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DAAT · NIVEAU 3 — SYNTHÈSE

Siman 173 — Synthèse : les dix-neuf seifim rangés par mécanisme

Un siman de cas ne se révise pas dans l’ordre du livre
יורה דעה · סימן קע״ג
הרבה פרטי דיני רבית
📘 Révision · חזרה וסיכום
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Le siman 173 est un siman de cas. Le reprendre seif après seif ne produirait qu’une liste — et une liste de dix-neuf entrées ne se retient pas. On le range donc ici par les cinq mécanismes qui décident réellement : la parole, la mesure publique, la possession, la charge du risque, le travail. Un tableau-maître, placé au début, permet de retrouver n’importe quel seif dans l’ordre du livre.

DAAT · daattorah.com — הרב יוסף חיים סממה

📑 Plan de la révision

1. L’axiome, et les deux versants
2. Les cinq questions-réflexes
3. Le tableau-maître des dix-neuf seifim
4. Mécanisme I — la parole : קציצה et מפרש
5. Mécanisme II — la mesure publique : שער ידוע et שומא ידועה
6. Mécanisme III — la possession : יש לו, et ce qui vaut possession
7. Mécanisme IV — la charge du risque : אחריות
8. Mécanisme V — le travail : שכר טרחו
9. La figure disqualifiante — קרוב לשכר ורחוק להפסד
10. Hors du champ des marchandises — la créance, la monnaie, la garantie
11. La retenue de personne — אדם חשוב
12. Le vocabulaire, en une page
13. Les règles d’or
14. Les pièges classiques

1. L’axiome, et les deux versants

À retenir avant tout le reste. Le siman 173 n’ajoute rien à la définition de l’intérêt : il l’applique à la vente. Le Tour l’énonce en deux phrases symétriques, et elles suffisent à ranger les dix-neuf seifim. (א) Il est interdit de vendre plus cher parce qu’on attend le paiement. (ב) Il est interdit d’acheter moins cher parce qu’on paie d’avance. Ce sont deux visages d’une seule chose : le temps ne se vend pas.
« וכשם שאסור למכור ביוקר בשביל המתנת המעות כך אסור ליקח בזול בשביל המתנת המעות » (טור יו״ד קע״ג)
« אָמַר רַב נַחְמָן: כְּלָלָא דְרִיבִּיתָא, כֹּל אֲגַר נְטַר לֵיהּ – אָסוּר » (בבא מציעא ס״ג ע״ב)

Ce qui suit ne prend donc pas les seifim dans l’ordre du livre. Ils sont rangés par le mécanisme qui les décide — cinq mécanismes, plus une figure disqualifiante et deux catégories à part. Un même seif peut apparaître deux fois, parce que deux critères y jouent.

2. Les cinq questions-réflexes

Devant n’importe lequel des dix-neuf cas, ces cinq questions se posent dans cet ordre. La première qui répond « oui » ferme le dossier.

#La questionSi ouiOù le siman la pose
1Les deux prix ont-ils été énoncés l’un en face de l’autre — « tant maintenant, tant plus tard » ?Interdit, sans autre examen, à la vente comme à l’achat.seifim 1, 3, 7
2L’objet a-t-il un cours connu, ou une estimation communément admise ?L’écart est mesurable, donc visible, donc interdit.seifim 1, 2, 7
3Le vendeur possède-t-il déjà la chose — vraiment, non par créance ?L’argent achète : le rabais n’est qu’un rabais.seifim 7, 8, 17
4Qui supporte la perte si la chose périt, ou si le cours tombe ?Celui qui la supporte est le propriétaire ; l’autre a prêté.seifim 4, 10, 13, 14, 15, 16, 18
5Le supplément paie-t-il un travail réellement accompli ?Ce n’est pas de l’intérêt — reste à savoir s’il est entier.seifim 12, 15, 16

3. Le tableau-maître des dix-neuf seifim

Une seule fois, dans l’ordre du livre : de quoi chaque seif parle, et par quel mécanisme il se décide. C’est la table à laquelle revenir quand on cherche un seif ; les sections suivantes, elles, sont rangées par mécanisme.

