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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 99 — On n'annule pas un interdit délibérément (אין מבטלין איסור לכתחילה)

Les os qui se combinent, אין מבטלין איסור לכתחילה, le חוזר וניעור — pour découvrir et comprendre
יורה דעה · סימן צ״ט
דין העצמות וביטול איסור לכתחילה
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman 99 : les 7 seifim du Mehaber et les gloses du Rama, texte hébreu et traduction française fluide. Les os de l'interdit se combinent-ils avec le permis pour annuler l'interdit ? La règle אין מבטלין איסור לכתחילה (on n'annule pas un interdit délibérément ; שוגג / מזיד), le חוזר וניעור (l'interdit annulé qui se « réveille »), comment évaluer le mélange (רוטב, קיפה, מין במינו) et le משהו absorbé dans un ustensile utilisé avec abondance.

Sujet : Les os qui se combinent, l'annulation d'un interdit, שוגג / מזיד, חוזר וניעור
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן צ״ט

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Mehaber : les 7 seifim, par groupes thématiques
2. Contexte : pourquoi ce siman traite des os et de l'annulation
3. Les concepts-clés : עצמות מצטרפין, אין מבטלין, שוגג / מזיד, חוזר וניעור, מין במינו…
4. L'évaluation : le tableau רוטב / קיפה / מין במינו
5. Le Shach et le Taz : qui ils sont, quelques entrées-clés
6. La glose du Rama (הגה)
7. אין מבטלין איסור לכתחילה : שוגג, מזיד et חוזר וניעור
8. Cas pratiques modernes : ajout de permis, mélange annulé, ustensile
9. Synthèse et questions de compréhension

1. Le texte du Mehaber — les 7 seifim

Le Siman 99 prolonge les lois de תערובת (les mélanges d'interdit et de permis). Après les simanim sur l'annulation par soixante (notamment 98), le Mehaber (Rabbi Yossef Karo) traite ici de deux grands sujets : d'abord les os (עצמות) — se combinent-ils au permis pour atteindre les soixante, ou bien au contraire à l'interdit ? Puis la grande règle on n'annule pas un interdit délibérément (אין מבטלין איסור לכתחילה), avec ses conséquences (שוגג / מזיד), le חוזר וניעור (l'interdit annulé qui se réveille) et le cas du משהו absorbé dans un ustensile. Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute ses gloses (הגה) pour l'usage achkénaze. Découvrons les seifim par groupes.

Groupe A — Les os se combinent : cru ou déjà cuit (seifim 1-2)

Seif 1 — Les os de l'interdit se combinent avec le permis

חֲתִיכַת נְבֵילָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ בָּשָׂר וַעֲצָמוֹת שֶׁנָּפְלָה לִקְדֵרַת הֶיתֵּר — עַצְמוֹת הָאִסּוּר מִצְטָרְפִים עִם הַהֶיתֵּר לְבַטֵּל הָאִסּוּר, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר שֶׁעַצְמוֹת הַהֶיתֵּר מִצְטָרְפִין עִם הַהֶיתֵּר; אֲבָל הַמֹּחַ שֶׁבְּעַצְמוֹת אִסּוּר מִצְטָרֵף עִם הָאִסּוּר; וְגוּף הַקְּדֵרָה אֵינָהּ מִצְטָרֶפֶת לֹא עִם הָאִסּוּר וְלֹא עִם הַהֶיתֵּר. (הגה: וְיֵשׁ מַחְמִירִים שֶׁלֹּא לְצָרֵף עַצְמוֹת הָאִסּוּר עִם הַהֶיתֵּר לְבַטֵּל; וּבִמְקוֹם הֶפְסֵד יֵשׁ לִסְמוֹךְ אַמְּקִילִין וּמַתִּירִין, כִּי כֵן עִקָּר.)
Un morceau de נבילה comportant viande et os, tombé dans une marmite de permis : les os de l'interdit se combinent avec le permis pour annuler l'interdit (עצמות האיסור מצטרפים עם ההיתר), et a fortiori les os du permis se combinent avec le permis. En revanche, la moelle (מוח) qui est dans les os de l'interdit se combine avec l'interdit. Et le corps de la marmite (גוף הקדירה) ne se combine ni avec l'interdit ni avec le permis. Glose du Rama : certains sont stringents de ne pas combiner les os de l'interdit avec le permis ; mais en cas de perte (הפסד), on s'appuie sur les indulgents qui permettent — car c'est l'essentiel (כי כן עיקר).
L'idée centrale : les os ne sont pas eux-mêmes « de la viande comestible » : on les compte donc du côté du permis pour atteindre les soixante. Mais ce qui est nourrissant — la moelle — reste du côté de l'interdit, et le métal de la marmite, lui, ne compte ni d'un côté ni de l'autre. Le Rama signale une opinion stricte (ne pas combiner les os de l'interdit), mais tranche que l'essentiel est l'indulgence, sur laquelle on s'appuie surtout en cas de perte.

