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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Siman 97 — Niveau Lamdan : une pâte pétrie au lait, où rien n’est mélangé et où tout est interdit

Ce que fait une גזירה quand il n’y a pas d’absorption — et ce qui la lève
סימן צ״ז
שמא יבוא לאכלה עם בשר · דבר מועט כדי אכילה בבת אחת · ששינה צורת הפת שתהא ניכרת
עיון, פלפול, שיטות הראשונים והאחרונים
⚡ Pour les lomdim et les talmidei hakhamim ⚡
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Pilpoul et étude approfondie

Sougyot, sources, la hakira de fond, ma’hlokot de Richonim et d’Aharonim,
nafka minot pratiques et examen des chitot

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן צ״ז — trois seifim
avec son appareil : ש״ך (cinq ס״ק) · ט״ז (cinq ס״ק) · פתחי תשובה (sept ס״ק)

Racine de la sougya dans le Chass :
פסחים ע״ו ע״ב — ריחא מילתא, et la pâte cuite avec le rôti

Rédaction et étude :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. Ouverture de la sougya — la pâte pétrie au lait : absorption, ou גזירה ? (seif א)
  2. Le fondement de la גזירה — שמא יבוא לאכלה עם בשר (שו״ע יו״ד צ״ז:א), et l’interdit même de la manger seule (Chakh ס״ק א)
  3. Les deux signes distinctifs qui permettent — la petite quantité et la forme changée, et leurs limites (Pit’hei Techouva ס״ק ג)
  4. Par inadvertance ou sciemment — a-t-on pénalisé aussi le choguèg ? (Pri Megadim, Pit’hei Techouva ס״ק ב)
  5. Le four enduit d’alya — graisse en substance, libboun et non essuyage, et le pladen en regard (seif ב, Taz ס״ק ג–ד)
  6. La boukhya et le chauffage par l’extérieur — et pourquoi il n’y a pas d’issue par là (Taz ס״ק ה)
  7. ריחא — pain, rôti et poissons avec de la viande — petit four et grand four, douze issaronim, couvercle (seif ג)
  8. נ״ט בר נ״ט et l’interdit qui demeure à sa place — Pené Aryé et Maharit (Pit’hei Techouva ס״ק ד–ו)
  9. L’extension de la גזירה au mortier — et la différence d’avec le siman 96 (Taz ס״ק א)
  10. Hakira et nafka mina pour la pratique
  11. Tableaux récapitulatifs

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif א

↩ Explication détaillée (niveau 1)

« שלא ללוש עיסה בחלב. ובו ג׳ סעיפים » (שו״ע יו״ד צ״ז:א)

« אין לשין עיסה בחלב שמא יבוא לאכלה עם בשר ואם לש כל הפת אסור אפי׳ לאכלה לבדה ואם היה דבר מועט כדי אכילה בבת אחת או ששינה צורת הפת שתהא ניכרת שלא יאכל בה בשר מותר כיוצא בו אין אופין פת בתנור שטחו באליה ואם אפאו דינו כעיסה שנילושה בחלב » (שו״ע יו״ד צ״ז:א)

« ולכן נוהגין ללוש פת עם חלב בחג השבועות גם בשומן לכבוד שבת כי כל זה מחשב כדבר מועט גם כי צורתן משונה משאר פת וכ״ש פלאד״ן או פשטיד״א דמותרין » (רמ״א יו״ד צ״ז:א)

« ואין לאפות שום פת עם פלאד״ן או פשטיד״א בתנור דחיישינן שמא יזוב מן השומן על הפת ואם זב תחתיו דינו כאלו נילוש עמו » (רמ״א יו״ד צ״ז:א)

« ונוהגין לשום הטפילה בפי התנור » (רמ״א יו״ד צ״ז:א)

« ואפי׳ הוא במחבת נוהגין להחמיר לכתחלה » (רמ״א יו״ד צ״ז:א)

résumé : on ne pétrit pas une pâte avec du lait, de crainte qu’on n’en vienne à la manger avec de la viande ; si l’on a pétri, tout le pain est interdit, même à le manger seul. Deux cas font exception : une petite quantité, mangée en une fois, et une forme du pain changée de façon à être reconnaissable. La même règle vaut pour un four enduit de graisse de queue. Le Rama en tire l’usage de pétrir au lait à Chavouot et à la graisse en l’honneur de Chabbat, et ajoute la précaution du pain cuit avec un pladen.

1. Ouverture de la sougya — la pâte pétrie au lait

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le fondement — il n’y a ici aucune absorption, mais une גזירה

Tout le siman repose sur un fait qu’il faut poser avant d’ouvrir la moindre discussion : une pâte pétrie au lait ne contient aucun interdit. Aucune viande ne s’y est mêlée, et le lait pris seul est permis sans réserve. Rien n’a été absorbé qui ne dût l’être. Et pourtant le Choulhan Aroukh interdit, et interdit tout le pain.

La raison qu’il en donne n’est pas une raison de mélange, mais de crainte : que l’on n’en vienne, plus tard, à manger ce pain avec de la viande.

« שמא יבוא לאכלה עם בשר » (שו״ע יו״ד צ״ז:א)

C’est pourquoi le pain est interdit même à le manger seul — alors même qu’à le manger seul il n’y aurait, par hypothèse, aucune transgression. Le Chakh, en cinq mots, rattache explicitement cette rigueur à la גזירה elle-même.

