Sougyot, sources, hakira de fond, ma'hlokot de Richonim et d'A'haronim,
nafka minot pour la halakha et examen des chitot
Le sujet :
Choulhan Aroukh, Yoreh Dé'ah, siman 193 — un seul séif
avec ses nossei kelim : Chakh (שפתי כהן), Taz (טורי זהב), Baer Hetev
Racines de la sougya :
דם בתולים · la be'ilat mitsva et la séparation · le Maharal de Prague, rapporté par le Taz, sur le décompte depuis le cinquième jour · le Tour et le Beit Yossef au nom de la majorité des poskim
Édition et étude :
Rav Yossef Haim Samama · DAAT
📑 Sommaire
Ouverture de la sougya — la be'ilat mitsva, et la toum'a même sans qu'elle ait vu de sang (un seul séif)
דם בתולים — sang de nidda ou sang de blessure ? — la racine de la toum'a et le motif « וחיפהו שכבת זרע »
Il achève, puis se sépare aussitôt · באבר חי — le Taz ס״ק א, le Chakh ס״ק א, et le Raavad en face
Les allègements du Rama face à la majorité des poskim — la simple הערה, l'absence de sang vu, et le בעל נפש
Hefsek tahara et les sept jours — l'examen de chacun des sept
Le décompte depuis le cinquième jour — le Taz au nom du Maharal de Prague, face au siman 196
Har'hakot et l'allègement du lit — pourquoi le lit est allégé ici
דין דם בתולים. ובו סעיף אחד: הכונס את הבתולה בועל בעילת מצוה וגומר ביאתו ופורש מיד. אפי׳ היא קטנה שלא הגיע זמנה לראות ולא ראתה ואפילו בדקה ולא מצאה דם טמאה, שמא ראתה טיפת דם כחרדל וחיפהו שכבת זרע: הגה ויש מקילין אם לא ראתה דם (הגהות מיימוני בשם איכא מ״ד) ונהגו להקל אם לא גמר ביאה רק הערה בה ולא ראתה דם, אבל אם בא עליה ביאה ממש צריך לפרוש ממנה אע״פ שלא ראתה דם (טור וב״י בשם רוב הפוסקים), ובעל נפש יחוש לעצמו שלא לשחוק בתינוקות. וצריכה שתפסוק בטהרה ותבדוק כל שבעה, ולא תתחיל למנות עד יום ה׳ לשימושה. ונוהג עמה בכל דיני נדה לענין הרחקה אלא שנדה גמורה אסור לו לישן על מטתה אפי׳ כשאינה במטה וזו מותר לו לישן באותה מטה לאחר שעמדה מאצלו ואפי׳ בסדין שהדם עליו:
Traduction suivie, pour la lecture ; le texte hébreu ci-dessus fait seul foi. Qui épouse une jeune fille vierge accomplit la be'ilat mitsva, achève son union et se sépare aussitôt. Même si elle est mineure, dont le temps de voir n'est pas venu et qui n'a pas vu, et même si elle s'est examinée sans trouver de sang — elle est temé'a, car peut-être a-t-elle vu une goutte de sang de la taille d'un grain de moutarde, et la semence l'a recouverte. Glose du Rama : il y a qui allègent si elle n'a pas vu de sang (Hagahot Maïmoniyot au nom d'un « il y a qui dit ») ; et l'usage s'est établi d'alléger s'il n'a pas achevé l'union mais s'en est seulement approché sans qu'elle ait vu de sang ; mais s'il l'a véritablement unie, il doit se séparer d'elle même si elle n'a pas vu de sang (Tour et Beit Yossef au nom de la majorité des poskim) — et le בעל נפש se gardera lui-même. Elle doit faire hefsek tahara et s'examiner chacun des sept jours, et ne commencera pas à compter avant le cinquième jour de son union. Il se conduit avec elle selon toutes les lois de la nidda quant aux har'hakot, sinon qu'une nidda véritable lui interdit de dormir sur son lit même lorsqu'elle n'y est pas, tandis qu'ici il lui est permis de dormir dans ce même lit après qu'elle s'en est levée — et même sur le drap où se trouve le sang.
