Siman 183 — Niveau Lamdan : le fondement du din de nidda
Hergasha, makor et sept jours propres — étude et pilpoul sur le seif unique
סימן קפ״ג
נדה וזבה, חומרא דרבי זירא, הרגשה ועקירה, דם המקור
עיון, פלפול, שיטות הראשונים והאחרונים
⚡ Pour les étudiants et les talmidei ’hakhamim ⚡
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Pilpoul et étude approfondie
Sougyot, sources, ha’hira du fondement, ma’hlokot des Richonim et des A’haronim,
nafka minot pour la pratique et examen des chitot
Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן קפ״ג (un seul seif)
avec les nossei kelim : ש״ך (שפתי כהן), ט״ז (טורי זהב), פתחי תשובה, סדרי טהרה
Fondement de la sougya dans le Chass :
נדה ס״ו ע״א (’houmra de Rabbi Zeira, בנות ישראל) · ויקרא ט״ו (parachat nidda et zava) · רמב״ם הלכות איסורי ביאה, chapitres 5 et 11
Rédaction et étude :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT
📑 Table des matières
Introduction à la sougya — une femme dont le sang est sorti de sa source, fondement de toutes les lois de nidda (un seul seif)
Nidda de la Torah et zava — les deux institutions de la Torah et la racine de la distinction
La ’houmra de Rabbi Zeira et les filles d’Israël — toujours sept jours propres, et la nature de cette acceptation (נדה ס״ו ע״א)
Hergasha — les trois sortes de sensation (פ״ת ס״ק א) et la hergasha de la Torah
Arrachement et sortie — à quel instant naît la toum’a (ט״ז, פ״ת ס״ק ב, ברית אברהם)
Hergasha face au ketem — de la Torah et des rabbins (siman 190)
Le sang du makor — la dracha de מקור דמיה (ש״ך), sang du makor et sang de plaie
Kechardal — la mesure de la vision (פ״ת ס״ק ג ; ש״ך ס״ק ג)
Célibataire, mariée et karet — l’universalité de l’interdit (ריב״ש, רמ״א)
אשה שרואה טיפת דם צריכה לישב ז׳ נקיים. ובו סעיף אחד: אשה שיצא דם ממקורה בין באונס בין ברצון טמאה והוא שתרגיש ביציאתו ומיהו משתרגיש בו שנעקר ממקומו ויצא טמאה אע״פ שלא יצא לחוץ ואפי׳ לא ראתה אלא טיפת דם כחרדל יושבת עליו ז׳ נקיים: הגה כאשר יתבאר משפטן לקמן סי׳ קצ״ו ואין חילוק בין פנויה לנשואה לענין איסור נדה (ריב״ש סימן תכ״ב מביאו ב״י) כי כל הבא על הנדה חייב כרת:
Le fondement — les trois conditions du din de nidda
Le fondement du siman, qui est la porte d’entrée de toutes les lois de nidda : une femme devient tamé par une vision de sang à trois conditions tenues ensemble. (a) Le makor — que le sang soit sorti de sa source, de l’utérus, et non d’un autre endroit.
« שיצא דם ממקורה » (שו״ע יו״ד קפ״ג:א)
(b) La hergasha — la sensation de la sortie ; elle est la condition de la toum’a de la Torah.
« והוא שתרגיש ביציאתו » (שו״ע יו״ד קפ״ג:א)
(c) Une quantité quelconque — une goutte comme un grain de moutarde suffit, et il n’y a pas de mesure minimale à atteindre.
« לא ראתה אלא טיפת דם כחרדל » (שו״ע יו״ד קפ״ג:א)
Et il n’y a aucune différence entre la contrainte (un saut, un effort) et le cours naturel : dans les deux cas elle est tamé.
« בין באונס בין ברצון טמאה » (שו״ע יו״ד קפ״ג:א)
Et dès l’instant où elle est tamé, elle compte sept jours propres ; la règle de ce décompte sera exposée plus loin (siman 196).