« אפילו לאכלה לבדה. גזירה שמא יאכלנה עם בשר » (ש״ך יו״ד צ״ז ס״ק א)

נפקא מינה — un interdit qui ne se dissout pas dans la majorité : puisqu’il s’agit d’une גזירה et non d’une absorption, il n’y a pas ici de בטל בששים comme dans les autres mélanges. Le pain est atteint en lui-même par le décret, et le lait pétri en lui ne se perd pas dans la masse de la farine et de l’eau. Voilà l’étrangeté du siman : une chose permise (le lait) pétrie dans une chose permise (la pâte) rend le tout interdit, alors qu’il n’y a là, en substance, aucun interdit du tout.
La lecture du Chakh (ס״ק א) : le Chakh ne dit que cinq mots — « גזירה שמא יאכלנה עם בשר » (ש״ך יו״ד צ״ז ס״ק א) — mais ils sont placés précisément sur les mots même à la manger seule, et c’est ce placement qui fait la lecture : la rigueur de l’interdit à le manger seul est la גזירה, et non une conséquence de quelque absorption. Il suit de là que les deux permissions du seif ne lèvent pas un interdit : elles font tomber le motif de craindre.

2. Les deux signes distinctifs qui permettent — petite quantité et forme changée

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C’est le cœur du seif : comment la גזירה se lève, et quelles sont les limites de chacun des deux signes.

La hakira — qu’est-ce qu’un signe qui lève la גזירה ? Si tout l’interdit tient à la crainte qu’on ne mange ce pain avec de la viande, alors partout où cette crainte n’a pas lieu, il n’y a pas de גזירה. Le Choulhan Aroukh nomme deux situations où la crainte tombe : une quantité si petite qu’elle est mangée en une seule fois, et une forme du pain changée de manière à être reconnaissable. Reste à savoir si ces deux signes opèrent de la même façon — ou si l’un supprime l’occasion de la faute et l’autre l’avertissement qui la prévient.
« ואם היה דבר מועט כדי אכילה בבת אחת או ששינה צורת הפת שתהא ניכרת שלא יאכל בה בשר מותר » (שו״ע יו״ד צ״ז:א)
Les deux signes, chacun dans son ordre : Le Rama en tire l’usage reçu : pétrir le pain au lait à Chavouot et à la graisse en l’honneur de Chabbat — parce que ce sont là de petites quantités et que leur forme diffère du pain ordinaire.
« ולכן נוהגין ללוש פת עם חלב בחג השבועות גם בשומן לכבוד שבת כי כל זה מחשב כדבר מועט גם כי צורתן משונה משאר פת וכ״ש פלאד״ן או פשטיד״א דמותרין » (רמ״א יו״ד צ״ז:א)
Les limites du changement de forme — Maharit, rapporté par le Pit’hei Techouva (ס״ק ג) : le signe n’opère pas partout. Le Maharit le borne à la maison : faire une grande quantité pour la vendre au marché ne vaut pas, car les convives ne reconnaîtront pas le signe ; et il ne suffit pas non plus de compter sur un avertissement verbal, de crainte qu’on n’oublie d’avertir.
« דאין מועיל שינוי רק בביתו אבל לעשות הפת מרובה למכור בשוק אסור דאורחים לא יכירו בשינוי » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ג)
« ואף על סמך ההודעה אסור דחיישינן שמא ישכח מלהודיע » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ג)
La seconde borne est du Havot Daat, non du Maharit : le Pit’hei Techouva la rapporte au même ס״ק, mais sous un autre nom, et la distinction compte — c’est le Havot Daat qui exige que le changement soit fait au moment de la cuisson, lorsque aucun interdit n’avait encore pris ; une forme donnée après coup, à un pain déjà interdit, ne vaut plus rien.
« ועיין ח״ד שכתב עוד דשינוי אין מועיל רק כששינה בשעת אפיה דלא היה עליו איסור כלל אבל לעשות שינוי אחר שכבר נאסר אינו מועיל » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ג)
On ne divise pas ce qui est déjà devenu נבלה — le Havot Daat (פ״ת ס״ק ג) : de la même racine sort une conséquence plus dure encore. Un grand pain pétri au lait à la manière ordinaire est interdit ; on ne le sauve pas en le partageant ensuite entre plusieurs personnes, de sorte que chacune n’en reçoive qu’une petite quantité. La raison est que l’interdit a déjà pris : le pain est devenu נבלה, et un partage postérieur ne défait pas ce qui a eu lieu. On voit par là que le premier signe (la petite quantité) ne se constate pas au moment de manger, mais au moment où la גזירה aurait pu s’appliquer.
« וכן לחלקו להרבה ב״א שיגיע לכ״א דבר מועט אסור כיון שכבר נאסר ונעשה נבלה » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ג)
נפקא מינה — une troisième voie, qui n’est ni la quantité ni la forme : le Pit’hei Techouva rapporte encore, au nom du Maharit, que l’interdit ne vise que ce qu’on risque effectivement de manger avec du fromage. Des pâtisseries fourrées de choses sucrées, qu’on n’a pas coutume de manger avec du fromage, seraient donc permises à pétrir avec de la graisse. Ce n’est plus un signe distinctif, mais la disparition de la crainte elle-même. Pour la pratique — demande à ton Rav.
« אבל היכא דליכא למיחש להכי כמו אותם הממולאים במיני מתיקה שאין דרך לאכלן עם גבינה מותר ללוש אותם עם שומן » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ג)

3. Par inadvertance ou sciemment — a-t-on pénalisé ?

↩ Explication détaillée (niveau 1)

La hakira du choguèg

Le Mehaber écrit que s’il a pétri, tout le pain est interdit, même à le manger seul — et il ne distingue pas. Ni entre celui qui a pétri sciemment et celui qui a pétri par inadvertance, ni entre ce qu’on fait d’avance et ce qui est déjà fait.

