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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA'ASSE / PSAK

שולחן ערוך · יורה דעה

Siman 137 — Le vin cachère versé dans un récipient non kachérisé — Psika lema'asse
סימן קל״ז · הלכה למעשה
דין יין כשר שהושם לתוך כלי שלא נכשר
פסק המחבר והרמ״א · הכרעת נושאי הכלים · הסקת ההלכה למקרים בני זמננו
⚖️ פסק הלכה ולמעשה ⚖️
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Halakha lema'asse — la psika pratique

Du psak du Mehaber et du Rama, à l’arbitrage du Chakh, du Taz,
du Baer Hetev et du Pit’hei Techouva, jusqu’à la cuve d’aujourd’hui

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן קל״ז (ו׳ סעיפים)
עם נושאי הכלים: ש״ך, ט״ז, באר היטב, פתחי תשובה, בית יוסף, טור, רמב״ם

⚠ Avertissement de niveau :
Ce niveau n’est pas “Daat HaRav” : le Choulhan Aroukh HaRav
(Admour HaZaken) ne couvre pas le Yoreh De'ah, donc pas le Siman 137.
C’est un niveau de psika pratique : ce que l’on fait, et à qui demander.

Rédaction et iyun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Comment lire ce niveau. Chaque affirmation est ancrée soit dans le texte du Choulhan Aroukh et de ses nossei kelim, soit dans un posek nommé et vérifiable (Tour, Beit Yossef, Rambam, guemara Avoda Zara). Sur le Yoreh De'ah il n’y a ni Mishna Beroura (qui ne commente que l’Orach Chaim), ni Choulhan Aroukh HaRav (l’Admour HaZaken n’a pas écrit le YD). Le Aroukh HaChoulhan n’est pas cité ici : son texte sur ce siman ne nous est pas accessible, et l’on ne cite pas ce que l’on ne peut pas vérifier. En revanche, le siman 137 est richement commenté : Chakh (19 ס״ק), Taz (8), Baer Hetev (10) et Pit’hei Techouva (3) — et c’est sur eux que ce niveau s’appuie. Là où la question déborde le siman, ce niveau le dit et s’arrête : la halakha lema'asse passe par ton Rav.

📑 תוכן העניינים

  1. שורש הפסק — מה נמדד, וכנגד מה
  2. פסק המחבר והרמ״א — מפת ששת הסעיפים
  3. מעמד היין — אסור בשתייה ומותר בהנאה
  4. שיעורי הזמן — מיד, מעת לעת, י״ב חדש
  5. שיעור הבליעה — כדי קליפה, ומתי לא
  6. הגת והברזא — ההוצאה, והמחלוקת המעשית
  7. היין השני — חשבון סעיף ג׳
  8. שאר משקים ומליחה — סעיף ד׳, וגבול הקבע
  9. יין פעם שנייה — סעיף ה׳, ופתח ההפסד
  10. נאמנות — סעיף ו׳, ומה שנגזר ממנו
  11. מקרים בני זמננו
  12. סיכום מעשי — טבלה, קישורים, ולמעשה שאל את רבך

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif 1

כל הכלים האסורים מחמת יין של עובד כוכבים שהכניס בהם ישראל יין קודם שהכשירן אסור בשתייה ומותר בהנאה אפילו הוא יבש כל זמן שלא עבר עליו י״ב חדש

Le cas fondateur. Un récipient interdit à cause du vin d’un non-Juif ; on n’a pas fait la kachérisation ; on y a versé du vin cachère. Le Mehaber ne dit pas que tout est perdu : il donne un statutאסור בשתייה ומותר בהנאה — et une limite, les douze mois, au-delà de laquelle le récipient ne rend plus rien.

Et il ajoute aussitôt une voie de sortie quantitative. Si de l’eau était mêlée au vin et qu’elle représente six fois la pelure du récipient, tout redevient permis, même à la boisson.

— Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 137:1 · Sefaria YD 137:1

1. שורש הפסק — ce qui se mesure, et contre quoi

Ce siman n’a qu’une opération : mesurer. Il ne demande jamais si le récipient est interdit — il l’est — mais combien il a retenu, et ce qu’il faut en face. Toute la pratique s’organise donc autour de deux questions, et si l’une des deux est mal posée, la réponse est fausse même quand le calcul est juste : qu’est-ce qui est interdit, et contre quoi mesure-t-on ?
La phrase du Chakh qui tient les deux bouts. Elle explique pourquoi le vin absorbé interdit dans la moindre quantité et n’interdit pourtant qu’à la boisson :
« שאני הכא דקודם שנבלע בכלי היה אסור בהנאה נמצא כשמתערב ביין שבקנקנים איסור הנאה מתערב אלא שלפי שלא נתערב בעין רק מפליטת הכלי אינו אוסר רק בשתייה » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ג)
כלל הפסק של הסימן :
מה שהכלי פולט אינו יין בעין אלא פליטת הכלי — ולפיכך אסור בשתייה ומותר בהנאה ; ואף על פי כן, לפי שקודם שנבלע היה אסור בהנאה, אינו בטל אלא בשיעור. וכל השאלה המעשית בשתיים : מה נמדדכדי קליפה בסתם, וכל הכלי במקום שידוע שעמד בו היין מעת לעת ; וכנגד מהששה במים, ס׳ ביין. ובמקום שאין מודדים — עד שיכשירנו.
Ce que cela change pour toi. Devant une cuve non kachérisée où du vin cachère a séjourné, la première question n’est jamais « est-ce grave ? » mais « que sait-on exactement du récipient ? ». S’il est de conservation : le vin est atteint sans délai. S’il ne l’est pas et qu’il était sec : compte les vingt-quatre heures. Si l’on sait que du stam yenam y a séjourné un jour plein : le calcul change d’échelle. Et si l’on ne sait rien, c’est le seif 6 qui commande — on ne comblera pas le vide par une déclaration.

2. פסק המחבר והרמ״א — la carte des six seifim

Le Siman 137 compte six seifim — c’est le compte annoncé par l’en-tête (ובו ו׳ סעיפים) et c’est le compte réel du texte. Le Rama intervient au seif 1 (trois fois) et au seif 2.

SeifSujetPsak (ancré dans le texte)
1le vin versé dans un récipient interditInterdit à la boisson, permis au profit, même si le récipient est sec, tant que douze mois n’ont pas passé. Rama : dans un récipient de conservation — interdit immédiatement ; dans les autres — seulement s’ils étaient secs et que le vin y est resté vingt-quatre heures. Avec de l’eau à six fois la pelure : permis même à la boisson. Rama : et selon le siman 134, même sans eau, annulé dans soixante ; et l’ancienneté du récipient ne change rien.
2le pressoir non kachériséFouler est permis (les rafles et les pépins font soixante contre la pelure du pressoir) ; tirer le vin par le trou est interdit, car il en sort limpide. Rama : si on l’a fait, tout le vin reste permis.
3le vin transvasé dans des jarres cachèresSoixante dans le second vin contre le premier : tout est permis, même à la boisson. Ou six parts d’eau dans le second contre les pelures interdites — même si le premier n’en contenait pas.
4eau, bière, autres boissons, salagePermis, à condition de rincer d’abord la surface. Et permis d’y saler.
5du vin une seconde foisInterdit tant que le récipient n’est pas kachérisé.
6la parole du non-JuifNon recevable pour établir la kachérisation d’un récipient interdit.

3. מעמד היין — interdit à la boisson, permis au profit

כל הכלים האסורים מחמת יין של עובד כוכבים שהכניס בהם ישראל יין קודם שהכשירן אסור בשתייה ומותר בהנאה אפילו הוא יבש כל זמן שלא עבר עליו י״ב חדש

— שולחן ערוך יו״ד קל״ז:א
La source du statut, et elle est tranchée. La michna oppose Rabbi Meïr aux Sages ; le Beit Yossef rappelle, en ouvrant le siman, que la halakha suit les Sages :
« בפרק אין מעמידין (עבודה זרה כט:) תנן נודות הנכרי וקנקניהם ויין של ישראל כנוס בהם אסורים ואיסורם איסור הנאה דר״מ וחכמים אומרים אין איסורם איסור הנאה וידוע דהלכה כחכמים » (בית יוסף יו״ד קל״ז)
Lema'asse. « Permis au profit » n’est pas une formule théorique : cela veut dire que le lot peut être vendu, y compris à un non-Juif, et que sa valeur n’est pas perdue. C’est la première chose à dire à un producteur, avant tout calcul — et c’est souvent ce qui change la nature de la question posée.

4. שיעורי הזמן — מיד, מעת לעת, י״ב חדש

Trois seuils, trois situations physiques

Ce ne sont pas trois opinions : ce sont trois états du récipient, et le Taz les donne chacun en une ligne.