SeifCe dont il traiteLe mécanisme qui décide
1La vente à terme au prix majoré — le טרשא de Rav Nahmanla parole, puis la mesure publique
2Le prix bradé au marché n’est pas le prix de référencela mesure publique, correctement identifiée
3La remise pour paiement anticipé après conclusion du marchéla parole, et l’instant de la conclusion
4La vente d’une créance avec escomptela charge du risque
5La communauté qui vend la ferme du vin, puis la créancela structure : deux ventes licites
6Le changeur : un denier frappé contre des pièces non frappéesl’espèce, et la possession
7L’achat à bas prix contre paiement d’avancela possession, la parole, la mesure publique
8Les dix courges payées petites, livrées grandesla possession, élargie par la croissance propre
9Le lait, la laine, le miel — « la mesure » ou « tout ce qu’il y aura »la possession ; puis la figure du gain sans perte
10Le fruit du verger, et le veau laissé chez le vendeurl’usage du marché ; puis la charge du risque
11Les sarments payés d’avance, et l’acte sur ce qui est attachéla possession, acquise par un acte
12Le salaire des gardiens des champs, retardé contre supplémentle travail
13Le vin payé aux vendanges, et le partage des risquesla charge du risque, et la figure disqualifiante
14Le fût confié à revendre, avec faculté de rendrela charge du risque, et le travail
15Porter la marchandise au marché cher, contre paiement différéla charge du risque, et le travail
16Le séla donné au marchand pour six séas du villagela charge du risque, le travail, la personne
17Recevoir ici, rendre en nature là-basla possession — mais là-bas
18Le prêt sur le risque du navirela forme : des pièces contre des pièces
19Vingt payés à qui garantit cent sur un navirela forme : rien n’est à rendre

4. Mécanisme I — la parole : קציצה et מפרש

C’est le critère le plus simple et le plus absolu : il ne connaît aucune exception dans tout le siman. Dès que les deux prix sont énoncés l’un en face de l’autre, l’écart est déclaré, et il ne reste rien à interpréter. La guemara le formule à propos du טרשא : là il a fixé, ici il n’a pas fixé.

« אֲמַר לֵיהּ: הָתָם – קַץ לֵיהּ, הָכָא – לָא קַץ לֵיה » (בבא מציעא ס״ה ע״א)
Ce qui est ditEffet
seif 1« Si tu me donnes tout de suite, dix ; si à telle date, douze »Interdit, même pour un objet sans estimation connue
seif 1Rien n’est dit, mais la hausse est si forte qu’elle se voitInterdit selon le « il est quelqu’un qui dit », qui est le Tour
seif 3« Paie-moi maintenant dix » — dit avant la conclusionInterdit de prendre douze ensuite
seif 3Le même, dit après la conclusion à douzePermis : c’est un abandon de créance
seif 7« Si tu me donnes maintenant, dix ; sinon, douze » — côté achatInterdit, même si le vendeur a la marchandise
La sortie licite. Rabbenou Tam, rapporté par le Baal HaTeroumot et par le Chakh, indique la formule qui échappe : ne poser aucun couple de prix, mais indexer le prix unique sur le cours d’une date future. Ce qui suit le cours n’a pas de prix arrêté — et c’est permis même pour un objet qui a aujourd’hui un cours connu.
« אלא א״ל סתם באייר תתן לי כשער של אייר בין שיהיה אותו זמן יוקר או זול מותר אע״פ שדרכן להתייקר באייר » (ש״ך יו״ד קע״ג ס״ק ג)

5. Mécanisme II — la mesure publique : שער ידוע et שומא ידועה

Une hausse ne peut être imputée au délai que si l’on sait ce que la chose vaut sans lui. C’est pourquoi tout dépend de l’existence d’une mesure publique. Deux formes en tiennent lieu : le cours — poivre, cire, blé — et l’estimation communément admise. Là où ni l’une ni l’autre n’existe — un manteau, une terre, une monnaie étrangère —, le siman permet.

