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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA‘ASSÉ

Siman 217 — Halakha lema‘assé : ce que le mot disait là où il a été dit

יורה דעה · סימן רי״ז
כיצד הולכין בנדרים אחר לשון בני אדם
לשון בני אדם · ספק נדרים להחמיר · שליח נמלך · היוצא לאחר הנדר · כוונת הנודר
⚖️ Niveau Halakha lema‘assé · למעשה
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La ligne de psika, les points restés ouverts, et ce qui ne se décide pas à distance

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן רי״ז (מ״ח סעיפים)
עם נושאי כלים: ש״ך (מ״ו ס״ק), ט״ז (ל״ט), באר היטב (ל״ב), פתחי תשובה (ט״ז), נקודות הכסף (ג׳), בית יוסף, טור
יסוד: נדרים מ״ט ע״א · נדרים נ״ה ע״ב · רמב״ם הלכות נדרים פרק ט׳

Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. הדין העולה — la ligne de psika
  2. מקום · לשון · זמן — les trois conditions
  3. ובכל מקום — le noyau que l’usage n’entame pas
  4. אין הולכין אחר הרוב — l’usage divisé
  5. היוצא לאחר הנדר — le sous-produit, et sa réserve
  6. נדר שאי אפשר לעמוד בו — le vœu impossible
  7. מידות הסימן — soixante-dix coudées, trente jours, douze mois
  8. כוונת הנודר — l’intention et sa limite
  9. נדר ושבועה — une même loi, et les renvois
  10. Cas contemporains — et la limite de cette page

1. הדין העולה — la ligne de psika du siman

Toute la pratique de ce siman tient en une phrase : un mot vaut ce que l’usage lui donne, et l’usage a une adresse et une date. La première question devant un engagement n’est donc pas « qu’a-t-il voulu interdire ? », ni même « que signifie ce mot ? », mais : où, quand et dans quelle langue l’a-t-il dit ?
« נדר או נשבע מהמבושל אם דרך אותו מקום באותו לשון ובאותו זמן שקוראין מבושל אפי׳ לצלי ולשלוק הרי זה אסור בכל » (שו״ע יו״ד רי״ז:א)
Et voilà pourquoi ce siman ne s’applique pas seul. La variable décisive est un fait d’usage, observable et changeant : deux commentateurs du siman écrivent noir sur blanc que la règle qu’ils commentent a cessé de valoir de leur temps. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
« ונראה לי דעכשיו אסור בירקות שדה שגם הוא בלשון ירקות בלשון בני אדם » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ט״ו)

2. מקום · לשון · זמן — les trois conditions, et elles sont cumulatives

Le lieu. Au seif 8, « viande » couvre le poisson dans une ville où l’envoyé revient consulter, et ne le couvre pas ailleurs. Le critère n’est pas une définition mais un comportement observable — la question que pose l’envoyé au marché.
« אם נשבע או נדר במקום זה מהבשר נאסר אף בבשר דגים » (שו״ע יו״ד רי״ז:ח)
La langue. Au seif 16, un mot biblique employé par quelqu’un qui parle une autre langue ne garde pas sa portée biblique. Et le Chakh, au ס״ק כ״ד, tire l’inverse : même celui qui voue en langue sainte reçoit le mot tel que nous l’entendons aujourd’hui.
« הנודר מהתירוש לדידן אסור ביין » (שו״ע יו״ד רי״ז:ט״ז)
L’époque. Le Chakh, au ס״ק ט״ו, renverse le seif 10 pour son temps ; le Taz, au ס״ק ט, et le Chakh, au ס״ק י״א, renversent le seif 8 au nom du Maharchal. Le Chakh, au ס״ק ל״ז, et le Baer Hetev, au ס״ק כ״ג, rapportent du Mabit que la durée qui fait une « demeure » avait changé de leur temps.
« כתוב בתשובת מבי״ט ח״א סי׳ ס״א דל״ב ע״ב ובמקומות אלו בזמנינו זה נראה שאינו נקרא דירה בלשון בני אדם במקום אחד פחות מו׳ חדשים » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל״ז)
Conséquence pratique, et elle est la plus importante de la page : on ne transpose pas un psak de ce siman d’une ville ou d’un siècle à l’autre. L’établissement de l’usage effectif est un acte de hora’a, non de lecture. Demande à ton Rav.

