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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA'ASSE / PSAK

שולחן ערוך · יורה דעה

Siman 141 — Les statues et les figures — Psika lema'asse
סימן קמ״א · הלכה למעשה
דין הצלמים והצורות של עבודת כוכבים
פסק המחבר והגהת הרמ״א · הכרעת נושאי הכלים · הסקת ההלכה למקרים בני זמננו
⚖️ פסק הלכה ולמעשה ⚖️
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Halakha lema'asse — la psika pratique

Du psak du Mehaber et de la glose du Rama à l’arbitrage du Chakh, du Taz,
du Pit’hei Techouva, du Baer Hetev et des Nekoudot HaKessef

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן קמ״א (ח׳ סעיפים)
עם נושאי הכלים: ש״ך, ט״ז, פתחי תשובה, באר היטב, נקודות הכסף, בית יוסף, טור, רמב״ם

⚠ Avertissement de niveau :
Ce niveau n’est pas “Daat HaRav” : le Choulhan Aroukh HaRav
(Admour HaZaken) ne couvre pas le Yoreh De'ah, donc pas le Siman 141.
C’est un niveau de psika pratique : ce que l’on fait, et à qui demander.

Rédaction et iyun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Comment lire ce niveau. Chaque affirmation est ancrée soit dans le texte du Choulhan Aroukh et de ses nossei kelim, soit dans un posek nommé et vérifiable (Rambam, guemara d’Avoda Zara et de Roch Hachana). Sur le Yoreh De'ah il n’y a ni Mishna Beroura (qui ne commente que l’Orach Chaim), ni Choulhan Aroukh HaRav (l’Admour HaZaken n’a pas écrit le YD). Le Aroukh HaChoulhan n’est pas cité : son texte sur ce siman ne nous est pas accessible, et l’on ne cite pas ce que l’on ne peut pas vérifier. Restent, et ils suffisent largement : le Chakh (36 ס״ק), le Taz (15 ס״ק), le Pit’hei Techouva (15 ס״ק), le Baer Hetev (26 ס״ק) et les Nekoudot HaKessef (deux entrées). Là où la question déborde le siman, ce niveau le dit et s’arrête : la halakha lema'asse passe par ton Rav.

📑 תוכן העניינים

  1. שורש הפסק — שלושה איסורים בסימן אחד
  2. פסק המחבר — מפת ח׳ הסעיפים
  3. הצלמים הנמצאים — כפרים, כרכים ופתח המדינה
  4. צלם שמשתחוים לו — והתלוי בצואר לזכרון
  5. שברי צלמים — ואבר העומד על בסיסו
  6. כלים שעליהם צורות — מכובדים, בינונים ומבוזים
  7. צורת הדרקון — לעשות מותר, להשהות אסור
  8. לא תעשון אתי — ד׳ פנים, מלאכים וצורת אדם
  9. בולטת ושוקעת — והציור בסממנים
  10. להתלמד ובשל רבים — פתחי החשד
  11. טבעת שחותמה בולט — לחתום ולהניח
  12. הצורות המותרות — בהמות, מזלות וראש בלא גוף
  13. תבנית ההיכל והמנורה — ז׳ קנים של מתכת
  14. מקרים בני זמננו
  15. סיכום מעשי — טבלה, קישורים, ולמעשה שאל את רבך

1. שורש הפסק — שלושה איסורים בסימן אחד

Un même objet, trois questions qui ne se répondent pas l’une l’autre. Ce siman ne demande jamais “ cette figure est-elle une idole ? ” Il demande d’abord qui la tient et comment elle est arrivée là. La trouver — c’est un doute d’idolâtrie, réglé par des présomptions : le lieu, l’attribut dans la main, la matière de l’ustensile (seifim 1 à 3). La faire — c’est un interdit de la Tora, tiré d’un verset, qui ne dépend d’aucun culte : on n’a le droit de faire ni les serviteurs d’en haut, ni la forme sous laquelle Il se montre aux prophètes (seif 4). La garder, quand un autre l’a faite — c’est un interdit rabbinique de soupçon, et il a ses portes de sortie (seifim 4 et 5). Confondre ces trois régimes est l’erreur que le Chakh reproche nommément au Levouch.
Les trois textes fondateurs, dans l’ordre où le siman s’en sert : la michna du chapitre כל הצלמים pour la statue trouvée, le verset dans sa double lecture pour ce que l’on ne fait pas, et la braïta de la bague pour ce que l’on ne garde pas.
« כׇּל הַצְּלָמִים אֲסוּרִין, מִפְּנֵי שֶׁהֵן נֶעֱבָדִין פַּעַם אַחַת בְּשָׁנָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא כֹּל שֶׁיֵּשׁ בְּיָדוֹ מַקֵּל אוֹ צִפּוֹר אוֹ כַדּוּר » (עבודה זרה מ׳ ע״ב)
« ״לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי״ — לֹא תַעֲשׂוּן אוֹתִי, אֲבָל שְׁאָר שַׁמָּשִׁין שְׁרֵי » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
« ״לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי״ — לֹא תַעֲשׂוּן כִּדְמוּת שַׁמָּשַׁי הַמְשַׁמְּשִׁין לְפָנַי בְּמָרוֹם, כְּגוֹן אוֹפַנִּים וּשְׂרָפִים וְחַיּוֹת הַקֹּדֶשׁ וּמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
« טַבַּעַת שֶׁחוֹתָמָהּ בּוֹלֵט — אָסוּר לְהַנִּיחָהּ, וּמוּתָּר לַחְתּוֹם בָּהּ. חוֹתָמָהּ שׁוֹקֵעַ — מוּתָּר לְהַנִּיחָהּ, וְאָסוּר לַחְתּוֹם בָּהּ » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
Et le Rambam, dont le Mehaber recopie la langue au seif 1, formule la présomption comme une règle et non comme un doute :
« כָּל הַצּוּרוֹת הַנִּמְצָאִים בַּכְּפָרִים אֲסוּרִים בַּהֲנָאָה מִפְּנֵי שֶׁחֶזְקָתָן שֶׁלַּעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים הֵן עֲשׂוּיִין » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ו׳)
« הָעוֹשֶׂה עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים לְעַצְמוֹ אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא עֲשָׂאָהּ בְּיָדוֹ וְלֹא עֲבָדָהּ לוֹקֶה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ג׳ הלכה ט׳)
Ce que cela change pour toi. Devant une figure, ne commence jamais par la juger belle ou laide, ancienne ou récente. Demande : est-ce que je la trouve, est-ce que je la fais, ou est-ce que je la garde ? Les trois réponses ne viennent pas des mêmes seifim, n’ont pas la même gravité, et n’ont pas les mêmes issues.

2. פסק המחבר — מפת ח׳ הסעיפים

Le Siman 141 compte huit seifim — c’est le compte annoncé par l’en-tête (ובו ח׳ סעיפים) et c’est le compte réel du texte sur Sefaria. Le Rama gloses quatre fois : au seif 1, deux fois au seif 3, et au seif 4 ; le seif 7 se clôt par ses deux mots d’usage.