Seif 2 — Cru se combine au permis, déjà cuit se combine à l'interdit

בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים שֶׁעַצְמוֹת הָאִסּוּר מִצְטָרְפִים עִם הַהֶיתֵּר — כְּשֶׁנָּפְלָה חֲתִיכַת הַנְּבֵלָה לִקְדֵרַת הֶיתֵּר כְּשֶׁהִיא חַיָּה; אֲבָל אִם נִתְבַּשְּׁלָה תְּחִלָּה, וְאַחַר כָּךְ נָפְלָה לִקְדֵרַת הֶיתֵּר — עֲצָמוֹת שֶׁבָּהּ מִצְטָרְפִים עִם הָאִסּוּר, לְפִי שֶׁבָּלְעוּ מִבְּשַׂר הַנְּבֵלָה כְּשֶׁנִּתְבַּשְּׁלָה לְבַדָּהּ.
Tout cela (les os de l'interdit se combinant avec le permis) ne vaut que lorsque le morceau de נבילה est tombé dans la marmite de permis cru (חַי). Mais s'il a été cuit d'abord seul, puis est tombé dans la marmite de permis → ses os se combinent avec l'interdit (עצמות שבה מצטרפים עם האיסור), parce qu'ils ont absorbé de la viande de נבילה lorsqu'il a cuit seul.
Le pivot du seif : l'os « neutre » (qui penche vers le permis) ne l'est que tant qu'il n'a rien absorbé. Si le morceau d'interdit a déjà cuit seul, ses propres os ont bu du jus de נבילה : ils sont désormais imprégnés d'interdit et basculent du côté de l'interdit. Cru → côté du permis ; déjà cuit seul → côté de l'interdit.

Groupe B — Autres interdits et comment évaluer (seifim 3-4)

Seif 3 — Le morceau imbibé se combine ; le Rama : חתיכה נעשית נבילה

בִּשְׁאָר אִסּוּרִים, חוּץ מִבָּשָׂר בְּחָלָב — חֲתִיכָה הַבְּלוּעָה מֵאִסּוּר מִצְטָרֶפֶת לְבַטֵּל הָאִסּוּר. (הגה: וְאֵין נוֹהֲגִין כֵּן, כִּי קַיְימָא לָן בְּכָל אִסּוּרִים חֲתִיכָה נַעֲשֵׂית נְבֵלָה, כִּדְלְעֵיל סִימָן צ״ב.)
Dans les autres interdits, hormis la viande-lait, un morceau imbibé d'interdit (חתיכה הבלועה מאיסור) se combine pour annuler l'interdit : le morceau de permis qui a absorbé un interdit, étant lui-même de la matière permise, peut être compté du côté du permis. Glose du Rama : nous n'agissons pas ainsi (ואין נוהגין כן), car nous tenons que « le morceau devient נבילה » (חתיכה נעשית נבילה) pour tous les interdits, comme cela a été dit plus haut au Siman 92.
Le point de désaccord : pour le Mehaber, un morceau de heter ayant absorbé de l'interdit reste « du permis » et se combine pour les soixante. Pour le Rama (l'usage achkénaze), un tel morceau est devenu lui-même un interdit entier — חתיכה נעשית נבילה — et ne peut donc pas être compté du côté du permis. C'est exactement la מחלוקת déjà rencontrée au Siman 92.

Seif 4 — Comment évaluer : רוטב, קיפה, מין במינו, כלה מחמת האור

מְשַׁעֲרִים בְּרוֹטֶב וּבַקִּיפָּה (פֵּירוּשׁ: הַדַּק הַדַּק שֶׁל בָּשָׂר וְתַבְלִין הַמִּתְאַסֵּף בְּשׁוּלֵי הַקְּדֵרָה) וּבַחֲתִיכוֹת; וּמְשַׁעֲרִים הַהֶיתֵּר וְהָאִסּוּר כְּמוֹ שֶׁבָּא לְפָנֵינוּ, אַף עַל פִּי שֶׁהָיָה בְּהֶיתֵּר יוֹתֵר מִתְּחִלָּה וְנִתְמַעֵט בְּבִישּׁוּלוֹ וְנִבְלַע בַּקְּדֵרָה. וְהָנֵי מִילֵּי בְּמִין בְּשֶׁאֵינוֹ מִינוֹ; אֲבָל אִם הוּא מִין בְּמִינוֹ — מְשַׁעֲרִין גַּם בְּמַה שֶּׁבָּלְעָה הַקְּדֵרָה וְעוֹמֵד בְּדָפְנֵי הַקְּדֵרָה, וּמְשַׁעֲרִים זֶה בְּאֹמֶד יָפֶה וְרוֹאִין אוֹתוֹ כְּאִלּוּ הוּא בְּעֵין; אֲבָל מַה שֶּׁכָּלָה וְאָבַד מֵחֲמַת הָאוּר אֵינוֹ מִצְטָרֵף, שֶׁזֶּה כָּלָה לְגַמְרֵי.
On évalue avec le bouillon (רוטב), la קיפהles fines particules de viande et d'épices qui s'accumulent au fond de la marmite — et les morceaux. On évalue le permis et l'interdit tels qu'ils sont devant nous (כמו שבא לפנינו), même s'il y avait davantage de permis au début et qu'il a diminué à la cuisson et été absorbé dans la marmite. Et cela en מין בשאינו מינו (espèce différente). Mais en מין במינו (même espèce), on évalue aussi ce que la marmite a absorbé et ce qui se tient dans ses parois ; on l'estime au mieux et on le voit comme s'il était présent (כאילו הוא בעין). En revanche, ce qui a été consumé et perdu par le feu (כלה ואבד מחמת האור) ne se combine pas, car cela est entièrement parti.
כמו שבא לפנינו« tel que cela se présente devant nous » : on évalue le rapport interdit / permis d'après l'état actuel de la marmite, sans reconstituer ce qu'il y avait au départ — on ne présume pas un interdit plus grand qu'il n'apparaît (אחזוקי איסורא לא מחזקינן).

