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Siman 216 — “ces fruits-ci” : ce que le mot employé emporte avec lui

חילוק בין האומר פירות אלו או לא אמר אלו
Douze seifim, rangés par mécanisme — et un tableau qui garde l’ordre du livre

שולחן ערוך יורה דעה סימן רט״ז · י״ב סעיפים
ש״ך · ט״ז · באר היטב · פתחי תשובה · נקודות הכסף · טור · בית יוסף · רמב״ם
DAAT · הרב יוסף חיים סממה
Sommaire
  1. L’axiome : on suit la langue, et la langue a quatre formes
  2. Mécanisme A — la désignation : ce qu’elle emporte
  3. Mécanisme B — le verbe : ce qu’il borne
  4. Mécanisme C — la persistance matérielle : דבר שזרעו כלה
  5. Mécanisme D — le possessif contre le démonstratif, dans les biens
  6. Mécanisme E — le goût, le mélange et le nom
  7. Tableau-maître — les douze seifim dans l’ordre du livre
  8. Les ma’hlokot ouvertes de l’appareil
  9. Le vocabulaire du siman
  10. Règles d’or, mnémonique et pièges classiques

1. L’axiome : on suit la langue, et la langue a quatre formes

L’axiome. Le Tour ouvre le siman par la règle générale : tous les vœux se suivent d’après la langue — d’après ce que le mot fait entendre quand c’est la langue de la Torah, d’après l’usage du lieu et l’intention quand c’est celle des hommes. Ce siman développe la première branche, et il le fait en montrant quatre formes de mot, dont chacune a une portée propre.
« כל הנדרים הולכין אחר הלשון אם הוא לשון תורה כפי מה שיצא ממשמעותו ואם לשון בני אדם כפי מה שידברו אנשי המקום ההוא בזמן ההוא ואחר כוונת הנודרים » (טור יורה דעה רט״ז)
1. Un démonstratif — « ces fruits-ci », « cette maison-ci », « ce vin-ci ». Il consacre l’objet : l’interdit passe à tout ce qui en vient, et survit au changement de propriétaire.
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2. Un possessif — « ta maison », « mon pain », « mes biens ». Il décrit une relation : il monte et descend avec la propriété.
▼
3. Un verbe — « ce que je mangerai », « ce que je goûterai ». Il borne l’interdit à l’acte nommé — sauf si l’objet subsiste matériellement dans ce qu’on mange.
▼
4. Un nom d’espèce — « les olives », « la viande », « les figues ». Il ne désigne rien : ni échanges, ni jus, ni goût dans un plat.

2. Mécanisme A — la désignation : ce qu’elle emporte

Désigner, c’est traiter la chose comme une הקדש. Le Ran le dit, le Chakh le rapporte : celui qui désigne שווינהו כהקדש, il les a rendues comme consacrées. De là quatre extensions — échanges, pousses, pousses des pousses quand la semence subsiste, liquides — et une borne : les échanges des échanges.
« קונם פירות האלו עלי אסור בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
« אבל חילופי חילופיהן מותרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
Trois façons de désigner, et elles valent toutes trois : par le démonstratif (« ces fruits-ci ») ; par la présence (« ils étaient devant lui et il a dit : ils me sont קונם ») ; par le propriétaire ou le lieu (« les fruits d’untel », « ceux de tel endroit »). La glose du Rama pose la troisième, le seif 11 la confirme.
« וכן הדין אם לא אמר האלו אלא היו לפניו ואמר קונם הם עלי » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
« הגה וכן אם אמר פירות פלוני או מקום פלוני הם קונם עלי הוי כאילו אמר פירות אלו » (רמ״א יו״ד רט״ז:א)
La borne, et elle est capitale. Nommer une espèce — « les figues me sont קונם » — n’est pas désigner. Le Chakh, au ס״ק ד : celui qui a interdit toute une espèce לא עשאם עליו כהקדש, et rien ne passe donc aux échanges. Le Taz précise toutefois que les pousses restent interdites, étant elles-mêmes des fruits de cette espèce.
« כלומר של איש פלוני אבל אם אמר פירות של מין פלוני כלומר קונם תאנים או ענבים עלי כיון שלא פרט ואסר עליו כל המין לא עשאם עליו כהקדש שלא נתכוין אלא מאכילת אותו המין ומ״ה לא מיתסר בחילופיהן ובגידוליהן » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ד)

