Sougyot, sources, la חקירה du fondement, ma'hlokot de Richonim et d'A'haronim,
נפקא מינות pour la pratique et examen des positions
Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ק׳ — quatre seifim
avec l'appareil : ש״ך (שפתי כהן), ט״ז (טורי זהב), פתחי תשובה, et les poskim qu'ils rapportent
Fondement de la sougya dans le Chas :
חולין צ״ט ע״ב–ק׳ ע״א (le gid cuit, et pourquoi il ne s'annule pas dans la majorité) · חולין צ״ו ע״א (ce que la Torah a interdit du gid, et la beriah en elle-même) · חולין ק״ח ע״א (חתיכה עצמה נעשית נבילה) · ביצה ג׳ ע״ב (la formule אפילו באלף לא בטיל, et ביצה חשובה)
Rédaction et étude :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT
« בריה אפילו באלף לא בטיל. ובו ד׳ סעיפים » (שו״ע יו״ד ק׳:א)
« בריה דהיינו כגון נמלה או עוף טמא וגיד הנשה ואבר מן החי וביצה שיש בה אפרוח וכיוצא בהם אפי׳ באלף לא בטלה » (שו״ע יו״ד ק׳:א)
« ואין לו דין בריה אא״כ הוא דבר שהיה בו חיות לאפוקי חטה אחת של איסור וכן צריך שיהא דבר שאסור מתחילת ברייתו לאפוקי עוף טהור שנתנבל ושור הנסקל וכן צריך שיהיה דבר שלם שאם יחלק אין שמו עליו לאפוקי חלב וכן צריך שיהא שלם » (שו״ע יו״ד ק׳:א)
« ועיקר גיד הנשה אינו אלא על הכף בלבד והוא כרוחב ד׳ אצבעות ואם הוא שלם מקרי בריה » (רמ״א יו״ד ק׳:א)
Traduction — Une beriah, même dans mille, ne s'annule pas. Et il comporte quatre seifim. Une beriah, c'est-à-dire par exemple une fourmi, un oiseau impur, le gid hanashé, un membre pris sur la bête vivante, un œuf contenant un embryon, et ce qui leur ressemble — même dans mille elle ne s'annule pas. Et une chose n'a le statut de beriah que si elle a eu en elle de la vie — à l'exclusion d'un grain de blé interdit ; il faut encore que ce soit une chose interdite dès le commencement de sa formation — à l'exclusion d'un oiseau pur devenu nevela et du taureau voué à la lapidation ; il faut encore que ce soit une chose entière, telle que si on la divise son nom ne lui reste plus — à l'exclusion du 'hélev ; et il faut encore qu'elle soit entière. Glose du Rama — l'essentiel du gid hanashé n'est que ce qui se trouve sur le kaf seul, et c'est la largeur de quatre doigts ; et s'il est entier, on l'appelle beriah (Issour veHeter haArokh, règle 28).
« וְלִיבְטוֹל בְּרוּבָּא » (חולין צ״ט ע״ב)
et c'est dans la suite de la sougya qu'elle répond, brièvement :
« בְּרִיָּה שָׁאנֵי » (חולין ק׳ ע״א)
« וּצְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן גִּיד – מִשּׁוּם דִּבְרִיָּה הִיא, אֲבָל חֲתִיכָה – אֵימָא לָא » (חולין ק׳ ע״א)
La formule même que porte l'en-tête de notre siman — אפילו באלף לא בטיל — se lit dans la guemara de Betsa, à propos du דבר שיש לו מתירין, où il est dit aussi que l'œuf est une chose importante :
« דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ מַתִּירִין — אֲפִילּוּ בְּאֶלֶף לֹא בָּטֵיל » (ביצה ג׳ ע״ב)
« בֵּיצָה חֲשׁוּבָה וְלֹא בָּטְלָה » (ביצה ג׳ ע״ב)
Le siman 101 continue ce même chapitre pour la חתיכה הראויה להתכבד et le דבר שבמנין : notre siman et le suivant forment un seul bloc, celui des choses considérables qui ne s'annulent pas.
