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Accueil Yoreh De'ah · Le prêt à intérêt Siman קס״ג Niveau 3 — Synthèse / Révision
✦ ❖ ✦ D A A T · N I V E A U 3 — S Y N T H È S E / R É V I S I O N ✦ ❖ ✦

Siman 163 — Convertir une dette en blé au cours du jour

דין הפוסק חיטין לחייבו כשער של עכשיו

Trois seifim : la dette d’argent convertie en dette de denrée, la condition de la mesure entière, la conversion répétée, et le montage à quatre-vingt-dix pour cent
Révision structurée, tableaux de psak, mémorisation rapide


Source : Shulchan Aroukh, Yoreh De'ah קס״ג — 3 seifim
Nossei kelim : ש״ך (11 ס״ק) · ט״ז (7 ס״ק) · באר היטב (6 ס״ק) · פתחי תשובה (2 ס״ק) · נקודות הכסף (1) · בית יוסף · טור
Compilation : הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Pour les étudiants ayant maîtrisé les Niveaux 1 et 2
daattorah.com

📑 Plan de la synthèse

  1. L’axiome : ce qui suit un prêt d’argent en porte la marque
  2. Les 3 questions-réflexes
  3. Tableau-maître — les trois seifim clause par clause
  4. Le tableau comparatif — siman 162 contre siman 163
  5. יש לו כשיעור מעותיו — ce qui compte et ce qui ne compte pas
  6. Quand ce n’est plus un prêt — la frontière du Chakh
  7. הערמת רבית — la figure, et sa sortie
  8. Le degré : trois positions et une conclusion
  9. Le vocabulaire du siman
  10. Règles d’or, mnémonique, pièges et carte-éclair

1. L’axiome : ce qui suit un prêt d’argent en porte la marque

Le point de départ :

Au siman 162, on prête du blé et l’on demande : l’emprunteur en avait-il ? Ici, on doit de l’argent, et l’on convertit cette dette en blé. La question est la même — mais la réponse se durcit sur trois points, et pour une seule raison : l’argent est passé le premier.

Un prêt d’argent déjà consenti est un fait que rien n’efface. Tout ce qui vient après en porte la marque, et c’est cette marque que le siman 163 mesure.

Les deux clauses qui portent tout le siman :

« אם יש לו חטים כשיעור מעותיו מותר אפי׳ לא יצא השער ואם לאו אסור אפי׳ יצא השער » (שו״ע יו״ד קס״ג:א)
« ול״ד לדלעיל סי׳ קס״ב ס״ב דביש לו מעט מאותו המין לוה עליו כמה סאין דהתם כיון שלוה סאה אנו רואין כאילו לוה סאה כנגד סאה שיש לו וכן לעולם אבל במכירה אין המכירה חלה אלא על מה שיש לו » (ש״ך יו״ד קס״ג ס״ק ב)
💡 Le repère : le mot du siman n’est pas שער mais כשיעור.

2. Les 3 questions-réflexes

1. D’où vient l’argent ? Il a été prêté — on est dans notre siman, et la règle est stricte. Il a été donné pour la marchandise — ce n’est plus un prêt, et un cours au marché suffit (ש״ך ס״ק ד).
2. A-t-il la marchandise, maintenant, pour le montant entier ? Oui — permis, même sans cours. Non — interdit, même avec un cours. De l’argent ne remplace pas la marchandise.
3. Le montage revient-il à rendre plus que ce qui a été reçu ? Si l’enchaînement des actes aboutit à cent contre quatre-vingt-dix, c’est une הערמת רבית — même si chaque acte, pris seul, est licite.

