Du psak du Mehaber et du Rama, à l'arbitrage du Taz, du Shach, du Rambam
et du Aroukh HaChoulhan, jusqu'aux ustensiles de nos cuisines
Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן קכ״ב (י״ב סעיפים)
עם נושאי הכלים: ט״ז, ש״ך, פתחי תשובה, ערוך השולחן
⚠ Avertissement de niveau :
Ce niveau n'est pas “Daat HaRav” : le Choulhan Aroukh HaRav
(Admour HaZaken) ne couvre pas le Yoreh De'ah, donc pas le Siman 122.
C'est un niveau de psika pratique : ce que l'on fait, et à qui demander.
Rédaction et iyun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Comment lire ce niveau. Chaque affirmation est ancrée soit dans le texte du Choulhan Aroukh et de ses nossei kelim (Taz, Shach, Pitchei Teshuva), soit dans un posek nommé et vérifiable (Rambam, Aroukh HaChoulhan). Sur le Yoreh De'ah, il n'y a ni Mishna Berurah (qui ne commente que l'Orach Chaim), ni Choulhan Aroukh HaRav / Daat HaRav (l'Admour HaZaken n'a pas écrit le YD). Toute application concrète (lema'asse) se conclut par le renvoi à ton Rav : les cas réels de cacheroute mêlent des détails de fait — quel ustensile, quelle matière, quel interdit, combien de temps, à chaud ou à froid, lekhatchila ou après coup — que seul un posek voyant ta situation peut trancher.
דין נותן טעם לפגם בכלים. ובו י״ב סעיפים:
נותן טעם לפגם מותר:
קדירה שאינה בת יומא דהיינו ששהתה מעת לעת משנתבשלו בה האיסור הויא נותן טעם לפגם ואפילו הכי אסרו חכמים לבשל בה לכתחלה גזירה אטו בת יומא בין שבלועה מאיסור ובא לבשל בה היתר ובין שבלועה מחלב ובא לבשל בה בשר או איפכא:
Le principe (seif 1). Un goût qui gâte est permis : lorsqu'un interdit se mêle à du permis en le dégradant au lieu de l'améliorer, il ne rend rien interdit.
Son application aux ustensiles (seif 2). Une marmite qui n'est plus “du jour” — c'est-à-dire qui a laissé passer vingt-quatre heures (מעת לעת) depuis que l'interdit y a été cuit — est un cas de goût qui gâte. Et pourtant les Sages ont interdit d'y cuire lekhatchila, par décret, de peur qu'on ne la confonde avec une marmite du jour. Cela vaut aussi bien pour une marmite imprégnée d'interdit dans laquelle on veut cuire du permis, que pour une marmite imprégnée de lait dans laquelle on veut cuire de la viande, ou l'inverse.
— Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 122:1-2 · Sefaria YD 122:1 · 122:2
Le Rambam formule les deux étages puis ferme la porte plus fermement que les autres Richonim : après avoir écrit que la Torah n'a interdit que la marmite du jour, il ajoute résumé : des paroles des Sofrim, on n'y cuira jamais, et l'on n'achète donc jamais à un non-Juif de vieux ustensiles de terre cuite ayant servi à chaud — mais si on l'a fait et qu'on y a cuit à partir du deuxième jour, le plat est permis (רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז הלכה ב). Le Aroukh HaChoulhan note que le Rambam est le seul à ne pas admettre la présomption “leurs ustensiles ne sont pas du jour” (ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף י״ג) ; la halakha du Mehaber et du Rama suit ici les autres Richonim.