1. Ouverture de la sougya — la be'ilat mitsva et la toum'a du dam betoulim
Le yessod — elle est temé'a même sans avoir vu de sang
Le yessod du siman tient en une phrase : qui épouse une vierge accomplit une be'ilat mitsva, et comme le דם בתולים accompagne d'ordinaire la première union, on craint qu'elle ait vu. Dès lors, même sans qu'aucun sang ait été vu, elle est temé'a — peut-être a-t-elle vu une טיפת דם כחרדל restée invisible, parce que חיפהו שכבת זרע. Et cette rigueur vaut aussi bien pour la mineure que pour celle qui s'est examinée sans rien trouver : la toum'a, ici, ne dépend pas d'une vue reconnaissable, mais de l'union elle-même, que le sang des betoulim accompagne.
« אפי׳ היא קטנה שלא הגיע זמנה לראות ולא ראתה ואפילו בדקה ולא מצאה דם טמאה » (שו״ע יו״ד קצ״ג)
La racine de la rigueur — la hazaka du sang des betoulim. Pour toute autre nidda, pas de toum'a sans vue de sang. Ici le Mehaber innove : elle est temé'a même sans vue reconnaissable, parce que la première union s'accompagne normalement du sang des betoulim, et que la semence recouvre la goutte et empêche de la voir. Un examen négatif ne rend donc pas la taharah : l'objet même de la crainte est un sang qui ne se voit pas. Le siman précédent (192) offre une forme voisine — on y craint aussi une goutte de la taille d'un grain de moutarde non ressentie — mais la crainte y naît du 'himoud, et ici de l'acte lui-même.
« שמא מחמת חימוד ראתה טיפת דם כחרדל ולא הרגישה בו » (שו״ע יו״ד קצ״ב:א)
Source du din. Le chapeau du siman est bref — דין דם בתולים. ובו סעיף אחד(שו״ע יו״ד קצ״ג) — et tout tient en un séif. Les questions s'y pressent, et ce sont celles que suit cette page : le sang des betoulim est-il sang de nidda ou sang de blessure ; quand se sépare-t-il, et comment ; à partir de quel jour compte-t-elle ; et en quoi les har'hakot sont-elles allégées.
2. דם בתולים — sang de nidda ou sang de blessure ?
C'est le cœur de la hakira du siman : quelle est la nature du sang des betoulim, et pourquoi rend-il temé'a ?
La hakira — sang de nidda ou sang de blessure ? D'où vient le sang des betoulim ? Deux côtés se présentent. (א) Peut-être est-ce un sang de blessure, venu de la déchirure elle-même — et le sang d'une blessure ne rend pas temé'a de plein droit. (ב) Ou peut-être est-ce un sang de nidda : l'ouverture de la source, lors de la première union, en aurait détaché un sang de nidda véritable. La nafka mina est grande : s'il s'agit d'un sang de blessure, il n'y a ici qu'une rigueur et une haie ; s'il s'agit d'un sang de nidda, la toum'a est entière.
Ce que la langue du Mehaber laisse entendre. Le Mehaber n'énonce pas la hakira ; il la tranche en fait, par les obligations qu'il impose — séparation, hefsek tahara, sept jours. Et surtout, la raison qu'il donne ne porte pas sur le sang des betoulim mais sur une goutte qu'on ne voit pas : שמא ראתה טיפת דם כחרדל וחיפהו שכבת זרע(שו״ע יו״ד קצ״ג). La crainte n'est donc pas seulement celle du sang de la déchirure, mais celle d'un sang qui vient avec lui et qui se dissimule. C'est une inférence tirée de la langue du séif, non une décision écrite : on la présente comme telle.
