✦ ❖ ✦
DAAT · NIVEAU 4 — DAAT HARAV ('HABAD) & HALAKHA LEMA'ASSE

שולחן ערוך · יורה דעה

Siman 188 — Les couleurs de sang : rouge et noir interdits, blanc et vert purs, et la règle de montrer la בדיקה au Rav
סימן קפ״ח · דעת הרב והלכה למעשה
דיני מראות הדם הטמאים והטהורים
שיטת הצמח צדק וחב״ד · פסק הבית יוסף והרמ״א · נושאי הכלים והפוסקים בזמננו · חכמת הראייה
🕯️ דעת הרב · פסק הלכה ולמעשה 🕯️
✦ ❖ ✦

Daat HaRav ('Habad) & Halakha lema'asse

La shitah du Tzemah Tzedek de Loubavitch et de 'Habad sur les מראות דמים,
puis la halakha lema'asse des nossei kelim et des poskim contemporains — et toujours, montrer la בדיקה au Rav

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן קפ״ח (ו' סעיפים)
מראות הדם : אדום ושחור טמאים, לבן וירוק טהורים ; ה' מראות וגזרת חכמים ; נאמנות, תליה במכה, בריה ושרייה

Registre (sujet de טהרת המשפחה) :
Le sujet est intime et grave, et la distinction des couleurs est, aujourd'hui, hors de portée du jugement personnel.
On expose la sougya et les chitot avec sobriété ; on ne tranche jamais un cas personnel,
et l'on ne juge jamais soi-même une couleur. Toute conclusion pratique renvoie
à ton Rav (ou un Rav 'Habad / Dayan / Yoetzet) — on montre la בדיקה à un מורה הוראה.

Rédaction et iyun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Comment lire ce niveau. Le Siman 188 traite des מראות דמים — les couleurs de sang qui rendent la femme טמאה ou la laissent טהורה. La règle de base : דאורייתא, seules cinq sortes de מראות rendent טמא ; mais les Sages ont durci (de peur de confondre un sang avec un autre, דם בדם), en interdisant toute teinte tirant vers le rouge et en ne permettant que ce qui n'a aucun soupçon de rougeur (Shach). Concrètement : tout rouge et tout noir → טמא ; seuls le blanc et le vert (ירוק) → טהור. Il compte six seifim : les couleurs (1) ; la נאמנות « כזה ראיתי » (2) ; la שפופרת et la חתיכה (3) ; la בריה qui se dissout par la שרייה (4) ; le critère du « sec sans aucun sang » (5) ; et le partage entre מפלת et חתיכת דם (6). Ce niveau a deux volets. (1) Daat HaRav — la shitah de 'Habad : à la différence de la cacheroute, il existe ici une véritable tradition halakhique 'Habad, dont l'autorité de référence en Nidah est le Tzemah Tzedek de Loubavitch. (2) Halakha lema'asse : le psak général (Beit Yossef, Rama, Shach, Taz, Sidrei Tahara, Chochmat Adam, Aroukh haShulchan) et le pesak contemporain (Taharat haBayit, Shevet haLevi, Badei haShulchan). Nous ne citons que des positions réelles et attestées ; lorsqu'un psak 'Habad spécifique n'est pas établi avec certitude, nous l'indiquons au niveau du principe — sans jamais inventer de responsa, de numéro ni de minhag. Le Tzemah Tzedek dont il est question dans ce niveau est, dans tous les cas, le Tzemah Tzedek de Loubavitch (R. M. M. Schneersohn, 1789-1866), la Daat HaRav de 'Habad. La conséquence pratique majeure de ce siman : aujourd'hui on ne juge jamais soi-même une couleur — toute conclusion (lema'asse) se conclut par le renvoi à ton Rav (ou un Rav 'Habad / Dayan / Yoetzet), à qui l'on montre la בדיקה.

