Les simanim précédents protégeaient un liquide. Celui-ci protège
un contenant. Il faut donc commencer par la question que le siman ne pose jamais explicitement : sur quoi
porte exactement le décret, et qu’est-ce qui est interdit quand rien n’est certain ?
La guemara — Rava, et le mot qui décide À la fin d’Avoda Zara, la guemara ne discute pas :
elle rapporte un usage, celui de Rava lui-même, et en tire une règle.
« רָבָא כִּי הֲוָה מְשַׁדַּר גּוּלְפֵי לְהַרְפַּנְיָא, סָחֵיף לְהוּ אַפּוּמַּיְיהוּ וְחָתֵים לְהוּ אַבִּירְצַיְיהוּ. קָסָבַר: כׇּל דָּבָר שֶׁמַּכְנִיסוֹ לְקִיּוּם, אֲפִילּוּ לְפִי שָׁעָה — גְּזַרוּ בֵּיהּ רַבָּנַן. » (עבודה זרה ע״ד ע״ב)
Retiens la forme : ce n’est pas le vin qui est en cause, c’est דבר שמכניסו לקיום — une catégorie de récipient. Le siman entier est un développement de ces trois mots.
La ḥakira du siman : que produit le décret ?(א) Une présomption de fait —
les Sages ont statué qu’un récipient à vin passé entre des mains non juives est réputé avoir servi ; le doute
est converti en certitude, et la conséquence est un vrai statut d’interdit sur le récipient.
(ב) Une précaution a priori — les Sages ont seulement interdit de laisser faire ; là
où le fait est accompli, on retombe dans le doute ordinaire, et un doute rabbinique s’allège.
Toute la casuistique du siman — un sceau ou deux, la kachérisation, le sort de ce qu’on a déjà versé —
dépend de la branche retenue.
Les deux branches ont chacune leur maître, et le Beit Yossef les nomme. Pour la première, il
lit ainsi le Tour :
« ומשמע לרבינו דגזרו ביה היינו לומר שצריך הכשר כאילו ודאי הכניס בו יין » (בית יוסף יו״ד קל״ו)
Pour la seconde, il rapporte le Ran au nom du Raa au nom du Ramban :
« אבל הר״ן כתב בשם הרא״ה שאמר בשם הרמב״ן רבו דכי אמרינן אפילו לפי שעה גזרו ביה רבנן היינו לחוש לכתחילה » (בית יוסף יו״ד קל״ו)
Et il en donne la conséquence exacte pour le cas où la faute est déjà commise :
« ואפילו אם איתא דרמא ביה חמרא לא מיתסר אלא משום גזירה בעלמא מקילין בספיקא דסגי ליה בהדחה » (בית יוסף יו״ד קל״ו)
Nafka mina immédiate Un fût revenu sans son sceau, dont on ignore tout. Sur (א), il faut la
kachérisation pleine du siman 135. Sur (ב), un simple rinçage — הדחה — suffirait,
puisque nous ne sommes que dans un doute sur un décret. Le Mehaber ne tranche pas ce point ; le Rama, si — et
c’est ce qui donne à sa glose tout son poids.
שהשולח כלי יין ביד עובד כוכבים צריך לחתמו. ובו סעיף אחד: השולח ביד עובד כוכבים כלים המיוחדים ליין צריך להחתימם בחותם אחד כדי שיהא ניכר אם הכניס בהם העובד כוכבים יין ויש מי שמצריך חותם בתוך חותם: הגה ואם עבר ושלחם בלא חותם יש להכשירו כפי ענין ההכשר אם היה של עובד כוכבים (טור ועיין ס״ק ג׳) אבל אם כבר עבר והשתמש בו אין לאסור בדיעבד (ועיין לעיל סימן קכ״ב) ואם הם חביות גדולות מותר להשהותן בבית העובד כוכבים אומן יום או יומים לתקנם דבכלי גדול כזה אין רגילים להשתמש בו לפי שעה:
2. חותם אחד או חותם בתוך חותם — deux lectures d’un même geste
Le Mehaber tranche pour un sceau et rapporte l’exigence de deux.
Mais d’où vient cette exigence ? Elle ne vient d’aucune règle nouvelle : elle vient de la façon dont on lit
les deux verbes araméens qui décrivent ce que Rava faisait à ses jarres.
Le Tour pose les deux avis, et n’en tranche pas
« השולח כלי ביד נכרי צריך להחתים שכל כלי ששהה ביד נכרי אפילו שעה אחת צריך הכשר כפי ההכשר שצריך אילו היה ישן בבית הנכרי ובא לקנותו ממנו » (טור יו״ד קל״ו)
« ורש״י כתב שצריך חותם בתוך חותם והריב״ם כתב שדי בחותם אחד » (טור יו״ד קל״ו)
La ma’hloket, et son ressort textuel
Elle ne porte pas sur la halakha mais sur la lecture d’un usage. Rachi lit deux
fermetures là où d’autres n’en lisent qu’une, appliquée à deux ouvertures distinctes.