« וחיפהו שכבת זרע » — pourquoi l'examen ne sert pas. Si la toum'a tenait simplement à la vue d'un sang, un examen négatif aurait suffi à la lever. Le Mehaber donne donc un motif : la semence a recouvert. Le Taz demande précisément pourquoi ce motif était nécessaire ici et non là où le Choulhan Aroukh traite du 'himoud — et sa réponse est concrète : là-bas elle va et vient, הולכת אנה ואנה ובודאי אין שייך לבקש בשום מקום אם יצא ממנה דם(ט״ז יו״ד קצ״ג ס״ק ג). Ici, au contraire, il fallait un motif, parce qu'il y avait un endroit où regarder.
« שהיא שוכבת במטה ואפשר לראות אם יש בסדין שתחתיה דם » (ט״ז יו״ד קצ״ג ס״ק ג)
De là un yessod plus large. Partout où une cause vient masquer la vue, l'examen négatif ne suffit plus à établir la taharah. Ce n'est pas écrit en ces termes dans le Taz, qui raisonne sur le drap et sur ce qu'on peut y chercher ; c'est la généralisation qu'en tire l'étude, et elle est à recevoir comme telle. On notera que le Taz imprimé renvoie à כמו שאמר ריש סימן קצ״ג לענין חימוד ולא הרגישה בו(ט״ז יו״ד קצ״ג ס״ק ג) — alors que la discussion du 'himoud, avec ce même « ולא הרגישה בו », se trouve au siman 192, séif א.
Grande et mineure — toutes deux dans la règle :
Le cas
Le din
Le motif
Une grande (en âge de voir)
Temé'a du fait de la be'ilat mitsva
La première union s'accompagne d'ordinaire du sang des betoulim
Une mineure (dont le temps de voir n'est pas venu)
Elle aussi est temé'a
Le séif l'écrit expressément — אפי׳ היא קטנה — et ne distingue pas
Chez les A'haronim. Les A'haronim qui accompagnent ce siman — au premier rang le Chakh et le Taz, tous deux cités ici avec leur ס״ק, puis le Baer Hetev qui les résume — s'attachent surtout à la manière de se séparer et au jour du décompte ; les grands ouvrages postérieurs de hilkhot nidda (Sidrei Tahara, Hokhmat Adam) traitent le sujet longuement, et cette page ne leur attribue aucune position faute d'en avoir confronté le texte à sa source.
הכונס את הבתולה בועל בעילת מצוה וגומר ביאתו ופורש מיד
Autrement dit : il lui est permis d'achever la première union, et après quoi il se sépare d'elle aussitôt — car depuis cette première union elle est temé'a du fait du sang des betoulim.
Le yessod — « achever », puis se séparer.
Le Mehaber ne dit pas qu'il se sépare dès l'instant où elle aurait vu : il גומר ביאתו d'abord, et פורש מיד ensuite. Le motif de la permission d'achever tient à ce que l'union est elle-même une mitsva ; et dès qu'elle est achevée, elle est temé'a, et il se sépare sans délai.
Comment se sépare-t-il — באבר חי ou באבר מת :
Chita
La manière de se séparer
Source
Taz ס״ק א
« Il achève » veut dire באבר חי ; ainsi a écrit le Tour, et cela vaut même si elle voyait du sang pendant cette union même
ט״ז יו״ד קצ״ג ס״ק א
Chakh ס״ק א
Même conclusion : il lui est permis de se séparer באבר חי et il n'a pas à attendre — « ainsi s'accordent les poskim »
ש״ך יו״ד קצ״ג ס״ק א
Le Raavad, en face
Le Chakh clôt son ס״ק en écartant nommément l'avis du Raavad — ודלא כהראב״ד
ש״ך יו״ד קצ״ג ס״ק א
« פי׳ באבר חי כך כתב הטור והיינו אע״פ שהיתה רואה דם בשעת אותו תשמיש » (ט״ז יו״ד קצ״ג ס״ק א)
« אע״פ שהדם שותת ויורד וה״ה דמותר לו לפרוש באבר חי ואין צריך להמתין עד שימות האבר » (ש״ך יו״ד קצ״ג ס״ק א)
Le lien avec le din de « נטמאתי » (siman 185). Au siman 185, séif ד, le Choulhan Aroukh traite de la femme qui voit du sang au milieu de l'union et dit à son mari « je suis devenue temé'a » : s'il se sépare aussitôt il est passible de karet, parce que son retrait lui est un plaisir comme son entrée ; il plante les ongles de ses pieds dans le sol, demeure sans bouger jusqu'à ce que l'organe soit mort, et se sépare באבר מת. Ici, en be'ilat mitsva, la conclusion est inverse : il achève, puis se sépare, et selon le Taz et le Chakh באבר חי.
