחְתּוֹן צוֹנֵן — אֵינוֹ אוֹסֵר אֶלָּא כְּדֵי קְלִיפָה, אֲפִלּוּ הַחַם הָעֶלְיוֹן הוּא הָאִסּוּר. (הגה: וְכָל זֶה בַּחֲמִימוּת כְּלִי רִאשׁוֹן. וְאִסּוּר הַמֻּנָּח בִּכְלִי שֶׁל הֶתֵּר אוֹ אִיפְּכָא — אַמְרִינַן בֵּיהּ נַמֵּי תַּתָּאָה גָּבַר כְּמוֹ בִּשְׁתֵּי חֲתִיכוֹת. וְאָסוּר לְעָרוֹת מִכְּלִי שֶׁיֵּשׁ בּוֹ שֻׁמָּן שֶׁל הֶתֵּר לְתוֹךְ נֵר דּוֹלֵק שֶׁיֵּשׁ בּוֹ שֻׁמָּן שֶׁל אִסּוּר, אַךְ בְּדִיעֲבַד אֵין לָחֹשׁ.)
Un morceau d'interdit chaud tombé sur un morceau de permis chaud qui est un כלי ראשון, ou même un interdit froid sur un permis chaudtout est interdit, car le bas l'emporte (תתאה גבר) : il chauffe et fait sortir [le goût] vers le bas. À plus forte raison un permis froid sur un interdit chaud. Mais si le haut est chaud et le bas froid → il n'interdit que כדי קליפה, même si c'est le morceau chaud du haut qui est l'interdit. Glose du Rama : tout ceci avec la chaleur d'un כלי ראשון. Un interdit posé dans un ustensile de permis (ou l'inverse) → on lui applique aussi תתאה גבר, comme entre deux morceaux (voir Siman 94, le couteau laiteux). Il est interdit de verser d'un récipient contenant du gras cachère vers une lampe allumée contenant du gras interdit ; a posteriori (בדיעבד), pas d'inquiétude.
תתאה גבר = « le dessous l'emporte ». Au contact direct de deux corps de températures différentes, c'est celui du dessous qui dicte la loi. Si le bas est chaud (כלי ראשון), il « gagne » : il chauffe le tout et fait passer le goût en profondeur → tout interdit. Si seul le haut est chaud, le bas froid « refroidit » le contact → l'effet se limite à une pelure (קליפה). Ce principe gouverne aussi les seifim 6 et 11.

Groupe B — Le rôti, le gras qui imprègne (seifim 4-6)

Seif 4 — le rotev diffuse, le צלי n'interdit que כדי נטילה

לֹא אָמְרוּ שֶׁנֶּאֱסַר הַכֹּל אֶלָּא כְּשֶׁנָּפַל לְתוֹךְ תַּבְשִׁיל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ רוֹטֶב, שֶׁהָרוֹטֶב מוֹלִיךְ פְּלִיטַת הָאִסּוּר בְּכָל הַתַּבְשִׁיל. אֲבָל אִם נָפַל הָאִסּוּר — בֵּין חַם בֵּין צוֹנֵן — עַל צָלִי שֶׁאֵצֶל הָאֵשׁ, אֵינוֹ אוֹסֵר אֶלָּא כְּדֵי נְטִילָה, שֶׁהוּא כְּעֹבִי אֶצְבַּע. וְכֵן יָרֵךְ שֶׁנִּצְלָה עִם גִּידּוֹ, אוֹ חֲתִיכַת אִסּוּר שֶׁנִּצְלֵית עִם חֲתִיכַת הֶתֵּר וְנָגְעוּ זוֹ בָּזוֹ — נוֹטֵל כְּדֵי נְטִילָה סְבִיב הַגִּיד אוֹ בִּמְקוֹם הַנְּגִיעָה. וְאִם נָפַל הָאִסּוּר עַל חֲתִיכָה שֶׁחוּץ לָרוֹטֶב, וְלֹא נִיעֵר וְלֹא כִסָּה — דַּיּוֹ בִּכְדֵי נְטִילָה; אֲבָל אִם הִיא תּוֹךְ הָרוֹטֶב, אוֹ אֲפִלּוּ כֻּלָּהּ חוּץ לָרוֹטֶב וְנִיעֵר אוֹ כִסָּה — הָרוֹטֶב מוֹלִיךְ הַטַּעַם בַּכֹּל.
On n'a dit que tout est interdit que lorsque l'interdit est tombé dans un plat en sauce, car le rotev (jus/sauce) transporte la פליטה (l'exsudat) de l'interdit dans tout le plat. Mais si l'interdit — chaud ou froid — tombe sur un rôti (צלי) près du feu, il n'interdit que כדי נטילה, c'est-à-dire l'épaisseur d'un doigt (כעובי אצבע). Ainsi une cuisse rôtie avec son גיד (nerf interdit), ou un morceau d'interdit rôti au contact d'un morceau de permis → on retire כדי נטילה autour du גיד ou à l'endroit du contact. Et un interdit tombé sur un morceau hors du rotev, sans qu'on ait remué ni couvert → il suffit de כדי נטילה ; mais si le morceau est dans le rotev, ou même entièrement dehors mais qu'on a remué ou couvert → le rotev diffuse le goût partout.
כדי נטילה« de quoi prélever » : l'épaisseur d'un doigt (כעובי אצבע) que l'on retire autour du point de contact. C'est la mesure propre au rôti sec : sans sauce pour véhiculer le goût, l'interdit ne pénètre que localement.
Avec ou sans sauce, voilà la clé. Le rotev (la sauce) est un véhicule : il emporte le goût de l'interdit dans tout le plat → tout est concerné (et l'on compte soixante). Le rôti sec (צלי), lui, n'a pas ce véhicule : le goût reste près du contact → on retire seulement l'épaisseur d'un doigt. Mais attention : remuer ou couvrir recrée un effet de diffusion, comme s'il y avait de la sauce.

