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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 206 — La parole commencée qui lie (דיני ידות הנדרים)

Cinq seifim sur une seule question : combien de mots faut-il prononcer pour être lié ?
יורה דעה · סימן ר״ו
דִּינֵי יְדוֹת הַנְּדָרִים
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Les simanim 204 et 205 ont demandé à quoi une parole peut se rattacher. Celui-ci demande autre chose, et de plus redoutable : combien faut-il en dire ? Un homme commence à faire vœu, s'arrête en chemin — et le Choul'han Aroukh enseigne que cela peut suffire. Le mot qui donne son titre au siman, ידות, veut dire manches : on tient un vœu comme on tient un ustensile par son anse. Ce sont des règles למעשה, et le dernier seif en tire lui-même la conséquence : il faut une התרה — laquelle se fait devant un Rav.

Sujet : Siman 206 — דיני ידות הנדרים : la parole commencée qui lie
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן ר״ו

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. De quoi parle ce siman ? La parole commencée et non achevée
2. La michna qui ouvre le traité, et le mot que Sefaria glose lui-même
3. Le texte du Choul'han Aroukh, seif par seif, avec sa traduction
4. Les concepts-clés du siman
5. L'appareil du Chakh — les dix ס״ק
6. L'appareil du Taz — les sept ס״ק
7. Le Baer Hetev — les neuf ס״ק — et le Pit'hei Techouva
8. Le tableau du siman
9. Cas pratiques
10. Synthèse et questions de compréhension

1. De quoi parle ce siman ? La parole commencée et non achevée

Les deux simanim précédents ont demandé à quoi une parole peut se rattacher. Celui-ci demande autre chose : combien de mots faut-il prononcer ? Un homme commence à faire vœu et s'arrête en chemin — « je me suis interdit de toi… » et rien de plus. A-t-il lié quelque chose ? Le Choul'han Aroukh répond en cinq seifim, et sa réponse est l'une des plus fines du traité.

Le mot du siman. Le Choul'han Aroukh l'emploie sans l'expliquer, mais l'édition de Sefaria porte au seif א une glose qui le définit — nous la donnons ici telle qu'elle y figure, car elle est la meilleure définition possible : ידות — « qu'il a commencé à faire vœu et n'a pas achevé la parole, et malgré cela il est interdit comme s'il avait voué toute la parole ; comme un homme qui tient le manche (יד) d'un ustensile et qui, par là, se sert de l'ustensile comme s'il l'avait saisi lui-même ».

Mais aussitôt le Choul'han Aroukh pose la condition : והוא שיהו מוכיחות קצת על הנדר — à condition qu'elles indiquent un peu le vœu. Tout le siman se joue sur ce « un peu » : quelle quantité de parole suffit à faire deviner ce qu'on voulait dire ?

Cinq seifim, une seule question : où s'arrête la parole qui lie ? (א) Les formules-manches — מודרני ממך, מופרשני ממך, מרוחקני ממך — et ce qu'elles font, achevées ou non. (ב) La différence d'une seule lettre : לך contre ממך. (ג) מנודה, משמתינא, נדינא — trois mots proches, trois régimes différents. (ד) כנדרי רשעים contre כנדרי כשרים. (ה) Et le cas où la parole ne lie pas du tout, parce qu'elle appartient au registre de la שבועה et non du נדר.

2. La michna qui ouvre le traité

Le siman 206 est la mise en forme halakhique des toutes premières lignes du traité Nedarim. La michna y range les mêmes formules, dans le même ordre :

« הָאוֹמֵר לַחֲבֵרוֹ ״מוּדְּרַנִי מִמָּךְ״, ״מוּפְרְשַׁנִי מִמָּךְ״, ״מְרוּחֲקַנִי מִמָּךְ״, ״שֶׁאֲנִי אוֹכֵל לָךְ״, ״שֶׁאֲנִי טוֹעֵם לָךְ״ — אָסוּר » (נדרים ב׳ ע״א)
« מְנוּדֶּה אֲנִי לָךְ״, רַבִּי עֲקִיבָא הָיָה חוֹכֵךְ בָּזֶה לְהַחְמִיר » (נדרים ב׳ ע״א)

La guemara explique aussitôt que la michna doit se lire comme si elle disait deux choses — les כינויים (les substituts de mots) et les ידות :

« כָּל כִּינּוּיֵי נְדָרִים כִּנְדָרִים, וִידוֹת נְדָרִים כִּנְדָרִים » (נדרים ב׳ ע״ב)

Et c'est dans ces mêmes lignes que se trouve la phrase qui commandera le seif ה de notre siman — la différence entre le נדר et la שבועה :

« אַיְּידֵי דִּתְנָא נְדָרִים דְּמִיתְּסַר חֶפְצָא עֲלֵיהּ, תְּנָא נָמֵי חֲרָמִים, דְּמִיתְּסַר חֶפְצָא עֲלֵיהּ. לְאַפּוֹקֵי שְׁבוּעָה, דְּקָאָסַר נַפְשֵׁיהּ מִן חֶפְצָא » (נדרים ב׳ ע״ב)

Enfin, le seif ג repose sur un passage du folio ז׳, où Rav Papa départage précisément les trois mots que le Choul'han Aroukh y range :