📑 תוכן העניינים

  1. שורש הסימן — ה' מראות דאורייתא וגזרת חכמים (ו' סעיפים)
  2. פסק המחבר והרמ״א — מסגרת הסימן בו' סעיפים
  3. שיטת הצמח צדק וחב״ד — דעת הרב על מראות הדם
  4. אדום ושחור · לבן וירוק — חכמים החמירו והכשירו (סעיף א)
  5. נאמנות « כזה ראיתי » ובזמן הזה — חכמת הראייה ומורה הוראה (סעיף ב)
  6. שפופרת, חתיכה ונעקר מקור — תליה במכה (סעיף ג)
  7. בריה ובדיקת שרייה — מפלת וחתיכת דם (סעיף ד-ו)
  8. פסיקת הספרדים בזמננו — טהרת הבית, ילקוט יוסף
  9. פסיקת האשכנזים — סדרי טהרה, ערוך השולחן, שבט הלוי
  10. סיכום מעשי וטבלאות — ולמעשה, מראים את הבדיקה לרב

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — l'ouverture (ו' seifim)

כָּל מַרְאֵה אָדֹם, בֵּין כֵּהֶה הַרְבֵּה בֵּין עָמֹק — טְמֵאִים ; וְכֵן כָּל מַרְאֵה שָׁחֹר. וְאֵין טָהוֹר אֶלָּא מַרְאֵה לָבָן, וְכֵן מַרְאֵה יָרֹק אֲפִלּוּ כְּמַרְאֵה הַשַּׁעֲוָה אוֹ הַזָּהָב, וְכָל שֶׁכֵּן הַיָּרֹק כַּכַּרְתִּי אוֹ כַּעֲשָׂבִים.

וַאֲפִלּוּ יֵשׁ בּוֹ סְמִיכוּת דָּם וְהוּא עָב הַרְבֵּה, וַאֲפִלּוּ הִרְגִּישָׁה שֶׁנִּפְתַּח מְקוֹרָהּ וּבָדְקָה מִיָּד וּמָצְאָה מַרְאוֹת הַלָּלוּ — טְהוֹרָה.

Le cadre (les couleurs). Toute teinte rouge — claire ou foncée — est טמא ; de même toute teinte noire. N'est טהור que le blanc, et le vert (ירוק) — même comme la cire ou l'or, à plus forte raison comme le poireau ou l'herbe.

Et même si le sang est épais et dense, même si elle a senti son מקור s'ouvrir et a vérifié aussitôt — si elle trouve ces teintes (blanc / vert) → טהורה.

— Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 188:1 (sur ו' seifim) · base talmudique : נדה (ה' מראות, גזרת חכמים, בריה ושרייה) · Sefaria YD 188:1

1. שורש הסימן — les cinq מראות et le durcissement des Sages

Le fondement. Tout, dans le Siman 188, dépend de la couleur du sang. De la תורה, seules cinq sortes de מראות (les quatre rouges et le noir) rendent טמא ; le reste serait pur. Mais — et c'est le cœur du siman — les Sages ont durci : par crainte qu'on ne distingue mal une teinte d'une autre (דם בדם), ils ont interdit toute teinte tirant vers le rouge et n'ont permis que ce dont on ne peut soupçonner aucune rougeur. D'où la carte simple du siman : tout rouge, tout noir → טמא ; seuls le blanc et le vert → טהור.
« חכמים החמירו והכשירו » (Shach s.k. 1). Le Shach (s.k. 1) énonce la clé de tout le siman : de la Torah il y a ה' מיני מראות, mais חכמים החמירו שלא לטעות בין דם לדם — אסרו כל הנוטה לאדמימות, והכשירו כל שאין לספקו באדמימות (« les Sages ont durci, pour qu'on ne se trompe pas entre un sang et un autre : ils ont interdit toute teinte penchant vers le rouge, et permis tout ce qu'on ne peut soupçonner d'aucune rougeur »). C'est pourquoi le partage pratique n'est plus « cinq מראות / le reste », mais « toute nuance de rouge ou de noir → טמא ; blanc ou vert pur → טהור ».

Le débat sur le ירוק (Pitchei Teshuva s.k. 2)

Le ירוק (vert / jaune-vert) est טהור selon le Mehaber, même « comme la cire ou l'or ». Mais le Pitchei Teshuva (s.k. 2) rapporte la prudence des Acharonim — le של״ה, le Maharam Mintz, le Maharchal — : אין להקל במהירות, « on n'allège pas à la légère » sur le ירוק, car la frontière entre un vrai vert et une nuance qui penche vers le rouge ou le brun est subtile. C'est précisément ce qui mène à la règle d'or de notre temps : on ne tranche pas une couleur soi-même.

2. פסק המחבר והרמ״א — la carte du siman

Le Siman 188 compte six seifim. Le Mehaber pose la trame (les couleurs טמא/טהור ; la נאמנות « כזה ראיתי » ; la שפופרת et la חתיכה ; la בריה qui se dissout en מעת לעת par la שרייה ; le critère du « sec sans aucun sang ») ; le Rama (הגה) précise la תליה במכה pour la femme dont le מקור s'est détaché, et la חזקה après trois vérifications sans dissolution. Voici la carte d'ensemble, telle qu'elle ressort du texte lui-même.