« היה משמש עם הטהורה ואמרה לו נטמאתי ופירש מיד חייב כרת שיציאתו הנאה לו כביאתו » (שו״ע יו״ד קפ״ה:ד)
« נועץ צפרני רגליו בארץ ושוהה בלא דישה עד שימות האבר ופורש באבר מת » (שו״ע יו״ד קפ״ה:ד)
La kachya — et elle reste ouverte. On serait tenté de dire que la différence est simple : au 185 elle a vu du sang de façon certaine, ici il n'y a qu'une crainte. Mais le Taz ferme précisément cette porte : sa permission de se séparer באבר חי vaut, écrit-il, même si elle voyait du sang pendant cette union même. La distinction entre les deux simanim ne peut donc pas tenir seulement au caractère douteux de la vue ; elle tient à quelque chose de propre à la be'ilat mitsva, et les A'haronim en discutent. Cette page ne tranche pas.
Le Baer Hetev. Sur ce point, le Baer Hetev ne fait que rapporter le Chakh, qu'il cite mot pour mot et qu'il clôt par « עכ״ל הש״ך » (באר היטב יו״ד קצ״ג ס״ק א) : il n'ajoute pas de position propre. Et pour la pratique — demandez à votre Rav et au 'hatan-rav.
4. Les allègements du Rama face à la majorité des poskim
C'est la ma'hloket centrale du siman : quand, et si tant est, y a-t-il lieu d'alléger en l'absence de sang vu ?
La glose du Rama
הגה ויש מקילין אם לא ראתה דם (הגהות מיימוני בשם איכא מ״ד) ונהגו להקל אם לא גמר ביאה רק הערה בה ולא ראתה דם, אבל אם בא עליה ביאה ממש צריך לפרוש ממנה אע״פ שלא ראתה דם (טור וב״י בשם רוב הפוסקים), ובעל נפש יחוש לעצמו שלא לשחוק בתינוקות.
Trois degrés se suivent dans cette glose, et il importe de ne pas les confondre : un avis d'allègement rapporté, un usage reçu et délimité, et une rigueur maintenue au nom de la majorité des poskim — puis, en clôture, un mot pour celui qui veut se garder.
Les trois degrés de la glose du Rama :
Le cas
Le din
Source donnée par le Rama
« Il y a qui allègent » — sans sang vu
Il y a qui allègent si elle n'a pas vu de sang
הגהות מיימוני בשם איכא מ״ד
Simple הערה, sans sang vu
ונהגו להקל — l'union n'a pas été achevée et elle n'a pas vu de sang
Le Rama, au nom de l'usage
Union véritable, même sans sang vu
צריך לפרוש — il doit se séparer, bien qu'elle n'ait pas vu de sang
טור וב״י בשם רוב הפוסקים
La racine de la ma'hloket — hazaka contre vue reconnaissable. Ceux qui allègent tiennent que toute la toum'a, ici, naît d'une crainte de vue : là où elle s'est examinée sans rien voir, la crainte tombe. La majorité des poskim tient qu'en ביאה ממש l'examen ne décide pas — le sang des betoulim accompagne certainement une union achevée, et la semence le recouvre. Le Rama suit la majorité des poskim pour l'union véritable, et n'allège que pour la simple הערה sans sang vu, où la présomption qu'elle a vu fait défaut.