« דגזרו עליו אפילו לפי שעה » (ט״ז יו״ד קל״ז ס״ק ב)
« דצונן לא מפליט בפחות מזה » (ט״ז יו״ד קל״ז ס״ק ג)
« משום דצונן בצונן פולט ובולע במעת לעת. הרא״ש » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ה)

👈 La clause qu’on oublie : l’humidité résiduelle

Le Rama ajoute deux mots — והוא יבש — et le Chakh en tire le cas inverse : un récipient encore humide n’attend pas vingt-quatre heures.

« אבל אם היה בו טופח על מנת להטפיח אוסר המתערב עמו כדלעיל סי׳ קכ״ו ב״י » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ד)

Et le récipient que le rinçage aurait suffi à rendre propre ?

Le Chakh est strict ; le Taz est indulgent ; le Baer Hetev laisse les deux positions ouvertes, et il indique où l’on peut s’appuyer.

« משמע דה״ה כלים שאין מכניסין לקיום שנכשרים בהדחה כדלעיל סי׳ קל״ה אם לא הדיחן ונתן בהם יין אסור בשתייה כל ששהה בהן מעל״ע » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק א)
« אבל נראה לע״ד דהסומך על דברי המקילין במידי דרבנן כי הכא לא הפסיד » (ט״ז יו״ד קל״ז ס״ק א)
« אבל הט״ז פסק דלדידן דס״ל דסתם יינם בטל בס׳ אין כאן איסור בדיעבד ואף על פי דמדברי רמ״א בסי׳ קל״ה סי״א משמע שאסור בדיעבד מ״מ הסומך על דברי המקילין במידי דרבנן לא הפסיד. עכ״ל » (באר היטב יו״ד קל״ז ס״ק ב)
Lema'asse. Pour un ustensile dont la remise en état ne demandait qu’un rinçage — un verre, une carafe, un entonnoir —, et qui n’a pas été rincé : le Taz permet a posteriori, et le Baer Hetev écrit qu’on ne perd rien à s’appuyer sur les indulgents dans une matière rabbinique. Pour une cuve ou un fût, qui sont des récipients de conservation, cette indulgence ne s’applique pas : là, le vin est atteint sans délai.

5. שיעור הבליעה — כדי קליפה, et quand cela ne vaut plus

ואם היה ביין מעורב קיתון של מים אם יש במים ששה פעמים כנגד קליפת הקנקן מותר אפילו בשתייה

— שולחן ערוך יו״ד קל״ז:א
Ce contre quoi l’on compte. Ce n’est pas le récipient : c’est l’épaisseur qu’il a réellement absorbée. Le Chakh en donne la mesure, et elle est concrète :
« שאין היין נבלע אלא כדי קליפה שמקלפים העץ ברהיטני (כדלעיל סי׳ קל״ה סי״ג) רשב״א ומביאו ב״י וריב״ש סי׳ קל״ג » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ט)

La position adverse, et la synthèse du Chakh

Le Ba’h, au nom de Rabbenou Tam et du Roch, exige soixante contre le récipient entier dans un récipient de conservation. Le Chakh tranche par la distinction du כבוש.

« מיהו כתב הב״ח דלר״ת והרא״ש בכלי שמכניסו לקיום בולע יותר מכדי קליפה וצריך ס׳ כנגד כולו ע״כ » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ט)
« אבל בידוע שעמד בו מעל״ע הרי נעשה כבוש וכבר נתבאר בסימן ס״ט ס״ק ס׳ ובסימן צ״ח ס״ק י״ג דכבישה אוסר כל הכלי » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ט)
« ולפ״ז בכלי שידוע שעמד בו יין נסך מעל״ע ונתנו בו אח״כ יין כשר היכא דאין בו מים אסור דהא צריך לשער בס׳ נגד כל הכלי ואין במה שבכלי ס׳ נגד הכלי כדלעיל סי׳ צ״ג והרב דכ׳ דבטל בס׳ היינו בסתמא שאין ידוע שעמד בו מעל״ע דאז אפילו כלי שמכניסו לקיום סגי בקליפה ויש במה שבכלי ס׳ נגד הקליפה » (באר היטב יו״ד קל״ז ס״ק ד)
Et un avis plus indulgent chez les A’haronim. Le Pit’hei Techouva rapporte le Hakham Tsvi, qui refuse d’aller au-delà de la pelure en tout état de cause :
« ועי׳ בתשובת ח״צ סימן ע״ה שמתיר בכל ענין דאין אוסר יותר מכדי קליפה » (פתחי תשובה יו״ד קל״ז ס״ק א)
Lema'asse. La ligne pratique est celle du Chakh, et elle dépend de ce que l’on sait : sans information sur la durée du séjour, on compte contre la pelure, et six volumes d’eau — ou soixante de liquide — sont largement atteints ; s’il est établi que du stam yenam y a séjourné vingt-quatre heures dans un récipient de conservation, le Chakh exige soixante contre le récipient entier, ce qui n’est en pratique jamais atteint. Le Hakham Tsvi ne suit pas cette sévérité, et un Rav peut en tenir compte en cas de perte importante.