« יושבת עליו ז׳ נקיים » (שו״ע יו״ד קפ״ג:א)
« il s’est arraché de sa place et est sorti… même s’il n’est pas sorti au-dehors » : les A’haronim ont pesé les mots du Mehaber. La toum’a ne tient pas à ce que le sang sorte hors du corps, mais à l’arrachement — que le sang se détache de sa place dans le makor et commence à se mouvoir. Dès qu’elle a ressenti cet arrachement, elle est tamé immédiatement, alors même que le sang n’est pas sorti au-dehors.
« משתרגיש בו שנעקר ממקומו ויצא טמאה אע״פ שלא יצא לחוץ » (שו״ע יו״ד קפ״ג:א)
C’est le grand fondement autour duquel tourne toute la sougya : qu’est-ce qui fixe exactement l’instant de la toum’a — l’arrachement hors du makor, ou l’arrivée dans le בית החיצון ?
La place du siman dans l’ensemble : le siman 183 est le fondement ; les autres simanim de nidda en sont le détail — hergasha et ketamim (siman 190), les temps du vesset dans les simanim suivants, le décompte des sept jours propres, les bedikot et la tevila (siman 196 et suivants). Le Chakh le dit en propres termes à la fin de son quatrième ס״ק, en citant le עטרת זהב.
« הוא מקור ויסוד שעליו נבנו כל דיני הנדה הנהוגים בזמן הזה » (ש״ך יו״ד קפ״ג ס״ק ד׳)
C’est pourquoi il convient de s’arrêter ici sur la racine des notions, d’où tout le reste se déduit.
2. Nidda de la Torah et zava — les deux institutions
Pour comprendre pourquoi l’on compte toujours sept jours propres, il faut d’abord s’arrêter sur deux institutions distinctes de la Torah.
La ha’hira — nidda et zava, qu’est-ce qui les sépare : la Torah (ויקרא ט״ו) partage la femme qui voit du sang en deux dins. Nidda — celle qui voit du sang pendant ses jours de nidda (les sept jours que la Torah fixe au début du cycle) est tamé sept jours à compter de la vision, puis se trempe — même si elle a vu les sept jours durant. Zava — celle qui voit du sang pendant les jours de zivah (les onze jours qui suivent les jours de nidda), hors du temps de son vesset ; la petite zava (un jour) garde un jour contre un jour, et la grande zava (trois jours consécutifs) doit sept jours propres et un korban. Le Chakh rappelle que les jours de zivah ne sont que les onze qui suivent immédiatement les sept jours où elle a vu en nidda.
« ואין ימי זיבה אלא בי״א הסמוכים לז׳ שראתה בהם נדות » (ש״ך יו״ד קפ״ג ס״ק ד׳)
Les deux institutions — le tableau de base :
L’institution
Quand
Le décompte vers la tahara
Nidda de la Torah
Vision pendant les jours de nidda (début du cycle)
Sept jours à compter de la vision, puis tevila — même sans jours propres
Grande zava
Trois visions consécutives pendant les jours de zivah
שבעה נקיים — sept jours nets de sang, puis tevila
La racine de la difficulté pratique : le partage de la Torah entre jours de nidda et jours de zivah suppose un décompte exact des jours — quand le cycle a commencé, combien de jours ont passé, si elle est entrée dans les jours de zivah. À notre époque nous ne sommes pas experts dans ce calcul, et l’on ne peut savoir avec certitude si la vision est en jours de nidda (et il n’y aurait pas besoin de sept jours propres) ou en jours de zivah (et il les faudrait). C’est de ce doute qu’est née la ’houmra de Rabbi Zeira, exposée à la section suivante. Le Rambam décrit exactement ce processus : parce que toutes les femmes n’avaient pas la force de compter les jours de nidda et les jours de zivah, les Sages ont décrété que tous les jours de la femme seraient comme ses jours de zivah.
Autrement dit : les filles d’Israël ont pris sur elles une rigueur — que toute vision de sang, fût-elle infime et fût-elle dans les jours de nidda, soit traitée comme un doute de zivah ; et qu’elles comptent donc toujours sept jours propres avant la tevila, sans se contenter des sept jours de nidda.
