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Accueil Yoreh De'ah · Le prêt à intérêt Siman קע״ד Niveau 3 — Synthèse / Révision
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Siman 174 — La vente à charge de rendre

דין המוכר לחבירו על מנת להחזיר
Huit seifim, ramenés à une question : cet argent a-t-il acheté, ou a-t-il été prêté ?

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
Sommaire
  1. L’axiome : un paiement qui doit revenir n’a rien acheté
  2. Les trois questions-réflexes
  3. Tableau-maître — les huit seifim clause par clause
  4. La bouche et la date — les deux tests du début du siman
  5. Le prix partiel — les trois formules et leurs effets
  6. אנכה — la clause qui sauve, et celle qui ne sauve pas
  7. Le doute du seif 7 — depuis quand
  8. Le seif 8 — le bail qui n’est pas un prêt
  9. Le vocabulaire du siman
  10. Règles d’or, mnémonique et pièges classiques

1. L’axiome : un paiement qui doit revenir n’a rien acheté

L’axiome. Ce qui distingue un acheteur d’un prêteur n’est ni l’acte, ni le prix, ni le nom qu’on donne à l’opération : c’est de savoir si l’argent versé est attendu en retour. S’il l’est, le bien n’a fait que garantir, et tout ce que l’acquéreur en a tiré est le prix du temps.
« אסור ללוקח לאכול הפירות שאין כאן מכר אלא הלואה כיון שצריך להחזירן לכשירצה ונמצא שאוכל הפירות בשכר המתנת המעות » (טור יו״ד קע״ד)
Trois conséquences immédiates, et elles portent tout le siman. (1) Le nom ne compte pas : « vente », « acte », « kinyan » ne changent rien. (2) L’intention ne compte pas non plus : ce qui compte est l’effet de la clause sur la propriété. (3) Ce qui compte, c’est qui a posé la clause et quand — d’où les seifim 1 à 3.

2. Les trois questions-réflexes

1. Qui a posé la clause de retour ? Le vendeur — la vente n’acquiert pas. L’acheteur seul, sans que le vendeur l’ait affermie — la vente est pleine.
2. Quand a-t-elle été posée ? Avant la vente ou pendant — c’est un prêt. Après, fût-ce d’une heure — c’est une bonté, et la vente tient.
3. Le prix a-t-il été versé en entier ? Oui — la question est close. Non — il faut savoir laquelle des trois formules a été employée : קנה כשיעור מעותיך, תקנה מעכשיו, ou תקנה tout court.