Groupe C — On n'annule pas un interdit délibérément (seifim 5-6)

Seif 5 — אין מבטלין איסור לכתחילה ; שוגג / מזיד

אֵין מְבַטְּלִין אִסּוּר לְכַתְּחִלָּה; וַאֲפִלּוּ נָפַל לְתוֹךְ הֶיתֵּר שֶׁאֵין בּוֹ שִׁעוּר לְבַטְּלוֹ — אֵין מוֹסִיפִין עָלָיו הֶיתֵּר כְּדֵי לְבַטְּלוֹ. עָבַר וּבִטְּלוֹ אוֹ שֶׁרִבָּה עָלָיו — אִם בְּשׁוֹגֵג, מֻתָּר; וְאִם בְּמֵזִיד, אָסוּר לַמְבַטֵּל עַצְמוֹ אִם הוּא שֶׁלּוֹ, וְכֵן לְמִי שֶׁנִּתְבַּטֵּל בִּשְׁבִילוֹ (וַאֲסוּרִים לְמָכְרוֹ גַּם כֵּן לְיִשְׂרָאֵל אַחֵר, שֶׁלֹּא יֵהָנוּ מִמַּה שֶּׁבִּטְּלוּ) (אָרוֹךְ כְּלָל כ״ד), וּלְשָׁאָר כָּל אָדָם מֻתָּר. (הגה: וְדַוְקָא שֶׁנִּתְעָרֵב יָבֵשׁ בְּיָבֵשׁ אוֹ אֲפִלּוּ לַח בְּלַח לְמַאן דְּאָמַר שֶׁאֵין אוֹמְרִים בּוֹ חֲתִיכָה נַעֲשֵׂית נְבֵלָה כִּדְלְעֵיל סִימָן צ״ב; אֲבָל חֲתִיכָה שֶׁבָּלְעָה אִסּוּר — לֹא מְהַנֵּי שֶׁנִּתּוֹסֵף אַחַר כָּךְ הַהֶיתֵּר, דְּהָא אַמְרִינַן בֵּיהּ חֲתִיכָה נַעֲשֵׂית נְבֵלָה (רשב״א). וְיֵשׁ אוֹמְרִים דַּאֲפִלּוּ בְּמָקוֹם דְּלָא אַמְרִינַן חֲנ״נ, לֹא מְהַנֵּי הַהֶיתֵּר לְבַטֵּל אֶלָּא אִם נִתּוֹסֵף קוֹדֶם שֶׁנּוֹדַע הַתַּעֲרֹבֶת; אֲבָל אִם נוֹדַע קוֹדֶם, לֹא מְהַנֵּי מַה שֶּׁנִּתּוֹסֵף אַחַר כָּךְ, וּלְפִי זֶה הָיָה צָרִיךְ הֶחָכָם הַמּוֹרֶה לַחֲקוֹר אִם נִתּוֹסֵף הַהֶיתֵּר לְאַחַר שֶׁנּוֹדַע (אָרוֹךְ כְּלָל ל״ז); וְלֹא נָהֲגוּ כֵן.)
On n'annule pas un interdit délibérément (אין מבטלין איסור לכתחלה) ; même s'il est tombé dans du permis qui n'a pas la mesure pour l'annuler, on n'ajoute pas de permis afin de l'annuler. Si l'on a transgressé et l'a annulé, ou en a ajouté : par erreur (בשוגג) → permis ; à dessein (במזיד) → interdit pour celui qui a annulé (si c'est à lui) et pour celui pour qui on a annuléet il est interdit de le vendre à un autre juif, pour qu'on ne profite pas de l'annulation (Issur ve-Hetter ha-Aroch, kelal 24)mais pour toute autre personne, c'est permis. Glose du Rama : et cela seulement si le mélange est sec dans sec (יבש ביבש), ou même liquide dans liquide (לח בלח) selon l'avis qui ne dit pas חתיכה נעשית נבילה (Siman 92) ; mais un morceau qui a absorbé un interdit — l'ajout ultérieur de permis n'aide pas, car nous disons חתיכה נעשית נבילה (Rashba). Et certains disent que même là où l'on ne dit pas חנ״נ, l'ajout n'aide que s'il a été fait avant que le mélange ne soit connu (קודם שנודע) ; mais s'il était connu avant, l'ajout postérieur n'aide pas — selon quoi le Sage qui statue devrait enquêter si le permis fut ajouté après que ce fut connu (Issur ve-Hetter ha-Aroch, kelal 37) ; mais on n'a pas l'usage ainsi (ולא נהגו כן).
Le cœur pratique du siman : on ne « fabrique » jamais une annulation. Tant qu'il manque les soixante, on n'ajoute pas du permis pour combler. Si l'on a malgré tout annulé : la sanction dépend de l'intention. בשוגג (sans le vouloir, ou par erreur de fait) → permis ; במזיד (sciemment) → l'interdit reste, mais seulement pour le fautif et pour celui qu'il visait ; les tiers peuvent en bénéficier, et il est interdit de le revendre à un juif pour contourner cela.