SeifQuiPsak (ancré dans le texte)
1Mehaber · Rambam · RamaStatue trouvée : au village interdite, en ville permise ; à l’entrée de la ville avec un attribut, interdite. La figure devant laquelle on se prosterne exige une annulation ; le pendentif porté en souvenir n’est pas un צלם.
2MehaberDébris jetés — permis, même d’idoles ; une main ou un pied posé sur son socle — interdit.
3Mehaber · RamaSoleil, lune, dragon sur un ustensile : honoré interdit, vil permis ; deux avis quand la figure est certainement adorée ; la coutume suit le premier. De nos jours : profit permis, garde interdite. Le dragon se fait mais ne se garde pas.
4Mehaber · RamaInterdit de faire les quatre faces ensemble, les anges, l’homme seul — même pour l’ornement ; interdit de les garder. Trouvés : permis, sauf soleil et lune. Relief seulement — sauf les astres, interdits même en creux. L’étude permet ; le public permet de garder.
5MehaberBague au sceau humain : en relief, on scelle mais on ne porte pas ; en creux, on porte mais on ne scelle pas. Scellée par un non-Juif, elle ne se garde pas.
6MehaberAnimaux, oiseaux, poissons, arbres et plantes : permis à faire, même en relief.
7Mehaber (יש מי שאומר) · RamaSeule la figure complète est visée ; une tête seule ou un corps sans tête n’a aucun interdit, ni à trouver ni à faire — et c’est l’usage.
8MehaberPas de réplique du Heikhal, de l’Oulam, de la Azara, de la Table, de la Menora. Cinq, six ou huit branches : permis ; sept en métal : interdit, même sans coupes, même basse.

3. הצלמים הנמצאים — כפרים, כרכים ופתח המדינה

Le texte du seif, et sa logique

Le Mehaber pose deux présomptions opposées, puis une exception qui les traverse : au village, on ne fait pas de statues pour l’ornement ; en ville, on en fait ; mais à l’entrée de la ville, avec un attribut dans la main, la présomption d’ornement tombe partout.

« כל הצלמים של עבודת כוכבים הנמצאים בכפרים אסורים דסתמא לשם אלילים נעשו והנמצאים בכרכים מותרים דודאי לנוי נעשו » (שו״ע יו״ד קמ״א:א)
« אא״כ עומדין על פתח המדינה » (שו״ע יו״ד קמ״א:א)
« והיה ביד הצורה צורת מקל או צפור או כדור או סייף או עטרה וטבעת » (שו״ע יו״ד קמ״א:א)
Première question pratique : et si l’on doute ? Le Mehaber écrit דסתמא d’un côté et דודאי de l’autre. Le Chakh lit cette asymétrie comme voulue : pour permettre, il faut savoir avec certitude que la figure a été faite pour l’ornement.
« ואה״נ בספק אם נעשו לשם אלילים או לנוי אסורים דבעינן דוקא למידע בודאי שנעשו לשם נוי כדקאמר בסיפא » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק א)
« ואה״נ בספק ג״כ אסורים דבעינן למידע דוקא שודאי שנעשו לשם נוי כדקאמר בסיפא » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק א)
Le Taz arrive au même verdict par un autre chemin — celui de la présomption d’interdit :
« כיון שיש סברא דלנוי עשוי אין מחזקינן להאי סברא לודאי » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק ב)
« ומספיקא אזלינן לחומרא בעובד כוכבים » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק ב)
Deuxième question : quelle figure ? Le Tour parle de la figure d’un homme ; le Ba’h en déduit que seul l’homme est visé. Le Chakh et le Taz refusent : le Mehaber recopie ici le Rambam, et le Rambam dit הצורה sans restriction — toute figure connue pour être adorée.
« המחבר העתיק מלשון הרמב״ם כדרכו ומשמע מלשון זה דכל צורות העומדות על פתח המדינה ובידם מקל כו׳ אסורים » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ג)
« ומשמע מלשון זה דכל צורות העומדות על פתח המדינה ובידם מקל כו׳ אסורים ודלא כב״ח שס״ל דאינו אסור אלא בצורת אדם » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק ב)
« ומ״מ משמע דאף אם יש בידו סייף לא מהני לאיסור אלא בצורה שידוע לנו שיש עובדין לצורה כזו » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק א)
« וְאִם לָאו הֲרֵי הוּא בְּחֶזְקַת לְנוֹי וּמֻתָּר » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ו׳)
Troisième question : et de nos jours ? Le Chakh ne transpose pas mécaniquement la carte du village et de la ville. Il donne un critère, et c’est celui qui gouverne toute application contemporaine du seif :
« ונראה בזמנינו הכל לפי ענין ובין בכרכים ובין בכפרים הכל מה שמראים הדברים שנעשו לשם אליל או לנוי » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ד)
« אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: בְּאִנְדְּרָטִי שֶׁל מְלָכִים שָׁנִינוּ » (עבודה זרה מ׳ ע״ב)
Lema'asse. Une figure trouvée n’est permise que si l’on sait qu’elle a été faite pour l’ornement ; le doute reste interdit (Chakh ס״ק א, Baer Hetev ס״ק א). L’attribut dans la main — bâton, oiseau, globe, épée, couronne, anneau — interdit toute figure, pas seulement l’homme (Chakh ס״ק ג, Taz ס״ק א). Et aujourd’hui, la géographie ne décide plus : c’est ce que l’objet montre de lui-même qui décide (Chakh ס״ק ד). Une pièce concrète — une statue rapportée, un objet de brocante — se pose donc à un Rav avec la description exacte de ce qu’on y voit.

4. צלם שמשתחוים לו — והתלוי בצואר לזכרון

La glose du Rama ajoute deux cas que le Mehaber n’avait pas posés — et ils sont, aujourd’hui, les plus fréquents des deux. Une figure devant laquelle on se prosterne : c’est un צלם au sens plein, et elle exige une annulation en règle (siman 146). Un objet que l’on porte au cou en souvenir : ce n’en est pas un.
« צורת שמשתחוים לו דינו כדין צלם ואסור בלא ביטול אבל אותן שתולין בצואר לזכרון לא מקרי צלם ומותר » (רמ״א יו״ד קמ״א:א)
Le Chakh restreint aussitôt la permission du pendentif. Elle ne vaut que si l’on sait qu’on ne s’est pas prosterné devant lui — sinon il n’est pas meilleur qu’un ustensile honoré du seif 3. Et sur l’objet de culte lui-même, la distinction honoré/vil ne joue pas du tout.
« פי׳ כדין צלם שיש בו הוכחה שנעשה לשם אליל ואסור בלא ביטול » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ה)
« היינו בידוע שלא השתחוה לו » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ו)
« ובעובד כוכבים עצמו אין לחלק בין מכובד לבזוי » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ו)
Le Pit’hei Techouva rapporte une application concrète de la même logique, chez le Pri Tevoua, à propos de cuillères gravées de figures — et il en fait, par le Ran cité dans le Chakh, un ספק ספיקא :
« לענין הכפות שחקוק עליהם צורות עבודת כוכבים דיש להתירם ע״פ דברי הר״ן הובא בש״ך » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק א)
Lema'asse. Un objet devant lequel on se prosterne n’est pas rendu permis par le fait qu’on le trouve : il faut une annulation, et l’annulation d’une idole est un acte réglé, traité au siman 146 — ce n’est pas une décision que l’on prend seul. Une médaille, une croix ou une figurine reçue en souvenir est permise si l’on sait que personne ne s’est prosterné devant elle (Chakh ס״ק ו) ; si on l’ignore, elle ne vaut pas mieux qu’un bijou figuré, et la question se pose.

5. שברי צלמים — ואבר העומד על בסיסו

Le seif, et l’endroit précis où le Chakh s’en écarte

Le Mehaber permet les débris — y compris ceux d’une idole certaine — et n’interdit que le membre qui repose sur son socle, parce qu’il n’a plus l’air d’un débris mais d’une pièce faite ainsi dès l’origine. Le Chakh accepte le psak mais écrit que le Rambam est l’avis principal, et relève une contradiction interne au Choulhan Aroukh.