Le Siman 122 compte 12 seifim. Le Mehaber pose la doctrine (goût qui gâte, 24 heures, présomptions) ; le Rama (הגה) glose trois fois — sur les plats relevés, sur les ustensiles laissés chez un non-Juif, et sur l'achat d'ustensiles. Voici la carte d'ensemble, telle qu'elle ressort du texte lui-même.
| Seif | Sujet | Psak (ancré dans le texte) |
|---|---|---|
| 1 | le principe | נותן טעם לפגם מותר — un goût qui gâte ne rend pas interdit. |
| 2 | קדירה שאינה בת יומא | 24 heures (מעת לעת) depuis la cuisson de l'interdit = goût qui gâte ; et pourtant les Sages interdisent d'y cuire lekhatchila, décret par crainte de la marmite du jour — que la marmite soit imprégnée d'interdit, ou de lait pour de la viande et l'inverse. |
| 3 | rinçage · plats relevés | י״א : la marmite n'est réputée gâtée que si elle a été bien rincée et que tout le gras d'interdit collé en est parti ; s'il reste de l'interdit בעין, 24 heures ne le gâtent pas. Rama : mais s'il y a soixante contre ce qui est collé, tout est permis. Rama : pour les דברים חריפים on ne dit pas נותן טעם לפגם (cf. simanim 95 et 96) — un plat majoritairement vinaigre, épices ou autres produits relevés cuit dans une marmite d'interdit non “du jour” est interdit ; mais un peu d'épice ne rend pas le plat חריף. En revanche si c'est l'interdit qui était relevé, puis 24 heures ont passé et l'on y a cuit du permis non relevé — permis. |
| 4 | בשר בחלב | Marmite imprégnée de viande-et-lait : si avant qu'une nuit ne passe on y a chauffé de l'eau, c'est comme si l'interdit y avait été recuit, et l'on compte les 24 heures depuis le chauffage de l'eau — ce qui n'est pas le cas pour les autres interdits. |
| 5 | איסור מועט | Un peu d'interdit absorbé dans un ustensile dont l'usage n'est jamais de petites quantités (grande marmite, tonneau) : permis d'y travailler lekhatchila même du jour même, puisqu'il ne peut jamais donner de goût. Mais un ustensile utilisé pour de petites quantités (une écuelle) : interdit — אין מבטלין איסור לכתחלה, même un interdit minime, même absorbé. |
| 6 | סתם כלי נכרי | Les ustensiles d'un non-Juif sont présumés pas du jour ; donc si l'on a transgressé et qu'on s'en est servi avant de les cachériser, le plat est permis. Rama : mais chauffer de l'eau dans leur ustensile pour pétrir du pain — interdit de pétrir avec cette eau : pour cela c'est encore lekhatchila, la jouissance n'ayant pas commencé ; en revanche un produit déjà fabriqué par le non-Juif, מקרי דיעבד, et l'on peut l'acheter lekhatchila. Il reste interdit de dire à un non-Juif “cuis-moi des légumes dans ta marmite” — qui dit “cuis-moi” est comme s'il cuisait de ses mains ; peut-être par des artisans est-ce permis, car tout artisan réserve des ustensiles propres à son métier pour ne pas gâter son ouvrage ; ובעל נפש יחוש. |
| 7 | סתם כלים שלנו | De même que leurs ustensiles sont présumés pas du jour, nos propres ustensiles sont présumés pas du jour. |
| 8 | ustensile mêlé | Un ustensile devenu interdit par absorption, mêlé à d'autres et non reconnaissable : בטל ברוב. |
| 9 | ustensiles laissés chez un non-Juif | Se garder de laisser de la vaisselle de table chez un non-Juif, de peur qu'il ne s'en serve. Rama : même confiée à un artisan pour réparation, y faire un signe ; sinon, hagala au retour — et seulement s'ils y sont restés un certain temps, soit environ une demi-journée ; pour un court moment, pas d'inquiétude. Tout cela quand on veut s'en servir le jour même (il n'y a alors qu'un seul doute) ; mais s'il ne les reprend qu'après coup — ou qu'ils ont attendu 24 heures chez l'un ou chez l'autre — on va vers l'indulgence et l'on ne s'inquiète pas bediavad. Repris le jour même et utilisés sans hagala : יש אוסרים le plat ; ובמקום צורך יש להקל בדיעבד ; lekhatchila être vigilant en tout état de cause, même avec le personnel non-juif de la maison. |