6. הגת והברזא — la ma’hloket la plus opérationnelle du siman

אם דרך ענבים בגת של עובד כוכבים שלא הכשירו מותר שהרי החרצנים והזגים יש בהם ס׳ כנגד קליפת הגת אבל אסור להוציא היין דרך נקב שהיין של עובד כוכבים יורד בו שהנקב אסור והיין היוצא משם צלול מבלי תערובות החרצנים

— שולחן ערוך יו״ד קל״ז:ב

Peut-on soutirer par l’orifice habituel ?

Le Ba’h et le Chakh : oui. Le Beit Yossef et le Taz : non, tant qu’une autre voie existe. C’est l’un des rares points du bloc où la conduite pratique diffère selon l’autorité suivie.

« והב״ח השיג עליו שאין זה מבטל איסור לכתחלה כיון שאין כוונתו אלא להוציא יין ולא כדי לבטל האיסור שבנקב » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ז)
« ולי נראה דדברי ב״י נכונים דאע״ג דמצינו סברא זו דאין הכוונה לבטל האיסור בסי׳ פ״ד סעיף י״ג גבי נמלים שבדבש שמותר לסננו וכן בתולעים שבחטים ולא הוי מבטל לכתחלה שאני התם דא״א בענין אחר משא״כ כאן דאפשר לעשות נקב חדש או להוציא דרך פיו למעלה כל שמוציאו בדרך שיש בו חשש איסור מקרי לכתחלה ואסור לעשות כן » (ט״ז יו״ד קל״ז ס״ק ד)
« והט״ז חולק על הב״ח דל״ד לסי׳ פ״ד דשאני התם דא״א בענין אחר משא״כ כאן דאפשר לעשות נקב חדש או להוציא דרך פיו וכו׳ » (באר היטב יו״ד קל״ז ס״ק ג)

👈 Et si l’on a soutiré par là ?

Le Rama permet tout le vin, et le Chakh en donne le motif de fond : ce qui sort par le trou emporte toujours soixante contre la pelure du trou.

« אלא הטעם הוא דהקליפה של הנקב בטל בס׳ דמה שיוצא דרך הנקב יש לעולם ס׳ נגד הקליפה דהא הרשב״א והטור גופיה לא אסרי אלא משום שהיין יוצא שם צלול ונאסר בכל שהוא אבל אם היה יוצא שם עם החרצנים וזגים היו מתירי׳ משום שיש ס׳ נגד קליפת הנקב וא״כ לדידן דקי״ל דסתם יינם בטל בס׳ אם כן בכל ענין שרי וזה ברור » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״א)
Lema'asse. Quand il est possible de soutirer autrement — vanne haute, pompe, orifice neuf —, c’est la conduite à recommander : elle satisfait le Taz et ne coûte rien. Quand ce n’est pas possible, le Chakh, suivant le Ba’h, permet. Et si la chose est déjà faite, il n’y a pas de discussion : le vin reste permis.

7. היין השני — le calcul du seif 3

אם יש ביין השני ס׳ כיין הראשון הכל מותר אפי׳ בשתייה ואם יש ביין השני מים כדי שיעור ששה חלקים כנגד קליפות האסורים ג״כ מותר הכל בשתייה ואע״פ שלא היה מים ביין הראשון

— שולחן ערוך יו״ד קל״ז:ג
Pourquoi soixante, et contre quoi. Le Chakh donne la raison en une ligne : le premier vin n’est interdit qu’à la boisson, donc il n’interdit pas dans la moindre quantité, mais par le goût.
« דכיון שהיין הראשון לא נאסר אלא בשתייה אינו אוסר בכל שהוא ריב״ש שם » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״ב)

Le Taz propose un calcul plus simple — et le Nekoudot haKessef s’y oppose

Pour le Taz, puisque nous tenons que le stam yenam s’annule dans soixante, il suffit que l’ensemble fasse soixante contre la pelure. Pour le Nekoudot haKessef, il faut d’abord soixante dans le premier vin lui-même.