Seif 5 — כחוש vs שמן : le gras imprègne tout (פעפוע)

לֹא אָמְרוּ שֶׁאֵינוֹ נוֹטֵל אֶלָּא כְּדֵי נְטִילָה אֶלָּא בְּדָבָר כָּחוּשׁ שֶׁאֵין בּוֹ כֹּחַ לְפַעְפֵּעַ, כְּגוֹן יָרֵךְ עִם גִּידּוֹ. אֲבָל גְּדִי שָׁמֵן שֶׁנִּצְלָה עִם חֶלְבּוֹ, אִם אֵין שִׁשִּׁים כְּנֶגֶד כָּל הַחֵלֶב — אָסוּר לֶאֱכֹל אֲפִלּוּ רֹאשׁ הָאֹזֶן שֶׁכְּנֶגְדּוֹ, שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁהוּא שָׁמֵן מְפַעְפֵּעַ בְּכֻלּוֹ. וְאִם הוּא כָּחוּשׁ — אֲפִלּוּ אֵין שִׁשִּׁים אֵינוֹ אוֹסֵר אֶלָּא כְּדֵי נְטִילָה. וַאֲפִלּוּ חֲתִיכַת הָאִסּוּר כְּחוּשָׁה וְחֲתִיכַת הַהֶתֵּר שְׁמֵנָה — הַשֻּׁמָּן מַפְעֲפֵעַ הָאִסּוּר בְּכֻלּוֹ. וְכָל דָּבָר הַמְפַעְפֵּעַ שֶׁנָּפַל עַל מָקוֹם יָדוּעַ בְּצָלִי, אֲפִלּוּ יֵשׁ שִׁשִּׁים, צָרִיךְ נְטִילַת מָקוֹם. (הגה: וְכָל דָּבָר שֶׁנִּתְבַּשֵּׁל בְּלֹא רוֹטֶב אוֹ נֶאֱפָה — דִּינוֹ כְּצָלִי. וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁאֵין אָנוּ בְּקִיאִין לְחַלֵּק בֵּין כָּחוּשׁ לְשָׁמֵן, וְאוֹסְרִין בְּכָל עִנְיָן עַד שִׁשִּׁים, וְאַף בְּשִׁשִּׁים צָרִיךְ נְטִילַת מָקוֹם; וְכֵן נוֹהֲגִין. מִיהוּ דַּוְקָא בְּחֵלֶב אוֹ אִסּוּר שָׁמֵן, אֲבָל אִסּוּר כָּחוּשׁ בְּלֹא שֻׁמָּן אֵינוֹ אוֹסֵר רַק כְּדֵי נְטִילָה.)
On n'a dit qu'on ne retire que כדי נטילה que pour une chose maigre (כחוש), sans force de diffuser — comme la cuisse avec son גיד. Mais un chevreau gras (גדי שמן) rôti avec son חֵלֶב : s'il n'y a pas soixante contre tout le חֵלֶב, il est interdit de manger même le bout de l'oreille à l'opposé, car, étant gras, [le goût] imprègne tout (מפעפע בכולו). S'il est maigre, même sans soixante, il n'interdit que כדי נטילה. Et même si le morceau d'interdit est maigre et le morceau de permis gras, le gras [du permis] fait imprégner l'interdit dans tout. Et toute chose qui imprègne, tombée sur un endroit connu d'un rôti, même s'il y a soixante, exige נטילת מקום (qu'on retire l'endroit). Glose du Rama : tout ce qui est cuit sans rotev ou cuit au four (אפוי) a le statut d'un rôti. Et certains disent que nous ne sommes pas experts pour distinguer maigre et gras → on interdit dans tous les cas jusqu'à soixante, et même avec soixante, נטילת מקום ; et tel est l'usage. Mais seulement pour le חֵלֶב ou un interdit gras ; un interdit maigre sans aucun gras n'interdit que כדי נטילה.
Le gras change tout. Un interdit maigre reste local (כדי נטילה). Mais s'il y a du gras — que ce soit dans l'interdit ou dans le permis — le gras devient un véhicule qui imprègne (מפעפע) la pièce entière : on exige alors soixante, et même avec soixante on retire l'endroit (נטילת מקום). Le Rama tranche que, n'étant pas experts à juger maigre/gras, on traite tout interdit gras par soixante — mais un interdit sans gras du tout reste à כדי נטילה (voir seif 9).

Seif 6 — chaud / froid dans le rôti

דָּבָר הַמְפַעְפֵּעַ בְּצָלִי : אִם הָאֶחָד חַם וְהָאֶחָד צוֹנֵן — תַּתָּאָה גָּבַר. לְפִיכָךְ חַם עַל גַּבֵּי צוֹנֵן — אֵינוֹ אוֹסֵר אֶלָּא כְּדֵי קְלִיפָה; וְצוֹנֵן עַל גַּבֵּי חַם — אִם אֵין שִׁשִּׁים כְּנֶגֶד הָאִסּוּר, הַכֹּל אָסוּר.
Une chose qui imprègne, dans un rôti : si l'un est chaud et l'autre froidle bas l'emporte (תתאה גבר). Donc chaud sur froid → il n'interdit que כדי קליפה ; et froid sur chauds'il n'y a pas soixante contre l'interdit, tout est interdit.
תתאה גבר revient — version rôti. Même dans un rôti (sans sauce), dès qu'il y a une différence de température, c'est le bas qui décide. Chaud posé sur froid → l'effet est freiné, on pèle (קליפה). Froid posé sur chaud → le bas chaud « gagne », il fait imprégner le gras dans toute la pièce → il faut soixante, sinon tout est interdit.

Groupe C — Interdit par soi-même ou seulement absorbé (seifim 7-8)