| 10 | écuelles envoyées avec un plat | Écuelles qu'un Juif a envoyées à un non-Juif avec de la nourriture et qui y sont restées : si le plat envoyé y est encore reconnaissable — permis ; sinon — interdit s'ils ont coutume de laver la vaisselle à l'eau chaude, de peur qu'elle n'ait été lavée avec de la vaisselle interdite. |
| 11 | acheter de la vaisselle | Vaisselle de table entre les mains d'un non-Juif qui dit, sans y être poussé (מסיח לפי תומו), qu'elle est neuve, et que cela paraît vrai : on peut la lui acheter. Rama : יש מחמירים — il n'est pas fiable, et l'on n'achète que chez qui vend beaucoup d'ustensiles ; c'est l'usage lekhatchila, mais en cas de nécessité (voyageur hébergé sans vaisselle) on suit le premier avis, et c'est l'essentiel. |
| 12 | écuelles d'outre-mer | יש מי שאומר : les écuelles venues d'outre-mer, creuses, verdâtres ou rougeâtres, ne doivent jamais servir à chaud, car elles ne sont pas neuves — les non-Juifs s'en servent sans que cela se voie. |
Lema'asse (les 24 heures). “Il n'a pas servi depuis 24 heures” n'est pas un permis d'usage : c'est une atténuation qui sert après coup, pas avant. Devant un ustensile non cachère, la question pratique n'est jamais “depuis quand n'a-t-il pas servi ?” mais “peut-on le cachériser, et comment ?” — ce qui relève du siman 121. Les 24 heures servent à répondre à l'autre question : “c'est déjà fait, que devient le plat ?”. Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.
Le Aroukh HaChoulhan expose la machloket : certains Richonim tiennent qu'une marmite non rincée est elle aussi gâtée après 24 heures, parce que ce qui reste n'est pas du gras véritable mais un enduit sur la paroi — et il rapporte que c'est aussi l'avis du Rambam au chapitre 17 ; le Tour et le Choulhan Aroukh exigent au contraire le rinçage (ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ז׳). Puis il tranche pratiquement, et c'est décisif pour nos cuisines : même selon le Tour et le Choulhan Aroukh, l'enduit qui empêche le pgam n'est que du gras véritable — une marmite où l'on a rôti beaucoup de viande grasse ; mais dans une cuisine ordinaire, où l'on cuit surtout de l'eau avec des gruaux, des pommes de terre ou des beignets, ce qui reste sur la paroi n'a aucune consistance et n'est presque pas propre à être mangé, si bien qu'il faut la compter comme נותן טעם לפגם après 24 heures en tout état de cause (ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ח׳).
Lema'asse (rinçage et plats relevés). Deux réflexes concrets. (1) Un ustensile douteux mal nettoyé, où l'on voit encore du gras ou des résidus, ne bénéficie pas de l'atténuation des 24 heures : le résidu visible se traite pour lui-même. (2) Devant un plat acide ou relevé — vinaigre, citron, moutarde, piment, oignon et ail forts, saumure — l'atténuation des 24 heures tombe, et l'on ne peut plus compter dessus même après coup. Savoir si ton plat est חריף, et si le résidu était בעין, est une question de fait. Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.
Lema'asse (viande-et-lait). Retiens la règle inhabituelle : dans un accident de viande-et-lait, faire bouillir de l'eau dans la marmite ne l'assainit pas — cela relance le compteur. Le geste réflexe (“je fais bouillir de l'eau dedans pour la nettoyer”) est exactement celui qui prolonge le problème. Ne rien faire, et poser la question. Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.