« אָמַר רַב פָּפָּא: בִּ״נְדִינָא מִינָּךְ״ — דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּאָסוּר. ״מְשַׁמַּתְנָא מִינָּךְ״ — לְכוּלֵּי עָלְמָא שְׁרֵי » (נדרים ז׳ ע״א)

3. Le texte du Choul'han Aroukh, seif par seif

Seif א — les trois formules, achevées et inachevées

דיני ידות הנדרים. ובו ה׳ סעיפים:
ידות (פי׳ ידות שהתחיל לנדור ולא גמר הדבור ואעפ״כ הוא נאסר כאילו נדר כל הדיבור כאדם שאוחז ביד הכלי ועל ידי כך משתמש בכלי כאילו אחז בו בעצמו) נדרים כנדרים והוא שיהו מוכיחות קצת על הנדר כיצד האומר לחבירו מודרני ממך שאיני אוכל לך או מופרשני ממך שאיני אוכל לך או מרוחקני ממך שאיני אוכל לך אסור לאכול עמו (וי״א דאפילו אמר שאני אוכל לך באלו לשונות אסור לאכול עמו) (הר״ן בשם יש גורסין ועס״ק ב׳) אבל אם אומר שאיני אוכל לך לבד בלא מודרני ממך לא הוי יד ואם אמר מודרני ממך או מופרשני ממך או מרוחקני ממך ולא סיים דבריו שאיני אוכל לך במודרני ממך אסור לדבר עמו ובמופרשני ממך אסור לשאת ולתת עמו ובמרוחקני ממך אסור לעמוד בד׳ אמותיו:
Les ידות des vœux sont comme des vœux (glose : les ידות, c'est qu'il a commencé à faire vœu et n'a pas achevé la parole, et malgré cela il est interdit comme s'il avait voué toute la parole, comme un homme qui tient le manche de l'ustensile et s'en sert par là comme s'il l'avait saisi lui-même) — à condition qu'elles indiquent un peu le vœu. Comment ? Celui qui dit à son compagnon « מודרני ממך [je me suis interdit de toi] que je ne mangerai pas de ce qui est à toi », ou « מופרשני ממך [je me suis séparé de toi] que je ne mangerai pas de ce qui est à toi », ou « מרוחקני ממך [je me suis éloigné de toi] que je ne mangerai pas de ce qui est à toi » — il lui est interdit de manger avec lui. (Glose : et certains disent que même s'il a dit שאני אוכל לך dans ces formules, il lui est interdit de manger avec lui — le Ran au nom de יש גורסין, et voir le ס״ק ב.) Mais s'il dit « שאיני אוכל לך » seul, sans מודרני ממך, ce n'est pas une יד. Et s'il a dit מודרני ממך, ou מופרשני ממך, ou מרוחקני ממך, et n'a pas achevé ses paroles par « שאיני אוכל לך » : avec מודרני ממך il lui est interdit de lui parler ; avec מופרשני ממך il lui est interdit de faire affaire avec lui ; avec מרוחקני ממך il lui est interdit de se tenir dans ses quatre coudées.

Seif ב — « לך » ou « ממך » : une lettre qui change tout

אמר לחבירו מודר אני לך מאכילה או מהנאה שניהם אסורים לאכול או ליהנות זה מזה אבל אם אמר מודר אני ממך מאכילה או מהנאה הוא אסור בחבירו וחבירו מותר בו:
Il a dit à son compagnon « מודר אני לך — d'en manger ou d'en tirer profit » : tous deux sont interdits, l'un de manger ou de tirer profit de l'autre. Mais s'il a dit « מודר אני ממך — d'en manger ou d'en tirer profit », lui est interdit à l'égard de son compagnon, et son compagnon lui est permis.

Seif ג — מנודה, משמתינא, נדינא

אמר מנודה אני לך או משמתינא ממך אם סיים דבריו שאני אוכל לך אינו נדר ומותר בכל ואם לא סיים דבריו אסור לעמוד בד׳ אמותיו אבל אם אמר נדינא ממך וסיים בדבריו שאיני אוכל לך אסור לאכול עמו לא סיים דבריו שאיני אוכל לך אסור ליהנות ממנו: הגה וכבר נתבאר דיש חולקין וס״ל דכל שלא אמר שאיני אוכל לך או שאני אוכל לך לאו כלום הוא:
Il a dit « מנודה אני לך » ou « משמתינא ממך » : s'il a achevé ses paroles par « שאני אוכל לך », ce n'est pas un vœu et tout lui est permis. Et s'il n'a pas achevé ses paroles — il lui est interdit de se tenir dans ses quatre coudées. Mais s'il a dit « נדינא ממך » et a achevé ses paroles par « שאיני אוכל לך », il lui est interdit de manger avec lui ; s'il n'a pas achevé ses paroles par « שאיני אוכל לך », il lui est interdit de tirer profit de lui. Glose du Rama : et il a déjà été expliqué que certains divergent et tiennent que tant qu'il n'a pas dit « שאיני אוכל לך » ou « שאני אוכל לך », cela n'est rien.

