Sougyot, sources, chakira de fond, mahlokot des Richonim et des Aharonim,
nafka minot pour la pratique et examen des positions
Le sujet :
Choulhan Aroukh, Yoré Déa, siman 190 (ק״צ) — 54 seifim
avec les nossei kelim : Chakh (Siftei Kohen), Taz (Tourei Zahav), Pithei Techouva, et les grands Aharonim des lois de nidda
Le fond de la sougya dans le Talmud :
Nidda 57b (la michna des taches, le lieu de la tache et la ceinture) · Nidda 58a (ce qui ne reçoit pas l'impureté) · Nidda 58b–59a (la mesure de ke-gris ve-od et le sang de pou) · Nidda 59b (le banc) · Nidda 61a (les femmes couchées entremêlées) · Nidda 61b–62a (le vêtement teint et les sept simanim)
Rédaction et étude :
Rav Yossef Haim Samama · DAAT
« דבר תורה אין האשה מטמאה ולא אסורה לבעלה עד שתרגיש שיצא דם מבשרה » (שו״ע יו״ד ק״צ:א)
« וחכמים גזרו על כתם שנמצא בגופה או בבגדיה שהיא טמאה ואסורה לבעלה אפילו לא הרגישה » (שו״ע יו״ד ק״צ:א)
Traduction : « Selon la Torah, la femme ne devient pas impure et n'est pas interdite à son mari tant qu'elle n'a pas senti que du sang est sorti de sa chair » ; « et les Sages ont décrété, au sujet d'une tache trouvée sur son corps ou sur ses vêtements, qu'elle est impure et interdite à son mari même si elle n'a rien senti ».
« תינוקת שלא הגיע זמנה לראות » (שו״ע יו״ד ק״צ:ב)
Et le Mehaber ajoute : « ואפילו אם ראתה כבר ב״פ אבל לאחר שראתה שלש פעמים חוששת לכתם » (שו״ע יו״ד ק״צ:ב)
De même, celle qui s'écoule ou goutte sans interruption ne compte que pour une seule vue, tant qu'elle n'a pas cessé : « היתה שופעת כמה ימים או שהית׳ מזלפת טיף אחר טיף בלא הפסק אינו אלא כראיה אחת עד שתפסיק » (שו״ע יו״ד ק״צ:ג)
Mais si elle a cessé un instant, puis a vu trois fois, elle est présumée voir : « אבל אם פסקה מעט וחזרה וראתה שלש פעמים אפילו ביום א׳ הרי זו מוחזקת בדמים וכתמה טמא » (שו״ע יו״ד ק״צ:ג)
Et la fillette qui a vu trois fois, puis s'est arrêtée « שיעור שלש עונות שהם צ׳ יום חוזרת לקדמותה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ד) — c'est-à-dire quatre-vingt-dix jours — revient à son état premier, et sa tache est pure jusqu'à ce qu'elle voie de nouveau trois fois.