Seif 7 — איסור מחמת עצמו vs בלוע

חֲתִיכַת אִסּוּר אֵינָהּ אוֹסֶרֶת חֲבֶרְתָּהּ בִּנְגִיעָה אֶלָּא כְּשֶׁאִסּוּרָהּ מֵחֲמַת עַצְמָהּ, כְּגוֹן נְבֵילָה אוֹ בָּשָׂר בְּחָלָב. אֲבָל אִם אֵין בָּהּ אֶלָּא אִסּוּר בָּלוּעַ מֵחֲמַת דָּבָר אַחֵר — אֵינָהּ אוֹסֶרֶת אֶת הַנּוֹגַעַת בָּהּ, אֲפִלּוּ נִצְלוּ יַחַד, כָּל זְמַן שֶׁהַבָּלוּעַ אֵינוֹ מְפַעְפֵּעַ. אֲבָל אִם בָּלְעָה דָּבָר הַמְפַעְפֵּעַ מֵחֲמַת שֻׁמָּן — אוֹסֶרֶת חֲבֶרְתָּהּ, בֵּין בְּצָלִי בֵּין בִּנְגִיעָה, שֶׁהָאִסּוּר הַבָּלוּעַ מְפַעְפֵּעַ וְעוֹבֵר מֵחֲתִיכָה לַחֲתִיכָה. (הגה: וְכָל זֶה בִּשְׁתֵּי חֲתִיכוֹת, אֲבָל כְּלִי שֶׁבָּלַע אִסּוּר — אוֹסֵר הַהֶתֵּר הַנּוֹגֵעַ בּוֹ, אֲפִלּוּ בְּאִסּוּר שֶׁאֵינוֹ שָׁמֵן.)
Un morceau d'interdit n'interdit son voisin par contact que lorsque son interdit est par lui-même (מחמת עצמה) — comme une נבילה ou de la viande-lait. Mais s'il n'a qu'un interdit absorbé (בלוע) venu d'ailleurs, il n'interdit pas celui qui le touche, même rôtis ensemble, tant que l'absorbé ne diffuse pas. En revanche, s'il a absorbé un élément qui imprègne par nature, à cause de son gras (שומן), il interdit son voisin, en rôti comme par contact, car l'interdit absorbé imprègne et passe de morceau en morceau. Glose du Rama : tout ceci pour deux morceaux ; mais un ustensile (כלי) qui a absorbé un interdit interdit le permis qui le touche, même avec un interdit non gras.
« Interdit par soi-même » vs « interdit seulement absorbé ». Un morceau interdit en lui-même (נבילה, viande-lait) contamine ce qu'il touche. Mais un morceau qui a seulement absorbé un interdit ne le transmet pas plus loin — sauf si ce qu'il a absorbé est un gras qui imprègne : alors le gras voyage de pièce en pièce. Exception du Rama : un ustensile imprégné transmet toujours, même un interdit non gras. (Lien Siman 92 sur חתיכה נעשית נבילה ; Siman 108 sur ריחא.)

Seif 8 — le rognon (כוליא) : la membrane sépare

כּוּלְיָא שֶׁנִּצְלֵית בְּחֶלְבָּהּ — אֵינָהּ אוֹסֶרֶת אֶלָּא כְּדֵי קְלִיפָה, שֶׁהַקְּרוּם מַפְסִיק. (הגה: וְיֵשׁ אוֹסְרִים, וְכֵן נוֹהֲגִין וְאֵין לְשַׁנּוֹת; וְדִינָהּ כִּשְׁאָר חֵלֶב שֶׁנִּצְלָה עִם הַבָּשָׂר. וְאִם נִתְבַּשְּׁלָה כָּךְ, הַכּוּלְיָא נַעֲשֵׂית נְבֵילָה וּצְרִיכָה שִׁשִּׁים כְּנֶגֶד כֻּלָּהּ. וְכֵן הַקְּרוּם שֶׁעַל הַיּוֹתֶרֶת.)
Un rognon (כוליא) rôti dans son חֵלֶב n'interdit que כדי קליפה, car la membrane (קרום) sépare. Glose du Rama : certains interdisent (יש אוסרים) — et tel est l'usage, on ne change pas : son din est comme tout חֵלֶב rôti avec de la viande. Et s'il a été cuit ainsi, le rognon devient נבילה et il faut soixante contre lui tout entier. Idem pour la membrane sur le lobe (יותרת).
La membrane comme barrière. Selon le Mehaber, la fine peau (קרום) du rognon empêche le חֵלֶב interne d'imprégner la chair → seulement כדי קליפה. Le Rama est plus strict : on traite le rognon comme tout חֵלֶב rôti avec de la viande, et si on l'a cuit (avec sauce), il devient נבילה et exige soixante contre toute sa masse.

Groupe D — Le salage : מליח כרותח (seifim 9-14)

