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Accueil Yoreh De'ah · Qui rend le vin interdit — le contact du non-Juif avec le tonneau Siman קכ״ד Niveau 3 — Synthèse / Révision
✦ ❖ ✦ D A A T · N I V E A U 3 — S Y N T H È S E / R É V I S I O N ✦ ❖ ✦

Siman 124 — Qui rend le vin interdit — le contact du non-Juif avec le tonneau

מי הוא העושה יין נסך ודיני נגיעת העובד כוכבים בחבית

Qui rend le vin interdit et par quel geste : les trois conditions de la נגיעה, la main, le pied et l'objet, le שכשוך et le כח, le תינוק, le מומר et le גר תושב, le tonneau, la ברזא, le trou et le siphon, et le renversement de בזמן הזה
Révision structurée, tableaux de psak, mémorisation rapide


Source : Shulchan Aroukh, Yoreh De'ah קכ״ד — 27 seifim
Nossei kelim : ש״ך (Shach) · ט״ז (Taz) · פתחי תשובה · באר היטב · באר הגולה · ביאור הגר״א
Compilation : הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Pour les étudiants ayant maîtrisé les Niveaux 1 et 2
daattorah.com

📑 Plan de la synthèse

  1. L'axiome : deux degrés d'interdit, et trois conditions pour le plus grave
  2. Les 3 questions-réflexes : qui a touché · comment · à quel degré
  3. Tableau-maître A — qui rend le vin interdit, et à quel titre (seifim 1 à 9)
  4. Tableau-maître B — les trois conditions du seif 10 et le geste du seif 11
  5. Tableau-maître C — la נגיעה indirecte : par un objet, par la force, par mégarde
  6. Le tonneau : la ברזא, la fêlure, le trou et le siphon
  7. Le renversement du Rama — בזמן הזה, et le במקום הפסד du ש״ך
  8. Les 7 règles d'or
  9. Mnémonique — l'aide-mémoire « נגיעה »
  10. Les 6 pièges classiques
  11. Récap des 27 seifim — une ligne chacun
  12. Carte-éclair finale

1. L'axiome : deux degrés d'interdit, et trois conditions pour le plus grave

Le point de départ :

Le Siman 123 avait dit quel vin est interdit. Le Siman 124 pose l'autre moitié de la question : qui le rend interdit, et par quel geste. Le titre l'annonce en deux volets — מי הוא העושה יין נסך, puis ודיני נגיעת העובד כוכבים בחבית.

Et tout le siman se lit sur deux degrés, jamais un seul : le vin peut être interdit à la consommation (אסור בשתייה) tout en restant permis au profit (מותר בהנאה) — on peut donc le vendre —, ou interdit même au profit (אסור בהנאה), qui est le degré grave. Presque chaque seif ne fait que placer un cas sur cette échelle à deux marches.
Le degréCe qu'il veut direLe cas-type du siman
🟢 מותר אפילו בשתייהRien n'est arrivé au vin : on le boitLe תינוק du seif 1 selon sa limite, le fou du seif 15, la ברזא resserrée du seif 26
🟡 מותר בהנאה ואסור בשתייהOn ne le boit pas, mais on peut le vendre et en tirer profitLe geste sans intention de libation : mesurer, tapoter, tomber dans la cuve (seifim 19, 20)
🔴 אסור בהנאהLe degré grave : ni bu, ni venduLa touche pleine et entière du seif 11 — main, pied ou objet, avec שכשוך
💡 Le repère : avant de demander “est-ce interdit ?”, demande “interdit à quel degré ?”. Un étudiant qui n'a qu'une case “interdit” dans la tête ne peut pas lire ce siman : il confondra le vin qu'on jette avec le vin qu'on vend, et le seif 19 avec le seif 11.

⚖ Les trois conditions du degré grave — seif 10

Le Mehaber les énumère lui-même : מגע עובד כוכבים לאסור בהנאה צריך שלשה תנאים.
  1. L'intention de toucherאחד שיתכוין ליגע ; d'où sont exclus לאפוקי תינוק שנגע דלאו בר כוונה הוא et וכן לאפוקי נפל לבור ועלה מת.
  2. Savoir que c'est du vinשני שידע שהוא יין.
  3. N'être pas occupé à autre choseושלישי שלא יהא עוסק בדבר אחר.
Retiens la structure : ces trois conditions sont la grille de lecture des dix-sept seifim suivants. Chaque fois qu'un cas descend d'un degré, c'est qu'une de ces trois conditions est tombée.

2. Les 3 questions-réflexes

■ 1. QUI a touché ? Un idolâtre adulte, ou quelqu'un d'autre ? Le siman ouvre par une galerie de personnes qui ne sont pas de plein droit dans la catégorie : l'enfant non-Juif (seif 1), le גר תושב et le circoncis non immergé (seif 2), les esclaves (seifim 3 à 5), le non-Juif non idolâtre (seifim 6-7), le משוך בערלתו et le מומר (seif 8), les אנוסים (seif 9). Chacun a sa place propre sur l'échelle des deux degrés.
↓ une fois qu'on sait qui
■ 2. COMMENT a-t-il touché ? De sa main, de son pied, par un objet tenu en main ? Y a-t-il eu שכשוך, ce remuement qui est la marque de la libation ? A-t-il seulement soulevé, seulement versé — כח — ou seulement effleuré le récipient (seifim 11, 17, 18) ?
↓ et enfin, la question qui change tout
■ 3. LES TROIS CONDITIONS tiennent-elles encore ? Voulait-il toucher ? Savait-il que c'était du vin ? Était-il occupé à son travail ? Dès qu'une seule condition tombe, on descend d'un degré : le vin reste permis au profit, et parfois même à la consommation (seifim 12, 13, 19, 24).

