✦ ❖ ✦ Niveau 3 — Synthèse / Révision ✦ ❖ ✦
Siman 219 — Le vœu sans terme fixé
דין הנודר בלא קביעות זמן
Synthèse pour la révision : trois seifim, deux directions, une règle
שולחן ערוך יורה דעה סימן רי״ט · ג׳ סעיפים
ש״ך · ט״ז · באר היטב · פתחי תשובה · נקודות הכסף · טור · בית יוסף · רמב״ם
DAAT · הרב יוסף חיים סממה
1. La règle unique, et ses deux visages
Le vœu se lit d’après ce que le vouant a voulu dire (siman 218). Appliqué au temps, ce principe donne deux résultats opposés, et c’est tout le siman.
| Le vœu | Ce que le silence emporte | Pourquoi |
| de faire — épouser, acheter, payer un maître (seifim 1-2) | on n’oblige pas : עד שימצא הראוי לו | personne ne s’est engagé au premier venu |
| d’interdire une chose (seif 3) | interdit לעולם | rien ne borne l’interdit — quel terme lui donner ? |
2. Les trois seifim, dans l’ordre du livre
| Seif | La clause du Choulhan Aroukh | Ce qu’elle dit |
| א | « דין הנודר בלא קביעות זמן. ובו ג׳ סעיפים » (שו״ע יו״ד רי״ט:א) | Le droit de celui qui voue sans fixer de terme — et il y a ici trois seifim |
| א | « מי שנדר או נשבע לישא אשה או לקנות בית וכיוצא בו » (שו״ע יו״ד רי״ט:א) | Celui qui a voué ou juré d’épouser une femme, ou d’acheter une maison, ou chose semblable |
| א | « ולא קבע זמן אין מחייבין אותו לישא או לקנות » (שו״ע יו״ד רי״ט:א) | et il n’a pas fixé de terme — on ne l’oblige pas à épouser ni à acheter |
| א | « עד שימצא הראוי לו » (שו״ע יו״ד רי״ט:א) | jusqu’à ce qu’il trouve ce qui lui convient |
| ב | « הנשבע לשכור מלמד לבנו עד עשרה לטרין » (שו״ע יו״ד רי״ט:ב) | Celui qui a juré de louer un maître d’école pour son fils jusqu’à dix litrin |
| ב | « כל זמן שישכור מלמד הגון הוא פטור » (שו״ע יו״ד רי״ט:ב) | tant qu’il loue un maître d’école convenable, il est quitte |
| ב | « ויזהר שלא ישלח המלמד הראשון עד שיבא השני » (שו״ע יו״ד רי״ט:ב) | et qu’il prenne garde de ne pas congédier le premier maître avant que le second n’arrive |
| ב | « כי צריך לשכור המלמד הראשון ההגון לו אם לא שבא לו מלמד אחר » (שו״ע יו״ד רי״ט:ב) | car il lui faut louer le premier maître qui lui convienne, à moins qu’un autre maître ne lui vienne |
| ג | « מי שאסר דבר אחד עליו בלא זמן » (שו״ע יו״ד רי״ט:ג) | Celui qui s’est interdit une chose sans terme |
| ג | « אסור בו לעולם » (שו״ע יו״ד רי״ט:ג) | il lui est interdit pour toujours |
3. Les positions en présence
Le terme fixé (seif 1)
| Qui | Ce qu’il tient | Où |
| Le Mabit | la règle vaut aussi quand un terme a été fixé — on n’exige jamais que ce qui convient | Chakh ס״ק ב · Baer Hetev ס״ק א |
| Le Rachdam, la Knesset HaGuedola | seulement quand aucun terme n’a été fixé | Baer Hetev ס״ק א, entre parenthèses |
Le serment sans terme (seif 3)
| Qui | Ce qu’il tient | Où |
| Le Ran | le vœu est perpétuel parce que le mot נדר enveloppe la consécration | Taz ס״ק א |
| Les Hagahot Mordekhaï | la nezirout est brève parce qu’elle lie la personne ; le vœu interdit l’objet | Taz ס״ק א |
| Le Darkei Moché | pose le doute sur le serment — puis le résout lui-même au nom du Roch | Chakh ס״ק ד · Nekoudot HaKessef |
| Le Taz, le Chakh, le Baer Hetev | le serment aussi est pour toujours | Taz ס״ק א · Chakh ס״ק ד · Baer Hetev ס״ק ב |
4. Le vocabulaire à tenir
| Terme | Ce qu’il désigne |
| קביעות זמן | la fixation d’un terme — ce que le vouant a omis, et l’axe du siman |
| הראוי לו · הגון | le convenable — la mesure des seifim 1 et 2, tirée de la braïta de Bava Kamma |
| התפסה | rattacher une chose à une autre déjà interdite : comment un engagement à faire prend la forme d’un vœu (Chakh ס״ק א) |
| ידות | les « poignées » du vœu — une formule incomplète qui engage tout de même (Chakh ס״ק א, renvoi au siman 206) |
| דבר מצוה · דבר הרשות | la distinction du Mahari’t sur la faculté de remettre (Pit’hei Techouva ס״ק א) |
| סתם נזירות שלשים יום | le modèle inverse, que le Taz et le Chakh doivent écarter |
| פסידא דלא הדר | une perte qui ne revient pas — la raison du Beit Yossef au seif 2 |
5. Les pièges classiques
Ne pas lire le seif 1 comme une annulation. Le vœu tient parfaitement ; c’est son exécution qui attend. Celui qui trouve ce qui lui convient et refuse encore est tenu.
Ne pas confondre le plafond et le devis. « Jusqu’à dix litrin » ne promet pas dix litrin. Mais la liberté sur la somme ne s’étend pas à la continuité : le seif interdit expressément de créer un vide.
Ne pas transposer les trente jours de la nezirout. C’est le piège même que le Darkei Moché a posé et résolu : un serment sans terme n’est pas un serment de trente jours.
Ne pas croire que « pour toujours » signifie « sans issue ». Un vœu perpétuel reste un vœu : il se délie par un sage. Ce que le seif 3 exclut, c’est son extinction d’elle-même.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
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