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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Choulhan Aroukh · Yoré Déa

Les lois des taches et l'examen de la femme — étude et pilpoul
סימן ק״צ
Siman 190 — la tache est rabbinique, la hargacha est toranique : la mesure, le lieu, les attributions, les vêtements de couleur
Étude, pilpoul, positions des Richonim et des Aharonim
⚡ Pour les lamdanim et les talmidei hakhamim ⚡
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Pilpoul et étude approfondie

Sougyot, sources, chakira de fond, mahlokot des Richonim et des Aharonim,
nafka minot pour la pratique et examen des positions

Le sujet :
Choulhan Aroukh, Yoré Déa, siman 190 (ק״צ) — 54 seifim
avec les nossei kelim : Chakh (Siftei Kohen), Taz (Tourei Zahav), Pithei Techouva, et les grands Aharonim des lois de nidda

Le fond de la sougya dans le Talmud :
Nidda 57b (la michna des taches, le lieu de la tache et la ceinture) · Nidda 58a (ce qui ne reçoit pas l'impureté) · Nidda 58b–59a (la mesure de ke-gris ve-od et le sang de pou) · Nidda 59b (le banc) · Nidda 61a (les femmes couchées entremêlées) · Nidda 61b–62a (le vêtement teint et les sept simanim)

Rédaction et étude :
Rav Yossef Haim Samama · DAAT

📑 Table des matières

  1. Le fondement du décret — hargacha toranique et tache rabbinique ; la fillette, celle qui s'écoule, et les trois onot (séifim 1 à 4)
  2. La mesure de ke-gris ve-od — la logique du pou et de la punaise, et le non-cumul des gouttes (séifim 5 à 8)
  3. Le lieu de la tache et sa forme — en regard du beit ha-tourfa, la ceinture, la manche, le fichu et deux femmes (séifim 9, 11 à 15)
  4. Un objet qui ne reçoit pas l'impureté — le sol et les lieux d'aisance (séif 10)
  5. Les attributions extérieures — plaie, sang venu du dehors, poux et punaises, manipulation de taches (séifim 16 à 30)
  6. L'examen de la tache et les sept simanim — doute entre teinture et sang, et le passage des simanim (séifim 31 à 32)
  7. Le ed badouk et le prêt du vêtement — tache allongée et tache ronde, ed examiné et non examiné, prêt et attribution (séifim 33 à 47)
  8. Deux et trois femmes — vêtement, banc, lit entremêlé, et l'attribution à celle qui est apte (séifim 48 à 53)
  9. Les taches ne fixent pas de vesset — et les taches du ed badouk (séif 54)
  10. Le heter des vêtements de couleur — le décret n'a porté que sur le blanc (séif 10, fin)
  11. Chakira et nafka mina pour la pratique
  12. Tableaux de synthèse

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — séif 1

↩ Explication détaillée (niveau 1)

« דבר תורה אין האשה מטמאה ולא אסורה לבעלה עד שתרגיש שיצא דם מבשרה » (שו״ע יו״ד ק״צ:א)

« וחכמים גזרו על כתם שנמצא בגופה או בבגדיה שהיא טמאה ואסורה לבעלה אפילו לא הרגישה » (שו״ע יו״ד ק״צ:א)

Traduction : « Selon la Torah, la femme ne devient pas impure et n'est pas interdite à son mari tant qu'elle n'a pas senti que du sang est sorti de sa chair » ; « et les Sages ont décrété, au sujet d'une tache trouvée sur son corps ou sur ses vêtements, qu'elle est impure et interdite à son mari même si elle n'a rien senti ».

1. Le fondement du décret — hargacha toranique, tache rabbinique

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le fondement — ce que les Sages ont décrété (séifim 1 à 4)

Le socle du siman : selon la Torah, la femme ne devient impure que par la hargacha — la sensation que du sang est sorti de sa chair (voir le siman 183 pour le fond du din de hargacha). Vient alors le décret des Sages, et il innove ceci : une tache trouvée sur son corps ou sur ses vêtements la rend impure et interdite à son mari même sans hargacha. L'interdit de la tache est donc, en lui-même, d'ordre rabbinique — et de là découle tout le caractère du siman : un doute sur une règle rabbinique s'allège, et c'est pourquoi les assouplissements y sont si nombreux — dans la mesure, dans le lieu, dans les attributions et dans les vêtements de couleur.
Chakira de fond — quelle est la nature de l'« impureté de la tache » ? Les Sages ont-ils décrété que la tache témoigne qu'elle a vu du sang avec hargacha sans s'en être aperçue (une crainte de fait), ou bien ont-ils institué un décret nouveau, qui ne dépend en rien de la réalité d'une hargacha ? Nafka mina : si la tache ne fait que « témoigner », alors partout où il est impossible que le sang soit venu de la source utérine, il n'y a pas lieu de craindre ; si c'est un décret autonome, il faut au contraire un motif exprès pour le restreindre. Or le siman tout entier marche dans la première voie — et c'est pourquoi chacun des assouplissements (le lieu, la réception de l'impureté, l'attribution) se lit comme la démonstration qu'il n'y a ici aucun témoignage d'un sang de la source.
Qui n'entre pas dans le décret (séifim 2 à 4) : la fillette dont le temps de voir n'est pas venu — moins de douze ans, ou plus de douze ans si on l'a examinée et qu'elle n'a pas produit deux poils — n'a pas de tache impure, puisqu'elle n'est pas présumée voir.

