✦ ❖ ✦
DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Choul'han Aroukh · Yoré Déa — Siman 198

Lois de l'immersion et de l'interposition — étude et pilpoul
סימן קצ״ח
כל גופה בפעם אחת, גדר החציצה, מטריצת רובו ומקפיד, ושיער וטבילה בלא כוונה
עיון, פלפול, שיטות הראשונים והאחרונים
⚡ Pour les lamdanim et les talmidei hakhamim ⚡
✦ ❖ ✦

Pilpoul et étude approfondie

Sougyot, sources, hakira de fond, ma'hlokot des Richonim et des A'haronim,
nafka minot pour la pratique et examen des chitot

Le sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן קצ״ח — quarante-huit séifim
avec les nossei kelim : ש״ך (שפתי כהן), ט״ז (טורי זהב), פתחי תשובה, סדרי טהרה

Le fondement de la sougya dans le Chas :
עירובין ד׳ ע״ב et סוכה ו׳ ע״א · נדה ס״ז ע״א–ע״ב · מקוואות פרק ט׳ — le chapitre de « אלו חוצצין »

Rédaction et étude :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. Ouverture de la sougya — « כל גופה בפעם אחת » et le gader de la 'hatsitsa : de la Torah et de rabbanan, et la matrice de la quantité et de l'attention (séif 1)
  2. « דרך בני אדם להקפיד » — l'attention privée et l'attention générale, et la borne que le Taz y pose
  3. Les cheveux — fils, tresse, et la femme mariée — le cheveu annexé au corps, et le détail des séifim 2 à 6
  4. La 'hatsitsa dans les lois du corps — chassie, sang, pansement, ongle et boue (séifim 7 à 23)
  5. « בית הסתרים », l'ordre de l'immersion et la balanit — 'hafifa, vérification, et « il faut placer au-dessus d'elle » (séifim 24 à 43)
  6. L'immersion faite sans intention — le Mehaber contre les rigoureux du Rama (séif 48)
  7. Hakira et nafka mina pour la pratique
  8. Tableaux récapitulatifs

📜 Le texte du Choul'han Aroukh — séif 1

↩ Explication détaillée (niveau 1)

« צריכה שתטבול כל גופה בפעם אחת לפיכך צריך שלא יהיה עליה שום דבר החוצץ ואפילו כל שהוא ואם דרך בני אדם לפעמים להקפיד עליו חוצץ אפילו אם אינה מקפדת עליו עתה או אפילו אינה מקפדת עליו לעולם כיון שדרך רוב בני אדם להקפיד עליו חוצץ ואם הוא חופה רוב הגוף אפילו אין דרך בני אדם להקפיד בכך חוצץ: הגה ולכתחלה לא תטבול אפילו בדברים שאינן חוצצין גזרה אטו דברים החוצצין » (שו״ע יו״ד קצ״ח:א)

Traduction. Elle doit immerger tout son corps en une seule fois ; c'est pourquoi il faut qu'il n'y ait sur elle aucune chose qui s'interpose, fût-elle infime. Et si les gens ont coutume d'y prendre garde parfois, cela interpose — même si elle-même n'y prend pas garde à présent, et même si elle n'y prend jamais garde —, dès lors que la plupart des gens ont coutume d'y prendre garde. Et si la chose recouvre la plus grande partie du corps, elle interpose, même si les gens n'ont pas coutume d'y prendre garde en pareil cas. Glose du Rama : a priori elle n'immergera pas même avec des choses qui n'interposent pas, décret à cause des choses qui interposent.

1. Ouverture de la sougya — כל גופה בפעם אחת et le gader de la 'hatsitsa

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le fondement — deux lois tenues ensemble : l'intégrité de l'immersion et l'absence d'interposant

Le siman est bâti sur deux piliers liés l'un à l'autre. Le premier : כל גופה בפעם אחת — tout son corps doit être entouré par les eaux du mikvé en une seule fois, et non l'un après l'autre. Le second : שלא יהיה עליה שום דבר החוצץ — toute chose étrangère interposée entre sa chair et l'eau invalide l'immersion, ואפילו כל שהוא, fût-elle infime.

Le second pilier découle du premier : puisqu'il faut que tout son corps soit entouré d'eau en même temps, partout où il y a un interposant l'eau n'atteint pas la chair qui est dessous, et il se trouve que son corps n'est pas immergé tout entier. Et le gader de l'interposant n'est pas seulement quantitatif — la plus grande partie ou la moindre — : il tient aussi à la הקפדה, l'attention que l'on porte à cette chose.

La racine de la 'hatsitsa. La guemara de Érouvin tire du verset qu'aucune chose ne doit s'interposer entre la chair et l'eau ; la sougya parallèle se lit en Souka 6a, et le détail de ce qui interpose est rassemblé dans la michna de Mikvaot, chapitre 9 — le chapitre de אלו חוצצין — ainsi que dans Nida 67a–67b.
« שֶׁלֹּא יְהֵא דָּבָר חוֹצֵץ בֵּין בְּשָׂרוֹ לַמַּיִם » (עירובין ד׳ ע״ב)

Quant au premier pilier — que tout le corps entre dans l'eau en une seule fois — le Taz en donne la derasha dès sa première entrée sur le siman, et elle ne passe pas par le verset de la 'hatsitsa mais par celui du coucher du soleil :

« דדרשינן ורחץ ובא השמש וטהר מה ביאת שמשו כולו כאחת אף רחיצתו כולו כאחת » (ט״ז יו״ד קצ״ח ס״ק א׳)
La hakira de fond — la matrice רובו / מיעוטו × מקפיד / אינו מקפיד. Le Taz, sur les mots du séif 1 qui parlent de ce qui recouvre la plus grande partie du corps, expose la matrice entière : ce qui interpose de la Torah, ce que les Sages ont décrété, et ce qui n'interpose pas du tout.
« דדבר תורה אינו חוצץ אלא ברובו ומקפיד עליו וגזרו רבנן ברובו שאין מקפיד משום רוב המקפיד וגזרו על המיעוט המקפיד גם כן משום רוב המקפיד אבל במיעוט ואינו מקפיד דתרתי לטיבותא לא גזרו כלל דהוה גזירה לגזירה » (ט״ז יו״ד קצ״ח ס״ק ד׳)

Il y a donc deux jambes à la 'hatsitsa de la Torah : la quantité — רוב — et l'attention — הקפדה ; et les deux côtés qui ne sont pas de la Torah ont été interdits par les Sages, chacun à cause du cas où les deux se rejoignent. Le Taz ajoute que le décret du Rama à la fin du séif 1, qui vise même la moindre partie, ne parle que d'a priori : après coup on ne décrète pas décret sur décret.