3. Tableau-maître A — qui rend le vin interdit, et à quel titre

Base : seifim 1 à 9. Le Mehaber ne commence pas par le geste, il commence par la personne — parce qu'un même geste ne produit pas le même effet selon la main qui l'accomplit.

QuiEffet de sa toucheLe mot décisifSource
L'enfant non-Juif qui ne mentionne pas encore l'idolâtrie 🟡 Interdit seulement à la consommation אינו אוסר יין במגעו אלא בשתייה שו״ע יו״ד קכ״ד:א
גר תושב — qui a accepté les sept mitsvot — et le circoncis non immergé 🟡 Interdit seulement à la consommation מגען אוסר בשתייה שו״ע יו״ד קכ״ד:ב
Le Rama sur ce seif 🟢 Certains allègent jusque sur la touche ויש מקילין אפילו במגע גר תושב — mais אבל יין שלו ודאי אסור רמ״א יו״ד קכ״ד:ב
Esclaves achetés à un non-Juif, circoncis et immergés aussitôt 🟢 Permis à la consommation מיד אין מנסכין ויין שנגעו בו מותר בשתייה שו״ע יו״ד קכ״ד:ג
Fils des servantes nés chez le Juif, circoncis mais non encore immergés — les grands 🟡 Interdit à la consommation הגדולי׳ אוסרי׳ היין בשתיי׳ במגען שו״ע יו״ד קכ״ד:ד
Les mêmes — les petits 🟢 Permis même à la consommation אבל מגע הקטני׳ מותר אפי׳ בשתיי׳ שו״ע יו״ד קכ״ד:ד
Fils d'une servante immergée pour la servitude 🟢 יש מי שאומר : il ne fait pas de yayin nessekh אפילו עבר רבו ולא מל אותו בין גדול בין קטן שו״ע יו״ד קכ״ד:ה
Non-Juif non idolâtre 🟡 Son vin comme sa touche : interdits à la consommation, permis au profit ומגען ביין שלנו שוה ליינם שאסור בשתייה שו״ע יו״ד קכ״ד:ו
Le seif 7 précise : si l'interdit venait d'un non-idolâtre ayant touché sans intention, ou ayant tapoté le tonneau 🟢 Permis même à la consommation או שטפח על פי החבית הרי זה מותר בשתייה שו״ע יו״ד קכ״ד:ז
משוך בערלתו — le Juif qui a effacé sa circoncision 🟢 Il ne fait pas de yayin nessekh משוך בערלתו אינו עושה יין נסך שו״ע יו״ד קכ״ד:ח
מומר — l'apostat, même circoncis 🔴 Il fait le yayin nessekh par sa touche ומומר אע״פ שהוא מהול עושה יי״נ במגעו ונאמן לומר ששב בתשובה שו״ע יו״ד קכ״ד:ח
אנוסים — les convertis de force 🟢 Ils n'interdisent pas par leur touche Le Rama : ואין אוסרין יין במגען רמ״א יו״ד קכ״ד:ט
Mais leur parole sur leur propre vin 🔴 Non recevable, même sous serment אינן נאמנים על שלהם אפילו בשבועה אבל נאמנים על של אחרים שו״ע יו״ד קכ״ד:ט
La limite que pose le Rama 🔴 Celui qui transgresse aussi en privé אע״פ שעשו מתחלה באונס הרי הם כעובדי כוכבים רמ״א יו״ד קכ״ד:ט, au nom du ריב״ש
📌 Lecture-clé : la ligne de partage des seifim 1 à 9 n'est pas “juif / non-juif”, c'est “idolâtre de plein exercice / pas idolâtre de plein exercice”. L'enfant qui ne connaît pas encore les noms des idoles, le גר תושב, le non-Juif qui n'adore pas d'idoles, l'esclave immergé — tous descendent d'un degré pour la même raison : la libation suppose un culte, et là où le culte n'est pas, le geste ne peut pas en être un. Le ש״ך le dit d'un mot sur le משוך בערלתו : דניסוך אינו תלוי במילה רק בעובד עבודת כוכבים (ש״ך יו״ד קכ״ד ס״ק י״ד).

4. Tableau-maître B — les trois conditions du seif 10 et le geste du seif 11

Le seif 10 donne la règle en abstrait, le seif 11 la met en gestes. Les deux se lisent ensemble : le seif 11 répond à la question כיצד היא הנגיעה שאוסר בה העובד כוכבים היין בהנאה.