3. Tableau-maître — les huit seifim clause par clause

SeifLa clause du Choulhan AroukhCe qu’elle décide
1« מכר שדה לחבירו ואמר לו לכשיהיו לי מעות תחזיר לי קרקע לא קנה » (שו״ע יו״ד קע״ד:א)La condition du vendeur : pas d’acquisition
1« וכל הפירות שאכל רבית קצוצה הוא ומוציאין אותם בדיינים » (שו״ע יו״ד קע״ד:א)Les fruits : intérêt fixé, récupéré en justice
1« ואפילו לא התנה כך אלא שהמנהג כן בעיר שכל מי שקונה צריך להחזיר כשיהיו למוכר מעות » (רמ״א יו״ד קע״ד:א)L’usage de la ville vaut condition
1« אבל אם אמר לו הלוקח מדעתו כשיהי׳ לך מעות אחזיר לך הקרקע אינו תנאי והמקח קיים מיד לפיכך הלוקח אוכל פירות » (שו״ע יו״ד קע״ד:א)La promesse de l’acheteur ne touche pas la vente
1« ואם כשאמר כן הלוקח חלטו ממנו המוכר וחזקו הרי הוא תנאי » (שו״ע יו״ד קע״ד:א)Sauf si le vendeur l’a affermie
1« וכן אם מכר לו קרקע מעכשיו והמתין לו המעות הלוקח מותר לאכול הפירות והמוכר אסור דבשכר המתנת מעותיו קא אכיל » (רמ״א יו״ד קע״ד:א)« Dès maintenant » : c’est le vendeur qui est interdit
2« אם נעשה תנאי זה קודם המכר או בשעת המכר אין לו דין מכר אלא דין הלואה והלוקח חייב להחזיר כל מה שאכל » (שו״ע יו״ד קע״ד:ב)Clause antérieure ou simultanée : prêt
2« חסד הוא שרוצה להתחסד עמו ולהחזיר לו מקחו » (שו״ע יו״ד קע״ד:ב)Clause postérieure : une bonté, non un prix
3« ואמר המוכר לשליח אני מוכר לך על תנאי שיחזירנו לי כשיהיו לי מעות » (שו״ע יו״ד קע״ד:ג)La condition posée au mandataire vaut
4« אם אמר ליה מוכר ללוקח קנה כשיעור מעותיך כל אחד מהם אוכל פירות כשיעור מעותיו » (שו״ע יו״ד קע״ד:ד)Partage réel : chacun jouit de sa part
5« אם אמר המוכר ללוקח לכשתביא שאר המעו׳ תקנה מעכשיו שניהם אסורים לאכול הפירות אלא מניחים אותם ביד שליש » (שו״ע יו״ד קע״ד:ה)Acquisition suspendue : dépôt chez un tiers
5« ואם יאמר הלוקח אוכלם ואם לא יגמר המקח כשיבוא המוכר להחזיר לי מעותי אנכה דמי הפירות מותר » (שו״ע יו״ד קע״ד:ה)La clause de déduction ouvre la sortie
5« ודוקא שאמר אנכה לך מן הדמים אבל אם אמר אשלם לך הפירות שאכלתי אסור דסוף סוף רבית קא נוטל אלא שחוזר ומשלם לו » (רמ״א יו״ד קע״ד:ה)Déduire oui, rembourser non
6« אמר ליה המוכר כשתביא שאר המעות קנה ולא אמר מעכשיו המוכר אוכל פירות עד שיביא הלוקח ואם אכל הלוקח מוציאין ממנו » (שו״ע יו״ד קע״ד:ו)Sans « dès maintenant », rien n’a bougé
7« זבין ולא אצטריכו ליה זוזי דאמרינן דהדרי זביני » (שו״ע יו״ד קע״ד:ז)La vente revient d’elle-même — deux cas
7« א״א ללוקח למיכל פירות אפי׳ בתנאי עד דידע דליקום זביני » (שו״ע יו״ד קע״ד:ז)Un titre incertain ne nourrit pas
8« ינכה שכר הזמן שהיה הקרקע תחת ידו כמו שפסקו ויחזיר לו קרקעו מותר » (שו״ע יו״ד קע״ד:ח)Le loyer consommé se déduit : c’est un bail
8« ובדרך זה יהיה אחריות קרקע מנפילה או שריפה על בעל הקרקע » (שו״ע יו״ד קע״ד:ח)La responsabilité au propriétaire — la marque du bail

4. La bouche et la date — les deux tests du début du siman

Qui parle, et quandEffetSource
Le vendeur, à la ventePrêt — la vente n’acquiert pasשו״ע יו״ד קע״ד:א
L’acheteur seul, le vendeur se taisantVente pleine — פטומי מילישו״ע יו״ד קע״ד:א
L’acheteur, et le vendeur l’affermitC’est une conditionשו״ע יו״ד קע״ד:א
L’acheteur, dès l’ouverture des pourparlersSelon la Pericha : cela vaut conditionש״ך יו״ד קע״ד ס״ק ב
Le mandataire répond « nous nous arrangerons »Ce n’est pas un refus : la condition tientט״ז יו״ד קע״ד ס״ק ב
Après la vente, fût-ce d’une heureUne bonté — la vente tientשו״ע יו״ד קע״ד:ב
« Il me le revendra » au lieu de « il me le rendra »Pas d’annulation rétroactiveפתחי תשובה יו״ד קע״ד ס״ק א
Rien n’a été dit, mais l’usage de la ville l’imposeL’usage vaut stipulationרמ״א יו״ד קע״ד:א