3. ובכל מקום — ce qui ne dépend d’aucun usage

Le siman ne livre pas tout à la coutume. Trois endroits posent une règle valable partout, et ils sont à retenir parce qu’ils bornent tout le reste.
« ובכל מקום הנודר מהבשר אסור בבשר עופות ובקרבים ובראש וברגלים בקנה ובלב » (שו״ע יו״ד רי״ז:ח)
« אבל בשיל יותר מדאי בכלל מבושל הוא בכל מקום » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק א)
« הנודר מהכסות מותר בשק וביריעה ובחמילה » (שו״ע יו״ד רי״ז:כ״ז)
Trois observations pratiques. (1) Volaille, abats, tête, pieds, trachée et cœur sont « viande » partout ; les sauterelles ne le sont nulle part. (2) Ce qui est trop cuit reste « cuit » partout. (3) Une étoffe dont les gens ne se vêtent pas n’est pas un « vêtement ». Ces trois-là ne se rediscutent pas selon le lieu.

4. אין הולכין אחר הרוב — l’usage divisé, et la seule issue

« אין הולכין אחר הרוב אלא הרי זה ספק נדרים וכל ספק נדרים להחמיר » (שו״ע יו״ד רי״ז:ג)
C’est la règle la plus contre-intuitive du siman, et elle joue deux fois : au seif 3 quand la ville est partagée, au seif 17 quand deux usages coexistent. Dans les deux cas, on est interdit dans les deux.
« ולא אזלינן בתר רובא דספק נדרים להחמיר וע״ל סעיף ג » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק כ״ה)
L’issue, et elle est la seule : le Chakh, au ס״ק ג, admet la déclaration de celui qui a voué — s’il dit avoir entendu le mot comme la majorité l’entend, il est cru —, et renvoie au siman 208. Savoir si une telle déclaration est recevable ici, et dans quels termes, relève d’un Rav.
« ומיהו אם הוא אומר נתכוונתי כך כמו שקורין הרוב נאמן » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ג)

5. היוצא לאחר הנדר — la condition que le seif ne dit pas

Trois seifim permettent un sous-produit — le petit-lait au 11, la saumure au 12, le miel de dattes au 13 — et les trois sont écrits sans condition. C’est le point où la lecture du seul texte conduit le plus sûrement à l’erreur.
« היינו דוקא מה שכבר יצא מהם קודם שנדר אבל מה שיצא מהן לאחר שנדר אסור אם אמר קונם דגים שאני טועם » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק י״ח)
« דבר פשוט הוא דהיינו בציר שיצא קודם הנדר אבל לאחר הנדר אסור כמ״ש בסי׳ רט״ז סעיף ט׳ לענין בשר ויין » (ט״ז יו״ד רי״ז ס״ק ט״ז)
La règle pratique en trois temps. (1) Le produit existait-il avant le vœu ? Si oui, il est permis. (2) S’il est apparu après : la formule était-elle désignante (« ceci ») ou verbale (« ce que je mangerai ») ? Si oui, il est interdit. (3) Le Taz étend expressément cette réserve aux trois seifim, et le Baer Hetev, au ס״ק י״א, l’ajoute au nom du Maharchal.
En pratique, presque toute résolution ordinaire est formulée verbalement — « je ne mangerai pas de… ». La permission du seif ne joue donc pas dans le cas le plus fréquent. Ne conclus pas du seif seul : demande à ton Rav.

