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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman רס"ח · 13 Seifim

Erreurs et oublis dans la tefilla de Shabbat — pour découvrir et comprendre
סימן רס"ח
דִּין הַטּוֹעֶה בִּתְפִלַּת שַׁבָּת
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman רס"ח : texte hébreu intégral du Mehaber, traduction française fluide, explications pédagogiques des concepts halakhiques, cas pratiques modernes et synthèse.

Sujet : Erreurs et oublis dans la tefilla de Shabbat
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן רס"ח (13 seifim)

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Choul'han Aroukh — les 13 seifim du Mehaber
2. Le contexte général : pourquoi ce siman, quelle est la question ?
3. Les concepts-clés halakhiques de ce siman
4. Le détail des seifim — un par un
5. Le Mishnah Berurah — premières entrées
6. La position du Rama — différences ashkénaze vs séfarade
7. Cas pratiques modernes
8. Synthèse pratique et règles à retenir
9. Questions de compréhension

1. Le texte du Choul'han Aroukh

Le siman רס"ח contient 13 seifim du Mehaber (Rabbi Yossef Karo) qui codifient les règles relatives à erreurs et oublis dans la tefilla de shabbat.

Seif א — Vayekhulu dans la tefilla d'Arvit

דין הטועה בתפלת השבת. ובו יג סעיפים:
אוֹמֵר וַיְכֻלּוּ בִּתְפִלַּת עַרְבִית.
Traduction : on dit וַיְכֻלּוּ (Genèse 2:1-3 — "ainsi furent achevés les cieux et la terre...") dans la tefilla d'Arvit de Shabbat — plus précisément dans la berakha centrale "אַתָּה קִדַּשְׁתָּ", après "וַיָּנוּחוּ בָהּ". C'est l'unique tefilla des 4 tefillot de Shabbat (Arvit / Shaharit "Yismah Moshe" / Moussaf "Tikanta Shabbat" / Mincha "Atah Ehad") qui les contient.

Seif ב — Commencé par erreur la Amida de semaine

אִם טָעָה וְהִתְחִיל תְּפִלַּת הַחוֹל — גּוֹמֵר אוֹתָהּ בְּרָכָה שֶׁנִּזְכַּר בָּהּ שֶׁטָּעָה, וּמַתְחִיל שֶׁל שַׁבָּת. לֹא שְׁנָא נִזְכַּר בְּבִרְכַּת אַתָּה חוֹנֵן, לֹא שְׁנָא נִזְכַּר בְּבִרְכָה אַחַת מִשְּׁאָר הַבְּרָכוֹ', בֵּין בְּעַרְבִי' בֵּין בְּשַׁחֲרִי' מוּסָף וּמִנְחָה. וְיֵשׁ אוֹמְרִים דְּבְמוּסָף פּוֹסֵק אֲפִלּוּ בְּאֶמְצַע בְּרָכָה.
Traduction : si on a commencé par erreur la Amida des jours de semaine pendant Shabbat — on termine la berakha en cours (au moment où on s'aperçoit), puis on revient à la Amida de Shabbat. Peu importe l'erreur : "Atah Honen" ou autre berakha intermédiaire. Vrai pour Arvit, Shaharit, Moussaf et Mincha. Exception (י"א) : à Moussaf, certains tiennent qu'on s'arrête même au milieu d'une berakha.

