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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Choulhan Aroukh · Yoré Déa

Les os se joignent-ils au permis ? Et : on n’annule pas un interdit délibérément — étude et pilpoul
סימן צ״ט
עצמות מצטרפין · משערים כמו שבא לפנינו · אין מבטלין איסור לכתחלה · חוזר וניעור
Sougya, chakira, shitot des Richonim et des Aharonim, nafka minot
⚡ Pour les lamdanim et les talmidei hakhamim ⚡
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Pilpoul et étude approfondie

Sougyot, sources, chakira de fond, ma’hlokot de Richonim et d’Aharonim,
nafka minot pratiques et examen des shitot

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן צ״ט — 7 seifim
avec l’appareil : ש״ך (שפתי כהן) · ט״ז (טורי זהב) · פתחי תשובה

Les sources que l’appareil convoque lui-même :
חולין צ״ז:–צ״ח. (l’annulation par soixante, min bemino et min bechéino mino) · חולין ק״ח. (cité par le Chakh, ס״ק ט״ו) · ביצה ד׳: (le bois tombé le jour de fête, cité par le Taz, ס״ק י״ב) · עבודה זרה ל״ג. (les cruchons, cité par le Taz, ס״ק ט״ו) · ירושלמי תרומות (cité par le Taz, ס״ק ח) · משנה ערלה פ״ב (cité par le Chakh, ס״ק כ״א)

Rédaction et étude :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. Ouverture de la sougya — un morceau de nevela qui comporte viande et os, et les os qui se joignent au permis (seif 1)
  2. Le fondement de la jonction des os — le hiddouch du Taz (ס״ק א), la question du Ba’h, et la ma’hloket du Chakh sur les os tendres et les os secs (ס״ק א)
  3. Cru, ou déjà cuit à part — l’os qui a absorbé se joint à l’interdit (seif 2)
  4. Les autres interdits — ’hatikha na’assé nevela — la glose du Rama (seif 3)
  5. On évalue tel que cela se présente devant nous — a’hzouké issoura, bouillon et kipa, min bemino et min bechéino mino, ce que le feu a consumé (seif 4)
  6. On n’annule pas un interdit lekhat’hila — chakira deoraita / derabanan, shogueg et mezid, su ou pas su (seif 5)
  7. Interdit rabbinique · marbé alav · ’hozer veni’or — le bois du jour de fête, et l’interdit premier qui réveille (seif 6)
  8. Un rien absorbé dans un ustensile employé en abondance — marmite et cruchons contre écuelle (seif 7)
  9. Chakira et nafka mina pratique
  10. Tableaux récapitulatifs

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif 1

↩ Explication détaillée (niveau 1)

דין העצמות אם מצטרפין לבטל איסור ושלא לבטל איסור לכתחלה. ובו ז׳ סעיפים: חתיכת נבילה שיש בה בשר ועצמות שנפלה לקדירת היתר עצמות האיסור מצטרפים עם ההיתר לבטל האיסור ואין צריך לומר שעצמות ההיתר מצטרפין עם ההיתר אבל המוח שבעצמות איסור מצטרף עם האיסור וגוף הקדירה אינה מצטרפת לא עם האיסור ולא עם ההיתר: הגה ויש מחמירים שלא לצרף עצמות האיסור עם ההיתר לבטל (הגהה אחת בש״ד בשם א״ז) ובמקום הפסד יש לסמוך אמקילין ומתירין כי כן עיקר:

résumé : le seif s’ouvre sur l’en-tête du siman, qui en annonce sept seifim. Un morceau de nevela comportant viande et os tombe dans une marmite de permis. Les os de l’interdit se joignent au permis pour l’annuler ; à plus forte raison les os du permis. La moelle qui est dans les os de l’interdit, elle, se joint à l’interdit. Et le corps de la marmite ne se joint ni à l’un ni à l’autre. Le Rama ajoute que certains sont stringents de ne pas joindre les os de l’interdit au permis, et qu’en cas de perte on s’appuie sur les indulgents, car c’est là l’essentiel.

1. Ouverture de la sougya — un morceau de nevela qui comporte viande et os

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le fondement — ce qui pèse du côté du permis, ce qui pèse du côté de l’interdit

Le fondement du siman : lorsqu’un morceau de nevela portant viande et os est tombé dans une marmite de permis, il faut mesurer soixante contre l’interdit. Et la question de fond est celle-ci : qu’est-ce qui entre dans le plateau de l’interdit, et qu’est-ce qui entre dans le plateau du permis ? Le Mehaber pose trois règles. (a) Les os ne sont pas de la nourriture, et les os de l’interdit eux-mêmes se joignent donc au permis — « עצמות האיסור מצטרפים עם ההיתר לבטל האיסור » (שו״ע יו״ד צ״ט:א) . (b) La moelle des os est de la nourriture, et elle se joint à l’interdit — « אבל המוח שבעצמות איסור מצטרף עם האיסור » (שו״ע יו״ד צ״ט:א) . (c) Le corps de la marmite, qui cuit maintenant, ne se joint ni d’un côté ni de l’autre — « וגוף הקדירה אינה מצטרפת לא עם האיסור ולא עם ההיתר » (שו״ע יו״ד צ״ט:א) .
La racine de la distinction — « se joindre » veut dire : sur un plateau de la balance. L’annulation par soixante est une mesure : la quantité de permis contre la quantité d’interdit. Ce qui n’est pas propre à être mangé n’est, de soi, ni permis ni interdit ; s’il était entièrement retiré, le calcul ne changerait pas. Mais l’os, lui, occupe un volume et a bu du jus de la marmite : il ajoute donc du volume au plateau du permis. C’est la précision de la langue du Mehaber : il ne dit pas seulement que les os ne sont pas de l’interdit, il dit qu’ils se joignent au permis. Et il ajoute qu’il n’y a même pas lieu de le dire des os du permis — « ואין צריך לומר שעצמות ההיתר מצטרפין עם ההיתר » (שו״ע יו״ד צ״ט:א) .
La glose du Rama. Le Rama rapporte d’abord la stringence : « ויש מחמירים שלא לצרף עצמות האיסור עם ההיתר לבטל » (רמ״א יו״ד צ״ט:א) Puis il tranche pour la pratique : « ובמקום הפסד יש לסמוך אמקילין ומתירין כי כן עיקר » (רמ״א יו״ד צ״ט:א) Autrement dit : en droit les os se joignent au permis, et en cas de perte on ne se montre nullement stringent. Le Chakh précise ce que porte exactement cette stringence — pour ceux qui la tiennent, les os de l’interdit ne comptent ni d’un côté ni de l’autre, tandis que les os du permis, eux, continuent de compter avec le permis : « וגם לא לאיסור אבל עצמות ההיתר מצטרפים להיתר » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ב)

2. Le fondement de la jonction des os — le hiddouch du Taz et la ma’hloket sur les os tendres et les os secs

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C’est l’un des passages les plus aigus du siman, et c’est là que le Taz (ס״ק א–ב) et le Chakh (ס״ק א–ג) pèsent de tout leur poids.