Seif 9 — מליח כרותח : un aliment trop salé agit comme l'ébullition

מָלִיחַ שֶׁאֵינוֹ נֶאֱכָל מֵחֲמַת מִלְחוֹ — הֲרֵי הוּא כְּרוֹתֵחַ, וּמַפְלִיט וְאוֹסֵר כְּדֵי קְלִיפָה. וְאִם הוּא חֵלֶב הַגִּיד וְהַקְּנוֹקְנוֹת וְהַקְּרוּמוֹת — צָרִיךְ לְהַקְשׁוֹת וְלִטֹּל מְקוֹמוֹ; וְאִם הוּא חֵלֶב מַמָּשׁ — צָרִיךְ שִׁשִּׁים לְבַטְּלוֹ. וְאִם הַבָּשָׂר הַמָּלוּחַ עִמּוֹ שָׁמֵן, אֲפִלּוּ חֵלֶב הַגִּיד צָרִיךְ שִׁשִּׁים וּנְטִילָה אוֹ קְלִיפָה. וְכָל זֶה בַּחֲתִיכָה שֶׁהַחֵלֶב דָּבוּק בָּהּ. אֲבָל שְׁאָר חֲתִיכוֹת שֶׁנִּמְלְחוּ עִמּוֹ — אִם אֵין בְּכָל אַחַת לְבַדָּהּ שִׁשִּׁים כְּנֶגֶד הַחֵלֶב, אֲסוּרוֹת, וְאֵינָן מִצְטָרְפוֹת לְבַטֵּל, שֶׁאֵין הַחֵלֶב מְפַעְפֵּעַ מֵחֲתִיכָה לַחֲתִיכָה בְּלֹא רוֹטֶב. וְאִם אֵינוֹ יוֹדֵעַ אִם נָגַע בְּכֻלָּן — כֻּלָּן אֲסוּרוֹת; וְאִם יוֹדֵעַ שֶׁלֹּא נָגַע אֶלָּא בְּאַחַת וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ בְּאֵיזוֹ — כֻּלָּן מֻתָּרוֹת, חַד בִּתְרֵי בָּטֵל. (הגה: וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁכָּל מָלִיחַ אֵינוֹ אוֹסֵר אֶלָּא כְּדֵי קְלִיפָה; וּלְפִי שֶׁאֵין אָנוּ בְּקִיאִין בֵּין שָׁמֵן לְכָחוּשׁ, נוֹהֲגִין לְשַׁעֵר כָּל מְלִיחָה בְּשִׁשִּׁים כְּמוֹ בְּבִישּׁוּל. וְאִסּוּר שֶׁאֵין בּוֹ שֻׁמָּן כְּלָל, כְּגוֹן חָמֵץ בְּפֶסַח, לְדִבְרֵי הַכֹּל אֵינוֹ אוֹסֵר אֶלָּא כְּדֵי קְלִיפָה.)
Un aliment trop salé pour être mangé tel quel (מליח שאינו נאכל מחמת מלחו) a le statut de l'ébouillanté (כרותח) : il fait sortir [le goût] et interdit כדי קליפה. Si c'est le gras du גיד, les tendons (קנוקנות) et les membranes → il faut durcir [au feu] et retirer l'endroit. Si c'est du חֵלֶב véritable → il faut soixante pour l'annuler. Si la viande salée avec lui est grasse, même le gras du גיד exige soixante + נטילה ou קליפה. Tout cela pour le morceau auquel le חֵלֶב est collé. Quant aux autres morceaux salés ensemble : si chacun, à lui seul, n'a pas soixante contre le חֵלֶב → ils sont interdits, et ne se combinent pas pour l'annuler, car le חֵלֶב n'imprègne pas de morceau à morceau sans rotev. Si l'on ignore s'il a touché tous les morceaux → tous interdits ; si l'on sait qu'il n'a touché qu'un seul sans savoir lequeltous permis (חד בתרי בטיל). Glose du Rama : certains disent que tout salage n'interdit que כדי קליפה ; et comme nous ne sommes pas experts entre gras et maigre, l'usage est d'estimer tout salage en soixante comme à la cuisson. Et un interdit sans aucun gras, comme le חמץ à Pessah, de l'avis de tous, n'interdit que כדי קליפה.
מליח כרותח« le salé est comme le bouillant » : un aliment salé au point d'être immangeable tel quel (מליח שאינו נאכל מחמת מלחו) a la force d'extraction de l'eau bouillante. Comme la chaleur, il fait sortir et passer le goût — mais, à la différence de la cuisson, seulement à la surface (כדי קליפה), et il n'imprègne pas de morceau à morceau sans sauce.
Le sel comme « chaleur froide ». Un salage assez fort agit comme l'ébullition pour faire sortir le goût. La règle de base limite l'effet à une pelure (קליפה), et le חֵלֶב collé exige soixante. Mais le Rama, faute d'expertise pour juger gras/maigre, fait estimer tout salage en soixante, comme à la cuisson. Seul un interdit sans aucun gras (le חמץ) reste, de l'avis de tous, à כדי קליפה.

Seif 10 — מליח / תפל : qui est salé, qui ne l'est pas

כָּל זֶה כְּשֶׁהָאִסּוּר וְהַהֶתֵּר שְׁנֵיהֶם מְלוּחִים, וַאֲפִלּוּ הָאִסּוּר מָלוּחַ וְהַהֶתֵּר תָּפֵל. אֲבָל אִם הַהֶתֵּר מָלוּחַ וְהָאִסּוּר תָּפֵל — בַּהֲדָחָה סַגִּי. (הגה: וְיֵשׁ אוֹסְרִים אִם נָגְעוּ זֶה בָּזֶה; וּבְמָקוֹם הֶפְסֵד יֵשׁ לְהָקֵל.)
Tout ceci quand l'interdit et le permis sont tous deux salés, et même quand l'interdit est salé et le permis non-salé (תפל). Mais si le permis est salé et l'interdit non-salé (תפל) → un rinçage (הדחה) suffit. Glose du Rama : certains interdisent s'ils se sont touchés ; et en cas de perte, on peut être indulgent.
Qui « pousse » le goût ? Le salé. C'est le côté salé qui a la force d'extraire. Si l'interdit est salé, il chasse son goût vers le permis → interdit. Mais si seul le permis est salé et l'interdit non-salé (תפל), c'est le permis qui « pousse » — il ne fait pas entrer le goût de l'interdit → un simple rinçage suffit. (Voir Siman 70.)

Seif 11 — au-dessus / au-dessous (salage)

זֶה שֶׁאָמַרְנוּ שֶׁהַשָּׁמֵן אוֹסֵר עַד שִׁשִּׁים — דַּוְקָא כְּשֶׁהָאִסּוּר הַמָּלוּחַ לְמַטָּה וְהַהֶתֵּר הַתָּפֵל לְמַעְלָה, דְּתַתָּאָה גָּבַר. אֲבָל אִם הַהֶתֵּר הַתָּפֵל לְמַטָּה וְהָאִסּוּר הַמָּלוּחַ לְמַעְלָה — אֵינוֹ אוֹסֵר אֶלָּא כְּדֵי קְלִיפָה. (הגה: וְיֵשׁ חוֹלְקִין וְאוֹמְרִים דִּבְמָלִיחַ אֵין חִלּוּק בֵּין לְמַעְלָה לְמַטָּה; וְכֵן נוֹהֲגִין.)
Ce que nous avons dit — que le gras interdit jusqu'à soixante — n'est que lorsque l'interdit salé est en bas et le permis non-salé en haut, car le bas l'emporte (תתאה גבר). Mais si le permis non-salé est en bas et l'interdit salé en haut → il n'interdit que כדי קליפה. Glose du Rama : certains contestent et disent qu'au salage, il n'y a pas de différence entre haut et bas ; et tel est l'usage.
תתאה גבר, version salage. Le Mehaber applique encore « le bas l'emporte » : interdit salé en bas → il pousse son goût vers le haut, il faut soixante ; interdit salé en haut → l'effet retombe, on pèle (קליפה). Le Rama tranche autrement : pour le salage (à la différence de la chaleur), il n'y a pas de distinction haut/bas — et c'est l'usage.