C'est l'un des hiddouchim les plus tranchants du siman, et tout le poids de la main du Taz (ס״ק א) y est engagé.
« חשיבות דבריה שלא תהיה בטילה היא מדרבנן » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק א)
Son argument part de l'autre bout : la Torah, elle, a bien marqué la beriah d'une considération — on est passible pour elle même en deçà d'un kezayit, puisque le verset interdit les espèces impures sans mesure.
« דכיון שמן התורה יש חשיבות דלוקין על אכילתה אפי׳ היא פחות מכזית » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק א)
« דהא סתמא כתיב אצל מינים טמאים לא תאכל אותם אפי׳ הם קטנים » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק א)
Et c'est de cette rigueur de la Torah sur la beriah elle-même que les Sages ont tiré leur rigueur sur son mélange :
« ע״כ החמירו רבנן בתערובת שלהם אבל מן התורה היא בטילה כשאר איסורים » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק א)
« ונ״מ לענין ספק אי הוה בריה או לא הוה ספיקא דרבנן ובטל » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק א)
Le Taz étend expressément cette conséquence aux autres catégories qui ne s'annulent pas et que le siman 101 traitera :
« וכן בכל הדברים דאמרינן לקמן שאינם בטלים כגון ראוי להתכבד או דבר שבמנין » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק א)
Mais il pose aussitôt la borne, et c'est elle qu'il faut retenir avec le reste : le doute qui allège est le doute sur le statut, non le doute sur l'interdit. Lorsque la beriah est certaine et que seul l'interdit est douteux, la rigueur demeure entière :
« אבל אי הוה ודאי בריה או א׳ מהני שאין מתבטלים אלא שהאיסור ספק בזה אפילו באלף לא בטיל כגון ביצי ספק טריפה » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק א)
Et pour la pratique — demande à ton Rav.
« ואין לו דין בריה אא״כ הוא דבר שהיה בו חיות לאפוקי חטה אחת של איסור וכן צריך שיהא דבר שאסור מתחילת ברייתו לאפוקי עוף טהור שנתנבל ושור הנסקל וכן צריך שיהיה דבר שלם שאם יחלק אין שמו עליו לאפוקי חלב וכן צריך שיהא שלם » (שו״ע יו״ד ק׳:א)
Traduction — une chose n'a le statut de beriah que si elle a eu en elle de la vie — à l'exclusion d'un grain de blé interdit ; il faut encore que ce soit une chose interdite dès le commencement de sa formation — à l'exclusion d'un oiseau pur devenu nevela et du taureau voué à la lapidation ; il faut encore que ce soit une chose entière, telle que si on la divise son nom ne lui reste plus — à l'exclusion du 'hélev ; et il faut encore qu'elle soit entière.
Le Chakh explique la troisième exclusion, et sa formulation montre bien que la condition porte sur le nom :
« כיון שאלו יחלק שמו חלב עליו משא״כ גיד הנשה ואבר מן החי שאם יחלקו אין שמו עליו » (ש״ך יו״ד ק׳ ס״ק ה)
Il prend soin, sur la première, d'écarter une objection qu'on pourrait lui faire : un grain de blé peut fort bien être interdit dès son origine — de kilaïm — et il n'est pas pour autant une beriah, faute de vie.