« תינוקת שלא הגיע זמנה לראות » (שו״ע יו״ד ק״צ:ב)

Et le Mehaber ajoute : « ואפילו אם ראתה כבר ב״פ אבל לאחר שראתה שלש פעמים חוששת לכתם » (שו״ע יו״ד ק״צ:ב)

De même, celle qui s'écoule ou goutte sans interruption ne compte que pour une seule vue, tant qu'elle n'a pas cessé : « היתה שופעת כמה ימים או שהית׳ מזלפת טיף אחר טיף בלא הפסק אינו אלא כראיה אחת עד שתפסיק » (שו״ע יו״ד ק״צ:ג)

Mais si elle a cessé un instant, puis a vu trois fois, elle est présumée voir : « אבל אם פסקה מעט וחזרה וראתה שלש פעמים אפילו ביום א׳ הרי זו מוחזקת בדמים וכתמה טמא » (שו״ע יו״ד ק״צ:ג)

Et la fillette qui a vu trois fois, puis s'est arrêtée « שיעור שלש עונות שהם צ׳ יום חוזרת לקדמותה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ד) — c'est-à-dire quatre-vingt-dix jours — revient à son état premier, et sa tache est pure jusqu'à ce qu'elle voie de nouveau trois fois.

Le grand principe du siman — c'est rabbinique, donc on allège :
Le Mehaber formule lui-même la règle au séif 18 :

« כיון שכתמים דרבנן מקילין בהם ותולה בכל דבר שיכולה לתלות » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ח)

Traduction : « Puisque les taches sont d'ordre rabbinique, on allège à leur sujet, et elle attribue la tache à tout ce à quoi elle peut l'attribuer. » C'est la clef de tout le siman : l'interdit de la tache étant rabbinique, et un doute sur une règle rabbinique s'allégeant, tout doute — sur la mesure, sur le lieu, sur la réception de l'impureté, sur l'attribution, sur la couleur — rend pur. L'étude lamdanique de ce siman consiste, pour l'essentiel, à cartographier les assouplissements et à dégager la racine de chacun d'eux.

2. La mesure de ke-gris ve-od — la logique du pou

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (séifim 5 à 8)

« לא גזרו על הכתם אלא אם כן יש בו כגריס ועוד » (שו״ע יו״ד ק״צ:ה)

« ושיעור הגריס הוא כט׳ עדשים » (שו״ע יו״ד ק״צ:ה)

« ושיעור עדשה כ״ד שערות » (שו״ע יו״ד ק״צ:ה)

« וכל זמן שאין בו כזה השיעור אנו תולין לומר דם כנה הוא אף על פי שלא הרגה כנה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ה)

« אם הרגה פשפש או הריחה ריחו תולה בו עד כתורמוס » (שו״ע יו״ד ק״צ:ז)

« שאנו תולין כל טיפה וטיפה בכנה עד שיהא בו כגריס ועוד במקום אחד » (שו״ע יו״ד ק״צ:ח)

Traduction : les Sages n'ont décrété sur la tache qu'à partir de la taille d'un gris et un peu plus ; la mesure du gris est celle de neuf lentilles (trois sur trois), et la mesure d'une lentille est de vingt-quatre poils. Tant que la tache n'atteint pas cette mesure, on l'attribue au sang d'un pou, même si elle n'a écrasé aucun pou. Si elle a tué une punaise ou en a senti l'odeur, elle attribue la tache à la punaise jusqu'à la taille d'un tourmous (un lupin). Et si la tache n'atteint pas ke-gris ve-od en un seul endroit, même s'il y a là de nombreuses gouttes voisines qui, cumulées, dépasseraient un gris — elle est pure, car nous attribuons chaque goutte à un pou distinct, tant qu'il n'y a pas ke-gris ve-od en un seul endroit.

Le fondement — pourquoi précisément « ke-gris ve-od » :
La raison de la mesure est le דם מאכולת — le sang d'un pou : un pou écrasé sur la peau rend du sang jusqu'à la taille d'un gris, et c'est pourquoi toute tache qui n'excède pas un gris est attribuée au pou et non au sang de la source. Le « ve-od », ce léger supplément au gris, sert à écarter le soupçon que deux poux se soient joints ; une fois la mesure de ke-gris ve-od franchie, on ne peut plus l'attribuer à un pou unique. La mesure est donc en elle-même une attribution incorporée au pou : le corps même du décret porte en lui son propre assouplissement. Et le Mehaber le dit en clair :

« אבל כשיש בו כזה השיעור אין תולין בכנה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ה)

Où la mesure est-elle requise — sur le vêtement ou sur la chair (séif 6) ?
PositionTache trouvée sur sa chairSource
Première opinion (anonyme) Il faut ke-gris ve-od aussi bien sur le vêtement que sur la chair Mehaber, séif 6
« Certains disent » Sur la chair seule, aux endroits dont on se préoccupe, il n'y a pas de mesure — même moins d'un gris rend impur Mehaber, séif 6

« וי״א שלא אמרו אלא בכתם הנמצא על חלוקה אבל כתם הנמצא על בשרה בלבד במקומות שחוששין להם אין לו שיעור » (שו״ע יו״ד ק״צ:ו)

Le non-cumul des gouttes (séifim 7 et 8) : même lorsque plusieurs gouttes voisines dépasseraient ensemble un gris, on ne les additionne pas, car chaque goutte est attribuée à un pou distinct, tant qu'il n'y a pas ke-gris ve-od en un seul endroit. Pour la punaise, dont le sang est plus abondant que celui du pou, on attribue jusqu'à la taille d'un כתורמוס — une légumineuse plus grosse que le gris. Et le séif 29 pousse la logique un cran plus loin : une fois la punaise tuée, la mesure elle-même est relevée.

« הרגה פשפש שאנו תולין בו עד כתורמס חזר כתורמס לשיעור הגריס לכל הדינים שאמרנו » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ט)

Un seul principe unifie tout cela : la mesure n'est pas une simple métrologie, mais l'expression quantitative d'une attribution à une cause extérieure.

