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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA’ASSÉ

Siman 209 — Répondre « amen » au vœu d’autrui (השומע שחבירו נודר ואמר אמן)

יורה דעה · סימן ר״ט
השומע שחבירו נודר ואמר אמן
הלכה למעשה · ש״ך · ט״ז · באר היטב · פתחי תשובה · נקודות הכסף
⚖️ הלכה למעשה · Psak
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Ce qu’un mot d’acquiescement engage, et jusqu’où va le pouvoir d’interdire ce qui est à soi

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ר״ט (סעיף אחד)
ש״ך (ב׳ ס״ק) · ט״ז (א׳) · באר היטב (א׳) · פתחי תשובה (א׳) · נקודות הכסף (א׳) · טור · בית יוסף · רמב״ם הלכות נדרים והלכות שבועות

Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. הדין העולה — la ligne de psika du siman
  2. עניית אמן — ce que lie un mot d’acceptation
  3. בכל לשון — les formules équivalentes
  4. מתפיס — celui qui adhère sans avoir été adjuré
  5. אוסר נכסיו — le point de divergence ouverte
  6. עד היכן — la limite de la propriété
  7. מקרים בני זמננו — cas contemporains

1. הדין העולה — la ligne de psika du siman

« אחד הנודר מעצמו או שהדירו חבירו ואמר אמן » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)
« או דבר שעניינו כענית אמן שהוא קבלת דברים אסור » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)
« אבל כשחבירו מדירו משלו אין צריך לקבל דבריו » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)
La ligne de psika. Le siman se ramène à trois décisions. (1) Celui à qui un autre impose un vœu et qui répond amen est lié au même rang que s’il avait voué lui-même : le seif ouvre par אחד … או. (2) Ce qui lie est l’acceptation, non le mot : toute formule de même portée fait la même chose, et le Rambam ajoute expressément בכל לשון. (3) Mais quand ce qui est interdit ne relève pas de lui, aucune acceptation n’est requise — et c’est là, et non ailleurs, que les A’haronim divergent.
Ce siman est court et ses variables sont des faits : ce qui a été dit, par qui, sur les biens de qui, et à quel moment. Aucun de ces faits ne s’établit de mémoire. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

2. עניית אמן — ce que lie un mot d’acceptation

« אָמַר שְׁמוּאֵל: כׇּל הָעוֹנֶה ״אָמֵן״ אַחַר שְׁבוּעָה – כְּמוֹצִיא שְׁבוּעָה בְּפִיו דָּמֵי, דִּכְתִיב: ״וְאָמְרָה הָאִשָּׁה אָמֵן אָמֵן״ » (שבועות כ״ט ע״ב)
« אֶחָד הַנּוֹדֵר מִפִּי עַצְמוֹ אוֹ שֶׁהִדִּירוֹ חֲבֵרוֹ וְאָמַר אָמֵן אוֹ דָּבָר שֶׁעִנְיָנוֹ כְּעִנְיַן אָמֵן שֶׁהוּא קַבָּלַת דְּבָרִים » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ב׳ הלכה א)
« וְאֶחָד הַמֻּשְׁבָּע מִפִּי אֲחֵרִים וְעָנָה אָמֵן. אֲפִלּוּ הִשְׁבִּיעוֹ עַכּוּ״ם אוֹ קָטָן וְעָנָה אָמֵן חַיָּב » (רמב״ם הלכות שבועות פרק ב׳ הלכה א)
Ce qui est décidé. L’amen répondu à un vœu ou à un serment qu’un autre fait peser sur toi produit la même interdiction que si tu l’avais prononcé. Le Rambam pousse la règle jusqu’à son bord : même celui qu’un non-Juif ou un mineur a fait jurer, s’il a répondu amen, est tenu.
Pratiquement, l’attention se porte sur un point unique : y a-t-il eu une adjuration dirigée vers lui, et sa réponse était-elle une acceptation ? C’est une question de fait, et elle se pose devant un Rav.

3. בכל לשון — les formules équivalentes

« או דבר שעניינו כענית אמן שהוא קבלת דברים אסור » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)
« כְּגוֹן שֶׁאָמַר הֵן אוֹ מְחֻיָּב אֲנִי בִּשְׁבוּעָה זוֹ. קִבַּלְתִּי עָלַי שְׁבוּעָה זוֹ » (רמב״ם הלכות שבועות פרק ב׳ הלכה א)
« ואמר אמן כו׳. ע״ל סימן רל״ד סנ״ד וסימן רל״ו ס״ב וסימן רל״ז ס״ב » (ש״ך יו״ד ר״ט ס״ק א)
Ce qui est décidé. « Oui », « je suis tenu par ce serment », « j’ai accepté sur moi ce serment » — et toute formule de même portée, dans quelque langue que ce soit. Le Chakh, à son premier ס״ק, renvoie à trois autres endroits de Yoré Déa où la même mécanique est appliquée : la règle n’est pas propre à ce siman.
Le seif ne demande donc pas un mot rituel. Il demande qu’on ait accepté. Une réponse de politesse et une acceptation ne se distinguent pas toujours d’elles-mêmes : c’est exactement le genre de cas qu’on n’arbitre pas seul.