Seif ד — כנדרי רשעים et כנדרי כשרים

אמר כנדרי רשעים ככר זה עלי או שאמר כנדרי רשעים הימנו והיה ככר מונח לפניו אסור בו אבל אם אמר כנדרי כשרים עלי או כנדרי כשרים ככר זה עלי אינו כלום ואפילו אמר כנדרי כשרים ככר זה עלי קונם (פי׳ קונם אחד מכנויי הקרבן) אבל אם אמר כנדבת כשרים עלי או כנדבת כשרים ככר זה עלי הוי נדר:
Il a dit « כנדרי רשעים [comme les vœux des méchants] ce pain m'est [interdit] », ou bien il a dit « כנדרי רשעים הימנו » alors qu'un pain était posé devant lui — il lui est interdit. Mais s'il a dit « כנדרי כשרים [comme les vœux des hommes droits] sur moi », ou « כנדרי כשרים ce pain m'est », cela n'est rien ; et même s'il a dit « כנדרי כשרים ce pain m'est קונם » (glose : קונם est l'un des substituts du mot קרבן). Mais s'il a dit « כנדבת כשרים [comme les dons volontaires des hommes droits] sur moi », ou « כנדבת כשרים ce pain m'est » — c'est un vœu.

Seif ה — quand la parole est du registre du serment

הנודר שלא אוכל או שאוכל עמך אפילו יד לא הוי דלשון זה לשון שבועה הוא ולא לשון נדר אם לא שנדר לעשות מצוה ומיהו כיון דהאידנא מרגלא בפומייהו דאינשי למינדר בהאי לישנא אין להקל וצריך התרה כדי שלא ינהגו קלות ראש בנדרים ויש מי שאומר דנדר שאמרו בלשון שבועה ושבועה בלשון נדר מהני מדין ידות ומיהו בנזירות שהוציאו בלשון שבועה לדברי הכל אסור:
Celui qui fait vœu « que je ne mangerai pas » ou « que je mangerai avec toi » — ce n'est même pas une יד, car cette formule est une formule de שבועה et non une formule de נדר ; à moins qu'il n'ait voué d'accomplir une mitsva. Cependant, puisque de nos jours il est courant dans la bouche des gens de faire vœu dans cette formule, il n'y a pas lieu d'être indulgent, et une התרה est nécessaire afin qu'on ne traite pas les vœux à la légère. Et il y a qui dit qu'un נדר énoncé dans une formule de שבועה, et une שבועה énoncée dans une formule de נדר, sont efficaces au titre des ידות. Cependant, en matière de נזירות énoncée dans une formule de שבועה, tous s'accordent que c'est interdit.

Ce que disent ces cinq seifim

Le manche et l'ustensile. Le mot יד veut dire main, mais aussi manche. Une parole-manche n'est pas un vœu entier : c'est ce par quoi on tient un vœu. Et de même qu'on soulève une marmite par son anse, on peut lier par le commencement d'une phrase — à condition que ce commencement laisse deviner la suite.
Trois formules, trois effets différents quand elles sont inachevées. Le Mehaber n'en fait pas un bloc. מודרני ממך non achevé interdit de parler ; מופרשני ממך interdit de faire affaire ; מרוחקני ממך interdit de se tenir dans ses quatre coudées. Chaque mot est pris au sens que sa racine indique : « interdit », « séparé », « éloigné ».
Une lettre. Au seif ב, tout tient à la différence entre לך (« à toi ») et ממך (« de toi »). À toi : je place mes biens hors de ta portée — et comme il dit « de manger », la réciprocité joue et les deux sont pris. De toi : je m'interdis ce qui est à toi — moi seul suis pris. Le Taz (ס״ק ב) le formule en une ligne au nom du Ran.
Trois mots voisins, et la guemara les sépare. Au seif ג, מנודה et משמתינא sont des mots d'excommunication, non de vœu ; נדינא, lui, vient de la racine du נדר. Rav Papa le disait déjà : pour נדינא ממך, tous s'accordent que c'est interdit ; pour משמתנא ממך, tous s'accordent que c'est permis.
Les méchants vouent, les hommes droits donnent. Le seif ד repose sur une observation de mœurs : celui qui dit « comme les vœux des רשעים » s'est rattaché à quelque chose de réel, car les רשעים vouent — et un vœu engage. Celui qui dit « comme les vœux des כשרים » ne s'est rattaché à rien, car les כשרים ne vouent pas : ils donnent (נדבה). Le Taz (ס״ק ד) donne la raison de fond : le נדר crée une responsabilité (אחריות) et donc un risque de faute ; la נדבה, non.
Et le pivot de tout le bloc, au dernier seif. « Que je ne mangerai pas » n'est même pas une יד — parce que cette formule lie la personne, et que c'est le langage de la שבועה, tandis que le נדר interdit la chose. Le Taz (ס״ק ו) et le Chakh (ס״ק ט) écrivent la même phrase. Et pourtant le Choul'han Aroukh conclut qu'une התרה est nécessaire, parce que les gens parlent ainsi.