Le gesteVerdictLe mot décisifSource
Toucher de la main et remuer 🔴 Interdit au profit שיגע בידווישכשך שו״ע יו״ד קכ״ד:י״א
Toucher du pied 🔴 Selon le Mehaber או ברגלו שו״ע יו״ד קכ״ד:י״א
Le même, selon le י״א rapporté entre parenthèses 🟡 Pas d'interdit au profit דאם נגע ברגלו אינו אוסר בהנאה דאין דרך נסוך בכך שו״ע יו״ד קכ״ד:י״א, בשם הב״י
Toucher par un objet tenu en main, et remuer 🔴 Interdit au profit או בדבר אחרוישכשך שו״ע יו״ד קכ״ד:י״א
Boire au tonneau, ou aspirer par un siphon 🔴 Tout le vin est interdit au profit כגון ששתה ממנוכל היין אסור בהנאה שו״ע יו״ד קכ״ד:י״א
Le vase à deux becs : Juif et non-Juif aspirent ensemble 🟢 Permis, à une condition d'ordre ובלבד שיפסוק הישראל קודם שיפסוק העובד כוכבים שו״ע יו״ד קכ״ד:י״א
Toucher l'écume qui monte sur le vin 🔴 Comme le vin lui-même אם נגע ברתיחה שעל היין הוי כנוגע ביין עצמו שו״ע יו״ד קכ״ד:י״א, בשם המרדכי והב״י
Saisir un vase ouvert et le remuer, sans le soulever ni toucher le vin 🔴 יש מי שאומר : interdit אע״פ שלא הגביה ולא נגע ביין נאסר שו״ע יו״ד קכ״ד:י״ז
Le Rama, au nom de la majorité des poskim 🟢 Ce n'est pas un שכשוך דאם שכשך בגופו של הכלי בלא הגבהה לא מקרי שכשוךולכן אין להחמיר במקום פסידא רמ״א יו״ד קכ״ד:י״ז
Soulever et verser — sans remuer, sans toucher 🔴 Interdit : le vin est venu par sa force אע״פ שלא שכשך נאסר שהרי בא היין מכחו שו״ע יו״ד קכ״ד:י״ח
Soulever seulement — sans verser, sans remuer, sans toucher 🟢 Permis הגביה ולא שכשך ולא נגע מותר שו״ע יו״ד קכ״ד:י״ח
Toucher le récipient seul 🟢 A fortiori permis Le Rama : וכ״ש שאינו אוסר בנגיעת הכלי לחוד רמ״א יו״ד קכ״ד:י״ח
⚠ Le mot qu'il ne faut pas manquer : שכשוך. Le seif 11 ne dit pas “il a touché”, il dit “il a touché et remué”. Le ש״ך le souligne : résumé — mais une simple touche sans remuement ne rend pas interdit au profit, et telle est l'opinion du טור, de רש״י et du רמב״ם (ש״ך יו״ד קכ״ד ס״ק כ). Le remuement est ce qui imite le geste de la libation ; sans lui, il manque au geste sa signification.

5. Tableau-maître C — la נגיעה indirecte : par un objet, par la force, par mégarde

C'est la moitié la plus vivante du siman : le non-Juif a touché, mais quelque chose manque à son geste. Une condition du seif 10 est tombée, et le vin descend d'un degré — parfois de deux.

SituationCe qui manqueVerdictSource
Il entre chercher du vin, tâtonne, touche et remue Rien : les trois conditions tiennent 🔴 נאסר בהנאה שו״ע יו״ד קכ״ד:י״ב
Il plonge la main croyant que c'est de l'huile La deuxième condition — il ne savait pas 🟡 מותר בהנאה שו״ע יו״ד קכ״ד:י״ב
Sa main est saisie avant qu'il ne la retire, et l'on vide le tonneau par le bas Le שכשוך — ולא ינידה 🟡 מותר בהנאה שו״ע יו״ד קכ״ד:י״ג
Il mesure la cuve avec un roseau, ou tapote le tonneau bouillonnant, ou y jette un tonneau de colère La première condition — il ne visait pas la libation 🟡 מותר בהנאה ואסור בשתיה שו״ע יו״ד קכ״ד:י״ט
La raison qu'en donne le Rama La preuve tirée du geste lui-même 🟡 שבכל אלו יש הוכחה שלא כוון לנסך רק למלאכתו רמ״א יו״ד קכ״ד:י״ט
Le fouleur de raisin qu'on a surveillé et qui n'a pas touché de la main La troisième condition — il est à son travail 🟡 Interdit à la consommation seulement רמ״א יו״ד קכ״ד:י״ט, qui renvoie au Siman 123
Il plonge la main sans savoir qu'il y a du vin, puis l'apprend et retire aussitôt La deuxième condition, au moment décisif 🟡 מותר בהנאה רמ״א יו״ד קכ״ד:י״ט
Il tombe dans la cuve et on l'en retire mort L'intention : un mort n'a pas voulu 🟡 מותר בהנאה. ואסור בשתיה שו״ע יו״ד קכ״ד:כ
Il en ressort vivant Rien : il a eu le temps de vouloir 🔴 אבל עלה חי אסור בהנאה שו״ע יו״ד קכ״ד:כ
Il repêche un Juif tombé dans la cuve, un autre Juif surveillant Toute nocivité du geste 🟢 מותר אפילו בשתייה שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״א
La règle que le Rama en tire La touche par un homme n'est pas une touche 🟢 ולא מקרי נגיעה מה שנוגע ע״י אדם רמ״א יו״ד קכ״ד:כ״א, au nom du ריב״ש
Le lulav qui effleure le vin en descendant du palmier, le pan du vêtement en marchant L'intention, et l'objet s'interpose 🟢 מותר אפילו בשתייה שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ד
Il vise l'objet mais ignore que c'est du vin La deuxième condition 🟢 Permis même à la consommation שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ד
Il touche l'outre par l'extérieur, même vidée et parois jointes Ce n'est pas la manière d'une libation 🟢 שאין דרך ניסוך בכך שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ה
📌 Lecture-clé : il y a deux échelons de descente, et il ne faut pas les confondre. La touche de la main sans intention descend d'un degré : interdite à la consommation, permise au profit. La touche par un objet sans intention descend de deux : permise même à la consommation. Le ש״ך l'énonce mot pour mot : résumé — sans intention il y a une distinction entre toucher de la main et toucher par un objet ; de la main il interdit à la consommation, par un objet c'est permis (ש״ך יו״ד קכ״ד ס״ק י״ט).