Seif 6 — Interdit דרבנן ; חוזר וניעור

אִסּוּר שֶׁל דִּבְרֵיהֶם — אֵין מְעָרְבִין אוֹתוֹ בְּיָדַיִם כְּדֵי לְבַטְּלוֹ, וְאִם עָשָׂה כֵן בְּמֵזִיד — אָסוּר; אֲבָל אִם נָפַל מֵעַצְמוֹ וְאֵין בַּהֶיתֵּר כְּדֵי לְבַטְּלוֹ — מַרְבֶּה עָלָיו וּמְבַטְּלוֹ. (הגה: וְיֵשׁ אוֹמְרִים דְּאֵין לְבַטֵּל אִסּוּר דְּרַבָּנָן אוֹ לְהוֹסִיף עָלָיו, כְּמוֹ בְּאִסּוּר דְּאוֹרַיְיתָא, וְכֵן נוֹהֲגִין וְאֵין לְשַׁנּוֹת. אִסּוּר שֶׁנִּתְבַּטֵּל, כְּגוֹן שֶׁהָיָה ס׳ כְּנֶגְדּוֹ, וְנִתּוֹסֵף בּוֹ אַחַר כָּךְ מִן הָאִסּוּר הָרִאשׁוֹן — חוֹזֵר וְנֵיעוֹר וְנֶאֱסָר, לֹא שְׁנָא מִין בְּמִינוֹ לֹא שְׁנָא מִין בְּשֶׁאֵינוֹ מִינוֹ, לֹא שְׁנָא יָבֵשׁ לֹא שְׁנָא לַח, לֹא שְׁנָא נוֹדַע בֵּינְתַיִם אוֹ לֹא נוֹדַע בֵּינְתַיִם. כְּזַיִת חֵלֶב שֶׁנָּפַל לְמַיִם וְנִתְבַּטֵּל בְּס׳, וְאַחַר כָּךְ נָפַל מִן הַמַּיִם לִקְדֵרָה שֶׁל בָּשָׂר — מֻתָּר, אַף עַל פִּי שֶׁאֵין בַּבָּשָׂר ס׳ נֶגֶד הַחֵלֶב, שֶׁהֲרֵי נִתְבַּטֵּל בַּמַּיִם, וְכָל כַּיּוֹצֵא בָזֶה.)
Un interdit de rang rabbinique (דרבנן) : on ne le mêle pas à la main pour l'annuler, et si on l'a fait à dessein (במזיד) → interdit ; mais s'il est tombé de lui-même et qu'il n'y a pas de quoi l'annuler → on ajoute (מרבה עליו) et on l'annule. Glose du Rama : certains disent qu'on n'annule pas un interdit דרבנן ni n'y ajoute, comme un interdit דאורייתא — et tel est l'usage, on n'en dévie pas. — Le חוזר וניעור : un interdit qui a été annulé (il y avait soixante contre lui), auquel on ajoute ensuite de l'interdit premier (מן האיסור הראשון) → il « se réveille » (חוזר וניעור) et redevient interdit, que ce soit מין במינו ou מין בשאינו מינו, sec ou liquide, qu'on l'ait su entre-temps ou non. — Mais un kazayit de חֵלֶב tombé dans de l'eau et annulé en soixante, puis tombé de l'eau dans une marmite de viande → permis, même s'il n'y a pas soixante dans la viande contre le חלב, puisqu'il a déjà été annulé dans l'eau ; et tout cas semblable.
Deux mouvements opposés : חוזר וניעור = on rajoute du même interdit premier à un mélange déjà annulé → le total dépasse à nouveau le seuil → l'interdit « se réveille ». À l'inverse, l'interdit déjà annulé qui migre vers un nouveau heter (חֵלֶב : eau → marmite de viande) ne se réveille pas : ayant été annulé une fois dans l'eau, il reste annulé même là où il n'y aurait pas soixante.

Groupe D — Le משהו absorbé dans un ustensile (seif 7)

Seif 7 — Ustensile utilisé avec abondance (permis) vs à petite dose (interdit)