3. Tableau-maître — les trois seifim clause par clause

SeifLa clauseCe qui en résulte
1 « מי שהיה נושה בחבירו מעות ואמר לו תן לי מעותי שאני רוצה ליקח בהם חטים א״ל צא ועשה אותם עלי כשער של עכשיו ויהיה לך אצלי חטים בהלוואה » (שו״ע יו״ד קס״ג:א) L’opération : une créance d’argent devient une créance de blé
1 « אם יש לו חטים כשיעור מעותיו מותר אפי׳ לא יצא השער ואם לאו אסור אפי׳ יצא השער » (שו״ע יו״ד קס״ג:א) La règle : la marchandise entière suffit sans cours ; aucun cours ne supplée à son absence
1 « ונאמן המוכר לומר שיש לו וא״צ ראייה לדבריו » (רמ״א יו״ד קס״ג:א) La parole du débiteur suffit : il n’a pas à prouver
2 « הרי שהיה לו חטים ועשה הלואתו עליו ובא אחר זמן ואמר ליה תן לי חטים שאני רוצה למכרם וליקח בדמיהם יין » (שו״ע יו״ד קס״ג:ב) La situation : la conversion se répète, du blé vers le vin
2 « א״ל צא ועשה אותם עלי יין כשער שבשוק עתה אם יש לו יין הרי זה מותר ואם לאו אסור » (שו״ע יו״ד קס״ג:ב) La règle ne change pas d’un cran
3 « אמר לו הלויני מנה א״ל מנה אין לי חטים במנה יש לי ונתן לו חטים במנה כמו שהוא השער וחזר ולקחם ממנו בצ » (שו״ע יו״ד קס״ג:ג) Le montage : blé à cent, racheté à quatre-vingt-dix
3 « אם פרע לו לבסוף המנה בפירות מותר אבל אסור לפרוע במעות מפני הערמת רבית מאחר שא״ל תחלה הלויני מנה » (שו״ע יו״ד קס״ג:ג) Payer en fruits : permis ; payer en argent : interdit — הערמת רבית
3 « ואם עבר ועשה הרי הוא מוציא ממנו ק׳ בדין שאפי׳ אבק רבית אין כאן » (שו״ע יו״ד קס״ג:ג) S’il a transgressé : le créancier garde les cent
3 « וי״א דהוי אבק רבית » (רמ״א יו״ד קס״ג:ג) Et certains disent qu’il y a bien un אבק רבית
3 « וכל זה לא מיירי אלא כשלא התנו מתחילה על כך אבל אם התנו מתחילה לקנות ממנו בפחות הוי רבית גמור » (רמ״א יו״ד קס״ג:ג) Stipulé d’avance : intérêt caractérisé
3 « אפילו פרע לו פירות [אסור » (רמ״א יו״ד קס״ג:ג) Et alors, même un paiement en fruits ne sauve rien

4. Le tableau comparatif — siman 162 contre siman 163

La questionSiman 162 — on prête la denréeSiman 163 — on a prêté l’argent
Quelle est la nature de l’opération ?Un prêtUne vente, dont naît une dette
Combien faut-il en posséder ?Une goutteLa mesure entière
Le socle grandit-il avec l’opération ?Oui — il s’enrouleNon — une vente ne s’enroule pas
Un cours au marché suffit-il ?OuiNon
L’emprunteur doit-il avoir de l’argent ?Non — ש״ך קס״ב ס״ק יL’argent ne remplace pas la marchandise — ש״ך קס״ג ס״ק א
La raison de la permissionLa denrée qu’il a est cédée au prêteurLe créancier acquiert la denrée dès maintenant — זכי ביה מהשתא
Une seule chose a changé, et elle change tout. Dans le siman 162, ce qui circule d’abord est la denrée ; ici, c’est l’argent. Le Roch le dit en une ligne, que le Taz rapporte : là-bas il lui a prêté des fruits, et cela n’a pas l’air d’un intérêt ; ici il lui a prêté de l’argent d’abord.
« תירץ הרא״ש דהתם הלוהו פירות סאה בסאה ולא מחזי כרבית כי הכא שהלוהו מעות תחילה » (ט״ז יו״ד קס״ג ס״ק ד)

5. יש לו כשיעור מעותיו — ce qui compte et ce qui ne compte pas

Ce que le débiteur détientCompte ?Source
La denrée, pour le montant entier de la detteOuiשו״ע יו״ד קס״ג:א
La denrée, mais moins que le montantPour le surplus, nonש״ך יו״ד קס״ג ס״ק ב
De l’argent, de quoi acheter toute la denréeNon — le Taz le discute, sans en tirer de pratiqueש״ך יו״ד קס״ג ס״ק א · ט״ז יו״ד קס״ג ס״ק ד
Il affirme en avoirOn le croitרמ״א יו״ד קס״ג:א
Ni denrée ni argentInterdit pour tousשו״ע יו״ד קס״ג:א
Il a du vin, pour la seconde conversionOuiשו״ע יו״ד קס״ג:ב