SeifSujetPsak (ancré dans le texte)
1Les couleurs : אדום / שחור / לבן / ירוקTout rouge (clair ou foncé) et tout noir → טמא ; n'est טהור que le blanc et le vert (même comme cire/or, à plus forte raison comme poireau/herbe ; et la teinte dite « בלוא » est dans le vert). Même épais, même après ouverture du מקור et בדיקה immédiate → si blanc/vert, טהורה.
2נאמנות « כזה ראיתי ואבדתיו »Crue de dire « j'ai vu une teinte semblable et l'ai perdue » : si blanc/vert → טהור. Mais si elle apporte un sang tenu pour טמא (ou douteux) et dit « un חכם m'a déclaré pur un semblable » → on ne s'appuie pas sur elle.
3שפופרת ; חתיכה ; נעקר מקורSang sorti par un tube (שפופרת) → טהורה (pas la façon normale de voir) ; sang dans une חתיכה (morceau), même fendue avec du sang touchant la chair → טהורה ; femme dont le מקור s'est détaché et des morceaux de chair tombent → טהורה. Rama : même si elle voit du sang tant que les morceaux sont là → on rattache à la חתיכה / מכה, puisqu'on sait que le מקור s'est détaché.
4בריה ; שרייה במים פושריםTout sang sortant de la femme, humide ou sec → טמא ; même une forme de בריה (écorces, poils, יבחושים rouges) → טמא, à condition qu'elle se dissolve en מעת לעת (24 h) trempée dans de l'eau tiède (פושרים), avec le שיעור de la tiédeur.
5« sec sans aucun sang » ; חזקהSi non dissoute → טהורה quand parfaitement sèche, sans aucun sang ; mais s'il y a un humide de sang → טמא. Rama : idem si une partie seulement s'est dissoute ; mais si elle a vérifié 3× sans aucune dissolution → plus besoin de vérifier ensuite (חזקה que cela vient d'une מכה du corps).
6מפלת vs חתיכת דםLa בדיקת שרייה ne vaut que pour une מפלת d'écorces/poils ; mais une חתיכת דם, même dure et non dissoute → טמא. י״א qu'un petit morceau (du calibre d'une שפופרת fine) nécessite aussi la שרייה.
כלל הפסק של הסימן :
הַכֹּל תָּלוּי בְּמַרְאֵה הַדָּם : מִן הַתּוֹרָה ה' מַרְאוֹת, וְחכמים החמירו — אָסְרוּ כָּל הַנּוֹטֶה לְאַדְמִימוּת, וְהִכְשִׁירוּ כָּל שֶׁאֵין לְסַפְּקוֹ בְּאַדְמִימוּת. כָּל אָדֹם וְכָל שָׁחֹר — טמא ; וְאֵין טָהוֹר אֶלָּא לבן וְירוק. וּבזמן הזה אֵין בְּקִיאִין בְּמַרְאוֹת — לְפִיכָךְ מַרְאִים אֶת הַבְּדִיקָה לְמורה הוראה, וְאֵין מַכְרִיעִין מַרְאֶה לְבַד.

3. שיטת הצמח צדק וחב״ד — Daat HaRav

Note de méthode (importante). Ce volet présente l'approche halakhique de 'Habad sur les מראות et la Nidah. À la différence de la cacheroute, il existe ici une véritable tradition de psak 'Habad. Nous l'exposons au niveau du principe et des autorités ; nous n'attribuons au Tzemah Tzedek de Loubavitch ni à un Rebbe aucun psak précis, numéro de responsa ou minhag que nous ne pourrions vérifier. Dans tout ce niveau, le « Tzemah Tzedek » désigne le Tzemah Tzedek de Loubavitch. Pour le détail d'un cas, l'usage 'Habad est de s'adresser à un Rav 'Habad ou à un Dayan, et de lui montrer la בדיקה.

Le Tzemah Tzedek de Loubavitch — autorité halakhique de référence de 'Habad sur la Nidah

Le Tzemah Tzedek de Loubavitch — Rabbi Menahem Mendel Schneersohn (1789-1866), troisième Rabbi de Loubavitch et petit-fils de l'Admour HaZaken — est le poseq de référence de 'Habad, en particulier en טהרת המשפחה. Son recueil de responsa et de pisqé dinim (le שו״ת צמח צדק) couvre largement le Yoreh De'ah et les lois de Nidah, et c'est vers lui que la tradition 'Habad se tourne en premier pour ces questions. Au niveau du principe, l'école 'Habad se caractérise par une grande rigueur en טהרת המשפחה jointe au soin de chercher le היתר réel là où la halakha le permet — ce que vise précisément ce siman, qui maintient pur le blanc et le vert et ouvre la תליה במכה.