אִם נִבְלַע אִסּוּר מוּעָט לְתוֹךְ כְּלִי כָּשֵׁר — אִם דַּרְכּוֹ שֶׁל אוֹתוֹ כְּלִי לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ בְּשֶׁפַע הֶיתֵּר, מֻתָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ לְכַתְּחִלָּה, כֵּיוָן שֶׁהָאִסּוּר מוּעָט וְאִי אֶפְשָׁר לָבֹא לִידֵי נְתִינַת טַעַם. וּלְפִיכָךְ, אִסּוּר מַשֶּׁהוּ שֶׁנִּבְלַע בִּקְדֵרָה אוֹ בְּתוֹךְ קַנְקַנִּים וְכַיּוֹצֵא בָהֶם — מֻתָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ לְכַתְּחִלָּה, וַאֲפִלּוּ בְּבֶן יוֹמוֹ, לְפִי שֶׁאִי אֶפְשָׁר לָבֹא לִידֵי נְתִינַת טַעַם; אֲבָל אִם נִבְלַע בִּכְלִי שֶׁדַּרְכּוֹ לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְעִתִּים בְּדָבָר מוּעָט, כִּקְעָרָה וְכַיּוֹצֵא בָהּ — אָסוּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ אֲפִלּוּ בְּשֶׁפַע, גְּזֵרָה שֶׁמָּא יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהּ בְּדָבָר מוּעָט וְיָבֹא לִידֵי נְתִינַת טַעַם.
Si un peu d'interdit a été absorbé dans un ustensile cachère : si l'usage de cet ustensile est de servir avec abondance (בשפע) de permis → il est permis de l'utiliser לכתחילה, puisque l'interdit est minime et ne peut pas en venir à donner du goût (אי אפשר לבא לידי נתינת טעם). Ainsi, un משהו d'interdit absorbé dans une marmite, des cruches (קנקנים) et semblables → permis de s'en servir לכתחילה, même ben yomo (utilisé le jour même), car il est impossible d'en venir à un goût. Mais s'il est absorbé dans un ustensile dont l'usage est parfois avec une petite quantité, tel un bol (כקערה)interdit de s'en servir, même avec abondance, par décret (גזירה) de peur qu'on ne s'en serve avec une petite quantité et que cela en vienne à donner du goût.
Tout dépend de l'usage de l'ustensile. Un משהו (la plus infime trace) d'interdit absorbé dans un récipient qu'on emploie toujours en grande quantité (marmite, cruche) ne pourra jamais donner de goût : permis לכתחילה, même neuf de moins de 24 h. Mais un récipient qu'on emploie parfois avec une petite dose (un bol) est interdit par גזירה — précaution de peur qu'un jour la dose soit assez petite pour que le goût ressorte.

2. Contexte — où ce siman se place

Les simanim précédents ont posé les règles de l'annulation par soixante (98) et du חתיכה נעשית נבילה (92). Le Siman 99 affine deux questions très pratiques : contre quoi compte-t-on les soixante (les os comptent-ils ? la moelle ? la marmite ? le bouillon réduit ?), et a-t-on le droit de provoquer une annulation (אין מבטלין איסור לכתחילה) ? Il ajoute le délicat חוזר וניעור et la lénience du משהו dans un ustensile employé avec abondance.

Les grandes questions du siman

Question Où ? Réponse-type
Les os se combinent-ils, et la moelle ? Seifim 1-2 Os de l'interdit → côté permis ; moelle → côté interdit ; cru vs cuit seul
Le morceau imbibé se combine-t-il ? Seif 3 Mehaber : oui ; Rama : non (חתיכה נעשית נבילה)
Comment évaluer le mélange Seif 4 כמו שבא לפנינו ; מין במינו → aussi le bloué ; כלה מחמת האור ne compte pas
Annuler délibérément et שוגג / מזיד Seifim 5-6 אין מבטלין ; שוגג permis / מזיד interdit ; חוזר וניעור
Le משהו dans un ustensile Seif 7 בשפע → permis לכתחילה ; דבר מועט (bol) → interdit גזירה
L'idée transversale : tout est affaire de mesure (soixante) et d'honnêteté du compte. Que compte-t-on du côté du permis (os, bouillon, קיפה, bloué des parois) ? Que reste-t-il du côté de l'interdit (moelle, morceau imbibé selon le Rama) ? Et, surtout, on ne « truque » jamais le résultat : אין מבטלין איסור לכתחילה.

3. Les concepts-clés de ce siman

Pour comprendre le Siman 99, il faut maîtriser un petit vocabulaire technique qui décrit ce qui se combine, comment on évalue, et la règle de l'annulation délibérée.

עצמות מצטרפיןLes os se combinent : les os, non comestibles, ne sont pas comptés « comme de l'interdit » → ils se rangent du côté du permis pour atteindre les soixante. Mais la moelle (מוח), nourrissante, reste de l'interdit (seif 1).
גוף הקדירהLe corps de la marmite : le métal de la marmite qui cuit en ce moment l'interdit et le permis ne se combine ni avec l'un ni avec l'autre (seif 1). Il est neutre dans le compte.
קיפהKipa : les fines particules de viande et d'épices qui s'accumulent au fond de la marmite. On les intègre au compte du permis et de l'interdit (seif 4).
מין במינו / מין בשאינו מינוMême espèce / espèce différente : en מין בשאינו מינו, on évalue ce qu'on voit (כמו שבא לפנינו) ; en מין במינו, comme le goût ne se distingue pas, on évalue aussi le bloué des parois (כאילו הוא בעין) (seif 4).
אין מבטלין איסור לכתחילהOn n'annule pas un interdit délibérément : on ne provoque pas l'annulation et on n'ajoute pas de permis pour atteindre les soixante. בשוגג → permis ; במזיד → interdit (au fautif et à celui pour qui) (seif 5).
שוגג / מזידPar erreur / à dessein : c'est l'intention qui décide du sort d'une annulation provoquée. Par inadvertance, le mélange reste permis ; sciemment, il est interdit à celui qui a agi et à son bénéficiaire (seif 5).
חוזר וניעורHozer ve-ni'or : « il se réveille ». Un interdit déjà annulé en soixante redevient interdit si l'on y rajoute du même interdit premier et que le total repasse le seuil (seif 6).
Le משהו (seif 7) : la trace minime d'interdit absorbée dans un ustensile toujours employé avec abondance ne pourra jamais donner de goût → permis לכתחילה ; mais l'ustensile parfois employé à petite dose est interdit par גזירה.