Le bienA-t-il une mesure publique ?ConséquenceSource
Poivre, cire, bléOui — un cours de marchéInterdit de majorer pour le délaiseif 1
Un manteau, un objet uniqueNonPermis, sans parole explicite et sans hausse forteseif 1
La terreNon — elle ne connaît pas la lésionPermis, sauf parole expliciteש״ך ס״ק ב
Une monnaie étrangèreNon, selon le Beit Efraïm — elle est comme la terrePermis dans les mêmes conditionsפת״ש ס״ק ג
Une chose dont le prix affiché est un prix de détresseLe cours n’est pas ce prix-làLe vrai prix sert de référence : vendre à ce prix est permisseif 2
Le seuil du « un peu ». Là même où la permission joue, elle a une borne : la hausse doit rester modérée, sans quoi elle se voit et vaut parole. Le Pit’hei Techouva rapporte du Beit Efraïm, au nom de la Knesset HaGuedola, un chiffre : jusqu’à un cinquième.
« עיין בתשובת בית אפרים שם שכתב בשם כנה״ג דעד שוה ה׳ מקרי מעלהו מעט ע״ש » (פת״ש יו״ד קע״ג ס״ק ד)

6. Mécanisme III — la possession : יש לו, et ce qui vaut possession

C’est le mécanisme propre au versant de l’achat. Payer d’avance n’est licite que si le vendeur a la chose : alors les pièces achètent, et le rabais n’est qu’un rabais. S’il ne l’a pas, l’argent reste un prêt et le rabais en est le fruit. Le siman consacre six seifim à dire ce qui compte pour « avoir ».

« משום דכיון דמעות קונות מן התורה ואם חוזר בו מקבל מי שפרע ה״ז לענין רבית כאילו קנאם קנין גמור » (בית יוסף יו״ד קע״ג)
La situationCompte-t-elle pour « il a » ?Pourquoi
La marchandise est chez lui, mais il ne peut y accéder aujourd’huiOuiLe retard n’est pas une attente : la chose est acquiseseif 7
Il a la même denrée à crédit chez d’autresNonIl y manque encore le recouvrementseif 7
Il a la même denrée en dépôt chez un tiersOuiUn dépôt est encore à son propriétaireש״ך ס״ק י״ח
Les courges sont petites et grandiront d’elles-mêmesOuiElles ont déjà poussé un peu, et le surplus vient de la terreseif 8
Le lait que les chèvres donneront demainNonCe lait-ci pris, un autre vient à sa placeseif 9
Le fruit du verger encore vertNonCe n’est pas l’usage de l’acheter ainsi : il n’a pas de prixseif 10
Les sarments, après un acte accompli sur eux attachésOuiIl est devenu acquéreur de l’arbre pour ses branchesseif 11
Les fruits qu’il rendra à l’arrivée, s’il en a là-basOuiC’est une mesure contre une mesure, et il l’aseif 17
Les pièces non frappées qu’il a chez lui, chez le changeurOui — et sur la quantité, le Rama et les A’haronim se divisentIl vend une denrée, il ne prête passeif 6
La restriction du Chakh, décisive en pratique. Le Rama permet, pour un objet sans estimation connue, même là où le vendeur n’a rien. Le Chakh y ajoute une condition que le Baer Hetev retient pour la pratique : il faut que le cours soit établi. Tant qu’il ne l’est pas, la crainte de la hausse interdit — même au prix courant.
« ולפ״ז כי שרינן באין שומתן ידוע אפי׳ באין לו נמי ביצא השער בדוקא היא דלא כדמשמע בעט״ז » (ש״ך יו״ד קע״ג ס״ק י״ז)

7. Mécanisme IV — la charge du risque : אחריות

C’est le mécanisme le plus employé du siman — huit seifim sur dix-neuf — et il tient en une phrase : celui qui porte la perte est le propriétaire. Là où le propriétaire n’a pas changé, il n’y a pas eu de vente ; et s’il n’y a pas eu de vente, il y a eu un prêt, et l’écart de prix en est le fruit.