« כיון שכתמים דרבנן מקילין בהם ותולה בכל דבר שיכולה לתלות » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ח)
Traduction : « Puisque les taches sont d'ordre rabbinique, on allège à leur sujet, et elle attribue la tache à tout ce à quoi elle peut l'attribuer. » C'est la clef de tout le siman : l'interdit de la tache étant rabbinique, et un doute sur une règle rabbinique s'allégeant, tout doute — sur la mesure, sur le lieu, sur la réception de l'impureté, sur l'attribution, sur la couleur — rend pur. L'étude lamdanique de ce siman consiste, pour l'essentiel, à cartographier les assouplissements et à dégager la racine de chacun d'eux.« לא גזרו על הכתם אלא אם כן יש בו כגריס ועוד » (שו״ע יו״ד ק״צ:ה)
« ושיעור הגריס הוא כט׳ עדשים » (שו״ע יו״ד ק״צ:ה)
« ושיעור עדשה כ״ד שערות » (שו״ע יו״ד ק״צ:ה)
« וכל זמן שאין בו כזה השיעור אנו תולין לומר דם כנה הוא אף על פי שלא הרגה כנה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ה)
« אם הרגה פשפש או הריחה ריחו תולה בו עד כתורמוס » (שו״ע יו״ד ק״צ:ז)
« שאנו תולין כל טיפה וטיפה בכנה עד שיהא בו כגריס ועוד במקום אחד » (שו״ע יו״ד ק״צ:ח)
Traduction : les Sages n'ont décrété sur la tache qu'à partir de la taille d'un gris et un peu plus ; la mesure du gris est celle de neuf lentilles (trois sur trois), et la mesure d'une lentille est de vingt-quatre poils. Tant que la tache n'atteint pas cette mesure, on l'attribue au sang d'un pou, même si elle n'a écrasé aucun pou. Si elle a tué une punaise ou en a senti l'odeur, elle attribue la tache à la punaise jusqu'à la taille d'un tourmous (un lupin). Et si la tache n'atteint pas ke-gris ve-od en un seul endroit, même s'il y a là de nombreuses gouttes voisines qui, cumulées, dépasseraient un gris — elle est pure, car nous attribuons chaque goutte à un pou distinct, tant qu'il n'y a pas ke-gris ve-od en un seul endroit.
« אבל כשיש בו כזה השיעור אין תולין בכנה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ה)
| Position | Tache trouvée sur sa chair | Source |
|---|---|---|
| Première opinion (anonyme) | Il faut ke-gris ve-od aussi bien sur le vêtement que sur la chair | Mehaber, séif 6 |
| « Certains disent » | Sur la chair seule, aux endroits dont on se préoccupe, il n'y a pas de mesure — même moins d'un gris rend impur | Mehaber, séif 6 |
« וי״א שלא אמרו אלא בכתם הנמצא על חלוקה אבל כתם הנמצא על בשרה בלבד במקומות שחוששין להם אין לו שיעור » (שו״ע יו״ד ק״צ:ו)
« הרגה פשפש שאנו תולין בו עד כתורמס חזר כתורמס לשיעור הגריס לכל הדינים שאמרנו » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ט)
Un seul principe unifie tout cela : la mesure n'est pas une simple métrologie, mais l'expression quantitative d'une attribution à une cause extérieure.« הואיל והוא כנגד בית תורפה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ט)
« ואין אומרים אילו נטף מן הגוף לא היה כזה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ט)
« לא בכ״מ שימצא שם כתם טמאה אלא במקום שאפשר שבא שם מן המקור » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״א)
« נמצא הכתם על חלוקה למטה מהחגור או במקום החגור עצמו טמאה אפי׳ נמצא לצד חוץ » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ב)
« ואם נמצא על חלוקה בלבד מהחגור ולמעלה טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ב)
« נמצא על בית יד של חלוקה אם המקום שנמצא בו הדם בבית יד מגיע עד בית תורפה טמאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ג)
« ואם אינה יכולה ליגע שם כלל טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ג)
« שתי נשים שכיסו ראשן בחלוק א׳ שתיהן טמאות » (שו״ע יו״ד ק״צ:ט״ו)
Traduction : une tache trouvée sur sa chair — allongée comme une lanière, ronde, en gouttes, ou dans le sens de la largeur de sa cuisse — dès lors qu'elle se trouve en regard du beit ha-tourfa, la rend impure, et l'on ne dit pas « si le sang avait coulé du corps, il n'aurait pas cette forme ». Mais ce n'est pas en tout lieu où une tache se trouve qu'elle est impure : seulement à un endroit où il est possible que le sang soit venu de la source. Une tache sur son vêtement, au-dessous de la ceinture ou à l'emplacement même de la ceinture, la rend impure même du côté extérieur ; sur le vêtement seul, au-dessus de la ceinture, elle est pure. Sur la manche : si l'endroit taché peut atteindre le beit ha-tourfa, elle est impure ; s'il ne peut l'atteindre en aucune façon, elle est pure. Et deux femmes qui se sont couvert la tête d'un même vêtement sont toutes deux impures.