4. L'évaluation — le tableau רוטב / קיפה / מין במינו

Les seifim 1, 2 et 4 se résument en un tableau. On croise ce qui est en jeu avec du quel côté ça compte.

Élément Se combine avec… Remarque
Os de l'interdit (morceau cru) 🟢 Le permis Non comestibles → côté heter (seif 1)
Moelle (מוח) dans les os de l'interdit 🔴 L'interdit Nourrissante (seif 1)
Os d'un morceau cuit seul d'abord 🔴 L'interdit Ils ont absorbé du jus de נבילה (seif 2)
Corps de la marmite (גוף הקדירה) ⚪ Ni l'un ni l'autre Neutre (seif 1)
Bouillon (רוטב), קיפה, morceaux 🟢 On les compte כמו שבא לפנינו (seif 4)
Bloué des parois — en מין במינו 🟢 On l'estime כאילו הוא בעין (seif 4)
Ce qui est consumé par le feu (כלה מחמת האור) ⚪ Ne compte pas Entièrement parti (seif 4)
La logique en une phrase : on range du côté du permis tout ce qui n'est pas vraiment de l'interdit consommable (os, bouillon, קיפה, bloué encore présent), du côté de l'interdit ce qui en est imprégné (moelle, os déjà cuits), et l'on ne compte ni le métal neutre ni ce que le feu a fait disparaître.
Le point de l'honnêteté du compte (seif 4) : on évalue d'après l'état actuelכמו שבא לפנינו — sans gonfler artificiellement l'interdit. C'est le même esprit que le seif 5 : on ne manipule pas le mélange pour obtenir le résultat voulu.

5. Le Shach et le Taz — les grands commentateurs

En Yoreh De'ah, le Choul'han Aroukh ne se lit jamais seul. Deux grands commentaires l'accompagnent sur chaque page et structurent l'étude pratique : le Shach et le Taz. Ce sont les nossei kelim de référence en Yoreh De'ah (pas de Mishna Berurah ici, qui ne commente que l'Orach Chaim).

Le Shach (ש״ך) — abréviation de שפתי כהן, Siftei Kohen, de Rabbi Shabtai haCohen (Lituanie, XVIIᵉ siècle). C'est le commentaire de référence sur Yoreh De'ah, d'une grande profondeur analytique.
Le Taz (ט״ז) — abréviation de טורי זהב, Turei Zahav, de Rabbi David haLévi Segal (Pologne, XVIIᵉ siècle). Souvent en dialogue — et parfois en désaccord — avec le Shach.

Une entrée-clé du Taz

Taz s.k. 1 — Pourquoi les os se combinent au permis

עַצְמוֹת הָאִסּוּר מִצְטָרְפִים עִם הַהֶיתֵּר כו'. הַטַּעַם, לְפִי שֶׁאֵין הָעֲצָמוֹת רְאוּיוֹת לַאֲכִילָה, וְאֵינָן בִּכְלַל הָאִסּוּר; וְעוֹד, יֵשׁ בָּהֶן לַחְלוּחִית הַמְמַעֶטֶת אֶת הָאִסּוּר. אֲבָל הַמֹּחַ — שֶׁהוּא רָאוּי וְשׁוֹמְנוֹ נִבְלָע — מִצְטָרֵף עִם הָאִסּוּר.
Le Taz explique pourquoi les os se rangent du côté du permis : parce que les os ne sont pas propres à la consommation et ne font pas partie de l'interdit lui-même ; de plus, leur humidité dilue l'interdit. La moelle, au contraire — comestible, dont la graisse est absorbée — se combine avec l'interdit. Le Taz relie cela aussi à la glose du Rama du Siman 98 sur les os déjà imprégnés.

Une entrée-clé du Shach

Shach s.k. 1 — Os tendres et os secs

עַצְמוֹת הָאִסּוּר מִצְטָרְפִים כו'. עֲצָמוֹת רַכּוֹת שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן מֹחַ וְלַחְלוּחִית — מִצְטָרְפוֹת עִם הָאִסּוּר; אֲבָל עֲצָמוֹת קָשׁוֹת וִיבֵשׁוֹת, וְכֵן קְלִיפֵּי בֵּיצִים, אֲפִלּוּ שֶׁל אִסּוּר — מִצְטָרְפוֹת עִם הַהֶיתֵּר (רַאֲ״ה, ר״ן, אוֹר זָרוּעַ, ב״ח).
Le Shach précise une distinction : les os tendres, qui contiennent moelle et humidité, se combinent avec l'interdit ; mais les os secs et durs, ainsi que les coquilles d'œufs, même de l'interdit, se combinent avec le permis (Raah, Ran, Or Zaroua, Bach). Le Pithei Teshuva (s.k. 1) rapporte que le Shach tranche comme le Ran et signale les contestations (débat בישול / מליחה, כחוש / שמן).
On voit la méthode : le Shach et le Taz ne répètent pas le Mehaber — ils expliquent le mécanisme (pourquoi l'os penche d'un côté ou de l'autre : comestibilité, humidité, moelle) et affinent (os tendres / secs). C'est exactement ce qu'on approfondit au niveau Lamdan.