6. Le tonneau : la ברזא, la fêlure, le trou et le siphon

Sept seifim — 14, 15, 16, 22, 23, 26 et 27 — quittent la théorie pour la cave. Le fil conducteur est toujours le même : jusqu'où la main du non-Juif a-t-elle atteint le vin, et le vin est-il venu par sa force ?

Le geste sur le tonneauVerdictLe mot décisifSource
La ברזא est ôtée et il enfonce le doigt jusqu'au vin 🔴 Tout est interdit עד שנגע ביין כולו אסור שו״ע יו״ד קכ״ד:י״ד
Il retire une ברזא qui atteignait le vin 🔴 Interdit שא״א שלא שכשך — impossible qu'il n'ait pas remué שו״ע יו״ד קכ״ד:י״ד
Le Rama : mais s'il ignorait que la ברזא traverse 🟢 Touche par objet sans intention דמותר אפילו בשתייה רמ״א יו״ד קכ״ד:י״ד
La ברזא ne traverse pas toute l'épaisseur : ce qui reste dans le tonneau 🟢 Permis même à la consommation הוי כמו כחו — ce n'est que sa force שו״ע יו״ד קכ״ד:י״ד
Le fou non-Juif, et l'on trouve le vin qui coule 🟢 מותר אפילו בשתיה Il n'est pas un בר ניסוך : on impute au hasard שו״ע יו״ד קכ״ד:ט״ו
Il secoue une ברזא longue qui plonge dans le vin, mal ajustée 🔴 Le vin est interdit par cette secousse נאסר היין בנדנוד זה שו״ע יו״ד קכ״ד:ט״ז
La même, bien ajustée 🟢 אבל אם היתה מהודקת בחזקה מותר Rien n'a pu remuer שו״ע יו״ד קכ״ד:ט״ז
Le tonneau fendu dans la longueur, qu'il enlace pour retenir les tessons 🟡 הרי זה מותר בהנאה Il tient l'argile, non le vin שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ב
Fendu dans la largeur, il presse de la main pour arrêter la fuite 🟢 Permis à la consommation אלא מעשה לבינה בעלמא קא עביד — il fait office de brique שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ב
Le tonneau de bois cerclé, même fendu en longueur 🟢 Permis à la consommation Les cercles tiennent le tonneau, non sa main שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ב
Trou dans le flanc : il y pose la main pour retenir le vin — ce qui est au-dessus du trou 🔴 Interdit au profit Tout ce qui serait sorti sans sa main est comme touché שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ג
Le même cas — ce qui est au-dessous du trou 🟡 מותר בהנאה ואסור בשתייה Il n'aurait pas coulé de toute façon שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ג
Le Rama : aucun Juif n'était là pour sauver le vin, et le non-Juif accourt 🟡 Tout est permis au profit לא גרע ממדדו בידו מאחר דבמלאכתו הוא עוסק רמ״א יו״ד קכ״ד:כ״ג
Le siphon recourbé qui aurait vidé tout le tonneau, et il en bouche l'orifice 🔴 Tout le tonneau est interdit au profit ונמצא הכל כבא מכחו רמ״א יו״ד קכ״ד:כ״ג
Il ne touche que le jet qui coule dans la gouttière 🟡 Le jet est interdit par נצוק ; le reste הוי נצוק בר ניצוק ומותר אף בשתייה רמ״א יו״ד קכ״ד:כ״ג
La ברזא lâche qu'il resserre 🟢 מותר אפי׳ בשתייה Il resserre, il n'ouvre pas שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ו
Le tonneau qui suinte : comment faire appel à l'artisan non-Juif 🟡 Le Juif présente l'étoupe, l'artisan l'enfonce יקח ישראל הנעורת בידו ויניחנה כנגד הנקב שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ז
Et la manière préférable 🟢 Arrêter d'abord la fuite והרוצה לעשות מן המובחר יהדק החבית בחבל שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ז
⚠ La ligne de partage du tonneau : demande toujours où s'arrête l'objet du non-Juif. S'il atteint le vin — doigt, longue ברזא, siphon — c'est une touche pleine, et l'interdit remonte à tout ce que sa main a retenu. S'il s'arrête dans l'épaisseur de la paroi — courte ברזא, main sur le trou, étreinte du tonneau fendu — il n'y a que du כח, et le vin resté à l'intérieur n'est pas atteint. C'est la même question qui commande les seifim 14, 22, 23 et 27.

7. Le renversement du Rama — בזמן הזה, et le במקום הפסד du ש״ך

Les vingt-trois premiers seifim décrivent un monde d'idolâtres. Le Rama, au seif 24, dit en une ligne que ce monde n'est plus le sien — et cette ligne change la lecture pratique de tout le siman.

⚖ La ligne du Rama, seif 24

ובזמן הזה דהאומות לאו עובדי עבודת כוכבים הם כל מגען מיקרי שלא בכוונה (רמ״א יו״ד קכ״ד:כ״ד, au nom du מרדכי, des הגהות אשיר״י et du מהרי״ו).