5. Le prix partiel — les trois formules et leurs effets

קנה כשיעור מעותיך — « acquiers à la mesure de ton argent ». La vente est faite, partiellement. Chacun est propriétaire de sa part et en mange les fruits. Les deux sont permis.
לכשתביא שאר המעות תקנה מעכשיו — « quand tu apporteras, tu acquerras dès maintenant ». Suspendue dans les deux sens. Les deux sont interdits ; les fruits vont chez un tiers, sauf clause de déduction.
לכשתביא שאר המעות תקנה — sans « dès maintenant ». Rien n’est encore vendu. Le vendeur mange ; l’acheteur ne mange pas, et ce qu’il a mangé lui est repris.
קני מעכשיו וזוזאי להוו הלואה גבך — « acquiers dès maintenant, le reste est un prêt chez toi ». Tout est vendu ; le solde est une dette ordinaire. L’acheteur mange, le vendeur ne mange pas.

Ce qu’il faut retenir

Les quatre formules viennent de la guemara, qui les distribue selon le schéma « parfois les deux sont permis, parfois les deux sont interdits, parfois l’un et pas l’autre ». Ce sont donc quatre types, et non quatre exemples : toute clause de vente à prix partiel se ramène à l’un d’eux, selon qu’elle transfère la propriété tout de suite, plus tard, rétroactivement, ou proportionnellement.

6. אנכה — la clause qui sauve, et celle qui ne sauve pas

Deux formulations, un même résultat comptable, deux régimes. « Je déduirai le prix des fruits de la somme qu’on me rendra » : les fruits n’ont jamais été un gain, ils étaient une avance sur remboursement. « Je paierai les fruits que j’ai mangés » : je les ai reçus, donc j’ai touché un intérêt — et le fait de le rendre ensuite n’efface pas qu’il a été touché.
« ודוקא שאמר אנכה לך מן הדמים אבל אם אמר אשלם לך הפירות שאכלתי אסור דסוף סוף רבית קא נוטל אלא שחוזר ומשלם לו » (רמ״א יו״ד קע״ד:ה)
« ואפי׳ אם יאמר הלוקח אני אוכלם ואם לא יגמר המקח כשיחזיר לי המעות שנתתי לו אשלם לו הפירות אסור דסוף סוף רבית אוכל אלא שמחזירו » (טור יו״ד קע״ד)
Le piège. La clause de déduction n’est pas une formule magique : elle n’opère que là où la somme est destinée à revenir à celui qui l’a versée. Là où il n’y a pas de retour prévu, il n’y a rien à déduire — et le montage retombe sous le seif 1. C’est pourquoi le Taz l’étend au seif 7, où le prix doit effectivement revenir, et non ailleurs.
« ולענין הלכה כיון דרבית על מנת להחזיר הוא מילתא דרבנן יש להקל גם כאן ומהני בשניהם תנאי דאנכה ולא תנאי דאשלם לו » (ט״ז יו״ד קע״ד ס״ק ד)

7. Le doute du seif 7 — depuis quand

Le seif 7 ne parle d’aucune condition : la vente était pleine. Ce sont deux règles du droit civil qui la défont — le vendeur qui n’a finalement pas eu besoin de l’argent, et celui qui avait vendu pour monter en terre d’Israël sans y monter. Tant que la chose n’est pas éclaircie, l’acheteur n’a pas de titre certain, et il ne récolte pas. Le Taz précise que l’interdit ne remonte pas à la vente : il court depuis l’instant où le doute est né.
« פי׳ משעה שנולד הספק ומ״ש אפי׳ בתנאי נראה דה״ק אפי׳ אם אומר אנכה לו אח״כ מן החשבון שזה מהני לעיל בסעיף ה׳ הכא לא מהני » (ט״ז יו״ד קע״ד ס״ק ד)
« א״א ללוקח למיכל פירות אפי׳ בתנאי עד דידע דליקום זביני » (שו״ע יו״ד קע״ד:ז)