Où se discute le gader de מקפיד — Rachba, Roch, Tour et Beit Yossef. Le tableau qui suit dit où la discussion se tient, non ce que chacun y tranche : le texte de ces Richonim n'est pas reproduit ici, et cette page ne cite mot pour mot que ce qu'elle a confronté à sa source — le Choul'han Aroukh, le Taz et le Chakh.
L'autoritéCe qu'on y chercheLe lieu
Le Rachba Les gedarim de מקפיד et de ce qui recouvre la plus grande partie du corps תורת הבית הארוך, בית שביעי
Le Roch Le rapport entre la quantité et l'attention פסקי הרא״ש, הלכות נדה
Le Tour et le Beit Yossef Le rassemblement des langages des Richonim, d'où sort la formule du séif 1 טור ובית יוסף כאן
Recouvrir la plus grande partie du corps, même sans attention — pourquoi ? Le Mehaber écrit que si l'interposant חופה רוב הגוף, il interpose même s'il n'est nullement dans l'usage d'y prendre garde. Et il y a lieu de demander : « la plus grande partie sans attention » n'est-elle pas seulement de rabbanan, comme le Taz vient de l'écrire ? On peut répondre que lorsque la chose recouvre réellement la plus grande partie de la surface du corps, il n'y a plus du tout כל גופה בפעם אחת en fait — la plus grande partie de son corps n'est pas dans l'eau — et elle invalide de ce chef même, non du chef de l'attention. Il y aurait ainsi deux voies pour invalider : celle de la quantité, qui atteint l'intégrité de l'immersion, et celle de la דעת, qui fait l'importance de l'interposant. Ce rapprochement est un raisonnement d'étude et non un psak : le Taz, lui, range expressément « la plus grande partie sans attention » parmi les décrets des Sages.
Les sources de la sougya. Érouvin 4b et Souka 6a pour la derasha et les chiourim, Nida 67a–67b pour les craintes de 'hatsitsa à l'immersion, et la michna de Mikvaot chapitre 9 pour le détail de ce qui interpose. Le Rambam (הלכות מקוואות, פרקים א׳–ב׳) a fixé les parties de la matrice comme halakha ; le Rachba (תורת הבית הארוך) et le Roch ont développé les gedarim de מקפיד ; le Tour et le Beit Yossef ont rassemblé et fixé les séifim d'ici.

2. דרך בני אדם להקפיד — l'attention privée et l'attention générale

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C'est le cœur théorique du siman : quelle est l'« attention » qui détermine la 'hatsitsa — celle de cette femme-ci, ou celle de la plupart des gens ; et comment l'évalue-t-on en pratique.

Le fondement — l'attention générale oblige celle qui n'y prend pas garde.
Le langage du Mehaber porte deux nouveautés dans le gader de l'attention :

• ואם דרך בני אדם לפעמים להקפיד עליו חוצץ אפילו אם אינה מקפדת עליו עתה (שו״ע יו״ד קצ״ח:א) — l'attention générale oblige même celle qui, en ce moment, n'y prend pas garde.
• או אפילו אינה מקפדת עליו לעולם (שו״ע יו״ד קצ״ח:א) — et elle l'emporte même sur une absence d'attention privée qui serait entière.

Le Mehaber conclut en donnant la mesure : כיון שדרך רוב בני אדם להקפיד עליו חוצץ (שו״ע יו״ד קצ״ח:א).

Mais le Taz borne la première de ces deux formules, et la borne compte : « les gens ont coutume d'y prendre garde parfois » ne suffit que si le reste de la phrase tient — soit qu'elle-même y prend garde d'ordinaire, soit que la plupart des gens y prennent garde.

« נראה ביאור לשון זה דרך בני אדם להקפיד על זה אע״פ שאין רוב בני אדם מקפידין רק קצתן וזו האשה רגילה להקפיד ג״כ על זה בפעמים אחרים רק שעכשיו אינה מקפדת או אפילו אינה מקפדת בשום פעם ורוב בני אדם מקפידים על זה חוצץ » (ט״ז יו״ד קצ״ח ס״ק ב׳)
« אבל אם מקצת בני אדם מקפידין וזו אינה מקפדת לעולם לא הוה חציצה » (ט״ז יו״ד קצ״ח ס״ק ב׳)

Il ressort de là que si une minorité seulement des gens y prend garde et qu'elle-même n'y prend jamais garde, il n'y a pas de 'hatsitsa. La formule du séif 1 n'est donc pas une règle de pure objectivité : elle croise l'usage du grand nombre et l'usage de cette femme-ci.

La hakira — la nature de l'attention : subjective ou objective ? Quelle est la racine de cette loi ? Deux côtés : Le langage du Mehaber penche vers le second côté, puisqu'il oblige celle qui n'y prend jamais garde. Mais l'appareil ne laisse pas la question close : le Chakh rapporte le cas inverse — la plupart n'y prennent pas garde, et elle y prend garde.
« והיכא דרוב בני אדם אין מקפידים והיא מקפדת כ׳ ב״י בשם הרמב״ם וטור דחוצץ » (ש״ך יו״ד קצ״ח ס״ק ב׳)

Le Taz rapporte la même chose à sa troisième entrée : le Beit Yossef était resté dans le doute, et le Darkei Moché tranche d'après le Mordekhi qu'elle interpose. Le Taz ajoute qu'ainsi a écrit מו״ח — c'est-à-dire son beau-père, l'auteur du Bayit Hadach, et non le Taz parlant de lui-même.