4. Les concepts-clés du siman

ידות נדרים — « Les manches des vœux ». Une parole commencée et non achevée, qui lie néanmoins — comme un ustensile qu'on tient par son manche. Le titre même du siman.
מוכיחות — « Qui indiquent ». La condition posée par le seif א : la parole doit laisser deviner le vœu. C'est là-dessus que porte toute la ma'hloket entre le Mehaber et le Roch.
ידים מוכיחות — Des « mains qui indiquent ». L'expression technique. Ceux qui exigent que la parole soit achevée disent que, sans cela, il n'y a pas de ידים מוכיחות. Le Ba'h, à l'inverse, tient que même des ידים שאינן מוכיחות sont des ידים (Chakh ס״ק ג).
מודרני · מופרשני · מרוחקני — Les trois formules du seif א. « Je me suis interdit de toi », « je me suis séparé de toi », « je me suis éloigné de toi ». Inachevées, chacune produit un effet différent, calqué sur le sens de sa racine.
מנודה · משמתינא · נדינא — Les trois mots du seif ג. Les deux premiers appartiennent au vocabulaire de l'excommunication ; le troisième à celui du vœu. Le Taz (ס״ק ג) écrit que מנודה n'est pas du tout une formule de vœu, à la différence de נדינא.
כנדרי רשעים — « Comme les vœux des méchants ». Cela lie, car les רשעים vouent réellement — le Chakh (ס״ק ז) explique : c'est comme dire « ce pain m'est comme un קרבן », puisqu'un רשע ordinaire est tenu à un קרבן.
כנדרי כשרים — « Comme les vœux des hommes droits ». Cela ne lie pas, car les כשרים ne vouent pas. Et le Chakh (ס״ק ח) ajoute un point remarquable : ces mots, placés en tête, annulent même le mot קונם qui les suit.
נדבה — Le don volontaire. Par opposition au נדר. Le Taz (ס״ק ד) donne la différence de fond : le נדר se dit « הרי עלי » et met une responsabilité sur celui qui voue ; la נדבה se dit « הרי זו » et n'en met aucune.
קונם — Konam. L'un des substituts (כינויים) du mot קרבן — le Choul'han Aroukh en donne lui-même la définition dans le seif ד.
נזירות — Le naziréat. Le vœu de s'abstenir du vin, de la coupe des cheveux et de l'impureté des morts. Le dernier mot du siman lui est consacré : énoncé dans une formule de שבועה, tous s'accordent qu'il lie.

5. L'appareil du Chakh (ש״ך) — les dix ס״ק

Dix entrées, dont une — le ס״ק ב — est l'une des plus longues de tout Yoré Déa : le Chakh y recopie Rabbénou Yerou'ham en entier, « à cause des nombreuses distinctions de dinim qu'il y explique », dit-il lui-même. Nous en donnons cinq extraits.

ס״ק א — ויש אומרים דאפילו אמר שאני אוכל לך

« בלא י׳ באלו לשונות אסור דה״ק מודרני ממך כשאוכל לך » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק א)

Le Chakh explique la glose du Rama : même sans le yod — c'est-à-dire שאני et non שאיני — la formule interdit, car il faut la lire comme si elle disait « מודרני ממך quand je mangerai de ce qui est à toi ».

ס״ק ב — שאני אוכל לך באלו הלשונות

« אבל אמר שאני אוכל לך לחוד או שאני טועם לך לחוד לא אמר כלום » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ב)
« ואם אמר שאיני אוכל אפילו אמר מודרני ממך או שאר הלשונות אינו כלום דאין לך יד לנדר אלא דוקא כשאוסר החפץ בנדר » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ב)
« דכל זמן שאוסר עצמו על החפץ לא הוי יד לנדרים » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ב)
« וכן כתב הרא״ש שאם אמר אני נודר שלא אוכל עמך או שאוכל עמך אינו כלום שזה הלשון לשון שבועה הוא שאוסר את עצמו בשבועה ולא לשון נדר » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ב)
« וגם להורות שמ״ש הרב וי״א דאפילו אמר שאני אוכל לך כו׳ אינו מדוקדק כלל דאדרבה טפי אסור לכ״ע » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ב)

L'entrée la plus longue du siman. Le Chakh y range, d'après Rabbénou Yerou'ham, toutes les combinaisons : la formule seule, la formule avec « אם אוכל » sans « לך », la formule avec « שאיני אוכל » — et il pose au passage la règle qui commande le siman : tant qu'un homme s'interdit lui-même à l'égard de l'objet, il n'y a pas de יד pour les vœux, car le vœu interdit l'objet. Il s'appuie sur le Roch et sur les Tossefot du début de Nedarim, et conclut que la formulation du Rama n'est pas exacte du tout — car ce cas-là est plus interdit, et de l'avis de tous.

ס״ק ג — במודרני ממך אסור לדבר

« צ״ע על הרב שלא הביא דעת הרא״ש וטור והר״ן דס״ל דכל שלא סיים דבריו אינו נדר כלל כיון דמשמע הכי ומשמע הכי לא הוי ידים מוכיחות » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ג)
« ונראה דחסר כאן הגהת הרב » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ג)
« והב״ח מחמיר ביותר דידים שאינן מוכיחות הויין ידים והלכך אפילו לא סיים דבריו אסור אפילו לאכול עמו ואין זה עיקר בש״ס ופוסקים » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ג)

Le Chakh s'étonne : le Rama n'a pas rapporté l'avis du Roch, du Tour et du Ran, pour qui tant qu'il n'a pas achevé ses paroles, ce n'est pas un vœu du tout — puisque la formule peut signifier ceci ou cela, et qu'alors ce ne sont pas des ידים מוכיחות. Il ajoute qu'une glose du Rav manque probablement ici — la même hypothèse que fera le Taz au ס״ק א. Et il rapporte le Ba'h, qui va à l'opposé.