Daat HaRav et le cœur du siman. Sur le socle même de ce siman — le partage des couleurs (אדום / שחור טמא ; לבן / ירוק טהור), le durcissement des Sages, la נאמנות, la תליה במכה, la בריה et la שרייה — l'approche 'Habad ne s'écarte pas du cadre du Choulhan Aroukh et du Rama. Sa spécificité se manifeste dans la rigueur et la délicatesse avec lesquelles la Nidah est conduite, et dans le renvoi systématique au Rav (à qui l'on montre la בדיקה) pour le cas réel — d'autant plus aujourd'hui qu'on ne se tient plus pour expert des nuances. Nous ne lui attribuons aucune disposition précise (un חומרא chiffré, un psak particulier) qui ne serait pas attestée.

Lema'asse (Daat HaRav). Selon la tradition 'Habad, on suit en ces matières le Tzemah Tzedek de Loubavitch et les pisqé dinim transmis dans 'Habad. Pour l'application d'un cas réel — et tout particulièrement le jugement d'une couleur douteuse, qu'on ne tranche jamais soi-même — consulte ton Rav (ou un Rav 'Habad / Dayan / Yoetzet) et montre-lui la בדיקה : ce niveau expose le principe, il ne tranche pas ta situation, et jamais d'auto-jugement.

4. אדום ושחור · לבן וירוק — « חכמים החמירו והכשירו »

כָּל מַרְאֵה אָדֹם בֵּין אִם הִיא כֵּהֶה הַרְבֵּה אוֹ עָמֹק — טְמֵאִים, וְכֵן כָּל מַרְאֵה שָׁחֹר, וְאֵין טָהוֹר אֶלָּא מַרְאֵה לָבָן, וְכֵן מַרְאֵה יָרֹק אֲפִלּוּ כְּמַרְאֵה הַשַּׁעֲוָה אוֹ הַזָּהָב וְכָל שֶׁכֵּן הַיָּרֹק כַּכַּרְתִּי אוֹ כַּעֲשָׂבִים.

— שולחן ערוך יו״ד קפ״ח:א · מרדכי ; ש״ך ס״ק א : ה' מיני מראות מן התורה, חכמים החמירו

La carte des couleurs (telle que la tranche le Mehaber)

Le détail du Taz (s.k. 1-2). Le Taz (s.k. 1) traite le « כל שכן הלבן » et le cas délicat du blanc épais aperçu après le bain (au nom du Mahari Margalit) ; et (s.k. 2) la סמיכות לבן — un sang qui paraît sur un linge blanc avec de la poussière reste permis si la teinte demeure blanche. Le principe reste constant : ce n'est pas l'épaisseur, ni la peur, ni le linge qui décident — c'est la couleur, et elle seule.

Lema'asse (les couleurs). Le principe : tout rouge et tout noir → טמא ; le blanc et le vert pur → טהור. Mais la frontière (un brun, un beige, un jaune, un orangé qui « penche » ?) est précisément ce que la halakha confie à un œil expert. On ne juge jamais une couleur soi-même : on montre la בדיקה à ton Rav (ou un Rav 'Habad / Dayan / Yoetzet).

5. נאמנות « כזה ראיתי » ובזמן הזה — חכמת הראייה

נֶאֱמֶנֶת אִשָּׁה לוֹמַר כָּזֶה רָאִיתִי וְאִבַּדְתִּיו, וְאִם הוּא מַרְאֵה לָבָן אוֹ יָרֹק — טָהוֹר ; אֲבָל אִם הֵבִיאָה לְפָנֵינוּ דָּם וְהֶחֱזַקְנוּהוּ בְּטָמֵא, אוֹ אֲפִלּוּ נִסְתַּפַּקְנוּ אִם הוּא טָמֵא אוֹ טָהוֹר, וְהִיא אוֹמֶרֶת חָכָם פְּלוֹנִי טִיהֵר לִי כַּיּוֹצֵא בָּזֶה — אֵין סוֹמְכִין עָלֶיהָ.

