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Accueil Yoreh De'ah · שלא לעשות סחורה מדבר איסור Siman קי״ז Niveau 3 — Synthèse / Révision
✦ ❖ ✦ D A A T · N I V E A U 3 — S Y N T H È S E / R É V I S I O N ✦ ❖ ✦

Siman 117 — Ne pas faire commerce d'un aliment interdit

שלא לעשות סחורה מדבר איסור

L'interdit de base et sa raison (שמא יבוא לאכול), le prêt sur gage, l'achat pour les ouvriers, l'exception du חֵלֶב, le cas fortuit du צייד (נזדמן), la dette d'un goy (מציל מידם) et l'interdit rabbinique
Révision structurée, tableau-maître, mémorisation rapide


Source : Shulchan Aroukh, Yoreh De'ah קי״ז — 1 seif
Nossei kelim : ש״ך (Shach) · ט״ז (Taz) · פר״ח (Pri Hadash) · פתחי תשובה (Pithei Teshuva)
Compilation : הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Pour les étudiants ayant maîtrisé les Niveaux 1 et 2
daattorah.com

📑 Plan de la synthèse

  1. L'axiome : pas de commerce d'un aliment interdit מדאורייתא
  2. Les 3 questions-réflexes : déoraïta ou drabanan · destiné à manger · fortuit ou voulu
  3. Le tableau-maître : les 7 règles du seif unique
  4. Les 5 règles d'or
  5. Mnémonique — l'aide-mémoire « SE'HORA »
  6. Les 4 pièges classiques
  7. Récap du seif unique — règle par règle
  8. Carte-éclair finale

1. L'axiome : pas de commerce d'un aliment interdit מדאורייתא

Le point de départ :

Le Siman 117 ne parle plus de mélange ni de goût, mais d'argent : tout ce qui est interdit מן התורה, même permis au profit (מותר בהנאה), dès lors qu'il s'agit d'un objet destiné à l'alimentation (דבר המיוחד למאכל), il est interdit d'en faire commerce (סחורה). Le Mehaber (seif unique) l'énonce ; le Beit Yossef en donne la raison au nom du Rashba : « גזרה שמא יבוא לאכול מהם » — de peur qu'à force de le manier on n'en vienne à en manger. Le Taz (s.k. 1) objecte qu'en פסחים כ״ג l'interdit paraît déoraïtaלכם — שלכם יהא ») — d'où une חקירה : גזרה דרבנן ou דין דאורייתא ?
Fondementגזרה דרבנן (Rashba / Beit Yossef)דין דאורייתא (Taz, פסחים כ״ג)
Source de l'interditשמא יבוא לאכול מהם — décret des Sages« לכם — שלכם יהא » — exclut tout profit-commerce
Étendue (prêt, achat pour ouvriers)S'étend par le décretS'étend de droit
Ce que la Torah a permis explicitement (חֵלֶב)חכמים ne l'interdisent pas (Taz)Permis (contesté par Chavot Yair, Panim Meirot)
💡 Le repère : ce siman ne parle plus de « קר / חם / מליח » ni de « goût », mais de commerce (סחורה) d'un דבר המיוחד למאכל interdit מדאורייתא. Retiens trois axes : la matière (destinée à manger, מותר בהנאה ou non), le degré (דאורייתא interdit / דרבנן permis), et l'intention (commerce voulu interdit / opportunité fortuite tolérée).

2. Les 3 questions-réflexes

■ DÉORAÏTA OU DRABANAN ? (איסור תורה / מדרבנן) — l'aliment est-il interdit מן התורה ? Si oui → commerce interdit (même מותר בהנאה). S'il n'est interdit que מדרבנן → commerce permis de toute manière (Taz s.k. 4).
↓ on regarde la matière
■ EST-CE UN דבר המיוחד למאכל ? (destiné à l'alimentation) — l'interdit ne porte que sur ce qui est destiné à manger (Shach s.k. 1) : exclut chevaux, ânes, chameaux (סתמן למלאכה). Le חֵלֶב est explicitement autorisé à l'usage (« יֵעָשֶׂה לְכָל מְלָאכָה »), et le דם est « הוקש למים ».
↓ on regarde l'intention
■ FORTUIT OU VOULU ? (נזדמן / שלא יתכוין) — un צייד (chasseur/pêcheur) sur qui tombe par hasard du gibier impur peut le vendre, בלבד שלא יתכוין לכך (sans l'avoir cherché), et aussitôt (מיד) (Rama). Commerce intentionnel d'un דאורייתא → interdit.