C'est l'un des rares endroits du siman où les deux commentaires principaux écartent ensemble le psak du Mehaber. Le Shach écrit que le Ra'ah et le Tour ont objecté et que c'est ainsi qu'a tranché le Bach (ש״ך יו״ד קכ״ב ס״ק ג). Le Taz renvoie à ce qu'il a établi au siman 99 seif 7 : résumé — quant à la halakha, nous ne tenons pas ainsi (ט״ז יו״ד קכ״ב ס״ק ג). L'objection du Tour, rapportée par le Aroukh HaChoulhan, est un raisonnement a fortiori : si une marmite qui n'est pas du jour, pourtant permise, a été interdite par décret à cause de la marmite du jour, à plus forte raison faut-il décréter ici, de peur qu'on ne vienne à se servir de ce même ustensile pour une petite quantité (ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף י׳).
Lema'asse (le grand récipient). Ne s'appuie pas sur le raisonnement “de toute façon, dans une si grande marmite, il y a soixante” pour utiliser sciemment un ustensile problématique : c'est précisément la démarche que le Taz, le Shach et le Bach refusent. Le raisonnement des soixante appartient au bediavad, quand le fait est accompli. Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.
Le Maharshal tient que la présomption dispense seulement de demander ; si l'on a demandé et qu'on a appris que l'ustensile a bien servi aujourd'hui, il faut demander encore ce qu'on y a cuit, et si c'est quelque chose qui ne gâte pas, il n'y a plus de ספק ספיקא et il ne convient pas de permettre — ainsi le rapportent le Shach (ש״ך יו״ד קכ״ב ס״ק ד) et le Taz (ט״ז יו״ד קכ״ב ס״ק ד). Le Taz refuse longuement : il reste un doute, car un non-Juif ment couramment, et l'on ne va pas suivre la présomption de l'ustensile en abandonnant celle du plat cuit dedans, qui est en présomption de cacheroute. Il ajoute toutefois une réserve : si le non-Juif le dit de lui-même, sans qu'on l'interroge et sans qu'il vise le Juif, il y a lieu d'être sévère. Le Aroukh HaChoulhan conclut qu'il n'y a pas de règle générale ici et que tout dépend du cas (ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ט״ז).
Après avoir exposé toute la présomption, le Aroukh HaChoulhan refuse qu'on en fasse un permis d'usage : « ומימינו לא שמענו לסמוך על היתר זה ולא יעשה כן בישראל לאכול אף המותר מכליהם על סמך זה דאינם בני יומן » (ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ט״ז). Et il donne l'exemple de son temps, transposable au nôtre : dans les maisons de café où l'on boit avec du lait, on boit à toute heure, et les ustensiles sont certainement du jour ; le thé, en revanche, est permis, chacun ayant pour cela des ustensiles réservés.
Lema'asse (la présomption). La présomption “les ustensiles ne sont pas du jour” sert à ne pas rendre interdit après coup — un plat déjà cuit, un achat déjà fait, un ustensile trouvé. Elle ne sert pas à décider d'aller manger dans une cuisine non cachère : le Aroukh HaChoulhan l'écrit noir sur blanc, et de toute manière l'ustensile qui a servi aujourd'hui rend le heter caduc. Chez soi, en cas de doute sur son propre ustensile, la présomption joue — mais si le maître de maison est là, on lui demande. Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.
Le Rama conclut son long הגה par : ובמקום צורך יש להקל בדיעבד. Le Taz s'y oppose frontalement : après avoir montré, du Mordekhaï, que lorsque l'objet est rendu le jour même il n'y a qu'un seul doute — “peut-être s'en est-il servi avec quelque chose qui gâte” n'étant pas ici un doute mais l'ordinaire —, il conclut qu'il n'y a pas d'indulgence bediavad même en cas de grand besoin, contre ce qu'a écrit le Rama, et que même le bediavad est interdit (ט״ז יו״ד קכ״ב ס״ק ח), puis il le redit d'un mot au ס״ק suivant (ט״ז יו״ד קכ״ב ס״ק ט). Le Shach défend le Rama sur toute la ligne et précise ce que veut dire אין חוששין בדיעבד : non pas que le plat est permis après coup — cela va de soi — mais qu'après que l'ustensile a séjourné et que 24 heures ont passé, il est permis de s'en servir même lekhatchila (ש״ך יו״ד קכ״ב ס״ק ח).