4. מתפיס — celui qui adhère sans avoir été adjuré

« שָׁמַע חֲבֵרוֹ נִשְׁבָּע וְאָמַר וַאֲנִי כְּמוֹתְךָ הוֹאִיל וְלֹא הוֹצִיא שְׁבוּעָה מִפִּיו וְלֹא הִשְׁבִּיעוֹ חֲבֵרוֹ הֲרֵי זֶה פָּטוּר » (רמב״ם הלכות שבועות פרק ב׳ הלכה ח)
« וְאַף עַל פִּי שֶׁהוּא פָּטוּר מִן הַמַּלְקוֹת אוֹ מִן הַקָּרְבָּן אָסוּר לוֹ לֶאֱכל אוֹתָהּ הַפַּת שֶׁהִתְפִּיס בִּשְׁבוּעָה » (רמב״ם הלכות שבועות פרק ב׳ הלכה ט)
La distinction, et elle est pratique. Celui qui dit « moi aussi, comme toi » après le serment d’un autre, sans qu’on l’ait fait jurer, est פטור — exempt de flagellation et de sacrifice. Mais le Rambam ajoute aussitôt qu’il lui reste interdit de manger ce qu’il a ainsi rattaché. Exempt et permis ne sont pas la même chose.
On retiendra la règle sous sa forme opératoire : l’adjuration reçue et l’adhésion spontanée n’ont pas le même effet — mais l’adhésion spontanée n’est pas sans effet du tout.

5. אוסר נכסיו — le point de divergence ouverte

« אבל כשחבירו מדירו משלו אין צריך לקבל דבריו » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)
« זה פשוט שה״ז יכול לאסור נכסיו עליו בע״כ וא״כ מה צורך שיקבל דבריו » (ב״י יו״ד ר״ט)
« אין צריך לקבל דבריו. שהרי זה יכול לאסור נכסיו עליו בע״כ ואם כן מה צורך שיקבל עליו דבריו » (ש״ך יו״ד ר״ט ס״ק ב)
« ונראה דהכי פירושו דאם ראובן מדיר את שמעון שלא יהנה מנכסי עצמו אין צריך לקבל שמעון את דבריו » (ט״ז יו״ד ר״ט ס״ק א)
« לק״מ דכיון דנקט ברישא שהוא קבלת דברי כו׳ נקט בסיפא כן ואה״נ דאפילו בע״כ יכול לאסור » (נקודות הכסף יו״ד ר״ט)
« ובנה״כ כ׳ שאין פי׳ זה מחוור דקשה היכא קאמר אבל כשחבירו מדירו פירוש הא אינו יכול להדירו וכו׳ אלא הדבר פשוט כמו שפירש הב״י » (באר היטב יו״ד ר״ט ס״ק א)
Ce qui est acquis, et ce qui ne l’est pas. Acquis : aucune acceptation n’est requise dans le cas de la clause c. Non acquis : de quels biens s’agit-il. Le Beit Yossef, le Chakh et les Nekoudot HaKessef lisent les biens de celui qui parle, et en tirent que l’interdiction vaut בעל כרחו — malgré l’autre. Le Taz lit les biens de celui qu’on vise, et son objection porte sur la rédaction du Mehaber. Le Baer Hetev rapporte les deux et signale que les Nekoudot HaKessef ont répondu au Taz.
La conséquence pratique est nette : peut-on rendre ses biens interdits à quelqu’un qui refuse à voix haute ? Selon la première lecture, oui. C’est une divergence ouverte entre A’haronim : elle se pose à un Rav, elle ne se tranche pas ici.

6. עד היכן — la limite de la propriété

« וכתב דאף דאדם יכול לאסור פירותיו על חבירו והוי עליו כהקדש הני מילי אם היה אוסר עליו קודם שחטף » (פתחי תשובה יו״ד ר״ט ס״ק א)
« אבל עכשיו שאינו בידו ואינו ברשותו שהרי חטף אדעתא למיגזל והגבהה קונה בכ״מ אינו יכול לאסרו » (פתחי תשובה יו״ד ר״ט ס״ק א)
« מיהו אי אסרינהו עליו קודם שהגביהו אם אכל אף שרוצה לשלם אח״כ מ״מ צריך סליחה וכפרה כמי שאכל דבר איסור » (פתחי תשובה יו״ד ר״ט ס״ק א)
Ce qui est décidé. Le pouvoir d’interdire ses biens à autrui suppose qu’ils soient encore siens. Le Pit’hei Techouva rapporte, au nom d’une techouva, qu’on peut rendre ses fruits interdits à son prochain et qu’ils lui sont alors כהקדש — mais seulement tant qu’ils n’ont pas été acquis par lui. Une fois soulevés, ils sont sortis de son domaine, et sa parole ne les atteint plus.
Et l’envers de la règle est plus sévère qu’on ne croit : interdits à temps, celui qui passe outre a mangé un interdit, et il lui faut סליחה וכפרה même s’il rembourse. Le remboursement règle le vol, il ne règle pas l’interdit.

7. מקרים בני זמננו — cas contemporains

Un amen répondu à une résolution publique

La règle du seif ne demande pas l’intention de se lier, elle demande l’acceptation. Reste à établir si la réponse en était une : question de fait, à poser à un Rav.

Un « d’accord » au téléphone

Le Rambam dit expressément בכל לשון et donne « oui » comme premier exemple. Il n’y a pas de formule protégée.

Quelqu’un qui adhère de lui-même à l’engagement d’un autre

Personne ne l’a adjuré : c’est un מתפיס, exempt — mais le Rambam lui interdit encore ce qu’il a rattaché.

Un propriétaire qui interdit son bien à une personne précise

Aucune acceptation requise ; l’étendue exacte du pouvoir est la ma’hloket du § 5.

Une chose déjà prise

Le cas du Pit’hei Techouva : dite trop tard, la parole ne porte pas ; dite à temps, elle lie, et le remboursement ne l’efface pas.

Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
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