Seif 12 — אין מליחה לכלים : le salage ne fait pas sortir d'un ustensile

גְּבִינוֹת שֶׁעֲשָׂאָן בִּדְפוּסִים שֶׁל עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים, אֲפִלּוּ נִמְלְחוּ בָּהֶם — מֻתָּרוֹת. (הגה: וְהוּא הַדִּין אִם נִמְלַח הֶתֵּר בִּכְלִי שֶׁל אִסּוּר, אֲפִלּוּ אֵינוֹ מְנֻקָּב — מֻתָּר, שֶׁאֵין מָלִיחַ כְּרוֹתֵחַ לְהַפְלִיט מִן הַכְּלִי מַה שֶּׁבָּלוּעַ בּוֹ; וְדַוְקָא בְּדִיעֲבַד, אֲבָל לְכַתְּחִלָּה אָסוּר.)
Des fromages faits dans des moules de non-Juifs, même s'ils y ont été salés, sont permis. Glose du Rama : de même, si du permis a été salé dans un ustensile d'interdit, même non perforé, c'est permis, car le salé n'est pas « comme le bouillant » au point de faire sortir d'un ustensile ce qui y est absorbé ; mais seulement a posteriori (בדיעבד) — a priori (לכתחילה), c'est interdit.
אין מליחה לכלים« il n'y a pas de salage pour les ustensiles » : à la différence de la cuisson, le salage n'a pas la force de faire ressortir le goût d'interdit absorbé dans la paroi d'un ustensile. D'où l'indulgence (בדיעבד) pour un aliment salé dans un récipient ou un moule d'interdit.
Le salage est plus faible que le feu. Le salé extrait le goût d'un aliment, mais pas celui qui dort dans la paroi d'un ustensile. C'est pourquoi un fromage moulé — ou tout permis salé — dans un ustensile d'interdit reste permis a posteriori. A priori, on ne le fait pas.

Seif 13 — sel et épices secs n'absorbent pas

מֶלַח אוֹ תַּבְלִין שֶׁהָיוּ בִּקְעָרָה שֶׁל בָּשָׂר — מֻתָּר לִתְּנָם לְתוֹךְ חָלָב. (הגה: וְהוּא הַדִּין אִם הָיוּ בִּכְלִי שֶׁל אִסּוּר, מִפְּנֵי שֶׁהֵם יְבֵשִׁים וְאֵינָם בּוֹלְעִים מִן הַכְּלִי, וּבִלְבַד שֶׁיְּהֵא הַכְּלִי נָקִי בְּלֹא אִסּוּר דָּבוּק בּוֹ; וְהַמַּחֲמִיר לְכַתְּחִלָּה — תָּבוֹא עָלָיו בְּרָכָה.)
Du sel ou des épices qui se trouvaient dans une assiette de viande → il est permis de les mettre dans du lait. Glose du Rama : de même s'ils étaient dans un ustensile d'interdit, car, étant secs, ils n'absorbent pas de l'ustensile, à condition que l'ustensile soit propre, sans interdit collé dessus ; et qui est strict a priori (לכתחילה), qu'une bénédiction vienne sur lui.
Le sec ne boit pas. Le sel et les épices, parce qu'ils sont secs, n'absorbent rien de la paroi d'un ustensile — ils peuvent donc passer d'une assiette carnée vers du lait (ou d'un ustensile d'interdit) sans problème. La seule condition : l'ustensile doit être propre, sans interdit collé. Être strict reste louable a priori.

Seif 14 — אין הנאסר אוסר יותר מן האוסרו

מֶלַח שֶׁנִּתְמַלֵּא דָּם מִמְּלִיחַת הַבָּשָׂר שֶׁנְּתָנוֹ בִּקְדֵרָה, אוֹ בָּשָׂר מָלוּחַ שֶׁלֹּא הוּדַח שֶׁנְּתָנוֹ בִּקְדֵרָה — אִם יֵשׁ שִׁשִּׁים כְּנֶגֶד הַמֶּלַח, מֻתָּר. (הגה: אַף עַל פִּי שֶׁהַמֶּלַח עֲדַיִן נוֹתֵן טַעַם בַּקְּדֵרָה, מִכָּל מָקוֹם כֵּיוָן שֶׁאֵין הַמֶּלַח אָסוּר מֵחֲמַת עַצְמוֹ אֶלָּא מֵחֲמַת הַדָּם שֶׁבּוֹ — כָּל מָקוֹם שֶׁאֵין הָאוֹסֵר יָכוֹל לֵילֵךְ, אֵין הַנֶּאֱסָר אוֹסֵר יוֹתֵר מִן הָאוֹסְרוֹ. וְעַיֵּן לְעֵיל סִימָן ס״ט.)
Du sel rempli de sang (par le salage de la viande) mis dans une marmite, ou de la viande salée non rincée mise dans une marmites'il y a soixante contre le sel, c'est permis. Glose du Rama : bien que le sel donne encore du goût à la marmite, puisque le sel n'est pas interdit par lui-même, mais à cause du sang qui est en lui, alors partout où l'agent interdisant (האוסר) ne peut aller, l'élément rendu interdit (הנאסר) n'interdit pas plus que ce qui l'a interdit. (Voir Siman 69.)
אין הנאסר אוסר יותר מן האוסרו« l'élément rendu interdit n'interdit pas plus que ce qui l'a interdit » : un objet (ici le sel) devenu interdit par un agent (le sang) ne peut transmettre l'interdit plus loin que ne le ferait l'agent lui-même. Là où le sang n'arriverait pas, le sel qui le porte n'interdit pas non plus.
Le porteur ne dépasse pas la source. Le sel est interdit non « par lui-même » mais parce qu'il s'est chargé de sang. Or le sang serait annulé par soixante. Donc soixante contre le sel suffit : le sel, simple porteur, ne peut interdire au-delà de ce que ferait le sang lui-même. (Lien Siman 69, le salage du sang.)

2. Contexte — où ce siman se place

Le Siman 105 appartient aux grandes lois de l'interdit et du permis (איסור והיתר). Après les simanim qui traitent de tel ou tel interdit (sang, חֵלֶב, viande-lait) et des mélanges en sauce (98, 101, 104), notre siman pose la question mécanique : par quel canal le goût d'un interdit passe-t-il dans le permis, et avec quelle force ? Marinage à froid, chaleur d'un récipient, contact, rôti, salage : chaque mode a sa mesure (rinçage, קליפה, נטילה, soixante).