Lema'asse (ustensiles confiés, lavés, achetés). (1) Vaisselle confiée à un réparateur, un artisan, un voisin non-juif : y faire un signe, et éviter de la reprendre le jour même. (2) Vaisselle revenue propre d'un lieu non cachère : la propreté même est l'indice qui inquiète, car elle signale un lavage à chaud. (3) Vaisselle d'occasion : le neuf déclaré par le vendeur suffit de droit, l'usage veut mieux, et la céramique glacée ancienne ne redevient pas propre à un usage à chaud. Chacun de ces cas dépend de la matière, de l'usage à chaud ou à froid, du כלי ראשון ou du כלי שני. Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.
Note de méthode. Les courants qui suivent prolongent les principes du siman 122 exposés ci-dessus pour des cas contemporains. Ils ne figurent pas dans le corpus du siman ; ils sont cités comme courants de psika reconnus, sans référence de responsa précise, et à confirmer auprès d'un Rav avant toute application.
| Cas concret | Orientation séfarade (à vérifier) |
|---|---|
| Plat cuit par erreur dans un ustensile non cachère non utilisé depuis 24 h | Le plat est permis bediavad (seif 6 dans le texte même) ; l'ustensile reste interdit et demande une cachérisation (siman 121). |
| Ustensile douteux chez soi | Présomption du seif 7 ; mais on demande au maître de maison s'il est présent (Pitchei Teshuva sk 6 au nom du Be'er Sheva). |
| Plat acide ou relevé | Pas de נותן טעם לפגם (Rama, seif 3) ; on ne s'appuie pas sur les 24 heures. |
| Couverts et assiettes en usage de כלי שני | Traitement plus léger que les marmites — rinçage (le Aroukh HaChoulhan le formule ; les poskim séfarades raisonnent de même sur כלי שני). |
Note de méthode. Ici, à la différence du siman précédent, le courant ashkénaze est documenté dans le corpus même : le Rama, le Taz, le Shach, le Pitchei Teshuva et surtout le Aroukh HaChoulhan, qui consacre 22 seifim à notre siman et traite explicitement des situations de son temps. Les références ci-dessous sont réelles et vérifiables.
| Question | Position ashkénaze, avec sa source |
|---|---|
| Terre cuite après 24 h | Pas de heter : on n'a pas distingué la terre cuite du métal — וחלילה לומר כן (ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ב׳) ; de même Pitchei Teshuva sk 1, contre les חכמי ויניציאה. |
| Interdit rabbinique absorbé | לא פלוג רבנן — pas d'allègement (ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ג׳), contre le doute soulevé par le Noda BiYehuda (rapporté par le Pitchei Teshuva sk 2). |
| Douze mois | Pas de heter pour les interdits ordinaires ; heter pour le ḥametz de Pessa'h (ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ד׳ · ḥakham Tzvi 75). |
| Marmite non rincée | Le Tour et le Choulhan Aroukh exigent le rinçage ; mais dans une cuisine ordinaire le dépôt est négligeable et l'on compte נותן טעם לפגם en tout état de cause (ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ח׳). |
| Ustensiles revenus de chez un non-Juif | Le Taz interdit même bediavad quand ils reviennent le jour même (ט״ז יו״ד קכ״ב ס״ק ח–ט) ; le Shach (ס״ק ח) et le Aroukh HaChoulhan (סעיף כ׳) suivent le Rama et permettent bediavad, et rangent assiettes, cuillères, fourchettes et couteaux sous le simple rinçage. |
| Manger de leurs ustensiles en s'appuyant sur la présomption | Non — mise en garde explicite (ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ט״ז). |
| Cas moderne | Outil du siman | Orientation (à confirmer auprès du Rav) |
|---|---|---|