« המוצא שברי צלמים מושלכים או בתוך שברי נחושת או אפילו שברי אלילים עצמן מותרים » (שו״ע יו״ד קמ״א:ב)
« אבל מצא תבנית יד או רגל והוא עומד על בסיסו אסור » (שו״ע יו״ד קמ״א:ב)
Pourquoi les débris sont permis : on suppose que c’est le non-Juif qui a brisé la statue, et briser de ses mains vaut annulation. La crainte du siman 146 — l’idole brisée d’elle-même reste interdite — n’a pas prise ici, parce qu’un propriétaire veille sur son idole.
« הכא לנשברה מאליה לא חיישינן דעובד כוכבים מינטר לה שפיר הלכך אמרינן מסתמא העובד כוכבים שברה ובטלה בידים » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ז)
« אבל באמת דברי הרמב״ם נראין עיקר בש״ס דכל שברי עבודת כוכבים אסורים אפי׳ אינם עומדים על בסיסם » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק ה)
« ופירש רש״י הכי אמר שמואל בגמ׳ שנעבדו וכיון שנשברה אין עובדין אותה » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק ג)
Le Taz ajoute la réponse de Rachi — se briser tout seul n’est pas fréquent, et l’on suit la majorité — et il explique ce que veut dire “ debout sur son socle ” :
« ותירץ דנשתברה מאליה לא שכיחא ואזלינן בתר רובא דעובד כוכבים שברה » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק ד)
« פי׳ שיש לה בית מושב רחב שאז אינם נראים כשברים אלא כך נעשו מתחילה ולא היה שם רק אבר זה לבד ואין כאן ביטול » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק ד)
La réserve du Chakh, et pourquoi elle pèse. Il ne dit pas seulement qu’il préfère le Rambam : il montre que le Mehaber lui-même a recopié le Rambam au siman 146:11, où il interdit les débris d’idole. Deux passages du même auteur se contredisent, et le Chakh conclut par וצ״ע.
« אבל באמת דברי הרמב״ם נראין עיקר בש״ס דכל שברי אלילים אסורים אפילו אינם עומדים על בסיסם דחיישינן שמא לא בטלום העובדי כוכבי׳ » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ז)
« אבל שברי צלמים מותרים דאיכא ספק ספיקא ספק נעבדו או לא ואת״ל נעבדו שמא בטלום העובדי כוכבים » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ז)
« ותימה על המחבר שהוא עצמו העתיק בסי׳ קמ״ו סעיף י״א לשון הרמב״ם » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ז)
« צַלְמֵי עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים הַנִּמְצָאִים מֻשְׁלָכִים בַּשְּׁוָקִים אוֹ בְּתוֹךְ הַגְּרוּטָאוֹת הֲרֵי אֵלּוּ מֻתָּרִין » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ז׳)
« אֲבָל הַמּוֹצֵא יָד מִצּוּרַת כּוֹכָב אוֹ מַזָּל אוֹ רַגְלָהּ אוֹ אֵיבָר מֵאֵיבָרֶיהָ מֻשְׁלָךְ הֲרֵי זֶה אָסוּר בַּהֲנָאָה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ז׳)
Lema'asse. Des éclats de plâtre ou de pierre trouvés dans une décharge, dans un tas de ferraille, sur un chantier : le Mehaber les permet, et c’est le psak du seif. Mais dès que l’on sait que le morceau vient d’une idole réellement adorée, le Chakh (ס״ק ז) tient le Rambam pour l’avis principal et interdit, et sa remarque sur le siman 146 n’a jamais reçu de réponse : ce cas se pose à un Rav. Et un fragment qui a été retaillé pour tenir debout — une main, un pied, un buste sur un socle — est interdit par le seif lui-même, sans discussion.

6. כלים שעליהם צורות — מכובדים, בינונים ומבוזים

Trois figures, deux qualités d’ustensile, et un troisième terme que le Chakh ajoute

Le seif ne parle que du soleil, de la lune et du dragon. La ligne de partage est la dignité de l’objet : ce qui est honoré a certainement été fait pour le culte, ce qui est vil ne l’a été que pour l’ornement. Le Chakh ajoute le cas que le seif omet — l’ustensile ni honoré ni vil.

« אם הכלים מכובדים אסורים שודאי נעשו לשם אלילים ואם הם מבוזים מותרים שלא נעשו אלא לנוי » (שו״ע יו״ד קמ״א:ג)
« ואלו הם מכובדים שעל השיראים ונזמים וטבעת ומבוזים » (שו״ע יו״ד קמ״א:ג)
« כׇּל הַמַּזָּלוֹת מוּתָּרִין — חוּץ מִמַּזַּל חַמָּה וּלְבָנָה, וְכׇל הַפַּרְצוּפִין מוּתָּרִין — חוּץ מִפַּרְצוּף אָדָם, וְכׇל הַצּוּרוֹת מוּתָּרוֹת — חוּץ מִצּוּרַת דְּרָקוֹן » (עבודה זרה מ״ב ע״ב)
« אִם הָיוּ כְּלֵי כֶּסֶף וְזָהָב אוֹ בִּגְדֵי שָׁנִי אוֹ שֶׁהָיוּ חֲקוּקִים עַל הַנְּזָמִים וְעַל הַטַּבָּעוֹת הֲרֵי אֵלּוּ אֲסוּרִין » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ח׳)
Ce que “ figure du soleil ” veut dire — et c’est décisif. Le Rama précise que ce sont les figures des talismans, comme celle d’un roi couronné sur un char ; et le Chakh en tire que le simple disque n’est pas visé quand on le trouve. Mais il ferme aussitôt la porte : faire ou garder le disque lui-même reste interdit.
« אבל עגול כשמש או קשת עגול כלבנה ממש מותרים דאין דרכן לעבדם בענין זה » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ח)
« לעשות או להשהות בידו אף בעיגול שלהן אסור » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ח)
« אבל במוצא מותר דאין לחוש שמא עבדו בעיגול » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ח)
La zone grise, et le tranchant du Chakh : un ustensile moyen est interdit, parce que la permission du vil reposait sur une certitude qui lui manque. Et sur la liste des objets honorés, le Chakh note que le Mehaber n’a rapporté aucune des lectures indulgentes du Tour — signe qu’il tranche vers la rigueur.
« ונראה דאם הם אינם מכובדים ולא מבוזים אלא בינונים אסורים » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק י)
« אבל רבינו ירוחם כתב דלא אסרו על המכובדים אלא בולטת » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק ז)
« והרמב״ם חשב אותם עם המכובדים וטוב להחמיר » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק י״א)
Le Pit’hei Techouva sur les monnaies — car le Mehaber les range parmi les objets vils, et la pratique moderne y touche tous les jours :
« דנראה לו להכריע דמטבעות של כסף מכובדין ושל נחושת מבוזין » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק ד)
« עי׳ בתשובת אא״ז פנים מאירות ח״ב סוס״י קל״ב מה שהקשה ע״ז » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק ה)
Les deux avis du seif, et ce que la coutume a retenu. Premier avis : si l’on sait que ces ustensiles n’ont pas été adorés, même honorés ils sont permis. Second avis : une figure certainement adorée interdit même l’ustensile vil. Le Rama tranche pour le premier — puis rapporte des rigoureux, que le Chakh réfute sans ménagement.
« אבל בידוע שלא נעבדו כלים הללו שעל המכובדי׳ נמי מותרי׳ » (שו״ע יו״ד קמ״א:ג)
« ויש מי שאומר שכל צורה שהיא נעבדת בודאי אפילו על המבוזים אסורים » (שו״ע יו״ד קמ״א:ג)
« אע״פ שעובדים לצורות הללו כשהן על הכלים מותרים » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק י״ג)
« והמנהג כסברא הראשונה ובזמן הזה שאין העובדי כוכבים עובדין לצורות הללו מותרים בהנאה אם מוצאן אבל אין להשהותן » (רמ״א יו״ד קמ״א:ג)
« פירוש בצורות שהעובדי כוכבים עובדים בזמן הזה נוהגים כסברא הראשונה » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ט״ו)
« דבזמן הזה מותרין בהנאה למוצאן אפי׳ לסברא האחרונה כיון שאין העובד כוכבים עובדין לצורות הללו אבל אין להשהותן משום חשדא » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ט״ז)
« ויש מחמירים בכל הצורות הנזכרות אפילו בזמן הזה אע״ג דידעינן דלא פלחי להו » (רמ״א יו״ד קמ״א:ג)
« באמת יש כאן מקום לתמוה שלא ראיתי מי שהחמיר בזה ואין טעם כלל לסברא זו דכיון דידעינן בודאי דלא פלחי לה למאי ניחוש לה » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק י״ז)
« הרי ודאי לא נעבדו כלים הללו ואין כאן איסור כלל וצ״ע » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק י״ג)
Lema'asse. Un ustensile trouvé avec une de ces figures : s’il est de vaisselle courante — casserole, verre, monnaie de cuivre — il est permis ; s’il est précieux — soie, bijou, bague — il est interdit ; s’il est entre les deux, le Chakh (ס״ק י) interdit. Et de nos jours, où ces figures ne sont pas adorées, le Rama permet d’en tirer profit quand on les trouve, mais non de les garder chez soi — la garde reste interdite par soupçon, et le Chakh (ס״ק י״ז) écarte la rigueur supplémentaire faute de source. Une monnaie d’argent ancienne est un cas ouvert : le Knesset Yehezkel la range parmi les objets honorés (Pit’hei Techouva ס״ק ד). À poser à un Rav.

7. צורת הדרקון — לעשות מותר, להשהות אסור

Le dragon est le seul cas du siman où faire est permis et garder est interdit. Le renversement est instructif : l’interdit de faire vient du verset, qui vise les serviteurs du ciel ; l’interdit de garder vient du soupçon, qui vise ce que les gens adorent. Le dragon vole dans l’air sans être au ciel — d’où la permission de le faire ; il est adoré — d’où l’interdit de le garder.
« וצורת דרקון מותר לעשותה אלא שאסור להשהותה אצלו משום חשד » (רמ״א יו״ד קמ״א:ג)
« היינו אפילו בזמנם והטעם נמצא בשם מהרש״ל משום שהוא פורח באויר ואינו בשמים ולא קרינן ביה לא תעשון אתי » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק י״ח)
« ורש״ל נתן טעם למה לא נכלל דרקון בכלל לא תעשון כדמות שמשי שבמרום לפי שהדרקון שבמרום פורח באויר ואינו בשמים » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק ה)
Le Taz donne la raison de l’interdit de garder, et il en tire une conséquence que le Chakh confirme : ici, le creux ne sauve rien.
« פירוש שמא כבר נעבדה ומטעם זה אפילו שקועה אסורה כ״כ הטור » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק ו)
« אפילו בזמן הזה וכמ״ש הרב בסמוך אבל אין להשהותן » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק י״ט)
« וכתב הט״ז שהטעם שאסור להשהותה הוא שמא כבר נעבדה ולפ״ז אפילו שקועה אסורה » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק י״ד)
La difficulté que le Chakh laisse ouverte. Au seif 7, le Mehaber écrit que seule la figure complète est interdite — pour l’homme et pour le dragon, à faire comme à trouver. Or le dragon serait permis à faire même complet. Le Chakh propose de limiter la clause au seul homme, puis reconnaît que les Tossefot et le Mordekhi disent le contraire, et le Semag plus encore.
« דדוקא באדם בעינן צורה שלימה אבל בדרקון אין חילוק ולעולם אסור » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ל״ב)
« והסמ״ג לאוין כ״ב פסק דאפילו באדם אין חילוק ולעולם אסור והמחמיר בכל זה תע״ב » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ל״ב)
Lema'asse. Un dragon peut être dessiné, sculpté, brodé — c’est le Rama, et le Chakh (ס״ק י״ח) en donne la raison au nom du Maharchal. Mais on ne le garde pas chez soi, y compris de nos jours (Chakh ס״ק י״ט), et y compris en creux (Taz ס״ק ו, Baer Hetev ס״ק י״ד) — parce que la crainte n’est pas ici que je fabrique un serviteur du ciel, mais que l’objet ait déjà été adoré. Et sur le dragon complet, le Chakh conclut lui-même que המחמיר בכל זה תע״ב.

8. לא תעשון אתי — ד׳ פנים, מלאכים וצורת אדם

Ici, la présomption ne joue plus : c’est un verset

Les seifim 1 à 3 pesaient des probabilités. Le seif 4 change de registre : il n’y a plus rien à peser. Un Juif ne fait ni les quatre faces ensemble, ni les séraphim, ofanim et anges du service, ni la figure d’un homme seul — et le fait que ce soit pour l’ornement n’y change rien.

« אסור לצייר צורות שבמדור שכינה כגון ד׳ פנים בהדי הדדי וכן צורות שרפים ואופני׳ ומלאכי השרת וכן צורת אדם לבדו כל אלו אסור לעשותם אפילו הם לנוי ואם עובד כוכבים עשאם לו אסור להשהותם » (שו״ע יו״ד קמ״א:ד)
« אָמַר אַבָּיֵי: לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא דְּמוּת אַרְבָּעָה פָּנִים בַּהֲדֵי הֲדָדֵי » (ראש השנה כ״ד ע״ב)
Deux dérachot dans un seul verset, et le Chakh les nomme l’une après l’autre : אתי — “ avec moi ”, mes serviteurs ; אותי — “ moi ”, la forme sous laquelle Il se montre aux prophètes, c’est-à-dire l’homme.
« פרש״י פני שור ואדם ואריה ונשר לחיה א׳ דוגמת חיות הקודש כדכתיב לא תעשון אתי השרויות אצלי » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ)
« נפקא מדכתיב לא תעשון אתי אותי כלומר דמות שאני מתראה בו לנביאים והיינו אדם » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״א)
« וְאֵין אִסּוּר לָצוּר לְנוֹי אֶלָּא צוּרַת הָאָדָם בִּלְבַד » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ג׳ הלכה י׳)
« וְכֵן אָסוּר לָצוּר דְּמוּת חַמָּה וּלְבָנָה כּוֹכָבִים מַזָּלוֹת וּמַלְאָכִים » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ג׳ הלכה י״א)
Pourquoi les deux dérachot, si l’homme est déjà interdit seul ? Le Taz répond, et sa réponse a une conséquence pratique nette : si l’on veut réparer une pièce interdite, il ne suffit pas de défaire la face humaine ; les quatre faces sont interdites en tant que groupe. Les Nekoudot HaKessef corrigent une remarque du Taz sur ce point.
« דיש איסור מצד אתי דהיינו שמשים של מרום ארבע׳ פנים להדדי ומצד אותי דהיינו צורת אדם לחוד » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק ז)
« אישתמיטתיה דכדברי הר״ן כתבו התוס׳ בר״ה דף כ״ד ע״ב והרמ״ך ומביאו בכסף משנה וכמ״ש בש״ך ס״ק כ״א » (נקודות הכסף יו״ד קמ״א)
Trois précisions du Chakh qui font toute la pratique. Premièrement, faire pour l’ornement ou faire pour un non-Juif, c’est pareil — le verset porte sur l’acte. Deuxièmement, demander à un non-Juif de le faire est interdit aussi : אמירה לעובד כוכבים שבות, y compris hors de Chabbat. Troisièmement, ce qu’on trouve reste permis au profit — mais pas à la garde.
« דכיון דקפיד קרא אעשייה אין חילוק בין עושה לנוי או לעבודת כוכבי׳ אסור » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ב)
« וי״ג לעובד כוכבים ואלו ואלו דברי אלהים חיים דכיון דקפיד קרא אעשייה אין חילוק » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק ט״ז)
« אפילו לעובד כוכבים כן צ״ל » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק ח)
« דה״ה דאסור לו׳ לעובד כוכבים לעשותן אפילו אינו רוצה להשהותם משום דאמירה לעובד כוכבים שבות אפילו בדבר שאינו של שבת » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ג)
« משום חשדא וה״ה דאסור לומר לעובד כוכבים לעשותם אפילו אינו רוצה להשהותם » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק י״ז)
« בזה הטעם משום חשד שיחשדוהו שעובד להם » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק ט)
« ומיהו אם מוצא אותם מותרים מלבד בחמה ולבנה שדרך העובד כוכבים לעבדם » (רמ״א יו״ד קמ״א:ד)
« פי׳ בהנאה מותרים ובלבד שלא ישהה אותם דפשיטא דלא עדיף מעשאם עובד כוכבים שאסור להשהותם » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ד)
« פי׳ ולא ישהה אותם אצלו » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק י)
Lema'asse. Ne fais pas, et ne fais pas faire : ni un ange, ni un séraphin, ni une figure humaine complète en relief, ni le soleil, la lune ou les étoiles. Commander la pièce à un artisan non juif ne contourne rien (Chakh ס״ק כ״ג, Baer Hetev ס״ק י״ז). Ce que tu trouves déjà fait, tu peux en tirer profit — le vendre, l’échanger — mais tu ne le laisses pas chez toi (Chakh ס״ק כ״ד, Taz ס״ק י). Et une pièce interdite ne se répare pas en effaçant seulement le visage humain (Taz ס״ק ז).