Les grandes questions du siman

Question Où ? Réponse-type
Le marinage à froid Seif 1 24 h (ou ציר/חומץ : כדי שירתיח) → comme cuit ; en deçà → rinçage
La chaleur du récipient Seifim 2-3 כלי ראשון cuit tout ; כלי שני faible ; תתאה גבר au contact
Le rôti et le gras Seifim 4-8 maigre → כדי נטילה ; gras → 60 (פעפוע) ; קרום sépare
Le salage (מליח כרותח) Seifim 9-11 trop salé = ébullition → קליפה ; חֵלֶב collé → 60 ; usage : 60
Les ustensiles, le sel sec, le porteur Seifim 12-14 אין מליחה לכלים ; sec n'absorbe pas ; אין הנאסר אוסר יותר
L'idée transversale : tout est affaire de canal et de mesure. Quel est le mode de transfert (temps, chaleur, sel) ? Y a-t-il un véhicule (sauce, gras) qui répand le goût partout, ou bien l'effet reste-t-il local (קליפה, נטילה) ? Et toujours, la question de fond : y a-t-il soixante ?

3. Les concepts-clés de ce siman

Pour comprendre le Siman 105, il faut maîtriser un petit vocabulaire technique qui décrit comment le goût se transfère, se diffuse et se mesure.

כבוש כמבושלLe mariné comme le cuit : un interdit trempé 24 h à froid avec du permis transmet son goût comme une cuisson. En milieu acide ou salé (ציר, חומץ), le seuil tombe au temps d'amener à ébullition (seif 1).
כלי ראשון / כלי שניRécipient premier / second : le récipient resté sur le feu (כלי ראשון), tant que la main s'y rétracte, cuit et interdit en profondeur ; celui dans lequel on a transvasé (כלי שני) ne cuit pas et au pire n'atteint qu'une pelure (seif 2).
יד סולדת בוYad soledet : « la main se rétracte ». Le seuil de chaleur (≈ 45-71 °C selon les avis) en deçà duquel un liquide n'a plus la force de cuire ni de faire passer le goût. Décisif pour le כלי ראשון (seif 2).
תתאה גברTata'a gavar : « le bas l'emporte ». Au contact direct de deux corps, c'est celui du dessous qui dicte la loi : bas chaud → tout interdit ; haut chaud / bas froid → seulement une pelure (seifim 3, 6, 11).
כדי נטילה / פעפועL'épaisseur d'un doigt / l'imprégnation : dans un rôti maigre, l'interdit reste local — on retire כדי נטילה (כעובי אצבע). Mais le gras imprègne (מפעפע) toute la pièce → il faut soixante (seifim 4-5).
מליח כרותחLe salé comme le bouillant : un aliment trop salé pour être mangé tel quel a la force d'extraction de l'eau bouillante — il fait sortir le goût et interdit כדי קליפה ; l'usage estime tout salage en soixante (seif 9).
Deux principes-limites : אין מליחה לכלים — le salage ne fait pas ressortir le goût absorbé dans un ustensile (seif 12) ; et אין הנאסר אוסר יותר מן האוסרו — un porteur d'interdit (le sel) n'interdit pas plus loin que sa source (le sang) ne le ferait (seif 14).

4. Les voies du transfert — le tableau de synthèse

Tout le siman se résume en une question : par quel canal le goût passe-t-il, et avec quelle mesure ? Voici les grandes voies et leur effet.

Voie de transfert Condition Mesure / résultat
Marinage (כבוש) à froid 24 h (ou ציר/חומץ : כדי שירתיח) 🔴 Comme cuit → tout interdit ; en deçà → rinçage / קליפה
Chaleur — כלי ראשון יד סולדת בו 🔴 Cuit et interdit en profondeur
Chaleur — כלי שני versé hors du feu 🟡 Au pire כדי קליפה ; בדיעבד rinçage
Contact — תתאה גבר bas chaud / haut chaud 🔴 Bas chaud → tout ; 🟡 haut chaud → קליפה
Rôti maigre (צלי כחוש) sans sauce, sans gras 🟡 כדי נטילה (épaisseur d'un doigt)
Rôti gras (פעפוע) חֵלֶב ou interdit gras 🔴 Imprègne tout → soixante + נטילת מקום
Salage (מליח כרותח) trop salé pour être mangé 🟡 כדי קליפה ; חֵלֶב collé → 60 ; usage : 60
La logique en une phrase : le goût passe par le temps (marinage), la chaleur (récipient, contact) ou le sel (salage) ; et il se répand partout dès qu'il y a un véhicule — la sauce (rotev) ou le gras (פעפוע) — sinon il reste local (קליפה, נטילה).
Le point du Rama (seifim 5, 9) : n'étant pas experts pour distinguer le maigre du gras, l'usage est d'estimer en soixante aussi bien le rôti que le salage, comme à la cuisson — tout en gardant la נטילת מקום et l'indulgence du חמץ (sans gras) à כדי קליפה.

5. Le Shach et le Taz — les grands commentateurs

En Yoreh De'ah, le Choul'han Aroukh ne se lit jamais seul. Deux grands commentaires l'accompagnent sur chaque page et structurent l'étude pratique : le Shach et le Taz. Ce sont les nossei kelim de référence en Yoreh De'ah (pas de Mishna Berurah ici, qui ne commente que l'Orach Chaim).

Le Shach (ש״ך) — abréviation de שפתי כהן, Siftei Kohen, de Rabbi Shabtai haCohen (Lituanie, XVIIᵉ siècle). C'est le commentaire de référence sur Yoreh De'ah, d'une grande profondeur analytique.
Le Taz (ט״ז) — abréviation de טורי זהב, Turei Zahav, de Rabbi David haLévi Segal (Pologne, XVIIᵉ siècle). Souvent en dialogue — et parfois en désaccord — avec le Shach.

Une entrée-clé du Taz

Taz s.k. 4 — le כלי שני selon le Maharshal

חֲמִימוּת כְּלִי שֵׁנִי כו'. דַּעַת מַהֲרַשַׁ״ל דְּאַף כְּלִי שֵׁנִי, כָּל זְמַן שֶׁהַיָּד סוֹלֶדֶת בּוֹ, מַפְלִיט וּמַבְלִיעַ כִּכְלִי רִאשׁוֹן וְאוֹסֵר אֶת כֻּלּוֹ; וְהָעִקָּר לְהַחֲמִיר כְּדִבְרֵיהֶם זוּלָתִי בְּמָקוֹם הֶפְסֵד גָּדוֹל.
Le Taz rapporte l'opinion du Maharshal : même un כלי שני, tant que la main s'y rétracte (יד סולדת בו), fait sortir et absorber comme un כלי ראשון et interdit tout — et non pas seulement une pelure. L'essentiel est de trancher avec rigueur comme eux, sauf en cas de grande perte (הפסד גדול). Le débat porte donc sur la véritable force du récipient second quand il est encore brûlant.

