Tout le siman ramené à ce qu'il faut pouvoir redire de mémoire
יורה דעה · סימן ר״ד
דִּין הַמַּתְפִּיס בְּנֶדֶר
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Cette page ne rajoute rien : elle range. Les quatre seifim, le vocabulaire, les trois règles qui portent tout le reste, les pièges où l'on tombe, et ce qui demeure discuté. À lire après le niveau Base, et à relire avant le niveau Lamdan.
Sujet : Siman 204 — Synthèse : l'התפסה, en tableaux Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן ר״ד
Compilation : הרב יוסף חיים סממה DAAT · daattorah.com
📑 Plan de l'étude
1. Le siman en une phrase
2. Les quatre seifim, en tableau
3. Le vocabulaire à savoir par cœur
4. Les trois règles d'or
5. Les pièges classiques
6. Ce qui reste en discussion
7. La check-list de révision
1. Le siman en une phrase
Une parole crée un interdit lorsqu'elle rattache (מתפיס) une chose permise à une chose déjà interdite par la parole d'un homme — un קרבן, ou tout ce qui fut consacré par la bouche. Le rattachement se propage : de pain en pain, de jour en jour, d'homme en homme, jusqu'à cent ; et il atteint même ce qui n'est pas encore au monde.
2. Les quatre seifim, en tableau
Seif
Ce qui est dit
Le point à retenir
א
עיקר נדר — rattacher à un דבר הנדור ; ou « יאסר עלי » ; ou « עלי איסור » ; la chaîne jusqu'à cent ; un jour rattaché à un jour
Lie — et le premier objet devient à son tour point d'attache
ב
Tout דבר הקדוש בקדושת הפה : כאימרא, כדירים, כמזבח, כהיכל, כירושלים, les ustensiles du service
Lie — Rama : « כשלחן סתם » ne lie pas, mais on délie pour un עם הארץ (et le Chakh comme le Taz contestent)
ג
« ואני כמותך » dit dans le כדי דיבור, jusqu'à cent personnes
Lie — chacun est pris dans le vœu du précédent
ד
S'interdire un דבר שלא בא לעולם
Lie, pour quand la chose viendra — mais sur soi seulement (Chakh ס״ק ט)
3. Le vocabulaire à savoir par cœur
Terme
Sens
Où il sert
נדר
interdit posé sur la chose (חפצא)
toute la définition du seif א
שבועה
engagement de la personne (גברא)
l'opposé — décisif au siman 206:ה
דבר הנדור
chose interdite par une parole d'homme
le seul point d'attache valide
דבר האסור
chose interdite par la Torah (porc, נבלה)
ne sert pas de point d'attache — siman 205
המתפיס
celui qui rattache
le verbe de tout le siman
קדושת הפה
sainteté venue d'une bouche humaine
le critère du seif ב
איסר
le lien, le mot de la Torah
la formule « עלי איסור » du seif א
קונם
substitut (כינוי) du mot קרבן
revient au siman 206:ד
סתם נדרים להחמיר
une formule ambiguë se lit du côté qui lie
Taz ס״ק ב, sur « כאימרא »
כדי דיבור
le temps d'une brève salutation
le seif ג
דבר שלא בא לעולם
ce qui n'existe pas encore
le seif ד
4. Les trois règles d'or
1. Ce n'est pas la sainteté qui compte, c'est son origine. On se rattache à ce qu'une bouche a rendu interdit. Le premier-né, saint dès le ventre de sa mère, ne peut pas servir de point d'attache — et c'est la même raison qui exclura, au siman 205, le porc et la נבלה.
2. Le premier maillon devient lui-même une ancre. Dès qu'un pain est interdit par vœu, il est un דבר הנדור : on peut lui rattacher un autre pain — et l'on n'est arrêté ni par le nombre (« même cent »), ni par le délai (Rambam : « même après plusieurs jours »), ni par l'espèce (Chakh ס״ק ד : pain, viande, fruits).
3. Le rattachement n'existe que dans le נדר.המתפיס בשבועה פטור ובנדרים חייב : on ne rattache pas un serment. La raison est celle qui commande tout le bloc — le נדר interdit la chose, la שבועה lie la personne, et un lien de personne ne se copie pas d'un objet à l'autre.
« הַמַּתְפִּיס בִּשְׁבוּעָה פָּטוּר וּבִנְדָרִים חַיָּב » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ג׳ הלכה א)
5. Les pièges classiques
Confondre « saint » et « interdit par une parole ». Jérusalem lie ; le premier-né ne lie pas. Le critère n'est pas la sainteté, c'est sa provenance.
Croire qu'il faut nommer un קרבן. « יאסר עלי ככר זה » ne nomme rien du tout, et lie tout de même (seif א, Chakh ס״ק ג).
Croire que la chaîne exige la même espèce. Elle ne l'exige pas (Chakh ס״ק ד, Baer Hetev ס״ק ג).
Prendre la glose du Rama sur la table pour une règle tranquille. Le Chakh (ס״ק ח) et le Taz (ס״ק ה) la contestent tous deux ; on ne s'appuie pas dessus pour permettre.
Étendre le seif ד à autrui. On peut s'interdire un דבר שלא בא לעולם ; on ne peut pas l'interdire à un autre (Chakh ס״ק ט, Pit'hei Techouva ס״ק א).
Laisser passer le כדי דיבור. Le « ואני » du seif ג ne vaut que dans cet intervalle.
6. Ce qui reste en discussion
Le point
Rama
Chakh
Taz
« ככר זה עלי כשלחן » sans préciser
ne lie pas (mais on délie pour un עם הארץ)
צ״ע — la distinction n'est pas celle de la source (ס״ק ח)
lie, par סתם נדרים להחמיר (ס״ק ה)
Vœu ou serment par la table (אני נודר בשלחן)
—
ne lie pas — il n'y a pas d'אזכרות dans une table (ס״ק ח)
ne lie pas, qu'elle soit consacrée ou non (ס״ק ה)
Le vœu de donner le מעשר d'un profit à venir
—
rapporté au nom du Maharam MZ : il peut se rétracter (ס״ק ט)
conteste, au siman 215 (rapporté par le Baer Hetev ס״ק ו)
7. La check-list de révision
Je sais dire en une phrase ce qu'est l'התפסה et pourquoi elle est le cœur du נדר.
Je sais distinguer דבר הנדור et דבר האסור, et dire ce que chacun peut ou ne peut pas porter.
Je sais nommer les cinq objets du seif ב et dire ce qu'ils ont en commun.
Je sais expliquer pourquoi le בכור est exclu, et rattacher cette exclusion au siman 205.
Je connais la ma'hloket du שלחן et je sais que le Chakh doute là où le Taz tranche.
Je sais que la chaîne ne s'arrête ni au nombre, ni au délai, ni à l'espèce.
Je sais ce que le seif ד autorise, et sur qui il ne s'étend pas.
Je sais que ce chapitre s'étudie, et que tout vœu réel se porte devant un Rav.
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :