Cinq seifim — le Choulhan Aroukh l’annonce lui-même : ובו ה׳ סעיפים. Le siman ne traite ni d’un aliment ni d’un objet, mais d’un lieu et d’un jour : la foire tenue à la fête d’une idole. Où peut-on aller ? À qui peut-on acheter ? Que devient l’achat fait sans le droit ? Et quand la foire n’est plus une fête, que reste-t-il de la loi ? (Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 149 — 5 seifim)
מותר לילך חוצה לה ואסור ליכנס בתוכה
Il est permis d’aller à l’extérieur de la ville, et interdit d’entrer à l’intérieur. Onze mots, et tout le siman : ce n’est pas la ville qui est interdite, c’est ce qu’on aura l’air d’y chercher.
Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 149:1
Les 4 niveaux d’étude
NIVEAU 01
רמת המתחיל
Base — Débutant & Intermédiaire
Texte hébreu des cinq seifim avec traduction française fluide. La ville en foire et la route, l’hôte et l’habitant, la cour du culte, le péage du marchand, la sanction de l’achat, la foire de nos jours et le retour du Juif — expliqués pas à pas, avec la michna, la baraïta, le Tour, le Beit Yossef, le Chakh, le Taz, le Baer Hetev et le Rambam en entier.
Pilpoul approfondi : la ḥakira de l’interdit — soupçon (Rachi) ou profit (Rambam) selon le Taz ; le Chakh et le Taz contre le Ba’h sur “de quelle ville” ; les trois avis de la glose sur la cour ; le Rachba contre le Ran sur le danger de mort ; le Taz contre le Tour sur נהנה ומהנה ; et דבר האבוד contre האידנא.
Un tableau-maître des cinq seifim clause par clause, la ma’hloket sur la raison de l’interdit, les trois avis sur la cour, la mesure de la sanction, les cinq règles d’or, la mnémonique « יריד », les quatre pièges classiques et la carte-éclair finale.
La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז et le באר היטב, puis les cas contemporains. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non “Daat HaRav” ; le Pit’hei Techouva et les Nekoudot HaKessef ne commentent pas ce siman.
Peut-on aller dans une ville qui tient une foire le jour de leur fête ?
Le Mehaber tranche :
« מותר לילך חוצה לה ואסור ליכנס בתוכה » (שו״ע יו״ד קמ״ט:א) Et pour celui qui ne fait que passer :
« ההולך ממקום למקום אסור לעבור בה אם הדרך מיוחד לה » (שו״ע יו״ד קמ״ט:א) La glose précise que cela veut dire que l’on ne passe pas de cette ville à une autre :
« דהיינו שאין עוברים מאותה עיר לעיר אחרת » (שו״ע יו״ד קמ״ט:א) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Cet interdit vise-t-il tout le monde ?
Non :
« בד״א באכסנאי אבל בן עיר מותר ואם הולך בשיירא מותר » (שו״ע יו״ד קמ״ט:ב) Et le Chakh ajoute que la présence de Juifs dans la ville ne suffit pas — sauf s’il y réside un minyan :
« מיהו נראה דהיכא דדרים שם מנין אפילו ליכא מנין בעלי בתים אלא עם נערים ומשרתים קהל איקרי ושרי » (ש״ך יו״ד קמ״ט ס״ק ד) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
À qui peut-on acheter à la foire ?
Le seif 3 distingue :
« בד״א בלוקח מבעל הבית שאינו נותן מכס אבל הלוקח שם מן התגר אסור מפני שהוא נותן מכס » (שו״ע יו״ד קמ״ט:ג) Et le seif 4 renverse la règle quand le péage ne va plus au culte :
« אם המכס הוא לכהנים ואוכלים ושותים אותו ואין קונים ממנו לא תקרובת אלילים ולא נוייה מותר » (שו״ע יו״ד קמ״ט:ד) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Une foire ordinaire, aujourd’hui, est-elle permise ?
La glose du seif 4 le dit :
« וסתם יריד בזמן הזה מותר דסתמא לאו לעבודת כוכבים הוא » (רמ״א יו״ד קמ״ט:ד) Le Chakh l’étend à tout :
« מיהו כל זה מדינא אבל האידנא הכל שרי כמ״ש הרא״ש וטור ושאר פוסקים דלאו עובדי עבודת כוכבים הן » (ש״ך יו״ד קמ״ט ס״ק ז) Le Taz pose la seule réserve :
« נ״ל פשוט שאין בכלל זה במקום ששם מתקבצים עובדי כוכבים הרבה ואומרים ששם מוחלים להם עונותיהם שזה ודאי לשם אליל הוא ואסור לשאת ולתת עמהם שם » (ט״ז יו״ד קמ״ט ס״ק ד) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Pourquoi ne traite-t-on pas avec le Juif qui revient de la foire ?
Le seif 5 le dit :
« שאנו אומרים אלילים מכר ודמי אלילים ביד ישראל אסור » (שו״ע יו״ד קמ״ט:ה) Le Chakh en donne la raison :
« דאם לא כן למה לו לילך לשם » (ש״ך יו״ד קמ״ט ס״ק י״ב) Et pour le non-Juif :
« שאין אנו תולים שמכר שם אלילי׳. טור » (ש״ך יו״ד קמ״ט ס״ק י״ג) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.