Une entrée-clé du Shach

Shach s.k. 2 — le חומץ est comme les autres liquides

אוֹ בְּחֹמֶץ כו'. הַשַּׁיָּךְ דַּעַת הָרֹא״שׁ וְהַמָּרְדְּכַי וּמַהֲרַשַׁ״ל דְּחֹמֶץ דִּינוֹ כִּשְׁאָר מַשְׁקִין וּבָעֵי מֵעֵת לְעֵת, וְלֹא כְּצִיר שֶׁמַּפְלִיט מִיָּד; וְהַמַּחֲמִיר בְּחֹמֶץ כְּצִיר — תָּבוֹא עָלָיו בְּרָכָה.
Le Shach précise, au nom du Rosh, du Mordechai et du Maharshal, que le חומץ (vinaigre) a le din des autres liquides et exige vingt-quatre heures (מעת לעת) — et n'est pas comme le ציר (saumure) qui fait sortir aussitôt (au seuil de l'ébullition). Il distingue ainsi le vinaigre de la saumure, contre une lecture qui les assimilerait. Qui est strict en traitant le vinaigre comme la saumure, qu'une bénédiction vienne sur lui.
On voit la méthode : le Shach et le Taz ne répètent pas le Mehaber — ils pèsent la force réelle de chaque canal (le כלי שני brûlant, le vinaigre face à la saumure) et tranchent la pratique. C'est exactement ce qu'on approfondit au niveau Lamdan, avec les positions du Maharshal et la מחלוקת sur la מליחה.

6. La glose du Rama (הגה)

Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute sur le texte du Mehaber des gloses qui reflètent l'usage achkénaze et précisent la pratique. Voici ses interventions les plus marquantes dans notre siman.

Sur le seif 1 — le marinage diffuse même hors du liquide ; le doute interdit

Glose du Rama : אפילו מה שחוץ למשקה הכבוש נאסר… וספק כבוש אסור, אלא אם כן הוא בשר בחלב« même ce qui est hors du liquide de marinage est interdit… et un doute de marinage est interdit, sauf en viande-lait ». Le marinage du bas diffuse vers le haut comme à la cuisson (mais yesh mekilin pour ce qui est dehors) ; et un simple doute suffit à interdire — sauf en viande-lait, plus léger, car l'interdit toranique y suppose une cuisson réelle.

Sur le seif 5 — on n'est pas expert maigre/gras (l'usage)

Glose du Rama : ויש אומרים שאין אנו בקיאין לחלק בין כחוש לשמן, ואוסרין בכל ענין עד ששים… וכן נוהגין« certains disent que nous ne sommes pas experts pour distinguer maigre et gras, et interdisent dans tous les cas jusqu'à soixante… et tel est l'usage ». De plus, tout ce qui est cuit sans sauce ou cuit au four (אפוי) a le statut d'un rôti ; mais un interdit sans aucun gras reste à כדי נטילה.

Sur le seif 9 — estimer tout salage en soixante

Glose du Rama : ולפי שאין אנו בקיאין בין שמן לכחוש, נוהגין לשער כל מליחה בששים כמו בבישול« comme nous ne sommes pas experts entre gras et maigre, l'usage est d'estimer tout salage en soixante, comme à la cuisson ». Mais un interdit sans aucun gras (le חמץ à Pessah) n'interdit, de l'avis de tous, que כדי קליפה.

Sur les seifim 11-13 — pas de haut/bas au salage ; ustensiles et sel sec

Le Rama précise encore : au salage, pas de différence haut/bas (seif 11, contre le Mehaber) ; le salage ne fait pas ressortir le goût d'un ustensile (seif 12, אין מליחה כרותח להפליט מן הכלי) — permis בדיעבד ; et le sel ou les épices secs n'absorbent pas (seif 13), pourvu que l'ustensile soit propre. À chaque fois : strict לכתחילה, indulgent בדיעבד.
Le Rama distingue soigneusement la loi de base (le Mehaber, qui détaille les mesures fines : קליפה, נטילה, haut/bas) de la pratique achkénaze, qui — faute d'expertise — estime tout en soixante (rôti, salage), tout en gardant des indulgences ciblées (חמץ sans gras, בדיעבד pour les ustensiles).

7. מליח כרותח — ce que le salage fait vraiment

Les seifim 9-14 — le grand bloc du salage — méritent un arrêt. Que signifie exactement « le salé est comme le bouillant » ?

"מָלִיחַ שֶׁאֵינוֹ נֶאֱכָל מֵחֲמַת מִלְחוֹ — הֲרֵי הוּא כְּרוֹתֵחַ, וּמַפְלִיט וְאוֹסֵר כְּדֵי קְלִיפָה."
Tout repose sur le degré de salure et sur la présence d'un véhicule. Un sel assez fort agit comme l'ébullition, mais deux différences le rendent plus faible que la cuisson :
Cas Salé / non-salé Mesure
Les deux salés (ou interdit salé / permis תפל) 🔴 L'interdit pousse קליפה ; חֵלֶב collé → 60 (usage : tout en 60)
Permis salé / interdit תפל 🟢 Le permis pousse Rinçage (הדחה) suffit
Interdit salé en bas (Mehaber) 🔴 תתאה גבר Soixante
Interdit salé en haut (Mehaber) 🟡 כדי קליפה (Rama : pas de haut/bas)
Salé dans un ustensile d'interdit 🟢 אין מליחה לכלים Permis בדיעבד
Interdit sans gras (חמץ) 🟢 כדי קליפה (avis de tous)
Et le seif 14 ajoute la touche finale : un porteur d'interdit (le sel chargé de sang) n'interdit pas plus loin que sa source — soixante contre le sel suffit, même s'il « donne encore du goût », car אין הנאסר אוסר יותר מן האוסרו (lien Siman 69).