Rachi : deux fermetures superposées
« כך מבואר מדבריו שפי׳ סחיף להו אפומייהו כופה אותן שוליהן למעלה ופיהן למטה משום חב״ח » (בית יוסף יו״ד קל״ו)
Les autres : une seule fermeture, mais sur chacune des deux ouvertures de la jarre
« אבל אחרים פירשו סחיף להו אפומייהו דמהדק דיקולא אפומייהו והיינו חותם אחד וחתים לה אבירצייהו דהיינו באותו נקב קטן שמשם מוציאים היין וכל זה אינו אלא חותם אחד » (בית יוסף יו״ד קל״ו)
Et les Tossefot, dans le cas exact de notre siman
« וכ״נ מדברי התוס׳ דבחותם א׳ סגי שכתבו שמעינן מהכא דישראל השולח חבית ריקנית בבית הנכרי מעיר לעיר כדי לתקן צריך לחותמה מבפנים בגחלת או באבר רכה שהיא כאבר סיד כדי שיהא ניכר אם הנכרי נותן לתוכה יין והכי נקטינן » (בית יוסף יו״ד קל״ו)
Kouchia Si le sceau suffit ailleurs, pourquoi ne suffirait-il pas ici ? Aux simanim 118 et 130,
un seul sceau est admis même là où l’on redoute une substitution. La crainte y est plus grave — il y va du vin
lui-même —, et l’on se contente pourtant de moins. C’est proprement à rebours.
Terouts — le Ran, rapporté par le Chakh : ce n’est pas la gravité qui se mesure, c’est le gain
« ול״ד לדלעיל סימן קי״ח וק״ל דביין מבושל או חומץ שרי בחותם אחד כיון דליכא למיחש לניסוך » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק ב)
« דהתם אין העובד כוכבים יכול להחליפו אלא ביין מבושל או בחומץ שהוא גרוע ממנו מעט שאם היה שבחו של זה מרובה ממנו היה חלופו ניכר ומיתפס עליו כגנב ומשום שבחא פורתא לא טרח ומזייף אבל כאן משום תשמיש מרובה טרח ומזייף. הר״ן » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק ב)
Là-bas, le fraudeur ne gagnerait qu’un écart de qualité minime, et il serait démasqué si l’écart était grand :
משום שבחא פורתא לא טרח ומזייף. Ici, il gagnerait l’usage entier d’un fût pour
tout un voyage — et pour cela, oui, il prend la peine de refaire un sceau.
Ce que ce terouts établit, et qui dépasse le siman La force d’un sceau n’est pas une propriété
du sceau : c’est un rapport entre la difficulté de le contrefaire et le bénéfice qu’il garde. Un même
dispositif matériel protège donc inégalement selon ce qu’il enferme. C’est la raison pour laquelle les
simanim 118, 130 et 136 donnent trois réponses différentes à la même question apparente.
Nafka mina — et elle est tranchée A posteriori, un seul sceau suffit-il selon celui qui en
exige deux ? Le Ba’h répond oui, et le Chakh le rapporte sans le contredire :
« כתב הב״ח ובדיעבד כדאי הם המתירין בחותם א׳ לסמוך עליהם וע״ל סימן ק״ל ס״ב » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק א)
Le Baer Hetev reprend les deux membres — le motif et la conclusion — dans une seule entrée :
« הטעם דמשום תשמיש מרובה טרח ומזייף וכתב הב״ח דבדיעבד כדאי הם המתירים בחותם א׳ לסמוך עליהם וע״ל סימן ק״ל ס״ב » (באר היטב יו״ד קל״ו ס״ק א)
3. גזרו ביה רבנן — une heure, et pourquoi elle compte
C’est ici que la ḥakira du §1 devient opératoire. Si le décret
crée une présomption, une heure suffit. S’il n’est qu’une précaution, l’heure écoulée ne laisse qu’un doute.
La branche stricte : le Tour, le Roch, Rabbenou Yerou’ham
« ושהה אפילו שעה אחת ביד העובד כוכבים צריך הכשר כפי ענין כו׳ טור » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק ג)
« וכן מפרש ג״כ הרא״ש פא״מ גבי נודות העובד כוכבים גרודים חדשים מותרין ישנים מזופפים אסורים כו׳ » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק ג)
« וכ״כ ר׳ ירוחם דצריך הכשר אפי׳ לא שהה בידו אלא לפי שעה » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק ג)
Où passe exactement la ligne
Le Chakh recense les tenants de chaque camp, et il nomme les opposants sans
détour.