8. Le seif 8 — le bail qui n’est pas un prêt

Le traitSeif 1 — la vente à charge de rendreSeif 8 — le bail prépayé
Ce que l’argent a faitIl attend d’être renduIl achète des années d’occupation
Le temps écouléS’efface : la vente s’annule rétroactivementEst consommé : on déduit le loyer des années vécues
La responsabilité du bienSur l’acheteur, comme sur un propriétaireReste au propriétaire — effondrement, incendie
Y a-t-il eu prêt ?Oui, sous le nom de venteJamais
Ce que dit l’appareilש״ך יו״ד קע״ד ס״ק הש״ך יו״ד קע״ד ס״ק י · ט״ז יו״ד קע״ד ס״ק ה
« ול״ד למוכר שדה וא״ל לכשיהיה לי מעות תחזירהו לי דר״ס זה דהכא שאני כיון שהוא מנכה שכר הזמן שהיה הקרקע תחת ידו » (ש״ך יו״ד קע״ד ס״ק י)
« משא״כ כאן דלא בטל שם שכירות על אותן ימים שדר בהם בתורת שכירות דכל שנה הוא שכירות בפני עצמה » (ט״ז יו״ד קע״ד ס״ק ה)

9. Le vocabulaire du siman

TermeSensOù il joue
מכר על מנת להחזירVente assortie par le vendeur de l’obligation de la défaireLe titre du siman ; seif 1
רבית קצוצהIntérêt stipulé, interdit par la Torah, récupéré en justiceSeif 1 ; ט״ז ס״ק א
אבק רביתProfit interdit par les Sages, que le tribunal ne défait pasLe Tour ; ש״ך ס״ק א
צד אחד ברביתMontage où le surplus peut naître comme il peut ne jamais naîtreט״ז ס״ק א ; בבא מציעא ס״ה ע״ב
מחילה בטעותTolérance fondée sur une erreur, qui n’oblige pasש״ך ס״ק ה ; ט״ז ס״ק ג
פטומי מיליParoles en l’air, que l’autre partie n’a pas reprisesSeif 1
חלטו וחזקוLe vendeur prend l’acheteur au mot et affermit sa promesseSeif 1
שלישTiers dépositaire des fruits pendant l’indéterminationSeif 5
מעכשיוFormule d’acquisition rétroactive au jour du premier versementSeifim 5 et 6
אנכה« Je déduirai » — les fruits viennent en moins du remboursementSeif 5 ; ט״ז ס״ק ד
זביני דהדריVente que la loi défait d’elle-mêmeSeif 7
אגר נטרSalaire de l’attente — le nom générique de l’intérêtLe Tour ; seif 1

10. Règles d’or, mnémonique et pièges classiques

Cinq règles d’or.
Mnémonique — B · D · P · D · R
Bouche : de qui vient la clause ? · Date : avant, pendant, après ? · Prix : versé en entier ou en partie ? · Déduction : « je déduirai » ou « je paierai » ? · Responsabilité : sur qui pèse la perte du bien ?
Cinq pièges classiques.

Carte-éclair

Une phrase : une vente que le vendeur s’est réservé de défaire est un prêt, et les fruits en sont l’intérêt.
Le mot à retenir : מדעתיה — de son propre chef.
La sortie : אנכה, et non אשלם.
La forme permise : un bail réel, prépayé, à loyer déduit et à risques laissés au propriétaire.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קע״ד · Niveau 3 — Synthèse / Révision · דין המוכר לחבירו על מנת להחזיר
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