6. נדר שאי אפשר לעמוד בו — quand il n’y a pas de vœu du tout

Deux seifim posent des formules d’une portée immense — « tout ce qui nourrit », « les croissances de l’année ». L’appareil y attache la même borne, et elle est structurelle : sans limite de temps tenable, l’engagement n’existe pas.
« ואם אמר כל הזן עלי אסור בכל חוץ ממים ומלח » (שו״ע יו״ד רי״ז:י״ט)
« ומיירי שלא אסר אלא לזמן שיוכל לעמוד בו דאל״כ הוי כנודר מכל פירות שבעולם דאינו נדר כלל כדלקמן סימן רל״ב » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק כ״ט)
« וכב״י בשם הר״ן דהיינו דוקא שלא אסרן עליו אלא לזמן שהוא יכול לעמוד בו אבל לעולם לא הוי נדר כלל שא״א לקיימו » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל״א)
Le Chakh, au ס״ק ל״א, tire du Ran une distinction plus fine encore, et elle est d’application directe : la première clause du seif 22 — « les fruits de l’année » — reste un vœu même pour toujours, parce qu’il lui reste les chevreaux et les agneaux et qu’il peut donc tenir. Ce n’est pas la largeur de la formule qui la disqualifie, c’est l’impossibilité de vivre sous elle.
Un engagement qui rend la vie impossible n’est pas un engagement — mais la mesure de cette impossibilité, et le renvoi au siman 232, ne se font pas seul. C’est une question de Rav, et urgente.

7. מידות הסימן — les mesures, et pourquoi elles ne sont pas celles des autres traités

« ואף על גב דלענין שאר דברים תוך התחום דין עיר עליו כמו שנתבאר בא״ח ס״ס תצ״ו » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק ל״ה)
C’est la phrase la plus instructive de tout l’appareil pour la pratique. Partout ailleurs, la ville s’étend jusqu’au te’houm — deux mille coudées. Ici, elle s’arrête à soixante-dix coudées et un reste, parce qu’en matière de vœux on suit la langue des hommes. Un même mot, deux étendues, selon le chapitre de la halakha où l’on se trouve.
Les autres mesures, et la même règle les gouverne. La maison commence à la ligne de fermeture de la porte, non au bord du seuil (seif 30) ; et pour celui qui s’engage à rester, la frontière se lit dans l’autre sens (seif 31). L’habitant, c’est trente jours ; le fils de la ville, douze mois (seif 32) — mais le Rama renverse aussitôt : on suit la langue des hommes, selon laquelle on ne « demeure » qu’en vivant là avec les siens de façon fixe.
« מיהו הולכים אחר לשון בני אדם שאין נקרא דירה אלא בדר שם עם בני ביתו דרך קבוע » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ב)

8. כוונת הנודר — ce que l’intention peut, et ce qu’elle ne peut pas

Le siman connaît l’intention et s’en sert — mais il en marque aussi la borne, et les deux passages se lisent ensemble. Au seif 8, les circonstances manifestes rétractent ce que l’usage local avait étendu. Au seif 36, l’intention niée ne défait pas une langue certaine.
« ואם מראים הדברים בעת שנדר שלא נתכוין אלא בבשר בהמה בלבד » (שו״ע יו״ד רי״ז:ח)
« הואיל והלשון ודאי כך הוא » (שו״ע יו״ד רי״ז:ל״ו)
La ligne est donc celle-ci : l’intention décide là où la langue est ouverte, et non là où elle est fixe. Le seif 47 en donne l’application la plus nette : celui qui s’est réservé « les fêtes » est cru s’il dit avoir aussi visé Hanouka et Pourim — parce que la langue des hommes les y met presque, dit le Taz au ס״ק ל״ח.
« אם אמר שבדעתו היה להוציא גם חנוכה ופורים מהכלל נאמן » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ז)
Et le garde-fou, posé par le Pit’hei Techouva au ס״ק ט״ו au nom du Vechav HaKohen : on ne suit l’intention que pour restreindre l’interdit — jamais pour le déplacer d’un objet sur un autre. C’est la dernière chose que le siman dit avant de passer la main au siman 218, et c’est aussi la plus facile à outrepasser. Demande à ton Rav.
« מיהו נראה דהולכין אחר כוונתו וכדרך שיתבאר בסימן רי״ח » (שו״ע יו״ד רי״ז:מ״ח)