« אבל לפי מה דקי״ל שם דבטל בס׳ אין אנו צריכין להוראה זאת אלא אם יש בין הכל דהיינו יין הראשון והשני ששים נגד קליפת הכלי האסור מותר הכל » (ט״ז יו״ד קל״ז ס״ק ו)
« ובנה״כ השיג עליו וכי דודאי צריך ביין הא׳ לחודיה ס׳ דאל״כ היין הא׳ נ״נ וצריך אחר כך ביין הב׳ ס׳ נגד כל היין הא׳ דע״כ לא ס״ל גבי יין ביין דלא נ״נ אלא מטעם דכיון דנאסר במשהו משא״כ היכא דנאסר מחמת שלא היה בו ס׳ והכי קי״ל לעיל סימן צ״ב ס״ד דאף לח בלח נ״נ אם לא במקום הפסד גדול עכ״ל » (באר היטב יו״ד קל״ז ס״ק ו)
« ולא אמרינן חתיכה נעשית נבילה כדלעיל סי׳ קל״ד ס״ק ט״ז » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״ג)

👈 La conséquence qu’on oublie

Le Chakh (ס״ק י״ד) prévient : si l’annulation n’a pas lieu, ce ne sont pas seulement les vins qui sont atteints — les jarres cachères le sont aussi.

« ואם אין לבטל גם הכלים אסורים כאילו נתן יין של איסור בכלים כשרים » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״ד)
Lema'asse. C’est le cas type d’un assemblage. Deux calculs coexistent, et ils ne donnent pas le même résultat quand le premier lot est important. Un Rav tranchera lequel appliquer ; ce qu’il faut lui donner, ce sont les volumes exacts, la présence ou non d’eau, et ce que l’on sait de la durée du séjour dans le récipient d’origine.

8. שאר משקים ומליחה — la seule indulgence, et sa limite

כלים האסורים מחמת יין של עובד כוכבים מותר ליתן לתוכם בין מים בין שכר בין שאר משקים ובלבד שידיח בתחלה לחלוחי היין שעל פני הכלים וכן מותר למלוח בהם

— שולחן ערוך יו״ד קל״ז:ד
Le motif, et il est simple. Le vin gâte ce qui n’est pas du vin ; un goût qui gâte n’interdit pas. Le Chakh le rapporte au nom des décisionnaires :
« מפני שמבטלין טעם היין כ״כ הפוסקים » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ט״ו)

Deux bornes, et elles ne portent pas sur la même variable

Le Chakh borne la fréquence ; le Taz écarte la borne du temps.

« ולא גזרי׳ משקין אטו יין משום דאקראי בעלמא הוא ש״ס ולפ״ז אסור ליתן בהם משקין דרך קבע » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק ט״ז)
« נ״ל פשוט אפילו אם המשקין נשתהים שם מעל״ע מותר דהא הטור כתב הטעם כיון שהיין פוגם אותם ואע״ג דבשאר דוכתי קיימא לן נותן טעם לפגם אסור לכתחלה שאני הכא דנבלע בצונן » (ט״ז יו״ד קל״ז ס״ק ז)

👈 Le salage

Le Ba’h l’interdit ; le Chakh et le Taz maintiennent le Mehaber. Le Baer Hetev enregistre le débat et sa conclusion.

« והב״ח חולק על זה ופסק דלכתחלה אסור למלוח כדלעיל סימן ק״ה סי״ב וגם בדיעבד אסור אם נכבש בתוכו יום שלם אבל הש״ך השיג עליו דמסתמא יש ס׳ נגד פליטת הכלי שלא בלע רק כ״ק ויין נקלש טעמו בשאר משקין וכ״ש במליח וכן פסק הט״ז דהעיקר כדעת המחבר דמותר אפילו לכתחלה למלוח בהן » (באר היטב יו״ד קל״ז ס״ק ח)
Lema'asse. Un fût ou une cuve interdits peuvent servir à l’eau, à la bière ou à d’autres boissons après un simple rinçage de la surface — mais le Chakh interdit d’en faire l’usage régulier de ce récipient, précisément parce que la permission de la guemara reposait sur le caractère occasionnel du geste. Le salage y est permis selon le Mehaber, le Chakh et le Taz.