ס״ק ד — וחבירו מותר

« ואם לא הזכיר לא אכילה ולא הנאה לא הוי נדר כלל עכ״ל טור והוא לשיטתו דלעיל אבל להרמב״ם והמחבר הוי נדר שאינו רשאי לדבר עמו » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ד)

Le Tour ajoutait que s'il n'a mentionné ni la nourriture ni le profit, ce n'est pas un vœu du tout — mais c'est la cohérence de sa propre position. Pour le Rambam et pour le Mehaber, c'est un vœu : il ne lui est pas permis de lui parler (comme au seif א). Le Chakh remarque que le Mehaber a délibérément omis cette fin du Tour.

ס״ק ה — אמר מנודה

« דהמחבר מזכה שטרא לבי תרי דבאומר מנודה אני לך שאני אוכל לך פסק דמותר בכל » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ה)
« ואי ס״ל להמחבר דמנודה אני לך לשון נדר הוא א״כ בסיים דבריו שאני אוכל לך נמי אסור לאכול עמו » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ה)

Un צ״ע sur le Mehaber lui-même. Le Chakh trouve la position du seif ג incohérente — il donne gain de cause aux deux parties : si מנודה n'est pas une formule de vœu, alors même inachevée elle devrait tout permettre ; et si c'en est une, alors même achevée elle devrait interdire de manger. Il examine l'avis du Rambam, celui du Raavad, celui de Rabbénou Yerou'ham, et conclut sur un וצ״ע.

ס״ק ו — וכבר נתבאר

« הא הכא גרע טפי וכמ״ש התוס׳ בשם ר״י דהכא במנודה ונדינא ממך אפילו לא סיים דבריו אסור ליהנות » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ו)
« ונראה דלענין הלכה אין להקל מטעם שכתבתי » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ו)

Le Chakh répond au Ba'h, qui n'avait pas compris à quoi renvoyait le « וכבר נתבאר » du Rama ; et il ajoute une objection de fond : ici c'est pire, car pour les Tossefot au nom du Ri, même sans achever la phrase, מנודה et נדינא interdisent le profit. Il conclut : quant à la halakha, il n'y a pas lieu d'être indulgent.

ס״ק ז — אסור בו

« דהוי כאומר ככר זה עלי כקרבן דסתם רשע חייב בקרבן » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ז)

Pourquoi « כנדרי רשעים » lie : parce que c'est comme dire « ce pain m'est comme un קרבן » — un רשע ordinaire, en effet, est tenu à un קרבן. Le rattachement porte donc sur quelque chose de réel.

ס״ק ח — כנדרי כשרים קונם

« דמה שתלה בכשרים בטל את הקונם דכשרים לא נדרי כלל אלא נודבין » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ח)

Un mécanisme surprenant : le fait d'avoir suspendu aux כשרים annule le קונם qui suit — car les כשרים ne vouent pas du tout, ils donnent. Les premiers mots désamorcent donc le mot le plus fort de la langue des vœux.

ס״ק ט — הנודר

« דוקא באומר מודרני ממך אסר על עצמו הנאת חבירו ואע״פ שלא התפיס בדבר הנדור יד מיהא הוי » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ט)
« כלומר דלשון נדר היינו שאוסר החפץ עליו ולשון שבועה היינו שאוסר עצמו על החפץ » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק ט)

Le Chakh donne ici, au nom du Roch, la définition la plus nette de tout le bloc 204-206 : la formule de נדר est celle qui interdit la chose à l'homme ; la formule de שבועה est celle qui interdit l'homme à l'égard de la chose. Et « je fais vœu que je ne mangerai pas avec toi » est du second registre — donc ni נדר, ni שבועה (puisqu'il n'a pas juré).

ס״ק י — ומיהו בנזירות

« דנזירות לכ״ע אם הוציאו בלשון שבועה חל דעיקרו לשון שבועה הוא דהא אתפוסי גברא הוא כמו שבועה » (ש״ך יו״ד ר״ו ס״ק י)

Le dernier mot du siman. Le Chakh signale que ce point ne figure pas dans le Beit Yossef, et qu'il l'a trouvé dans une responsa du Mabit au nom du Radbaz : la נזירות, si on l'énonce dans une formule de serment, lie de l'avis de tous — car son fondement est une formule de serment, puisqu'elle lie la personne, comme la שבועה. Le Chakh y adhère et le prouve du début de Nedarim.

6. L'appareil du Taz (ט״ז) — les sept ס״ק

ס״ק א — אסור לעמוד בד׳ אמותיו

« נראה שיש כאן חסרון וכן צ״ל הג״ה וי״א דכל שלא סיים שאיני אוכל או שאני אוכל לאו כלום הוא והיינו דעת הרא״ש בטור » (ט״ז יו״ד ר״ו ס״ק א)
« וטעמו דכל שאמר מודרני ממך בלא סיום יש להסתפק אם לדבר עמו קאמר אם לאיסור הנאה וכיון שאין מוכיח לא הוי יד » (ט״ז יו״ד ר״ו ס״ק א)

Le Taz ouvre le siman par une émendation : il tient qu'il manque un morceau dans la glose du Rama, et il écrit ce qu'elle devrait porter — et certains disent que tant qu'il n'a pas achevé par שאיני אוכל ou שאני אוכל, cela n'est rien, ce qui est l'avis du Roch dans le Tour. Et il donne la raison : « מודרני ממך » sans suite est ambigu — parle-t-il de l'interdit de parler, ou de l'interdit de profit ? — et l'ambiguïté ôte le caractère de יד. Il ajoute que son émendation éclaire enfin le « וכבר נתבאר » que le Rama écrit au seif ג.

