✦ ❖ ✦ D A A T · N I V E A U 3 — S Y N T H È S E / R É V I S I O N ✦ ❖ ✦

Siman קנ״ו — se faire couper les cheveux par un non-Juif

אם מותר להסתפר מעובד כוכבים

Trois seifim, deux matières. Les deux premiers gardent la vie ; le troisième garde du culte.
Révision structurée, tableaux de psak, mémorisation rapide


Source : Shulchan Aroukh, Yoreh De'ah קנ״ו — 3 seifim
Nossei kelim : ש״ך (2 ס״ק) · ט״ז (ס״ק א) · באר היטב (2 ס״ק) · בית יוסף · טור
Compilation : הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Pour les étudiants ayant maîtrisé les Niveaux 1 et 2
daattorah.com

📑 Plan de la synthèse

  1. L’axiome : deux dangers dans un seul siman
  2. Les 3 questions-réflexes
  3. Tableau-maître — les trois seifim clause par clause
  4. ר״מ contre חכמים : ce que la halakha retient de la michna
  5. Le miroir : deux rôles opposés dans le même siman
  6. תער ומספריים : la limite que pose l’appareil
  7. La glose du Rama au seif 2 : le Ran et le Semag
  8. Les 5 règles d’or
  9. Mnémonique — les trois mots du siman
  10. Les 4 pièges classiques, et la carte-éclair finale

1. L’axiome : deux dangers dans un seul siman

Le point de départ :

Ce siman est placé au milieu des simanim de l’idolâtrie, et ses deux premiers seifim n’en relèvent pas. Ce qu’ils gardent, c’est la vie — un rasoir tenu par un inconnu. Le troisième seul touche au culte : la mèche et la tonsure.

D’où l’axiome : demande d’abord de quel danger il s’agit. S’il s’agit de la vie, la halakha se règle sur ce que l’autre croit — le lieu fréquenté, l’homme important. S’il s’agit du culte, elle se règle sur ce que le geste est — trois doigts, et la main se retire.

La raison des deux premiers seifim n’est pas chez le Mehaber ; elle est chez le Tour et chez le Rambam :

« אין מסתפרין מהעכו״ם שמא יהרגנו » (טור יו״ד קנ״ו)
« וְאָסוּר לְהִסְתַּפֵּר מֵהֶן בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד שֶׁמָּא יַהַרְגֶנּוּ » (רמב״ם הלכות רוצח ושמירת נפש פרק י״ב הלכה י״א)
💡 Le repère : aucun des seifim 1 et 2 ne contient le mot עבודת כוכבים comme motif. Le seul motif écrit y est la peur, et le seul motif du seif 3 est le culte.

2. Les 3 questions-réflexes

1. Qui coupe, et qui est coupé ? Si c’est un non-Juif qui coupe un Juif : seifim 1 et 2, danger. Si c’est un Juif qui coupe un non-Juif : seif 3, culte.
2. Sommes-nous seuls ? En lieu fréquenté, permis (seif 1). En tête-à-tête, non — sauf s’il vous tient pour un homme important. Et le tête-à-tête est déjà interdit par ailleurs, dit le Chakh, au titre du yihoud du siman 153.
3. Rasoir ou ciseaux ? Toute la rigueur du Rama porte sur le rasoir. Aux ciseaux, le dommage n’est pas courant : Chakh, Taz et Baer Hetev l’écrivent tous les trois.