« ובעל נפש יחוש לעצמו ». Là même où le Rama allège, il clôt en écrivant que le בעל נפש se gardera lui-même — c'est-à-dire ne s'appuiera pas sur l'allègement. La glose ne s'arrête pas là : elle se poursuit par des mots que les éditions abrègent souvent — שלא לשחוק בתינוקות. Tout le détail de l'affaire — s'il y a eu simple הערה ou union achevée, et s'il reste place pour l'allègement — est d'une extrême finesse, et relève du moré hora'a, du 'hatan-rav et de la morat kalla. Et pour la pratique — demandez à votre Rav.
5. Hefsek tahara et les sept jours — l'examen de chacun des sept
La langue du Mehaber — « וצריכה שתפסוק בטהרה ותבדוק כל שבעה »
וצריכה שתפסוק בטהרה ותבדוק כל שבעה
Résumé : hefsek tahara comme pour toute nidda, et examen pendant les sept jours propres.
Le yessod — ici il faut un hefsek, à la différence du sang de 'himoud.
Une distinction importante sépare ce siman du siman 192. Pour le sang de 'himoud, le Mehaber écrit ואינה צריכה הפסק טהרה(שו״ע יו״ד קצ״ב:א). Ici, pour le sang des betoulim, elle doit faire hefsek tahara et s'examiner chacun des sept jours, comme toute nidda.
La hakira — pourquoi un hefsek ici et non là ? Au siman 192 le Mehaber dispense du hefsek tahara, et ici il l'impose : qu'est-ce qui les sépare ? Le fondement de la distinction paraît être celui-ci : dans le sang de 'himoud il n'y a devant nous aucune vue, seulement la crainte qu'elle ait vu une goutte du fait du désir — il n'y a rien à « interrompre » ; tandis que dans le sang des betoulim, puisque la première union s'accompagne d'ordinaire d'une vue, on la traite comme celle qui a vu, et il lui faut un hefsek pour ouvrir les sept jours propres. L'obligation même du hefsek révèle ainsi que le sang des betoulim est tenu pour plus proche d'une vue certaine que le sang de 'himoud. On notera cependant que le siman 192 impose lui aussi les sept jours propres — תבעוה לינשא ונתפייסה צריכה לישב ז׳ נקיים(שו״ע יו״ד קצ״ב:א) — de sorte que la différence porte sur le hefsek, non sur le décompte.
6. Le décompte depuis le cinquième jour — le Taz au nom du Maharal de Prague
La langue du Mehaber — « ולא תתחיל למנות עד יום ה׳ לשימושה »
ולא תתחיל למנות עד יום ה׳ לשימושה
Résumé : elle ne commence à compter les sept jours propres qu'à partir du cinquième jour à compter de la be'ilat mitsva.
Le yessod — la crainte d'une émission de semence.
Le motif pour lequel elle ne compte pas immédiatement est donné au siman 196 : tant qu'une émission de שכבת זרע reste possible, elle annulerait le jour où elle survient, et le décompte serait ruiné. Le Choulhan Aroukh y fixe la mesure — דקי״ל אין שכבת זרע מסריח עד שיעברו עליו שש עונות שלימות מעת לעת(שו״ע יו״ד קצ״ו:י״א) — d'où la règle du cinquième jour.