La raison de la permission, et la raison de sa borne :

« משום דזכי ביה מהשתא ואע״ג דלא משיך כי מייקרי ברשותיה מייקרי ולא ה״ל רבית הואיל ואם בא לחזור קאי עלייהו במי שפרע » (ש״ך יו״ד קס״ג ס״ק ג)
« דוקא אם יש לו חטים אבל אם יש לו מעות כשיעור שיכול לקנות בהן חטים אסור » (ש״ך יו״ד קס״ג ס״ק א)
Le piège du siman : croire que ce qui suffisait au siman 162 suffit ici. Une goutte ne suffit pas ; un cours de marché ne suffit pas ; de l’argent ne suffit pas en pratique. Il faut la denrée, et pour le montant entier.

6. Quand ce n’est plus un prêt — la frontière du Chakh

Le Chakh, au ס״ק ד, trace la frontière en deux phrases de sens contraire. Elle sépare deux opérations économiquement voisines et halakhiquement opposées.

L’opérationLe dinPourquoi
On donne aujourd’hui de l’argent pour une livraison au cours du jourPermis dès qu’un cours existe, même sans marchandiseCe n’est pas un prêt — c’est un prix payé d’avance
On prête de l’argent, avec clause de paiement en nature à défautInterditכיון דמחמת הלואה קאתי
« אבל אם נותן לו עתה מעות על חטים ליתנם לו כל השנה כשער של עכשיו מותר אם יצא השער אפילו אין לו חטים » (ש״ך יו״ד קס״ג ס״ק ד)
« וכתב ב״י דללוות ע״מ שאם לא יתן לו לזמן פלוני יתן לו פירות כשער של עכשיו אסור כיון דמחמת הלואה קאתי » (ש״ך יו״ד קס״ג ס״ק ד)
« הא דאסור באין לו יין היינו דוקא כיון שמתחילה נקנו לו החטין מחמת הלואה משום הכי בעינן בכל מה שיקח ממנו אח״כ שיש לו דוקא » (ט״ז יו״ד קס״ג ס״ק ה)
La règle pratique en une ligne : ce qui décide n’est pas le résultat économique mais le premier acte. De l’argent donné pour une marchandise ouvre une porte ; le même argent prêté la ferme.

7. הערמת רבית — la figure, et sa sortie

Pas 1. “Prête-moi un maneh.” — “Un maneh je n’en ai pas ; du blé pour un maneh, j’en ai.” Il lui donne le blé au cours. Licite.
Pas 2. Il le lui rachète pour quatre-vingt-dix, alors qu’il en vaut encore cent. Licite — on peut acheter en dessous du prix.
Le résultat. Il a reçu quatre-vingt-dix et devra cent. Interditמפני הערמת רבית, et parce qu’il a dit d’abord “prête-moi un maneh”.
La sortie. S’il paie finalement en blé, il n’y a plus de figure du tout : le créancier a pris de la marchandise, non de l’argent. Permis.
« אם פרע לו לבסוף המנה בפירות מותר אבל אסור לפרוע במעות מפני הערמת רבית מאחר שא״ל תחלה הלויני מנה » (שו״ע יו״ד קס״ג:ג)
« אבל אם אמר ליה הלויני חטים מותר » (ש״ך יו״ד קס״ג ס״ק ט)
« דוקא משך החטים לרשותו או קנה בדרך קנין גמור הא לאו הכי משמע דנראה כרבית בכל ענין » (ש״ך יו״ד קס״ג ס״ק ו)
« אבל כשהוזלו קודם שחזר ולקחן היתר גמור הוא ואפילו הערמת רבית אין כאן » (ש״ך יו״ד קס״ג ס״ק ז)
Trois précisions qui changent le verdict. Si le blé n’a jamais valu que quatre-vingt-dix : ce n’est plus un contournement, c’est un intérêt caractérisé (ט״ז ס״ק ו). Si le blé a baissé avant le rachat : il n’y a plus rien du tout, pas même un contournement (ש״ך ס״ק ז). Et si le blé n’a pas été réellement acquis — ni tiré, ni acquis par un kinyan valable —, la figure de l’intérêt subsiste en tout état de cause (ש״ך ס״ק ו).
« ואם מתחלה היו שוים תשעים ונותנם לו במאה הוה רבית גמור » (ט״ז יו״ד קס״ג ס״ק ו)