« הָרוֹאָה כֶּתֶם עַל בְּשָׂרָה כְּנֶגֶד בֵּית הַתּוּרְפָּה — טְמֵאָה, וְשֶׁלֹּא כְּנֶגֶד בֵּית הַתּוּרְפָּה — טְהוֹרָה » (נדה נ״ז ע״ב)
« היתה פושטתו ומתכסה בו בלילה בכל מקום שימצא בו טמאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ד)
Il en va de même du fichu dont elle se ceint ; mais « ואם קשרה בו ראשה היטב » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ד) — si elle a noué sa tête fermement et l'a retrouvé bien noué au réveil, elle n'a pas à s'en préoccuper, et l'on revient à juger d'après le lieu. Tout tourne autour d'une même question : est-il possible que le sang soit venu de la source ?
« כתם שנמצא על דבר שאינו מקבל טומאה לא גזרו » (שו״ע יו״ד ק״צ:י)
« או בית הכסא שאינו מקבל טומאה » (רמ״א יו״ד ק״צ:י)
« וכן כתם שנמצא על בגד צבוע טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י)
Traduction : « Une tache trouvée sur un objet qui ne reçoit pas l'impureté : ils n'ont pas décrété. Comment ? Elle a examiné le sol nu — ou un siège de lieux d'aisance qui ne reçoit pas l'impureté (ajout du Rama, d'après le Mordekhi au nom du Semag et du Semak) — ou tout objet qui ne reçoit pas l'impureté, s'y est assise et y a trouvé une tache… et de même une tache trouvée sur un vêtement teint : elle est pure. »
⚠️ Deux précisions d'attribution, à ne pas confondre. Ce que Sefaria rend en petits caractères à l'intérieur du séif est du Rama, non du Mehaber : c'est le cas du siège des lieux d'aisance. En revanche, la fin du séif — « et de même une tache trouvée sur un vêtement teint : elle est pure » — est du Mehaber lui-même. C'est là que vit le heter des vêtements de couleur dont traite la section 10 ci-dessous : le séif 10 est le séif du siman où le vêtement teint est nommé.
« כׇּל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ מְקַבֵּל טוּמְאָה — אֵינוֹ מְקַבֵּל כְּתָמִים » (נדה נ״ח ע״א)
C'est ici que le siman devient, dans la pratique, le plus opératoire : les voies par lesquelles la tache s'attribue à une cause extérieure plutôt qu'au sang de la source (séifim 16 à 30).
« כיון שכתמים דרבנן מקילין בהם ותולה בכל דבר שיכולה לתלות » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ח)
« שחטה בהמה חיה או עוף או נתעסקה בכתמים או ישבה בצד המתעסקים בהם או שעברה בשוק של טבחים » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ח)
« ונמצא דם בבגדיה תולה בה וטהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ח)
Traduction : « Puisque les taches sont d'ordre rabbinique, on allège à leur sujet, et elle attribue la tache à tout ce à quoi elle peut l'attribuer. Comment ? Elle a abattu un animal, une bête sauvage ou un oiseau, ou bien elle a manipulé des taches, ou s'est assise à côté de ceux qui les manipulent, ou encore elle est passée dans le marché des bouchers — et du sang s'est trouvé sur ses vêtements : elle l'attribue à cela et elle est pure. »
« תולה במכתה שאני אומר נתהפך ובא לו שם » (שו״ע יו״ד ק״צ:ט״ז)
« כשם שתולה בה כך תולה בבנה ובבעל׳ אם נתעסקו בכתמים או אם יש בהם מכה לפי שדרכם ליגע בה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ט)
| Le cas | Le din | Source |
|---|---|---|
| Un homme sujet à un écoulement de sang, et du sang trouvé sur le ed au moment du rapport | Elle l'attribue à son mari (voir aussi le siman 187 sur le sang venant du mari) | Mehaber, séif 20 |
| Doute sur son passage au marché des bouchers ou sur sa station près de ceux qui manipulent des taches | Dans une ville où ils se tiennent à un endroit connu, elle n'attribue pas ; là où l'on a coutume de travailler ici et là, elle attribue même sur un doute | Mehaber, séif 22 |
| Elle a manipulé du rouge et il s'est trouvé du noir (ou l'inverse) | On n'attribue pas ; mais du rouge sur du rouge et du noir sur du noir, elle attribue même si la ressemblance n'est pas exacte | Mehaber, séif 23 |