La chakira — pourquoi l’os de l’interdit se joint-il précisément au permis ? À première vue, si l’os n’est pas de la nourriture, pourquoi ne serait-il pas simplement neutre, sans peser d’aucun côté ? Et si on le fait peser, pourquoi le mettre du côté du permis plutôt que du côté de l’interdit, puisqu’il vient d’une bête interdite ?
La réponse du Taz (ס״ק א) — l’os n’est pas comestible, et ce qu’il absorbe dilue l’interdit. Le Taz explique d’abord que l’os, n’étant pas propre à être mangé, n’entre pas dans la catégorie de l’interdit : « לפי שאינם בני אכילה אינם בכלל האיסור » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק א) Puis il ajoute la seconde moitié du raisonnement, et elle est moins évidente : l’os absorbe bel et bien par la cuisson — mais justement, l’interdit se répand aussi en lui, et l’humidité qu’il contient brouille l’interdit qu’il a bu de la viande interdite. C’est pour cela qu’il se joint à ce qui annule : « ומ״מ בולעים הם על ידי הבישול ע״כ מצטרפין לבטל האיסור כי האיסור מתפשט גם לתוכן ויש בהם ג״כ לחלוחית לבלבל האיסור שבולעים מן הבשר האסור » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק א)
La question du Ba’h, rapportée par le Taz. Le Ba’h objecte depuis le siman 98, où le Rama tient que même le tesson d’un ustensile devient lui-même nevela et exige soixante contre lui : « ומו״ח ז״ל הקשה על רמ״א דכתב בת״ח הבאתיו בסי׳ צ״ח סעיף ה׳ דאפילו החרס שבכלי צריך ס׳ נגדו » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק א) Et le Rama y donne pour raison qu’un ustensile de terre ne peut pas être débarrassé de son interdit : « דבכלי חרס דאי אפשר להפריד האיסור על ידי הגעלה אמרינן הכלי נעשה נבילה אבל לא בשאר כלים » (רמ״א יו״ד צ״ח:ה) Dès lors : « א״כ גם כאן נימא דהעצמות נ״נ כיון שדבוקים הם לבשר האיסור » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק א) Le Chakh rapporte la même question au nom du Ba’h — son ס״ק ג s’ouvre sur ז״ל הב״ח — puis il y répond lui-même, ואין כאן תימה : « ויש לתמוה דה״ל לפסוק דהעצמות האיסור מצטרפים אל האיסור דכיון שהם דבוקים בבשר קבלו תחלה טעם האיסור ונ״נ » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ג)
La réponse — l’os est comme un ustensile que la hag’ala rend permis. Le Taz et le Chakh répondent, chacun de son côté, par la même distinction, et elle est technique : au siman 98, ce qui devient nevela est le tesson, parce qu’il n’a pas de remède ; le métal, lui, a la hag’ala, et le Mordekhi ne dit pas de lui qu’il devient nevela. « דעצם זה דומה ממש לכלי דאמרינן ביה בסימן צ״ח סעיף ה׳ דלא אמרינן ביה חתיכה ענ״נ אם הוא מתכות לדברי מרדכי כיון דיש לו היתר בהגעלה » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק א) « הכי נמי האי עצם דאפשר להפריד הנבלע בו עכשיו על ידי בישול עם בשר שעליו בהגעלה דהא קי״ל בא״ח סימן תנ״א דכלי עצם ניתרים בהגעלה » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק א) Et le Chakh, dans les mêmes termes : « וא״כ כלי עצם דיש להם תקנה בהגעלה וכמו שנתבאר בא״ח סימן תנ״א ודאי דדמי לכלי מתכת » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ג)
Ce que la réponse déplace : le critère n’est pas « nourriture ou non », mais « ce qui a absorbé peut-il être séparé de ce qu’il a absorbé ». L’os est du côté de ce qui se dégorge, donc du côté du permis.
La ma’hloket du Chakh — os tendres et os secs :
ShitaDe quel côté l’os se jointSource
Le Ra’a et le Ran — et ainsi le Chakh, qui ouvre son ס״ק en disant que cela lui paraît ainsi depuis le Chass et le Yeroushalmi : « ולפעד״נ בש״ס וירושלמי כדעת הרא״ה » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק א) Les os tendres, qui ont de la moelle et dont la tendreté laisse sortir de l’humidité, se joignent à l’interdit — « דהעצמות הרכות מצטרפים לאיסור מפני מוח שבהן ומחמת רכותן שיצא לחות » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק א) ש״ך ס״ק א ; פ״ת ס״ק א
Os secs, et pelures d’œufs Même ceux de l’interdit se joignent au permis — « אבל עצמות יבשים או קליפות של ביצים וכה״ג אף אותן של איסור מצטרפין לבטל האיסור » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק א) ש״ך ס״ק א (רא״ה בס׳ ב״ה, ר״ן, או״ה כלל כ״ח בשם הא״ז, ב״ח)
À noter : le Mehaber, lui, ne distingue pas ; c’est le Chakh qui introduit la partition, et il le fait sous la forme d’un avis personnel, non d’un psak rapporté.
Ce que le Pit’hei Techouva ajoute (ס״ק א), et qui rouvre la question. Le Pit’hei Techouva note que le Chakh a tranché comme le Ran, et que le Mahari Halévi, dans ses responsa, ne tranche pas ainsi : « עש״ך שפסק כהר״ן דעצמות רכות מצטרפים לאיסור ועיין בשו״ת מהר״י הלוי סי׳ כ״ח שלא פסק כן אלא דמצטרפין להיתר » (פת״ש יו״ד צ״ט ס״ק א) Puis il rapporte, du même Mahari Halévi, un doute qui déplace le débat : la jonction des os vaut-elle seulement pour la cuisson, et non pour le salage ? « דאיכא לספוקי אי דוקא בבישול מצטרפין עצמות איסור להיתר ולא במליחה » (פת״ש יו״ד צ״ט ס״ק א)
Attention à ne pas confondre : la suite de cette entrée distingue un interdit maigre et un interdit gras — la distinction porte sur l’interdit lui-même, dont la graisse se diffuse, et non sur l’os. Nous la rapportons, et nous ne la tranchons pas.
Le corps de la marmite (Taz ס״ק ב). Le Taz commence par circonscrire de quelle marmite le Mehaber parle : « פי׳ אותה הקדירה שמבשל בה עכשיו איסור והיתר » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ב) Car pour une marmite déjà rendue interdite, dans laquelle on cuit ensuite du permis, la chose est évidente et va en sens inverse : « אבל פשוט שקדירה שכבר נאסרה ואח״כ מבשל בה היתר גוף הקדירה ודאי מצטרף לאיסור » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ב) Il donne ensuite la raison pour laquelle le corps de la marmite ne compte pas ici, et elle vient d’une double leçon de la guemara : l’une dit que l’on mesure dans la marmite elle-même, avec son tesson ; l’autre, dans ce que la marmite a absorbé, et non dans le tesson. « דבגמ׳ איכא תרי לישני במאי שמצטרף לבטל חד אמר בקדירה עצמה בחרסית הקדירה וחד אמר במאי דבלעה הקדרה ולא בחרסית » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ב)

3. Cru, ou déjà cuit à part

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seif 2)

במה דברים אמורים שעצמות האיסור מצטרפים עם ההיתר כשנפלה חתיכת הנבלה לקדירת היתר כשהיא חיה אבל אם נתבשלה תחילה ואח״כ נפלה לקדירת היתר עצמות שבה מצטרפים עם האיסור לפי שבלעו מבשר הנבלה כשנתבשלה לבדה:

résumé : tout ce qui précède — les os de l’interdit qui se joignent au permis — ne vaut que si le morceau de nevela est tombé dans la marmite de permis cru. S’il a d’abord cuit à part, puis est tombé dans la marmite de permis, ses os se joignent à l’interdit, parce qu’ils ont bu de la viande de nevela pendant qu’elle cuisait seule.

Le fondement — l’os comme dépôt de ce qu’il a bu.
Le sort de l’os dépend de son histoire. Tombé « כשנפלה חתיכת הנבלה לקדירת היתר כשהיא חיה » (שו״ע יו״ד צ״ט:ב) , il n’a jamais bu de viande interdite : il est vide, et son volume compte comme du permis. Mais « אבל אם נתבשלה תחילה ואח״כ נפלה לקדירת היתר עצמות שבה מצטרפים עם האיסור » (שו״ע יו״ד צ״ט:ב) , et le Mehaber en donne lui-même la raison — « לפי שבלעו מבשר הנבלה כשנתבשלה לבדה » (שו״ע יו״ד צ״ט:ב) . La jonction de l’os n’est donc pas une propriété fixe : c’est la conséquence de ce qu’il a absorbé.
Le parallèle avec la marmite. Ce seif reproduit exactement la distinction que le Taz a faite au seif précédent sur le corps de la marmite : une marmite (ou un os) qui n’a pas bu d’interdit n’est pas du côté de l’interdit ; une marmite (ou un os) qui a bu et qui dégorge s’y joint. Un seul principe : c’est ce qui est absorbé qui décide du plateau, et non la forme extérieure du corps.

4. Les autres interdits — ’hatikha na’assé nevela

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et du Rama (seif 3)

בשאר איסורים חוץ מבשר בחלב חתיכה הבלועה מאיסור מצטרפת לבטל האיסור: הגה ואין נוהגין כן כי קיימא לן בכל איסורים חתיכה נעשית נבלה כדלעיל סימן צ״ב:

résumé : pour les autres interdits — hors viande-et-lait — un morceau qui a absorbé de l’interdit se joint néanmoins au permis pour annuler l’interdit. Glose du Rama : nous n’avons pas cet usage, car nous tenons que dans tous les interdits le morceau devient lui-même nevela, comme il a été dit au siman 92.

La racine de la ma’hloket :
Shita’Hatikha na’assé nevela dans les autres interditsSource
Le Mehaber Seulement pour la viande-et-lait. Ailleurs, le morceau qui a absorbé se joint au permis, et l’on mesure contre l’interdit absorbé seulement — « בשאר איסורים חוץ מבשר בחלב חתיכה הבלועה מאיסור מצטרפת לבטל האיסור » (שו״ע יו״ד צ״ט:ג) שו״ע יו״ד צ״ט:ג ; וע׳ סימן צ״ב
Le Rama ’Hatikha na’assé nevela dans tous les interdits — le morceau ne se joint donc pas, et il faut soixante contre lui tout entier רמ״א יו״ד צ״ט:ג ; וע׳ סימן צ״ב
Le lien avec le siman 92. Ce seif est le jumeau du seif 4 du siman 92. Là-bas se décide la question de principe : le morceau devient-il nevela dans tous les interdits ? Ici vient la nafka mina pratique : se joint-il, ou non ? Pour le Mehaber, puisqu’il n’y a pas de ’hatikha na’assé nevela ailleurs qu’en viande-et-lait, le morceau qui a absorbé demeure « du permis » et se joint pour annuler ; le Rama renvoie explicitement au siman 92 pour justifier sa pratique : « ואין נוהגין כן כי קיימא לן בכל איסורים חתיכה נעשית נבלה כדלעיל סימן צ״ב » (רמ״א יו״ד צ״ט:ג)
Ce que le Chakh ajoute, et que les deux shitot partagent. Le Chakh précise que même selon le Mehaber — donc même lorsque le morceau se joint — le morceau lui-même reste interdit : « מיהו החתיכה עצמה אסורה לפי שהאיסור שבה אינו נפלט ממנה לגמרי » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ד) Et il dit la même chose du côté du Rama : « אלא צריך ס׳ נגד כל החתיכה ואפ״ה החתיכה עצמה אסורה » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ה)
Autrement dit : la ma’hloket porte sur ce qui entre dans le calcul des soixante, non sur le sort du morceau, qui reste interdit dans les deux shitot (et voir יו״ד ק״ו).

5. On évalue tel que cela se présente devant nous — a’hzouké issoura, min bemino et min bechéino mino

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seif 4)

משערים ברוטב ובקיפה (פירוש הדק הדק של בשר ותבלין המתאסף בשולי קדרה) ובחתיכות ומשערים ההיתר והאיסור כמו שבא לפנינו אע״פ שהי׳ בהיתר יותר מתחילה ונתמעט בבישולו ונבלע בקדרה והני מילי במין בשאינו מינו אבל אם הוא מין במינו משערין גם במה שבלעה הקדרה ועומד בדופני הקדרה ומשערים זה באומד יפה ורואין אותו כאילו הוא בעין אבל מה שכלה ואבד מחמת האור אינו מצטרף שזה כלה לגמרי:

résumé : on évalue dans le bouillon, dans la kipa et dans les morceaux ; et l’on mesure le permis et l’interdit tels qu’ils se présentent devant nous, quoique le permis ait été plus abondant au départ et se soit réduit à la cuisson en étant absorbé par la marmite. Cela ne vaut que pour un interdit d’une autre espèce ; mais dans la même espèce, on évalue aussi ce que la marmite a absorbé et ce qui se tient dans ses parois, et on l’estime au plus juste comme s’il était là en nature. Ce que le feu a consumé et fait disparaître, en revanche, ne se joint pas.