Trois conséquences, que le Rama tire lui-même :
  1. Toucher par un objet, même en sachant que c'est du vin et en voulant le toucher — permis même à la consommation, parce que cela compte comme touche par objet sans intention.
  2. Toucher de la main sans intention de toucher, ou sans savoir que c'est du vin — permis.
  3. Et aussitôt une réserve de pudeur halakhique : ואין לפרסם הדבר בפני עם הארץ.
💡 Le second registre — celui du ש״ך : à côté du renversement du Rama court, tout au long du siman, une seconde formule qui revient une dizaine de fois sous la plume du ש״ך : résumé — pour nous, c'est permis au profit dans un cas de perte (ש״ך יו״ד קכ״ד ס״ק כ״ג, כ״ו, ל״א). Et parfois davantage : résumé — pour nous c'est permis même à la consommation dans un cas de perte (ש״ך יו״ד קכ״ד ס״ק מ״ט, נ״ה). Le ד״מ, rapporté par le ש״ך, ajoute que la perte n'a pas besoin d'être grande : résumé — le עט״ז a écrit “perte importante”, mais il lui semble qu'il en va de même d'une perte légère, puisque c'est un interdit rabbinique (ש״ך יו״ד קכ״ד ס״ק נ).
⚠ Ne pas confondre les deux allègements. Celui du Rama tient à la nature des nations d'aujourd'hui et joue toujours, indépendamment de toute perte. Celui du ש״ך tient à la perte matérielle et ne joue que dans ce cas. Ils ne se recouvrent pas, ils se superposent — et c'est pourquoi le ש״ך continue d'écrire במקום הפסד sur des cas que le Rama, ailleurs, permet purement et simplement.

8. Les 7 règles d'or

  1. Toujours demander “à quel degré”. Interdit à la consommation et interdit au profit sont deux verdicts distincts ; presque chaque seif ne fait que placer un cas sur cette échelle (שו״ע יו״ד קכ״ד:ו).
  2. Trois conditions pour le degré grave — l'intention de toucher, la connaissance que c'est du vin, ne pas être occupé ailleurs. Il suffit qu'une seule tombe pour descendre (שו״ע יו״ד קכ״ד:י).
  3. Toucher ne suffit pas : il faut remuer. Le seif 11 dit וישכשך, et le ש״ך en tire que la seule touche sans remuement n'interdit pas au profit (ש״ך יו״ד קכ״ד ס״ק כ).
  4. La force vaut la main. Soulever et verser interdit sans aucune touche, שהרי בא היין מכחו — mais soulever sans verser ne fait rien (שו״ע יו״ד קכ״ד:י״ח).
  5. Par un objet, on descend deux fois. Sans intention, la main laisse le vin permis au profit ; l'objet le laisse permis même à la consommation (שו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ד ; ש״ך יו״ד קכ״ד ס״ק י״ט).
  6. Celui qui est à son travail ne verse pas de libation. Mesurer, tapoter, fouler, sauver le vin qui se perd : le geste porte en lui la preuve de son motif (שו״ע ורמ״א יו״ד קכ״ד:י״ט).
  7. בזמן הזה, toute leur touche est réputée sans intention — et l'on n'en fait pas publicité devant qui ne saura pas la lire (רמ״א יו״ד קכ״ד:כ״ד).

9. Mnémonique — l'aide-mémoire « נגיעה »

נ-ג-י-ע-ה — les cinq lettres du mot נגיעה
L'échelle du geste — du plus grave au plus anodin

10. Les 6 pièges classiques

❌ Piège 1 — Traduire נגיעה par “contact” et s'arrêter là : le seif 11 exige שכשוך, un remuement. Un doigt posé et retiré n'est pas encore le geste que la halakha vise. Inversement, le seif 18 interdit là où il n'y a eu aucune touche, parce que le vin est venu מכחו. La nature du contact ne suffit donc ni dans un sens ni dans l'autre : c'est le geste entier qui est jugé.
❌ Piège 2 — Croire que “sans intention” veut toujours dire la même chose : il y a deux échelons. Sans intention de la main : interdit à la consommation, permis au profit. Sans intention par un objet : permis même à la consommation. Le ש״ך le pose expressément (ש״ך יו״ד קכ״ד ס״ק י״ט), et tout le seif 24 en dépend.
❌ Piège 3 — Oublier la troisième condition : שלא יהא עוסק בדבר אחר. C'est elle qui porte le seif 19 tout entier — mesurer, tapoter, fouler, jeter un tonneau de colère —, et le Rama la reprend au seif 23 pour le non-Juif qui accourt sauver un vin qui se perd. Mais le ש״ך pose aussitôt la limite : résumé — seulement ce que la guemara et les poskim ont explicitement nommé טירדא ; on ne permet pas d'autres cas par simple appréciation (ש״ך יו״ד קכ״ד ס״ק נ״ד). Le Mehaber le dit déjà de son côté : ואין לך בו אלא מה שאמרו חכמים.
❌ Piège 4 — Prendre le seif 17 pour la halakha : le יש מי שאומר qui interdit dès qu'on remue un vase ouvert sans le soulever est aussitôt contredit par le Rama au nom du רשב״א, du ראב״ד, du רא״ש et de ר׳ ירוחם — ולכן אין להחמיר במקום פסידא. Un יש מי שאומר du Mehaber n'est pas toujours la position reçue.
❌ Piège 5 — Confondre les deux tonneaux fendus du seif 22 : fendu dans la longueur et enlacé, le vin reste permis au profit seulement ; fendu dans la largeur et pressé de la main, il est permis à la consommation, parce que la main n'y fait alors que l'office d'une brique posée sur le tonneau. Deux fentes, deux verdicts.
❌ Piège 6 — Croire que le seif 24 dispense d'apprendre le reste : le renversement du Rama porte sur la qualification de l'intention, non sur les catégories. Les degrés, le שכשוך, le כח, le נצוק et la ligne de la paroi du tonneau restent la grammaire du sujet — et c'est pourquoi le Rama lui-même ajoute ואין לפרסם הדבר בפני עם הארץ.

Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

11. Récap des 27 seifim — une ligne chacun

📐 Une note sur le compte : le chapeau du siman annonce ובו כ״ו סעיפים — vingt-six —, mais le texte en porte bien vingt-sept, et c'est cette numérotation-là que suivent les renvois internes du ש״ך et du Rama. C'est le décompte réel qui fait foi ; ne te fie pas au chiffre du chapeau.
SeifSujetL'essentiel
1L'enfant non-JuifUn enfant non-Juif qui ne mentionne pas encore l'idolâtrie et ses accessoires n'interdit pas le vin par sa touche — sinon à la consommation.
2גר תושב et circoncis non immergéLe גר תושב, c'est-à-dire celui qui a accepté sur lui les sept mitsvot, et de même le converti circoncis mais non immergé : leur touche interdit à la consommation. Rama : tant qu'il n'a pas été immergé comme il faut, il est dit non immergé ; certains allègent même sur la touche du גר תושב ; mais son vin à lui est certainement interdit.
3Esclaves achetés et convertisQui achète des esclaves à un non-Juif, les circoncit et les immerge aussitôt : ils ne font pas de libation, et le vin qu'ils ont touché est permis à la consommation, quand bien même ils n'auraient pas encore pris les usages d'Israël et que les noms des idolâtries n'auraient pas cessé dans leur bouche.
4Fils des servantes, circoncis non immergésLes fils des servantes non-Juives nés chez le Juif, circoncis et non encore immergés : les grands interdisent le vin à la consommation par leur touche, mais la touche des petits est permise même à la consommation, puisqu'ils ont été circoncis bien qu'ils n'aient pas encore été immergés.
5La servante immergée pour la servitudeSi la servante a été immergée au titre de la servitude, יש מי שאומר que son fils ne fait pas de yayin nessekh — même si le maître a négligé de le circoncire, qu'il soit grand ou petit.
6Le non-Juif non idolâtreTout non-Juif qui n'adore pas d'idoles : son vin est interdit à la consommation et permis au profit, et sa touche de notre vin a le même statut que son vin — interdit à la consommation.
7Quand l'interdit vient d'un non-idolâtreיש מי שאומר : tout ce qu'on a dit d'un vin nôtre permis au profit et interdit à la consommation à cause d'une touche vaut quand le non-Juif était idolâtre ; mais si l'interdit venait d'un non-idolâtre qui a touché sans intention ou a tapoté sur la bouche du tonneau, c'est permis à la consommation — et ainsi de tout cas semblable.
8משוך בערלתו et מומרLe משוך בערלתו ne fait pas de yayin nessekh ; le מומר, même circoncis, fait le yayin nessekh par sa touche — et il est cru s'il dit être revenu au repentir.
9Les אנוסיםLes convertis de force : même les meilleurs d'entre eux ne peuvent se garder du contact des non-Juifs ; étant suspects, ils ne sont pas crus sur leur propre vin, même sous serment, mais sont crus sur celui d'autrui. Rama : ils n'interdisent pas le vin par leur touche — et cela vise ceux qui vivent encore parmi les non-Juifs, transgressent en public par contrainte, se gardent en privé, et pourraient fuir mais tardent pour un bien ou pour un motif semblable ; mais ceux qui transgressent aussi en privé, même s'ils ont commencé sous la contrainte, sont comme des non-Juifs.
10Les trois conditionsPour que la touche d'un non-Juif interdise au profit, il faut trois conditions : (1) qu'il ait l'intention de toucher — d'où sont exclus l'enfant, qui n'est pas capable d'intention, et celui qui est tombé dans la cuve et en est ressorti mort ; (2) qu'il sache que c'est du vin ; (3) qu'il ne soit pas occupé à autre chose.
11Quel geste interditLa touche qui interdit au profit : de la main ou du pied — le Rama rapporte le י״א selon lequel le pied n'interdit pas au profit, ce n'étant pas la manière d'une libation — ou par un objet tenu en main, et qu'il remue ; même de la bouche, s'il a bu ou aspiré par un siphon : tout le vin est interdit au profit. Toutefois, d'un vase à plusieurs becs, un Juif et un non-Juif peuvent aspirer chacun du sien à la fois, pourvu que le Juif cesse le premier. Et toucher l'écume qui monte sur le vin, c'est comme toucher le vin lui-même.
12Le non-Juif qui cherche du vinUn non-Juif entré dans la maison ou la boutique d'un Juif pour chercher du vin, qui tend la main en cherchant, touche le vin et le remue : interdit au profit. S'il s'est mélangé à un autre vin, la valeur du vin remué est interdite au profit et le reste permis. Mais s'il a plongé la main croyant que c'était de l'huile et que c'était du vin : permis au profit.
13La main saisie dans le tonneauCelui qui a plongé la main dans un tonneau de vin (pour y reprendre une chose tombée) et dont on a saisi la main avant qu'il ne la retire, sans qu'il l'ait remuée, et qu'on a vidé le tonneau par le bas jusqu'à ce que le vin descende au-dessous de sa main : permis au profit.
14La ברזא du tonneauUn tonneau dont on a ôté la ברזא et où un non-Juif a enfoncé le doigt jusqu'à toucher le vin : tout est interdit ; de même s'il a retiré la ברזא qui atteignait le vin, car il est impossible qu'il n'ait pas remué. Rama : cela vaut s'il savait que la ברזא traverse tout le fond ; s'il l'ignorait, c'est une touche par un objet sans intention, permise même à la consommation. Mais si elle ne traverse pas toute l'épaisseur, de sorte qu'il ne puisse rien remuer en la retirant, ce n'est que sa force : ce qui reste dans le tonneau est permis même à la consommation, et ce qui est sorti est interdit à la consommation — et s'il l'a retirée sans intention, même ce qui est sorti est permis.
15Le non-Juif fouUn non-Juif fou entré dans une maison où il y a un tonneau de vin, un Juif entrant après lui et trouvant le vin qui s'écoule par le trou de la ברזא : permis même à la consommation.
16La ברזא secouéeS'il a secoué la ברזא sans qu'il en sorte de vin, et que la ברזא est longue, traverse la paroi et plonge dans le vin : si elle n'est pas fermement ajustée, le vin est interdit par cette secousse ; mais si elle l'était fermement, permis.