ס״ק ב — אני לך

« משמע כלומר נכסי אסורים לך ומשמע משלך מה שאין כן בממך » (ט״ז יו״ד ר״ו ס״ק ב)

Une ligne, au nom du Ran, et elle explique tout le seif ב : « לך » veut dire : mes biens te sont interdits, et cela s'entend aussi de ce qui est à toi ; ce qui n'est pas le cas de « ממך ». D'où la réciprocité dans le premier cas et son absence dans le second.

ס״ק ג — מנודה אני

« דזה אינו לשון נדר לגמרי מה שאין כן בנדירנא שהוא לשון נדר » (ט״ז יו״ד ר״ו ס״ק ג)

Trois mots qui séparent le seif ג en deux : מנודה n'est pas du tout une formule de vœu ; נדירנא, si.

ס״ק ד — כנדרי רשעים

« שהרשעים דרכן לידור אבל כשרים אין דרכן לידור אבל דרכן להתנדב » (ט״ז יו״ד ר״ו ס״ק ד)
« והטעם דנדר הוא בלשון הרי עלי נמצא שהאחריות על הנודר ושייך בזה תקלה דאם יאבד אותו שהפריש לא יתן אחרת מה שאין כן בנדבה שהיא בלשון הרי זו אין שום אחריות עליו » (ט״ז יו״ד ר״ו ס״ק ד)

Le Taz donne d'abord l'observation : les רשעים ont coutume de vouer, les כשרים de donner. Puis il en donne la raison profonde, et elle est belle : le נדר se dit « הרי עלי » — la chose reste à la charge de celui qui voue, d'où une responsabilité et un risque : si l'objet mis à part se perd, il n'en donnera pas un autre. La נדבה se dit « הרי זו » : aucune responsabilité ne pèse sur lui.

ס״ק ה — ככר זה עלי קונם

« לפי שמה שאמר תחילה כנדרי כשרים מבטל מה שאמר אחר כך לשון קונם » (ט״ז יו״ד ר״ו ס״ק ה)

Le même mécanisme que le Chakh (ס״ק ח), dit autrement : ce qu'il a dit d'abord — כנדרי כשרים — annule ce qu'il a dit ensuite, la formule קונם. L'ordre des mots décide.

ס״ק ו — לשון שבועה הוא

« דלשון נדר הוא שאוסר החפץ עליו ולשון שבועה הוא שאוסר את עצמו על החפץ » (ט״ז יו״ד ר״ו ס״ק ו)

La phrase-pivot, sous la plume du Taz : la formule de נדר interdit la chose à l'homme ; la formule de שבועה interdit l'homme à l'égard de la chose. Elle est identique à celle du Chakh au ס״ק ט, et c'est elle qui explique pourquoi « que je ne mangerai pas » n'est même pas une יד.

ס״ק ז — ויש מי שאומר

« ונראה דהרמב״ם כתב זה דרך פירוש על הפסוק לאסור איסר על נפשו » (ט״ז יו״ד ר״ו ס״ק ז)

La dernière entrée, et elle est exégétique. Le Taz s'arrête sur le Rambam cité par le Tour : pourquoi ajouter « et de même s'il dit : ceci m'est איסור » ? C'est apparemment superflu. Réponse : le Rambam commente le verset לאסור איסר על נפשו, qu'on aurait pu lire comme parlant d'un rattachement à une chose interdite — et il enseigne qu'il faut le lire autrement.

7. Le Baer Hetev — les neuf ס״ק — et le Pit'hei Techouva

Le Baer Hetev suit ici le Chakh pas à pas : sur neuf entrées, sept portent expressément la mention ש״ך ou עכ״ל הש״ך. C'est, pour ce siman, un abrégé du Chakh plus qu'un commentaire propre.

ס״ק א — שאני

« דה״ק מודרני עמך כשאוכל לך » (באר היטב יו״ד ר״ו ס״ק א)

Reprise du Chakh ס״ק א.

ס״ק ב — לדבר

« ונראה דחסר כאן הגהת הרב דעה א׳ דס״ל דכל שלא סיים דבריו לא הוי נדר כלל כיון דמשמע הכי ומשמע הכי לא הוי ידים מוכיחות » (באר היטב יו״ד ר״ו ס״ק ב)

L'abrégé du ס״ק ג du Chakh, avec la mention du Taz et du Ba'h, puis un long résumé du ס״ק ב.

ס״ק ג — מאכילה

« ואם לא הזכיר לא אכילה ולא הנאה לא הוי נדר כלל. טור. אבל להמחבר הוי נדר שאינו רשאי לדבר עמו » (באר היטב יו״ד ר״ו ס״ק ג)

Le ס״ק ד du Chakh, condensé — y compris la remarque sur le Levouch.