Le fondement — « tel que cela se présente », et a’hzouké issoura.
Le principe est celui-ci : nous ne supposons pas qu’il y avait ici plus d’interdit que ce que nous voyons maintenant. Le Taz le dit en toutes lettres et en donne la condition : « דאחזוקי איסורא לא מחזקינן כיון שעכשיו אין ריעותא » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ה) On mesure donc le permis et l’interdit « ומשערים ההיתר והאיסור כמו שבא לפנינו » (שו״ע יו״ד צ״ט:ד) . Quant à la kipa, le Mehaber la définit lui-même par une parenthèse insérée dans le seif — le menu de la viande et des épices qui s’amasse au fond de la marmite — et le Taz reprend cette définition à son compte : « הוא דק דק של בשר ותבלין המתאסף בשולי הקדירה » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ג) Elle compte avec le reste du permis.
Min bemino et min bechéino mino :
Le casComment on évalueSource
Min bechéino mino (espèces différentes) Tel que cela se présente seulement. Le Taz en donne la raison : là, les soixante sont d’ordre biblique, puisqu’il y a goût, et l’on ne peut donc pas évaluer l’absorbé — « שבזה צריך ששים מן התורה כיון שנ״ט ע״כ אין לשער הבלוע » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ה) מחבר ס״ד ; ט״ז ס״ק ה
Min bemino (même espèce) On évalue aussi l’absorbé des parois, « ורואין אותו כאילו הוא בעין » (שו״ע יו״ד צ״ט:ד) . Le Taz : d’ordre biblique la chose est annulée par la majorité, et ce sont les Sages qui ont exigé soixante — on se permet donc d’estimer — « שמן התורה בטל ברוב רק שחכמים הצריכו ס׳ תולין להקל ומשערין באומד יפה » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ו) מחבר ס״ד ; ט״ז ס״ק ו
Ce que le feu a consumé Ne se joint pas du tout — « אבל מה שכלה ואבד מחמת האור אינו מצטרף שזה כלה לגמרי » (שו״ע יו״ד צ״ט:ד) מחבר ס״ד
À lire de près : le Taz clôt son ס״ק ו par une réserve qui vise l’estimation elle-même : « וכבר נתבאר דלא קי״ל כן » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ו) — et il faut la tenir avec ce que dit son ס״ק ד ci-dessous.
Ce que dit exactement le Taz ס״ק ד, et dans quel sens. Ce ס״ק se lit à l’envers de ce qu’on en attend, et il vaut la peine d’être suivi mot à mot. Le Rachba et le Ran énoncent une indulgence : si nous avons vu l’interdit au moment où il est tombé, on peut évaluer le permis absorbé par la marmite et le joindre à ce qui est dans la marmite, en mesurant l’interdit tel qu’il était en tombant. « הרשב״א בחידושיו והר״ן כתבו דאם ראינו האיסור בשעת נפילתו ולא נתמעט בשיעור אחד עם ההיתר משערין ההיתר שנבלע בקדרה ומצטרפין אותו למה שבתוך הקדירה ומשערינן האיסור כשעת נפילתו להיתר » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ד) C’est le Maharchal (ים של שלמה) qui refuse cette évaluation et qui dit, lui, qu’on mesure toujours tel que cela se présente : « להחמיר אפי׳ בראינו כי אין לעמוד על שורש הדבר ולא ידע כמה בלעה הקדירה אלא לעולם משערין כמו שבא לפנינו » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ד) Et le Taz en tire la conséquence pratique : « ולפ״ז אין להורות היתר במ״ש הש״ע בסעי׳ זה ומשערין באומד יפה » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ד) Le Chakh rapporte le même Maharchal dans les mêmes termes : « אלא לעולם משערין כמו שבא לפנינו » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ו)
Il faut donc distinguer deux emplois de la même formule. Dans le Mehaber, « tel que cela se présente » écarte la supposition qu’il y avait plus d’interdit — c’est une indulgence, fondée sur a’hzouké issoura. Chez le Maharchal, la même formule écarte l’évaluation du permis absorbé — et c’est une stringence. La formule est une, les directions sont opposées.

6. On n’annule pas un interdit lekhat’hila — shogueg et mezid, su et pas su

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C’est le cœur du siman et ce qu’il a de plus pratique ; le Taz y consacre ses ס״ק ז–י״א et le Chakh ses ס״ק ז–ט״ז.

Le texte du Mehaber et du Rama (seif 5)

אין מבטלין איסור לכתחלה ואפילו נפל לתוך היתר שאין בו שיעור לבטלו אין מוסיפין עליו היתר כדי לבטלו עבר וביטלו או שריבה עליו אם בשוגג מותר ואם במזיד אסור למבטל עצמו אם הוא שלו וכן למי שנתבטל בשבילו (ואסורים למכרו גם כן לישראל אחר שלא יהנו ממה שבטלו) (ארוך כלל כ״ד) ולשאר כל אדם מותר: הגה ודוקא שנתערב יבש ביבש או אפילו לח בלח למאן דאמר שאין אומרים בו חתיכה נעשית נבלה כדלעיל סי׳ צ״ב אבל חתיכה שבלעה איסור לא מהני שנתוסף אחר כך ההיתר דהא אמרינן ביה חתיכה נעשית נבילה (רשב״א סי׳ תצ״ה ועי׳ ס״ק י״ד) ויש אומרים דאפילו במקום דלא אמרינן חתיכה נעשית נבילה לא מהני ההיתר לבטל אלא אם נתוסף קודם שנודע התערובת אבל אם נודע התערובת קודם לא מהני מה שנתוסף אחר כך ולפי זה היה צריך החכם המורה לבטל איסור לחקור אם נתוסף ההיתר לאחר שנודע (ארוך כלל ל״ז) ולא נהגו כן:

résumé : on n’annule pas un interdit délibérément ; et même s’il est tombé dans du permis qui n’en contient pas assez pour l’annuler, on n’ajoute pas du permis afin de l’annuler. S’il a transgressé et l’a annulé, ou a augmenté la quantité : par inadvertance, c’est permis ; délibérément, c’est interdit à celui qui a annulé si la chose est à lui, et à celui pour qui elle a été annulée ; il leur est également interdit de la vendre à un autre Juif, pour qu’ils ne tirent pas profit de leur annulation ; à toute autre personne, c’est permis. Glose du Rama : cela vaut pour du sec mêlé à du sec, ou même du liquide dans du liquide selon l’avis qui ne dit pas ici ’hatikha na’assé nevela (siman 92) ; mais un morceau qui a absorbé de l’interdit, l’ajout ultérieur de permis ne lui sert de rien. Et certains disent que même là où l’on ne dit pas ’hatikha na’assé nevela, l’ajout ne vaut que s’il a été fait avant que le mélange ne soit connu — mais ce n’est pas l’usage.