3. Mécanisme B — le verbe : ce qu’il borne

Un verbe borne l’interdit à l’acte qu’il nomme. Le Taz le dit en une ligne, au ס״ק ה : en mangeant l’échange ou la pousse, il ne goûte pas ces fruits-là — et c’est cela seul qu’il avait interdit.
« דכי אכיל חילופיהן וגידוליהן לא טעים הנהו פירות דאסר עליה והוא אמר שאני טועם » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ה)
« אמר קונם מה שאני אוכל או טועם מהם אם הוא דבר שזרעו כלה כגון חטים וכיוצא בהם מותר בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב)
Piège. Le verbe ne libère pas tout. Les liquides qui sortent de ces fruits restent interdits même dans cette formule, et les pousses le redeviennent dès que la semence subsiste. Le verbe borne l’acte, il n’efface pas la matière.
« וכן משקים היוצאים מהם אסורים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב)

4. Mécanisme C — la persistance matérielle : דבר שזרעו כלה

Le critère est physique. Le blé semé disparaît dans la terre : la plante qui pousse n’est plus lui. L’oignon planté subsiste : ce qui pousse en contient encore. D’où une règle simple — ce qui subsiste transmet l’interdit un degré plus loin, ce qui a disparu ne le transmet pas.
La formuleזרעו כלה (blé)אין זרעו כלה (oignon, ail)
Désignation — « ces fruits-ci »Échanges et pousses interdits ; pousses des pousses permisesTout interdit, jusqu’aux pousses des pousses
Verbe — « ce que j’en mangerai »Échanges et pousses permisMême les pousses des pousses interdites
Liquides sortis des fruitsInterdits dans les deux formulesInterdits dans les deux formules
⚠️ Sur les liquides, le Rambam n’est pas du même avis que le Choulhan Aroukh : il écrit משקין היוצאין מהן ספק, et en tire qu’il n’y a pas de flagellation. La ligne du tableau suit le Choulhan Aroukh.
« וּבֵין כָּךְ וּבֵין כָּךְ מַשְׁקִין הַיּוֹצְאִין מֵהֶן סָפֵק. לְפִיכָךְ אִם שָׁתָה מֵהֶן אֵינוֹ לוֹקֶה » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ה׳ הלכה י״ד)
Et la raison pour laquelle les pousses ne s’annulent pas, alors qu’elles dépassent en quantité l’original : le vœu peut toujours être délié, donc c’est un דבר שיש לו מתירין, qui ne s’annule pas dans son espèce. C’est aussi la règle du seif 10.
« מפני שיש לו להשאיל על נדרו נעשה כדבר שיש לו מתירין שאינו בטל במינו » (שו״ע יו״ד רט״ז:י)

5. Mécanisme D — le possessif contre le démonstratif, dans les biens

Les seifim 4 à 8 opposent les deux mécanismes sur le même objet, et le résultat se croise exactement. Le possessif monte et descend avec la propriété ; le démonstratif vit et meurt avec la chose.
La formule, et qui la prononceVendue, donnée, ou le propriétaire meurtTombée, puis rebâtieSeif
« ta maison » — dit par celui qui entrePermisInterdit — même ailleursד
« cette maison-ci » — dit par celui qui entreInterdit à jamaisPermis — même à l’identiqueה
« cette maison-ci à toi » — les deux ensembleInterdit (1re position) · permis (2e) · interdit (3e)Interdit (1re) · interdit (2e) · permis (3e)ו
« cette maison-ci » — dit par le propriétaireInterdit — il reste dans son interditPermis, selon le Chakh au ס״ק י״חז
« ma maison » — dit par le propriétairePermisInterdit, selon le Chakh au ס״ק כז
« mes biens te sont interdits » — au filsIl hérite—ז
« … de mon vivant comme après ma mort »Il n’hérite pas—ז
« mon pain t’est interdit »Permis s’il lui parvient après que la propriété a cessé—ח
« שהאוסר דבר שהוא שלו על חבירו אע״פ שיצא מרשותו הרי הוא באיסורו עומד » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)
« מת ונפלו לו בירושה או שנתנה לאחר והוא נתנה לו מותרת לו שלא אמר אלא ככרי ועתה אינו שלו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ח)