3. Tableau-maître — les trois seifim clause par clause

Clause du seifQui parleCe qui en résulte
אין מסתפרין מהעובד כוכביםMehaberL’interdit de principe, sans sa raison
אלא במקום שמצויין בני אדםMehaberPremière permission : le public
או אם אותו העובד כוכבים מדמה שאותו ישראל הוא אדם חשובMehaberSeconde permission : l’apparence de la dignité
ויש מחמירים שלא להסתפר מעובד כוכבים אפילו במקום רבים בתערRamaLa rigueur — et elle ne vise que le rasoir
אם לא שיראה במראהRamaLa sortie des rigoureux : le miroir
ונהגו להקל כסברא ראשונהRamaLa conclusion : l’usage suit le Mehaber
אסור לאיש להסתכל במראה משום לא ילבש גברMehaberLe second interdit, d’un tout autre ordre
אלא אם כן משום רפואה כגון שחושש בעיניו או שמספר עצמוMehaberDeux exceptions de finalité
או אם מסתפר מן העובד כוכבים בינו לבינו וכדי ליראות אדם חשובMehaberLa troisième : le miroir du coiffeur
וי״א … אבל במקום שדרך האנשים לראות ג״כ במראה מותרRamaLe Ran : l’usage du lieu
ואפי׳ במקום שנהגו להחמיר אם עושה לרפואהRamaLe Semag : la finalité, même là où l’on est rigoureux
ישראל המספר את העובד כוכבים … ג׳ אצבעות מכל רוח שומט ידוMehaberLa blorit : le geste s’arrête
וכן הקרחה שעושים כהני עבודת כוכבים אסור לישראל לעשות להםMehaberLa tonsure : clause propre au Mehaber

4. ר״מ contre חכמים : ce que la halakha retient de la michna

« וְאֵין מִסְתַּפְּרִין מֵהֶן בְּכׇל מָקוֹם, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בִּרְשׁוּת הָרַבִּים מוּתָּר, אֲבָל לֹא בֵּינוֹ לְבֵינוֹ » (עבודה זרה כ״ז ע״א)
« וידוע שהלכה כחכמים וכן פסק הרמב״ם ז״ל » (בית יוסף יו״ד קנ״ו)
Ce qu’il faut retenir — la halakha est comme les Sages : en lieu public, permis. La rigueur que le Rama rapporte revient à R. Meïr ; elle vient des Tossefot, et le Beit Yossef avait déjà écrit qu’ils ne l’ont pas écrite comme un psak mais comme une bonne conduite.
« ואין נראה כן דעת הפוסקים וצ״ל דאף התוס׳ לא כתבוה אלא לומר שטוב לנהוג כך » (בית יוסף יו״ד קנ״ו)

5. Le miroir : deux rôles opposés dans le même siman

Ce que le miroir y faitStatut
Seif 1, glose du RamaIl donne au client l’air d’un homme importantIl permet
Seif 2, MehaberUn homme s’y regardeIl est interdit — לא ילבש גבר
Seif 2, exceptionLe miroir tendu par le coiffeurPermis — c’est le miroir du seif 1
« לְעוֹלָם בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד, וְכֵיוָן דְּאִיכָּא מַרְאָה — מִתְחֲזֵי כְּאָדָם חָשׁוּב » (עבודה זרה כ״ט ע״א)
« ומשמע שאם הוא ניכר לאדם חשוב אף ע״פ שאינו רואה במראה מותר » (בית יוסף יו״ד קנ״ו)
⚠️ Le piège — croire que le miroir est une condition qui s’ajoute au lieu public. Le Beit Yossef écrit le contraire : il n’est requis qu’en tête-à-tête, et il ne sert qu’à produire ce que la notoriété produirait toute seule.

6. תער ומספריים : la limite que pose l’appareil

QuiCe qu’il tientOù c’est écrit
Les TossefotLe rasoir blesse aisément ; les ciseaux non, si un autre est présentתוספות עבודה זרה כ״ט ע״א
Le ChakhIl reprend les Tossefot, et fonde la condition du tiers sur le yihoud du siman קנ״גש״ך יו״ד קנ״ו ס״ק א
Le TazAux ciseaux le dommage n’est pas courant, et c’est permisט״ז יו״ד קנ״ו ס״ק א
Le Baer HetevIl abrège le Chakh, condition du tiers compriseבאר היטב יו״ד קנ״ו ס״ק א
« דשכיחא היזקא אבל במספריים דלא שכיח היזקא שרי אם יש עמו אחר » (ש״ך יו״ד קנ״ו ס״ק א)
« אבל במספריים לא שכיחא בהו היזקא ושרי » (ט״ז יו״ד קנ״ו ס״ק א)
« ופי׳ הב״ח דאם אין עמו אחר בלא״ה אסור להתייחד עם העובד כוכבי׳ (כדלעיל סי׳ קנ״ג ס״ב) עכ״ל » (ש״ך יו״ד קנ״ו ס״ק א)
La conséquence — la condition אם יש עמו אחר n’est pas une exigence de notre seif : c’est le rappel de l’interdit de rester seul avec un non-Juif, qui vaut de toute manière. Le Taz, qui ne l’écrit pas, ne permet donc rien de plus.