ס״ק ד — מנודה

« כתב הש״ך דדברי המחבר צ״ע דאי ס״ל דמנודה או משמתינא לאו לשון נדר הוא » (באר היטב יו״ד ר״ו ס״ק ד)

Le צ״ע du Chakh sur le Mehaber, ramené à sa forme la plus brève.

ס״ק ה — נתבאר

« אלא שנראה שהרב נמשך אחר דברי הטור דמשוה לגמרי מנודה ונדינא למרוחקני » (באר היטב יו״ד ר״ו ס״ק ה)

Le ס״ק ו du Chakh, jusqu'à sa conclusion : il n'y a pas lieu d'être indulgent.

ס״ק ו — אסור

« דהוי כאומר ככר זה עלי כקרבן דסתם רשע חייב בקרבן » (באר היטב יו״ד ר״ו ס״ק ו)

Le ס״ק ז du Chakh, mot pour mot.

ס״ק ז — קונם

« דמה שתולה בכשרים בטל את הקונם דכשרים לא נדרי כלל אלא נודבין » (באר היטב יו״ד ר״ו ס״ק ז)

Le ס״ק ח du Chakh, mot pour mot.

ס״ק ח — נדר

« דלשון נדר היינו שאוסר החפץ עליו ולשון שבוע היינו שאוסר עצמו על החפץ » (באר היטב יו״ד ר״ו ס״ק ח)

La phrase-pivot, transmise une troisième fois — après le Chakh (ס״ק ט) et le Taz (ס״ק ו). L'édition porte ici שבוע sans le hé final ; nous recopions sans corriger.

ס״ק ט — מצוה

« האומר הרי אני נודר רביע גופי הוה כאלו אמר הריני נודר לתת רביעית גופי וחייב צדקה » (באר היטב יו״ד ר״ו ס״ק ט)

Une addition propre au Baer Hetev, qu'on ne trouve ni chez le Chakh ni chez le Taz : au nom du Ralbach, celui qui dit « voici que je voue un quart de mon corps » est comme s'il avait dit « voici que je voue de donner [la valeur d']un quart de mon corps » — et il est tenu à la צדקה.

Le Pit'hei Techouva — les deux ס״ק

ס״ק א — לעשות מצוה

« עבה" ט בשם רלנ״ח » (פתחי תשובה יו״ד ר״ו ס״ק א)

Une entrée d'une ligne : le Pit'hei Techouva renvoie au Baer Hetev, qui cite le Ralbach — c'est l'entrée ס״ק ט que nous venons de lire, sur le vœu d'un quart de son corps — et il ajoute un renvoi à un autre endroit où il rapporte encore le même auteur. Le point rattaché est l'exception que le seif ה réserve : à moins qu'il n'ait voué d'accomplir une mitsva.

ס״ק ב — מהני מדין ידות

« שכתב דפלוגתא זו דוקא אם היה בדבר שיש בו ממש כמו לא אוכל שהמאכל יש בו ממש » (פתחי תשובה יו״ד ר״ו ס״ק ב)
« שומעין להקל כדעת הרא״ש ואפי׳ להרמב״ן עכ״פ במקום קצת מצוה מתירין אפי׳ ע״ד רבים » (פתחי תשובה יו״ד ר״ו ס״ק ב)

L'entrée substantielle du Pit'hei Techouva, au nom du Noda BiYehouda. Elle restreint la divergence rapportée par le seif ה : celle-ci ne vaut que si la chose visée a de la consistance (ממש) — comme « je ne mangerai pas », où la nourriture en a. Mais si la chose n'en a pas, alors, même dans un vœu complet, il n'y aurait pas d'interdit de la Torah — et l'on écoute l'avis indulgent, celui du Roch. Il ajoute que même selon le Ramban, là où il y a quelque mitsva en jeu, on délie, même un vœu pris על דעת רבים.

Les Nekoudot HaKessef. Elles sont la réponse du Chakh au Taz, et le siman 206 aurait pu s'y prêter — le Taz y émende la glose du Rama, et le Chakh écrit de son côté qu'une glose manque. Elles ne commentent pas le siman 206 : aucune entrée ne nous est donnée pour ce siman. Nous ne leur faisons donc dire ni oui ni non, et aucune colonne de cette étude ne porte leur nom.