Seif ג — "Atah" dit par mégarde — 2 sous-cas

אִם הָיָה סָבוּר שֶׁהוּא חוֹל וְהִתְחִיל אַדַּעְתָּא דְחוֹל, וּמִיָּד שֶׁאָמַר תֵּיבַת "אַתָּה" נִזְכַּר קוֹדֶם שֶׁאָמַר "חוֹנֵן" — הֲוֵי לֵיהּ הִתְחִיל בְּשֶׁל חוֹל וְגוֹמֵר אוֹתָהּ בְּרָכָה. אֲבָל אִם הָיָה יוֹדֵעַ שֶׁהוּא שַׁבָּת וְשֶׁלֹּא בְּכַוָּנָה הִתְחִיל תֵּיבַת "אַתָּה" — אֲפִלּוּ אִם הוּא בִּתְפִלַּת שַׁחֲרִית שֶׁאֵינָהּ פּוֹתַחַת בְּאַתָּה, אֵינוֹ גּוֹמֵר בִּרְכַּת אַתָּה חוֹנֵן, דְּחָשְׁבִינַן לֵיהּ כְּטָעָה בִּתְפִלַּת שַׁבָּת בֵּין זוֹ לְזוֹ. הגה (רמ"א) : דַּהֲרֵי יָכוֹל לוֹמַר "אַתָּה קִדַּשְׁתָּ" אוֹ "אַתָּה אֶחָד" (תרומת הדשן סי' י"ד).
Traduction : deux cas. (A) Confusion totale — pensait que c'était jour de semaine, dit "Atah" et se reprend avant "Honen" : continue "Atah Honen". (B) Conscient mais distrait — savait que c'est Shabbat, dit "Atah" par inadvertance : ne complète pas "Honen" — même à Shaharit (qui ne commence pas par "Atah"). On le considère comme une simple confusion entre les Amidot de Shabbat. Hagaha (Rama) : raison du Mehaber — puisqu'il peut continuer avec "Atah Kidashta" ou "Atah Ehad", il y a une voie qui sauve l'Amida.

Seif ד — A prié Amida semaine sans mentionner Shabbat

מִי שֶׁהִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה שֶׁל חוֹל בְּשַׁבָּת וְלֹא הִזְכִּיר שֶׁל שַׁבָּת — לֹא יָצָא. וְאִם הִזְכִּיר שֶׁל שַׁבָּת בְּתוֹךְ הַשְּׁמוֹנֶה־עֶשְׂרֵה — אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא קָבַע בְּרָכָה לְשַׁבָּת — יָצָא. הגה : וּבְמוּסָף אֲפִלּוּ לֹא אָמַר רַק "וְנַעֲשֶׂה לְפָנֶיךָ אֶת חוֹבוֹתֵינוּ בִּתְמִידֵי יוֹם וּבְקָרְבַּן מוּסָף" — יָצָא (ב"י סי' רפ"ו בשם הרא"ש).
Traduction : qui a prié l'Amida de semaine pendant Shabbat et n'a pas mentionné Shabbat — n'a pas accompli. Mais s'il a mentionné Shabbat quelque part dans les 18 berakhot (même sans avoir prié une berakha spécifique) — il a accompli. Hagaha (Rama) : au Moussaf, il suffit d'avoir dit "וְנַעֲשֶׂה לְפָנֶיךָ... וּבְקָרְבַּן מוּסָף" pour avoir accompli.

Seif ה — Seuil de répétition : akar raglav

טָעָה וְהִתְפַּלֵּל שֶׁל חוֹל בְּשַׁבָּת וְלֹא הִזְכִּיר שֶׁל שַׁבָּת — אִם עָקַר רַגְלָיו, חוֹזֵר לָרֹאשׁ. וְאִם לֹא עָקַר רַגְלָיו — אַף עַל פִּי שֶׁסִּיֵּם תְּפִלָּתוֹ, אֵינוֹ חוֹזֵר אֶלָּא לְשֶׁל שַׁבָּת. (וש"צ ששכח של שבת בשחרית עיין סי' קכ"ו.)
Traduction : a prié l'Amida de semaine et oublié de mentionner Shabbat — conduite selon le moment où on s'en aperçoit :
Pieds déjà bougés (= 3 pas en arrière faits) → répéter toute la Amida en mode Shabbat.
Pieds pas encore bougés (même si on a dit "Yiyou leratzon") → revenir directement à la berakha de Shabbat, continuer l'Amida de Shabbat. Pas de répétition totale.

Seif ו — Confusion entre les Amidot de Shabbat

הַטּוֹעֶה בִּתְפִלַּת שַׁבָּת וְהֶחֱלִיף שֶׁל זוֹ בְּזוֹ — אֵינוֹ חוֹזֵר. וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁאִם הֶחֱלִיף שֶׁל מוּסָף בְּאַחֶרֶת אוֹ אַחֶרֶת בְּשֶׁל מוּסָף — חוֹזֵר.
Traduction : qui s'est trompé d'une Amida de Shabbat à une autre (par ex. "Atah Kidashta" à Shaharit au lieu de "Yismah Moshe") — ne répète pas. Toutes les Amidot de Shabbat sont liturgiquement équivalentes. Exception (י"א) : si la confusion implique Moussaf — il répète, parce que Moussaf a une spécificité (le sacrifice supplémentaire) qui doit être prononcée.