Le fondement — deux institutions fondues en un seul din :
La ’houmra de Rabbi Zeira fait converger les deux institutions de la Torah (nidda et zava) en une seule pratique. Puisque nous ne savons pas si la vision tombe en jours de nidda ou en jours de zivah, on se conduit pour toute vision comme pour une zava : toute femme qui voit du sang, fût-ce une goutte comme un grain de moutarde et fût-ce dans ses jours de nidda, compte sept jours propres puis se trempe. Et c’est par cette porte qu’entre le din de notre siman : l’expression du Mehaber, יושבת עליו ז׳ נקיים, est le langage de la zava, et elle tient sa force de l’acceptation des filles d’Israël.
Ha’hira — quelle est la nature de cette acceptation : les voies d’étude se partagent sur le statut de la ’houmra de Rabbi Zeira : est-elle une coutume que les filles d’Israël ont prise d’elles-mêmes — c’est la lettre de la guemara, « elles ont été rigoureuses sur elles-mêmes » —
ou bien est-elle devenue une takana des Sages de plein exercice, qu’il n’est au pouvoir de personne d’abolir ? Le Rambam, en distinguant deux étages, donne de quoi nourrir les deux côtés : d’un côté la gezeira des Sages (citée à la section précédente), de l’autre une rigueur supplémentaire que les filles d’Israël ont ajoutée par-dessus.
La nafka mina se lit dans le régime du doute, dans le cas d’un lieu où l’on n’aurait pas eu cette coutume, et dans la possibilité d’alléger en cas de détresse. La question est rapportée ici, elle n’est pas tranchée.
Le Rambam (הלכות איסורי ביאה פי״א) : le Rambam écrit que cette conduite a été adoptée partout où il y a des Juifs, et qu’elle s’applique à toute fille d’Israël qui voit du sang, même une seule goutte comme un grain de moutarde.
Le Chakh dit la même chose du point de vue du din : de la Torah, seule la grande zava doit s’asseoir sept jours propres, et c’est pour éviter l’erreur que les Sages ont imposé sept jours propres en toute occasion.
« היינו מדרבנן אבל מדאורייתא א״צ לישב ז׳ נקיים אלא זבה גדולה » (ש״ך יו״ד קפ״ג ס״ק ד׳)
« אלא שכדי שלא תבא לידי טעות החמירו חז״ל והצריכו לעולם ז׳ נקיים » (ש״ך יו״ד קפ״ג ס״ק ד׳)
Ainsi l’expression du Mehaber, « elle compte sept jours propres », enferme déjà en elle l’acceptation des filles d’Israël.
« והוא שתרגיש ביציאתו » (שו״ע יו״ד קפ״ג:א) — la condition de hergasha est le cœur du siman, et c’est sur elle que repose la distinction entre ce qui est de la Torah et ce qui est des rabbins.
Le fondement — la hergasha, condition de la toum’a de la Torah :
De la Torah, la femme n’est tamé que par un sang dont elle a ressenti la sortie. Une vision sans aucune sensation n’est pas une toum’a de la Torah, et son régime se juge à part (les ketamim, siman 190). La hergasha n’est donc pas un détail latéral mais le corps même de l’obligation : c’est elle qui sépare le sang de nidda de la Torah d’une simple trace de sang sans sensation. Le Chakh l’écrit en toutes lettres.
« היינו מדאורייתא אבל מדרבנן טמאה אע״פ שלא הרגישה כדלקמן סימן ק״צ וכמה דוכתי » (ש״ך יו״ד קפ״ג ס״ק ב׳)
Les trois sortes de hergasha (פתחי תשובה ס״ק א) : le Pit’hei Techouva rapporte, au nom des A’haronim, que la hergasha n’est pas une seule chose mais trois manières, dont chacune compte comme hergasha pour que la femme soit tamé de la Torah.
« ודע דשלשה מיני הרגשות יש לענין שתהא טמאה מדאורייתא » (פתחי תשובה יו״ד קפ״ג ס״ק א׳)
(a) Son corps a tressailli — elle a ressenti un frisson, un ébranlement de tout son corps ; le Pit’hei Techouva le rapporte du Rambam, au chapitre 5 des Hilkhot Issourei Bia, din 14.
(c) Une chose humide a coulé — elle a senti qu’une chose humide coulait d’elle à l’intérieur ; le Pit’hei Techouva la trouve dans les responsa des A’haronim.