9. בולטת ושוקעת — והציור בסממנים

La règle, son exception, et le contresens qu’il faut éviter

Le Mehaber restreint l’interdit du seif 4 au relief : ce qui est tissé dans une étoffe ou peint sur un mur est permis. Une seule famille de figures échappe à la restriction — le soleil, la lune et les étoiles — parce qu’au firmament elles-mêmes paraissent enfoncées.

« במה דברים אמורים בבולטת אבל בשוקעת כאותם שאורגים בבגד ושמציירים בכותל בסמנין מותר לעשותם » (שו״ע יו״ד קמ״א:ד)
« וצורת חמה ולבנה וכוכבים אסור בין בולטת בין שוקעת » (שו״ע יו״ד קמ״א:ד)
« אֲבָל אִם הָיִתָה הַצּוּרָה מֻשְׁקַעַת אוֹ צוּרָה שֶׁל סַמָּנִין כְּגוֹן הַצּוּרוֹת שֵׁעַל גַּבֵּי הַלּוּחוֹת וִהַטַּבְלִיּוֹת אוֹ צוּרוֹת שֶׁרוֹקְמִין בָּאָרִיג הֲרֵי אֵלּוּ מֻתָּרוֹת » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ג׳ הלכה י׳)
Le contresens, nommé. Le Levouch avait lié le régime du relief à celui de la trouvaille : ce qui est interdit à trouver serait interdit même en creux. Le Chakh démonte l’articulation — ce sont deux axes indépendants — et il en profite pour poser que la peinture compte comme du creux, et que seule une figure vraiment complète est visée.
« פי׳ בבולטת דוקא הוא דאסור בין בשוהה בין בעושה אבל בשוקעת מותר לעשותן וכ״ש להשהותם » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ה)
« ומה״ט מה שמציירים על הכותל ולוח אע״פ שהוא שוה מיקרי שוקעת כיון דלא הוי בולטת כמו שהן עצמם » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ה)
« והלכך צורת חמה ולבנה וכיוצא בהן דהן נמי שוקעים ברקיע אסור אפילו בשוקעת » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ה)
« ונראה דכל צורות דאסרינן אינם אסורים אלא בצורה שלימה ממש כגון צורת אדם בשתי עינים וחוטם שלם וכל הגוף וכיוצא בו » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ה)
Et pourtant le Taz ne suit pas la permission. Le Ramban tient que tout ce qui est interdit par la Tora — les quatre faces, les anges, les astres, l’homme — l’est en relief comme en creux ; le Tour et le Ran concluent ainsi. Le Taz s’étonne que le Mehaber ne rapporte pas cet avis, et pose la règle pratique.
« כל אלו אסור בין שוקע בין בולט » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק י״ב)
« ולענין הלכה ודאי שאין להקל כלל נגד דברי הרמב״ן והטור מסיק כן וכן הר״ן » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק י״ב)
« ולענין הלכה אף שמדברי המחבר לא משמע כן מ״מ אין להקל כלל נגד הרמב״ן גם הטור מסיק כן וכן הר״ן » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק י״ט)
Le Pit’hei Techouva applique tout cela à des lieux réels — un vitrail solaire, une fresque, un rideau d’arche, une porte d’Aron Hakodech — et sa sévérité augmente quand le lieu est saint :
« דמבואר בש״ך סימן קמ״א סק״ח דעגול השמש נהי דהמוצא מותר בהנאה אבל עכ״פ העושה עובר על איסור דאורייתא והמשהה עובר על איסור דרבנן משום חשדא » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק ג)
« ובפרט במקום קדושה ובמזרח שהכל משתחוים למולו בכניסה לפתח בהכ״נ בודאי מכוער הדבר » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק ג)
« דצורות אלו מצויירים בצבע וזה לא בולט ולא שוקע » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק ו)
« שמזהיר מאד שלא להיות בתוך הבית צורה מצוייר בכותל או בלוח אף דע״פ הדין אין איסור רק בצורה בולטת מ״מ יש להזהר » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק ז)
« אבל בבהכ״נ שהוא מקום קדושה ומיוחד להתפלל פשיטא דיודו דחיישינן לחשדא טפי מביחיד בביתו ולפיכך צריך למחוק אותם ולהסיר המכשול » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק ח)
Lema'asse. Un visage humain peint, brodé, imprimé ou photographié n’a pas le statut d’une figure en relief : le Mehaber le permet, et le Chakh (ס״ק כ״ה) explique que la peinture est du creux. Mais pour ce que la Tora interdit, le Taz (ס״ק י״ב) et le Baer Hetev (ס״ק י״ט) écrivent qu’אין להקל כלל contre le Ramban — donc on ne fait ni ange, ni soleil, ni lune, ni étoile, même à plat. Une figure incomplète, un profil, une silhouette esquissée ne tombent pas sous l’interdit (Chakh ס״ק כ״ה). Et pour une synagogue, la question n’est plus seulement le relief : le Pit’hei Techouva (ס״ק ג, ס״ק ח) tient qu’un lieu de prière est plus exposé au soupçon qu’une maison, et il exige d’effacer. Aucune décision sur un bâtiment communautaire ne se prend sans le Rav de la communauté.

10. להתלמד ובשל רבים — פתחי החשד

Le soupçon a des portes de sortie — et elles ne sont pas interchangeables. L’étude ouvre les deux battants : elle permet de faire et de garder, même en relief. Le lieu public n’ouvre qu’un battant : on peut y garder, on ne peut pas y faire. Et même là, Rabbénou Yerou’ham ajoute que la chose est laide.
« ואם הם להתלמד להבין ולהורות כולן מותרות אפי׳ בולטות » (שו״ע יו״ד קמ״א:ד)
« ויש מתירין בשל רבים דליכא חשדא » (רמ״א יו״ד קמ״א:ד)
La source de la permission de l’étude est la braïta de Roch Hachana et d’Avoda Zara, à propos des figures de la lune que Rabban Gamliel montrait aux témoins :
« לְהִתְלַמֵּד שָׁאנֵי, דְּתַנְיָא: ״לֹא תִלְמַד לַעֲשׂוֹת״, אֲבָל אַתָּה לָמֵד לְהָבִין וּלְהוֹרוֹת » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
« בין לעשותם בין להשהותן » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ו)
« פי׳ להשהותם משום דליכא חשדא ברבים אבל לעשותם אין חילוק בין יחיד לרבים » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ז)
« וכתב ר׳ ירוחם אע״ג דברבים ליכא חשדא מכוער הדבר להם » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ז)
« וברבים מותר רק להשהותן משום דליכא חשדא ברבים אבל לעשותן אין חילוק בין יחיד לרבים » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק כ)
Les Nekoudot HaKessef se servent de cette même porte pour défendre les ma’hzorim illustrés des douze signes, que le Taz désapprouvait :
« ומכל מקום נראה דאותן שמציירים במחזורים בתפלת גשם צורות המזלות לא יפה הם עושים כיון שהם מכוונים לעשות צורת המזלות » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק י״ג)
« גם מה שחלק על המציירים הי״ב מזלות במחזורים אינו כלום דהדבר פשוט דהוי להבין ולהורות » (נקודות הכסף יו״ד קמ״א)
« ועוד דאינו צורה גמורה » (נקודות הכסף יו״ד קמ״א)
Lema'asse. Un modèle anatomique, une planche d’astronomie, une maquette d’étude : permis à faire et à garder, sans réserve de relief (seif 4, Chakh ס״ק כ״ו). Une figure dans un lieu ouvert au public — une salle communautaire, un hall — peut y rester si un autre l’a faite, mais on ne l’y fabrique pas, et le Chakh rappelle qu’un homme respectable s’en abstient (ס״ק כ״ז). Le Chakh ajoute qu’à deux déjà il n’y a pas de soupçon. Les illustrations des ma’hzorim sont défendues par les Nekoudot HaKessef ; un bâtiment de synagogue, lui, retombe sous le Pit’hei Techouva de la section précédente.