La hakira — a-t-on pénalisé jusqu’au choguèg ? Puisque l’interdit n’est pas un interdit en soi mais un décret, il y a lieu de demander : quand on a transgressé et pétri, a-t-on pénalisé le pétrisseur en interdisant le pain jusque dans le cas de l’inadvertance et après coup — ou bien n’a-t-on pénalisé que celui qui a agi sciemment, le pain restant permis au choguèg ?

« ואם לש כל הפת אסור אפי׳ לאכלה לבדה » (שו״ע יו״ד צ״ז:א)

« ועיין פמ״ג בשפ״ד סק״א שכתב דיש לעיין אם לש פת עם חלב בשוגג שלא ידע שזה אסור או נפל בשוגג חלב מי אסור או לא קנסו כ״א היכא שעבר במזיד » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ב)

« ומסתימת הפוסקים משמע אף בשוגג אסור » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ב)

Ce que dit exactement le Pit’hei Techouva (ס״ק ב) : il faut le lire de près, car la forme de la réponse n’est pas celle d’une décision. Le Pri Megadim, dans le Chifté Daat, pose la question — il écrit qu’il y a lieu d’examiner si l’on a pénalisé aussi celui qui a pétri sans savoir que c’était interdit, ou celui chez qui du lait est tombé par inadvertance. Et il la résout non par un avis exprès des poskim, mais par leur silence : de ce que les poskim s’expriment sans distinguer, il ressort qu’il est interdit même au choguèg.
Ce que vaut un argument tiré du silence : l’appui n’est pas de même nature qu’une décision motivée, et il faut le dire. Le Pri Megadim ne produit aucun posek qui écrive même au choguèg ; il produit l’absence de distinction chez ceux qui écrivent. C’est une manière légitime de conclure, et c’est aussi la plus faible : elle tient tant que nul ne montre que les poskim avaient en vue le cas ordinaire, celui du מזיד. Le Pit’hei Techouva, qui rapporte le tout, renvoie encore au Nahalat Tsvi sur ce point et ne tranche pas de son propre chef.
נפקא מינה : un pain pétri au lait sans aucun signe distinctif — ni petite quantité, ni forme changée — est interdit à la consommation alors même que la chose s’est faite par erreur. Pour la pratique — demande à ton Rav.

4. Le four enduit d’alya — graisse en substance et libboun

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seif ב)

« תנור שטחו באליה אין אופין בו פת עד שיסיקנו מבפנים עד שיתלבן » (שו״ע יו״ד צ״ז:ב)

« ואפילו אם הוא של בוכיא … אין לו היתירא על ידי היסק מבחוץ » (שו״ע יו״ד צ״ז:ב)

résumé : un four que l’on a enduit de graisse de queue — on n’y cuit pas de pain tant qu’on ne l’a pas chauffé de l’intérieur jusqu’à ce qu’il rougisse. Et même s’il s’agit d’une boukhya, il n’y a pas de permission par un chauffage venu de l’extérieur.

יסוד — de la graisse en substance, et non une absorption :
Le four enduit d’alya n’est pas du même ordre que le pain pétri au lait. Ici la graisse est en substance sur la paroi : ce n’est pas un goût passé dans l’argile, c’est le corps même de la chose qui y est collé. Et le Taz ajoute le fait matériel qui commande tout : un four ne s’essuie pas bien. De là que l’essuyage ne suffit pas et qu’il faut chauffer jusqu’à rougir, ce qui brûle la graisse elle-même.
« הא דלא סגי בקינוח מפני שא״א לתנור להתקנח יפה והוה השמנונית בעין עד שיוסק » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק ד)
Ce que le Taz distingue, et où il le distingue :
Le casLa règleLa raison, et où elle est écrite
Pladen de fromage cuit à même la sole du four Absorption seulement — pas de libboun exigé Il n’y a là aucune graisse en substance dans le four, rien qu’une absorption venue du pladen (Taz ס״ק ד)
Four enduit d’alya Il faut le chauffer de l’intérieur jusqu’à ce qu’il rougisse La graisse elle-même en enduit la paroi, et cette humidité ne s’essuie pas bien (Taz ס״ק ד)
« משא״כ בפלאדי״ן דלעיל שאין שם שומן בעין כלל בתנור אלא בליעה מן הפלאדי״ן » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק ד)
« דשאני כאן שהשמנונית עצמה מטיח ממנה בתנור ואותו לחות אינו מתקנח יפה בתנור » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק ד)
קושיא — le Taz contre lui-même : il vient d’écrire, au ס״ק précédent, que la sole du four qui a absorbé du pladen est comme une absorption dans une marmite ; et il écrit ici qu’il y a de l’interdit en substance. Il pose lui-même l’objection. Puis une seconde : le Rama, au seif א, dit de craindre que la graisse ne coule sous le pain — signe qu’il y aurait bien, sous le pladen, de l’interdit en substance.
תירוץ : à la première, le Taz répond que les deux cas ne sont pas le même : dans le four enduit, c’est la graisse elle-même qui est appliquée sur la paroi ; sous un pladen, il n’y a qu’une absorption. À la seconde, il répond par l’observation : on ne contredira pas ce que l’œil voit, à savoir que la place du pladen reste sèche ; le sens du Rama est qu’en règle générale rien ne coule sous un pladen, mais qu’il arrive parfois que cela coule.
« דודאי לא נכחיש חוש הראות שרואין שמקומו יבש » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק ד)
« אלא פשוט דסתם פלאדי״ן אין זב תחתיו כמו שאנו רואין תמיד אלא דלפעמים אירע שזב » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק ד)
Le cas qui a été posé au Taz (ס״ק ג) : une femme avait cuit un pladen de fromage à même la sole de son four, sans ustensile, et avait ensuite posé au même endroit une marmite de viande brûlante. Le Taz répond qu’il n’y a pas là d’interdit : l’argile du four qui a absorbé du lait ne vaut pas moins qu’une marmite où l’on a cuit du lait et qui touche une marmite de viande — cas où les poskim ne voient aucun interdit, et que le Rama rapporte au siman 92, seif ח. Quant à la rigueur du Rama sur la poêle, à la fin du seif א, elle ne vaut qu’avant le fait.
« נשאלתי באשה שאפתה פלאדי״ן של גבינה בתנור על קרקע שלו בלא כלי ואח״כ שמה שם קדרה של בשר רותחת על אותו המקום שהיה הפלאדי״ן » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק ג)
« והשבתי שאין כאן איסור דחרסית של תנור שבלעו מן החלב לא גרע מקדירה שמבשלין בתוכה חלב ונגעה בקדירה של בשר » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק ג)
« דאין שם איסור כמ״ש הפוסקים בשתי קדרות שנוגעות זו בזו » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק ג)
« וכאן שהחמיר במחבת היינו לכתחלה דוקא » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק ג)
Ce qui reste ouvert : le Taz appuie sa réponse sur ce que l’œil voit, c’est-à-dire sur un état de fait des fours et des pladen de son temps. Le critère qu’il pose, lui, est de droit — graisse en substance ou simple absorption ; mais son application dépend d’une observation. Nous rapportons la distinction, et nous ne prétendons pas décider ce que l’œil verrait ailleurs.