« וגם הב״ח הביא עוד פוסקים דסוברים כן ודלא כהרא״ה ור״ן » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק ג)
Le Ba’h voulait aller plus loin encore et lire dans les Tossefot et le Semak que la kachérisation s’impose
même a posteriori. Le Chakh refuse ce pas :
« ולפע״ד אין להם הכרע ואדרבה יותר יש לפרש לשונם דלכתחל׳ קאמרי ע״ש » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק ג)
Kouchia Le Ba’h propose alors une porte de sortie élégante : que le Juif laisse simplement
reposer le récipient vingt-quatre heures, après quoi le goût absorbé devient dépréciant
(נותן טעם לפגם) et tout serait permis, même a priori. Pourquoi refuser ?
Terouts — le Chakh : la catégorie du נ״ט לפגם ne s’applique pas au vin
« דיכול הישראל להשהותם מע״ל ואחר כך מותרין אף לכתחלה דנ״ט לפגם הוא כו׳ הוא תמוה » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק ג)
« דדוקא בקדרות וקערות שעמדו בבית העובד כוכבים קאמר הרא״ה דמשהה אותם מעל״ע אבל בכלי היין לא שייך נ״ט לפגם אפילו ישהנו כמה ימים וכדלקמן סימן קל״ז » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק ג)
Le raisonnement du Raa portait sur des marmites et des écuelles ; un récipient à vin ne dépérit pas — au
contraire, le vieillissement l’améliore. Le Chakh renvoie pour cela au siman 137, où le principe est établi
en toutes lettres.
יסוד Le repos qui sauve un ustensile de cuisine ne sauve pas un fût de vin, et pour une raison
qui n’est pas juridique mais physique : כל שמתיישנים נ״ט לשבח. C’est le seul endroit
du bloc où la nature de la matière commande directement la halakha.
C’est la seule opposition frontale du siman, et elle porte sur le
cas le plus fréquent : le récipient dont on s’est déjà servi sans l’avoir kachérisé.
Deux positions, un même texte
Rama — אבל אם כבר עבר והשתמש בו אין לאסור
בדיעבד, et il renvoie au siman 122. Taz — le renvoi même est une erreur : c’est au
siman 122 qu’il a démontré le contraire.
« לעיל סי׳ קכ״ב סעיף ט׳ הארכנו דלא קי״ל כן אלא אף בדיעבד אסור » (ט״ז יו״ד קל״ו ס״ק ב)
Et le Baer Hetev inscrit le désaccord en toutes lettres, en étendant la position du Taz à tous les récipients :
« גם פסק דאפילו בדיעבד יש לאסור בכל הכלים דלא כרמ״א וע״ל סי׳ קכ״ב ס״ט » (באר היטב יו״ד קל״ו ס״ק ב)
Kouchia sur le Rama S’il tient que le récipient doit être kachérisé — et il le dit
dans la première moitié de sa propre glose —, comment ce qu’on y a versé peut-il rester permis ? Ou bien le
récipient est interdit, et son contenu l’est aussi ; ou bien il ne l’est pas, et la kachérisation n’est qu’une
recommandation.
Terouts — le Chakh dissocie le décret de son objet
« דכיון דלא היה ביד עובד כוכבים אלא לפי שעה א״כ ודאי לא נבלע איסור בכלי וגם לא נשתמש בו בודאי ודי שגזרו שהכלי צריך הכשר דלפי שעה חשיב כמכניסו לקיום אבל ודאי בדיעבד המאכל מותר » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק ג)
La clef est dans les mots ודי שגזרו שהכלי צריך הכשר : le décret s’arrête au
récipient. Il ne dit pas que le vin y a séjourné, il dit qu’un récipient de conservation ne se transporte pas
sans marque. Le contenu, lui, reste jugé sur les faits — et les faits sont douteux.
Nafka mina Trois questions, et il ne faut jamais les fondre : le récipient est-il à
kachériser ? (oui, personne n’en discute) ; ce qu’on y a versé est-il perdu ? (Rama non, Taz oui) ; et
peut-on continuer à s’en servir sans kachérisation ? (non, dans les deux avis).