9. יין פעם שנייה — סעיף ה׳, et la porte du הפסד

אם נתן יין בכלי אסור לא נתיר לתת בו יין פעם אחרת עד שיכשירנו

— שולחן ערוך יו״ד קל״ז:ה
Pourquoi l’annulation subie ne fonde pas une annulation voulue. Le Chakh écarte le raisonnement du Roch, et donne la raison :
« וכב״י ואע״פ שהרא״ש בתשו׳ התיר לפי שמתחלה נפלט בליעת הקנקן ביין ונתבטל היינו לדברי המתירין סתם יינם בס׳ וכבר כתבתי בסימן קל״ד דלא קי״ל אלא כדברי האומרים דאוסר במשהו ע״כ » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״ח)
« ואפשר דמיירי בשעת הדחק והפסד שצריך לכלים ואם לא יתן לכלים אלו יהא לו הפסד בדבר » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״ח)
« כתב הש״ך מיהו בשעת הדחק והפסד שצריך לכלים ואם לא יתן לכלים אלו יהא לו הפסד בדבר שרי » (באר היטב יו״ד קל״ז ס״ק ט)
Lema'asse. La règle est nette : un récipient qui a servi ainsi ne reçoit plus de vin avant kachérisation (siman 135 pour les modes). L’unique ouverture est celle du Chakh — בשעת הדחק והפסד, quand il n’y a pas d’autre récipient et qu’une perte réelle est en jeu. C’est exactement le genre de circonstance qui se soumet à un Rav, et non qu’on décide seul.

10. נאמנות — סעיף ו׳, et ce qui en découle

אין עובד כוכבים מסיח לפי תומו נאמן בהכשר כלים האסורים

— שולחן ערוך יו״ד קל״ז:ו
Pourquoi la règle générale ne joue pas. Un non-Juif parlant innocemment est parfois cru pour un interdit rabbinique ; ici non, et le Chakh dit exactement pourquoi :
« י״ל דהתם מיירי בדבר דלא אתחזק איסורא משא״כ הכא דודאי נשתמש בכלים אלו יין של איסור » (ש״ך יו״ד קל״ז ס״ק י״ט)
« כ׳ הש״ך אע״ג דקי״ל דעובד כוכבים נאמן מסל״ת באיסור דרבנן כמ״ש בסי׳ צ״ח ס״א י״ל דהתם מיירי בדבר דלא איתחזק איסורא משא״כ הכא דודאי נשתמש בכלים אלו יין של איסור » (באר היטב יו״ד קל״ז ס״ק י)
Le Beit Yossef avait déjà refusé d’alléger, alors même que le Ran inclinait à le faire :
« ולענין הלכה אע״פ שנראין דברי הר״ן מי יקל ראשו כנגד הנך רבוותא דאוסרים וכ״ש במקום שהר״ן לא רצה לסמוך על עצמו לעשות מעשה » (בית יוסף יו״ד קל״ז)
Lema'asse. C’est la clause la plus directement applicable du siman : une attestation de kachérisation qui repose sur la parole du personnel non juif ne vaut rien pour ce siman. Tout le dispositif de mesures qui précède suppose une information fiable ; le seif 6 dit d’où elle ne peut pas venir, et le siman renvoie au siman 122 pour la conduite habituelle.

11. מקרים בני זמננו

👈 Cas 1 — Une cuve non kachérisée qui a reçu du vin cachère

Statut : אסור בשתייה ומותר בהנאה — le lot n’est pas perdu, il n’est plus buvable. Récipient de conservation : atteint sans délai (רמ״א). Sinon et sec : après vingt-quatre heures (ש״ך ס״ק ה).

👈 Cas 2 — On ajoute de l’eau

Six volumes contre la pelure permettent même à la boisson (שו״ע קל״ז:א) — mais seulement si l’on n’a pas ajouté l’eau pour annuler (ש״ך ס״ק ו). Ajouter de l’eau d’avance, par précaution, est permis.

👈 Cas 3 — Le fût affecté à l’eau ou à la bière

Permis après rinçage (שו״ע קל״ז:ד), mais non comme usage régulier (ש״ך ס״ק ט״ז). Le Taz (ס״ק ז) précise que la durée du séjour, elle, n’est pas un obstacle.