6. Mécanisme E — le goût, le mélange et le nom

Les quatre derniers seifim posent une question nouvelle : le vœu atteint-il ce qui n’a que le goût de la chose ? La réponse suit exactement la même ligne de partage. Un nom d’espèce n’atteint pas le goût ; un démonstratif ou un verbe l’atteint.
Ce qui a été ditLe plat qui en a le goûtSeif
« la viande et le vin me sont קונם »Permis — par défautט
« la viande et le vin que je goûte »Interditט
« cette viande-ci, ce vin-ci »Interditט
« le vin d’untel », « celui de tel lieu »Interdit — comme « ce vin-ci »י״א
« les olives et les raisins me sont קונם »Huile et vin permis, même nouveauxי״ב
« ces olives-ci » ou « les olives que je goûte »Liquides et goût dans un plat interditsי״ב
Ce vin-ci tombé dans un autre vinTout interdit, même une goutte — דבר שיש לו מתיריןי
Ce vin-ci tombé dans du vinaigreS’annule — ce n’est pas son espèce (Taz ס״ק י״ג)י
Le vin voué, devenu vinaigre après le vœuInterditי״א
Ce qui était déjà vinaigre au moment du vœuPermis — c’est du vin qu’il s’est interditי״א
« נראה דהיינו מסתמא אבל אם היה הטעם יין או בשר קשה לו וכה״ג אזלינן בתר כוונתו כדלקמן סי׳ רי״ח ואסור בטעמן » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ה)
« שטעמו שוה דאזלינן בתר שמא » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ז)
Piège. Le défaut du seif 9 est renversable. Le Chakh, au ס״ק כ״ה : si le goût de la viande ou du vin lui est pénible, on suit son intention et le goût devient interdit. Autrement dit, la ligne « permis » du tableau n’est pas une conclusion mais une présomption.

7. Tableau-maître — les douze seifim dans l’ordre du livre

Les six sections précédentes rangent la matière par mécanisme ; celle-ci la remet dans l’ordre du Choulhan Aroukh, clause après clause, pour qu’on puisse retrouver un seif.