« בב״י נסתפק אם שאר בני אדם אינם מקפידים וזו מקפדת וכתב בד״מ דבמרדכי כתב בהדיא שחוצץ » (ט״ז יו״ד קצ״ח ס״ק ג׳)

Si l'attention privée oblige elle aussi, l'attention n'est donc pas seulement la marque d'une importance objective. Les deux directions sont tenues par l'appareil, et nous ne tranchons pas entre elles.

מקצת בני אדם — l'attention à la rigueur et à l'indulgence. Deux directions se croisent dans le siman. À la rigueur, au séif 1 : si les gens ont coutume d'y prendre garde, cela interpose même pour celle qui n'y prend pas garde. À l'indulgence, au séif 17, pour ce qui tient au métier.
« צבע שצובעות הנשים על פניהן וידיהן ושער ראשן אינו חוצץ » (שו״ע יו״ד קצ״ח:י״ז)
« וכן מי שאומנותו להיות שוחט או קצב וידיו תמיד מלוכלכות בדם אינו חוצץ שרוב בני אומנות זו אינן מקפידים » (שו״ע יו״ד קצ״ח:י״ז)

La seconde phrase est la glose du Rama, et non le texte du Mehaber. Pour un homme de métier on suit donc l'usage de ses confrères, et non celui du monde. Il y a lieu d'examiner comment concilier les deux directions : on peut dire que dans le cas du métier la chose n'est pas importante à son égard — elle est annulée pour lui comme pour ses confrères — alors qu'une chose à laquelle l'ensemble des gens prend garde est importante en elle-même, et son absence d'attention privée n'en défait pas l'importance. Ce rapprochement est un raisonnement d'étude ; le texte, lui, ne le formule pas.

Nafka mina :
  1. Une chose à laquelle la plupart des gens prennent garde → interpose même pour celle qui n'y prend pas garde du tout.
  2. Un homme de métier — chohet, boucher, teinturier — pour qui la chose n'est pas importante, non plus que pour ses confrères → elle n'interpose pas (séif 17).
  3. Une chose dont on doute si « les gens ont coutume d'y prendre garde » — les interposants d'aujourd'hui : vernis, teinture, maquillage → question à poser au Rav.
Et en pratique — demande à ton Rav, à ta mora de kalla, à la balanit.
Les A'haronim sur le gader de l'attention. Le Taz traite la question à ses ס״ק ב׳–ד׳ : ס״ק ב׳ sur « les gens ont coutume d'y prendre garde parfois », ס״ק ג׳ sur « dès lors que la plupart des gens y prennent garde », ס״ק ד׳ sur la matrice entière. Le Chakh y répond à ses ס״ק א׳–ב׳ — le premier rapporte le Bayit Hadach sur le mot לפעמים, le second le cas inverse. Sur l'ensemble du siman, le Chakh compte soixante-et-une entrées réparties sur trente-neuf des quarante-huit séifim, le Taz quarante sur vingt-six séifim, et le Pit'hei Techouva vingt-neuf sur dix-neuf séifim. Le Sidrei Tahara, le 'Hokhmat Adam (הלכות נדה) et l'Aroukh HaChoul'han traitent eux aussi de l'attention générale et privée et des distinctions tenant au métier ; leur texte n'est pas reproduit ici. Et en pratique — demande à ton Rav, à ta mora de kalla.

3. Les cheveux — fils, tresse, et la femme mariée

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et du Rama (séifim 2 à 6)

« חוטי צמר וחוטי פשתן ורצועות שכורכין בהם השער בראש לא תטבול בהם עד שתרפם ואם הם בתוך קליעת שערה אינו מועיל בהם רפיון » (שו״ע יו״ד קצ״ח:ב)

« אם החוטין האלו חלולין עשוי מעשה רשת אינם חוצצין » (שו״ע יו״ד קצ״ח:ג)

« חוטי שער אינם חוצצין » (שו״ע יו״ד קצ״ח:ד)

« ואם היו מוזהבות חוצצין דמקפדת עליהם שלא תטנפם וכן אם היו מטונפים תחלה מקפדת עליהם שלא תתלכלך מהן במים וחוצצין » (שו״ע יו״ד קצ״ח:ד — הגהת הרמ״א)

« שתי שערות או יותר שהיו קשורים כאחד קשר אחד אינם חוצצין » (שו״ע יו״ד קצ״ח:ה)

« ושערה אחת שנקשרה חוצצת והוא שתהא מקפדת עליה » (שו״ע יו״ד קצ״ח:ה)

« שיער שכנגד הלב ושבזקן הנדבק זה בזה מחמת זיעה חוצץ שבראש ושבבית השחי אינו חוצץ ושבאותו מקום באיש אינו חוצץ ובאשה בנשואה חוצץ בפנויה אינו חוצץ » (שו״ע יו״ד קצ״ח:ו)

« ואותן שיש להן כמין קליעות שערות דבוקות זו בזו ונעשית בלילה על ידי שד וסכנה להסירם לא חייצי » (שו״ע יו״ד קצ״ח:ו — הגהת הרמ״א)

Traduction. Séif 2 — fils de laine, fils de lin et lanières dont on entoure les cheveux de la tête : elle n'immergera pas avec eux avant de les avoir relâchés ; et s'ils se trouvent à l'intérieur de la tresse, le relâchement n'y sert de rien. Séif 3 — si ces fils sont creux, faits à la manière d'un filet, ils n'interposent pas. Séif 4 — des fils de cheveux n'interposent pas ; glose du Rama : s'ils étaient dorés ils interposent, car elle prend garde à ne pas les salir ; de même s'ils étaient souillés d'avance, elle prend garde à ne pas se salir à leur contact dans l'eau, et ils interposent. Séif 5 — deux cheveux ou davantage noués ensemble d'un seul nœud n'interposent pas ; un cheveu isolé qui a été noué interpose, à condition qu'elle y prenne garde. Séif 6 — le poil qui est en face du cœur et celui de la barbe, collés l'un à l'autre par la sueur, interposent ; celui de la tête et celui de l'aisselle n'interposent pas ; et celui de cet endroit-là : chez l'homme il n'interpose pas, et chez la femme — mariée il interpose, célibataire il n'interpose pas. Glose du Rama : celles qui ont comme des tresses de cheveux collées les unes aux autres, faites la nuit, et qu'il y a danger à ôter — elles n'interposent pas.