Seif ז — Vayekhulu public après Maariv

חוֹזְרִים לוֹמַר וַיְכֻלּוּ — מִשּׁוּם יוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת שֶׁאֵין אוֹמְרִים אוֹתוֹ בִּתְפִלָּה, וְגַם לְהוֹצִיא לְמִי שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ. וְאוֹמְרִים אוֹתוֹ בְּקוֹל רָם וּמְעוּמָּד.
Traduction : on répète Vayekhulu en public, après la Amida d'Arvit — pour deux raisons : (1) si Yom Tov tombe Shabbat, on ne le dit pas dans la tefilla (Amida de Yom Tov) — donc on doit le dire après ; (2) pour faire-acquitter ceux qui ne savent pas. On le dit à voix haute, debout (témoignage de la création — Genèse 2:1).

Seif ח — Magen Avot : la berakha mé-ein chéva

וְאוֹמֵר שְׁלִיחַ צִבּוּר בְּרָכָה אַחַת מֵעֵין שֶׁבַע. וְאֵין הַיָּחִיד אוֹמֵר אוֹתָהּ. הגה : מִיהוּ אִם הַיָּחִיד רוֹצֶה לְהַחְמִיר עַל עַצְמוֹ — יָכוֹל לוֹמְרָהּ בְּלֹא פְּתִיחָה וּבְלֹא חֲתִימָה. וְכֵן נוֹהֲגִין הַצִּבּוּר לְאוֹמְרָהּ עִם שְׁלִיחַ צִבּוּר בְּלֹא פְּתִיחָה וְחֲתִימָה (אבודרהם וכל בו).
Traduction : le Chaliach Tzibbour dit une berakha qui résume les 7 berakhot de l'Amida — "מָגֵן אָבוֹת בִּדְבָרוֹ..." jusqu'à "הַפּוֹרֵשׂ סֻכַּת שָׁלוֹם". Un particulier ne la dit pas (il a déjà prié l'Amida complète). Hagaha (Rama) : un particulier qui veut être stricte peut la dire sans פתיחה ("Baroukh") ni חתימה. Et la coutume du tsibbour : la dire en chœur avec le Chaliach Tzibbour — sans פתיחה ni חתימה.

Seif ט — Yom Tov-Shabbat : Magen Avot reste purement Shabbat

יוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת — אֵינוֹ מַזְכִּיר שֶׁל יוֹם טוֹב בִּבְרָכָה מֵעֵין שֶׁבַע. (פירוש: ברכת "אֵל עֶלְיוֹן קוֹנֵה" וכו'.)
Traduction : Yom Tov qui tombe Shabbat — on ne mentionne pas Yom Tov dans Magen Avot. Cette berakha reste purement Shabbat. Raison : c'est un "résumé structurel" des 7 berakhot de Shabbat, pas une remémoration du jour qui coïncide.

Seif י — Pas de Magen Avot chez marié/endeuillé

אֵין אוֹמְרִים בְּרָכָה מֵעֵין שֶׁבַע בְּבֵית חֲתָנִים וְאֲבֵלִים — דְּלֵיכָּא טַעֲמָא דְּמְאַחֲרִין לָבֹא שֶׁיִּהְיוּ נִזּוֹקִין.
Traduction : on ne dit pas Magen Avot dans une maison où on prie chez un marié (sept jours de noces) ou un endeuillé (shiva/sheloshim). Raison : le motif original (sécurité des retardataires sortant de la synagogue isolée la nuit) n'existe pas — la prière a lieu en maison particulière.