5. איזה הכשר — ce que le Taz retire à la glose
Le Chakh renvoie ; le Taz délimite. Le Chakh se contente d’une adresse :
« ועל הדרך שנתבאר סי׳ קל״ה: » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק ד)
Le Taz, lui, lit de près la formule du Rama — כפי ענין ההכשר אם היה של עובד כוכבים —
et refuse qu’on l’étende :
« פי׳ אם היה של עובד כוכבים מתחילה וקנאו ישראל ממנו ואין בכלל זה כלי חרס דאם תחילת תשמישו ביד עובד כוכבים צריך עירוי אע״פ שאין מכניסו לקיום ואילו בזה שהיה תחלה של ישראל א״צ אלא כמבואר סימן קל״ה סעיף ד׳ » (ט״ז יו״ד קל״ו ס״ק א)
Ḥakira secondaire : la terre cuite(א) Le régime des récipients suit
l’usage : ce qui n’est pas mis en conservation se traite avec légèreté, quel que soit le matériau.
(ב) Il suit la matière : la terre cuite absorbe autrement, et son premier usage
détermine tout. Le Taz tranche pour (ב) sur ce point précis — דאם תחילת תשמישו ביד עובד
כוכבים צריך עירוי אע״פ שאין מכניסו לקיום — et c’est pourquoi il exclut la terre cuite de la glose du
Rama.
Nafka mina Un récipient de terre cuite appartenant à un Juif, expédié sans sceau : sa
kachérisation relève du siman 135 seif 4, non du régime du récipient acquis d’un non-Juif. La distinction est
entièrement dans le mot מתחילה — à qui le récipient a-t-il d’abord appartenu.
6. חביות גדולות — l’exception et ses bornes
La source : le Sefer haTerouma, par le Tour
« ובספר התרומה התיר לשלוח חביות של עץ גדולים לבית נכרי אומן יום או יומים לתקנם דבכלי גדול כזה אין רגילין להשתמש בו לפי שעה » (טור יו״ד קל״ו)
Le motif n’est pas une dispense, c’est une mesure. La permission ne repose pas sur une
indulgence : elle repose sur le fait que la présomption cesse d’être vraisemblable. Un contenant de cette
taille, on ne le remplit pas pour deux jours — donc אין רגילים להשתמש בו לפי שעה,
donc le fondement même du décret manque. C’est un raisonnement de fait, pas de droit.
Jusqu’où va la permission ?
Deux bornes discutées : la durée, et le degré de recommandation.
« ומיהו כתבו דמ״מ טוב להחמיר ונראה מדבריהם דלא שרי להשהות אלא יום או יומים אבל בא״ח כתב בשם ר״י דאפי׳ זמן מרובה שרי להשהות בבית האומן » (בית יוסף יו״ד קל״ו)
Le Beit Yossef relève donc trois positions : les Tossefot et le Mordekhi permettent mais préfèrent la
rigueur ; leur langue suggère une limite d’un jour ou deux ; les Orhot Haïm, au nom du Ri, permettent même une
durée longue. Le Chakh, lui, ne discute pas la durée — il rappelle le principe :
« מיהו כתבו יש פוסקים דלכתחלה יש ליזהר בכל מאי דאפשר וכ״כ האחרונים » (ש״ך יו״ד קל״ו ס״ק ה)
Et le Baer Hetev le reprend au compte des A’haronim :
« מיהו כתבו יש פוסקים דלכתחלה יש ליזהר בכל מאי דאפשר וכן כתבו האחרונים » (באר היטב יו״ד קל״ו ס״ק ג)
Nafka mina Une cuve laissée chez un artisan une semaine, non deux jours. Selon la lecture du
Beit Yossef dans les Tossefot, la permission ne couvre pas ce cas ; selon les Orhot Haïm, si. Et dans les deux
cas, le Chakh maintient qu’a priori l’on se garde autant qu’on le peut.
7. יסוד הסימן — הכל תלוי בשיעור הריווח
כלל הסימן :
אין החותם מחיצה, ואף לא ראיה — אלא סימן שכוחו נמדד כנגד
שבחא שיפיק המזייף. במקום ששכרו מועט —
משום שבחא פורתא לא טרח ומזייף — די בחותם אחד ; ובמקום ששכרו מרובה, שהוא
תשמיש מרובה — טרח ומזייף, וצריך יותר. ומשגזרו על הכלי
אפילו לפי שעה, שוב אין השהות מתרת, שכן בכלי היין לא שייך
נ״ט לפגם.
Trois lignes à emporter.(1) Le décret porte sur le récipient, non
sur son contenu — c’est ce qui permet au Rama d’exiger la kachérisation et de ne pas condamner l’aliment.
(2) Le nombre de sceaux se mesure au gain du fraudeur, non à la gravité de l’interdit.
(3) Le temps ne guérit pas un fût à vin : il l’améliore, et c’est précisément pourquoi il ne
le sauve pas.
~ ~ ~ ~ ~ DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות סימן קל״ו · Niveau 2 — Lamdan · שהשולח כלי יין ביד עובד כוכבים צריך לחתמו daattorah.com