« והשלישית נמצא בשו״ת האחרונים ז״ל כשמרגשת שדבר לח זב ממנה בפנים » (פתחי תשובה יו״ד קפ״ג ס״ק א׳)
Et le Pit’hei Techouva rapporte aussitôt que le ’Hatam Sofer conteste ce troisième cas en plusieurs responsa, et tient longuement que l’écoulement d’une chose humide n’est pas une hergasha.
« והאריך לבאר דזיבת דבר לח לאו הרגשה הוא » (פתחי תשובה יו״ד קפ״ג ס״ק א׳)
Ha’hira — quelle est la « hergasha » dont la Torah a fait une condition : des trois manières naît la question : la hergasha est-elle la sensation du sang qui coule (une chose humide qui s’écoule), ou la sensation de l’acte du makor (ouverture du makor, ébranlement du corps) qui ne dépend pas du sang lui-même ? La nafka mina apparaît lorsqu’elle a ressenti une hergasha et n’a rien trouvé à la bedika, ou n’a trouvé qu’un ketem. Le Pit’hei Techouva pose précisément cette question et renvoie aux responsa qui l’ont traitée.
« ואם מצאה דם בבדיקה בלא הרגשה או אחר תשמיש בלא הרגשה אי הוי ספק דאורייתא » (פתחי תשובה יו״ד קפ״ג ס״ק א׳)
Il rapporte qu’au jugement du כרתי ופלתי, du סדרי טהרה et du חוות דעת ce serait de la Torah, mais que pour un simple essuyage, ou lorsqu’elle n’a pas introduit le témoin en profondeur, il n’y a que du rabbinique lorsqu’elle n’a pas ressenti.
« אבל בקינוח או שלא הכניסה העד בעומק אלא מהפרוזדור ולחוץ אינו אלא מדרבנן כשלא הרגישה » (פתחי תשובה יו״ד קפ״ג ס״ק א׳)
Et pour la pratique — demande à ton Rav.
5. Arrachement et sortie — à quel instant naît la toum’a
La question — où se fixe exactement la toum’a : la formule du Mehaber demande à être pesée.
« משתרגיש בו שנעקר ממקומו ויצא טמאה אע״פ שלא יצא לחוץ » (שו״ע יו״ד קפ״ג:א)
Qu’est-ce que « s’est arraché » et qu’est-ce que « est sorti » ? Suffit-il de l’arrachement hors du makor, vers l’intérieur, ou faut-il que le sang ait atteint le בית החיצון, l’antichambre ? Et si le sang sort ensuite au-dehors, cette sortie ajoute-t-elle quelque chose ? C’est là le nœud de l’étude sur ce seif.
Les deux côtés du doute, tels que le Pit’hei Techouva les pose (ס״ק ב) :
Le côté
Ce qu’il tient
Où il est posé
Tout se joue à l’arrachement
L’essentiel de la toum’a est l’arrachement du sang hors de la chambre intérieure vers le בית החיצון ; la sortie du sang au-dehors n’ajoute ni n’ôte rien
Question d’un Rav, rapportée et tranchée en ce sens par le ברית אברהם (פ״ת ס״ק ב׳)
La sortie au-dehors compte aussi
La sortie du בית החיצון vers l’extérieur serait elle aussi une vision de toum’a, et ce sang ne pourrait pas être compté dans les sept jours propres
L’autre côté du même doute (פ״ת ס״ק ב׳ ; וכן נסתפק בתשובת מעיל צדקה סי׳ נ״ד)
La question du ברית אברהם (פתחי תשובה ס״ק ב) : le Pit’hei Techouva rapporte la techouva du Brit Avraham (חלק יו״ד סימן מ״ב) : un Rav s’est trouvé dans le doute sur l’instant de la toum’a.