La hakira centrale — le cheveu : partie du corps, ou chose à part ? La loi de כל גופה בפעם אחת pose la question : le cheveu est-il compris dans le corps qui doit être immergé, ou n'est-il qu'une chose annexe ? Le Choul'han Aroukh lui-même donne un point d'appui, à la fin du séif 5, en mesurant la chose par la majorité de sa chevelure :
« עד שיהא רוב שערה קשור נימא נימא בפני עצמו » (שו״ע יו״ד קצ״ח:ה)

Il ressort des séifim que le cheveu est annexé au corps et compte pourtant pour la 'hatsitsa : d'un côté ce qui est enroulé dans le cheveu — les fils — interpose, puisqu'il empêche l'eau d'atteindre le cheveu ; de l'autre le cheveu lui-même, lorsqu'il est collé, est tenu pour « interposant » aux endroits où l'on y prend garde. Et le Taz, quand il explique pourquoi l'ongle lui-même n'interpose pas, le dit d'un mot en rattachant l'ongle au cheveu :

« לפי שהוא מגוף האשה ודומה לשערותיה » (ט״ז יו״ד קצ״ח ס״ק כ׳)

Une conséquence importante en découle pour la קליעה du séif 2 : dans la tresse, le relâchement ne sert de rien, parce que le cheveu tressé est ramassé et que les fils s'y trouvent enfouis, si bien que l'eau n'atteint pas l'endroit des fils même si on les relâche — à la différence du cheveu dénoué.

Le poil collé par la sueur — la matrice des endroits (séif 6).
L'endroitLa loiLa raison
En face du cœur et dans la barbe Interpose Endroit découvert — on a coutume d'y tenir à la propreté
Sur la tête et à l'aisselle N'interpose pas Endroit couvert — on n'a pas coutume d'y prendre garde
Cet endroit-là — chez l'homme N'interpose pas Il n'a pas coutume d'y prendre garde
Cet endroit-là — chez la femme mariée Interpose Elle y prend garde à cause de son mari
Cet endroit-là — chez la célibataire N'interpose pas Elle n'a personne pour qui y prendre garde
Mariée et célibataire — une attention qui tient à l'état de la femme. Le séif 6 porte une nouveauté considérable : la même chose exactement — le poil de cet endroit-là, collé — interpose chez la mariée et n'interpose pas chez la célibataire. C'est l'application la plus nette du principe selon lequel l'attention détermine : la mariée y prend garde à cause de son mari, et la chose est donc importante pour elle ; la célibataire n'y prend pas garde, et la chose n'est pas importante pour elle. Le Taz le dit en propres termes.
« לפי שהיא מקפדת שלא תתגנה על בעלה » (ט״ז יו״ד קצ״ח ס״ק י׳)

Il semblerait qu'il y ait là un côté « privé » dans l'attention, à l'encontre de la règle du séif 1 qui suit la plupart des gens. Le yichouv est donné à la même entrée, mais il n'est pas du Taz : celui-ci rapporte ce qu'a corrigé מו״ח — son beau-père, l'auteur du Bayit Hadach —, à savoir que même une mariée dont le mari n'y prend pas garde, la chose interpose, parce qu'on suit l'usage de la plupart des femmes mariées.

« דאזלינן בתר רוב נשואות » (ט״ז יו״ד קצ״ח ס״ק י׳)

On suit donc ici encore l'usage du grand nombre — sauf que le grand nombre se divise en deux groupes, les mariées et les célibataires. C'est le cas du « une partie des gens » défini selon l'état, et non selon l'individu. Le Taz rapporte encore, à la même entrée, que le Beit Yossef avait écrit que le Tour n'avait pas besoin d'énoncer la loi de la célibataire, n'y ayant pas de nafka mina pour nous.

Richonim et A'haronim dans les lois du cheveu. Au séif 5, la glose du Rama sur les deux cheveux noués est rapportée par le Beit Yossef au nom du Rachba et du Ran — deux autorités nommées l'une à côté de l'autre, et non l'une citant l'autre. Au séif 6, la glose du Rama sur les tresses faites la nuit vient du Mordekhi (הלכות נדה) au nom du Raavia, de l'Agour et des Hagahot Chaarei Doura. Le Taz suit les séifim du cheveu de son ס״ק ה׳ à son ס״ק י׳ — ס״ק ה׳ sur les fils de laine du séif 2, ס״ק ו׳ et ז׳ sur les fils de cheveux et les fils dorés du séif 4, ס״ק ח׳ et ט׳ sur les cheveux noués du séif 5, ס״ק י׳ sur la mariée du séif 6. Le Chakh y répond à ses ס״ק ג׳ à י״א. Le Pit'hei Techouva porte deux entrées sur le séif 6. Et en pratique — demande à ton Rav, à ta mora de kalla.