Seif יא — Shabbat après Yom Tov : oui Magen Avot

אַף בְּשַׁבָּת שֶׁאַחַר יוֹם טוֹב אוֹמְרִים בְּרָכָה מֵעֵין שֶׁבַע.
Traduction : même le Shabbat qui suit Yom Tov, on dit Magen Avot normalement. On pourrait penser que le motif (sécurité) ne s'applique pas — tous étant déjà arrivés pour Yom Tov — mais l'institution est devenue fixe pour tout Shabbat.

Seif יב — Silence pendant Vayekhulu et Magen Avot

אֵין לְדַבֵּר בְּשָׁעָה שֶׁאוֹמְרִים וַיְכֻלּוּ, וְלֹא בְּשָׁעָה שֶׁאוֹמֵר שְׁלִיחַ צִבּוּר בְּרָכָה מֵעֵין שֶׁבַע.
Traduction : il est interdit de parler pendant Vayekhulu (public, après l'Amida) et pendant Magen Avot. Ces deux passages exigent le silence et l'attention de la kahal.

Seif יג — Magen Avot acquitte qui n'a pas prié

אִם הִתְפַּלֵּל שֶׁל חוֹל וְלֹא הִזְכִּיר שֶׁל שַׁבָּת, אוֹ שֶׁלֹּא הִתְפַּלֵּל כְּלָל — וְשָׁמַע מִשְּׁלִיחַ צִבּוּר בְּרָכָה מֵעֵין שֶׁבַע מֵרֹאשׁ וְעַד סוֹף — יָצָא.
Traduction : celui qui a prié l'Amida de semaine sans mentionner Shabbat, ou qui n'a pas prié du tout — s'il écoute Magen Avot du début à la fin avec intention de s'acquitter — il a accompli son obligation. Pouvoir liturgique unique de cette berakha.
Vue d'ensemble des 13 seifim : deux moitiés cohérentes —
Seifim 1-6 — gérer les erreurs personnelles dans la Amida de Shabbat
Seifim 7-13 — la liturgie publique autour de Maariv (Vayekhulu collectif + Magen Avot avec ses exceptions et son pouvoir acquittant)

2. Le contexte général

L'Amida de Shabbat : structure 7 berakhot

L'Amida de Shabbat a 7 berakhot (au lieu des 19 des jours de semaine — les 13 brakhot centrales étant remplacées par une seule berakha de קדושת היום). Chaque tefilla a sa propre berakha centrale :

TefillaBerakha centraleThème
Arvitאַתָּה קִדַּשְׁתָּCréation — Vayekhulu
Shaharitיִשְׂמַח מֹשֶׁהDon de la Torah
Moussafתִּכַּנְתָּ שַׁבָּתSacrifices du Temple
Minchaאַתָּה אֶחָדUnicité divine, Shabbat futur
La question fondamentale du siman : que faire en cas d'erreur dans cette structure complexe (4 berakhot centrales différentes, distinctes des 19 berakhot des jours de semaine) ? Et : pourquoi l'institution de "Magen Avot" — une 8ème berakha à voix haute après la Amida d'Arvit, dont l'origine est historique (sécurité des retardataires) ?

Place dans Hilkhot Shabbat

Le siman רס"ח succède au siman 267 (transitions liturgiques) et précède 269 (kiddush en synagogue) + 270 (Bameh Madlikin). C'est le cœur liturgique de la séquence Shabbat-tefilla.