5. La boukhya et le chauffage par l’extérieur

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Examen de la fin du seif ב — pourquoi la boukhya elle-même, que l’on chauffe par le dessous, n’est pas rendue permise par ce chauffage.

La hakira — qu’est-ce qu’une boukhya, et pourquoi n’y a-t-il pas d’issue par l’extérieur ? Le Mehaber lui-même donne la glose : un ustensile de terre que l’on chauffe par le dessous et sur lequel on cuit des gâteaux. Puisque son chauffage est précisément extérieur, on pourrait croire que ce chauffage même suffirait à la rendre permise. C’est ce que le seif refuse.
« ואפילו אם הוא של בוכיא » (שו״ע יו״ד צ״ז:ב)
« אין לו היתירא על ידי היסק מבחוץ » (שו״ע יו״ד צ״ז:ב)
La glose du Taz (ס״ק ה) : le Taz explique ce qu’est la chose — un creux, à la manière d’un support de marmite — et où se fait la cuisson : à l’intérieur. Et il énonce la règle en propres termes : dans ce cas, même un chauffage ne sert de rien si on le chauffe par le dehors.
« פירוש הוא חלל כמין שפיתות קדירה ואופין בו בפנים וקאמר דבזה אפי׳ היסק לא מהני אם מסיקו בחוץ » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק ה)
Ce que le Taz dit, et ce qu’il ne dit pas : il faut être exact. Le Taz donne le fait — on cuit à l’intérieur, le chauffage se fait à l’extérieur, et il ne sert pas — mais il n’écrit pas la raison physique de cette inefficacité. La lecture qui s’impose est que le chauffage doit atteindre l’endroit où l’interdit s’est logé, et non réchauffer l’ustensile en général ; c’est une lecture, et nous la donnons pour telle. Elle s’accorde avec la règle du seif précédent, où le chauffage devait être fait de l’intérieur, là précisément où la graisse était appliquée.
נפקא מינה : le mot du Mehaber n’est pas qu’il n’y a pas de remède, mais qu’il n’y a pas de permission par un chauffage venu du dehors. Rien n’est dit ici du chauffage intérieur d’une boukhya — le seif en écarte une voie, il n’en ferme pas d’autres. Pour la pratique — demande à ton Rav.

6. ריחא — pain, rôti et poissons avec de la viande

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seif ג)

« פת שאפאו עם הצלי ודגים שצלאן בתנור אחד עם הבשר אסור לאכלם בחלב » (שו״ע יו״ד צ״ז:ג)

« והני מילי בתנור קטן אבל בתנור גדול המחזיק שנים עשר עשרונים ופיו פתוח מותר » (שו״ע יו״ד צ״ז:ג)

« ואם הצלי מכוסה וכן פשטיד״א שמכוסה הנקב שבו מותר אפילו בתנור צר » (שו״ע יו״ד צ״ז:ג)

« ועיין לקמן סימן ק״ח כיצד נוהגין » (שו״ע יו״ד צ״ז:ג)

résumé : un pain cuit avec le rôti, et des poissons rôtis dans le même four que la viande, sont interdits à manger avec du lait. Cela vaut d’un petit four ; dans un grand four, contenant douze issaronim et dont l’ouverture est béante, c’est permis. Et si le rôti est couvert, ou le pastida dont le trou est bouché, c’est permis même dans un four étroit.