8. Le degré : trois positions et une conclusion

QuiLe degréCe que le tribunal fait
Le Rambam, et le Mehaber après luiNi intérêt, ni même אבק רביתLe créancier extrait les cent
Le Ramban et le Roch, rapportés par le Tour et la gloseאבק רביתRien ne se déplace, dans aucun sens
Le Beit Yossef, en conclusion de son commentaireComme le Rambam, le Rachba étant de son avisהכי נקטינן
Le Ba’h, sur le cas où l’on a stipulé d’avanceUne ressemblance d’intérêt caractérisé, non l’intérêt caractériséLa nuance décide de ce qui est récupérable
« ואם עבר ועשה הרי הוא מוציא ממנו ק׳ בדין שאפי׳ אבק רבית אין כאן » (שו״ע יו״ד קס״ג:ג)
« וי״א דהוי אבק רבית » (רמ״א יו״ד קס״ג:ג)
« והב״ח כתב דלשון הפוסקים משמע דאינו אלא כמין רבית גמור ולא רבית גמור » (ש״ך יו״ד קס״ג ס״ק י״א)
« וכיון שהרשב״א מסכים לדעת הרמב״ם הכי נקטינן » (בית יוסף יו״ד קס״ג)
Ce qui ne dépend d’aucune de ces positions : le débiteur peut toujours payer en blé, et personne ne peut l’y contraindre. Le Chakh (ס״ק י) le dit pour l’avis rigoureux lui-même — car l’y contraindre serait une manière d’extraire ce qu’on n’a pas le droit de prendre.
« ואפילו לפ״ז אם רוצה לפרוע לו חטין מותר אלא שאין כופין אותו לפרוע חטים כדי להוציא מידו » (ש״ך יו״ד קס״ג ס״ק י)

9. Le vocabulaire du siman

TermeSensOù il opère
פוסק על שער שבשוקconvenir aujourd’hui d’une livraison future au prix du jourtout le siman ; en propre au siman 175 · 175
יצא השערla denrée a un cours public au marchéseif 1 — et il ne suffit pas
יש לו כשיעור מעותיוil possède la denrée pour le montant entier de la detteseif 1 — la condition unique
מעמידין מלוה על גבי פירותon adosse une dette à une denréele principe même du seif 1
זקפן עליו במלוהconvertir le prix de la denrée en une dette d’argentla borne du seif 2
מה לי הן מה לי דמיהןla chose et son prix sont interchangeablesseif 2, et le ס״ק ח du Chakh
מי שפרעla sanction rituelle de celui qui se rétracte d’une vente non parfaitela raison de Rachi, ש״ך ס״ק ג
הערמת רביתun montage licite pas à pas et interdit en blocseif 3
אבק רביתl’intérêt rabbinique, non récupérable en justicela ma’hloket du seif 3
רבית גמורl’intérêt caractérisé, que le tribunal fait rendrela glose du seif 3, si l’on a stipulé d’avance

10. Règles d’or, mnémonique, pièges et carte-éclair

Cinq règles d’or
Mnémonique — d’où, combien, quelle forme. D’où vient l’argent (prêté ou donné) · combien de marchandise (la mesure entière) · quelle forme a l’ensemble (cent pour quatre-vingt-dix ?). Trois questions, et le siman est lu.
Les pièges classiques
Carte-éclair. תן לי מעותיצא ועשה אותם עלי כשער של עכשיואם יש לו חטים כשיעור מעותיו מותראפי׳ לא יצא השערואם לאו אסור אפי׳ יצא השערמעמידין מלוה על גבי פירותהלויני מנההערמת רביתהתנו מתחילה — רבית גמור.
🎓 Récapitulatif du parcours d’étude
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קס״ג · Niveau 3 — Synthèse / Révision · דין הפוסק חיטין לחייבו כשער של עכשיו
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