8. Cas pratiques modernes

Comment ces règles s'appliquent-elles dans nos cuisines aujourd'hui ? Voici trois situations courantes éclairées par notre siman.

Cas 1 — Une marinade qui a séjourné toute une nuit

On laisse mariner un aliment au réfrigérateur avec un ingrédient problématique (par exemple un mélange où s'est glissé un produit non cachère, ou un cas de viande-lait à froid). Le seif 1 demande : combien de temps ? Au-delà de 24 h (מעת לעת), c'est comme cuit (כבוש כמבושל) → tout est concerné. Dans un milieu acide ou salé (vinaigre, saumure), le seuil tombe bien plus tôt (כדי שירתיח). En deçà, un rinçage suffit. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

Cas 2 — Une cuillère lait dans la casserole de viande sur le feu

On a plongé par erreur une cuillère laitière dans une casserole de viande. Tout dépend du récipient (seifim 2-3) : si la casserole est encore sur le feu (כלי ראשון) et que la main s'y rétracte (יד סולדת), elle cuit et interdit en profondeur → la question des soixante. Si on l'a déjà transvasée (כלי שני), c'est beaucoup plus faible (au pire une pelure, et בדיעבד un rinçage). Et au contact direct, c'est le bas qui l'emporte (תתאה גבר). Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

Cas 3 — Le salage de cacherisation de la viande

Le salage qui retire le sang de la viande (seifim 9-14) illustre tout le bloc מליח כרותח : la viande non rincée mise dans une marmite, ou le sel chargé de sang → s'il y a soixante contre le sel, c'est permis (seif 14), car le sel ne fait que porter le sang. Et un ustensile dans lequel on a seulement salé n'est pas comme s'il avait cuit (אין מליחה לכלים, seif 12) : בדיעבד on est indulgent. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.
Le fil conducteur des trois cas : avant de paniquer, pose-toi trois questions — par quel canal le goût a-t-il pu passer (temps, chaleur, sel) ? y a-t-il un véhicule (sauce, gras) qui répand tout, ou l'effet reste-t-il local ? et y a-t-il soixante ? Mais la décision concrète revient toujours au Rav, qui connaît les détails de fait.

9. Synthèse du Siman 105

L'essentiel du Siman 105 en quelques phrases :
  1. Marinage (כבוש) : 24 h à froid = comme cuit ; ציר/חומץ → כדי שירתיח ; en deçà → rinçage ; ספק כבוש interdit, sauf viande-lait (seif 1).
  2. כלי ראשון (יד סולדת) cuit et interdit tout ; כלי שני ne cuit pas, au pire קליפה (seif 2).
  3. תתאה גבר : le bas l'emporte au contact — bas chaud → tout ; haut chaud → קליפה (seif 3).
  4. Le rotev répand le goût partout ; le rôti sec n'interdit que כדי נטילה (seif 4).
  5. Le gras imprègne (פעפוע) → soixante + נטילת מקום ; le maigre reste à נטילה (seif 5) ; chaud/froid → תתאה גבר (seif 6).
  6. Interdit par soi-même contamine par contact ; seulement absorbé non — sauf gras qui imprègne ; un ustensile transmet toujours (seif 7).
  7. Le rognon : la membrane (קרום) sépare → קליפה ; cuit → נבילה, soixante (seif 8).
  8. מליח כרותח : trop salé = ébullition → קליפה ; חֵלֶב collé → 60 ; usage : tout en 60 ; חמץ (sans gras) → קליפה (seif 9).
  9. מליח / תפל : interdit salé → interdit ; permis salé / interdit תפל → rinçage (seif 10) ; haut/bas : Rama → pas de différence (seif 11).
  10. אין מליחה לכלים (seif 12) ; le sel sec n'absorbe pas (seif 13) ; אין הנאסר אוסר יותר מן האוסרו (seif 14).

Tableau-mémoire

Situation Mesure
Marinage 24 h à froid (ou ציר/חומץ : כדי שירתיח) 🔴 Comme cuit → tout interdit
כלי ראשון (יד סולדת) / כלי שני 🔴 Cuit tout / 🟡 au pire קליפה
Contact : bas chaud / haut chaud (תתאה גבר) 🔴 Tout / 🟡 כדי קליפה
Rôti maigre / rôti gras (פעפוע) 🟡 כדי נטילה / 🔴 soixante + נטילת מקום
Salage : trop salé / permis salé-interdit תפל 🟡 קליפה (usage : 60) / 🟢 rinçage
Salé dans ustensile / sel sec 🟢 בדיעבד permis / 🟢 n'absorbe pas
Sel chargé de sang, soixante contre le sel 🟢 Permis (אין הנאסר אוסר יותר)

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Qu'est-ce que כבוש כמבושל ? Que change un milieu de ציר ou de חומץ (seif 1) ? Que tranche le Rama sur le doute (ספק כבוש) ?
  2. Distingue כלי ראשון de כלי שני. Quel est le rôle de יד סולדת בו (seif 2) ?
  3. Explique תתאה גבר. Quel est le résultat « bas chaud » et « haut chaud » (seif 3) ?
  4. Pourquoi le rotev interdit-il tout, alors que le rôti sec n'interdit que כדי נטילה (seif 4) ?
  5. Qu'est-ce que פעפוע ? Pourquoi le gras exige-t-il soixante + נטילת מקום (seif 5) ? Et le chaud/froid (seif 6) ?
  6. Distingue un interdit מחמת עצמו d'un interdit seulement בלוע. Quand l'absorbé contamine-t-il (seif 7) ? Et l'ustensile ?
  7. Pourquoi le rognon n'interdit-il que כדי קליפה selon le Mehaber ? Que tranche le Rama (seif 8) ?
  8. Qu'est-ce que מליח כרותח ? Quelle mesure de base, et quel est l'usage tranché par le Rama (seif 9) ? Et le חמץ ?
  9. Distingue מליח de תפל : quand un rinçage suffit-il (seif 10) ? Que dit le Rama sur haut/bas (seif 11) ?
  10. Explique אין מליחה לכלים (seif 12) et אין הנאסר אוסר יותר מן האוסרו (seif 14).

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
יורה דעה · סימן ק״ה · Niveau 1 — Initiation
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