SeifLa clause du Choulhan AroukhCe qu’elle dit
א« קונם פירות האלו עלי אסור בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)קונם — ces fruits-ci me sont [interdits] : il est interdit dans leurs échanges et dans leurs pousses
א« ואין צריך לומר במשקין היוצאין מהן » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)et il va sans dire, dans les liquides qui en sortent
א« וכן אסור בגידולי גידוליהן » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)et de même il est interdit dans les pousses de leurs pousses
א« אבל חילופי חילופיהן מותרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)mais les échanges de leurs échanges sont permis
א« ואם הוא דבר שזרעו כלה גידולי גידוליו מותרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)et si c’est une chose dont la semence disparaît, les pousses de ses pousses sont permises
א« וכן הדין אם לא אמר האלו אלא היו לפניו ואמר קונם הם עלי » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)et tel est le droit s’il n’a pas dit « ceux-ci », mais qu’ils étaient devant lui et qu’il a dit : קונם, ils me sont [interdits]
א« הגה וכן אם אמר פירות פלוני או מקום פלוני הם קונם עלי הוי כאילו אמר פירות אלו » (רמ״א יו״ד רט״ז:א)Glose : et de même s’il a dit : les fruits d’untel, ou d’un tel endroit, me sont קונם — c’est comme s’il avait dit « ces fruits-ci »
א« ב״י בשם הר״ן » (רמ״א יו״ד רט״ז:א)(Beit Yossef au nom du Ran)
ב« אמר קונם מה שאני אוכל או טועם מהם אם הוא דבר שזרעו כלה כגון חטים וכיוצא בהם מותר בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב)Il a dit : קונם, ce que je mange ou goûte d’eux — si c’est une chose dont la semence disparaît, comme le blé et ce qui lui ressemble, il est permis dans leurs échanges et dans leurs pousses
ב« ואם הוא דבר שאין זרעו כלה כשזורעין אותו כגון שום ובצלים אפי׳ גידולי גידולין אסורים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב)et si c’est une chose dont la semence ne disparaît pas quand on la sème, comme l’ail et les oignons, même les pousses des pousses sont interdites
ב« וכן משקים היוצאים מהם אסורים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב)et de même les liquides qui en sortent sont interdits
ב« וכן אם אמר קונם פירות האלו על פלוני אסור בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב)et de même s’il a dit : קונם, ces fruits-ci sont [interdits] à untel — il est interdit dans leurs échanges et dans leurs pousses
ג« אמר לאשתו קונם מעשה ידיך עלי אסור בחילופיהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ג)Il a dit à sa femme : קונם, l’ouvrage de tes mains m’est [interdit] — il est interdit dans leurs échanges
ג« ובגידוליהם. אמר קונם שאני אוכל או שאני טועם ממעשה ידיך מותר בחילופיהן ובגידוליהן בדבר שזרעו כלה » (שו״ע יו״ד רט״ז:ג)et dans leurs pousses. S’il a dit : קונם, ce que je mange ou ce que je goûte de l’ouvrage de tes mains — il est permis dans leurs échanges et dans leurs pousses, pour une chose dont la semence disparaît
ג« אבל בדבר שאין זרעו כלה אפי׳ גידולי גידולין אסורין » (שו״ע יו״ד רט״ז:ג)mais pour une chose dont la semence ne disparaît pas, même les pousses des pousses sont interdites
ד« אמר לחבירו קונם לביתך שאני נכנס שדך שאני לוקח » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד)Il a dit à son compagnon : קונם, ta maison où j’entre, ton champ où je prends
ד« מת או שמכרן או נתנן לאחר מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד)s’il est mort, ou s’il les a vendus, ou donnés à un autre — c’est permis
ד« אבל כל שהוא ברשותו אסור » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד)mais tant qu’elle est en sa propriété, c’est interdit
ד« אפילו מכרו ואחר כך קנאו או שנפל ובנאו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד)même s’il l’a vendue puis rachetée, ou qu’elle soit tombée et qu’il l’ait rebâtie
ד« ואפילו לא בנאו במקומו הראשון » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד)et même s’il ne l’a pas rebâtie à son emplacement premier