3. Les concepts-clés halakhiques

Concept 1 — עָקַר רַגְלָיו (Akar Raglav) : "a bougé les pieds" — c'est-à-dire fait les 3 pas en arrière qui closent formellement l'Amida. C'est le seuil de répétition : tant qu'on n'a pas bougé, on peut corriger en revenant à la berakha de Shabbat. Une fois bougé, il faut tout recommencer.
Concept 2 — בְּרָכָה מֵעֵין שֶׁבַע (Berakha Mé-ein Chéva) : "berakha qui résume les 7" — la 8ème berakha dite par le Chaliach Tzibbour après l'Amida d'Arvit Shabbat. Aussi appelée "Magen Avot" (premier mot). Origine talmudique : Shabbat 24b — instituée pour que les retardataires terminent leur prière à un moment normal et sortent avec les autres. Pouvoir liturgique : peut, à elle seule, faire-acquitter une Amida de Shabbat manquée.
Concept 3 — חֲשִׁיבְנָא לֵיהּ כְּטָעָה (considéré comme s'étant trompé entre Amidot de Shabbat) : doctrine du seif 3 — si une personne sait que c'est Shabbat mais dit "Atah" par inadvertance, on ne traite pas son erreur comme un glissement vers la semaine, mais comme une confusion interne aux Amidot de Shabbat. Elle pourra continuer par "Atah Kidashta" ou "Atah Ehad" — sauvant ainsi sa prière sans avoir à répéter "Atah Honen".
Concept 4 — להוציא את שאינו יודע (Faire-acquitter qui ne sait pas) : raison liturgique de répéter Vayekhulu et de dire Magen Avot. Hazal ont conçu certaines prières en duplicate — silencieuse et à voix haute — pour faire-acquitter ceux qui ne maîtrisent pas le texte ou qui sont arrivés en retard.

4. Vue synoptique des 13 seifim

SeifThèmeRègle pratique
1Vayekhulu dans la AmidaInclus dans "Atah Kidashta" d'Arvit
2Amida semaine commencée par erreurFinir la berakha en cours, retourner à Shabbat
3"Atah" par mégardeConfusion totale : continuer "Honen". Distraction : continuer par "Atah Kidashta"/"Atah Ehad"
4Amida semaine sans mentionner ShabbatN'a pas accompli. Sauf si mentionné quelque part dans les 18
5S'est aperçu après la finPieds bougés : tout reprendre. Pas bougé : revenir à la berakha de Shabbat
6Confusion entre Amidot de ShabbatPas de répétition (sauf si Moussaf inversé)
7Vayekhulu public après MaarivÀ voix haute, debout — pour Yom Tov-Shabbat et faire-acquitter
8Magen Avot — Chaliach Tzibbour seulYahid : seulement sans פתיחה/חתימה (Rama)
9Yom Tov-Shabbat dans Magen AvotPas de mention du Yom Tov — Magen Avot reste purement Shabbat
10Magen Avot chez marié/endeuilléPas dit — le motif (sécurité) ne s'applique pas
11Shabbat après Yom TovMagen Avot dit normalement (institution fixe)
12Silence pendant Vayekhulu et Magen AvotInterdit de parler
13Acquittement par écoute de Magen AvotQui n'a pas prié — s'il écoute Magen Avot du début à la fin, accompli

5. Le Mishnah Berurah — premières entrées

Le Mishnah Berurah de Rabbi Israël Méir Kagan (Hafets Haïm) compte 28 entrées sur ce siman. Voici les premières — pour mieux comprendre le sens des seifim :

משנה ברורה (א) — (א) אומר ויכלו - דאמר רב המנונא כל המתפלל ואומר ויכלו כאלו נעשה שותף להקב"ה במעשה בראשית אל תקרי ויכולו אלא ויכלו פירוש הקב"ה והוא. ומ"מ בדיעבד אם לא אמרו אין מחזירין אותו וכ"ש לדידן דאומרים בקידוש ויכלו [פמ"ג]. בנוסח אתה קדשת צריך להפסיק מעט בין לשמך ותכלית כדי שלא יהיה כחוזר למעלה ח"ו וכן בויכלו יפסיק בין אלהים ובין את [א"ר]. המנהג לומר בליל שבת וינוחו בה וביום וינוחו בו ובמנחה וינוחו בם [שכנה"ג…
משנה ברורה (ב) — (ב) גומר וכו' - הטעם הוא דבדין הוא דבעי לצלויי י"ח ברכות בשבת כמו בחול ולהזכיר קדושת היום בעבודה כמו בר"ח וחוש"מ ורק משום כבוד שבת לא אטרחוהו רבנן ותקנו ברכה אחת אמצעית לשבת ולכן בדיעבד שהתחיל הברכה גומרה שהיא ראויה לו מן הדין ואח"כ מתחיל הברכה המיוחדת לשבת:
משנה ברורה (ג) — (ג) של שבת - וה"ה בכל זה לענין יו"ט:

Pour le texte intégral des 28 entrées, consulte Sefaria : Mishnah Berurah 268.