יסוד — ריחא מילתא :
Tout ce seif repose sur une position de la guemara de Pessahim : l’odeur est quelque chose. La vapeur qui monte du rôti pendant la cuisson porte un goût de viande jusqu’au pain ou aux poissons cuits avec lui, et les rend interdits à manger avec du lait. La guemara y donne même la formulation qui deviendra ce seif : un pain cuit avec un rôti au four est interdit à manger avec du koutah.
« רֵיחָא מִילְּתָא הִיא » (פסחים ע״ו ע״ב)
« פַּת שֶׁאֲפָאָהּ עִם צָלִי בַּתַּנּוּר — אָסוּר לְאׇכְלָהּ בְּכוּתָּחָא » (פסחים ע״ו ע״ב)
« הָהִיא בִּינִיתָא דְּאִיטְּווֹא בַּהֲדֵי בִּישְׂרָא, אַסְרַהּ רָבָא מִפַּרְזִיקְיָא לְמֵיכְלַיהּ בְּכוּתָּחָא » (פסחים ע״ו ע״ב)
Les trois situations du seif :
Le casLa règle
Petit four — pain ou poissons avec un rôti de viande Interdits à manger avec du lait
Grand four, contenant douze issaronim, ouverture béante Permis
Rôti couvert, ou pastida dont le trou est bouché Permis même dans un four étroit
« והני מילי בתנור קטן אבל בתנור גדול המחזיק שנים עשר עשרונים ופיו פתוח מותר » (שו״ע יו״ד צ״ז:ג)
« ואם הצלי מכוסה וכן פשטיד״א שמכוסה הנקב שבו מותר אפילו בתנור צר » (שו״ע יו״ד צ״ז:ג)
Pourquoi l’interdit ici, alors que le siman 108 permet après coup ? Le Chakh pose la difficulté et y répond d’un mot qui vaut d’être retenu. Au début du siman 108, de la viande cachère rôtie avec de la viande de nevéla dans un même four, fût-il petit, est permise après coup ; ici, non. La raison n’est pas que ריחא serait plus fort : c’est que dans notre cas on peut manger le pain sans lait. Rien n’oblige à consommer la chose de la manière interdite ; dès lors ce n’est pas un cas d’après coup, mais un cas d’avant le fait.
« הכא כיון דאפשר לאכלו בלא חלב הוי כלכתחלה » (ש״ך יו״ד צ״ז ס״ק ד)
La mesure des douze issaronim — une ma’hloket que le Pit’hei Techouva (ס״ק ז) rapporte, et qu’il faut attribuer dans le bon sens : le Yad Eliyahou tient qu’il n’est pas besoin que la sole du four contienne cette mesure, mais qu’il suffit que tout le volume intérieur la contienne. Le Pri Megadim n’est pas de cet avis : il exige que ce soit la sole du four qui contienne douze issaronim de pain épais d’un téfah.
« דאין צריך שיהא קרקעיתו של תנור מחזיק כל כך אלא שיהא כל חלל התנור מחזיק כל כך » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ז)
« ועיין פמ״ג שאין דעתו כן רק דבעינן שיהא קרקעית התנור מחזיק י״ב עשרונים מפת עבה טפח » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ז)
נפקא מינה : un four dont la sole est étroite mais dont le volume est large sera grand pour le Yad Eliyahou et petit pour le Pri Megadim — et le pain qui y aura cuit avec un rôti sera permis ou interdit avec du lait selon l’avis qu’on suit. Le Chakh donne par ailleurs la mesure de l’issaron : c’est la mesure de la halla, quarante-trois œufs et un cinquième d’œuf. Pour la pratique — demande à ton Rav.
« וכל עשרון הוא שיעור חלה מ״ג ביצים וחומש ביצה » (ש״ך יו״ד צ״ז ס״ק ה)
Où le siman renvoie, et où il ne renvoie pas — deux renvois qu’il ne faut pas confondre : le seif se clôt sur un renvoi au siman 108, et le Chakh le confirme : c’est là que les lois de ריחא מילתא sont exposées comme il convient, car c’est là leur place. Mais le Chakh prend soin, à son ס״ק ג, d’écarter un second sujet : il ne traite ici que de l’interdit, et non du danger des poissons rôtis avec de la viande — lequel, dit-il, sera expliqué au début du siman 116. Deux renvois, deux simanim, et les tenir pour un seul serait une faute.
« ועיין לקמן סימן ק״ח כיצד נוהגין » (שו״ע יו״ד צ״ז:ג)
« וע״ל סי׳ ק״ח שם יתבארו על נכון דיני ריחא מילתא כי שם מקומם » (ש״ך יו״ד צ״ז ס״ק ד)
« לא איירי כאן אלא מדין איסור אבל מסכנתא לא מיירי וזה יתבאר בר״ס קי״ו » (ש״ך יו״ד צ״ז ס״ק ג)

7. נ״ט בר נ״ט et l’interdit qui demeure à sa place

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Les deux fondements du Pit’hei Techouva (ס״ק ד–ו)

Deux principes opposés commandent cette section, et tout dépend de savoir lequel s’applique au cas qu’on a sous les yeux. Si le pain n’a reçu qu’un goût absorbé, sans graisse en substance, il est un נ״ט בר נ״ט et son régime est léger. Si de la graisse en substance s’est posée sur lui, elle demeure à sa place et ne se dissout pas.