| Elle a manipulé une volaille | Elle y attribue le rouge, le noir et le safrané (le sang de la chehita est rouge, celui des membres noir, celui des entrailles safrané) | Mehaber, séif 24 |
« מי שרגיל לצאת ממנו דם דרך פי האמה ובשעת תשמיש נמצא בעד האשה דם תולה בבעלה » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ)
« ספק אם עברה בשוק של טבחים או אם ישבה בצד המתעסקים בכתמים אינה תולה בהם » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ב)
« נתעסקה בדבר אדום ונמצא עליה כתם שחור או איפכא אין תולין בו » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ג)
« נתעסקה בתרנגולת תולה בו אדום ושחור וכרכומי » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ד)
« הרי זה תולה כגריס בדם שנתעסקה בו וכגריס במאכולת » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ו)
Et si elle a manipulé moins d'un gris et qu'il s'est trouvé ke-gris ve-od : « נתעסקה בפחות מכגריס ונמצא עליה כגריס ועוד טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ז) — car je dis que la tache vient de la manipulation, et qu'un sang de pou s'y trouvait déjà, qui s'y est joint.
Et lorsqu'un pou écrasé se trouve dans la tache : « שהגריס הא׳ ודאי מכינה המעוכה בו » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ח) — le gris qui est sous lui vient à coup sûr de ce pou, et le second gris s'attribue à un autre pou.
On voit que les attributions se cumulent l'une à l'autre ; à la condition qu'il ne reste pas ke-gris ve-od sans rien à quoi l'attribuer. Sur ce point même, le Rama rapporte la position rigoureuse et ne l'adopte pas : « ויש מחמירין ומטמאין בכל זה » (רמ״א יו״ד ק״צ:כ״ו), et il conclut : « ומכל מקום נראה דיש לסמוך אמקילין דבכתמים שומעין להקל » (רמ״א יו״ד ק״צ:כ״ו) — « quoi qu'il en soit, il apparaît qu'on peut s'appuyer sur ceux qui allègent, car en matière de taches on suit l'avis indulgent ».« אלא תולה מן הסתם עד שתדע שזה שחור וזה אדום » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל)
C'est là l'expression même de la règle « elle attribue à tout ce à quoi elle peut attribuer ».« מצאה כתם ואין לה במה לתלות והדבר מסופק אם הוא דם או צבע מעברת עליו ז׳ סמנים » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״א)
« אם עמד בעיניו הרי זה צבע וטהורה ואם אינה מעברת עליו טמאה מספק » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״א)
« ועכשיו אין לנו העברת ז׳ סמנים מפני שאין אנו בקיאים בקצת משמותם » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״א)
Traduction : « Elle a trouvé une tache et n'a rien à quoi l'attribuer, et l'on doute s'il s'agit de sang ou de teinture : on passe dessus les sept simanim. S'il est resté tel quel, c'est une teinture et elle est pure ; et si elle ne les passe pas dessus, elle est impure par doute. Or aujourd'hui, nous n'avons plus le passage des sept simanim, parce que nous ne connaissons plus certains de leurs noms. »
« תחזור להתעסק כמו שעשתה אם יזדמן שתעבור על המקום שנמצא בו הדם טמאה ואם לאו טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ב)
Traduction : elle refait ce qu'elle avait fait ; s'il se trouve qu'elle passe sur l'endroit où le sang a été trouvé, elle est impure ; sinon, elle est pure. Tout ceci repose sur le même fondement : la tache témoigne-t-elle d'un sang de la source, ou d'une cause extérieure ?« ונמצא עליו אפי׳ טיפה כחרדל בין עגול בין משוך טמאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ג)
« בדקה עצמה בעד הבדוק לה והניחתו תחת הכר או תחת הכסת ולמחר נמצא עליו דם » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ד)
« אם משוך טמאה שחזקתו מהקינוח ואם עגול ואין בו כגריס ועוד טהורה שאין זה אלא דם מאכולת » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ד)