3. Le lieu de la tache et sa forme — en regard du beit ha-tourfa

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (séifim 9, 11 à 15)

« הואיל והוא כנגד בית תורפה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ט)

« ואין אומרים אילו נטף מן הגוף לא היה כזה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ט)

« לא בכ״מ שימצא שם כתם טמאה אלא במקום שאפשר שבא שם מן המקור » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״א)

« נמצא הכתם על חלוקה למטה מהחגור או במקום החגור עצמו טמאה אפי׳ נמצא לצד חוץ » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ב)

« ואם נמצא על חלוקה בלבד מהחגור ולמעלה טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ב)

« נמצא על בית יד של חלוקה אם המקום שנמצא בו הדם בבית יד מגיע עד בית תורפה טמאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ג)

« ואם אינה יכולה ליגע שם כלל טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ג)

« שתי נשים שכיסו ראשן בחלוק א׳ שתיהן טמאות » (שו״ע יו״ד ק״צ:ט״ו)

Traduction : une tache trouvée sur sa chair — allongée comme une lanière, ronde, en gouttes, ou dans le sens de la largeur de sa cuisse — dès lors qu'elle se trouve en regard du beit ha-tourfa, la rend impure, et l'on ne dit pas « si le sang avait coulé du corps, il n'aurait pas cette forme ». Mais ce n'est pas en tout lieu où une tache se trouve qu'elle est impure : seulement à un endroit où il est possible que le sang soit venu de la source. Une tache sur son vêtement, au-dessous de la ceinture ou à l'emplacement même de la ceinture, la rend impure même du côté extérieur ; sur le vêtement seul, au-dessus de la ceinture, elle est pure. Sur la manche : si l'endroit taché peut atteindre le beit ha-tourfa, elle est impure ; s'il ne peut l'atteindre en aucune façon, elle est pure. Et deux femmes qui se sont couvert la tête d'un même vêtement sont toutes deux impures.

Le fondement — « un endroit où il est possible que le sang vienne de la source » :
C'est la réponse complète à la chakira posée en ouverture : la tache ne rend impure qu'à titre de témoignage possible d'un sang de la source. D'où —
• en regard du beit ha-tourfa (toute la longueur de la jambe et le talon vers l'intérieur, les endroits qui se collent l'un à l'autre quand elle se tient debout) — impure, car le sang a pu venir de là ;
• au-dessous de la ceinture — impure même du côté extérieur, car le vêtement se retourne et vient toucher l'endroit qui convient ;
• manche et fichu — cela dépend de la possibilité que l'étoffe atteigne le beit ha-tourfa.
Là où il est impossible que le sang soit venu de la source, il n'y a pas de témoignage, et donc pas d'impureté. La michna de Nidda pose déjà l'alternative :

« הָרוֹאָה כֶּתֶם עַל בְּשָׂרָה כְּנֶגֶד בֵּית הַתּוּרְפָּה — טְמֵאָה, וְשֶׁלֹּא כְּנֶגֶד בֵּית הַתּוּרְפָּה — טְהוֹרָה » (נדה נ״ז ע״ב)

Le vêtement dont elle se couvre la nuit (séif 14) : un vêtement dont elle se couvre la nuit rend impure en quelque endroit que la tache s'y trouve, parce qu'il se déplace de-ci de-là et revient toucher tout son corps.

« היתה פושטתו ומתכסה בו בלילה בכל מקום שימצא בו טמאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ד)

Il en va de même du fichu dont elle se ceint ; mais « ואם קשרה בו ראשה היטב » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ד) — si elle a noué sa tête fermement et l'a retrouvé bien noué au réveil, elle n'a pas à s'en préoccuper, et l'on revient à juger d'après le lieu. Tout tourne autour d'une même question : est-il possible que le sang soit venu de la source ?

4. Un objet qui ne reçoit pas l'impureté — le sol et les lieux d'aisance

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et la glose du Rama (séif 10)

« כתם שנמצא על דבר שאינו מקבל טומאה לא גזרו » (שו״ע יו״ד ק״צ:י)

« או בית הכסא שאינו מקבל טומאה » (רמ״א יו״ד ק״צ:י)

« וכן כתם שנמצא על בגד צבוע טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י)

Traduction : « Une tache trouvée sur un objet qui ne reçoit pas l'impureté : ils n'ont pas décrété. Comment ? Elle a examiné le sol nu — ou un siège de lieux d'aisance qui ne reçoit pas l'impureté (ajout du Rama, d'après le Mordekhi au nom du Semag et du Semak) — ou tout objet qui ne reçoit pas l'impureté, s'y est assise et y a trouvé une tache… et de même une tache trouvée sur un vêtement teint : elle est pure. »

⚠️ Deux précisions d'attribution, à ne pas confondre. Ce que Sefaria rend en petits caractères à l'intérieur du séif est du Rama, non du Mehaber : c'est le cas du siège des lieux d'aisance. En revanche, la fin du séif — « et de même une tache trouvée sur un vêtement teint : elle est pure » — est du Mehaber lui-même. C'est là que vit le heter des vêtements de couleur dont traite la section 10 ci-dessous : le séif 10 est le séif du siman où le vêtement teint est nommé.