« דאל״כ אין כאן מכר אלא הלואה ויש כאן רבית מה שקבל יותר » (ט״ז יו״ד קע״ג ס״ק ג)
Le casQui doit porter le risqueSi c’est l’autre
Vendre une créance avec escompteL’acheteur, pour l’insolvabilité du débiteurCe n’est plus une vente : c’est un prêt, et l’escompte est un intérêtseif 4
La même, pour un vice qui vient du vendeur — dette payée, saisie antérieureLe vendeur peut la garderRien : ce n’est pas un risque de marché mais une garantie de ce qu’il a venduseif 4
Le veau acheté à bas prix, laissé chez le vendeurL’acheteur, pour la mort et l’amaigrissementLe rabais devient le prix du délaiseif 10
Le vin payé aux vendangesL’acheteur, pour la hausse et la baisse ; le vendeur peut garder l’aigreurPrès du gain, loin de la perte — interdit même s’il l’a tiré chez luiseif 13
Le fût confié à revendreSelon la forme : soit le vendeur garde la perte, soit l’acheteur la prend et reçoit un salaireLe montage sort du cadre permis par le Rambamseif 14
Porter la marchandise au marché cherLe vendeur, pour la routeIl y a un prêt dès maintenant, et l’écart de marché en est le fruitseif 15
Le séla donné au marchand pour six séasL’acheteur, pour le vol et la perteLe Rama permet tout de même, si le salaire de la peine est verséseif 16
Prêter contre le risque du navirePeu importe : la forme du prêt subsisteInterdit dans tous les cas ; la qualification seule changeseif 18
Pourquoi le seif 15 et le seif 16 semblent se contredire — et ne se contredisent pas. Au seif 15, le risque doit rester au vendeur ; au seif 16, il doit passer à l’acheteur. Les rôles sont pourtant inversés : au seif 15, celui qui reçoit la marchandise doit de l’argent ; au seif 16, celui qui reçoit l’argent doit de la marchandise. Dans les deux cas la règle est la même — celui qui attend une contrepartie ne doit pas, en plus, être exposé à la perte de ce qu’il a déjà donné.

8. Mécanisme V — le travail : שכר טרחו

Ce qui paie une peine réellement accomplie n’est pas de l’intérêt. Ce mécanisme joue deux rôles distincts dans le siman, et il faut les tenir séparés : il rend licite ce qui ne le serait pas (seifim 15 et 16), et il empêche que la dette naisse (seif 12).

Ce que le travail faitCe qui reste en discussion
seif 12Les gardiens qui aident au battage ne sont pas encore créanciers : la location ne se paie qu’à la fin, et il n’y a donc rien à attendre.Rien : le seif ne porte aucune note d’appareil propre.
seif 15Sans salaire de la peine, le porteur travaille pour le prêt qui suivra, et ce travail est une contrepartie.Le montant : entier selon le Chakh lisant le Beit Yossef, modique selon le Taz.
seif 16Le salaire versé permet la variante du Rama, où le risque de la route reste sur le marchand.Le Chakh soutient qu’il n’y a pas là de désaccord : le Mehaber parlait du cas sans salaire.
seif 14L’excédent sur deux est nommé salaire : il paie la peine de revendre, non l’argent.Rien sur le principe ; tout sur la place de la clause de restitution.
« בבית יוסף משמע דבעי למיתן ליה שכר עמלו ומזונו משלם וע״ל סימן קע״ז » (ש״ך יו״ד קע״ג ס״ק ל)
« בב״י משמע דבעי למיתן ליה שכר עמלו ומזונו משלם ולא די בדבר מועט אבל הט״ז כתב דאפילו בדבר מועט סגי » (באר היטב יו״ד קע״ג ס״ק כ״ב)

9. La figure disqualifiante — קרוב לשכר ורחוק להפסד

Ce n’est pas un sixième mécanisme mais un test de contrôle, et il s’applique après les cinq autres. Un montage peut satisfaire à tous les critères et rester interdit, s’il place l’une des parties dans une position où elle ne peut que gagner. Le siman s’en sert dans les deux sens.