« בדקה עצמה בעד שאינו בדוק לה אפילו הניחתו שמור בתיבתה ומצאה עליו דם » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ו)
« איזהו עד הבדוק כל שבדקתו בין היא בין חברתה ולא נודע שנכנס בו כתם » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ח)
« אין האשה טמאה משום כתם שמצאה בחלוקה אלא אם כן היה בדוק לה קודם שלבשתו » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ט)
Traduction : une femme qui s'est examinée avec un ed qui avait été examiné pour elle, et sur lequel s'est trouvée ne fût-ce qu'une goutte de la taille d'un grain de moutarde, ronde ou allongée — elle est impure. Elle s'est examinée avec un ed examiné et l'a posé sous l'oreiller ou sous le traversin, et le lendemain du sang s'y est trouvé : s'il est allongé, elle est impure, car il vient présumément de l'essuyage ; s'il est rond et n'atteint pas ke-gris ve-od, elle est pure, car ce n'est que du sang d'un pou écrasé sous l'oreiller. Avec un ed qui n'avait pas été examiné, même gardé dans son coffre, elle n'est impure que s'il y a ke-gris ve-od. Qu'est-ce qu'un ed examiné ? Tout ed qu'elle-même ou une autre a examiné, dont on ne sait pas qu'une tache y soit entrée. Et la femme n'est pas impure du fait d'une tache trouvée sur son vêtement, à moins que celui-ci n'ait été examiné avant qu'elle ne le revête.
| Position | Tache ronde sur un ed examiné, enduit à la cuisse | Source |
|---|---|---|
| Première position du Mehaber | Allongée — impure en quelque quantité que ce soit ; ronde — pure s'il n'y a pas ke-gris ve-od | Mehaber, séif 35 |
| « Certains disent », rapporté par le Mehaber lui-même | Même ronde, elle est impure en quelque quantité que ce soit | Mehaber, séif 35 |
| Le Rama (glose) | Tranche en faveur de la seconde : « et c'est là le principal » | Rama, séif 35 |
« בדקה עצמה בעד הבדוק לה וטחתו בירכה ולמחר נמצא עליו דם אם משוך טמאה אפילו בכל שהוא » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ה)
« ואם עגול טהורה אם אין בו כגריס ועוד » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ה)
« ויש אומרים שאף עגול טמא בכל שהוא » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ה)
« וכן עיקר » (רמ״א יו״ד ק״צ:ל״ה)
⚠️ Attention à l'attribution. La formule « certains disent que même ronde elle est impure en quelque quantité que ce soit » est dans le texte du Mehaber ; du Rama, il n'y a que les deux mots « et c'est là le principal », qui viennent après la marque haga. La mahloket n'est donc pas Mehaber contre Rama : elle est intérieure au Mehaber, et le Rama y prend parti.
« הראשונה טהורה והשניה טמאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ) — la première est pure et la seconde impure.
L'a-t-elle prêté à une nidda ou à une non-juive dont le temps de voir est venu : « והשאילתו לישראלית נדה או לעובדת כוכבים שהגיע זמנה לראות » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״א), et le din est : « תולה בהן וטהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״א) — elle leur attribue la tache et elle est pure.
Et lorsqu'elle l'a lavé puis prêté, la forme de la tache tranche : « אם מגליד בידוע שמהשניה היא והיא טמאה והראשונה טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ז)
« ואם הוא מקדיר בידוע שמהראשונה היא והיא טמאה והשניה טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ז)
⚠️ Le sens exact, et il est contre-intuitif : si la tache est maglid — en croûte posée à la surface — c'est qu'elle vient de la seconde, et c'est la seconde qui est impure ; si elle est makdir — pénétrée dans l'étoffe — c'est qu'elle vient de la première, et c'est la première qui est impure. Le critère est la lessive : une tache qui a pénétré le tissu est antérieure au lavage, donc de la première porteuse (le Mehaber l'explicite au séif 46).