La chakira — deoraita ou derabanan ? Les Aharonim interrogent le fond même de « אין מבטלין איסור לכתחלה ואפילו נפל לתוך היתר שאין בו שיעור לבטלו » (שו״ע יו״ד צ״ט:ה) : est-ce un interdit d’ordre biblique ou d’ordre rabbinique ? La nafka mina est grande pour les cas du seif lui-même — l’inadvertance, la perte, le doute.
Ce que le Chakh rapporte (ס״ק ז), et qui n’est pas un psak unique. Le Chakh ne tranche pas d’une seule main : il rapporte les deux côtés. Pour le Rachba et le Ran, selon les Tossafot, c’est d’ordre rabbinique ; pour le Raavad, c’est d’ordre biblique. « כתב הרשב״א בתה״א בית ד׳ ריש שער ג׳ והר״ן פג״ה דהיינו מדרבנן » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ז) « אבל לדעת הראב״ד אסור מדאורייתא מיהו בדיעבד גם דעת הראב״ד כמ״ש המחבר » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ז) Ce dernier membre de phrase est décisif : même le Raavad admet, après coup, ce qu’écrit le Mehaber. Le Chakh termine en notant que le Rama de Fano se range à l’avis « d’ordre rabbinique ».
Ce que le Noda BiYehouda ajoute (rapporté par le Pit’hei Techouva, ס״ק ג) — annuler un goût, annuler une substance. Le Pit’hei Techouva rapporte du Noda BiYehouda une distinction qui explique pourquoi la chakira ne se tranche pas d’un mot : « דדוקא לבטל הטעם של איסור הוא מדרבנן אבל ממשות האיסור יבש ביבש ברוב הוא מדאורייתא » (פת״ש יו״ד צ״ט ס״ק ג) La question « deoraita ou derabanan » dépend donc de la nature de l’annulation : annuler un goût, ou annuler une substance.
Shogueg permis, mezid interdit — et ce que le Taz appelle exactement un mezid (ס״ק ז–ט). Le Taz examine d’abord une contradiction : au siman 110, il ressort que même par inadvertance on pénalise. Puis il pose, à la fin de son ס״ק ז, la clé de lecture : « ומ״ש בשוגג מותר צ״ל דה״ק שעבר במזיד אלא שחשב שדבר זה מותר וזה סיוע למה שכתבתי בסמוך דטועה בדין מקרי שוגג » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ז) Il revient sur la question à son ס״ק ט, et il faut lire ce ס״ק jusqu’au bout. Il expose d’abord l’opinion selon laquelle tout dépend de l’intention d’augmenter, de sorte que celui qui s’est trompé dans la loi serait malgré tout un mezid : « דהעיקר תלוי בכוונה להרבות אם נתכוין בזה אע״ג דטעה בדין וסבר שמותר להרבות לבטל האיסור מ״מ מקרי מזיד » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ט) Puis il la rejette : « ובאמת לא נראה כך » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ט) Et il conclut en sens inverse : « אלא ע״כ שגם זה מקרי שוגג » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ט) Ce qu’il appelle mezid est donc autre chose : « דמה שכתב הטור אבל המכוון להרבות פירושו שיודע שיש איסור בדבר ואפ״ה עושיהו זה מקרי מזיד » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ט)
Autrement dit : celui qui savait qu’il y a là un interdit et l’a fait tout de même est un mezid ; celui qui s’est trompé dans la loi et pensait qu’il était permis d’annuler est un shogueg, et c’est permis. Le Pit’hei Techouva rapporte le Taz exactement en ce sens : « עבה״ט בשם ט״ז דאומר מותר שוגג הוא » (פת״ש יו״ד צ״ט ס״ק ה)
La limite que le Tsema’h Tsedek pose au shogueg (Pit’hei Techouva ס״ק ה). Si l’erreur dans la loi est un shogueg, jusqu’où ? Le Tsema’h Tsedek borne : « דאם הוא מסופק בהוראה ושאל ללומדים ולא שאל לבעלי הוראה המפורסמים לא מקרי שוגג » (פת״ש יו״ד צ״ט ס״ק ה) Le Pit’hei Techouva note dans la même entrée que le Beit Yaakov conteste le Taz sur ce point, et que le ’Hatam Sofer, lui, paraît s’y ranger. La question reste ouverte, et nous ne la tranchons pas.
À qui le seif s’applique — et une précision du Chakh (ס״ק ט). Le Mehaber écrit : « עבר וביטלו או שריבה עליו אם בשוגג מותר ואם במזיד אסור למבטל עצמו אם הוא שלו וכן למי שנתבטל בשבילו » (שו״ע יו״ד צ״ט:ה) Le Chakh borne la portée de « par inadvertance, c’est permis » : « והיינו דוקא בשאר איסורים לדעת הט״ו דלא אמרינן חנ״נ בשאר איסורים אבל בבשר בחלב דנ״נ אפי׳ בשוגג אסור » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ט)
La permission du shogueg n’est donc pas générale : elle suppose la position qui ne dit pas ’hatikha na’assé nevela.
« Et à celui pour qui elle a été annulée » (Taz ס״ק י, au nom du Maharchal). L’interdit ne frappe celui pour qui l’annulation a été faite que s’il le savait et que cela lui convenait : « דהיינו דוקא שידע זה שנתבטל עבורו וניחא ליה אפילו לא צוה אותו לבטלו אבל אם לא ידע ממנו שרי ליה דהרי הוא כשוגג » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק י) Le Chakh donne la raison du décret : « דאי שרית למי שנתבטל בשבילו חיישינן דילמא אתי למימר לעובד כוכבים או לעבד שיבטלנו הלכך קנסינן ליה » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק י״א) Et le Mehaber ajoute l’interdiction de vendre : « ואסורים למכרו גם כן לישראל אחר שלא יהנו ממה שבטלו » (שו״ע יו״ד צ״ט:ה) tout en précisant que pour tout autre, la chose est permise — « ולשאר כל אדם מותר » (שו״ע יו״ד צ״ט:ה) .
L’intention tournée vers autre chose (Taz ס״ק ז). Tout « on n’annule pas » suppose que l’intention est d’annuler l’interdit. Si l’intention vise autre chose — corriger le miel, par exemple — et qu’il est impossible de procéder autrement, c’est permis : « בסי׳ פ״ד סעיף י״ג מבואר דאם אין כוונתו רק לדבר אחר כגון לתקן הדבש מותר ובסי׳ קל״ז סעיף ב׳ כתבתי דהיינו דוקא באי אפשר בענין אחר » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ז) Le Pit’hei Techouva (ס״ק ד) rapporte que le Peri Megadim élargit la condition : « ובפמ״ג מבואר דאף אם אפשר רק שהוא טירחא נמי שרי » (פת״ש יו״ד צ״ט ס״ק ד) mais il ajoute aussitôt que les mots du Peri Megadim ne sont pas contraignants. Nous rapportons les deux.
Su et pas su — le Chakh conteste :
ShitaCondition de l’ajoutSource
Les « certains disent » du Rama Là où l’on ne dit pas ’hatikha na’assé nevela, l’ajout ne vaut que s’il a été fait avant que le mélange ne soit connu — « ויש אומרים דאפילו במקום דלא אמרינן חתיכה נעשית נבילה לא מהני ההיתר לבטל אלא אם נתוסף קודם שנודע התערובת » (רמ״א יו״ד צ״ט:ה) רמ״א יו״ד צ״ט:ה
Le Chakh (ס״ק ט״ו–ט״ז), et avec lui le Peri Hadach et le Min’hat Yaakov Il n’y a pas lieu de distinguer entre su et pas su, mais seulement entre inadvertance et délibéré. Le Chakh dit la difficulté d’un mot — « ומ״מ דברי האו״ה והרב צ״ע » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ט״ו) — et son argument est qu’aucun décisionnaire ne fait cette partition : « ולא מצינו בשום פוסק לחלק בין נודע או לא » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ט״ו) ש״ך ס״ק ט״ו–ט״ז ; פ״ת ס״ק ו
Le Pit’hei Techouva résume la position du Chakh dans les mêmes termes : « עש״ך שחולק ע״ז שאין לחלק כלל בין נודע או לא אלא בין שוגג למזיד » (פת״ש יו״ד צ״ט ס״ק ו)
Et pourquoi, en pratique, on n’enquête pas (Chakh ס״ק ט״ז). Le Rama conclut son seif par « ולא נהגו כן » (רמ״א יו״ד צ״ט:ה) . Le Chakh en donne la raison, et c’est le même principe qu’au seif 4 : « והטעם דלא נהגו לחקור נראה לי דאחזוקי איסורא לא מחזקינן דמהיכי תיתי נימא שהוסיפו עליו אח״כ » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ט״ז)
Le même a’hzouké issoura qui interdit de supposer qu’il y avait plus d’interdit interdit ici de supposer qu’on a ajouté après coup. C’est un fil qui traverse le siman entier.