« עי׳ בתשו׳ ברית אברהם חי״ד סי׳ מ״ב שרב אחד נסתפק » (פתחי תשובה יו״ד קפ״ג ס״ק ב׳)
« אם נימא דעיקר הטומאה בעקירת הדם מבית הפנימי לבה״ח אבל יציאת הדם מבית החיצון לחוץ לא מעלה ולא מוריד » (פתחי תשובה יו״ד קפ״ג ס״ק ב׳)
« או דיציאת הדם מבה״ח לחוץ יחשב ג״כ לראית טומאה ולא תוכל לצרפו למנין ז״נ » (פתחי תשובה יו״ד קפ״ג ס״ק ב׳)
Le Brit Avraham lui a répondu et a multiplié les preuves qu’aucune toum’a supplémentaire ne naît de la sortie du sang hors du בית החיצון.
« והרבה להוכיח דאין שום טומאה נוספת ביציאת הדם מבה״ח לחוץ » (פתחי תשובה יו״ד קפ״ג ס״ק ב׳)
La formule du Mehaber, « même s’il n’est pas sorti au-dehors », va dans le même sens : il n’est pas besoin d’une sortie hors du corps. Le Taz, à cet endroit précis, ne tranche pas la question : il renvoie au début du siman 188, où ces dins sont exposés.
« עיין ריש סימן קפ״ח מדינים אלו » (ט״ז יו״ד קפ״ג ס״ק ב׳)
Et pour la pratique — demande à ton Rav.
Nafka mina, et la réserve du Pit’hei Techouva : même en tenant que la sortie au-dehors n’ajoute pas de toum’a, il n’en résulte pas la conséquence pratique que le Rav questionnant en tirait. Puisqu’elle doit faire la bedika du hefsek tahara, il lui faut savoir qu’il ne reste aucun sang, fût-ce dans le בית החיצון.
« דכיון שצריכה בדיקת הפסק טהרה צריכה שתדע שלא יהיה שום דם אפילו בבה״ח » (פתחי תשובה יו״ד קפ״ג ס״ק ב׳)
La chita du Taz (ס״ק א) — contrainte et cours naturel : le Taz explique que « par contrainte » veut dire par un saut, et « naturellement » veut dire selon la nature de la femme, d’elle-même. Dans les deux cas, dès lors qu’elle a ressenti l’arrachement, elle est tamé.
« באונס. פירוש על ידי קפיצה » (ט״ז יו״ד קפ״ג ס״ק א׳)
« ברצון פירוש כפי טבע האשה מחמת עצמה » (ט״ז יו״ד קפ״ג ס״ק א׳)
Nous apprenons de là que c’est l’arrachement-avec-sensation qui est déterminant, et non la manière dont il a été provoqué.
6. Hergasha face au ketem — de la Torah et des rabbins
De la condition de hergasha naît l’un des grands fondements pratiques de toutes les lois de nidda.
Le fondement — deux voies séparées :
• Hergasha (siman 183) — une vision dont elle a ressenti la sortie : toum’a de nidda de la Torah, et c’est d’elle que parlent tous les détails du siman (contrainte, cours naturel, kecharda).
• Ketem (siman 190) — elle a trouvé du sang sur son vêtement ou à sa bedika sans hergasha : toum’a de ketem, dont le fond est rabbinique, et qui porte des détails de mesure, de lieu et de couleur que la hergasha ne connaît pas. Le Chakh pose la ligne de partage sur les mots mêmes du Mehaber.
« היינו מדאורייתא אבל מדרבנן טמאה אע״פ שלא הרגישה כדלקמן סימן ק״צ » (ש״ך יו״ד קפ״ג ס״ק ב׳)
La racine de la chose : puisque la Torah a suspendu la toum’a à la hergasha, un sang trouvé sans hergasha n’est pas tamé de la Torah. Pourquoi alors est-elle tamé par un ketem ? Parce que les Sages ont décrété la toum’a sur le ketem, de crainte qu’elle ait ressenti sans y prêter attention. De là viennent toutes les indulgences des ketamim (siman 190) : moins qu’un גריס, un ketem trouvé sur une chose qui ne reçoit pas la toum’a, l’attribution à une plaie — toutes allègent parce que le fond de la toum’a du ketem est rabbinique, ce qui n’est pas le cas de la hergasha de la Torah du siman 183. La mesure du גריס est celle que pose le Mehaber au siman 190.