— שולחן ערוך יו״ד קפ״ח:ב · פתחי תשובה ס״ק ו : אינה סומכת אף על עצמה
La portée — et la limite — de la נאמנות. La femme est crue de dire « כזה ראיתי ואבדתיו » (« j'ai vu une teinte semblable et je l'ai perdue ») : si elle décrit un blanc ou un vert → טהור. Mais le seif pose aussitôt la limite : si elle apporte devant nous un sang qu'on tient pour טמא (ou même seulement douteux) et dit « tel חכם m'a déclaré pur un sang semblable » → on ne s'appuie pas sur elle. Le point décisif : il faut montrer la בדיקה, et c'est le חכם qui voit la couleur qui tranche — non le souvenir ni le rapport.
חכמת הראייה ובזמן הזה — pourquoi l'on montre au Rav. Distinguer les nuances de מראות est une science (חכמת הראייה) que, déjà, les Acharonim disent perdue : nous ne sommes plus בקיאין (experts) à départager un rouge sombre d'un brun, un vert d'un jaune douteux. Le Pitchei Teshuva relève les facteurs qui faussent le jugement : la lumière du jour vs la nuit (גבעת שאול, s.k. 1), l'état humide vs sec de la בדיקה (s.k. 3), un נקודה אדומה noyée dans un כתם par ailleurs טהור (גבעת שאול, s.k. 5). C'est pourquoi le PT (s.k. 6) conclut que la femme אינה סומכת אף על עצמה — elle ne se fie pas même à elle-même : on montre la בדיקה à un מורה הוראה.

Lema'asse (la נאמנות / חכמת הראייה). Le principe : la femme est crue pour décrire un blanc/vert perdu, mais pas pour rendre pur un sang qu'on a devant soi sur sa seule parole. Et aujourd'hui, n'étant plus experts des nuances, on ne juge pas une couleur soi-même — c'est la règle d'or de ce siman. Toute tache douteuse sur le tissu de בדיקה se montre à ton Rav (ou un Rav 'Habad / Dayan / Yoetzet), qui examine la couleur.

6. שפופרת, חתיכה ונעקר מקור — la תליה במכה

הִכְנִיסָה שְׁפוֹפֶרֶת וְהוֹצִיאָה בָּהּ דָּם — טְהוֹרָה ; וְכֵן אִם רָאֲתָה דָּם בַּחֲתִיכָה אֲפִלּוּ הִיא מְבֻקַּעַת וְהַדָּם בַּבְּקָעִים בְּעִנְיָן שֶׁנּוֹגֵעַ בִּבְשָׂרָהּ — טְהוֹרָה, כֵּיוָן שֶׁאֵין דֶּרֶךְ לִרְאוֹת כֵּן ; וְכֵן אִשָּׁה שֶׁנֶּעֱקַר מְקוֹר שֶׁלָּהּ וּכְמִין חֲתִיכוֹת בָּשָׂר נוֹפְלִים בַּבַּיִת הַחִיצוֹן — טְהוֹרָה. הַגָּה : אֲפִלּוּ רָאֲתָה דָּם כָּל זְמַן שֶׁהַחֲתִיכוֹת בַּבַּיִת הַחִיצוֹן — טְהוֹרָה, דְּתָלִינַן הַדָּם בַּחֲתִיכָה זוֹ הוֹאִיל וְיָדְעִינַן וַדַּאי שֶׁנֶּעֱקַר מְקוֹרָהּ וּמֵחֲמַת מַכָּה הִיא.

— שולחן ערוך יו״ד קפ״ח:ג · הגה : כן משמע בטור ורבינו ירוחם והרא״ש · ט״ז ס״ק ה

Trois cas où l'on ne voit pas « la façon normale » → טהורה

« אפילו ראתה דם » (Taz s.k. 5). Le Taz (s.k. 5) souligne le חידוש du Rama : on tient pour טהורה même si elle voit du sang, tant que les חתיכות sont présentes — car l'arrachement avéré du מקור fait de tout ce sang un sang de מכה. C'est une תליה forte, mais qui repose sur un fait établi (le מקור s'est bien détaché) — fait qui, aujourd'hui comme alors, ne se présume pas seul.

Lema'asse (שפופרת / חתיכה / מכה). Le principe : le sang « non vu de la façon normale » (tube, morceau), et le sang rattaché à une חתיכה quand le מקור s'est détaché, sont טהור. Mais que le cas relève bien de ces catégories — et l'établissement même de l'arrachement du מקור — sont des questions de fait et de droit qui ne se tranchent pas seul. Consulte ton Rav (ou un Rav 'Habad / Dayan / Yoetzet).