| Un ustensile n'a pas servi depuis 24 heures | Seif 2 (מעת לעת) | Les 24 heures se comptent depuis la cuisson de l'interdit, pas depuis le dernier lavage. Cela ne permet pas de s'en servir sciemment : le décret des Sages tient (seif 2). Cela sert à ne pas rendre interdit après coup. |
| On a cuit par erreur dans un ustensile non cachère | Seif 6 (בדיעבד) | Si l'ustensile n'était pas “du jour”, le plat est permis bediavad. L'ustensile, lui, reste interdit et demande une cachérisation (siman 121). Si le plat était acide ou relevé, l'allègement tombe (seif 3). |
| Plat acide ou épicé (vinaigre, citron, moutarde, piment, saumure) | Seif 3 (דברים חריפים) | Le goût redevient לשבח : ni les 24 heures ni la présomption ne sauvent le plat. Un peu d'assaisonnement ne suffit pas à rendre un plat חריף. |
| Vaisselle cachère lavée avec de la vaisselle non cachère (évier, bassine, lave-vaisselle) | Seif 10 · Aroukh HaChoulhan 122:18-19 | C'est le cas du seif 10 : le risque n'est pas ce que le non-Juif a mangé dedans, mais le lavage à chaud en commun — et cette crainte-là vaut même bediavad. Le Aroukh HaChoulhan distingue : lavage dans un כלי שני et doute sur le fait → permis bediavad. Un lave-vaisselle qui chauffe l'eau dans sa cuve n'est pas un כלי שני ; la question, en machine, doit être posée telle quelle à un Rav. |
| Savon et détergent | Seif 1 (נותן טעם לפגם) — application contemporaine | Le siman fournit le principe (un goût gâté ne rend pas interdit) mais ne parle pas de détergent. Les poskim contemporains discutent de savoir si le produit vaisselle rend le goût pagum au point d'être compté comme פגום ou même נפסל מאכילת כלב, et n'en tirent pas tous les mêmes conséquences. Ce point ne se tranche pas depuis le texte du siman : c'est une question à poser à ton Rav. |
| Four, plaques, grill, plancha | Seif 2 (24 h) · Rambam MA 17:3 (לבון) · siman 121 | Le siman 122 ne donne que la dimension temporelle : un four ou une grille qui n'a pas servi depuis 24 heures est נותן טעם לפגם, avec le même écart lekhatchila / bediavad. La cachérisation relève d'ailleurs : le Rambam range les broches et les grils sous le לבון באור — מלבנן באור עד שתנשר קלפתן (רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז הלכה ג) —, et le détail moderne (four à pyrolyse, plaque vitrocéramique, induction, four à vapeur) n'est traité nulle part dans notre siman. À poser à un Rav. |
| Manger dans un lieu non cachère “puisque leurs ustensiles ne sont pas du jour” | Seif 6 · Aroukh HaChoulhan 122:16 | Non. La présomption est un heter de bediavad ; le Aroukh HaChoulhan écarte explicitement qu'on s'en serve pour manger de leurs ustensiles, et note que là où l'on sert à toute heure, ils sont certainement “du jour”. |
| Ustensiles laissés chez un réparateur, un artisan, une aide ménagère non juive | Seif 9 | Y faire un signe ; éviter de reprendre le jour même. Après 24 heures, le Rama, le Shach et le Aroukh HaChoulhan allègent ; le Taz est sévère même bediavad quand l'objet revient le jour même. |
| Acheter de la vaisselle d'occasion ou en brocante | Seifim 11-12 | Le vendeur qui affirme spontanément que c'est neuf est fiable de droit (Shach sk 10) ; l'usage lekhatchila est plus exigeant (Rama). La céramique glacée ancienne reste interdite à chaud (seif 12). Ne pas oublier la tevilat kelim, qui est un autre siman (ק״כ · 120). |
Lema'asse. Ces situations mêlent des questions de fait — quelle matière, quel interdit, quelle température, כלי ראשון ou כלי שני, plat relevé ou non, lekhatchila ou après coup — que seul ton Rav peut trancher en voyant le cas. La règle pratique : reconstituer précisément ce qui a été absorbé, quand, dans quoi, et à quelle chaleur, ne rien laver ni chauffer entre-temps, puis consulte ton Rav.