« לא גזרו על הכתם אלא אם כן יש בו כגריס ועוד » (שו״ע יו״ד ק״צ:ה)
Nafka mina — elle a ressenti, a fait la bedika, et n’a rien trouvé : puisque la hergasha est déterminante, les A’haronim examinent le cas de celle qui a ressenti une hergasha pleine (ouverture du makor, ébranlement du corps) et n’a rien trouvé du tout — attribue-t-on la sensation à autre chose, ou craint-on une vision ? Et à l’inverse : un ketem trouvé sans aucune hergasha relève du rabbinique et se traite plus légèrement. C’est la question même que le Pit’hei Techouva laisse ouverte à son premier ס״ק. Et pour la décision dans chaque cas — demande à ton Rav.
La ha’hira — quel sang rend tamé : la formule du Mehaber est précise : ce n’est pas tout sang venu de la femme qui rend tamé de la toum’a de nidda, mais proprement le sang venu du makor, l’utérus.
« שיצא דם ממקורה » (שו״ע יו״ד קפ״ג:א)
D’où la question : quel est le régime d’un sang venu d’ailleurs — d’une plaie, d’une blessure, ou d’un autre organe ?
La dracha du Chakh — « מקור דמיה » : le Chakh rapporte que la source du din selon lequel seul le sang du makor rend tamé est le verset, d’où nos Sages ont appris qu’elle n’est tamé que par un sang venu du makor.
« מדכתיב והיא גלתה את מקור דמיה למדו חז״ל שאינה טמאה אלא בדם הבא מן המקור » (ש״ך יו״ד קפ״ג ס״ק א׳)
Le verset est celui du karet de la nidda (ויקרא כ׳:יח), dont le Rama tire aussi sa glose de la fin du seif. C’est pourquoi, s’il est établi avec certitude que le sang vient d’un autre endroit et non du makor, il n’y a pas là de toum’a de nidda — sans préjudice de ce qu’il faut encore examiner au titre des ketamim et des autres craintes.
Sang du makor et sang de plaie :
Origine du sang
Le din
Remarque
Sang du makor (utérus)
Rend tamé de la toum’a de nidda (avec hergasha)
Le fond du din de notre siman
Sang de plaie ou de blessure
N’est pas un sang de nidda — on l’attribue à la plaie
Sous conditions, et après établissement ; voir siman 190
L’attribution à la plaie — avec précaution : le din de l’attribution à une plaie (si elle a une plaie à un endroit d’où le sang sort, elle attribue le sang à la plaie et non au makor) est traité au long dans les lois des ketamim (siman 190), et il y porte de nombreuses conditions : que la plaie saigne effectivement, qu’il ne soit pas manifeste que ce sang soit un sang de nidda, et ce qui s’ensuit. À notre époque, l’établissement de l’origine du sang — makor ou plaie — demande le plus souvent un examen médical joint à la décision d’un morè hora’a. Et pour la pratique — demande à ton Rav.
"ואפי׳ לא ראתה אלא טיפת דם כחרדל יושבת עליו ז׳ נקיים" (שו״ע יו״ד קפ״ג:א)
Le fondement — le sang de nidda n’a pas de mesure :
À la différence des lois des ketamim, où il faut un גריס ועוד pour rendre tamé rabbiniquement, le sang de nidda dont elle a ressenti la sortie n’a aucune mesure : même une goutte comme un grain de moutarde rend tamé. Et la raison de la distinction tient à ce qui vient d’être exposé : le sang de hergasha est une toum’a de la Torah, et il n’y a pas lieu d’y appliquer la mesure des ketamim, dont le fond est rabbinique. Le Chakh va plus loin encore : même moins que cette mesure.
« וה״ה פחות כ״כ האגור בשם ש״ד והגש״ד וכ״כ האחרונים ופשוט הוא » (ש״ך יו״ד קפ״ג ס״ק ג׳)
Ce que le Pit’hei Techouva pose sur ce mot (ס״ק ג) : le Pit’hei Techouva ne tranche rien ici : il renvoie aux responsa qui ont traité de la mesure — שב יעקב סימן ל״ח ול״ט, כתר כהונה סימן מ״ח — et à une responsa qui traite du sang déjà sec.