Comment elle est employéeLe verdict
seif 9Pour permettre : « tout ce que donneront mes chèvres, beaucoup ou peu » — l’acheteur peut y perdre.Permis
seif 13Pour interdire : l’acheteur qui ne prend pas la baisse sur lui ne peut que gagner.Interdit, dit le Taz, même s’il l’a tiré chez lui
RambamPour caractériser le צאן ברזל : le maître du troupeau est près du gain et loin de la perte.Interdit, sauf s’il accepte hausse, baisse et bêtes déchirées
« מותר שהוא קרוב להפסד כמו לשכר » (שו״ע יו״ד קע״ג:ט)
« אפי׳ (לא) משכו דהוי קרוב לשכר ורחוק להפסד כן נראה לענ״ד » (ט״ז יו״ד קע״ג ס״ק י״ט)
« הֲרֵי זֶה אָסוּר שֶׁהֲרֵי בַּעַל הַצֹּאן קָרוֹב לְשָׂכָר וְרָחוֹק לְהֶפְסֵד » (רמב״ם הלכות מלווה ולווה פרק ח׳ הלכה י״ב)

10. Hors du champ des marchandises — la créance, la monnaie, la garantie

Quatre seifim ne portent sur aucune marchandise, et c’est ce qui les rend les plus actuels du siman. Ils enseignent qu’un droit se vend, qu’une monnaie peut être une denrée, et qu’un risque s’achète.

SeifL’objet de l’opérationPourquoi ce n’est pas un prêtLa condition
4Une créance sur un tiersL’acheteur achète un risque, non un délaiLa garantie de l’insolvabilité doit passer à l’acheteur
5Un droit d’exploitation communautaire, puis la créance qui en naîtDeux ventes successives, chacune licite en soiUn acte doit constater l’obligation avant la cession
6Une monnaie frappée contre une monnaie non frappéeDeux espèces différentes : la seconde vaut denréeIl faut qu’il ait les pièces — et sur combien, on se divise
19Une garantie contre la perte d’une cargaisonRien n’est à rendre : c’est כעין מכרAucune : même versée d’avance, la prime reste licite
« לפי שאין כאן הלואה אלא כעין מכר שמקבל עליו אחריות מעות האחר בעד סך ההוא שנותן לו זה » (ש״ך יו״ד קע״ג ס״ק ל״ד)
La ligne du seif 18 contre le seif 19. Dans les deux cas, quelqu’un est payé pour prendre un risque. La différence est le sens du flux. Au seif 18, l’argent va du prêteur à l’emprunteur et revient augmenté : c’est un prêt, et le risque ne le change pas — des pièces contre des pièces, et celles qui reviennent ne sont pas celles qui sont parties. Au seif 19, l’argent va dans l’autre sens : le propriétaire paie celui qui prendra la perte. Il n’y a rien à rendre, donc rien qui puisse être un prêt.

11. La retenue de personne — אדם חשוב

Deux fois, le siman refuse à un homme ce qu’il permet à tous. Ce n’est pas une rigueur de piété : c’est la conséquence d’un fait. Ce que d’autres obtiennent parce que le marché y trouve son compte, l’homme de marque l’obtient parce qu’on lui fait une faveur — et une faveur consentie à celui qui a versé de l’argent est un salaire d’attente.

« וְנִשְׁקוֹל שִׁיתָּא! אָדָם חָשׁוּב שָׁאנֵי » (בבא מציעא ע״ג ע״א)
Ce qui lui est refuséCe qui lève l’empêchement
seif 15Rien : c’est l’inverse — s’il est homme de marque, l’acheteur n’a pas à lui payer sa peine, car son nom exempte du péage.
seif 16Donner un séla au marchand pour six séas du village, ce qui est permis à tout autre.Selon le Chakh au nom du Rivach : s’il prend la garantie et paie la peine, c’est permis même à lui.
« וכשמקבל עליו אחריות ונותן לו ג״כ שכר טרחו אפי׳ אדם חשוב שרי. ריב״ש מביאו ב״י » (ש״ך יו״ד קע״ג ס״ק ל״ב)