Chakira — pourquoi avoir accroché le décret de la tache aux lois de l'impureté ? À première vue, une tache trouvée sur le sol témoigne d'un sang exactement comme une tache trouvée sur un vêtement ! Mais les Sages ont borné leur décret par les lois de tou'ma : ils n'ont décrété que sur ce qui מקבל טומאה — un vêtement, la chair — tandis que le sol nu, un siège de lieux d'aisance attaché au sol et leurs semblables ne peuvent pas recevoir l'impureté, et sur eux ils n'ont pas décrété du tout. Le périmètre du décret ne se règle donc pas seulement sur la vraisemblance des faits, mais sur la catégorie formelle de « récipient susceptible de tou'ma » — signe qu'il s'agit d'un décret à bornes formelles, d'où un assouplissement large dans la pratique. La source talmudique est la position de Rabbi Nehemia :

« כׇּל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ מְקַבֵּל טוּמְאָה — אֵינוֹ מְקַבֵּל כְּתָמִים » (נדה נ״ח ע״א)

Portée pratique : l'ajout du Rama — le siège des lieux d'aisance — vient du Mordekhi, dans les lois de nidda, au nom du Semag et du Semak. Pour la pratique : une femme qui trouve du sang sur un siège de toilettes ou sur le carrelage (qui ne reçoivent pas l'impureté) n'a pas là un din de tache ; mais la distinction entre un ustensile qui reçoit l'impureté et un autre qui ne la reçoit pas est subtile, et pour la pratique — demande à ton Rav.

5. Les attributions extérieures — plaie, sang venu du dehors, poux, manipulation

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C'est ici que le siman devient, dans la pratique, le plus opératoire : les voies par lesquelles la tache s'attribue à une cause extérieure plutôt qu'au sang de la source (séifim 16 à 30).

Le texte du Mehaber (séif 18 — la racine des attributions)

« כיון שכתמים דרבנן מקילין בהם ותולה בכל דבר שיכולה לתלות » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ח)

« שחטה בהמה חיה או עוף או נתעסקה בכתמים או ישבה בצד המתעסקים בהם או שעברה בשוק של טבחים » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ח)

« ונמצא דם בבגדיה תולה בה וטהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ח)

Traduction : « Puisque les taches sont d'ordre rabbinique, on allège à leur sujet, et elle attribue la tache à tout ce à quoi elle peut l'attribuer. Comment ? Elle a abattu un animal, une bête sauvage ou un oiseau, ou bien elle a manipulé des taches, ou s'est assise à côté de ceux qui les manipulent, ou encore elle est passée dans le marché des bouchers — et du sang s'est trouvé sur ses vêtements : elle l'attribue à cela et elle est pure. »

Le fondement — « elle attribue la tache à tout ce à quoi elle peut l'attribuer » :
Puisque les taches sont d'ordre rabbinique, il n'est pas requis d'attribution certaine, mais seulement une possibilité raisonnable que le sang vienne d'une cause extérieure. D'où l'ordre des attributions :
• la plaie (séifim 16 et 21) — s'il y a sur elle une plaie qui a coutume de saigner, elle y attribue la tache, « car je dis qu'il s'est retourné et est venu là » ;
• le sang venu du dehors (séif 18) — marché des bouchers, manipulation de taches, station à côté de ceux qui les manipulent ;
• poux et punaises (séifim 7, 8 et 28) — le sang de pou, comme plus haut dans la mesure ;
• l'attribution à son fils et à son mari (séif 19) — s'ils ont manipulé des taches ou s'ils portent une plaie, car ils ont coutume de la toucher.

« תולה במכתה שאני אומר נתהפך ובא לו שם » (שו״ע יו״ד ק״צ:ט״ז)

« כשם שתולה בה כך תולה בבנה ובבעל׳ אם נתעסקו בכתמים או אם יש בהם מכה לפי שדרכם ליגע בה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י״ט)

Les bornes de l'attribution — quand attribue-t-on et quand n'attribue-t-on pas ?
Le casLe dinSource
Un homme sujet à un écoulement de sang, et du sang trouvé sur le ed au moment du rapport Elle l'attribue à son mari (voir aussi le siman 187 sur le sang venant du mari) Mehaber, séif 20
Doute sur son passage au marché des bouchers ou sur sa station près de ceux qui manipulent des taches Dans une ville où ils se tiennent à un endroit connu, elle n'attribue pas ; là où l'on a coutume de travailler ici et là, elle attribue même sur un doute Mehaber, séif 22
Elle a manipulé du rouge et il s'est trouvé du noir (ou l'inverse) On n'attribue pas ; mais du rouge sur du rouge et du noir sur du noir, elle attribue même si la ressemblance n'est pas exacte Mehaber, séif 23
Elle a manipulé une volaille Elle y attribue le rouge, le noir et le safrané (le sang de la chehita est rouge, celui des membres noir, celui des entrailles safrané) Mehaber, séif 24

« מי שרגיל לצאת ממנו דם דרך פי האמה ובשעת תשמיש נמצא בעד האשה דם תולה בבעלה » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ)

« ספק אם עברה בשוק של טבחים או אם ישבה בצד המתעסקים בכתמים אינה תולה בהם » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ב)

« נתעסקה בדבר אדום ונמצא עליה כתם שחור או איפכא אין תולין בו » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ג)

« נתעסקה בתרנגולת תולה בו אדום ושחור וכרכומי » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ד)

Le cumul de la manipulation et du pou (séifim 26 à 28) : elle a manipulé un sang dont il ne pouvait sortir qu'un gris, et il s'est trouvé sur elle l'équivalent de deux gris : elle attribue un gris à la manipulation et un gris au pou.

« הרי זה תולה כגריס בדם שנתעסקה בו וכגריס במאכולת » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ו)

Et si elle a manipulé moins d'un gris et qu'il s'est trouvé ke-gris ve-od : « נתעסקה בפחות מכגריס ונמצא עליה כגריס ועוד טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ז) — car je dis que la tache vient de la manipulation, et qu'un sang de pou s'y trouvait déjà, qui s'y est joint.

Et lorsqu'un pou écrasé se trouve dans la tache : « שהגריס הא׳ ודאי מכינה המעוכה בו » (שו״ע יו״ד ק״צ:כ״ח) — le gris qui est sous lui vient à coup sûr de ce pou, et le second gris s'attribue à un autre pou.