6. La glose du Rama (הגה)

Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute sur le texte du Mehaber des gloses qui reflètent l'usage achkénaze et précisent la pratique. Voici ses interventions les plus marquantes dans notre siman.

Sur le seif 1 — opinion stricte sur les os, mais l'indulgence est l'essentiel

Glose du Rama : ויש מחמירים שלא לצרף עצמות האיסור עם ההיתר לבטל; ובמקום הפסד יש לסמוך אמקילין ומתירין כי כן עיקר« certains sont stringents de ne pas combiner les os de l'interdit avec le permis ; mais en cas de perte, on s'appuie sur les indulgents qui permettent, car c'est l'essentiel ». Le Rama signale la position stricte tout en tranchant que le fond du dîn est indulgent.

Sur le seif 3 — חתיכה נעשית נבילה pour tous les interdits

Glose du Rama : ואין נוהגין כן כי קיימא לן בכל איסורים חתיכה נעשית נבילה כדלעיל סימן צ״ב« nous n'agissons pas ainsi, car nous tenons חתיכה נעשית נבילה pour tous les interdits, comme plus haut au Siman 92 ». Là où le Mehaber compte le morceau imbibé du côté du permis, le Rama le considère comme un interdit entier, qui ne se combine donc pas.

Sur le seif 5 — l'ajout de permis et le débat נודע / לא נודע

Glose du Rama : ודוקא שנתערב יבש ביבש או אפילו לח בלח… אבל חתיכה שבלעה איסור לא מהני שנתוסף אחר כך ההיתר… ולא נהגו כן — l'ajout de permis n'opère que pour sec dans sec ou liquide dans liquide (selon l'avis qui n'admet pas חנ״נ), pas pour un morceau qui a absorbé l'interdit. Certains exigent en outre que l'ajout précède la connaissance du mélange (קודם שנודע) — mais le Rama conclut : « on n'a pas l'usage ainsi » (ולא נהגו כן).

Sur le seif 6 — ne pas annuler même un interdit דרבנן ; le חוזר וניעור

Glose du Rama : ויש אומרים דאין לבטל איסור דרבנן או להוסיף עליו… וכן נוהגין ואין לשנות — on n'annule pas même un interdit rabbinique, et tel est l'usage. Puis il pose le חוזר וניעור : un interdit annulé en soixante, auquel on rajoute de l'interdit premier, se réveille — sec ou liquide, même espèce ou non, su entre-temps ou non ; mais le חֵלֶב annulé dans l'eau qui passe ensuite dans la viande ne se réveille pas.
Le Rama distingue soigneusement la loi de base (le Mehaber) de la pratique achkénaze plus stricte (חנ״נ partout, ne pas annuler même דרבנן, חוזר וניעור) — tout en gardant une indulgence ciblée pour les os en cas de הפסד (seif 1).

7. אין מבטלין איסור לכתחילה — שוגג, מזיד et חוזר וניעור

Les seifim 5-6 — le cœur pratique du siman — méritent un arrêt. Que signifie exactement « on n'annule pas un interdit délibérément » ?

"אֵין מְבַטְּלִין אִסּוּר לְכַתְּחִלָּה; וַאֲפִלּוּ נָפַל לְתוֹךְ הֶיתֵּר שֶׁאֵין בּוֹ שִׁעוּר לְבַטְּלוֹ — אֵין מוֹסִיפִין עָלָיו הֶיתֵּר כְּדֵי לְבַטְּלוֹ."
Tout repose sur deux exigences. D'abord, on ne fabrique pas l'annulation : tant que les soixante manquent, on n'ajoute rien. Ensuite, si l'on a tout de même agi, le sort dépend de l'intention :
Cas Permis / interdit ? Pour qui ?
Annulé בשוגג (par erreur) 🟢 Permis Pour tous
Annulé במזיד (à dessein) 🔴 Interdit Au מבטל et à celui pour qui
במזיד — pour autrui 🟢 Permis Toute autre personne
במזיד — vente à un autre juif 🔴 Interdite Pour ne pas profiter de l'annulation
Interdit דרבנן tombé seul, pas de 60 🟢 מרבה עליו Mehaber ; Rama : ne pas annuler
חוזר וניעור (ajout d'interdit premier) 🔴 Se réveille Redevient interdit
Et le seif 6 ajoute la touche finale : un interdit annulé qui migre vers un nouveau heter (le חֵלֶב : eau → marmite de viande) ne se réveille pas — il a déjà été annulé une fois. C'est le miroir exact du חוזר וניעור : seul l'ajout du même interdit premier réveille le mélange.

8. Cas pratiques modernes

Comment ces règles s'appliquent-elles dans nos cuisines aujourd'hui ? Voici trois situations courantes éclairées par notre siman.