11. טבעת שחותמה בולט — לחתום ולהניח

Une seule bague, deux interdits croisés. Si le sceau est en relief, la bague elle-même est une figure que l’on garde — interdite à porter ; mais l’empreinte qu’elle laisse est en creux, donc sceller est permis. Si le sceau est en creux, c’est l’inverse : on peut la porter, mais chaque cachet fabrique une figure en relief.
« טבעת שיש עליה חותם שהוא צורת אדם אם היתה הצורה בולטת אסור להניחה ומותר לחתום בה ואם היתה הצורה שוקעת מותר להניחה ואסור לחתו׳ בה מפני שהנחתם תעשה בו הצורה בולטת » (שו״ע יו״ד קמ״א:ה)
« טַבַּעַת שֶׁיֵּשׁ עָלֶיהָ חוֹתָם שֶׁהוּא צוּרַת אָדָם אִם הָיְתָה הַצּוּרָה בּוֹלֶטֶת אָסוּר לְהַנִּיחָהּ וּמֻתָּר לַחְתֹּם בָּהּ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ג׳ הלכה י״א)
« טַבַּעַת שֶׁחוֹתָמָהּ בּוֹלֵט — אָסוּר לְהַנִּיחָהּ, וּמוּתָּר לַחְתּוֹם בָּהּ. חוֹתָמָהּ שׁוֹקֵעַ — מוּתָּר לְהַנִּיחָהּ, וְאָסוּר לַחְתּוֹם בָּהּ » (עבודה זרה מ״ג ע״ב)
Le Chakh reprend la mécanique et prolonge la règle de la section 8 : on ne demande pas non plus à un non-Juif de sceller avec une bague en creux, parce que la commande vaut acte.
« דהרי הוא שוהה צורה בולטת דאסור משום חשדא ומותר לחתום בה דהנחתם נעשה שוקע » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ח)
« דהרי הוא שוהה צורה בולטת דאסור משום חשדא ומותר לחתום בה דהנחתם נעשה שקוע » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק כ״א)
« ואפילו חתם לו העובד כוכבים אסור להשהותה » (שו״ע יו״ד קמ״א:ה)
« דה״ה דאסור לומר לעובד כוכבים לחתום בטבעת שחותמה שקוע אפילו אינו רוצה להשהותה » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק כ״ט)
Et le Pit’hei Techouva ramène tout cela à la pratique courante — car un cachet ne se pose pas sur de la soie mais sur du papier, et le papier n’est pas un objet honoré :
« ונ״ל דאגרת בכלל מבוזים הוא ולכך נוהגים היתר לחתום בחותם שקוע על איגרת אף בצורת אדם שלם » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק ט)
Lema'asse. Une chevalière, un cachet, un tampon portant un visage humain complet en relief ne se porte pas et ne se garde pas — mais on peut s’en servir pour sceller (seif 5, Chakh ס״ק כ״ח, Baer Hetev ס״ק כ״א). Le même objet gravé en creux se porte, et l’usage permis de sceller sur une lettre vient du Tiferet LeMoshe, rapporté par le Pit’hei Techouva (ס״ק ט) : le papier compte comme objet vil. Sceller sur une matière précieuse est autre chose. Et le seif ajoute que la bague scellée pour toi par un non-Juif ne se garde pas davantage.

12. הצורות המותרות — בהמות, מזלות וראש בלא גוף

Ce que la Tora n’a jamais interdit

Après quatre seifim de rigueur, deux seifim de permission — et il faut les lire aussi fermement que les autres. Bêtes, oiseaux, poissons, arbres et plantes se font sans réserve, même en relief. Et une figure incomplète n’est pas visée du tout.

« צורות הבהמות חיות ועופות ודגים וצורות אילנות ודשאים וכיוצא בהם מותר לצור אותם ואפילו היתה הצורה בולטת » (שו״ע יו״ד קמ״א:ו)
« צוּרוֹת הַבְּהֵמוֹת וּשְׁאָר נֶפֶשׁ חַיָּה חוּץ מִן הָאָדָם וְצוּרוֹת הָאִילָנוֹת וּדְשָׁאִים וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן מֻתָּר לָצוּר אוֹתָם וַאֲפִלּוּ הָיְתָה הַצּוּרָה בּוֹלֶטֶת » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ג׳ הלכה י״א)
La question du lion et des signes du zodiaque. Le Ba’h objectait : le lion et le taureau sont des signes, donc des astres, donc interdits. Le Chakh répond par le fait — personne n’a jamais pris garde à cela — puis par la règle : ce sont les douze ensemble qui sont interdits, à l’image des quatre faces.
« משמע דאפילו אריה מותר וכן פסק הרשב״א בתשובה סימן קס״ז » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ל׳)
« ולפי דבריו כל הי״ב מזלות אסור אפילו כל א׳ בפני עצמו ומעולם לא שמענו מי שנזהר בזה » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ל׳)
« הלכך נראה דהא דאמרינן דמזלות אסורים היינו כל י״ב מזלות ביחד דומיא דארבעה פנים להדדי » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ל׳)
Le seif 7 et sa contestation. Une tête sans corps, un corps sans tête : aucun interdit, ni à trouver ni à faire, et le Rama ajoute que c’est l’usage. Mais le Chakh a montré à la section 7 que les Tossefot, le Mordekhi et le Semag pensent autrement, et le Pit’hei Techouva rapporte deux voix qui refusent de s’appuyer sur cet usage.
« יש מי שאומר שלא אסרו בצורת אדם ודרקון אלא דוקא בצורה שלימה בכל איבריה אבל צורת ראש או גוף בלא ראש אין בה שום איסור לא במוצאו ולא בעושה » (שו״ע יו״ד קמ״א:ז)
« וכן נוהגין » (רמ״א יו״ד קמ״א:ז)
« בפרישה כתוב בשם רש״ל דבסמ״ג נוטה לאיסור אפי׳ בפרצוף אדם לבד » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק ט״ו)
« ובסמ״ג פסק דאפי׳ באדם אין חילוק ולעולם אסור והמחמיר בכל זה תע״ב » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק כ״ד)
« בשל״ה דף ע״ג ע״ב כתב דכשר הדבר שלא לנהוג כן » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק י״א)
Le cas d’Amsterdam, rapporté par la Cheïlat Yaavetz : un homme fit frapper une médaille d’argent à son effigie, tête et buste en relief. Le Yaavetz y voit un double interdit, et il écarte l’argument que les monnaies seraient des objets vils.
« והאריך לבאר שזה איסור גמור מוחלט ויש בזה איסור כפול » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק י)
« אכן פרצוף פנים דאדם גרידא פשיטא דאסור ואף דיש סוברים דמטבעות מבוזים הם קשה לסמוך ע״ז להקל דהרי עינינו רואות דמכובדים הם » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק י)
« מכל מקום כ׳ בהגה׳ אשר״י מביאו ב״י בשם רבינו אליקים דאין לצור בבהכ״נ צורות אלו שלא יהא נראה כמשתחוה להם » (ט״ז יו״ד קמ״א ס״ק י״ד)
« וכ׳ ב״י בשם רבינו אליקים דאין לצור בבהכ״נ צורות אלו שלא יהא נראה כמשתחוה להם » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק כ״ג)
Lema'asse. Sculpter un cheval, un poisson, un arbre, un lion : permis, même en ronde-bosse (seif 6, Chakh ס״ק ל׳ au nom du Rachba). Représenter les douze signes ensemble : c’est là que le Chakh met la limite. Une figure humaine incomplète — buste, tête, silhouette — n’est pas visée par le seif 7, et c’est l’usage ; mais le Chakh (ס״ק ל״ב) écrit que celui qui s’en abstient sera béni, et le Chelah préférait ne pas suivre l’usage (Pit’hei Techouva ס״ק י״א). Faire frapper une médaille ou couler un buste à son propre visage, en relief, est précisément le cas que la Cheïlat Yaavetz interdit (Pit’hei Techouva ס״ק י). Enfin, le Taz et le Baer Hetev rapportent Rabbénou Elyakim : on ne peint pas ces figures dans une synagogue, pour qu’on n’ait pas l’air de se prosterner devant elles.