⚖ Le cas fortuit (נזדמנו) — seuls le צייד et le מציל מידם

Le צייד dont c'est le métier (אומנות) qui tombe sur des bêtes / oiseaux / poissons impurs — ou celui à qui une נבילה / טריפה échoit — peut les vendre, בלבד שלא יתכוין, et מיד (sans la laisser « engraisser » chez lui — Rama). Le Taz (s.k. 3) restreint : permis seulement au צייד, pas à un particulier. De même, recouvrer une dette en objets impurs d'un non-Juif est permis : כמציל מידם (comme sauver de leurs mains — Rashba). Mais il est interdit de vendre une נבילה à un non-Juif בחזקת כשירה (en la faisant passer pour casher — cf. חושן משפט סי' רכ״ח).

3. Le tableau-maître : les 7 règles du seif unique

À mémoriser absolument. Base : Mehaber (seif unique) lu avec le Beit Yossef (Rashba), la Rama, le Taz (s.k. 1-4), le Shach (s.k. 1-3) et les Pitchei Teshuva.

SituationCritère décisifRésultat
Commerce d'un aliment interdit מדאורייתא (דבר המיוחד למאכל) שמא יבוא לאכול (Rashba) ; ou דאורייתא (Taz) 🔴 Interdit, même מותר בהנאה
Prêter sur gage (להלוות עליו) un tel aliment « מכוער » (תה״ד) ; et interdit réel (raison Rashba) 🔴 Interdit
L'acheter pour le donner à manger à ses ouvriers (goyim) Hagahot Maïmoni interdit ; Shach/Pri Hadash : nourrir n'est pas סחורה 🟡 Interdit (mais « nourrir » discuté — PT s.k. 4)
Faire commerce du חֵלֶב (graisses interdites) « יֵעָשֶׂה לְכָל מְלָאכָה » — autorisé à l'usage 🟢 Permis (la Torah l'a permis à l'usage)
Cas fortuit (נזדמן) : צייד qui tombe sur de l'impur שלא יתכוין + מיד (Rama) ; au צייד seul (Taz) 🟢 Peut le vendre aussitôt, sans l'avoir voulu
Recouvrer une dette en objets impurs d'un non-Juif כמציל מידם (Rashba) 🟢 Permis (comme sauver de leurs mains)
Vendre une נבילה à un goy בחזקת כשירה (pour casher) Fraude (גניבת דעת) — חו״מ רכ״ח 🔴 Interdit en tout état de cause
Aliment interdit seulement מדרבנן La glose « מיד / שלא יתכוין » ne vaut que pour le דאורייתא (Taz s.k. 4) 🟢 Commerce permis de toute manière
📌 Lecture-clé : demande d'abord déoraïta ou drabanan (drabanan → permis). Puis : est-ce destiné à manger ? Le חֵלֶב (יעשה לכל מלאכה) et le דם (הוקש למים) sont des exceptions explicites de la Torah. Enfin, distingue le commerce voulu (interdit) du cas fortuit du צייד / מציל מידם (permis, שלא יתכוין, מיד).