17Remuer un vase ouvertיש מי שאומר : si un non-Juif a saisi un vase ouvert de vin et l'a remué, même sans le soulever ni toucher le vin, il est interdit. Rama : beaucoup contestent et disent que remuer le corps du vase sans le soulever n'est pas appelé un remuement — on ne sera donc pas rigoureux en cas de perte.
18Soulever et verser — le כחUn non-Juif qui a pris un vase de vin, l'a soulevé et a versé : même sans remuer, interdit, car le vin est venu par sa force. Soulevé sans remuer ni toucher : permis. Rama : et à plus forte raison il n'interdit pas en touchant le seul récipient.
19Celui qui est occupé à son travailUn non-Juif qui a mesuré à la canne la cuve où il y a du vin, ou tapotait la bouche des tonneaux en effervescence pour faire retomber le bouillonnement, ou a pris un tonneau et l'a jeté dans la cuve de colère : permis au profit et interdit à la consommation. Rama : dans tous ces cas le geste prouve qu'il ne visait pas la libation mais son travail. Et י״א que même mesurer de la main n'interdit pas au profit, puisqu'il est à son ouvrage — et l'on peut alléger en cas de perte. De même le fouleur de raisin surveillé, dont on a vu qu'il n'a pas touché de la main : interdit à la consommation seulement. De même celui qui a plongé la main sans savoir qu'il y avait là du vin — et même s'il l'apprend, s'il l'a retirée aussitôt. Et l'on ne compare pas une chose à une autre en ces matières : tu n'as que ce qu'ont dit les Sages.
20Le non-Juif tombé dans la cuveUn non-Juif tombé dans une cuve de vin et qu'on en a retiré mort : permis au profit et interdit à la consommation. Mais s'il en est ressorti vivant : interdit au profit. Rama : et de même s'il a trébuché, a roulé dans le vin et a roulé aussi au dehors, étant sous contrainte jusqu'au bout.
21Le Juif repêchéUn Juif tombé dans une cuve de vin, qu'un non-Juif a saisi de la main et retiré, un autre Juif étant là pour veiller qu'il n'a pas touché le vin : permis même à la consommation. Rama : et ce qu'on touche par l'intermédiaire d'un homme n'est pas appelé une touche.
22Le tonneau fenduUn tonneau fendu dans la longueur, qu'un non-Juif s'est hâté d'enlacer pour que les tessons ne se séparent pas : permis au profit. Mais fendu dans la largeur, s'il y a posé la main et pesé jusqu'à le resserrer et empêcher le vin de sortir : permis à la consommation, car il ne touche ni ne presse le vin, mais fait seulement l'office d'une brique posée sur le tonneau pour l'alourdir. Et dans un tonneau de bois à cercles, même fendu dans la longueur et enlacé par un non-Juif, permis à la consommation.
23La main sur le trou, et le siphonUn tonneau percé sur le flanc, dont le bouchon a glissé et où le non-Juif a posé la main pour retenir le vin : tout le vin du haut du tonneau jusqu'au trou est interdit au profit, et du trou vers le bas permis au profit et interdit à la consommation. Rama : on vendra le tout sauf la valeur du vin interdit au profit ; et cela vaut lorsqu'un Juif était là pour sauver le vin — mais si aucun Juif n'était là et que le non-Juif est venu le sauver, ce n'est pas pire que mesurer de la main, et tout est permis au profit. Tout cela ne vise que la main posée sur le trou ou une courte ברזא ; s'il a enfoncé le doigt ou une longue ברזא, tout est interdit au profit. Et s'il s'agit d'un siphon recourbé qui aurait vidé tout le tonneau et dont il a bouché l'orifice du doigt : tout le vin du tonneau est interdit au profit, puisque tout serait sorti sans sa main et se trouve venir de sa force. Mais s'il n'a touché que le jet qui coule dans la gouttière, celui-ci est interdit par נצוק, et tout le reste du vin est נצוק בר ניצוק et permis même à la consommation.
24La touche par un objet sans intention — et בזמן הזהUne touche par un objet et sans intention — il descendait du palmier, un loulav en main, et en a effleuré le vin ; il marchait et l'a touché du pan de son vêtement — ou bien il a voulu toucher par un objet sans savoir que c'était du vin : permis même à la consommation. Rama : de même s'il a mis ou ôté une ברזא sans intention. Et de nos jours, les nations n'étant pas idolâtres, toute leur touche est réputée sans intention : dès lors, toucher par un objet, même en sachant que c'est du vin et en voulant le toucher, est permis même à la consommation ; et de même toucher de la main sans intention de toucher, ou sans savoir que c'est du vin. Mais on n'en fera pas publicité devant un עם הארץ. Et du vin laissé sur la voie publique, que des non-Juifs ont percé au couteau pour en tirer : ce qui est sorti est interdit, ce qui est dedans permis, puisqu'ils ne visaient qu'à percer le tonneau.
25L'outre touchée du dehorsUne outre contenant du vin qu'un non-Juif a touchée par l'extérieur : même si elle est entamée et que ses parois se rejoignent, permis même à la consommation, car ce n'est pas la manière d'une libation.
26La ברזא resserréeUne ברזא qui était lâche dans le tonneau et qu'un non-Juif est venu resserrer : permis même à la consommation.
27Le tonneau qui suinte, et la touche par dépitUn tonneau de bois qui goutte ou qui suinte : que le Juif prenne l'étoupe et la tienne contre le trou pour retenir un peu le vin, et qu'un artisan non-Juif vienne l'enfoncer au couteau jusqu'à boucher solidement ; si le vin fuit abondamment, il faut d'autant plus veiller à ce que le non-Juif ne touche pas le vin de la main — au couteau, בדיעבד, c'est permis. Et qui veut faire de la meilleure manière resserrera le tonneau d'une corde, arrêtera la fuite, puis le fera réparer. Rama : un non-Juif qui a touché le vin d'un Juif par dépit, pour le lui interdire — même si on ne le sait que par des présomptions probantes — le vin est permis même à la consommation ; et on le boira devant lui, pour qu'ils ne prennent pas cette habitude.