7. Interdit rabbinique · marbé alav · ’hozer veni’or

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et du Rama (seif 6)

איסור של דבריהם אין מערבין אותו בידים כדי לבטלו ואם עשה כן במזיד אסור אבל אם נפל מעצמו ואין בהיתר כדי לבטלו מרבה עליו ומבטלו: הגה ויש אומרים דאין לבטל איסור דרבנן או להוסיף עליו כמו באיסור דאורייתא וכן נוהגין ואין לשנות (טור בשם הרא״ש ובת״ה סימן צ״ד ובהגהת ש״ד ורא״ה בב״ה ור״ן ומרדכי ואגודה פ״ק דביצה) . איסור שנתבטל כגון שהיה ס׳ כנגדו ונתוסף בו אחר כך מן האיסור הראשון חוזר וניעור ונאסר ל״ש מין במינו ל״ש מין בשאינו מינו לא שנא יבש ל״ש לח לא שנא נודע בינתים או לא נודע בינתים (הגהת ש״ד סימן נ״ט) כזית חלב שנפל למים ונתבטל בס׳ ואח״כ נפל מן המים לקדירה של בשר מותר אף על פי שאין בבשר ס׳ נגד החלב שהרי נתבטל במים (בארוך) וכל כיוצא בזה:

résumé : un interdit d’ordre rabbinique — on ne le mêle pas de ses mains pour l’annuler, et si on l’a fait délibérément c’est interdit ; mais s’il est tombé de lui-même et qu’il n’y a pas de quoi l’annuler, on augmente la quantité de permis et on l’annule. Glose du Rama : certains disent qu’on n’annule pas non plus un interdit rabbinique et qu’on n’y ajoute pas, comme pour un interdit biblique — et tel est l’usage, qu’il ne faut pas changer. Puis : un interdit déjà annulé par soixante, auquel on ajoute ensuite de l’interdit premier, se réveille et tout devient interdit — même espèce ou espèce différente, sec ou liquide, que la chose ait été sue entre-temps ou non. Mais un kazayit de graisse tombé dans de l’eau et annulé par soixante, puis passé de l’eau dans une marmite de viande, est permis, quoiqu’il n’y ait pas soixante dans la viande contre la graisse, puisqu’il a déjà été annulé dans l’eau.