13. תבנית ההיכל והמנורה — ז׳ קנים של מתכת

Un interdit d’une autre famille

Le dernier seif ne parle plus d’idolâtrie du tout. Il interdit de reproduire le Temple et ses ustensiles : le Sanctuaire à ses mesures, le portique, le parvis, la Table, la Menora. La raison n’est ni le doute ni le soupçon — c’est que ces objets-là ne se copient pas.

« לא יעשה בית תבנית היכל כשיעור גבהו וארכו ורחבו אכסדרה תבנית אולם. חצר תבנית עזרה. שלחן תבנית שלחן מנורה תבנית מנורה » (שו״ע יו״ד קמ״א:ח)
« אף על גב דאולם היה בו ד׳ מחיצות ואכסדרה אין לו אלא ג׳ מחיצות » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ל״ד)
Les deux issues que le Chakh laisse ouvertes, et elles sont étroites : changer une dimension, ou changer de matière. Ce qui invalidait la Menora au Temple — le bois, la terre cuite — la rend ici permise.
« אבל אם נשתנה במקצת מותר » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ל״ג)
« שאע״פ שאינה של זהב כשרה במקדש אבל אינה של מתכות כגון של עץ וכה״ג שרי דפסולה במקדש » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ל״ה)
« אבל של עץ וחרס וכה״ג דפסולה במקדש שרי » (באר היטב יו״ד קמ״א ס״ק כ״ו)
Et le point que l’on croit toujours pouvoir contourner : ce qui n’invalide pas la Menora du Temple n’exempte pas sa réplique. Sans coupes, sans boutons, sans fleurs, moins haute que dix-huit tefahim : elle reste interdite.
« אבל עושה של חמשה קנים או של ששה או שמונה אבל של שבעה לא יעשה אפילו משאר מיני מתכות ואפילו בלא גביעים וכפתורים ופרחים ואפי׳ אינה גבוהה י״ח טפחים » (שו״ע יו״ד קמ״א:ח)
« דכל זה אינו מעכב דבדיעבד המנורה כשרה בלא גביעים וכפתורים וכן אם אינה גבוהה י״ח טפחים » (ש״ך יו״ד קמ״א ס״ק ל״ו)
Le Pit’hei Techouva ferme trois issues supplémentaires — l’argument des dimensions du premier Temple, celui de la disposition des branches, et celui des coupes :
« והעלה גם תבנית בית ראשון אסור » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק י״ג)
« דכל דבר שאינו מעכב במנורה אינו מעכב באיסור עשיית תבניתה ולא מצינו שיעכב במנורה סדר עמידת הקנים » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק י״ד)
« ויש להחמיר מאחר שהוא איסור תורה » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק י״ד)
« ועיין בספר בכור שור שם שתמה על הש״ך שלא עיין כל הצורך בזה דהא בשל זהב גביעים וכפתורים ופרחים מעכבים בו » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק ט״ו)
« עי׳ בספר תפארת למשה שכתב דאם עובד כוכבים עשאה לו מותר לדור בבית ולהשתמש במנורה ושולחן » (פתחי תשובה יו״ד קמ״א ס״ק י״ב)
Lema'asse. Une Menora à sept branches en métal ne se fait pas, quelle que soit sa hauteur, avec ou sans coupes (seif 8, Chakh ס״ק ל״ו). Disposer les six branches en cercle, en triangle ou en carré ne change rien selon le Bekhor Chor, et le Pit’hei Techouva (ס״ק י״ד) conclut à la rigueur parce qu’il s’agit d’un interdit de la Tora. Le remède est ailleurs : cinq, six ou huit branches, ou bien le bois et la terre cuite (Chakh ס״ק ל״ה, Baer Hetev ס״ק כ״ו). Une maquette du Temple change une mesure (Chakh ס״ק ל״ג) — et l’on n’ajuste pas soi-même le calcul. Et si un non-Juif a fait la maison ou l’ustensile, le Tiferet LeMoshe permet d’y habiter et de s’en servir (Pit’hei Techouva ס״ק י״ב) : c’est ici, comme partout, le faire qui est interdit avant l’usage.

14. מקרים בני זמננו

👈 Cas 1 — La statue du musée, et celle qu’on rapporte

Une statue exposée dans un musée n’est ni faite ni gardée par toi : tu la trouves. Le seif 1 ne demande alors ni son âge ni sa beauté, mais ce qu’elle montre — un attribut dans la main, une position de culte, un socle d’autel. Le Chakh (ס״ק ד) écrit qu’aujourd’hui la géographie ne décide plus : הכל לפי ענין. Et s’il subsiste un doute, le Chakh (ס״ק א) et le Baer Hetev (ס״ק א) interdisent le doute. Rapporter la pièce chez soi ajoute la question de la garde, qui est une autre question.

👈 Cas 2 — La médaille et la pièce de collection

Une monnaie est rangée par le Mehaber parmi les objets vils, donc permise même figurée. Mais le Pit’hei Techouva (ס״ק ד) rapporte le Knesset Yehezkel : l’argent est honoré, le cuivre est vil. Et si c’est toi qui fais frapper une médaille à un visage humain en relief, tu n’es plus dans le seif 3 mais dans le seif 4 — c’est le cas d’Amsterdam, que la Cheïlat Yaavetz interdit doublement (Pit’hei Techouva ס״ק י).

👈 Cas 3 — La poupée, la figurine, le buste

Une poupée est une figure humaine complète, en relief. La lettre du seif 4 la vise, et le Chakh (ס״ק כ״ה) définit la figure complète : deux yeux, un nez entier, tout le corps. Deux détentes existent : le seif 7 permet ce qui est incomplet — et beaucoup de figurines schématiques le sont —, et la permission de l’étude couvre le matériel pédagogique. Un jouet d’enfant est un cas concret : décris-le à ton Rav plutôt que de trancher sur une catégorie.

👈 Cas 4 — Le soleil dans un logo, une enseigne, un vitrail

Le disque solaire trouvé est permis (Chakh ס״ק ח), mais le dessiner ne l’est pas : le Chakh écrit que faire ou garder le disque est interdit, et le Pit’hei Techouva (ס״ק ג) rapporte la réponse du Hatam Sofer sur une synagogue percée d’un vitrail rond en forme de soleil, avec des rayons en relief — il conclut qu’il faut le supprimer. Un logo solaire n’est pas une bagatelle graphique ; il tombe sous le seif 4.