ד« הגה אמר לו קונם בית אביך שאיני נכנס בו אע״פ שמת האב אסור דכל יוצאי חלציו קרויין בית אב » (רמ״א יו״ד רט״ז:ד)Glose : s’il lui a dit : קונם, la maison de ton père où j’entre — quoique le père soit mort, c’est interdit, car tous ses descendants sont appelés « maison du père »
ד« מרדכי ספ״ק דגיטין ובא״ע סי׳ קמ״ו ועס״ק י״ב » (רמ״א יו״ד רט״ז:ד)(Mordekhaï, fin du premier chapitre de Guittin, et Even HaEzer siman 146, et voir le ס״ק י״ב)
ה« אמר קונם לבית זה שאני נכנס בו אסור בו לעולם בין שמת או מכרו או נתנו לאחרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ה)Il a dit : קונם, cette maison-ci où j’entre — il lui est interdit à jamais, qu’il soit mort, ou qu’il l’ait vendue ou donnée à d’autres
ה« ואם נפל ובנאו אפילו במקומו ובמדתו הראשונה מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ה)et si elle est tombée et qu’il l’ait rebâtie — même à son emplacement et à ses dimensions premières — c’est permis
ו« אמר קונם לביתך זה שאני נכנס אסור בו לעולם בין שמת או מכרו או נתנו לאחר בין שנפל ובנאו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ו)Il a dit : קונם, cette maison-ci à toi où j’entre — il lui est interdit à jamais, qu’il soit mort, ou qu’il l’ait vendue ou donnée à un autre, ou qu’elle soit tombée et qu’il l’ait rebâtie
ו« ויש מי שמתיר במת או מכרו או נתנו ואוסר בנפל ובנאו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ו)et il en est un qui permet dans le cas où il est mort, l’a vendue ou donnée, et interdit dans le cas où elle est tombée et qu’il l’a rebâtie
ו« ויש מי שאוסר בזו ומתיר בזו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ו)et il en est un qui interdit dans ce cas-ci et permet dans celui-là
ז« אמר ראובן לשמעון קונם בית זה שאתה נכנס ומת או שמכרו לאחר אסור » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)Reouven a dit à Chimon : קונם, cette maison-ci où tu entres — et il est mort, ou l’a vendue à un autre : c’est interdit
ז« שהאוסר דבר שהוא שלו על חבירו אע״פ שיצא מרשותו הרי הוא באיסורו עומד » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)car celui qui rend interdite à son compagnon une chose qui est à lui — quand bien même elle serait sortie de sa propriété, elle demeure dans son interdit
ז« אבל אם אמר לו קונם לביתי שאתה נכנס אם מת או מכרו או נתנו לאחר מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)mais s’il lui a dit : קונם, ma maison où tu entres — s’il est mort, ou l’a vendue ou donnée à un autre, c’est permis
ז« האומר לבנו הרי אתה אסור בהנייתי או שנשבע שלא יהנה בו אם מת יירשנו שזה כאומר נכסי עליך אסורין » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)Celui qui dit à son fils : te voici interdit de tirer profit de moi — ou qui a juré qu’il n’en profiterait pas — s’il meurt, [le fils] en hérite, car c’est comme s’il disait : mes biens te sont interdits
ז« אבל אם אסר עליו הנייתו ופירש בין בחייו בין במותו אם מת לא יירשנו שזה כאומר נכסי אלו עליך אסורים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)mais s’il lui a interdit son profit et a précisé « de mon vivant comme après ma mort » — s’il meurt, il n’en hérite pas, car c’est comme s’il disait : ces biens-ci te sont interdits
ז« וע״ל סימן רכ״ג » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)(et voir plus loin siman 223)
ז« הגה קהל שנדרו כל מה שיגבו יהיה לצורך בנין בית הכנסת ובנין בית המדרש יתנו מחצה לזה ומחצה לזה אע״פ שלא גבו להספיק א׳ מהם » (רמ״א יו״ד רט״ז:ז)Glose : une communauté qui a voué que tout ce qu’elle collecterait irait à la construction d’une synagogue et à celle d’une maison d’étude — on en donne la moitié à l’une et la moitié à l’autre, même si l’on n’a pas collecté de quoi suffire à l’une d’elles
ז« מי שהשביע את בנו או חבירו שלא ילוה מעותיו לאחרים אם לא ברשות ראובן ושמעון ומת אחד מהם מותר להלוות ברשות הא׳ דכל מקום שנאמר פלוני ופלוני משמע אפי׳ א׳ מהם עד שיפרוט לך שניהם ביחד » (רמ״א יו״ד רט״ז:ז)Celui qui a fait jurer son fils ou son compagnon de ne pas prêter son argent à autrui sans l’autorisation de Reouven et de Chimon, et que l’un des deux meurt : il est permis de prêter avec l’autorisation de l’un — car partout où il est dit « untel et untel », cela s’entend même de l’un d’eux, jusqu’à ce qu’on te précise « tous deux ensemble »
