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Peut-on presser un citron ou une orange à Chabbat ?
Réponse en brefOrange et citron n'ont pas le même statut — c'est le point central. Le Choulhan Aroukh classe les fruits en trois (ש״כ:א) : olives et raisins, interdits ; mûres et grenades, interdites ; וּשְׁאָר כָּל הַפֵּרוֹת מֻתָּר לְסָחְטָן, les autres permis — mais le Rama ajoute que là où l'usage est de presser un fruit pour en boire le jus, il rejoint la catégorie interdite. L'orange, dont le jus se boit couramment, tombe donc sous cette règle : on ne la presse pas pour en faire une boisson. Le citron fait l'objet d'un seif à part : מֻתָּר לִסְחוֹט לִימוֹנִי״ש (ש״כ:ו) — le Mehaber le permet explicitement. Mais des Aharonim ont resserré cette permission à mesure que l'usage de le presser pour boire s'est répandu.
Les principes
- Olives et raisins : pressurage interdit — et si le jus sort de lui-même, il reste interdit (ש״כ:א)
- Mûres et grenades : pressurage interdit ; le jus sorti seul dépend de la destination du fruit
- Autres fruits : permis par principe — mais le Rama subordonne cela à l'usage du lieu : ובמקום שנהגו לסחוט איזה פירות לשתות מימיו... דינו כתותים ורמונים. C'est ce qui vise l'orange aujourd'hui
- Citron — cas particulier : permission explicite du Mehaber (ש״כ:ו). Le Michna Beroura en donne le motif — אין דרך כלל לסחטן לצורך משקה אלא לטבל בו אוכל : on ne pressait pas le citron pour boire, mais pour en assaisonner les aliments
- Mais l'usage a changé : le MB écrit déjà de son temps que là où l'on en presse en quantité pour boire, c'est צ״ע גדול — « une grande difficulté » — et que cela pourrait rejoindre le régime des mûres et grenades
- Chez l'Admour HaZaken (ש״כ:י) : le citron n'est pas assimilé aux mûres et grenades ; mais il conclut que selon l'avis strict, אסור לסחוט בשבת לימונים... לתוך מים או שאר משקין לשתותן — presser le citron dans de l'eau ou une boisson pour la boire est interdit, car משקה הבא לאוכל ne vaut que pour un aliment, non pour une boisson
- Presser sur un aliment : le texte le permet même pour le raisin, תוך קדירה שיש בה תבשיל — משקה הבא לאוכל וכאוכל דמי ; mais il précise אבל אם אין בה תבשיל אסור — il faut réellement un aliment qui reçoive le jus (ש״כ:ד)
- L'emploi d'un ustensile destiné au pressage (presse-agrumes) est une question distincte de la main — à demander à ton Rav
- Le texte discute aussi le fait de sucer le jus directement du fruit : le Beit Yossef le permet, d'autres l'interdisent
Selon les minhaguim : les traditions de psak diffèrent sur la portée pratique de la permission du citron — jusqu'où elle vaut aujourd'hui, et sous quelles conditions (presser sur du sucre ou sur un aliment avant d'ajouter le liquide, main plutôt qu'ustensile…). Demande à ton Rav la conduite de ta communauté — cette page présente les sources, non un psak.
📖 La source : Choulhan Aroukh, Orah Haïm, Siman ש״כ · 320 — étudié sur DAAT en 4 niveaux (texte hébreu, traduction, pilpoul, chitah de l'Admour HaZaken).
Pour la halakha lemaassé, consulte ton Rav — chaque situation a ses détails.