👈 Cas 5 — Les peintures et les vitraux de la synagogue

Trois textes se croisent ici. Le Chakh (ס״ק כ״ה) : la peinture compte comme creux, donc permise pour ce qui n’est pas de la Tora. Le Taz (ס״ק י״ד) et le Baer Hetev (ס״ק כ״ג), au nom de Rabbénou Elyakim : on ne peint pas ces figures dans une synagogue. Le Pit’hei Techouva (ס״ק ח), au nom du Divrei Yossef : dans un lieu de prière, on ne s’appuie pas sur la permission du public, et il faut effacer. Un projet de décoration de synagogue se décide avec le Rav de la communauté, pas d’après un principe général.

👈 Cas 6 — La Menora à sept branches

C’est l’objet que l’on veut le plus, et le seif 8 le refuse le plus nettement. Sept branches en métal : interdit, même sans coupes ni boutons, même basse (Chakh ס״ק ל״ו). Les disposer en cercle ou en carré ne sauve rien selon le Bekhor Chor, et le Pit’hei Techouva (ס״ק י״ד) conclut à la rigueur. Ce qui est permis : cinq, six ou huit branches — ou bien le bois et la terre cuite, invalides au Temple et permis ici (Chakh ס״ק ל״ה).

👈 Cas 7 — La chevalière, le tampon, la signature

Un cachet portant un visage humain complet : en relief, on ne le porte pas et on ne le garde pas, mais on peut sceller avec (seif 5). En creux, on le porte, et sceller une lettre est l’usage admis, parce que le papier compte comme objet vil (Pit’hei Techouva ס״ק ט). Demander à un non-Juif de sceller à ta place ne contourne rien (Chakh ס״ק כ״ט).

Le point que ce niveau ne tranchera pas. Ce siman suppose résolue une question qu’il ne pose jamais : ce que les non-Juifs d’aujourd’hui adorent réellement, et ce qu’ils n’adorent plus. Le Chakh (ס״ק ד) en fait explicitement une question de fait, à juger cas par cas, et le Rama y appuie toute la permission de notre temps. Ce niveau expose la psika ; il ne juge pas les faits à ta place, et il ne remplace pas ton Rav.

15. סיכום מעשי — טבלה, קישורים, ולמעשה שאל את רבך

SituationVerdict pratiqueSource
Statue trouvée au villageInterdite — présumée faite pour le culteשו״ע קמ״א:א · רמב״ם ע״ז ז׳:ו׳
Statue trouvée en ville, sans attributPermise — mais seulement si l’on sait qu’elle est ornementaleשו״ע קמ״א:א · ש״ך ס״ק א
Figure à l’entrée de la ville, attribut en mainInterdite — toute figure, non l’homme seulש״ך ס״ק ג · ט״ז ס״ק א
Figure devant laquelle on se prosterneInterdite sans annulation en règleרמ״א קמ״א:א · ש״ך ס״ק ה
Pendentif porté en souvenirPermis si l’on sait qu’on ne s’est pas prosternéש״ך ס״ק ו · פתחי תשובה ס״ק א
Débris jetés, même d’une idolePermis — on suppose qu’un non-Juif l’a briséeשו״ע קמ״א:ב · ש״ך ס״ק ז
Débris d’une idole certainement adoréeLe Chakh tient le Rambam pour principal — à poserש״ך ס״ק ז · רמב״ם ע״ז ז׳:ז׳
Main ou pied sur son socleInterdit — cela ne se lit plus comme un débrisשו״ע קמ״א:ב · ט״ז ס״ק ד
Bijou ou soie avec soleil, lune, dragonInterdit — objet honoréשו״ע קמ״א:ג · רמב״ם ע״ז ז׳:ח׳
Casserole, coupe, monnaie de cuivrePermis — objet vilשו״ע קמ״א:ג · פתחי תשובה ס״ק ד
Ustensile ni honoré ni vilInterditש״ך ס״ק י
Ces figures de nos jours, trouvéesProfit permis, garde interditeרמ״א קמ״א:ג · ש״ך ס״ק ט״ז
La rigueur « même de nos jours »Le Chakh ne lui trouve pas de sourceש״ך ס״ק י״ז · באר היטב ס״ק י״ג
DragonÀ faire : permis · à garder : interdit, même en creuxרמ״א קמ״א:ג · ט״ז ס״ק ו · ש״ך ס״ק י״ט
Quatre faces, anges, homme complet en reliefInterdit de faire, interdit de garderשו״ע קמ״א:ד · ש״ך ס״ק כ׳, כ״א
Demander à un non-Juif de les faireInterdit — אמירה לעובד כוכבים שבותש״ך ס״ק כ״ג · באר היטב ס״ק י״ז
Ces figures, trouvéesProfit permis, garde interditeרמ״א קמ״א:ד · ש״ך ס״ק כ״ד
Homme peint, tissé, en creuxPermis selon le Mehaber et le Chakhשו״ע קמ״א:ד · ש״ך ס״ק כ״ה
Soleil, lune, étoiles — même en creuxInterditשו״ע קמ״א:ד · ש״ך ס״ק כ״ה
Ce que la Tora interdit, en creuxLe Taz : אין להקל כלל contre le Rambanט״ז ס״ק י״ב · באר היטב ס״ק י״ט
Vitrail ou fresque dans une synagoguePlus sévère qu’ailleurs — effacerפתחי תשובה ס״ק ג, ס״ק ח
Pour comprendre et enseignerPermis à faire et à garder, même en reliefשו״ע קמ״א:ד · ש״ך ס״ק כ״ו
Dans un lieu publicGarder permis selon certains ; faire, nonרמ״א קמ״א:ד · ש״ך ס״ק כ״ז
Bague au sceau humain en reliefSceller oui, porter nonשו״ע קמ״א:ה · ש״ך ס״ק כ״ח
Bague au sceau humain en creuxPorter oui ; sceller une lettre est l’usageשו״ע קמ״א:ה · פתחי תשובה ס״ק ט
Animaux, arbres, lion, un signe isoléPermis, même en reliefשו״ע קמ״א:ו · ש״ך ס״ק ל׳
Les douze signes ensembleInterdit — comme les quatre facesש״ך ס״ק ל׳
Signes illustrés dans un ma’hzorPermis — להבין ולהורותנקודות הכסף יו״ד קמ״א
Tête seule, corps sans têtePermis, et c’est l’usage — mais המחמיר תע״בשו״ע קמ״א:ז · ש״ך ס״ק ל״ב
Médaille à son propre visage, en reliefInterdit — double interditפתחי תשובה ס״ק י
Réplique du Heikhal aux mesuresInterdite ; une mesure changée permetשו״ע קמ״א:ח · ש״ך ס״ק ל״ג
Menora à sept branches en métalInterdite, même sans coupes, même basseשו״ע קמ״א:ח · ש״ך ס״ק ל״ו
Sept branches disposées en cercleLe Bekhor Chor n’allège pas — rigueurפתחי תשובה ס״ק י״ד
Menora en bois ou en terre cuitePermise — invalide au Templeש״ך ס״ק ל״ה · באר היטב ס״ק כ״ו
Sources vérifiables :
Et pour finir, la seule règle qui vaut lema'asse. Ce niveau expose la psika des sources ; il ne remplace pas une décision. Un objet, une matière, un lieu, une main qui l’a fait — voilà un cas concret, et un cas concret se tranche avec un Rav. Commence par lui décrire ce que tu vois, sans conclure : c’est exactement ce que ce siman demande à qui trouve une figure.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קמ״א · Niveau 4 — Halakha lema'asse · דין הצלמים והצורות של עבודת כוכבים
daattorah.com
⚠️ Ce contenu est destiné à l’étude. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה), consultez un Rav qualifié.

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