« דפת שנאפה עם עיסה שאין בה שומן בעין אלא טעם בלוע אפילו נגע בה ע״י לח רותח מותר בין עם בשר בין עם חלב דנ״ט בר נ״ט הוא » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ד)

« מבואר שם דאפילו בפחות מכדי נ״ט אסור משום דהאיסור עומד במקומו ואינו מתבטל » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ו)

נ״ט בר נ״ט — le Pené Aryé (פ״ת ס״ק ד) : un pain cuit auprès d’une pâte qui ne contient pas de graisse en substance mais seulement un goût absorbé — et cela même s’il l’a touchée par l’intermédiaire d’un liquide brûlant — est permis aussi bien avec de la viande qu’avec du lait, car c’est un נ״ט בר נ״ט. Le Pené Aryé ajoute la restriction qui ordonne le tout : avant le fait c’est interdit, comme le Rama l’écrit au siman 95, seif ב, dans sa glose ; mais après coup, s’il a été mis dans du lait, il est permis de le manger, et avec de la viande il est permis même avant le fait.
« דפת שנאפה עם עיסה שאין בה שומן בעין אלא טעם בלוע אפילו נגע בה ע״י לח רותח מותר בין עם בשר בין עם חלב דנ״ט בר נ״ט הוא » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ד)
« אלא דלכתחלה אסור כמ״ש הרמ״א לעיל סימן צ״ה ס״ב בהגהה אבל בדיעבד אה נתנו לתוך החלב מותר לאוכלו ועם בשר מותר לאוכלו אפילו לכתחלה » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ד)
ואם זב תחתיו (רמ״א יו״ד צ״ז:א) — trois lectures d’une même glose du Rama : le Rama a écrit que si la graisse a coulé en dessous, le pain est comme pétri avec elle. Reste à savoir en dessous de quoi.
« ואם זב תחתיו דינו כאלו נילוש עמו » (רמ״א יו״ד צ״ז:א)
(א) Le Taz (ס״ק ב) — il ne faut pas que la graisse soit vue sous le pain même : il suffit qu’elle se répande hors du pastida et soit absorbée dans le four, et l’on craint que l’absorption ne soit allée jusqu’au pain.
« לא בעינן שיהא נראה השומן תחת הפת ממש אלא כל שמתפשט חוץ לפשטיד״א ונבלע בתנור חיישינן שמא הלכה הבליעה עד הפת » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק ב)
(ב) Le Chakh (ס״ק ב) — la glose du Rama vise le dessous du pastida : le Chakh l’écrit en toutes lettres, et sa lecture est encore plus large que celle du Taz, puisqu’elle atteint le pain même éloigné du pastida. Il fonde d’ailleurs sa distinction entre l’avant et l’après-coup sur un ספק ספיקא : peut-être rien n’a coulé, et à supposer que cela ait coulé, peut-être cela ne s’est-il pas diffusé partout.
« מ״ש הרב בהג״ה כאן ואם זב תחתיו ר״ל זב תחת הפשטי״ד אפי׳ רחוק מן הפת » (ש״ך יו״ד צ״ז ס״ק ב)
« אבל בדיעבד אם אין התנור משופע או שהפת למעלה מן הפשטי״ד לא מחזקינן איסורא דשמא זב » (ש״ך יו״ד צ״ז ס״ק ב)
« והלכך היכא דלא חזינן דזב איכא ספק ספיקא ספק זב או לא זב ואת״ל זב שמא לא פעפע בכולו » (ש״ך יו״ד צ״ז ס״ק ב)
« אבל אי חזינן דזב מן הפשטי״ד לחוץ אפילו אינו זב תחת הפת עצמו אלא הפת רחוק מן הפשטי״ד הפת אסור אף דיעבד » (ש״ך יו״ד צ״ז ס״ק ב)
(ג) Le Gaon Maharar Ozer, rapporté par le Pit’hei Techouva (ס״ק ה) — contre les deux précédents : le Rama parle au sens strict, le mot תחתיו voulant dire sous le pain même ; autrement ce serait un נ״ט בר נ״ט, permis après coup. Le Pit’hei Techouva signale que le Kréti ou-Pléti a posé la même objection au Taz et au Chakh.
« דדוקא קאמר הרמ״א ואם זב תחתיו היינו תחת הפת ממש דאל״כ הוי נ״ט בר נ״ט דשרי בדיעבד » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ה)
תירוץ du Havot Daat — et ce qu’il coûte : le Havot Daat écarte l’objection d’un coup : il n’y a là aucune difficulté, car on ne dit נ״ט בר נ״ט que lorsque l’autre goût est déjà absorbé ; au moment même de la cuisson, cette notion n’a pas lieu. La réponse est forte, mais elle a un prix : elle retire au pain tout bénéfice du נ״ט בר נ״ט dans le cas précis dont parle le Rama.
« ועיין בח״ד שכתב דלא קשה מידי דלא אמרינן נ״ט בר נ״ט רק כשטעם האחר הוא בלוע כבר אבל בשעת בישול לא שייך זה » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ה)
נפקא מינה — le cas réel du Beit Efraïm : des femmes cuisaient leurs pains, et l’une des voisines avait mis des petits pains fourrés d’oignons et de beurre, dont il avait coulé sur le fond du four. Le Beit Efraïm conclut à la permission, et pour deux raisons distinctes — d’abord parce que rien n’a coulé sous le pain même, ce qui en fait un נ״ט בר נ״ט, contre le Havot Daat ; ensuite parce que le beurre était en petite quantité, sans de quoi donner du goût au pain, ce que tout le monde accorde. Les deux raisons ne portent pas aussi loin l’une que l’autre, et le Pit’hei Techouva le marque : selon la première, manger ces pains avec du lait reste interdit ; selon la seconde, cela même est permis. Pour la pratique — demande à ton Rav.
« והעלה דכיון דלא זב תחת הפת ממש הוי נ״ט בר נ״ט דלא כח״ד » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ה)
« ועוד דכיון שהיה החמאה דבר מועט ואין בה בכדי נ״ט בפת מותר אליבא דכ״ע » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ה)
איסור עומד במקומו — le Maharit (פ״ת ס״ק ו) : la graisse posée sur le pain ou dans le four est interdite même en moins qu’il n’en faut pour donner du goût, parce qu’elle n’est pas mêlée et annulée mais demeure à sa place, et ce qui demeure à sa place ne s’annule pas. Trois positions se distinguent alors, et il faut les tenir séparées : le Havot Daat partage — si la graisse est tombée sur le pain ou s’est collée au four enduit d’alya, soixante ne servent de rien ; mais si le lait a été pétri dans le pain, soixante suffisent. Le Beit Efraïm conteste : soixante servent dans tous les cas, à cela près qu’il faut enlever l’endroit.
« מבואר שם דאפילו בפחות מכדי נ״ט אסור משום דהאיסור עומד במקומו ואינו מתבטל » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ו)
« וס״ל לחלק בין אם נפל על הפת או שנדבק בתנור שטחוהו באליה דאז לא מהני ס׳ ובין אם נילוש החלב בתוך הפת דאז שרי אי איכא ששים » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ו)
« ודעתו דבכל ענין מהני ס׳ רק דצריך נטילה באותו מקום » (פת״ש יו״ד צ״ז ס״ק ו)