Et de même elle attribue à elle-même : aux jours de sa nidda, aux jours d'avant sa grossesse, et — dit le Rama — aux jours où elle n'était pas encore âgée.
« לבשה חלוק בימי נדתה ולא בדקתו ולבשתו בימי טהרתה ונמצא בו כתם תולה שמימי נדותה הוא » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ד)
« וכן המניקה תולה בעצמה כמו שתולה בחברתה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ה)
« וכן זקנה תולה בעצמה בימים שלא היתה זקנה » (רמ״א יו״ד ק״צ:מ״ה)
Tout cela n'est qu'une seule branche : l'attribution à un autre porteur ou à un autre temps, qui n'obligeait pas à l'examen.« ב׳ נשים שלבשו חלוק אחד בדוק ונמצא בו כתם » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ח)
« אם הוא מהחגור ולמטה לשתיהן שתיהן טמאות ואם הוא למעלה מהחגור לשתיהן שתיהן טהורות » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ח)
« שלש נשים שלבשו חלוק אחד או שישבו על ספסל אחד זו אחר זו ואח״כ נמצא עליו כתם כולן טמאות » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ט)
« והוא שיהא הספסל מדבר המקבל טומאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ט)
« אותה שאינה ראויה לראות תולה בראויה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ט)
« אם נתעסקה אחת בכתמים כולן טהורות שכולן תולות בה והיא תולה בכתמים » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ״ג)
Traduction : deux femmes qui ont porté un même vêtement examiné et où une tache s'est trouvée : si elle est au-dessous de la ceinture pour les deux, toutes deux sont impures ; si elle est au-dessus de la ceinture pour les deux, toutes deux sont pures. Trois femmes qui ont porté un même vêtement, ou qui se sont assises l'une après l'autre sur un même banc, et où une tache s'est ensuite trouvée : toutes sont impures — à condition que le banc soit d'une matière qui reçoit l'impureté. Et si l'une d'elles est plus apte à voir qu'une autre, celle qui n'est pas apte attribue la tache à celle qui l'est. Et si l'une d'elles a manipulé des taches, toutes sont pures, car toutes attribuent à celle-là, et celle-là attribue aux taches.
« זקנה שעברו עליה שלשה עונות ולא ראתה ואחת ילדה זקנה טהורה וילדה טמאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ״ב)
Traduction : « l'une âgée, sur qui trois onot ont passé sans qu'elle ait vu, et l'autre jeune : l'âgée est pure et la jeune impure » — c'est donc la jeune, apte à voir, qui porte la tache.« ונמצא דם תחת אחת מהן כולן טמאות » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ) — toutes sont impures, car il est impossible de savoir de laquelle il vient.
Et si elles ne sont pas entremêlées : « ואם אינן משולבות זו בזו ונמצא דם תחת האמצעית כולן טמאות » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ) — trouvé sous celle du milieu, toutes trois sont impures ; trouvé sous l'intérieure, elle et celle du milieu sont impures et l'extérieure est pure ; trouvé sous l'extérieure, elle et celle du milieu sont impures et l'intérieure est pure.
Et l'examen redistribue le soupçon : « אבל אם בדקה אחת או שתים ומצאו טהורות הן טהורות והאחרת שלא בדקה טמאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ״א) — si une ou deux se sont examinées et se sont trouvées pures, elles sont pures et celle qui ne s'est pas examinée est impure. Tout ceci n'est qu'un déploiement de la même répartition du soupçon, selon la proximité, le lieu, et l'aptitude à voir.