« אע״פ שהיא אסורה מתחלת ברייתה כגון של כלאים » (ש״ך יו״ד ק׳ ס״ק ג)
| La condition | Ce qu'elle vient écarter | La raison |
|---|---|---|
| (a) avoir eu de la vie | le grain de blé et les autres semences | il n'y a jamais eu en lui de souffle de vie → ce n'est pas une beriah |
| (b) interdit dès l'origine | l'oiseau pur devenu nevela · le taureau voué à la lapidation | l'interdit lui est venu après sa formation → la considération de la beriah n'adhère pas à son interdit |
| (c) entier — que divisé, son nom ne lui reste pas | le 'hélev | le morceau coupé s'appelle encore 'hélev → son nom ne dépend pas de son intégrité |
« פירוש דל״ת דעיקר הקפידה שצריך שיהא שייך בו לומר אם יחלק אין שמו עליו ואז הוה בריה אפילו באמת אינו שלם » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ב)
« קמ״ל דדוקא יהא ג״כ שלם » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ב)
Le Taz, sur le cas de la beriah écrasée, ne tranche pas ici et renvoie ailleurs :
« ואם נתרסקה הבריה עיין בסימן ק״א סעיף ו׳ » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ב)
Le Chakh, lui, l'écarte du statut de beriah dans les termes mêmes de la condition, et va jusqu'au membre détaché :
« לאפוקי נתרסק או נחתך ממנה אבר אחד אפילו אבר שאין הנשמה תלויה בו » (ש״ך יו״ד ק׳ ס״ק ו)
| La position | Fourmi trouvée dans des fruits ou de la farine | Source |
|---|---|---|
| כרתי ופלתי | avant qu'elle ne sorte, elle était permise — elle n'est donc pas interdite dès son origine → elle s'annule dans soixante | פת״ש ס״ק א |
| טור האבן (סי׳ כ״ו), qui conteste | elle est une beriah à part entière et ne s'annule pas — il n'y a pas lieu de distinguer avant et après la sortie | פת״ש ס״ק א |
Le Pit'hei Techouva rapporte l'allègement du Kreti ouPleti en le rattachant expressément à la deuxième condition :
« שלמד היתר על נמלים הגדלים בפירות וקמח שאף אם פירשו בטילים בס׳ » (פת״ש יו״ד ק׳ ס״ק א)
« דהרי הא דבריה אינה בטילה דוקא כשהוא אסור מתחלת ברייתו » (פת״ש יו״ד ק׳ ס״ק א)
« ונמלה אין אסור מתחלת ברייתו דהא קודם שפירשה היתה מותרת » (פת״ש יו״ד ק׳ ס״ק א)
Et il rapporte aussitôt qui le conteste :
« ועיין בתשובת טור האבן סי׳ כ״ו שחולק על זה ופסק דמקרי בריה ואינה בטילה » (פת״ש יו״ד ק׳ ס״ק א)
« ועיין בתשובת משכנות יעקב סימן ל״א » (פת״ש יו״ד ק׳ ס״ק א)
« על אכילת קמח בימות החמה » (פת״ש יו״ד ק׳ ס״ק א)
Et pour la pratique — demande à ton Rav.
C'est l'une des חקירות les plus vives et les plus répandues de toute la sougya de la beriah.
« אֵין בְּגִידִין בְּנוֹתֵן טַעַם » (חולין צ״ט ע״ב)
et le Mehaber le reprend à son seif ב׳ pour en faire l'exception du siman :
« חוץ מגיד הנשה שאין טעמו אוסר דאין בגידים בנותן טעם » (שו״ע יו״ד ק׳:ב)
Si donc le gid hanashé a cuit avec du permis, quel interdit y a-t-il là, puisqu'il ne dégage rien ? Et comment le din une beriah ne s'annule pas peut-il s'y appliquer ?
« דהוה ביה חיותא חידושי הרשב״א והר״ן פג״ה וכן אבר מן החי » (ש״ך יו״ד ק׳ ס״ק א)
« ועיקר גיד הנשה אינו אלא על הכף בלבד » (רמ״א יו״ד ק׳:א)
« והוא כרוחב ד׳ אצבעות ואם הוא שלם מקרי בריה » (רמ״א יו״ד ק׳:א)
Cette limitation au kaf n'est pas une nouveauté du Rama : c'est la parole de Chmouel dans la guemara, sur ce que la Torah a effectivement interdit.
« לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא שֶׁעַל הַכַּף בִּלְבַד » (חולין צ״ו ע״א)
Et le Taz précise que la mesure de quatre doigts est dite d'un gros bovin ; sur une petite bête elle se réduit à proportion :
« זה בשור הגדול ובכבש קטן ב׳ אצבעות כ״כ או״ה שם » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ג)
On notera, en marge, que c'est la même guemara de חולין צ״ו ע״א qui fonde la rigueur de la Torah invoquée plus haut par le Taz : on est passible pour le gid même en deçà d'un kezayit, et la raison en est donnée sans détour.
« בְּרִיָּה (בִּפְנֵי עַצְמָהּ) הִיא » (חולין צ״ו ע״א)
« דבר שהוא בריה שנתבשל עם ההיתר אם אינו מכירו הכל אסור והרוטב בנותן טעם ואם מכירו זורקו והאחרים והרוטב צריך שיהא בהם ס׳ כנגדו חוץ מגיד הנשה שאין טעמו אוסר דאין בגידים בנותן טעם אבל שמנו אוסר וצריך ששים כנגדו להתיר הרוטב » (שו״ע יו״ד ק׳:ב)
« לפיכך ירך שנתבשל עם גידו אם מכירו זורקו וכל השאר מותר אם יש בו ס׳ כנגד שמנו ואם אינו מכירו כל החתיכות אסורות ואם יש בקדירה ס׳ כנגד השומן מותר הרוטב ואם לאו אסור » (שו״ע יו״ד ק׳:ב)
« ואם נמוח הגיד ואינו ניכר צריך גם כן ס׳ כנגדו » (שו״ע יו״ד ק׳:ב)
Traduction — une chose qui est une beriah et qui a cuit avec du permis : s'il ne la reconnaît pas, tout est interdit, et la sauce l'est si elle a reçu du goût ; et s'il la reconnaît, il la jette, et il faut qu'il y ait dans le reste et dans la sauce soixante contre elle. Sauf pour le gid hanashé, dont le goût n'interdit pas, puisque les tendons ne donnent pas de goût ; mais sa graisse, elle, interdit, et il faut soixante contre elle pour permettre la sauce. Ainsi : une cuisse qui a cuit avec son gid — s'il reconnaît le gid, il le jette et tout le reste est permis s'il y a soixante contre sa graisse ; s'il ne le reconnaît pas, tous les morceaux sont interdits, et s'il y a dans la marmite soixante contre la graisse, la sauce est permise, sinon elle est interdite. Et si le gid a fondu et n'est plus reconnaissable, il faut également soixante contre lui.
« ואם השומן דבוק בחתיכה אחת צריך שיהיה באותה חתיכה ס׳ נגד השומן » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ד)
« ואם לאו צריך ס׳ נגד כל החתיכה ההיא שהאיסור דבוק בה » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ד)
« לדידן דאמרינן סי׳ צ״ב בכל האיסורים חתיכה עצמה נעשית נבילה » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ד)
Le Chakh pose la même difficulté, mais il la retourne contre le texte du Choulhan Aroukh lui-même, qui écrit sans réserve comme le Tour — lequel ne tient pas le principe de l'interdit collé :
« קשה דהיאך סתם הרב כדברי הט״ו » (ש״ך יו״ד ק׳ ס״ק ח)
« א״כ ה״נ ירך שנתבשל עם גידו אין השאר מותר » (ש״ך יו״ד ק׳ ס״ק ח)
La graisse, en somme, n'est pas jugée comme une beriah mais comme n'importe quel 'hélev absorbé : c'est le régime ordinaire des interdits, avec ce que le siman 92 y ajoute.
« פירוש ואזיל ליה חשיבותיה דבריה אבל צריך מ״מ ס׳ נגדו » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ה)
« דאע״ג דעץ בעלמא הוא התורה אסרתו » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ה)
Le Chakh dit la même chose en une ligne, et renvoie au siman 65 :
« דאע״פ שאין בו טעם התורה אסרתו » (ש״ך יו״ד ק׳ ס״ק ט)
Mais le Taz ajoute aussitôt ce qu'il a trouvé dans le Torat haBayit haArokh — que peut-être il s'annule dans la majorité, puisqu'un tendon ne donne jamais de goût :
« ומסיק על זה בת״ה הארוך ואפשר שבטל ברוב כיון שלעולם אינו נותן טעם » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ה)
et il en tire, pour lui, une conclusion mesurée : on ne l'écrit pas comme din, mais on s'y appuie dans un cas douteux.