9. נדר ושבועה — une même loi, et les renvois du siman

« הרמב״ם פ״ט אחר שכתב כל הדינים הכתובים בסימן זה ובכל הדברים האלו וכיוצא בהן דין הנודר ונשבע אחד הוא » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ג)
C’est pourquoi tant de seifim s’ouvrent par נדר או נשבע. Le Chakh précise toutefois, en renvoyant au siman 239, que l’égalité n’est pas absolue : le serment se distingue du vœu sur plusieurs points, énumérés là-bas.
Les renvois du siman, à suivre avant de conclure : siman 208 (l’intention déclarée, ס״ק ג et כ״ה) ; siman 210 (le pain, ס״ק כ״ז) ; siman 232 (le vœu impossible, ס״ק כ״ט et ל״א) ; siman 234 (le moment de la parole, ס״ק ל״ט) ; siman 239 (vœu et serment, ס״ק מ״ג) ; siman 218 (l’intention, seif 48). Et pour le jeûne, Orah Haïm 568 (ס״ק מ״ו).
Deux de ces renvois sont eux-mêmes corrigés par l’appareil : le Chakh, au ס״ק מ״ג, écrit que le « siman 179 » du seif 47 doit se lire « 570 » ; et le Taz, au ס״ק י, que le קונם בשר עלי du seif 9 doit se lire בשר זה. Ne conclus pas d’un renvoi sans avoir vérifié la leçon. Et pour l’application, consulte ton Rav.
« ועיין בא״ח סימן קע״ט. כן הוא בכל הספרים ובעט״ז. וטעות הוא וצ״ל סימן תק״ע » (ש״ך יו״ד רי״ז ס״ק מ״ג)

10. Cas contemporains — et la limite de cette page

1. Une résolution alimentaire prise dans une langue et un pays donnés. « Je ne mangerai pas de viande », dit en français à Paris, n’a pas nécessairement la portée qu’aurait la même phrase ailleurs. Le seif 8 rappelle qu’un noyau reste vrai partout — volaille, abats — et que le reste dépend de l’usage. La première chose à établir n’est pas l’intention, c’est la phrase et son lieu.
2. Un produit dérivé apparu après l’engagement. Un extrait, une poudre, un jus obtenu d’une matière que l’on s’était interdite. Le seif 12 permet ; le Chakh au ס״ק י״ח et le Taz au ס״ק ט״ז interdisent si le produit est sorti après le vœu et que la formule était verbale. C’est le cas le plus fréquent, et c’est exactement celui où le texte seul induit en erreur.
3. Un engagement sans borne de temps. « Je ne mangerai plus jamais de… ». Le Chakh, aux ס״ק כ״ט et ל״א, et le Taz, au ס״ק כ״ה, posent qu’un vœu impossible à tenir n’est pas un vœu, et renvoient au siman 232. Mais le Chakh montre aussi que la largeur ne suffit pas à disqualifier : ce qui compte est de savoir s’il reste de quoi vivre sous l’engagement.
4. Une résolution collective. Le Rama applique le siman à un décret de communauté (seif 31) et à une interdiction communautaire de prier en minyan (seif 48). La question reste la même — que veut dire le mot employé ? — et le Chakh, au ס״ק מ״ה, y ajoute qu’on suit l’intention. Matière de responsa, et de Rav.
Cette page est un exposé d’étude, non une décision. Trois raisons le lui interdisent, et elles sont propres à ce siman-ci. Un : la variable décisive est un fait d’usage — ce que les gens appellent ainsi, ici et maintenant —, et deux commentateurs du siman écrivent noir sur blanc que cet usage avait déjà changé de leur temps. Deux : plusieurs points restent ouverts chez les A’haronim — les légumes de marmite, le petit-lait, le kondyton, les croissances du sol, les deux formules du seif 36. Trois : le siman se referme en renvoyant à l’intention, et le siman suivant ajoutera par-dessus tout ce qui précède. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רי״ז · Niveau 4 — Halakha lema‘assé · כיצד הולכין בנדרים אחר לשון בני אדם
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