On voit que les attributions se cumulent l'une à l'autre ; à la condition qu'il ne reste pas ke-gris ve-od sans rien à quoi l'attribuer. Sur ce point même, le Rama rapporte la position rigoureuse et ne l'adopte pas : « ויש מחמירין ומטמאין בכל זה » (רמ״א יו״ד ק״צ:כ״ו), et il conclut : « ומכל מקום נראה דיש לסמוך אמקילין דבכתמים שומעין להקל » (רמ״א יו״ד ק״צ:כ״ו) — « quoi qu'il en soit, il apparaît qu'on peut s'appuyer sur ceux qui allègent, car en matière de taches on suit l'avis indulgent ».
Elle n'a pas à faire correspondre les couleurs (séif 30) : elle n'est pas tenue de rapprocher la tache de la chose à laquelle elle l'attribue (la hakafa, c'est-à-dire la comparaison exacte des teintes) — elle attribue a priori et sans vérification, puisque les taches sont rabbiniques, tant qu'elle ne sait pas avec certitude que l'un est noir et l'autre rouge.

« אלא תולה מן הסתם עד שתדע שזה שחור וזה אדום » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל)

C'est là l'expression même de la règle « elle attribue à tout ce à quoi elle peut attribuer ».

6. L'examen de la tache et les sept simanim — doute entre teinture et sang

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (séifim 31 et 32)

« מצאה כתם ואין לה במה לתלות והדבר מסופק אם הוא דם או צבע מעברת עליו ז׳ סמנים » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״א)

« אם עמד בעיניו הרי זה צבע וטהורה ואם אינה מעברת עליו טמאה מספק » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״א)

« ועכשיו אין לנו העברת ז׳ סמנים מפני שאין אנו בקיאים בקצת משמותם » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״א)

Traduction : « Elle a trouvé une tache et n'a rien à quoi l'attribuer, et l'on doute s'il s'agit de sang ou de teinture : on passe dessus les sept simanim. S'il est resté tel quel, c'est une teinture et elle est pure ; et si elle ne les passe pas dessus, elle est impure par doute. Or aujourd'hui, nous n'avons plus le passage des sept simanim, parce que nous ne connaissons plus certains de leurs noms. »

Chakira — sang ou teinture, et l'examen des mar'ot : l'épreuve des sept simanim était destinée à faire sortir la tache de la présomption de sang pour la faire entrer dans celle de teinture. À notre époque, la maîtrise de ces simanim s'est perdue — le Mehaber le dit lui-même en clôture du séif 31. En pratique, un doute sur une tache se porte donc devant un talmid hakham compétent, en combinaison avec le din des mar'ot du siman 188 (la tache relève-t-elle des couleurs impures ou des couleurs pures ?). Les deux simanim se rejoignent ici : le siman 188 traite de la couleur du sang impur, et notre siman de la question préalable — est-ce seulement du sang, ou une simple teinture ? La page ne tranche rien : pour la pratique, demande à ton Rav.
Un endroit examiné où l'on a trouvé du sang (séif 32) : une femme occupée à son travail, et du sang s'est trouvé à un endroit par lequel elle est passée, sur un objet qui avait été examiné au préalable — et le Rama précise : et qui reçoit l'impureté. Le Mehaber ne la renvoie pas ici à un hakham, mais à une reconstitution :

« תחזור להתעסק כמו שעשתה אם יזדמן שתעבור על המקום שנמצא בו הדם טמאה ואם לאו טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ב)

Traduction : elle refait ce qu'elle avait fait ; s'il se trouve qu'elle passe sur l'endroit où le sang a été trouvé, elle est impure ; sinon, elle est pure. Tout ceci repose sur le même fondement : la tache témoigne-t-elle d'un sang de la source, ou d'une cause extérieure ?

7. Le ed badouk et le prêt du vêtement — tache allongée et tache ronde

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (séifim 33 à 47)

« ונמצא עליו אפי׳ טיפה כחרדל בין עגול בין משוך טמאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ג)

« בדקה עצמה בעד הבדוק לה והניחתו תחת הכר או תחת הכסת ולמחר נמצא עליו דם » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ד)

« אם משוך טמאה שחזקתו מהקינוח ואם עגול ואין בו כגריס ועוד טהורה שאין זה אלא דם מאכולת » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ד)

« בדקה עצמה בעד שאינו בדוק לה אפילו הניחתו שמור בתיבתה ומצאה עליו דם » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ו)

« איזהו עד הבדוק כל שבדקתו בין היא בין חברתה ולא נודע שנכנס בו כתם » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ח)

« אין האשה טמאה משום כתם שמצאה בחלוקה אלא אם כן היה בדוק לה קודם שלבשתו » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ט)

Traduction : une femme qui s'est examinée avec un ed qui avait été examiné pour elle, et sur lequel s'est trouvée ne fût-ce qu'une goutte de la taille d'un grain de moutarde, ronde ou allongée — elle est impure. Elle s'est examinée avec un ed examiné et l'a posé sous l'oreiller ou sous le traversin, et le lendemain du sang s'y est trouvé : s'il est allongé, elle est impure, car il vient présumément de l'essuyage ; s'il est rond et n'atteint pas ke-gris ve-od, elle est pure, car ce n'est que du sang d'un pou écrasé sous l'oreiller. Avec un ed qui n'avait pas été examiné, même gardé dans son coffre, elle n'est impure que s'il y a ke-gris ve-od. Qu'est-ce qu'un ed examiné ? Tout ed qu'elle-même ou une autre a examiné, dont on ne sait pas qu'une tache y soit entrée. Et la femme n'est pas impure du fait d'une tache trouvée sur son vêtement, à moins que celui-ci n'ait été examiné avant qu'elle ne le revête.