Le fondement — « marbé alav », et les deux sortes d’ajout.
Le Mehaber permet, pour un interdit rabbinique tombé de lui-même, d’augmenter le permis et de l’annuler — « אבל אם נפל מעצמו ואין בהיתר כדי לבטלו מרבה עליו ומבטלו » (שו״ע יו״ד צ״ט:ו) . Mais l’ouverture du seif dit déjà la limite : « איסור של דבריהם אין מערבין אותו בידים כדי לבטלו ואם עשה כן במזיד אסור » (שו״ע יו״ד צ״ט:ו) . Le Rama, lui, est stringent : « ויש אומרים דאין לבטל איסור דרבנן או להוסיף עליו כמו באיסור דאורייתא וכן נוהגין ואין לשנות » (רמ״א יו״ד צ״ט:ו) . C’est un seul et même principe que le « on n’annule pas » du seif 5 — toute la permission tient à ce que la chose soit tombée d’elle-même, et non à un ajout fait de ses mains.
La preuve du Taz par le bois du jour de fête (ס״ק י״ב), et la question qu’elle soulève. Le Taz appuie « marbé alav » sur la sougya du bois tombé d’un palmier dans le four un jour de fête : « וראייה לזה מעצים שנשרו מדקל לתוך התנור בי״ט שמרבה עליהם עצים מוכנים ומדליקן כדאיתא בריש ביצה » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק י״ב) Puis il s’étonne d’une divergence interne au Choulhan Aroukh — ici le Mehaber suit le Rachba, et en Ora’h Haïm, à propos de la lampe de Hanouka, il suit le Maharam : « ותימה על בעל הש״ע שכאן פוסק כרשב״א ובא״ח סימן תרע״ז גבי נר חנוכה פוסק כמהר״ם דס״ל כהרא״ש דאסור להוסיף » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק י״ב) Le Chakh pose exactement la même difficulté, et il la laisse ouverte : « קשה דבא״ח סי׳ תרע״ז סתם המחבר וכתב דמותר השמן שבנר חנוכה שנתערב בשמן אחר ואין בו ס׳ לבטלו יש מי שאומר שאין להוסיף עליו לבטלו » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק י״ט) Son entrée s’achève sur un צ״ע. Le Pit’hei Techouva (ס״ק ז) renvoie, sur « marbé alav », à une objection du Maguen Avraham et à la réponse de Rabbi Akiva Eiger. Nous rapportons la difficulté ; nous ne la résolvons pas.
’Hozer veni’or — quand l’interdit se réveille :
Le casLa loiSource
On a ajouté de l’interdit premier à un mélange déjà annulé Il se réveille et tout devient interdit — et le Rama ferme toutes les portes : « ל״ש מין במינו ל״ש מין בשאינו מינו לא שנא יבש ל״ש לח לא שנא נודע בינתים או לא נודע בינתים » (רמ״א יו״ד צ״ט:ו) רמ״א יו״ד צ״ט:ו
On a ajouté un interdit d’une autre espèce Il ne réveille rien ; bien au contraire, l’un annule l’autre — « דאם הוא מין איסור אחר אדרבה אחד מהני לבטל חבירו כדלעיל סי׳ צ״ח בסופו » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק י״ג) ט״ז ס״ק י״ג ; ש״ך ס״ק כ
La graisse annulée dans l’eau, puis tombée dans la viande Ne se réveille pas ; c’est permis, « שהרי נתבטל במים » (רמ״א יו״ד צ״ט:ו) רמ״א יו״ד צ״ט:ו
Le Chakh formule la règle dans les mêmes termes que le Taz : « היינו דוקא במין איסור אחד אבל בב׳ מיני איסורים שחלוקים בטעמא כל אחד מבטל טעם חבירו » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק כ)
’Hozer veni’or n’est pas la cuiller trempée deux fois (Taz ס״ק י״ד) — et il faut lire la phrase dans le bon sens. Le Taz écarte le rapprochement avec le cas du siman 94, où l’on trempe une cuiller dans une marmite interdite puis dans une marmite permise : « לא דמי לתחיבת כף שתי פעמים דסי׳ צ״ד דהכא איכא איסור חדש » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק י״ד) Le « ici » de cette phrase désigne notre siman. Le Taz dit que le cas du siman 94 ne ressemble pas au nôtre, parce qu’ici, dans le ’hozer veni’or, il y a un interdit qui vient s’ajouter — tandis que la cuiller ne fait que reprendre le même interdit. C’est ce supplément d’interdit qui réveille et qui lie. Et à l’inverse, un interdit d’une autre espèce ne réveille pas : il annule (et voir la fin du siman 98).

8. Un rien absorbé dans un ustensile employé en abondance — marmite et cruchons contre écuelle

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seif 7)

אם נבלע איסור מועט לתוך כלי כשר אם דרכו של אותו כלי להשתמש בו בשפע היתר מותר להשתמש בו לכתחלה כיון שהאיסור מועט ואי אפשר לבא לידי נתינת טעם ולפיכך איסור משהו שנבלע בקדרה או בתוך קנקנים וכיוצא בהם מותר להשתמש בו לכתחלה ואפילו בבן יומו לפי שאי אפשר לבא לידי נתינת טעם אבל אם נבלע בכלי שדרכו להשתמש לעתים בדבר מועט כקערה וכיוצא בה אסור להשתמש אפי׳ בשפע גזרה שמא ישתמש בה בדבר מועט ויבא לידי נתינת טעם:

résumé : si un peu d’interdit a été absorbé dans un ustensile cachère : si l’usage de cet ustensile est d’y employer du permis en abondance, il est permis de s’en servir d’emblée, puisque l’interdit est minime et qu’il ne peut pas venir à donner du goût. C’est pourquoi un rien d’interdit absorbé dans une marmite, dans des cruchons et leurs semblables — on peut s’en servir d’emblée, et même le jour même. Mais s’il a été absorbé dans un ustensile dont l’usage est parfois de peu de matière, comme une écuelle, il est interdit de s’en servir même en abondance, de peur qu’on ne s’en serve pour peu de matière et qu’on n’en vienne à donner du goût.

Le fondement — « il ne peut pas venir à donner du goût ».
La racine du seif : l’annulation par soixante tient à la possibilité d’un goût. Un ustensile dont l’usage est toujours d’abondance — grande marmite, cruchons — le rien qui y est absorbé n’atteindra jamais le sixantième, et c’est le Mehaber lui-même qui le dit : « אם דרכו של אותו כלי להשתמש בו בשפע היתר מותר להשתמש בו לכתחלה כיון שהאיסור מועט ואי אפשר לבא לידי נתינת טעם » (שו״ע יו״ד צ״ט:ז) . Et il précise jusqu’où va la permission : « ואפילו בבן יומו » (שו״ע יו״ד צ״ט:ז) . Mais un ustensile qui sert parfois pour peu de matière tombe sous un décret : « אבל אם נבלע בכלי שדרכו להשתמש לעתים בדבר מועט כקערה וכיוצא בה אסור להשתמש אפי׳ בשפע גזרה שמא ישתמש בה בדבר מועט ויבא לידי נתינת טעם » (שו״ע יו״ד צ״ט:ז) .
D’où le Mehaber tient ce seif (Taz ס״ק ט״ו). Le Taz nomme la source : « הרשב״א בתה״א דף קכ״ו למד דין זה » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ט״ו) et il développe la sougya des cruchons d’Avoda Zara. Le Chakh, pour sa part, signale que ce seif n’est pas isolé dans le Choulhan Aroukh : « כל הסעיף זה הוא כפול לקמן סימן קכ״ב ס״ה » (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק כ״ג) Qui veut suivre la question jusqu’au bout doit donc lire les deux endroits ensemble.
La conclusion du Taz, et elle est stringente — ne pas la manquer. Le ס״ק ט״ו est long, et il ne s’arrête pas à la source. Le Taz y suit l’objection du Tour contre le Rachba, celle du Ra’a, et la lecture du Ran ; puis il conclut que la permission du « grand ustensile » ne vaut que là où le goût absorbé est gâté (פוגם), et non là où il ne l’est pas — par exemple la graisse ou le sang : « והכי קי״ל לחומרא דלא מהני כלי גדול במקום שאין פוגם » (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ט״ו)
Le seif du Mehaber et la conclusion du Taz ne coïncident donc pas. Nous rapportons l’un et l’autre, chacun avec sa référence, et nous ne tranchons pas : une conduite pratique se demande à son Rav.
Le rapport avec le seif 5. Ce seif n’est pas le « ban de l’annulation délibérée » du seif 5, car ici on n’annule rien de ses mains : l’ustensile a déjà absorbé un rien, et la question est seulement de savoir si l’on peut s’en servir. Et dès lors qu’il est assuré qu’il y aura toujours soixante, il n’y a pas de crainte d’interdit du tout. C’est la différence de fond : dans « on n’annule pas », il y a un interdit entier qui demande à être annulé ; ici, il n’y a pas d’interdit qui puisse jamais venir à donner du goût.