7. בריה ובדיקת שרייה — מפלת et חתיכת דם

כָּל דָּם הַיּוֹצֵא מִן הָאִשָּׁה בֵּין לַח בֵּין יָבֵשׁ — טְמֵאָה ; וְלֹא עוֹד אֶלָּא אֲפִלּוּ יָצָא מִמֶּנָּה צוּרַת בְּרִיָּה כְּמִין קְלִפּוֹת אוֹ כְּמִין שְׂעָרוֹת אוֹ כְּמִין יַבְחוּשִׁים אֲדֻמִּים — טְמֵאָה, וְהוּא שֶׁיִּהְיוּ נִמּוֹחִים בְּתוֹךְ מֵעֵת לְעֵת עַל יְדֵי שֶׁשּׁוֹרִים אוֹתָם בְּמַיִם פּוֹשְׁרִים... בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — שֶׁאִם לֹא נִמּוֹחוּ טְהוֹרָה בִּזְמַן שֶׁהֵם יְבֵשִׁים גְּמוּרִים שֶׁאֵין עִמָּהֶם דָּם כְּלָל ; אֲבָל אִם יֵשׁ עֲלֵיהֶם שׁוּם לַחְלוּחַ דָּם — טְמֵאָה.

— שולחן ערוך יו״ד קפ״ח:ד-ה · הגה : פסקי מהרא״י סימן מ״ז ; מאיר נתיב (PT ס״ק יא) : חזקה אחר ג״פ

בריה, שרייה, et le critère du « sec sans aucun sang »

מפלת vs חתיכת דם (seif 6). Le seif 6 partage : la בדיקת השרייה ne vaut que pour une מפלת d'écorces/poils — la בריה qui pourrait n'être pas du sang. Mais une חתיכת דם (un caillot, un morceau de sang), même dure et qui ne se dissout pasטמא : on ne la met pas à tremper, car c'est déjà du sang. י״א (certains) ajoutent qu'un petit morceau (du calibre d'une שפופרת fine, קנה דק) demande lui aussi la שרייה. Et le PT (s.k. 11, מאיר נתיב) confirme la חזקה après 3× sans dissolution.

Lema'asse (בריה / שרייה / מפלת). Le principe : tout sang rend טמא ; une בריה ne se juge que par la שרייה ; une חתיכת דם est טמא même non dissoute. Mais la מפלת (fausse couche) est un sujet grave qui touche aussi au deuil et à des dinim propres (cf. siman 194), et la conduite de la שרייה et de ses שיעורים ne s'improvise pas. Consulte ton Rav (ou un Rav 'Habad / Dayan / Yoetzet) — sans jamais trancher seul.

8. פסיקת הספרדים בזמננו — la psika séfarade contemporaine

Note de méthode. Les ouvrages cités ci-dessous prolongent les principes du siman 188 pour la pratique d'aujourd'hui. Ils sont cités comme courants de psika reconnus, à confirmer auprès d'un Rav avant toute application — et, pour les couleurs, on montre toujours la בדיקה.

La psika séfarade contemporaine (école du Rav Ovadia Yossef) part du Beit Yossef et du Shach. La référence pratique est le Taharat haBayit du Rav Ovadia Yossef (et son abrégé Yalkout Yossef — Taharat haBayit, par le Rav Yitzhak Yossef), qui traite longuement les מראות : le partage des couleurs (rouge/noir טמא ; blanc/vert טהור), la rigueur des Sages, et surtout la règle de notre temps — n'étant plus experts, on montre la בדיקה à un מורה הוראה. L'esprit de cette école tend à user pleinement des voies du היתר (la נאמנות, la תליה במכה, le « ירוק » טהור) là où la halakha le permet, tout en confiant la décision sur la couleur à un Rav compétent.
Point du simanOrientation séfarade (à vérifier)
Les couleursTout rouge/noir → טמא ; blanc/vert → טהור ; mais on ne juge pas soi-même — on montre la בדיקה. Voir Taharat haBayit / Yalkout Yossef.
נאמנות / חכמת הראייה« כזה ראיתי » pour un blanc/vert perdu ; mais on ne se fie pas à soi pour un sang douteux — מורה הוראה. Modalités au Rav.
תליה / בריהPleine valeur de la תליה במכה (חתיכה, נעקר מקור) et de la שרייה pour la מפלת, sous l'autorité du Rav.