12. Carte-éclair finale

QuestionRéponse-réflexeSource
Combien de conditions pour l'interdit au profit ?Trois : vouloir toucher, savoir que c'est du vin, n'être pas occupé ailleursשו״ע יו״ד קכ״ד:י
Un enfant non-Juif a touché le vin ?Interdit à la consommation seulement — il n'est pas capable d'intentionשו״ע יו״ד קכ״ד:א, י
Un מומר circoncis a touché ?Il fait le yayin nessekh — et il est cru s'il dit être revenuשו״ע יו״ד קכ״ד:ח
Il a touché, mais sans remuer ?Pas d'interdit au profit : le seif 11 exige le שכשוךש״ך יו״ד קכ״ד ס״ק כ
Il a soulevé le vase et versé ?Interdit — le vin est venu par sa forceשו״ע יו״ד קכ״ד:י״ח
Il a seulement soulevé ?Permis : ni remuement, ni touche, ni versementשו״ע יו״ד קכ״ד:י״ח
Il croyait que c'était de l'huile ?La deuxième condition tombe : permis au profitשו״ע יו״ד קכ״ד:י״ב
Il mesurait la cuve à la canne ?Il est à son travail : permis au profit, interdit à la consommationשו״ע יו״ד קכ״ד:י״ט
Il est tombé dans la cuve ?Ressorti mort : permis au profit. Ressorti vivant : interdit au profitשו״ע יו״ד קכ״ד:כ
Il a enfoncé le doigt par le trou de la ברזא ?Tout est interdit — il a atteint le vinשו״ע יו״ד קכ״ד:י״ד
Il a posé la main sur le trou pour retenir le vin ?Au-dessus du trou : interdit au profit. Au-dessous : permis au profitשו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ג
Il a touché le tonneau fendu en largeur ?Permis à la consommation : sa main n'est qu'une briqueשו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ב
Il a resserré une ברזא lâche ?Permis même à la consommationשו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ו
Il a touché par un objet, sans intention ?Permis même à la consommationשו״ע יו״ד קכ״ד:כ״ד
Et aujourd'hui, quel est le principe du Rama ?Les nations n'étant pas idolâtres, toute leur touche est réputée sans intentionרמ״א יו״ד קכ״ד:כ״ד
Il a touché exprès pour interdire le vin ?Permis même à la consommation — et l'on boira devant luiרמ״א יו״ד קכ״ד:כ״ז

⚖ Le réflexe en 3 questions

  1. Qui ? Idolâtre de plein exercice, ou l'une des figures des seifim 1 à 9 — enfant, גר תושב, esclave immergé, non-idolâtre, אנוס ? La personne fixe déjà le degré maximal atteignable.
  2. Quel geste ? Touche avec שכשוך, versement par כח, simple soulèvement, contact par un objet, main sur un trou ? Le geste fixe le degré réel.
  3. Une condition est-elle tombée ? Pas d'intention, pas de connaissance, occupé à son travail — et l'on descend d'un degré, de deux si c'est par un objet.
Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

🎓 Récapitulatif du parcours d'étude

NiveauContenuAcquis
🌱 Niveau 1 — Base Texte des 27 seifim, traduction, explication pas à pas Compréhension globale
Niveau 2 — Lamdan Le gueder de la נגיעה — intention, connaissance et טירדא, le שכשוך face au כח, la touche par un objet et le renversement de בזמן הזה Étude approfondie
Niveau 3 — Synthèse Trois tableaux-maîtres, règles d'or, mnémonique, pièges, récap des seifim Maîtrise pratique + révision
📜 Niveau 4 — Halakha lema'asse La psika pratique selon le ש״ך, le ט״ז, les פתחי תשובה et les poskim Application contemporaine
💡 Prochaines étapes suggérées :
📖 Sources de ce siman sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קכ״ד · Niveau 3 — Synthèse / Révision · מי הוא העושה יין נסך ודיני נגיעת העובד כוכבים בחבית
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