4. La 'hatsitsa dans les lois du corps — chassie, sang, pansement, ongle et boue

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (séifim 7 à 23, extraits)

« לפלוף … שחוץ לעין חוצץ אפי׳ הוא לח ולפלוף שבעין אינו חוצץ ואם הוא יבש חוצץ והוא שהתחיל להוריק » (שו״ע יו״ד קצ״ח:ז)

« דם יבש שעל המכה חוצץ וריר שבתוכה אינו חוצץ » (שו״ע יו״ד קצ״ח:ט)

« רטיה שעל המכה חוצצת » (שו״ע יו״ד קצ״ח:י)

« צואה שתחת הצפורן שלא כנגד הבשר חוצץ כנגד הבשר אינו חוצץ ובצק שתחת הצפורן אפילו כנגד הבשר חוצץ » (שו״ע יו״ד קצ״ח:י״ח)

« ולפי שאינן יכולות לכוין מה נקרא כנגד הבשר או שלא כנגדו נהגו הנשים ליטול צפרניהם בשעת טבילה » (שו״ע יו״ד קצ״ח:י״ח)

« אבל הצפורן עצמה אינה חוצצת » (שו״ע יו״ד קצ״ח:כ)

« השירים והנזמים והטבעות והקטלאות אם הם רפויים אינם חוצצים ואם הם מהודקים חוצצים » (שו״ע יו״ד קצ״ח:כ״ג)

Traduction. Séif 7 — la chassie qui est hors de l'œil interpose, même humide ; celle qui est dans l'œil n'interpose pas ; et si elle est sèche, elle interpose — à savoir lorsqu'elle a commencé à verdir. Séif 9 — du sang séché sur la plaie interpose, et la sanie qui est à l'intérieur n'interpose pas. Séif 10 — un pansement posé sur la plaie interpose. Séif 18 — de la saleté sous l'ongle, à l'endroit qui n'est pas en face de la chair, interpose ; en face de la chair, elle n'interpose pas ; et de la pâte sous l'ongle interpose même en face de la chair. Et parce qu'elles ne savent pas viser ce qu'on appelle « en face de la chair » et ce qui ne l'est pas, les femmes ont pris l'usage de couper leurs ongles à l'heure de l'immersion. Séif 20 — l'ongle lui-même n'interpose pas. Séif 23 — les bracelets, les anneaux de nez, les bagues et les colliers : s'ils sont lâches ils n'interposent pas, et s'ils sont serrés ils interposent.

La hakira — « le sec interpose et l'humide n'interpose pas » : le gader de ce qui se délaie. Un second fil traverse les séifim : une chose לח — humide — n'interpose pas, et une chose יבש — sèche — interpose. Et la raison en est que tant qu'elle est humide elle se délaie dans l'eau et s'annule au fil de l'immersion ; mais une fois séchée elle est une chose qui tient par elle-même, et elle interpose. C'est donc un gader de plus dans la 'hatsitsa : non seulement l'attention et la quantité, mais la consistance de la chose — ce qui est destiné à se délayer dans l'eau n'« interpose » pas, puisque l'eau atteint la chair. Le Mehaber l'énonce au séif 14 :
« ושאר כל הטיט כשהוא לח אינו חוצץ שהרי הוא נמחה במים וכשהוא יבש חוצץ » (שו״ע יו״ד קצ״ח:י״ד)

Et pourtant le Rama, au même séif, pose la limite : l'attention l'emporte même sur l'humidité.

« מיהו אם היא מקפדת אפילו בדבר לח חוצץ » (שו״ע יו״ד קצ״ח:י״ד — הגהת הרמ״א)
« Ce qui n'est pas en face de la chair », l'ongle, et l'usage de couper les ongles. Le Mehaber distingue au séif 18 entre la saleté sous l'ongle en face de la chair — qui n'interpose pas, n'étant pas un endroit où l'on prend garde, et s'annulant à la chair — et celle qui n'est pas en face de la chair, qui interpose parce que c'est un endroit découvert. Mais comme elles ne savent pas viser ce qui est « en face de la chair », elles ont pris l'usage de couper les ongles à l'heure de l'immersion, pour ôter le doute à sa racine. De là, au séif 20, la glose du Rama tire une conséquence lourde.
« ומאחר דכבר נהגו ליטול הצפרנים אפילו אם צפורן אחת נשאר בידה וטבלה צריכה טבילה אחרת » (שו״ע יו״ד קצ״ח:כ — הגהת הרמ״א)

Et il y a lieu de demander : l'ongle lui-même n'interpose pourtant pas, comme le dit le début du même séif. On pourrait dire que du moment que l'usage est déjà pris de les couper, l'ongle qui n'a pas été coupé devient une chose à laquelle elle prend garde — puisque son usage est de couper — et l'on retombe sur « les gens ont coutume d'y prendre garde ». L'usage engendrerait ainsi l'attention. Mais ce n'est pas la seule lecture, et le Chakh ne la suit pas : il note que cette rigueur ne se trouve chez aucun posek, que la raison donnée par les Hagahot Chaarei Doura est qu'il est impossible qu'il ne reste pas de boue dessous, et il rapporte encore ce qu'il a trouvé chez le ראב״ד — nous gardons le sigle tel que le Chakh l'imprime et ne le développons pas ; il renvoie au siman שכ״ו et à un folio, là où la glose du Rama au séif 43 renvoie pour sa part au ראב״ן avec la même référence de siman et de folio — pour qui l'ongle lui-même interpose dès lors qu'il est destiné à être coupé.

« באמת חומרא זו לא נמצאת בשום פוסק ואדרבה מהמשנה והרבה פוסקים וט״ו נראה מבואר דכל שהצפורן נקי בודאי אינו חוצץ » (ש״ך יו״ד קצ״ח ס״ק כ״ה)
« אלא ההגהת ש״ד כתב דטוב להחמיר ותטבול שנית » (ש״ך יו״ד קצ״ח ס״ק כ״ה)

Le Taz va dans le même sens sur le point de départ, en rappelant que la prise des ongles n'est qu'un usage et non une loi :

« דהא כל הפוסקים כתבו כאן דאינו אלא מנהג בעלמא ליטול הצפרנים ואינו מן הדין » (ט״ז יו״ד קצ״ח ס״ק כ״א)

Trois explications se présentent donc pour la rigueur du Rama : l'usage qui crée l'attention, l'impossibilité qu'il ne reste rien sous l'ongle, et l'ongle destiné à être coupé qui interpose de lui-même. Le Chakh et le Taz discutent en outre des cas où l'on n'impose pas une seconde immersion. Nous rapportons, et nous ne tranchons pas.