« מ״מ נראה לסמוך להקל בספק כזה » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ה)
| La position | Gid fondu, non reconnaissable | Source |
|---|---|---|
| Le Mehaber | il faut soixante contre lui | מחבר ס״ב ; ט״ז ס״ק ה ; ש״ך ס״ק ט |
| Le Torat haBayit haArokh, rapporté par le Taz | peut-être s'annule-t-il dans la majorité, puisqu'un tendon ne donne jamais de goût — et le Taz s'y appuie dans un cas douteux | ט״ז ס״ק ה |
« קדרה של מרק שנפל שם בריה ונאבדה אסור הכל » (שו״ע יו״ד ק׳:ג)
Traduction — une marmite de bouillon dans laquelle est tombée une beriah, qui s'y est perdue — tout est interdit.
Le Chakh, ici, ne commente pas : il borne. Son mot est court et il change la portée du seif — le tout est interdit ne vaut que là où le passage au tamis ne peut rien.
« היינו כשא״א להתיר על ידי סינון » (ש״ך יו״ד ק׳ ס״ק י)
Ce qui veut dire que le seif ג׳ et le seif ד׳ ne se contredisent pas : ils disent la même règle des deux côtés. Là où une séparation matérielle reste possible, on sépare ; là où elle ne l'est pas, tout est interdit.
« פרעוש שקפץ לתוך המאכל אסור מצד הדין מאחר שנאבדה ברוטב » (פת״ש יו״ד ק׳ ס״ק ג)
« וא״א לסננה וא״א לבדוק הבשר אולי דבקה בו » (פת״ש יו״ד ק׳ ס״ק ג)
Le Pit'hei Techouva ne laisse pas la chose sans discussion : il rapporte que les Panim Meïrot ont hésité, au motif que la puce est d'elle-même repoussante, et que le Rama tient au siman 103 qu'une beriah repoussante en elle-même s'annule. Mais il rapporte de même que les Panim Meïrot sont ensuite revenus longuement sur cette objection, et il conclut en faveur des 'Havot Yaïr :
« וא״כ יפה פסק החו״י » (פת״ש יו״ד ק׳ ס״ק ג)
Et pour la pratique — demande à ton Rav.
« ירקות מבושלות שנמצאו בהם ג׳ תולעים הירקות אסורים אבל מי השלקות מסננן ומותרים וכן הבשר ירחצנו ויבדקנו ומותר » (שו״ע יו״ד ק׳:ד)
Traduction — des légumes cuits dans lesquels on a trouvé trois vers : les légumes sont interdits ; mais l'eau de cuisson, il la filtre et elle est permise ; et de même la viande, il la lave et l'examine, et elle est permise.
« ונראה לי פשוט שט״ס הוא שם וצ״ל ג׳ פעמים » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ו)
Il rapporte alors que son beau-père — le Bayit Hadach — voulait être rigoureux dès deux fois, parce que Rabbi tient qu'une 'hazaka se forme en deux :
« ומו״ח ז״ל כ׳ דיש להחמיר בב׳ כיון דלרבי הוה חזקה בב׳ זימני » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ו)
et il ne le suit pas : hors des cas de mariage et de circoncision, où l'on suit Rabbi par allègement sur un doute de vies, on suit Rabban Chimon ben Gamliel, qui exige trois.