ז« מי שנשבע לאשה המשודכת לו שלא ישא אשה עליה וקודם שכנסה נפלה לו יבמה מותר ליבמה דלשון עליה אינה במשמע אלא אם נשאה תחילה » (רמ״א יו״ד רט״ז:ז)Celui qui a juré à la femme qui lui est fiancée de ne pas épouser une femme par-dessus elle, et à qui, avant de l’avoir épousée, échoit une yevama : il lui est permis de l’épouser par lévirat, car l’expression « par-dessus elle » ne s’entend que s’il l’a épousée en premier
ז« ולא יכנוס המשודכת אלא א״כ יתירו לו שבועתו » (רמ״א יו״ד רט״ז:ז)et il n’épousera pas la fiancée, à moins qu’on ne lui délie son serment
ח« אמר לחבירו ככרי זו אסורה עליך אפי׳ נתנה לו במתנה או מכרה לו אסורה לו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ח)Il a dit à son compagnon : mon pain que voici t’est interdit — même s’il le lui a donné en cadeau, ou le lui a vendu, il lui est interdit
ח« מת ונפלו לו בירושה או שנתנה לאחר והוא נתנה לו מותרת לו שלא אמר אלא ככרי ועתה אינו שלו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ח)s’il est mort et qu’il lui soit échu par héritage, ou qu’il l’ait donné à un autre et que celui-ci le lui donne — il lui est permis, car il n’a dit que « mon pain », et maintenant il n’est plus à lui
ט« אמר קונם בשר ויין עלי מותר בתבשיל שיש בו בשר ויין אע״פ שנותנין בו טעם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ט)Il a dit : קונם, la viande et le vin me sont [interdits] — il est permis dans un plat où il y a de la viande et du vin, quoiqu’ils y donnent du goût
ט« ואם אמר קונם בשר ויין שאני טועם או שאני אוכל או שאמר קונם בשר או יין זה עלי אסור בתבשיל שיש בו טעם [בשר או] יין » (שו״ע יו״ד רט״ז:ט)et s’il a dit : קונם, la viande et le vin que je goûte, ou que je mange — ou s’il a dit : קונם, cette viande ou ce vin-ci me sont [interdits] — il est interdit dans un plat où il y a du goût [de viande ou] de vin
י« נתערב יין זה שאסרו על עצמו ביין אחר אפי׳ טפה בחבית נאסר הכל » (שו״ע יו״ד רט״ז:י)Ce vin-ci qu’il s’est interdit s’est mélangé à un autre vin — même une goutte dans un tonneau, le tout devient interdit
י« מפני שיש לו להשאיל על נדרו נעשה כדבר שיש לו מתירין שאינו בטל במינו » (שו״ע יו״ד רט״ז:י)parce qu’il lui est possible de demander la dissolution de son vœu, il devient comme une chose qui a de quoi être rendue permise, laquelle ne s’annule pas dans son espèce
יא« האוסר על עצמו יינו של פלוני או של מקום פלוני דינו כדין האוסר על עצמו יין זה שאסור בתבשיל שנפל בו ויש בו טעם יין » (שו״ע יו״ד רט״ז:יא)Celui qui s’interdit le vin d’untel, ou celui de tel endroit, a le même droit que celui qui s’interdit « ce vin-ci » : il est interdit dans un plat où il en est tombé et où il y a du goût de vin
יא« והוא הדין אם אותו יין נעשה חומץ אחר הנדר שהוא אסור עליו » (שו״ע יו״ד רט״ז:יא)et il en va de même si ce vin est devenu vinaigre après le vœu : il lui est interdit
יא« אבל מה שהיה חומץ בשעת הנדר מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:יא)mais ce qui était déjà vinaigre au moment du vœu est permis
יא« דיין אסר עליו ולא חומץ) (ב״י בשם תשובת הרשב״א » (שו״ע יו״ד רט״ז:יא)(car c’est du vin qu’il s’est interdit, et non du vinaigre) (Beit Yossef au nom d’une responsa du Rachba)
יב« אמר קונם זיתים וענבים עלי מותר בשמן ויין היוצא מהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:יב)Il a dit : קונם, les olives et les raisins me sont [interdits] — il est permis dans l’huile et le vin qui en sortent
יב« אפי׳ הוא חדש » (שו״ע יו״ד רט״ז:יב)même s’il est nouveau
יב« ואם אמר קונם זיתים וענבים שאני טועם או שאמר קונם זיתים אלו עלי אסור אף במשקים היוצאים מהם ובתבשיל שנותנין בהם טעם » (שו״ע יו״ד רט״ז:יב)et s’il a dit : קונם, les olives et les raisins que je goûte — ou s’il a dit : קונם, ces olives-ci me sont [interdites] — il est interdit même dans les liquides qui en sortent et dans un plat auquel ils donnent du goût