Les bijoux — lâche ou serré (séif 23).
Le casLa loiLa raison
Bracelets, anneaux, bagues, colliers — lâches N'interposent pas L'eau passe dessous
Les mêmes — serrés Interposent L'eau ne passe pas, et elle y prend garde
En pratique L'usage est de tout ôter a priori À cause de la limite entre lâche et serré, et du décret du Rama au séif 1 sur ce qui n'interpose pas
Nafka mina :
  1. Une chose humide, qui se délaie dans l'eau → n'interpose pas, sauf si elle y prend garde (Rama, séif 14).
  2. Un ongle non coupé, l'usage étant pris de les couper → la glose du Rama au séif 20 requiert une autre immersion ; le Chakh et le Taz en discutent la portée.
  3. Un bijou serré → interpose ; et en pratique on ôte tout a priori.
  4. Les interposants d'aujourd'hui — vernis, ongles artificiels, lentilles de contact, soins dentaires → chacun est une question à poser au Rav.
Et en pratique — demande à ton Rav, à ta mora de kalla, à la balanit.
Les A'haronim dans les lois du corps. Le Taz traite la chassie de l'œil à son ס״ק י״א, la saleté sous l'ongle à ses ס״ק י״ח et י״ט, l'ongle lui-même à son ס״ק כ׳ et la glose du Rama du séif 20 à son long ס״ק כ״א. Le Chakh y répond à ses ס״ק כ״ב à כ״ה. Le Pit'hei Techouva porte ses entrées ט׳ sur le séif 18 et י׳–י״א sur le séif 20. Le Sidrei Tahara, le 'Hokhmat Adam (הלכות נדה) et l'Aroukh HaChoul'han ont rangé ces règles pour la pratique ; leur texte n'est pas reproduit ici. Et en pratique — demande à ton Rav, à ta mora de kalla.

5. בית הסתרים, l'ordre de l'immersion et la balanit

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et du Rama (séifim 24 à 43, extraits)

« צריכה לחצוץ שיניה שלא יהא בהם דבר חוצץ » (שו״ע יו״ד קצ״ח:כ״ד)

« ויש נוהגות שלא לאכול בשר ביום לכתן לבית הטבילה » (שו״ע יו״ד קצ״ח:כ״ד)

« ואין לה לאכול בין הרחיצה לטבילה » (שו״ע יו״ד קצ״ח:כ״ד — הגהת הרמ״א)

« אם לא הדיחה בית הסתרים ובית הקמטים שלה ונמצא בהם דבר חוצץ לא עלתה לה טבילה » (שו״ע יו״ד קצ״ח:כ״ה)

« נתנה שערה בפיה או קרצה שפתותיה או קפצה ידה בענין שלא באו המים בהם לא עלתה לה טבילה » (שו״ע יו״ד קצ״ח:כ״ז)

« צריך להעמיד על גבה יהודית גדולה יותר מי״ב שנה ויום א׳ בשעה שהיא טובלת שתראה שלא ישאר משער ראשה צף על פני המים » (שו״ע יו״ד קצ״ח:מ)

« אספלנית מלוגמא ורטיה שעל בית הסתרים חוצצין » (שו״ע יו״ד קצ״ח:מ״ג)

Traduction. Séif 24 — elle doit nettoyer ses dents, qu'il n'y ait entre elles aucune chose qui interpose ; et certaines ont l'usage de ne pas manger de viande le jour où elles vont au bain d'immersion. Glose du Rama : elle ne mangera pas entre le lavage et l'immersion. Séif 25 — si elle n'a pas rincé les replis cachés et les plis de son corps et qu'on y a trouvé une chose interposante, son immersion n'a pas valu. Séif 27 — si elle a mis ses cheveux dans sa bouche, ou serré ses lèvres, ou fermé le poing de telle manière que l'eau n'y soit pas venue, son immersion n'a pas valu. Séif 40 — il faut placer au-dessus d'elle une femme juive adulte, de plus de douze ans et un jour, à l'heure où elle s'immerge, afin qu'elle voie qu'il ne reste rien de ses cheveux à flotter à la surface de l'eau. Séif 43 — un emplâtre, un cataplasme et un pansement posés sur les replis cachés interposent.

La hakira — les replis cachés : venue de l'eau, ou aptitude à la venue de l'eau ? Une grande distinction se joue ici : pour בית הסתרים — les plis, l'aisselle et ce qui leur ressemble — il n'est pas requis que l'eau y vienne en fait, mais seulement que l'endroit soit apte à la venue de l'eau, c'est-à-dire qu'il ne s'y trouve rien d'interposant. Le Mehaber le dit en propres termes à la suite du séif 43 :
« אף על פי שאינם צריכים שיכנסו בהם המים צריכי׳ שיהיו ראוים ולא יהא בהם דבר חוצץ » (שו״ע יו״ד קצ״ח:מ״ג)

Il y a donc une distinction de fond entre le découvert du corps, qui requiert un contact réel avec l'eau — d'où l'invalidation du séif 27, le cheveu dans la bouche ou le poing fermé — et les replis cachés, où l'aptitude suffit. Et la raison de la distinction : dans les replis cachés l'eau n'a pas, par nature, de chemin pour venir, et l'on s'est donc contenté de l'aptitude ; mais un endroit découvert requiert le contact même de l'eau.