« לפיכך אינה מתחלת לספור עד יום ה׳ לשמושה » (שו״ע יו״ד קצ״ו:י״א)
Le cinquième jour de la be'ilat mitsva et le sixième de la nidda de notre temps :
Le cas
Début du décompte
Source
Nidda ordinaire ayant eu des relations
De plein droit le cinquième jour ; et « il y a qui ont écrit » qu'il faut attendre un jour de plus, soit le sixième — et c'est ce qui, écrit le Taz, est devenu l'usage
שו״ע יו״ד קצ״ו:י״א et la glose du Rama sur place ; ט״ז יו״ד קצ״ג ס״ק ד
Be'ilat mitsva (la kalla, première union)
Elle compte dès le cinquième jour de son union et n'attend pas le sixième
ט״ז יו״ד קצ״ג ס״ק ד בשם מהר״ל מפראג
« ויש שכתבו שיש להמתין עוד יום א׳ דהיינו שלא תתחיל למנות עד יום הששי » (רמ״א יו״ד קצ״ו:י״א)
Le hidouch du Taz au nom du Maharal de Prague (ס״ק ד). À première vue, cette kalla aussi aurait dû ne compter qu'à partir du sixième jour, comme toute nidda ayant eu des relations de nos jours. Le Taz rapporte au nom du Maharal de Prague qu'il y a lieu de distinguer, et sa formule est nette : il écrit d'abord ce qu'est l'usage — דאע״פ דהשתא נהוג עלמא דהנדה מתחלת למנות מיום הששי כמבואר סי׳ קצ״ו(ט״ז יו״ד קצ״ג ס״ק ד) — puis il en excepte la première union.
« מצאתי בשם מהר״ל מפראג » (ט״ז יו״ד קצ״ג ס״ק ד)
« מ״מ במתחלת למנות אחר ביאה ראשונה של בתולים מתחלת למנות מיום ה׳ וכן הורה הלכה למעשה » (ט״ז יו״ד קצ״ג ס״ק ד)
La hakira — d'où vient la différence entre le cinquième et le sixième jour ? Le Taz ne donne pas de raison : il rapporte la chose au nom du Maharal, ajoute וכן הורה הלכה למעשה(ט״ז יו״ד קצ״ג ס״ק ד), et renvoie à ce qu'il a lui-même écrit ailleurs — ועיין סי׳ קצ״ו סעיף י״א(ט״ז יו״ד קצ״ג ס״ק ד). Le lamdan cherchera donc la raison, et il la cherchera dans le statut même du sixième jour : au siman 196 le sixième jour n'est pas le din du Mehaber mais un « il y a qui ont écrit » devenu l'usage. Une pratique de rigueur reçue peut n'avoir pas été étendue à la kalla — mais c'est là une explication d'étude, et le Taz ne l'écrit pas. À remarquer encore : le Chakh, sur ce même mot du séif, écrit simplement כדין נדה לקמן סי׳ קצ״ו סי״א(ש״ך יו״ד קצ״ג ס״ק ב), sans rien ajouter sur un écart entre la kalla et la nidda. La question reste ouverte.
La langue du Mehaber — « ונוהג עמה בכל דיני נדה לענין הרחקה »
ונוהג עמה בכל דיני נדה לענין הרחקה אלא שנדה גמורה אסור לו לישן על מטתה אפי׳ כשאינה במטה וזו מותר לו לישן באותה מטה לאחר שעמדה מאצלו ואפי׳ בסדין שהדם עליו
Le yessod — toutes les har'hakot de la nidda, sauf une.
Après la be'ilat mitsva, le 'hatan se conduit avec elle ונוהג עמה בכל דיני נדה לענין הרחקה(שו״ע יו״ד קצ״ג) : les éloignements entre un homme et son épouse nidda valent également entre eux. Il y a pourtant ici une seule indulgence, absente chez une nidda véritable : le din du lit. Une nidda véritable lui interdit de dormir sur son lit même lorsqu'elle n'y est pas ; ici, il lui est permis de dormir dans ce même lit après qu'elle s'en est levée, et même sur le drap où se trouve le sang.
« וזו מותר לו לישן באותה מטה לאחר שעמדה מאצלו ואפי׳ בסדין שהדם עליו » (שו״ע יו״ד קצ״ג)
La hakira — pourquoi avoir allégé le lit précisément ? Puisqu'on observe toutes les har'hakot de la nidda, pourquoi le din du lit sort-il de la règle ? Le Choulhan Aroukh ne donne pas de motif : il pose la différence et s'arrête. Le lamdan proposera qu'un lit interdit même en son absence est une har'haka d'un autre ordre que les autres, et qu'elle n'a pas été étendue ici. Il faut dire honnêtement que c'est une explication d'étude : ni le Mehaber, ni le Taz, ni le Chakh ne s'expliquent sur ce point dans ce siman.