Le fondement — deux espèces de « tache » :
Il faut distinguer deux régimes entièrement différents :
• la tache ordinaire (sur un vêtement, sur la chair) — din de tache rabbinique, avec tous ses assouplissements : mesure de ke-gris, lieu, attributions ;
• la tache du עד הבדוק — le linge avec lequel elle s'est examinée : ce n'est plus une tache, c'est une vue à part entière, qui rend impure en quelque quantité que ce soit (même moins d'un gris) et ne souffre pas d'attribution.
C'est la ligne de partage de tous les séifim 33 à 38 : sur un ed examiné on est rigoureux, sur un ed non examiné on allège comme pour une tache.
Allongé et rond sur un ed enduit à la cuisse (séif 35) :
PositionTache ronde sur un ed examiné, enduit à la cuisseSource
Première position du Mehaber Allongée — impure en quelque quantité que ce soit ; ronde — pure s'il n'y a pas ke-gris ve-od Mehaber, séif 35
« Certains disent », rapporté par le Mehaber lui-même Même ronde, elle est impure en quelque quantité que ce soit Mehaber, séif 35
Le Rama (glose) Tranche en faveur de la seconde : « et c'est là le principal » Rama, séif 35

« בדקה עצמה בעד הבדוק לה וטחתו בירכה ולמחר נמצא עליו דם אם משוך טמאה אפילו בכל שהוא » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ה)

« ואם עגול טהורה אם אין בו כגריס ועוד » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ה)

« ויש אומרים שאף עגול טמא בכל שהוא » (שו״ע יו״ד ק״צ:ל״ה)

« וכן עיקר » (רמ״א יו״ד ק״צ:ל״ה)

⚠️ Attention à l'attribution. La formule « certains disent que même ronde elle est impure en quelque quantité que ce soit » est dans le texte du Mehaber ; du Rama, il n'y a que les deux mots « et c'est là le principal », qui viennent après la marque haga. La mahloket n'est donc pas Mehaber contre Rama : elle est intérieure au Mehaber, et le Rama y prend parti.

Le prêt du vêtement et l'attribution (séifim 40 à 47) : elle a examiné son vêtement, l'a ôté et l'a prêté à une autre, et une tache s'y est trouvée :

« הראשונה טהורה והשניה טמאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ) — la première est pure et la seconde impure.

L'a-t-elle prêté à une nidda ou à une non-juive dont le temps de voir est venu : « והשאילתו לישראלית נדה או לעובדת כוכבים שהגיע זמנה לראות » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״א), et le din est : « תולה בהן וטהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״א) — elle leur attribue la tache et elle est pure.

Et lorsqu'elle l'a lavé puis prêté, la forme de la tache tranche : « אם מגליד בידוע שמהשניה היא והיא טמאה והראשונה טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ז)

« ואם הוא מקדיר בידוע שמהראשונה היא והיא טמאה והשניה טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ז)

⚠️ Le sens exact, et il est contre-intuitif : si la tache est maglid — en croûte posée à la surface — c'est qu'elle vient de la seconde, et c'est la seconde qui est impure ; si elle est makdir — pénétrée dans l'étoffe — c'est qu'elle vient de la première, et c'est la première qui est impure. Le critère est la lessive : une tache qui a pénétré le tissu est antérieure au lavage, donc de la première porteuse (le Mehaber l'explicite au séif 46).

Et de même elle attribue à elle-même : aux jours de sa nidda, aux jours d'avant sa grossesse, et — dit le Rama — aux jours où elle n'était pas encore âgée.

« לבשה חלוק בימי נדתה ולא בדקתו ולבשתו בימי טהרתה ונמצא בו כתם תולה שמימי נדותה הוא » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ד)

« וכן המניקה תולה בעצמה כמו שתולה בחברתה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ה)

« וכן זקנה תולה בעצמה בימים שלא היתה זקנה » (רמ״א יו״ד ק״צ:מ״ה)

Tout cela n'est qu'une seule branche : l'attribution à un autre porteur ou à un autre temps, qui n'obligeait pas à l'examen.

8. Deux et trois femmes — vêtement, banc et lit entremêlé

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (séifim 48 à 53)

« ב׳ נשים שלבשו חלוק אחד בדוק ונמצא בו כתם » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ח)

« אם הוא מהחגור ולמטה לשתיהן שתיהן טמאות ואם הוא למעלה מהחגור לשתיהן שתיהן טהורות » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ח)

« שלש נשים שלבשו חלוק אחד או שישבו על ספסל אחד זו אחר זו ואח״כ נמצא עליו כתם כולן טמאות » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ט)

« והוא שיהא הספסל מדבר המקבל טומאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ט)

« אותה שאינה ראויה לראות תולה בראויה » (שו״ע יו״ד ק״צ:מ״ט)

« אם נתעסקה אחת בכתמים כולן טהורות שכולן תולות בה והיא תולה בכתמים » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ״ג)

Traduction : deux femmes qui ont porté un même vêtement examiné et où une tache s'est trouvée : si elle est au-dessous de la ceinture pour les deux, toutes deux sont impures ; si elle est au-dessus de la ceinture pour les deux, toutes deux sont pures. Trois femmes qui ont porté un même vêtement, ou qui se sont assises l'une après l'autre sur un même banc, et où une tache s'est ensuite trouvée : toutes sont impures — à condition que le banc soit d'une matière qui reçoit l'impureté. Et si l'une d'elles est plus apte à voir qu'une autre, celle qui n'est pas apte attribue la tache à celle qui l'est. Et si l'une d'elles a manipulé des taches, toutes sont pures, car toutes attribuent à celle-là, et celle-là attribue aux taches.

Le fondement — répartition du soupçon et entraînement des attributions :
Dans tous ces séifim, deux principes déjà posés continuent d'opérer :
• le lieu de la tache (au-dessous ou au-dessus de la ceinture) détermine d'abord s'il y a seulement lieu de craindre ;
• l'attribution à celle qui est apte à voir — puisque les taches sont rabbiniques, on met le tout au compte de celle qui est apte, ce qui est une attribution raisonnable.
Et la condition de la réception de l'impureté revient ici aussi : un banc qui ne reçoit pas l'impureté n'emporte pas de din de tache, exactement comme au séif 10.