9. Chakira et nafka mina pratique

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La chakira qui tient tout le siman : qu’est-ce qui entre dans le plateau de l’interdit, qu’est-ce qui entre dans le plateau du permis — et quand est-il permis, ou interdit, d’annuler et de réveiller ?
Nafka mina pratique — chaque ligne adossée à son entrée d’appareil :
  1. Les os de l’interdit se joignent au permis, et en cas de perte on ne se montre nullement stringent (רמ״א יו״ד צ״ט:א — « ובמקום הפסד יש לסמוך אמקילין ומתירין כי כן עיקר » (רמ״א יו״ד צ״ט:א) ).
  2. Un morceau qui a absorbé de l’interdit devient nevela et ne se joint pas : il faut soixante contre lui tout entier (רמ״א יו״ד צ״ט:ג) ; et le morceau lui-même reste interdit (ש״ך יו״ד צ״ט ס״ק ה).
  3. On évalue tel que cela se présente ; dans la même espèce, on évalue aussi l’absorbé de la marmite (שו״ע יו״ד צ״ט:ד).
  4. On n’annule pas un interdit lekhat’hila ; le shogueg est permis, le mezid interdit à celui qui annule et à celui pour qui l’on a annulé (שו״ע יו״ד צ״ט:ה) — et celui qui s’est trompé dans la loi entre dans le shogueg (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ט).
  5. Même un interdit rabbinique, on ne l’annule pas (רמ״א יו״ד צ״ט:ו) ; et de l’interdit premier ajouté réveille l’ensemble.
  6. Un rien dans une marmite ou des cruchons — permis même le jour même (שו״ע יו״ד צ״ט:ז) ; une écuelle — interdit. Et la conclusion du Taz restreint la permission au goût gâté (ט״ז יו״ד צ״ט ס״ק ט״ו).
Et pour la pratique — demandez à votre Rav.

10. Tableaux récapitulatifs

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Tableau — ce qui se joint, et de quel côté

La chose De quel côté elle se joint Source
Os de l’interdit (secs, durs) Avec le permis — ils ne sont pas de la nourriture מחבר ס״א ; ט״ז ס״ק א
La moelle dans les os Avec l’interdit — c’est de la nourriture מחבר ס״א
Os tendres (humides, avec moelle) Avec l’interdit, selon le Chakh (et le Mahari Halévi conteste) ש״ך ס״ק א ; פ״ת ס״ק א
Le corps de la marmite qui cuit maintenant Ni d’un côté ni de l’autre מחבר ס״א ; ט״ז ס״ק ב
Marmite déjà rendue interdite Avec l’interdit — elle dégorge ט״ז ס״ק ב
Morceau cuit d’abord à part Avec l’interdit — il a absorbé מחבר ס״ב
Morceau qui a absorbé de l’interdit (selon le Rama) Ne se joint pas — ’hatikha na’assé nevela רמ״א ס״ג
L’absorbé de la marmite — min bemino Mesuré comme s’il était là en nature מחבר ס״ד
Ce que le feu a consumé et fait disparaître Ne se joint pas du tout מחבר ס״ד ; ט״ז ס״ק ה
Un rien dans un ustensile d’abondance Permis même le jour même ; écuelle — interdit מחבר ס״ז ; ט״ז ס״ק ט״ו

Tableau — les ma’hlokot centrales du siman

Sujet Shita א Shita ב
Jonction des os de l’interdit Le Mehaber — ils se joignent au permis « Certains sont stringents » — ils ne les joignent pas (et en cas de perte, comme le Mehaber)
Os tendres contre os secs Tendres à l’interdit, secs au permis (Chakh, comme le Ra’a et le Ran) Le Mahari Halévi conteste (פ״ת ס״ק א)
’Hatikha na’assé nevela dans les autres interdits Le Mehaber — seulement en viande-et-lait (le morceau se joint) Le Rama — dans tous les interdits (il ne se joint pas)
« On n’annule pas » : deoraita ou derabanan Rachba et Ran, selon les Tossafot — derabanan Le Raavad — deoraita ; mais après coup il admet le Mehaber (ש״ך ס״ק ז)
Celui qui s’est trompé dans la loi Un shogueg, et c’est permis (ט״ז ס״ק ז, ט) Le Beit Yaakov conteste le Taz (פ״ת ס״ק ה)
« On n’annule pas » : su et pas su Les « certains disent » du Rama — l’ajout seulement avant que ce soit su Le Chakh — seulement shogueg / mezid (ש״ך ס״ק ט״ו–ט״ז)
Augmenter sur un interdit rabbinique Le Mehaber, comme le Rachba — on augmente et on annule Le Rama — on n’annule pas non plus un interdit rabbinique
Évaluer ce que la marmite a absorbé quand on a vu tomber l’interdit Rachba et Ran — on évalue (indulgence) Le Maharchal — jamais, on mesure tel que cela se présente (ט״ז ס״ק ד ; ש״ך ס״ק ו)

Tableau — les sources de la sougya

Guemara et michna, telles que l’appareil du siman les convoque : חולין צ״ז:–צ״ח. (l’annulation par soixante, min bemino et min bechéino mino, a’hzouké issoura) · חולין ק״ח. (Chakh ס״ק ט״ו) · ביצה ד׳: (le bois tombé le jour de fête — Taz ס״ק י״ב) · עבודה זרה ל״ג. (les cruchons — Taz ס״ק ט״ו) · בכורות כ״ג. et בכורות ל״ו (Taz ס״ק ח–ט) · שבת, פרק כלל גדול, et גיטין נ״ג–נ״ד (Taz ס״ק ט) · ירושלמי תרומות, פרק סאה תרומה (Taz ס״ק ח) · משנה ערלה פ״ב (Chakh ס״ק כ״א)
Richonim : רש״י · רמב״ם · ראב״ד · תוספות · רא״ש · רשב״א (תורת הבית) · רא״ה (בדק הבית) · ר״ן · רמב״ן · מרדכי · אור זרוע (בהגהת ש״ד) · סמ״ג · טור · איסור והיתר הארוך · רבינו יונה
Aharonim : בית יוסף · רמ״א · דרכי משה · תורת חטאת · ש״ך · ט״ז · ב״ח · מהרש״ל (ים של שלמה) · לבוש · מהר״י הלוי · פרי חדש · פרי מגדים · מנחת יעקב · מגן אברהם · רבי עקיבא איגר · פתחי תשובה · נודע ביהודה · צמח צדק · בית יעקב · חתם סופר · תיבת גמא

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן צ״ט · Niveau 2 — Lamdan · דין העצמות ושלא לבטל איסור לכתחלה
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