8. Les ma’hlokot ouvertes de l’appareil

La questionLes voixOù
Les échanges sont-ils interdits à tout le monde ?Roch et Tossefot : au seul échangeur · Ran : en toute hypothèse, car ils sont comme consacrésש״ך ס״ק א · באר היטב ס״ק א
Les pousses des pousses au seif 1 ?Ba’h : non, seulement au seif 2 · Chakh et Taz : oui, et le Baer Hetev tranche avec euxש״ך ס״ק ב · ט״ז ס״ק ג · באר היטב ס״ק ב
Les échanges des échanges ?Le Taz lit dans le Roch qu’ils sont interdits · les Nekoudot HaKessef : faute de copiste, la guemara prouve le contraireט״ז ס״ק ב · נקודות הכסף · באר היטב ס״ק ג
Le vœu porté sur autrui : les pousses s’annulent-elles ?Chakh : de toutes les manières exposées · Rabbi Chmouel Eiger : le motif du דבר שיש לו מתירין ne joue plus. Non tranchéש״ך ס״ק ז · פתחי תשובה ס״ק א
« ta maison, celle-ci » : quel terme l’emporte ?Trois positions : les deux rigueurs · le premier terme · le dernier termeשו״ע רט״ז:ו · ש״ך ס״ק ט״ו-י״ז · ט״ז ס״ק ט
Pourquoi « mon pain » est-il permis sans réserve ?Chakh : il s’en étonne et conclut צ״ע · Taz : les Tourim anciens n’ont pas le démonstratifש״ך ס״ק כ״ד · ט״ז ס״ק י״ב · באר היטב ס״ק ט״ז
« untel et untel » : l’un suffit-il ?Rachba et Rama : oui · Rabbi Eliya Mizrahi : non, car en vœux on suit l’usage · Rabbi Akiva Eiger : pas pour allégerש״ך ס״ק כ״ב · ט״ז ס״ק י״א · פתחי תשובה ס״ק ב
La fiancée et la yevama : peut-il l’épouser ?Le Rama : non sans dissolution · le Chakh : le Bedek HaBayit a corrigé, et דברי הרב צ״ערמ״א רט״ז:ז · ש״ך ס״ק כ״ג · באר היטב ס״ק ט״ו

9. Le vocabulaire du siman

TermeSens
לשון תורה · לשון בני אדםLes deux branches de la règle du Tour. Ce siman développe la première, le siman 217 la seconde
חילופיהןLeurs échanges — ce qu’un tiers a donné en contrepartie
גידוליהן · גידולי גידוליןLeurs pousses, et le second degré
דבר שזרעו כלהUne chose dont la semence disparaît en terre — le blé ; l’opposé : l’ail, l’oignon
דבר שיש לו מתיריןCe qui peut être rendu permis, et ne s’annule donc pas dans son espèce
שווינהו כהקדשIl les a rendues comme consacrées — l’effet de la désignation, selon le Ran
לשון ראשון · לשון אחרוןLe premier et le dernier terme d’une formule double — le doute du seif 6
אזלינן בתר שמאOn suit le nom, non le goût — le Chakh au ס״ק כ״ז
מעשה ידיךL’ouvrage des mains de l’épouse — seif 3, et la part de Rabbenou Yona
נותן טעםDonner du goût — la question des seifim 9, 11 et 12
בית אבLa maison du père : selon le Rama, tous ses descendants — et la réserve du Chakh
בחיי ובמותיLa précision qui porte l’interdit au-delà de la mort — la longue note du Taz

10. Règles d’or, mnémonique et pièges classiques

Ceci · à toi · que je mange · les olives. Quatre mots, quatre portées. Ceci consacre et voyage. À toi suit la propriété. Que je mange borne l’acte. Les olives ne désigne rien.
Règles d’or. (1) La formule décide avant l’intention — mais une intention déclarée peut renverser un défaut (Chakh ס״ק כ״ה). (2) Ce qui subsiste matériellement transmet l’interdit d’un degré. (3) Ce qui peut être délié ne se dilue pas. (4) Le moment où le mot est dit fixe ce qu’il recouvre (seif 11). (5) Quand deux termes se contredisent et sont séparables, on retient les deux rigueurs ; quand ils sont grammaticalement solidaires, l’un est principal (Taz ס״ק ח).
Pièges classiques. (1) Confondre nommer une espèce et désigner un objet — c’est toute la différence entre le seif 1 et le seif 12. (2) Croire que le verbe libère tout : les liquides restent interdits, et les pousses le redeviennent si la semence subsiste. (3) Traiter « ta maison » et « cette maison-ci » comme équivalents : ils se croisent exactement. (4) Prendre la ligne « permis » du seif 9 pour une conclusion : c’est une présomption que le Chakh renverse. (5) Oublier que le seif 10 ne vaut que dans la même espèce — dans du vinaigre, la règle cesse.
Tout ce qui précède est un résumé d’étude. La conduite réelle — savoir quels mots ont été dits, quel terme est principal, et ce que l’usage du lieu en fait — revient au Rav.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רט״ז · Niveau 3 — Synthèse / Révision · חילוק בין האומר פירות אלו או לא אמר אלו
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