4. Les 5 règles d'or

  1. אסור לעשות סחורה בדבר איסור. Tout interdit מדאורייתא destiné à manger (דבר המיוחד למאכל), même מותר בהנאה → commerce interdit (Mehaber, raison Rashba : שמא יבוא לאכול).
  2. L'interdit s'étend au prêt et à l'achat pour ses ouvriers. Prêter sur gage (להלוות עליו) un tel aliment, et l'acheter pour nourrir ses ouvriers goyim, est interdit (תה״ד, Hagahot Maïmoni) — quoique « nourrir » soit allégé par le Shach / Pri Hadash (PT s.k. 4).
  3. Les exceptions explicites : חֵלֶב et דם. Le חֵלֶב « יֵעָשֶׂה לְכָל מְלָאכָה » et le דם « הוקש למים » → commerce permis (Pri Toar, Noda BiYehuda, Chatam Sofer — PT s.k. 1).
  4. Le cas fortuit (נזדמן) du צייד. Le professionnel sur qui tombe de l'impur peut le vendre, בלבד שלא יתכוין et מיד (Rama) ; au צייד seul (Taz s.k. 3). Recouvrer une dette d'un goy = מציל מידם permis.
  5. דרבנן permis ; jamais בחזקת כשירה. Un interdit seulement מדרבנן → commerce permis בכל גוונא (Taz s.k. 4). Mais vendre une נבילה à un goy en la faisant passer pour casher est interdit (חו״מ רכ״ח).

5. Mnémonique — l'aide-mémoire « SE'HORA »

« S-E-'H-O-R-A » — d'après le סחורה du siman
L'échelle de la matière (qu'est-ce qui se vend ?)

6. Les 4 pièges classiques

❌ Piège 1 — Croire que מותר בהנאה = commerce permis : un aliment peut être permis au profit (מותר בהנאה) et pourtant interdit au commerce (סחורה) dès lors qu'il est destiné à manger (דבר המיוחד למאכל) et interdit מדאורייתא. Le seif l'énonce expressément (« אף על פי שמותר בהנאה »). Ne jamais déduire de « on peut en tirer profit » qu'« on peut en faire commerce ».
❌ Piège 2 — Oublier le « שלא יתכוין » du cas fortuit : la tolérance du נזדמן n'est valable que si le צייד n'a pas eu l'intention (בלבד שלא יתכוין לכך) et vend aussitôt (מיד), sans laisser la bête « engraisser » chez lui (Rama). Faire de l'opportunité fortuite un commerce organisé annule le heter ; et le Taz (s.k. 3) le réserve au צייד dont c'est l'אומנות, pas à un particulier.
❌ Piège 3 — Vendre une נבילה comme casher : recouvrer une dette d'un non-Juif en objets impurs est permis (כמציל מידם), mais il est interdit de vendre une נבילה à un goy בחזקת כשירה, c'est-à-dire en la lui présentant comme casher (גניבת דעת / tromperie — cf. חושן משפט סי' רכ״ח). De même, vendre de la viande טריפה cuite à un goy → crainte de תקלה (חו״י, PT s.k. 7).
❌ Piège 4 — Confondre דאורייתא et דרבנן : l'interdit de commerce ne porte de plein droit que sur ce qui est interdit מן התורה. Pour un interdit seulement מדרבנן, le commerce est permis בכל גוונא, et les gloses « מיד » / « שלא יתכוין » ne le concernent pas (Taz s.k. 4). Ne pas appliquer la sévérité du דאורייתא à un simple איסור דרבנן.

Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.