Cas 1 — Ajouter du permis pour « rattraper » un manque de soixante

Un peu d'interdit est tombé dans une casserole, et il n'y a pas tout à fait soixante fois plus de permis. La tentation est de rajouter du permis jusqu'à atteindre les soixante. Le seif 5 l'interdit : אין מבטלין איסור לכתחילה. Si on l'a fait par inadvertance (שוגג), le résultat est permis ; si on l'a fait sciemment (מזיד), il reste interdit pour soi et son foyer. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

Cas 2 — Un interdit déjà annulé auquel on en rajoute

Une goutte d'interdit a été annulée en soixante dans une grande marmite ; on y ajoute encore de ce même interdit. Par le חוזר וניעור (seif 6), si le total repasse le seuil, l'interdit « se réveille » et le mélange redevient interdit. En revanche, le permis déjà annulé qui migre vers un autre plat reste permis. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

Cas 3 — Une trace d'interdit absorbée dans une marmite ou un bol

Un משהו d'interdit a été absorbé dans un ustensile (seif 7). S'il s'agit d'une grande marmite ou d'une cruche, toujours employées avec abondance, c'est permis לכתחילה, même neuf de moins de 24 h — jamais de goût. Mais s'il s'agit d'un bol, parfois employé à petite dose, l'usage en est interdit par גזירה. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.
Le fil conducteur des trois cas : avant de paniquer, pose-toi trois questions — contre quoi compte-t-on les soixante (os, bouillon, bloué) ? a-t-on le droit d'agir sur le mélange (אין מבטלין) ? la trace pourra-t-elle jamais donner du goût ? Mais la décision concrète revient toujours au Rav, qui connaît les détails de fait.

9. Synthèse du Siman 99

L'essentiel du Siman 99 en quelques phrases :
  1. Les os de l'interdit se combinent avec le permis pour annuler ; la moelle se combine avec l'interdit ; la marmite ne compte ni d'un côté ni de l'autre (seif 1).
  2. Cela vaut quand le morceau est tombé cru ; s'il a cuit seul d'abord, ses os ont absorbé du jus de נבילה → côté de l'interdit (seif 2).
  3. Pour les autres interdits, le morceau imbibé se combine (Mehaber) ; mais le Rama tient חתיכה נעשית נבילה partout (seif 3).
  4. On évalue כמו שבא לפנינו ; en מין במינו on compte aussi le bloué des parois ; ce qui est consumé par le feu ne compte pas (seif 4).
  5. אין מבטלין איסור לכתחילה : on n'ajoute pas de permis ; שוגג → permis, מזיד → interdit (au fautif et à celui pour qui ; vente interdite ; permis aux autres) (seif 5).
  6. On n'annule pas non plus un interdit דרבנן (Rama) ; le חוזר וניעור : ajout d'interdit premier → l'interdit se réveille ; mais le חֵלֶב annulé qui migre (eau → viande) ne se réveille pas (seif 6).
  7. Un משהו absorbé dans un ustensile בשפע (marmite, cruche) → permis לכתחילה même ben yomo ; dans un ustensile à petite dose (bol) → interdit, גזירה (seif 7).

Tableau-mémoire

Situation Règle
Os de l'interdit (morceau cru) 🟢 Côté du permis (la moelle reste à l'interdit)
Morceau cuit seul d'abord 🔴 Ses os se combinent à l'interdit
Évaluer le mélange 🟡 כמו שבא לפנינו ; מין במינו → aussi le bloué
Ajouter du permis pour atteindre 60 🔴 אין מבטלין איסור לכתחילה
Annulé שוגג / מזיד 🟢 שוגג permis / 🔴 מזיד interdit
Ajout d'interdit premier (déjà annulé) 🔴 חוזר וניעור — il se réveille
משהו dans une marmite / un bol 🟢 Marmite (בשפע) / 🔴 Bol (גזירה)

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi les os de l'interdit se combinent-ils avec le permis ? Et la moelle (seif 1) ? Que dire de la גוף הקדירה ?
  2. Quelle différence entre un morceau tombé cru et un morceau cuit seul d'abord (seif 2) ?
  3. Que tient le Mehaber sur le morceau imbibé (seif 3) ? Que répond le Rama, et au nom de quel principe ?
  4. Qu'est-ce que כמו שבא לפנינו ? Qu'évalue-t-on en plus en מין במינו (seif 4) ? Que ne compte-t-on pas (כלה מחמת האור) ?
  5. Explique אין מבטלין איסור לכתחילה. Que change l'intention שוגג / מזיד (seif 5) ? Pour qui l'interdit demeure-t-il ?
  6. Peut-on annuler un interdit דרבנן ? Que tient le Mehaber, et le Rama (seif 6) ?
  7. Qu'est-ce que le חוזר וניעור ? Pourquoi le חֵלֶב qui migre (eau → viande) ne se réveille-t-il pas (seif 6) ?
  8. Pourquoi un משהו dans une marmite est-il permis לכתחילה, et interdit dans un bol (seif 7) ?
  9. Que dit le Taz (s.k. 1) sur la raison de la combinaison des os ? Et le Shach (s.k. 1) sur les os tendres et secs ?
  10. Quel est le lien entre l'esprit du seif 4 (כמו שבא לפנינו) et celui du seif 5 (אין מבטלין) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
יורה דעה · סימן צ״ט · Niveau 1 — Initiation
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