8. L’extension de la גזירה au mortier

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le hidouch du Taz (ס״ק א)

« ופעם אחת דכו שם שום עם מרק משל שומן אווז ואחר כך מחזירין אותו הרוטב על האווז » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק א)

« נ״ל שאותה מדוכה אסורה לדוך בה עוד בשמים אפילו לאכול בבשר שמא יבוא לאכול בחלב דומיא דכאן » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק א)

« וצריכה הכשר דוקא ואפילו דיעבד אסור בלא הכשר כמו הפת דכאן » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק א)

Le Taz part d’un mortier où l’on pile des aromates dont on se sert tantôt avec de la viande, tantôt avec du lait. Une fois, on y a pilé de l’ail avec du bouillon de graisse d’oie, et l’on a ensuite reversé ce bouillon sur l’oie. Le mortier a donc absorbé un goût de viande. Le Taz en conclut qu’il est désormais interdit d’y piler des aromates même pour les manger avec de la viande, de crainte qu’on n’en vienne à les manger avec du lait — et il ajoute deux rigueurs : le mortier exige une cachérisation, et sans elle l’interdit vaut même après coup, exactement comme le pain de notre siman.

יסוד — l’extension de la גזירה du pain à l’ustensile :
On aurait pu croire la règle du siman bornée au pain. Le Taz la transporte au mortier, et la manière dont il le fait mérite d’être notée : il n’argumente pas par un קל וחומר, mais par une similitude — il écrit que c’est comme ici. Le raisonnement est donc analogique : puisque la crainte est la même, la règle est la même. Il en résulte que שמא יבוא לאכלה עם בשר (שו״ע יו״ד צ״ז:א) n’est pas une règle ponctuelle attachée au pain, mais un principe qui suit la crainte partout où elle se rencontre.
« נ״ל שאותה מדוכה אסורה לדוך בה עוד בשמים אפילו לאכול בבשר שמא יבוא לאכול בחלב דומיא דכאן » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק א)
Pourquoi le siman 96 ne contredit pas — et ce que dit exactement le siman 96 :
La sourceCe qui y est ditLa distinction du Taz
Siman 96, seif ג Des aromates pilés dans un mortier de viande sont interdits avec du lait, mais permis avec de la viande Là, le mortier est affecté à la viande exclusivement : son usage est arrêté, et l’on sait à quoi l’on a affaire
Siman 97 (Taz ס״ק א) Un mortier à tout faire qui a absorbé un goût de viande — interdit même pour la viande, et il faut le cachériser Ici rien n’est affecté : on s’en sert pour l’un et pour l’autre, et c’est de là que naît la crainte
« ולא דמי למ״ש בסי׳ צ״ו סעיף ג׳ תבלין שנידוכו במדוכה של בשר אסור בחלב אבל עם בשר מותר שם מיירי שהמדוכה מיוחדת לבשר דוקא » (ט״ז יו״ד צ״ז ס״ק א)
La racine de l’affaire : il n’y a donc pas de contradiction entre les deux simanim, et la différence n’est pas de rigueur mais de destination de l’ustensile. Là où le mortier est affecté à un seul usage, l’interdit est circonscrit et l’on ne craint pas la méprise. Là où il sert indifféremment aux deux, la crainte reprend et la גזירה du pain s’étend. On voit par là que le Taz enseigne moins une rigueur qu’une limite : la גזירה suit la crainte, et s’arrête où la crainte s’arrête. Le Taz achève d’ailleurs par un mot qui dit sa propre assurance — il écrit que cela lui paraît simple.