8. Le tableau du siman

SeifLa parole prononcéeEffetL'appareil
אמודרני ממך שאיני אוכל לך (achevé)Interdit de manger avec luiChakh ס״ק א-ב · Baer Hetev ס״ק א
אשאיני אוכל לך seul, sans מודרניPas une ידChakh ס״ק ב
אמודרני ממך, non achevéInterdit de lui parlerChakh ס״ק ג · Taz ס״ק א · Baer Hetev ס״ק ב
אמופרשני ממך, non achevéInterdit de faire affaireid.
אמרוחקני ממך, non achevéInterdit dans ses quatre coudéesid.
במודר אני לך מאכילה או מהנאהLes deux sont interditsTaz ס״ק ב
במודר אני ממך מאכילה או מהנאהLui seul est interditChakh ס״ק ד · Baer Hetev ס״ק ג
גמנודה אני לך / משמתינא ממך, achevé par שאני אוכל לךTout permisChakh ס״ק ה · Taz ס״ק ג · Baer Hetev ס״ק ד
גles mêmes, non achevésInterdit dans ses quatre coudéesid.
גנדינא ממך, achevé par שאיני אוכל לךInterdit de manger avec luiTaz ס״ק ג
גנדינא ממך, non achevéInterdit de tirer profitChakh ס״ק ו · Baer Hetev ס״ק ה
דכנדרי רשעים ככר זה עליInterditChakh ס״ק ז · Taz ס״ק ד · Baer Hetev ס״ק ו
דכנדרי כשרים (même suivi de קונם)N'est rienChakh ס״ק ח · Taz ס״ק ה · Baer Hetev ס״ק ז
דכנדבת כשריםC'est un vœuTaz ס״ק ד
ההנודר שלא אוכל / שאוכל עמךPas même une יד — mais une התרה est requiseChakh ס״ק ט · Taz ס״ק ו · Baer Hetev ס״ק ח
הle même, s'il a voué d'accomplir une mitsvaLiePit'hei Techouva ס״ק א · Baer Hetev ס״ק ט
הנזירות énoncée dans une formule de שבועהLie, de l'avis de tousChakh ס״ק י

9. Cas pratiques

Ces cas éclairent le mécanisme, ils ne concluent pas. Et ce siman-ci a une leçon propre : ce que l'on n'a pas fini de dire compte aussi. Raison de plus pour ne pas juger soi-même de ce qu'on a dit.

Il dit, en colère : « מודרני ממך que je ne mangerai pas de ce qui est à toi ».
C'est le cas type du seif א : la parole est achevée, et elle interdit de manger avec lui. La question n'est pas de savoir s'il « le pensait » : le siman juge la forme de la parole.
Il dit seulement « מודרני ממך », et s'arrête là.
C'est le cœur de la ma'hloket. Pour le Mehaber (suivant le Rambam), cela interdit de lui parler. Pour le Roch, le Tour et le Ran — que le Chakh (ס״ק ג) et le Taz (ס״ק א) tiennent pour absents de la glose du Rama — ce n'est pas un vœu du tout. Le Ba'h est plus rigoureux encore. Un cas réel se porte au Rav.
Il dit « מודר אני לך מאכילה » — avec le lamed, non le mem.
Seif ב : ici, ce sont les deux qui sont pris, chacun à l'égard de l'autre. Le Taz (ס״ק ב), au nom du Ran, explique pourquoi : « לך » se comprend aussi de ce qui est à toi. Une seule lettre sépare ce cas du suivant.
Il dit « כנדרי כשרים ce pain m'est קונם ».
Seif ד : bien qu'il ait prononcé le mot le plus fort de la langue des vœux — קונם —, cela ne lie pas, car les premiers mots l'annulent (Chakh ס״ק ח, Taz ס״ק ה). L'ordre des mots décide, et l'intention ne rattrape pas la forme.
Il dit : « je fais vœu que je ne mangerai pas chez toi ».
Seif ה : ce n'est même pas une יד, parce que c'est le langage du serment et non celui du vœu (Chakh ס״ק ט, Taz ס״ק ו). Et pourtant le Choul'han Aroukh conclut qu'une התרה est nécessaire, parce que les gens parlent ainsi couramment. C'est l'exemple le plus net du siman : « cela ne lie pas » n'équivaut jamais à « il n'y a rien à faire ».

10. Synthèse et questions de compréhension

Cinq seifim, une question : combien faut-il en dire pour être lié ? (א) Une parole commencée lie si elle laisse deviner le vœu — et le Mehaber donne à chaque formule inachevée l'effet que sa racine indique (parler, commercer, se tenir à quatre coudées), tandis que le Roch, le Tour et le Ran tiennent qu'inachevée elle ne lie rien. (ב) לך lie les deux hommes, ממך n'en lie qu'un. (ג) מנודה et משמתינא sont des mots d'excommunication ; נדינא est un mot de vœu — et le Chakh (ס״ק ה) trouve la position du Mehaber difficile. (ד) On se rattache aux vœux des רשעים (qui vouent) et non à ceux des כשרים (qui donnent) — au point que ces mots-là annulent un קונם qui les suit. (ה) Et la formule qui lie la personne n'est pas même une יד — mais elle exige tout de même une התרה, parce que les gens parlent ainsi.
  1. Qu'est-ce qu'une יד, et d'où vient l'image du manche ?
  2. Que veut dire מוכיחות קצת, et pourquoi cette condition est-elle le cœur du siman ?
  3. Pourquoi מודרני ממך inachevé interdit-il de parler, et מרוחקני ממך de se tenir à quatre coudées ?
  4. Quelle est la différence entre « מודר אני לך » et « מודר אני ממך », et comment le Taz l'explique-t-il ?
  5. Pourquoi le Chakh (ס״ק ה) trouve-t-il la position du Mehaber au seif ג incohérente ?
  6. Pourquoi « כנדרי רשעים » lie-t-il alors que « כנדרי כשרים » ne lie pas ?
  7. Comment les mots « כנדרי כשרים » peuvent-ils annuler un קונם prononcé après eux ?
  8. Pourquoi « je fais vœu que je ne mangerai pas » n'est-il pas même une יד — et pourquoi faut-il tout de même une התרה ?
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
יורה דעה · סימן ר״ו · Niveau 1 — Initiation
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