9. פסיקת האשכנזים — la psika ashkénaze

Note de méthode. Même remarque : ces ouvrages prolongent le Rama et les nossei kelim ; ils sont cités comme repères de psika, à confirmer auprès d'un Rav.

La psika ashkénaze part du Rama, du Shach et du Taz, puis du grand commentaire spécifique de la Nidah, les Sidrei Tahara, et des codificateurs : le Chochmat Adam (et son Binat Adam) et l'Aroukh haShulchan (Yoreh De'ah), très développés sur les מראות, le « ירוק » et la perte de la חכמת הראייה. Pour le XXe siècle, la référence pratique majeure est le Shevet haLevi du Rav Shmuel Wozner, souvent accompagné du Badei haShulchan (le commentaire de référence sur les Hilkhot Nidah), qui codifie la règle de montrer la בדיקה à un מורה הוראה et la prudence sur les teintes intermédiaires (brun, beige, jaune). Sur les חתיכות, le Pitchei Teshuva (s.k. 7) s'appuie sur le Shevut Yaakov et le Chinoukh Beit Yehuda.
Point du simanOrientation ashkénaze (à vérifier)
Les couleurs / ירוקSidrei Tahara, Aroukh haShulchan, Shach/Taz sur le partage רוֹב ; prudence sur le ירוק (PT s.k. 2). On montre la בדיקה.
חכמת הראייהSidrei Tahara, Badei haShulchan : on n'est plus expert → מורה הוראה. Jour/nuit, humide/sec (PT). À porter au Rav.
חתיכות / שרייהPT s.k. 7 : Shevut Yaakov, Chinoukh Beit Yehuda ; Shevet haLevi sur la מפלת. Au Rav.

'Habad au sein de la psika

Pour la pratique 'Habad sur ce socle, on se réfère au Tzemah Tzedek de Loubavitch (dont le שו״ת couvre les הלכות נדה) et aux décisions transmises dans 'Habad, avec le soin propre à l'école. Nous n'attribuons aucun psak précis qui ne serait pas vérifiable ; pour le détail, on s'adresse à un Rav 'Habad ou à un Dayan, et on lui montre la בדיקה.

10. סיכום מעשי — récapitulatif et tableaux

טבלה — les axes du siman, en pratique

NotionEn substanceRenvoi
Les couleursTout rouge et tout noir → טמא ; le blanc et le vert (ירוק) → טהור ; même épais / même après ouverture du מקורMehaber (seif 1) ; Shach s.k. 1 ; Taz s.k. 1-2
נאמנות « כזה ראיתי »Crue pour un blanc/vert perdu ; pas pour purifier un sang douteux qu'on a devant soiMehaber (seif 2) ; PT s.k. 6
חכמת הראייה / בזמן הזהOn n'est plus expert des nuances → on montre la בדיקה à un מורה הוראהPT s.k. 1, 3, 5, 6
שפופרת / חתיכה / מכהSang « non vu normalement », ou rattaché à une חתיכה quand le מקור s'est détaché → טהורהMehaber + Rama (seif 3) ; Taz s.k. 5
בריה / שרייהבריה טמא si elle se dissout en 24 h (eau tiède) ; sec sans aucun sang → טהור ; חזקה après 3×Mehaber + Rama (seif 4-5) ; PT s.k. 11
מפלת / חתיכת דםשרייה pour la מפלת seule ; חתיכת דם → טמא même dure ; מפלת = sujet grave (cf. 194)Mehaber (seif 6)

טבלה — qui dit quoi (nossei kelim du siman)

PosekApport décisif (ancré corpus)
MehaberRouge/noir → טמא ; blanc/vert → טהור (même épais, même après ouverture du מקור) ; נאמנות « כזה ראיתי » ; שפופרת / חתיכה → טהורה ; בריה qui se dissout par la שרייה → טמא ; חתיכת דם → טמא même dure.
Rama (הגה)נעקר מקור : même si elle voit du sang tant que les חתיכות sont là → טהורה (תלינן במכה) ; חזקה après 3× sans dissolution (פסקי מהרא״י).
Tazs.k. 1 (כל שכן הלבן ; blanc épais après le bain — Mahari Margalit) ; s.k. 2 (סמיכות לבן) ; s.k. 4 (אין סומכין עליה — ספק) ; s.k. 5 (« אפילו ראתה דם » — תליה dans les חתיכות) ; s.k. 7 (לחלוח דם → מוכח que c'est דם).
Shach (Siftei Kohen)s.k. 1 : la pierre angulaire — ה' מיני מראות מן התורה ; חכמים החמירו ; אסרו כל הנוטה לאדמימות, הכשירו כל שאין לספקו באדמימות.
Pitchei TeshuvaRiche : גבעת שאול (כתם nuit/jour, s.k. 1 ; נקודה אדומה, s.k. 5) ; le débat sur le ירוק (של״ה, מהר״ם מינץ, רש״ל — s.k. 2) ; humide/sec (s.k. 3) ; אינה סומכת אף על עצמה (s.k. 6) ; חתיכות : שבות יעקב, חינוך ב״י (s.k. 7) ; ס״ס sur les יבחושים (s.k. 9-10) ; חזקה après 3× — מאיר נתיב (s.k. 11).