9. Hakira et nafka mina pour la pratique

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La hakira qui traverse tout le siman : quel est le fondement de l’interdit — une absorption, ou une גזירה ? Et quand la גזירה se lève-t-elle ?
נפקא מינה pour la pratique, telles que l’appareil les pose :
  1. Un pain pétri au lait sans aucun signe distinctif est interdit même à le manger seul, et, du silence des poskim, même s’il a été pétri par erreur (Mehaber seif א ; Pri Megadim dans Pit’hei Techouva ס״ק ב).
  2. La permission vient d’une petite quantité mangée en une fois ou d’une forme changée — l’une et l’autre écrites par le Mehaber au seif א, et le Rama en tire l’usage de Chavouot et de Chabbat. Le changement de forme ne vaut qu’à la maison (Maharit) et qu’au moment de la cuisson (Havot Daat), Pit’hei Techouva ס״ק ג.
  3. On ne partage pas après coup un pain déjà interdit pour le rendre permis (Havot Daat, Pit’hei Techouva ס״ק ג).
  4. Un four enduit d’alya demande d’être chauffé de l’intérieur jusqu’à rougir, et la boukhya n’est pas rendue permise par un chauffage extérieur (Mehaber seif ב ; Taz ס״ק ד–ה).
  5. Pain et poissons cuits avec un rôti dans un petit four sont interdits avec du lait ; dans un grand four béant, ou sous un couvercle, c’est permis (Mehaber seif ג). Les lois de ריחא sont exposées au siman 108 ; la question du danger, au début du siman 116 (Chakh ס״ק ג–ד).
Pour la pratique — demande à ton Rav.

10. Tableaux récapitulatifs

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Tableau — les cas d’interdit et de permission

Le cas La règle Où elle est écrite
Pâte pétrie au lait, sans signe distinctif Tout le pain est interdit, même à le manger seul Mehaber seif א ; Chakh ס״ק א
Petite quantité, ou forme du pain changée Permis — la crainte tombe Mehaber seif א ; Pit’hei Techouva ס״ק ג
A pétri par inadvertance Interdit même après coup, du silence des poskim Pri Megadim, dans Pit’hei Techouva ס״ק ב
Four enduit d’alya Chauffer de l’intérieur jusqu’à ce qu’il rougisse Mehaber seif ב ; Taz ס״ק ד
Boukhya — chauffage par l’extérieur Aucune permission par cette voie Mehaber seif ב ; Taz ס״ק ה
Pain ou poissons avec un rôti, petit four Interdits à manger avec du lait (ריחא) Mehaber seif ג
Grand four (douze issaronim) et ouverture béante Permis Mehaber seif ג ; Pit’hei Techouva ס״ק ז
Rôti couvert, ou pastida dont le trou est bouché Permis même dans un four étroit Mehaber seif ג
Pain qui n’a reçu qu’un goût absorbé, sans graisse en substance נ״ט בר נ״ט — permis après coup avec du lait, et avec de la viande même avant Pené Aryé, dans Pit’hei Techouva ס״ק ד
Mortier à tout faire ayant absorbé un goût de viande Interdit même pour la viande ; cachérisation requise Taz ס״ק א

Tableau — les ma’hlokot et les examens de détail du siman

Le point Première position Seconde position
Le changement de forme — où il opère Maharit — à la maison seulement, et non pour vendre au marché (פ״ת ס״ק ג) Havot Daat — et au moment de la cuisson seulement, jamais après coup (פ״ת ס״ק ג)
ואם זב תחתיו (רמ״א יו״ד צ״ז:א) — sous quoi ? Taz (ס״ק ב) et Chakh (ס״ק ב) — il suffit que cela se répande hors du pastida Maharar Ozer et Kréti ou-Pléti — sous le pain même, sans quoi c’est un נ״ט בר נ״ט (פ״ת ס״ק ה)
Un goût absorbé au moment même de la cuisson Havot Daat — on ne dit pas נ״ט בר נ״ט pendant la cuisson (פ״ת ס״ק ה) Beit Efraïm — dès que rien n’a coulé sous le pain, c’est un נ״ט בר נ״ט (פ״ת ס״ק ה)
Graisse posée sur le pain — s’annule-t-elle dans soixante ? Maharit et Havot Daat — elle demeure à sa place et ne s’annule pas (פ״ת ס״ק ו) Beit Efraïm — soixante servent, à condition d’enlever l’endroit (פ״ת ס״ק ו)
La mesure des douze issaronim Yad Eliyahou — le volume intérieur du four suffit (פ״ת ס״ק ז) Pri Megadim — c’est la sole du four qui doit les contenir (פ״ת ס״ק ז)

Tableau — les sources du siman

Guemara : פסחים ע״ו ע״ב — ריחא מילתא, le pain cuit avec le rôti, et le poisson rôti avec de la viande.
Ouvrages nommés dans l’appareil de ce siman : תוספות et ר״ן (Taz ס״ק ד) · הגהות אשר״י · הגהת ש״ד · הגהת או״ה · א״ז · תורת חטאת (Chakh ס״ק ב) · בית יוסף et בית חדש (Chakh ס״ק ב).
Aharonim : ש״ך · ט״ז · פרי מגדים · פתחי תשובה · מהרי״ט · פני אריה · מהר״ר עוזר · חוות דעת · בית אפרים · יד אליהו · כרתי ופלתי · לבושי שרד · צמח צדק · נחלת צבי.

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן צ״ז · Niveau 2 — Lamdan · la pâte pétrie au lait, la גזירה et ce qui la lève
daattorah.com
⚠️ Ce contenu est écrit pour l’étude et l’examen seulement. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה) — demande à ton Rav.

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