6. La position du Rama — 3 הגהות

Hagaha 1 (seif 3) — Pourquoi "Atah" est sauvé même conscient

Le Rama (citant Terumat HaDeshen) explicite la raison : "puisqu'il peut continuer avec 'Atah Kidashta' ou 'Atah Ehad'" — le mot "Atah" en début de berakha n'est pas exclusivement "Honen". Donc on le considère comme un commencement compatible avec les Amidot de Shabbat.

Hagaha 2 (seif 4) — Moussaf accomplit avec un minimum

Le Rama (citant Beit Yossef + Rosh) : si on dit seulement "וְנַעֲשֶׂה לְפָנֶיךָ אֶת חוֹבוֹתֵינוּ בִּתְמִידֵי יוֹם וּבְקָרְבַּן מוּסָף" — c'est déjà suffisant pour mentionner Shabbat. Pas besoin d'avoir prié toute la berakha de Moussaf.

Hagaha 3 (seif 8) — Particulier et Magen Avot

Le Rama (citant Avoudraham et Kol Bo) — un particulier peut dire Magen Avot sans פתיחה ("Baroukh") ni חתימה. Et la coutume répandue : le tsibbour la dit en chœur avec le Chaliach Tzibbour.

7. Cas pratiques modernes

SituationApplication
Arrivé en retard à Maariv et a manqué l'AmidaÉcouter Magen Avot du début à la fin (seif 13) — accomplit l'obligation. Ensuite, prier l'Amida individuellement si possible.
A prié l'Amida de semaine en oubliant que c'est ShabbatSeif 5 — si pieds bougés, recommencer toute l'Amida. Sinon, revenir à la berakha de Shabbat.
A confondu Shaharit et Mincha (deux Amidot de Shabbat)Seif 6 — pas de répétition. L'erreur reste dans le périmètre Shabbat.
Prière dans une maison de mariage Shabbat soirSeif 10 — pas de Magen Avot. Mais Vayekhulu reste dit en chœur.
Pessah ou Souccot tombant Shabbat (premier soir)Seif 9 — Magen Avot dit, sans mention de Yom Tov.
Yahid prie chez lui sans minyan vendredi soirSeif 8 + Hagaha — peut dire Magen Avot personnellement, sans פתיחה ni חתימה.
S'est aperçu d'oubli après "Yiyou leratzon" mais avant les pas en arrièreSeif 5 — pas bougé encore, donc retour à la berakha de Shabbat.

8. Synthèse pratique du siman

Les 6 règles à retenir du Siman רס"ח :
  1. 4 Amidot, 4 berakhot centrales — Atah Kidashta / Yismah Moshe / Tikanta Shabbat / Atah Ehad. Confusion entre elles = pas de répétition (sauf Moussaf).
  2. Omission totale de Shabbat dans Amida de semaine — répétition si pieds bougés (seif 5).
  3. Vayekhulu après Maariv — public, voix haute, debout. Y compris si Yom Tov coïncide.
  4. Magen Avot dite par le Chaliach Tzibbour seul. Yahid : peut chuchoter sans פתיחה/חתימה.
  5. Exceptions Magen Avot : maison de marié/endeuillé. Mais OUI le Shabbat post-Yom Tov.
  6. Magen Avot acquitte qui n'a pas prié (seif 13) — pouvoir liturgique unique.

9. Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Quelles sont les 4 berakhot centrales différentes des 4 Amidot de Shabbat ?
  2. Que signifie עָקַר רַגְלָיו ? Pourquoi est-ce le seuil de répétition ?
  3. Pourquoi dit-on Vayekhulu deux fois — dans la Amida d'Arvit et après en public ?
  4. Qu'est-ce que la berakha mé-ein chéva (Magen Avot) ? Qui la dit ? Quel est son pouvoir unique ?
  5. Pourquoi pas de Magen Avot dans une maison de marié/endeuillé ?
  6. Pourquoi dit-on Magen Avot même le Shabbat post-Yom Tov ?
  7. Quelles 3 הגהות le Rama ajoute-t-il ? Quel point résume chacune ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Pour continuer l'étude — siman suivantSiman 269 →
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