12. Le vocabulaire, en une page

Le termeCe qu’il désigneOù il travaille
אגר נטרLe salaire de l’attente — le critère de tout le blocpartout ; formule de Rav Nahman
טרשאLa vente à terme au prix majoré, permise sous conditionsseif 1
קציצה · מפרשLe prix arrêté, la parole expliciteseifim 1, 3, 7
שער ידוע · שומא ידועהLe cours de marché, l’estimation communément admiseseifim 1, 2, 7
יצא השערLe cours est établi — condition ajoutée par le Chakhש״ך ס״ק י״ז
הקפה ביד אחריםLa créance en nature détenue par un tiers — ce n’est pas « avoir »seif 7
ממילא קא רבוCe qui grandit de soi-même à partir de ce qui existe déjàseifim 8, 9, 10
אחריותLa charge du risque — qui la porte est propriétaireseifim 4, 10, 13, 14, 15, 16, 18
יוקרא וזולאLe risque de cours, hausse et baisse — distinct du risque sur la choseseif 13 ; ש״ך ס״ק כ״ד
קרוב לשכר ורחוק להפסדPrès du gain, loin de la perte — la figure qui disqualifieseifim 9, 13 ; Rambam ח:י״ב
שכר טרחוLe salaire de la peine — jamais de l’intérêtseifim 12, 14, 15, 16
אדם חשובL’homme de marque, à qui l’on refuse ce que d’autres peuventseifim 15, 16
מכר על מנת להחזירLa vente avec faculté de restitution — matière du siman 174 · קע״דaffleure aux seifim 11 et 14
עזרLa ferme communautaire du vin ou de la viandeseif 5 ; ט״ז ס״ק ח
אבק רביתLa poussière d’intérêt — le régime ordinaire de tout ce simanש״ך ס״ק ד ; Rambam ח:א

13. Les règles d’or

Sept phrases à emporter. 1. La question n’est jamais « comment cela s’appelle-t-il ? », mais « sur quoi ce supplément est-il payé ? ».
2. Deux prix énoncés l’un en face de l’autre ferment le dossier : interdit, partout.
3. Là où l’objet n’a ni cours ni estimation connue, l’écart n’est pas mesurable — et le siman permet, à hausse modérée.
4. Payer d’avance suppose que le vendeur ait la chose ; une créance chez un tiers n’est pas « avoir ».
5. Celui qui porte la perte est le propriétaire ; si le propriétaire n’a pas changé, il y a eu un prêt.
6. Un montage où l’on ne peut que gagner est interdit même sans intérêt nommé.
7. Le travail réel n’est jamais de l’intérêt — mais il doit être payé pour de bon.

14. Les pièges classiques

Le piègeCe qu’on croitCe que le siman dit
Le vendeur richeS’il n’a pas besoin d’argent, il ne gagne rien au délai, donc c’est permis.On ne regarde pas le vendeur mais l’acheteur : s’il avait eu de l’argent, il aurait payé le prix d’aujourd’hui.
Le prix du marchéLe prix affiché au marché est le prix de référence.Non : c’est parfois un prix de détresse. Le prix de référence est celui que paie qui achète pour la chose.
La remise pour paiement comptantElle est licite en toute hypothèse.Seulement après conclusion du marché au prix plein. Annoncée dans l’offre, elle est l’alternative interdite.
La croissance naturelleTout ce qui grandit de soi-même est permis.Il faut deux choses de plus : que cela pousse de ce qui est déjà là, et que ce soit l’usage de vendre ainsi.
Le risque prisPrendre un risque suffit à sortir du prêt.Non, au seif 18 : la forme du prêt subsiste, car les pièces reçues ne sont pas celles qui sont parties.
« ויש מתירין »Le Rama allège l’avis du Mehaber.Selon le Chakh, il n’y a pas de désaccord : le Mehaber parlait du cas où le salaire n’est pas versé.
Le salaire symboliquePayer quelque chose suffit à couvrir la peine.Selon le Chakh lisant le Beit Yossef, il faut le salaire entier ; le Taz se contente de peu, et le Baer Hetev n’a pas tranché.
La qualificationPuisque c’est « seulement » de la poussière d’intérêt, on peut passer outre.La poussière d’intérêt est interdite ; et le Tachbets rappelle que le marché fait ainsi peut être nul, l’argent devant être rendu sur-le-champ.
« כיון שנעשה המקח באיסור בטל לגמרי ולא מקבל עליו מי שפרע » (פת״ש יו״ד קע״ג ס״ק ח)
DAAT · daattorah.com — Siman 173 de Yoreh De’ah · Étude par le Rav Yossef Haim Samama