Tout cela enseigne que l’attention ne porte pas sur la quantité mais sur la vision-avec-sensation elle-même. Ce que ces responsa concluent sur le sang sec n’est pas rapporté ici, et n’est pas tranché. Et pour la pratique — demande à ton Rav.
9. Célibataire, mariée et karet — l’universalité de l’interdit
"הגה כאשר יתבאר משפטן לקמן סי׳ קצ״ו ואין חילוק בין פנויה לנשואה לענין איסור נדה (ריב״ש סימן תכ״ב מביאו ב״י) כי כל הבא על הנדה חייב כרת" (רמ״א יו״ד קפ״ג:א)
Le fondement — l’interdit tient à l’état de la femme, non au lien du mariage :
La toum’a de nidda et l’interdit qui s’y attache ne dépendent en rien de ce que la femme soit mariée. Toute femme qui a vu du sang avec hergasha — célibataire ou mariée — est nidda, et quiconque a commerce avec elle encourt le karet. C’est le ’hidouch du Rama au nom du Rivach : qu’il ne vienne pas à l’esprit que l’interdit de nidda soit un din réglant le rapport d’un homme à sa femme — il est un din dans la personne même de la femme, qui vaut à l’égard de tout homme.
« ואין חילוק בין פנויה לנשואה לענין איסור נדה » (רמ״א יו״ד קפ״ג:א)
La racine des paroles du Rivach : la source du Rama est une responsa du Rivach (סימן תכ״ב), citée par le Beit Yossef — le Rama donne lui-même cette référence dans sa glose. Et la raison de la chose : le karet de la nidda est dit dans la Torah d’un homme quelconque qui couche avec une femme en son état de nidda, sans distinguer entre mariée et célibataire.
Il se trouve donc que le din du siman 183 — la fixation de la toum’a — est un din général valant pour toute fille d’Israël, et de là vient la gravité du siman et son caractère fondateur. Le Taz, à son second ס״ק, rappelle d’ailleurs que c’est la crainte de l’erreur sur un interdit de karet qui a conduit à la rigueur sur toutes les nuances de rouge.
« משום שמא יבאו לטעות באיסור כרת החמירו לטמא כל מראה אדום » (ט״ז יו״ד קפ״ג ס״ק ב׳)
Remarque — l’étendue du siman : le siman 183 fixe uniquement la toum’a elle-même et sa gravité (le karet) ; mais les détails des voies de la permission — le décompte des sept jours propres, les bedikot, la ’hafifa et la tevila — sont exposés plus loin (siman 196 et suivants), comme le Rama lui-même le dit en ouvrant sa glose.
Et toute décision pratique en cette matière demande le jugement d’un morè hora’a. Et pour la pratique — demande à ton Rav (ou un dayan / une yoetset halakha habilitée).
La ha’hira d’ensemble du siman : quelles sont les conditions qui constituent la toum’a de nidda, et quelle en est la racine ?
Makor — seul le sang venu de l’utérus rend tamé, par la dracha du verset que rapporte le Chakh (ש״ך ס״ק א׳).
Hergasha — condition de la Torah ; trois sortes de sensation : le corps tressaille, le makor s’ouvre, une chose humide coule (פ״ת ס״ק א׳), cette troisième étant contestée par le ’Hatam Sofer.
Akira — la toum’a naît à l’arrachement hors du makor, même si le sang n’est pas sorti au-dehors (מחבר ; et le doute du ברית אברהם, פ״ת ס״ק ב׳).
Kecharda — le sang de hergasha n’a pas de mesure (מחבר ; ש״ך ס״ק ג׳), à la différence du ketem rabbinique (siman 190).
Sept jours propres — par la force de la ’houmra de Rabbi Zeira et des filles d’Israël, on traite toute vision comme un doute de zivah (נדה ס״ו ע״א ; ש״ך ס״ק ד׳).
Karet — aucune distinction entre célibataire et mariée (ריב״ש, רמ״א).
Nafka mina pour la pratique, telle que la dégagent les A’haronim cités ici :
Vision d’un sang venu du makor avec hergasha → toum’a de nidda de la Torah → sept jours propres puis tevila (les voies du décompte : siman 196).
Elle a trouvé du sang sans hergasha (ketem) → din rabbinique et plus léger (siman 190) : mesure, lieu et couleur font varier le résultat (ש״ך ס״ק ב׳).