| Question | Mesure (en pratique) | Source |
|---|---|---|
| Définition de אינו בן יומו | 24 heures (מעת לעת) depuis la cuisson de l'interdit | שו״ע יו״ד קכ״ב:ב ; ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף א׳ |
| Statut d'un tel ustensile | Permis מן התורה ; interdit מדרבנן lekhatchila | עבודה זרה ע״ו ע״א ; שו״ע יו״ד קכ״ב:ב |
| Plat cuit dedans par erreur | Permis bediavad | שו״ע יו״ד קכ״ב:ו |
| L'ustensile lui-même | Reste interdit — cachérisation (siman 121) | ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ב׳ |
| Terre cuite (חרס) | Aucune distinction ; pas de heter après 24 heures | ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ב׳ ; פתחי תשובה ס״ק א |
| Interdit rabbinique absorbé | Pareil — לא פלוג | ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ג׳ ; פתחי תשובה ס״ק ב |
| Douze mois | Pas de heter (sauf ḥametz de Pessa'h) | ערוך השולחן יורה דעה קכ״ב סעיף ד׳ ; פתחי תשובה ס״ק ג |
| Ustensile mal rincé, résidu בעין | Pas gâté ; mais 60 contre le collé suffit | שו״ע יו״ד קכ״ב:ג + הגה |
| Plat חריף | Pas de נותן טעם לפגם — interdit | הגה יו״ד קכ״ב:ג ; ערוך השולחן סעיף ט׳ |
| Interdit חריף puis 24 h puis plat doux | Permis | הגה יו״ד קכ״ב:ג ; ש״ך יו״ד קכ״ב ס״ק ב |
| בשר בחלב + eau chauffée avant la nuit | Le compte des 24 heures repart | שו״ע יו״ד קכ״ב:ד ; ט״ז ס״ק ב |
| Grand récipient, איסור מועט | Le Mehaber permet ; on ne s'y appuie pas | שו״ע יו״ד קכ״ב:ה ; ט״ז ס״ק ג ; ש״ך ס״ק ג |
| סתם כלים (les leurs et les nôtres) | Présumés pas “du jour” — heter de bediavad | שו״ע יו״ד קכ״ב:ו–ז ; ש״ך ס״ק ד |
| Ustensile interdit mêlé aux autres | בטל ברוב | שו״ע יו״ד קכ״ב:ח ; ערוך השולחן סעיף י״ז |
| Vaisselle laissée chez un non-Juif | Signe ; hagala ; 24 h allègent (Taz : sévère) | הגה יו״ד קכ״ב:ט ; ט״ז ס״ק ח ; ש״ך ס״ק ח |
| Vaisselle lavée à chaud avec de l'interdit | Interdit même bediavad ; כלי שני allège | שו״ע יו״ד קכ״ב:י ; ערוך השולחן סעיפים י״ח–י״ט |
| Acheter de la vaisselle à un non-Juif | מסיח לפי תומו suffit de droit ; usage plus strict | שו״ע יו״ד קכ״ב:יא + הגה ; ש״ך ס״ק י |
| Céramique glacée ancienne | Jamais à chaud | שו״ע יו״ד קכ״ב:יב |
| Posek | Apport décisif (ancré corpus) |
|---|---|
| Mehaber (seifim 1-12) | Le principe (s.1) ; les 24 heures et le décret (s.2) ; rinçage (s.3) ; viande-et-lait et le compte qui repart (s.4) ; איסור מועט dans un grand récipient (s.5) ; les deux présomptions (s.6-7) ; ביטול ברוב (s.8) ; dépôt chez un non-Juif (s.9) ; vaisselle lavée (s.10) ; achat (s.11) ; céramique d'outre-mer (s.12). |