« זקנה שעברו עליה שלשה עונות ולא ראתה ואחת ילדה זקנה טהורה וילדה טמאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ״ב)

Traduction : « l'une âgée, sur qui trois onot ont passé sans qu'elle ait vu, et l'autre jeune : l'âgée est pure et la jeune impure » — c'est donc la jeune, apte à voir, qui porte la tache.
Le lit entremêlé (séif 50) : trois femmes qui dorment dans un même lit, jambes mêlées les unes aux autres, et du sang trouvé sous l'une d'elles :

« ונמצא דם תחת אחת מהן כולן טמאות » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ) — toutes sont impures, car il est impossible de savoir de laquelle il vient.

Et si elles ne sont pas entremêlées : « ואם אינן משולבות זו בזו ונמצא דם תחת האמצעית כולן טמאות » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ) — trouvé sous celle du milieu, toutes trois sont impures ; trouvé sous l'intérieure, elle et celle du milieu sont impures et l'extérieure est pure ; trouvé sous l'extérieure, elle et celle du milieu sont impures et l'intérieure est pure.

Et l'examen redistribue le soupçon : « אבל אם בדקה אחת או שתים ומצאו טהורות הן טהורות והאחרת שלא בדקה טמאה » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ״א) — si une ou deux se sont examinées et se sont trouvées pures, elles sont pures et celle qui ne s'est pas examinée est impure. Tout ceci n'est qu'un déploiement de la même répartition du soupçon, selon la proximité, le lieu, et l'aptitude à voir.

9. Les taches ne fixent pas de vesset — et les taches du ed badouk

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (séif 54)

« אין בכתמים משום וסת » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ״ד)

« מצאה כתם בר״ח אפילו שלש פעמים לא קבעתו ולא עוקרתו » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ״ד)

« חוץ מכתמי עד הבדוק לה שהם מטמאים בכל שהן והרי הן כראיות לכל דבר » (שו״ע יו״ד ק״צ:נ״ד)

Traduction : « Il n'y a pas de vesset par les taches. Comment ? Elle a trouvé une tache à Roch Hodech, même trois fois : elle n'a ni fixé de vesset ni déraciné celui qu'elle avait — à l'exception des taches du ed examiné pour elle, qui rendent impures en quelque quantité que ce soit et sont en tout point comme des vues. » (Sur la fixation et le déracinement du vesset, voir le siman 189.)

Chakira — pourquoi la tache ne fixe-t-elle pas de vesset ? Un vesset se fixe par une vue de sang certaine ; or la tache, dont l'interdit n'est que par doute et d'ordre rabbinique (peut-être vient-elle de la source), n'est pas un témoignage certain d'une vue, et n'a donc pas de quoi fixer ni déraciner un vesset. Mais la tache du ed examiné — dont nous avons dit qu'elle vaut comme une vue à part entière — est en tout point comme une vue, y compris pour le vesset. C'est la confirmation finale de la distinction de fond du siman : la tache ordinaire (légère) face à la tache du ed examiné (lourde comme une vue). Voir le développement au siman 189.

10. Le heter des vêtements de couleur — le décret n'a porté que sur le blanc

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C'est un assouplissement dont la portée pratique est aujourd'hui considérable, et sa racine est dans la guemara, chez les Richonim, puis dans le Choulhan Aroukh lui-même — au séif 10.

Le fondement — le décret n'a pas porté sur le vêtement teint :
La source est une braïta de Nidda, dont le Choulhan Aroukh retient la position de Rabbi Natan bar Yossef :

« בֶּגֶד צָבוּעַ מְטַמֵּא מִשּׁוּם כֶּתֶם. רַבִּי נָתָן בַּר יוֹסֵף אוֹמֵר: אֵינוֹ מְטַמֵּא מִשּׁוּם כֶּתֶם » (נדה ס״א ע״ב)

et la guemara en donne la raison : « שֶׁלֹּא הוּתְּרוּ בִּגְדֵי צִבְעוֹנִין לְאִשָּׁה אֶלָּא לְהָקֵל עַל כִּתְמֵיהֶן » (נדה ס״א ע״ב) — les vêtements de couleur n'ont été permis à la femme que pour alléger ses taches.

Le Choulhan Aroukh l'inscrit dans le corps du séif 10 : « וכן כתם שנמצא על בגד צבוע טהורה » (שו״ע יו״ד ק״צ:י) — « et de même une tache trouvée sur un vêtement teint : elle est pure ».

Et le Rama en tire aussitôt la conduite : « לפיכך תלבש האשה בגדי צבעונין כדי להצילה מכתמים » (רמ״א יו״ד ק״צ:י) — « c'est pourquoi la femme portera des vêtements de couleur, afin de se préserver des taches ».