👈 Cas 4 — La cuve métallique

Le Pit’hei Techouva rapporte le Chèv Yaakov, pour qui la règle du goût gâté ne vaut que pour le bois et la terre cuite ; dans un récipient de métal, le vin lui-même est gâté.

« ועיין בתשובת שב יעקב סימן ל״ג שכתב דזה דוקא בכלי עץ או חרס אבל בכלי מתכות אף יין נפגם ע״ש » (פתחי תשובה יו״ד קל״ז ס״ק ב)

👈 Cas 5 — Les alcools distillés

C’est la question contemporaine par excellence, et le Pit’hei Techouva la traite directement, au nom du Noda biYehouda : la permission du seif 4 ne se transpose pas telle quelle à un alambic qui a servi à distiller du stam yenam.

« והשיב דלכתחלה ודאי אסור ואין ללמוד היתר ממ״ש בסימן קל״ד מותר למלוח בהם ומשמע דאפילו חומץ וציר מותר ליתן בהם ולא אמרינן שהחריפות משוי לשבח וא״כ אפילו יי״ש מותר ליתן לכלי היין דכל זה אם נבלע בצונן » (פתחי תשובה יו״ד קל״ז ס״ק ג)

👈 Cas 6 — « Le fournisseur atteste que la cuve a été kachérisée »

Le seif 6 l’exclut (שו״ע קל״ז:ו ; ש״ך ס״ק י״ט). Une attestation utile doit reposer sur une supervision, non sur une déclaration.

Le point que ce niveau ne tranchera pas. Les volumes réels, la nature exacte du matériau, la durée du séjour et l’existence ou non d’une perte importante forment ensemble un cas concret. Ce niveau dit ce que le siman 137 mesure et comment ; il ne dit pas si telle cuvée est permise. Cela, c’est l’organisme de certification et ton Rav.

12. סיכום מעשי — tableau, liens, et למעשה שאל את רבך

SituationVerdict pratiqueSource
Vin cachère versé dans un récipient interditInterdit à la boisson, permis au profitשו״ע קל״ז:א
Récipient de conservationLe vin est atteint immédiatementרמ״א קל״ז:א · ט״ז ס״ק ב
Récipient ordinaire et secSeulement après vingt-quatre heuresשו״ע קל״ז:א · ש״ך ס״ק ה
Récipient resté humidePas de délai : il interdit ce qui s’y mêleש״ך ס״ק ד
Plus de douze moisLe récipient ne rend plus rienשו״ע קל״ז:א
Récipient ancien, non “ de son jour ”Aucun allègementש״ך ס״ק י
Eau à six fois la pelurePermis même à la boissonשו״ע קל״ז:א
Séjour d’un jour plein établi, récipient de conservationIl faut soixante contre le récipient entierש״ך ס״ק ט
Fouler dans un pressoir non kachériséPermisשו״ע קל״ז:ב
Soutirer par le trou du pressoirÀ éviter tant qu’une autre voie existeט״ז ס״ק ד · ש״ך ס״ק ז
Soutirage déjà faitTout le vin reste permisרמ״א קל״ז:ב · ש״ך ס״ק י״א
Assemblage avec un vin cachère abondantSoixante contre le premier vin ; ou six parts d’eau contre les peluresשו״ע קל״ז:ג · ש״ך ס״ק י״ב
Eau, bière, autres boissonsPermis après rinçage, non en usage régulierשו״ע קל״ז:ד · ש״ך ס״ק ט״ז
Saler dans le récipientPermisשו״ע קל״ז:ד · ט״ז ס״ק ח
Y remettre du vinInterdit avant kachérisation ; ouverture en cas de perteשו״ע קל״ז:ה · ש״ך ס״ק י״ח
Attestation d’un non-JuifNon recevableשו״ע קל״ז:ו · ש״ך ס״ק י״ט
Sources vérifiables :
Et pour finir, la seule règle qui vaut lema'asse. Ce niveau expose la psika des sources ; il ne remplace pas une décision. Un volume, un matériau, une durée et un enjeu financier forment un cas concret, et un cas concret se tranche avec un Rav — ce que le Chakh et le Taz font eux-mêmes, en distinguant chaque fois ce que l’on sait de ce que l’on suppose.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קל״ז · Niveau 4 — Halakha lema'asse · דין יין כשר שהושם לתוך כלי שלא נכשר
daattorah.com
⚠️ Ce contenu est destiné à l’étude. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה), consultez un Rav qualifié.

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