| Rama (הגה sur s.3, s.6, s.9, s.11) | 60 contre le résidu collé ; דברים חריפים et sa limite (“pas חריף pour un peu d'épice”) ; le sens inverse permis ; l'eau chauffée pour pétrir ; le produit déjà fabriqué = דיעבד ; le signe sur les ustensiles confiés, la demi-journée, l'attente de 24 heures, ובמקום צורך יש להקל בדיעבד ; l'usage d'acheter parmi beaucoup d'ustensiles, et le heter du voyageur. |
| Taz (טורי זהב, ס״ק א–ט) | ס״ק א : le מרדה, allègement du siman 108 ; ס״ק ב : חתיכה עצמה נעשית נבילה, raison du seif 4 ; ס״ק ג : au siman 99 s.7 nous ne tenons pas comme le seif 5 ; ס״ק ד : le ספק ספיקא, la réfutation du Maharshal, la réserve du non-Juif qui parle de lui-même, le קנס du Darkhei Moshe ; ס״ק ז : chaque objet selon son usage — les ustensiles à vin sont plus stricts que ceux de cuisine ; ס״ק ח : le grand כלל en quatre cas et le refus du bediavad quand l'objet revient le jour même ; ס״ק ט : לענין הלכה לא קיימא לן כן. |
| Shach (שפתי כהן, ס״ק א–י) | ס״ק א : tout jusqu'à la fin du seif 4 est expliqué au siman 103 ; ס״ק ב : le plat relevé au nom de l'אורחות חיים ; ס״ק ג : le Ra'ah, le Tour et le Bach contre le seif 5 ; ס״ק ד : le ספק ספיקא et le débat avec le Maharshal ; ס״ק ה : l'eau chauffée pour être bue ; ס״ק ז : doublon du siman 102 ; ס״ק ח : longue défense du Rama, אין חוששין בדיעבד = permis même lekhatchila après 24 heures ; ס״ק ט : l'usage ne se garde plus des serviteurs, le Juif entrant et sortant ; ס״ק י : מסיח לפי תומו fiable sur un interdit rabbinique. |
| Pitchei Teshuva (ס״ק א–ז) | ס״ק א : la terre cuite après 24 heures — refus, même בהפסד מרובה ; ס״ק ב : le doute du Noda BiYehuda sur l'interdit rabbinique ; ס״ק ג : le ḥakham Tzvi et les douze mois ; ס״ק ד : quand les vendeurs sont pauvres et n'ont qu'un ustensile, la présomption tombe ; ס״ק ו : le Be'er Sheva — nos ustensiles seulement quand le propriétaire n'est pas là ; ס״ק ז : les couteaux trouvés dans un lieu de passage. |
| Rambam (הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז) | הלכה א–ב : la marmite du jour et le מדברי סופרים לא יבשל בה לעולם ; הלכה ג–ד : le classement des cachérisations (froid → הדחה, chaud → הגעלה, feu → לבון) et la raison — שכל השומן שבהן נותן טעם לפגם הוא. |
| Aroukh HaChoulhan (יורה דעה קכ״ב, כ״ב סעיפים) | Le commentaire moderne du siman : la mesure des 24 heures (s.1), l'absence de heter pour la terre cuite (s.2), pour l'interdit rabbinique (s.3), pour les douze mois (s.4) ; le dépôt négligeable des cuisines ordinaires (s.8) ; les plats relevés (s.9) ; la présomption et sa raison (s.13), le bediavad (s.14), les artisans d'aujourd'hui (s.15), la mise en garde contre l'usage abusif de la présomption (s.16) ; le mélange (s.17) ; la vaisselle lavée et le נ״ט בר נ״ט (s.18-19) ; les couverts en כלי שני (s.20) ; le commerçant (s.22). |
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