7. La glose du Rama au seif 2 : le Ran et le Semag

Deux clauses, deux critères différents, et c’est voulu.

« והר״ן חילק בענין אחר דבמקום שרגילין האנשים להסתכל במראה כמו הנשים מותר דתו ליכא משום לא ילבש גבר שמלת אשה » (בית יוסף יו״ד קנ״ו)
« ומיהו אינו אסור כ״א להתנאות דעבר משום לא ילבש גבר אבל להסתפר ולגלח ולראות במראה שלא יחבל בעצמו או משום מיחוש עינים ודאי מותר » (תוספות עבודה זרה כ״ט ע״א)
« וְלֹא יַעֲדֶה אִישׁ עֲדִי אִשָּׁה כְּגוֹן שֶׁיִּלְבַּשׁ בִּגְדֵי צִבְעוֹנִין וַחֲלִי זָהָב בְּמָקוֹם שֶׁאֵין לוֹבְשִׁין אוֹתָן הַכֵּלִים וְאֵין מְשִׂימִים אוֹתוֹ הַחֲלִי אֶלָּא נָשִׁים הַכּל כְּמִנְהַג הַמְּדִינָה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק י״ב הלכה י׳)
Ce qu’il faut retenir — la première clause du Rama dépend de l’usage du lieu (le Ran) : là où les hommes se servent aussi d’un miroir, il n’y a plus d’ornement de femme. La seconde dépend de la finalité du geste (le Semag) : même là où l’on est rigoureux, le soin et le nettoyage du visage sont permis. Et le Rama conclut : וכן נהגו.

8. Les 5 règles d’or

  1. Deux matières, un siman. Seifim 1 et 2 : la garde de la vie. Seif 3 : le culte. Le Rambam les range dans deux traités différents.
  2. La halakha est comme les Sages. En lieu fréquenté, c’est permis — ונהגו להקל כסברא ראשונה.
  3. Toute la rigueur du Rama tient dans le mot בתער. Aux ciseaux, l’appareil est unanime.
  4. Le tête-à-tête a deux verrous. Le seif 1, et le yihoud du siman 153 que le Chakh rappelle.
  5. Le miroir produit une apparence. Il n’ajoute pas de condition ; il remplace la notoriété quand elle manque.

9. Mnémonique — les trois mots du siman

Trois seifim, trois mots — dans l’ordre du siman :

סַכָּנָה · מַרְאָה · בְּלוֹרִית

Le danger, le miroir, la mèche. Le premier commande le seif 1, le deuxième le seif 2, le troisième le seif 3 — et chacun a sa propre mesure : le public, l’usage du lieu, trois doigts.

10. Les 4 pièges classiques, et la carte-éclair finale

  1. Croire que le siman relève de l’idolâtrie. Les deux premiers seifim relèvent de la garde de la vie ; le Rambam les met dans les lois de l’homicide.
  2. Croire que la rigueur du Rama vise toute coupe de cheveux. Elle vise le rasoir, et rien d’autre.
  3. Croire que le Taz permet les ciseaux en tête-à-tête parce qu’il ne pose pas la condition du tiers. Cette condition vient du siman 153, que le Taz n’avait pas à répéter.
  4. Croire que l’usage indulgent tient au salaire du coiffeur. Le Chakh l’écarte : le Rama a écrit כסברא ראשונה, et le premier avis parle du lieu fréquenté.
Carte-éclair
Seif 1 — lieu fréquenté, ou passer pour un homme important ; le Rama rapporte les rigoureux au rasoir, puis conclut à l’indulgence. Seif 2 — un homme ne se regarde pas dans un miroir, sauf soin, coupe qu’il se fait lui-même, miroir du coiffeur ; le Rama ajoute l’usage du lieu et la finalité, וכן נהגו. Seif 3 — la blorit : trois doigts, puis la main se retire ; et la tonsure des prêtres est interdite au Juif.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קנ״ו · Niveau 3 — Synthèse · אם מותר להסתפר מעובד כוכבים
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