טבלה — Daat HaRav et courants contemporains (à vérifier)

'Habad (Daat HaRav) : le Tzemah Tzedek de Loubavitch (Rabbi Menahem Mendel Schneersohn, 3e Rabbi de Loubavitch, 1789-1866) est le poseq de référence de 'Habad sur la Nidah ; son שו״ת couvre les הלכות נדה. L'école 'Habad joint rigueur et recherche du היתר réel. Pour le détail → Rav 'Habad / Dayan, à qui l'on montre la בדיקה. (Aucun psak précis n'est attribué ici sans source.)
Séfarades : Taharat haBayit (Rav Ovadia Yossef) ; Yalkout Yossef — Taharat haBayit (Rav Yitzhak Yossef). Prolongent le Beit Yossef et le Shach : le partage des couleurs, la נאמנות, la תליה במכה, et la règle de montrer la בדיקה.
Ashkénazes : Sidrei Tahara (commentaire-clé de la Nidah) ; Chochmat Adam / Binat Adam ; Aroukh haShulchan (YD) ; Shevet haLevi (Rav Wozner) ; Badei haShulchan. Sur les מראות, le « ירוק » et la perte de la חכמת הראייה → on montre la בדיקה à un מורה הוראה.

Liens Sefaria (texte et nossei kelim)

Choulhan Aroukh YD 188 : 188:1
Shach (Siftei Kohen) : 188 s.k. 1
Pithei Teshuva : 188 s.k. 1

👈 הלכה למעשה — la règle d'or de ce niveau

  1. Sur le fond, retiens les axes : tout rouge et tout noir → טמא, le blanc et le vert → טהור ; les cinq מראות de la Torah et le durcissement des Sages (Shach) ; la נאמנות « כזה ראיתי » et ses limites ; la תליה במכה (שפופרת, חתיכה, נעקר מקור) ; la בריה et la בדיקת שרייה ; le partage מפלת / חתיכת דם.
  2. Daat HaRav ('Habad) : on suit le Tzemah Tzedek de Loubavitch et les pisqé dinim de 'Habad, avec le soin de l'école et la recherche du היתר ; le détail se vérifie auprès d'un Rav 'Habad / Dayan.
  3. Halakha lema'asse : Beit Yossef, Rama, Shach, Taz, Sidrei Tahara, Chochmat Adam, Aroukh haShulchan, et le pesak contemporain (Taharat haBayit, Shevet haLevi, Badei haShulchan) — tous sur ces mêmes axes.
  4. La règle d'or de ce siman : aujourd'hui, on ne juge jamais une couleur soi-même. Une tache douteuse sur le tissu de בדיקה se montre à un מורה הוראה. La halakha lema'asse passe par ton Rav (ou un Rav 'Habad / Dayan / Yoetzet) — jamais d'auto-jugement.

← Niveau 3 — Synthèse ↑ Siman קפ״ח — sommaire
~ ~ ~ ~ ~
DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
דעת הרב והלכה למעשה בדיני מראות הדם · סימן קפ״ח · 🕯️ Niveau 4 — Daat HaRav ('Habad) & Halakha lema'asse
⚠️ Ce contenu est à but d'étude, sur un sujet intime et grave (טהרת המשפחה). Les positions citées (Daat HaRav / 'Habad, courants séfarades et ashkénazes) sont des repères, non un psak personnel, et n'autorisent aucun jugement de couleur par soi-même. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה) — et impérativement pour le jugement d'une couleur — consultez un Rav qualifié (ou un Rav 'Habad / Dayan / une Yoetzet) et montrez-lui la בדיקה.

DAAT דעת — © 5786 / 2026 · Retour à l'accueil · Siman קפ״ח · ♥ Soutenir

📖Rejoindre la khavroutha