« Il faut placer au-dessus d'elle » — la balanit et le cheveu qui flotte (séif 40). Le Mehaber requiert qu'une femme adulte — de plus de douze ans et un jour — se tienne au-dessus d'elle à l'heure de l'immersion, pour voir qu'il ne reste rien de ses cheveux à flotter à la surface de l'eau. C'est la racine de la fonction de la balanit : le cheveu qui flotte est une 'hatsitsa, puisque tout son corps — et le cheveu en fait partie — n'est pas dans l'eau. Et s'il n'y a personne pour se tenir au-dessus d'elle, ou si c'est la nuit, elle enroulera ses cheveux avec un fil de laine ou une lanière, à condition de les relâcher, ou avec une chaînette de fils creuse, ou encore elle nouera sur ses cheveux un tissu lâche — toutes choses que le séif énumère lui-même. La loi du séif 1, « tout son corps en une seule fois », engendre ainsi tout l'ordre de la balanit : la vérification qu'aucun cheveu ne flotte et que rien n'interpose est l'accomplissement pratique de l'ouverture du siman.
Les A'haronim dans l'ordre de l'immersion. La glose du Rama au séif 24 — qu'elle ne mange pas entre le lavage et l'immersion — est donnée au nom du Roch, dans ses lois de nida ; la suite de la même glose, sur la pâte et les bougies de cire, vient des Hagahot Chaarei Doura. La glose du Rama au séif 43 vient des Hagahot Chaarei Doura et du Raavan. Le Taz traite le séif 24 à ses ס״ק כ״ד et כ״ה, et le Chakh à ses ס״ק ל׳ et ל״א ; le séif 25 a le Chakh ס״ק ל״ב, le séif 27 le Chakh ס״ק ל״ד, le séif 40 le Chakh ס״ק נ״ב et le Pit'hei Techouva ס״ק כ״ב, le séif 43 le Chakh ס״ק נ״ה. Le Sidrei Tahara, le 'Hokhmat Adam (הלכות נדה) et l'Aroukh HaChoul'han ont rangé tout l'ordre de la 'hafifa et de l'immersion pour la pratique ; leur texte n'est pas reproduit ici. Et en pratique — demande à ton Rav, à ta mora de kalla, à la balanit.

6. L'immersion faite sans intention — faut-il une intention ?

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et du Rama (séif 48)

« נדה שטבלה בלא כוונה כגון שנפלה לתוך המים או שירדה להקר הרי זו מותרת לבעלה » (שו״ע יו״ד קצ״ח:מ״ח)

« ויש מחמירין ומצריכין אותה טבילה אחרת … ויש להחמיר לכתחלה » (שו״ע יו״ד קצ״ח:מ״ח — הגהת הרמ״א)

Traduction. Une nida qui s'est immergée sans intention — par exemple qu'elle soit tombée dans l'eau, ou qu'elle y soit descendue pour se rafraîchir — celle-ci est permise à son mari. Glose du Rama : et il y a ceux qui sont rigoureux et lui imposent une autre immersion (le Beit Yossef au nom du Rachba, de Rabbenou Yerou'ham, du Roke'ah et des Hagahot Acheri) ; et il faut être rigoureux a priori.

Le fondement — « l'immersion requiert-elle une intention » : un doute entre les maîtres.
Une femme qui s'est immergée sans intention de mitsva — tombée dans l'eau, ou descendue pour se rafraîchir — son immersion a-t-elle valu ?

• Le Mehaber : elle est permise à son mari — l'immersion ne requiert pas d'intention, pourvu que tout son corps soit entré dans l'eau comme il convient.
• Les rigoureux — le Rachba, Rabbenou Yerou'ham, le Roke'ah et les Hagahot Acheri, rapportés par le Beit Yossef — tiennent qu'elle requiert une intention, et qu'il faut donc une autre immersion.
• Le Rama : il faut être rigoureux a priori seulement ; après coup, l'immersion a valu.
La hakira — la racine de la ma'hloket sur l'intention dans l'immersion. C'est une branche de la question « les mitsvot requièrent-elles une intention » ; mais l'immersion a ici un côté qui lui est propre. Deux côtés : Le Rama tranche ce doute entre les maîtres à la rigueur a priori — une autre immersion — et à l'indulgence après coup.
שנפלה לתוך המים contre שירדה להקר — deux manières de manquer d'intention. Le Mehaber a pris soin de donner deux figures : celle qui tombe — absence d'intention entière, un cas de force — et celle qui descend pour se rafraîchir — il y a là une intention d'acte, mais non une intention de mitsva. Et il y a de la finesse en cela : pour le Mehaber, même celle qui est tombée a valu, puisqu'aucune intention n'est requise ; et pour les rigoureux, même celle qui est descendue pour se rafraîchir n'a pas valu, puisqu'il n'y a là aucune intention d'immersion, mais une intention de se rafraîchir. Reste à savoir si les deux figures se séparent selon les A'haronim — si celle qui descend pour se rafraîchir, ayant une intention d'acte et ayant immergé tout son corps, est plus légère que celle qui tombe. Le Mehaber ne les sépare pas, et le Rama non plus ; la page ne tranche donc pas la question, et la laisse ouverte comme le texte la laisse.
Nafka mina :
  1. Après coup — tombée, ou descendue pour se rafraîchir, tout son corps ayant été immergé → pour le Mehaber l'immersion a valu et elle est permise à son mari.
  2. A priori — le Rama : il faut être rigoureux et s'immerger une autre fois, avec intention.
  3. Celle qui s'est immergée et qui doute d'avoir eu l'intention, ou qui s'est immergée pour se rafraîchir → question à poser au Rav pour savoir s'il faut recommencer.
Et en pratique — demande à ton Rav, à ta mora de kalla, à la balanit.
Richonim et A'haronim sur l'intention dans l'immersion. Les « rigoureux » sont le Rachba (תורת הבית), Rabbenou Yerou'ham, le Roke'ah et les Hagahot Acheri, que le Beit Yossef rapporte — le Rama les nomme lui-même entre parenthèses dans sa glose. Le Taz traite le séif à son ס״ק מ׳, le Chakh à ses ס״ק נ״ט à ס״א, et le Pit'hei Techouva à ses ס״ק כ״ו à כ״ט, soit quatre entrées, ce qui est le plus grand nombre d'entrées du Pit'hei Techouva sur un même séif de ce siman. Et en pratique — demande à ton Rav, à ta mora de kalla.