Il a été établi que le sang vient d’une plaie et non du makor → attribution à la plaie, sous ses conditions et après établissement (siman 190 ; et le plus souvent un examen médical est nécessaire).
Aucune distinction entre célibataire et mariée — l’interdit et le karet valent pour toute fille d’Israël (ריב״ש, רמ״א).
Et pour la pratique — demande à ton Rav (ou un dayan / une yoetset halakha habilitée).
Seul le sang de l’utérus rend tamé ; le sang de plaie, non
מחבר ; ש״ך ס״ק א׳ (מקור דמיה)
Hergasha
Condition de la Torah ; trois sortes de sensation
מחבר ; ש״ך ס״ק ב׳ ; פ״ת ס״ק א׳
Akira
Tamé dès l’instant de l’arrachement, même si le sang n’est pas sorti au-dehors
מחבר ; פ״ת ס״ק ב׳ (ברית אברהם)
Contrainte et cours naturel
Aucune distinction — dans les deux cas elle est tamé
מחבר ; ט״ז ס״ק א׳
Kecharda
Le sang de hergasha n’a pas de mesure — et même moins
מחבר ; ש״ך ס״ק ג׳ ; פ״ת ס״ק ג׳
Sept jours propres
Toujours, par la force de la ’houmra de Rabbi Zeira
נדה ס״ו ע״א ; ש״ך ס״ק ד׳ ; הגה (סימן קצ״ו)
Célibataire et mariée
Aucune distinction ; quiconque a commerce avec une nidda encourt le karet
רמ״א בשם ריב״ש סימן תכ״ב
Tableau — ma’hlokot et fondements centraux
Sujet
Premier côté
Second côté
L’instant de la toum’a
Tout se joue à l’arrachement vers le בית החיצון ; la sortie au-dehors n’ajoute rien (ברית אברהם, פ״ת ס״ק ב׳)
La sortie du בית החיצון vers l’extérieur compte elle aussi comme vision de toum’a (l’autre côté du doute, פ״ת ס״ק ב׳)
La hergasha — sa nature
Sensation du sang qui coule — une chose humide s’écoule (פ״ת ס״ק א׳)
Sensation de l’acte du makor — le makor s’ouvre, le corps tressaille ; et le ’Hatam Sofer conteste la première (פ״ת ס״ק א׳)
Sang sans hergasha (ketem)
Hergasha — de la Torah (siman 183)
Ketem — rabbinique et plus léger (siman 190 ; ש״ך ס״ק ב׳)
La nature de la ’houmra de Rabbi Zeira
Une coutume que les filles d’Israël ont prise sur elles (נדה ס״ו ע״א ; רמב״ם פי״א ה״ד)
Une gezeira des Sages de plein exercice (רמב״ם פי״א ה״ג ; ש״ך ס״ק ד׳)
Tableau — les sources de la sougya
Torah et guemara : ויקרא ט״ו (parachat nidda et zava) · ויקרא כ׳:יח (le verset du karet ; c’est de lui que le ש״ך tire la dracha de מקור דמיה — la forme « והיא גלתה את מקור דמיה » est celle du ש״ך, le verset lui-même portant וְהִוא) · נדה ס״ו ע״א (’houmra de Rabbi Zeira, בנות ישראל) · נדה ג׳ ע״א (אִשָּׁה מַרְגֶּשֶׁת בְּעַצְמָהּ)
A’haronim : בית יוסף · רמ״א · ש״ך · ט״ז · פתחי תשובה · סדרי טהרה · כרתי ופלתי · חוות דעת · ערוך השולחן (יורה דעה קפ״ג) · ברית אברהם · נודע ביהודה · חתם סופר
~ ~ ~ ~ ~ DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות סימן קפ״ג · Niveau 2 — Lamdan · יסוד דין הנדה — הרגשה, מקור ושבעה נקיים daattorah.com
⚠️ Ce contenu est écrit pour l’étude et l’examen seuls. En matière de taharat hamichpa’ha, pour toute décision pratique (לְמַעֲשֶׂה) — demande à ton Rav (ou un dayan / une yoetset halakha habilitée).