« ואפילו בסדין שהדם עליו ». C'est un surcroît de hidouch : même le drap sur lequel se trouve le sang des betoulim ne lui interdit pas le lit. Le texte du séif est ici catégorique, et l'on remarquera qu'il porte sur le lit et sur le drap, non sur le statut de la femme : elle, elle demeure temé'a et tenue au hefsek et aux sept jours. Tirer de là que le sang des betoulim ne serait pas du tout un sang de nidda irait au-delà de ce que le séif écrit ; la question posée à la section 2 reste, ici encore, ouverte. Et pour la pratique — demandez à votre Rav.
Chez les A'haronim. Les grands ouvrages de hilkhot nidda (Sidrei Tahara, Hokhmat Adam, Aroukh HaChoulhan) traitent au long des har'hakot en be'ilat mitsva et de l'allègement du lit ; cette page ne leur prête aucune formulation, n'ayant pas confronté leur texte à sa source. Ce qui est cité ici l'est du Mehaber, du Rama, du Taz, du Chakh et du Baer Hetev, chacun avec sa référence.
La hakira d'ensemble du siman : quelle est la nature du sang des betoulim, et pourquoi, et en quoi, le traite-t-on comme une nidda ?
La nature de la toum'a — elle est temé'a même sans sang vu, parce que חיפהו שכבת זרע ; et l'on craint qu'un sang de nidda soit venu avec le sang des betoulim.
Il se sépare aussitôt — il achève son union puis se sépare, et selon le Taz ס״ק א comme selon le Chakh ס״ק א, באבר חי — le Chakh écartant nommément le Raavad ; et le lien avec le din de « נטמאתי » (siman 185) reste à éclaircir.
Les allègements du Rama — on allège pour la simple הערה sans sang vu ; mais pour une union véritable il faut se séparer, selon la majorité des poskim, et le בעל נפש se gardera lui-même.
Hefsek tahara — elle doit faire hefsek et compter les sept jours, à la différence du sang de 'himoud (siman 192) : signe qu'on le tient pour proche d'une vue certaine.
Le décompte depuis le cinquième jour — pour la be'ilat mitsva depuis le יום ה׳ (Taz au nom du Maharal de Prague), et non le sixième comme la nidda de notre temps (siman 196).
Har'hakot et allègement du lit — toutes les lois de la nidda, sinon que le lit lui est permis après qu'elle s'en est levée, et même sur le drap où se trouve le sang.
Nafka mina pour la pratique, telle qu'elle ressort des sources citées ici :
Qui épouse une vierge — elle est temé'a même sans sang vu ; il achève son union et se sépare aussitôt (Mehaber ; Taz ס״ק א ; Chakh ס״ק א).
L'allègement du Rama vise la simple הערה sans sang vu ; en union véritable il faut se séparer même sans sang vu (Rama au nom du Tour et du Beit Yossef au nom de la majorité des poskim), et le בעל נפש se gardera lui-même.
Elle doit faire hefsek tahara et s'examiner chacun des sept jours (Mehaber).
Elle ne compte pas avant le cinquième jour de son union — et non le sixième comme la nidda de notre temps (Taz ס״ק ד au nom du Maharal de Prague ; voir siman 196, séif י״א).
Har'hakot comme pour toute nidda, sinon qu'il lui est permis de dormir dans ce même lit après qu'elle s'en est levée, et même sur le drap où se trouve le sang (Mehaber).
Et pour la pratique — demandez à votre Rav et à la morat kalla.
~ ~ ~ ~ ~ DAAT · Rav Yossef Haim Samama
Talmid hakham · enseignant en halakha et en hassidout Pilpoul et étude sur le din du sang des betoulim et de la be'ilat mitsva · siman 193 · ⚡ Niveau 2 — Lamdan
⚠️ Ce contenu est écrit pour l'étude seule, en termes mesurés et respectueux. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה) — demandez à votre Rav, au 'hatan-rav et à la morat kalla.