7. Hakira et nafka mina pour la pratique

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La hakira qui embrasse tout le siman : quel est le gader de la 'hatsitsa, et comment se détermine ce qui interpose et ce qui n'interpose pas ?
Nafka mina pour la pratique — telles que les séifim les posent :
  1. Elle doit immerger tout son corps en une seule fois et ôter tout interposant, fût-il infime (Mehaber, séif 1).
  2. Une chose à laquelle la plupart des gens prennent garde interpose même pour celle qui n'y prend pas garde ; et l'homme de métier suit l'usage de ses confrères (Mehaber et Rama, séifim 1 et 17).
  3. Des fils dans les cheveux : les relâcher ; et dans la tresse, le relâchement ne sert de rien (Mehaber, séif 2). Le poil de « cet endroit-là », chez la mariée, interpose (Mehaber, séif 6).
  4. L'usage est pris de couper les ongles ; et s'il en reste un, la glose du Rama requiert une autre immersion — le Chakh et le Taz en discutent la portée (Mehaber et Rama, séifim 18 et 20).
  5. Un bijou serré interpose ; et en pratique on ôte tout a priori (Mehaber, séif 23).
  6. Il faut placer une femme adulte au-dessus d'elle, pour voir qu'aucun cheveu ne flotte (Mehaber, séif 40).
  7. Immergée sans intention — tombée, ou descendue pour se rafraîchir : elle est permise à son mari ; et a priori elle s'immergera une seconde fois (Mehaber et Rama, séif 48).
Et en pratique — demande à ton Rav, à ta mora de kalla, à la balanit.

8. Tableaux récapitulatifs

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Tableau — la matrice de la 'hatsitsa (רוב / מיעוט · מקפיד / אינו מקפיד), d'après le Taz ס״ק ד׳

Le cas La loi Le degré
La plus grande partie, et il y prend garde Interpose De la Torah
La plus grande partie, et il n'y prend pas garde Interpose De rabbanan — décret à cause du cas précédent
La moindre partie, et il y prend garde Interpose De rabbanan — décret à cause du même cas
La moindre partie, et il n'y prend pas garde N'interpose pas Ce serait un décret sur un décret
Ce qui recouvre la plus grande partie du corps, même sans attention Interpose Texte du séif 1 ; le Taz le range parmi les décrets des Sages

Tableau — le siman par familles (quarante-huit séifim)

La famille La matière Séifim
Le fondement et le gader de la 'hatsitsa Tout son corps en une seule fois ; la quantité et l'attention ; l'usage des gens de prendre garde 1
Le cheveu Fils et tresse, fils de cheveux, cheveux noués, poil collé (mariée / célibataire) 2 à 6
L'œil et le visage Chassie et fard — dans l'œil cela n'interpose pas, hors de l'œil cela interpose 7 et 8
Plaie, sang, pansement Sang séché interpose, sanie non ; pansement interpose ; épine visible au-dehors interpose 9 à 12
Boue, encre, teinture, ongle Le sec interpose et l'humide non — et si elle y prend garde, l'humide aussi ; usage de couper les ongles 13 à 22
Bijoux, dents, replis cachés Le serré interpose ; nettoyage des dents ; rinçage des replis cachés 23 à 28
L'ordre de l'immersion et la balanit Mesure du mikvé, manière de se pencher, « il faut placer au-dessus d'elle », poussière des pieds, poux 29 à 47
L'immersion sans intention Tombée ou descendue pour se rafraîchir — elle a valu ; et il y a des rigoureux, et rigueur a priori 48

Tableau — ma'hlokot et gedarim centraux du siman

Le sujet Un côté L'autre côté
La nature de l'« attention » Objective — l'importance de l'interposant, mesurée à l'usage de la plupart des gens (séif 1) Subjective — la volonté de la femme ; et le Chakh ס״ק ב׳ rapporte que si elle seule y prend garde, cela interpose
Le poil de « cet endroit-là », collé Mariée — interpose, elle y prend garde à cause de son mari (séif 6, Taz ס״ק י׳) Célibataire et homme — n'interpose pas
Une chose collée sur le corps Sèche — interpose (séif 14) Humide, qui se délaie — n'interpose pas ; et si elle y prend garde, l'humide aussi interpose (Rama, séif 14)
Les replis cachés L'aptitude à la venue de l'eau suffit (séif 43) Un endroit découvert requiert la venue même de l'eau (séif 27)
L'ongle oublié (séif 20) Rama — l'usage étant pris de les couper, elle requiert une autre immersion Chakh ס״ק כ״ה — cette rigueur ne se trouve chez aucun posek ; il en discute la portée
L'immersion sans intention (séif 48) Mehaber — elle ne requiert pas d'intention ; permise à son mari Rachba, Rabbenou Yerou'ham, Roke'ah — elle requiert une intention ; rigueur a priori (Rama)

Tableau — les sources de la sougya

Guemara et michna : מקוואות פרק ט׳, le chapitre de אלו חוצצין · עירובין ד׳ ע״ב et סוכה ו׳ ע״א · נדה ס״ז ע״א–ע״ב
Richonim : רש״י · רמב״ם (הלכות מקוואות פרקים א׳–ב׳) · רשב״א (תורת הבית הארוך) · רא״ש · ר״ן · מרדכי (הלכות נדה) · ראבי״ה · ראב״ן · טור · בית יוסף
A'haronim : רמ״א · ט״ז — quarante entrées sur vingt-six séifim · ש״ך — soixante-et-une entrées sur trente-neuf séifim · פתחי תשובה — vingt-neuf entrées sur dix-neuf séifim · באר היטב · ביאור הגר״א · סדרי טהרה · חכמת אדם (הלכות נדה) · ערוך השולחן · רוקח · הגהות שערי דורא

← Niveau 1 — Base Niveau 3 — Synthèse →
~ ~ ~ ~ ~
DAAT · הרב יוסף חיים סממה
Talmid hakham · donne des cours de halakha et de hassidout
Pilpoul et étude dans les lois de l'immersion et de l'interposition · Siman 198 · ⚡ Niveau 2 — Lamdan
⚠️ Ce contenu est écrit pour l'étude et l'examen seulement. Pour toute décision pratique (לְמַעֲשֶׂה) — demande à ton Rav, à ta mora de kalla, à la balanit.

DAAT דעת — © 5786 / 2026 · Page d’accueil · Siman 198 · Niveau 4 — Halakha lema'assé · ♥ Soutenir

📖Rejoindre une hevrouta