7. Récap du seif unique — règle par règle

RègleObjetL'essentiel
1Interdit de base + raisonTout ce qui est interdit מן התורה, même מותר בהנאה, s'il est דבר המיוחד למאכל → interdit d'en faire סחורה. Raison (Beit Yossef au nom du Rashba) : גזרה שמא יבוא לאכול מהם. [Taz s.k. 1 : en פסחים כ״ג cela paraît דאורייתא — « לכם שלכם יהא ».]
2Prêt sur gage (להלוות עליו)Interdit aussi de prêter sur un tel aliment pris en gage (תה״ד סי' ר׳ : « מכוער », et selon la raison du Rashba : interdit réel).
3Achat pour ses ouvriersMême l'acheter pour le donner à manger à ses ouvriers (goyim) est interdit (Hagahot Maïmoni). [Shach s.k. 3 / Pri Hadash : acheter pour nourrir n'est pas « כעין סחורה » → serait permis — PT s.k. 4.]
4Exception du חֵלֶבPermis d'en faire commerce, car il est dit « יֵעָשֶׂה לְכָל מְלָאכָה » : la Torah l'a explicitement autorisé à tout usage. [De même le דם, « הוקש למים » — PT s.k. 1.]
5Cas fortuit (נזדמן) du ציידUn chasseur / pêcheur dont c'est le métier qui tombe par hasard sur des bêtes/oiseaux/poissons impurs (ou à qui une נבילה/טריפה échoit) peut les vendre, בלבד שלא יתכוין לכך. Taz s.k. 3 : au צייד seul. Rama : la vendre מיד, sans la laisser engraisser.
6Dette d'un goy / מציל מידםRecouvrer une dette en objets impurs d'un non-Juif → permis, כמציל מידם (Rashba). Mais interdit de vendre une נבילה à un goy בחזקת כשירה (חו״מ רכ״ח).
7Interdit מדרבנןCe qui est interdit seulement מדרבנן → commerce permis בכל גוונא (Taz s.k. 4 : la glose « מיד » / « שלא יתכוין » ne vaut que pour le דאורייתא).

8. Carte-éclair finale

QuestionRéponse-réflexeSource
Aliment interdit מדאורייתא, מותר בהנאה ?Commerce interdit quand même (דבר המיוחד למאכל)Mehaber ; Rashba (ב״י)
Pourquoi est-ce interdit ?שמא יבוא לאכול (Rashba) ; ou דאורייתא (Taz, פסחים כ״ג)Beit Yossef ; Taz s.k. 1
Prêter sur gage / acheter pour ses ouvriers ?Interdit (mais « nourrir » discuté : Shach/Pri Hadash)תה״ד ; Hag. Maïmoni ; PT s.k. 4
Faire commerce du חֵלֶב ?Permis : « יעשה לכל מלאכה »Mehaber ; PT s.k. 1
Faire commerce du דם ?Permis : « הוקש למים »Pri Toar ; נו״ב ; ח״ס (PT s.k. 1)
צייד qui tombe sur de l'impur (נזדמן) ?Vend מיד, שלא יתכוין ; au צייד seulRama ; Taz s.k. 3
Dette d'un goy en objets impurs ?Permis : כמציל מידם ; jamais בחזקת כשירהRashba ; חו״מ רכ״ח
Aliment interdit seulement מדרבנן ?Commerce permis בכל גוונאTaz s.k. 4

⚖ Le réflexe en 3 questions

  1. Déoraïta ou drabanan ? Interdit מן התורה → סחורה interdite ; seulement מדרבנן → permis בכל גוונא.
  2. Quelle matière ? דבר המיוחד למאכל (interdit) ≠ סתמן למלאכה (permis) ; le חֵלֶב (יעשה לכל מלאכה) et le דם (הוקש למים) sont des exceptions explicites.
  3. Voulu ou fortuit ? Commerce intentionnel d'un דאורייתא interdit ; cas fortuit du צייד / מציל מידם permis (שלא יתכוין, מיד) ; jamais בחזקת כשירה.
Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

🎓 Récapitulatif du parcours d'étude

NiveauContenuAcquis
🌱 Niveau 1 — Base Texte du seif unique, traduction, tableaux clairs Compréhension globale
Niveau 2 — Lamdan חקירה sur le fondement (גזרה דרבנן / דאורייתא), le דבר המיוחד למאכל (Shach, ר״ת), « הוקש למים », la frontière נזדמן / שלא יתכוין Étude approfondie
Niveau 3 — Synthèse Tableau-maître, règles d'or, mnémonique, pièges, récap du seif Maîtrise pratique + révision
💡 Prochaines étapes suggérées :
📖 Sources de ce siman sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קי״ז · Niveau 3 — Synthèse / Révision · שלא לעשות סחורה מדבר איסור
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