Le motif tient à la nature même du décret : c'est une institution des Sages posée à l'intérieur de bornes déterminées — comme celle de l'objet qui reçoit l'impureté, plus haut — et le blanc est l'une de ces bornes.
Sa portée pratique — le port de vêtements de couleur : c'est de ce heter que procède l'usage, chez les femmes d'Israël, de porter des sous-vêtements de couleur, afin de ne pas être exposée à la multiplication des craintes de taches — une tache sur un vêtement teint ne rendant pas impure. L'usage est répandu et solidement fondé : le Rama lui-même le formule comme une conduite à tenir. Cela dit, pendant les sept jours propres et pour les bedikot elles-mêmes, l'examen se fait sur un linge blanc, précisément parce qu'il faut y voir ; et les détails de ce qui relève ou non du heter des couleurs sont nombreux. La guemara elle-même signale d'ailleurs que le statut de ces vêtements a été discuté : « בִּקְּשׁוּ לִגְזוֹר עַל בִּגְדֵי צִבְעוֹנִין » (נדה ס״א ע״ב) — on avait songé à les interdire, et on y a renoncé pour alléger les taches. Et pour la pratique — demande à ton Rav, et en matière de taharat ha-michpaha également une conseillère halakhique diplômée.
Les bornes du heter : le heter porte sur la tache trouvée sur le vêtement teint lui-même, qui ne rend pas impure ; il ne couvre pas une tache trouvée sur la chair, ni celle du ed examiné (qui relève, elle, du régime de la vue). Il y a lieu aussi d'examiner le cas d'un vêtement de teinte très claire, ou d'un vêtement à moitié blanc. Les Aharonim (Sidrei Tahara, Hokhmat Adam, Aroukh HaChoulhan, Pithei Techouva, et parmi les poskim contemporains Taharat HaBayit et Chevet HaLevi) ont longuement développé les bornes de ce heter et la conduite à tenir.

11. Chakira et nafka mina pour la pratique

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La chakira d'ensemble du siman : tout le siman descend d'une seule question — quelle est la nature du décret sur la tache, et pourquoi a-t-il produit tant d'assouplissements ?
Nafka mina pour la pratique (d'après les règles du siman) :
  1. Une tache de moins de ke-gris ve-od (environ trois lentilles sur trois) sur un vêtement — pure ; sur un ed examiné — impure en quelque quantité que ce soit.
  2. Les attributions — plaie, marché des bouchers ou manipulation de taches, poux — rendent pure, à la condition qu'il ne reste pas ke-gris ve-od sans rien à quoi l'attribuer.
  3. Une tache sur un objet qui ne reçoit pas l'impureté (le sol, un siège de lieux d'aisance) n'emporte pas de din de tache.
  4. Une tache sur un vêtement de couleur ne rend pas impure (séif 10) ; d'où l'usage de porter des vêtements de couleur — non pendant les sept jours propres ni pour les bedikot, qui demandent du blanc.
  5. Doute entre sang et teinture — la tache se montre à un talmid hakham, en combinaison avec le din des mar'ot (siman 188) ; et les taches ne fixent pas de vesset (siman 189).
Et pour la pratique — demande à ton Rav, et en matière de taharat ha-michpaha également une conseillère halakhique diplômée.

12. Tableaux de synthèse

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Tableau — les principaux assouplissements en matière de taches

L'assouplissement Le résultat Source
Moins de ke-gris ve-od Pure (on attribue au sang de pou) Mehaber, séif 5
Non-cumul des gouttes séparées Chaque goutte s'attribue à un pou distinct Mehaber, séif 8
Punaise tuée ou son odeur sentie Elle attribue jusqu'à la taille d'un tourmous Mehaber, séifim 7 et 29
Pas en regard du beit ha-tourfa Pure (le sang n'a pas pu venir de la source) Mehaber, séifim 9, 11, 12 et 13
Objet qui ne reçoit pas l'impureté Sol nu — ils n'ont pas décrété ; siège de lieux d'aisance — ajout du Rama, d'après le Mordekhi au nom du Semag et du Semak Mehaber et Rama, séif 10
Attribution à une plaie, à un sang venu du dehors, à une manipulation Pure — « elle attribue à tout ce à quoi elle peut attribuer » Mehaber, séifim 16 et 18 à 24
Vêtement teint Ne rend pas impure — le décret n'a pas porté sur lui Mehaber, séif 10 ; Nidda 61b

Tableau — les rigueurs et les distinctions centrales

Sujet Régime de la tache ordinaire (léger) Régime du ed examiné (lourd)
Mesure Il faut ke-gris ve-od En quelque quantité que ce soit, même un grain de moutarde
Attributions Elle attribue à tout ce qui est possible Comme une vue : pas d'attribution
Vesset Il n'y a pas de vesset par les taches Comme des vues en tout point, y compris pour le vesset
Tache ronde (ed enduit à la cuisse, séif 35) Première position du Mehaber — pure en deçà d'un gris « Certains disent » dans le Mehaber — impure en quelque quantité que ce soit ; le Rama : « et c'est là le principal »
Chair et vêtement (séif 6) Vêtement — il faut la mesure « Certains disent » sur la chair — il n'y a pas de mesure

Tableau — les sources de la sougya

Guemara : Nidda 57b (la michna des taches, le lieu et la ceinture) · Nidda 58a (ce qui ne reçoit pas l'impureté ne reçoit pas de taches) · Nidda 58b et 59a (ke-gris ve-od et le sang de pou) · Nidda 59b (le banc) · Nidda 61a (les femmes couchées entremêlées) · Nidda 61b (le vêtement teint et les vêtements de couleur) · Nidda 61b et 62a (les sept simanim)
Richonim : Rachi · Tossafot · Rambam (Hilkhot Issourei Bia, chapitre 9) · Roch · Rachba (Torat HaBayit) · Ran · Ramban · Mordekhi (Hilkhot Nidda) · Semag · Semak · Tour · Beit Yossef
Aharonim : Rama · Chakh · Taz · Sidrei Tahara · Hokhmat Adam / Binat Adam · Aroukh HaChoulhan · Pithei Techouva · Noda BiYehouda · Hatam Sofer · Chevet HaLevi · Taharat HaBayit

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DAAT · Rav Yossef Haim Samama
Talmid hakham · donne des cours de halakha et de hassidout
Pilpoul et étude des lois des taches · siman 190 · ⚡ Niveau 2 — Lamdan
⚠️ Ce contenu est écrit pour l'étude et l'examen seulement. Les lois des taches sont nombreuses et ramifiées ; pour toute décision pratique (le-ma'assé) — demande à ton Rav, et en matière de taharat ha-michpaha également une conseillère halakhique diplômée.

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