« אין בכתמים משום וסת » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ״ד)
« מצאה כתם בר״ח אפילו שלש פעמים לא קבעתו ולא עוקרתו » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ״ד)
« חוץ מכתמי עד הבדוק לה שהם מטמאים בכל שהן והרי הן כראיות לכל דבר » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ״ד)
Traduction : « Il n'y a pas de vesset par les taches. Comment ? Elle a trouvé une tache à Roch Hodech, même trois fois : elle n'a ni fixé de vesset ni déraciné celui qu'elle avait — à l'exception des taches du ed examiné pour elle, qui rendent impures en quelque quantité que ce soit et sont en tout point comme des vues. » (Sur la fixation et le déracinement du vesset, voir le siman 189.)
C'est un assouplissement dont la portée pratique est aujourd'hui considérable, et sa racine est dans la guemara, chez les Richonim, puis dans le Choulhan Aroukh lui-même — au séif 10.
« בֶּגֶד צָבוּעַ מְטַמֵּא מִשּׁוּם כֶּתֶם. רַבִּי נָתָן בַּר יוֹסֵף אוֹמֵר: אֵינוֹ מְטַמֵּא מִשּׁוּם כֶּתֶם » (נדה ס״א ע״ב)
et la guemara en donne la raison : « שֶׁלֹּא הוּתְּרוּ בִּגְדֵי צִבְעוֹנִין לְאִשָּׁה אֶלָּא לְהָקֵל עַל כִּתְמֵיהֶן » (נדה ס״א ע״ב) — les vêtements de couleur n'ont été permis à la femme que pour alléger ses taches.
Le Choulhan Aroukh l'inscrit dans le corps du séif 10 : « וכן כתם שנמצא על בגד צבוע טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י) — « et de même une tache trouvée sur un vêtement teint : elle est pure ».
Et le Rama en tire aussitôt la conduite : « לפיכך תלבש האשה בגדי צבעונין כדי להצילה מכתמים » (רמ״א יו״ד ק״צ:י) — « c'est pourquoi la femme portera des vêtements de couleur, afin de se préserver des taches ».
Le motif tient à la nature même du décret : c'est une institution des Sages posée à l'intérieur de bornes déterminées — comme celle de l'objet qui reçoit l'impureté, plus haut — et le blanc est l'une de ces bornes.| L'assouplissement | Le résultat | Source |
|---|---|---|
| Moins de ke-gris ve-od | Pure (on attribue au sang de pou) | Mehaber, séif 5 |
| Non-cumul des gouttes séparées | Chaque goutte s'attribue à un pou distinct | Mehaber, séif 8 |
| Punaise tuée ou son odeur sentie | Elle attribue jusqu'à la taille d'un tourmous | Mehaber, séifim 7 et 29 |
| Pas en regard du beit ha-tourfa | Pure (le sang n'a pas pu venir de la source) | Mehaber, séifim 9, 11, 12 et 13 |
| Objet qui ne reçoit pas l'impureté | Sol nu — ils n'ont pas décrété ; siège de lieux d'aisance — ajout du Rama, d'après le Mordekhi au nom du Semag et du Semak | Mehaber et Rama, séif 10 |
| Attribution à une plaie, à un sang venu du dehors, à une manipulation | Pure — « elle attribue à tout ce à quoi elle peut attribuer » | Mehaber, séifim 16 et 18 à 24 |
| Vêtement teint | Ne rend pas impure — le décret n'a pas porté sur lui | Mehaber, séif 10 ; Nidda 61b |
| Sujet | Régime de la tache ordinaire (léger) | Régime du ed examiné (lourd) |
|---|---|---|
| Mesure | Il faut ke-gris ve-od | En quelque quantité que ce soit, même un grain de moutarde |
| Attributions | Elle attribue à tout ce qui est possible | Comme une vue : pas d'attribution |
| Vesset | Il n'y a pas de vesset par les taches | Comme des vues en tout point, y compris pour le vesset |
| Tache ronde (ed enduit à la cuisse, séif 35) | Première position du Mehaber — pure en deçà d'un gris | « Certains disent » dans le Mehaber — impure en quelque quantité que ce soit ; le Rama : « et c'est là le principal » |
| Chair et vêtement (séif 6) | Vêtement — il faut la mesure | « Certains disent » sur la chair — il n'y a pas de mesure |
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