« קיימא לן כרבן שמעון בן גמליאל דדוקא בתלתא זימנין הוה חזקה וכן עיקר » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ו)
Il clôt en rappelant ce que le Beit Yossef rapporte au nom du Ran, au même siman 84 :
« דפעם אחת או ב׳ מותר התבשיל » (ט״ז יו״ד ק׳ ס״ק ו)
« דמאחר שנמצאו ג׳ הוחזק שיש שם עוד ואינן ניכרות » (ש״ך יו״ד ק׳ ס״ק י״א)
Dès lors la ligne de partage est claire, et c'est celle que le Chakh avait posée au seif ג׳ : là où une séparation matérielle est praticable, on l'exige et le mets est permis — l'eau de cuisson, on la filtre ; la viande, on la lave et on l'examine. Là où elle ne l'est pas — le légume lui-même, où les vers restés sont tenus pour présents et invisibles — le mets demeure interdit. Le Chakh renvoie, pour le détail de ces dinim, au siman 84.
| Le cas | Le din | Source |
|---|---|---|
| Beriah entière (fourmi, oiseau impur, gid, membre pris sur la bête vivante, œuf où il y a un embryon) | même dans mille elle ne s'annule pas | מחבר ס״א ; חולין צ״ט ע״ב–ק׳ ע״א |
| Grain de blé interdit | s'annule — il n'y a jamais eu en lui de vie | מחבר ס״א (1re condition) ; ש״ך ס״ק ג |
| Oiseau pur devenu nevela · taureau voué à la lapidation | s'annulent — ils n'ont pas été interdits dès leur origine | מחבר ס״א (2e condition) |
| 'Hélev | s'annule — son nom lui reste même divisé | מחבר ס״א (3e condition) ; ש״ך ס״ק ה |
| Doute sur le statut de beriah | doute sur une règle rabbinique → elle s'annule | ט״ז ס״ק א |
| Beriah certaine, interdit douteux | même dans mille elle ne s'annule pas | ט״ז ס״ק א |
| Gid hanashé qu'il reconnaît | il le jette ; sa graisse demande soixante | מחבר ס״ב ; ש״ך ס״ק א ; ט״ז ס״ק ד |
| Gid fondu, non reconnaissable | il faut soixante contre lui (et le Taz s'appuie sur l'allègement dans un cas douteux) | מחבר ס״ב ; ט״ז ס״ק ה ; ש״ך ס״ק ט |
| Beriah perdue dans la sauce | tout est interdit — là où le filtrage ne peut rien | מחבר ס״ג ; ש״ך ס״ק י ; פת״ש ס״ק ג |
| Légume où l'on a trouvé des vers (trois fois) | le légume est interdit ; l'eau, on la filtre ; la viande, on la lave et on l'examine — et elles sont permises | מחבר ס״ד ; ט״ז ס״ק ו ; ש״ך ס״ק י״א |
| Le point | Première position | Seconde position |
|---|---|---|
| La portée de elle ne s'annule pas | lecture simple — elle ne s'annule pas de la Torah | le Taz — c'est des Sages ; de la Torah elle s'annule, et le doute sur le statut s'allège (ס״ק א) |
| Fourmi trouvée dans des fruits ou de la farine | כרתי ופלתי — permise avant qu'elle ne sorte → elle s'annule dans soixante (פת״ש ס״ק א) | טור האבן סי׳ כ״ו — beriah à part entière, elle ne s'annule pas (פת״ש ס״ק א) |
| Membre pris sur la bête vivante, en deçà d'un kezayit | פני אריה — il s'annule comme tout sec dans du sec (פת״ש ס״ק ב) | פרי מגדים — son avis n'est pas tel (פת״ש ס״ק ב) |
| Gid fondu, non reconnaissable | le Mehaber — il faut soixante | תורת הבית הארוך, rapporté par le Taz — peut-être s'annule-t-il dans la majorité (ט״ז ס״ק ה) |
| La 'hazaka d'infestation | מו״ח (le Bayit Hadach) — il y a lieu d'être rigoureux dès deux fois (ט״ז ס״ק ו) | le Taz — trois fois, selon Rabban Chimon ben Gamliel (ט״ז ס״ק ו) |
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