דיני כלה הנכנסת לחופה. ובו ה׳ סעיפים: תבעוה לינשא ונתפייסה צריכה לישב ז׳ נקיים בין גדולה בין קטנה ואפי׳ בדקה עצמה בשעת תביעה ומצאה טהורה שמא מחמת חימוד ראתה טיפת דם כחרדל ולא הרגישה בו ומונה ז׳ ממחרת יום התביעה ואינה צריכה הפסק טהרה שאף על פי שלא בדקה ביום התביעה להפסיק בטהרה מונה מיום המחרת ז׳ נקיים ומיהו צריכה בדיקה תוך ז׳ (כל יום לכתחלה (ב״י בשם הרא״ש וב״ח שג״כ דעת רמב״ן) מיהו בדיעבד אם לא בדקה עצמה רק פעם אחת תוך ז׳ סגי) (ב״י והאחרונים):
Traduction. Chapeau du siman : « Lois de la kalla qui entre sous la houppa ; et il comporte cinq séifim. » — On l'a demandée en mariage et elle a accepté : elle doit compter sept jours propres, qu'elle soit adulte ou mineure. Et même si elle s'est vérifiée au moment de la demande et s'est trouvée pure, car peut-être, sous l'effet du ḥimoud, a-t-elle vu une goutte de sang grosse comme un grain de moutarde sans la ressentir. Elle compte les sept à partir du lendemain du jour de la demande, et elle n'a pas besoin de hefsek tahara : bien qu'elle ne se soit pas vérifiée le jour de la demande pour clore en pureté, elle compte dès le lendemain ses sept jours propres. Toutefois, elle doit faire une bedika durant ces sept jours. Glose du Rama (ce que Sefaria rend en petits caractères à l'intérieur du séif) : chaque jour lekhatḥila ; toutefois bediavad, si elle ne s'est vérifiée qu'une seule fois durant les sept, cela suffit.
1. Introduction à la sougya — la gezera du dam ḥimoud
Le fondement du siman : toute kalla qui entre sous la houppa — dès qu'on l'a demandée en mariage et qu'elle a accepté — on craint que, sous l'effet du ḥimoud, c'est-à-dire l'émotion et l'élan que la demande a éveillés en elle, elle n'ait vu une goutte de sang טיפת דם כחרדל, « grosse comme un grain de moutarde », sans la ressentir. C'est pourquoi les Sages ont décrété qu'elle s'asseye sept jours propres avant la houppa, comme toute nidda qui compte pour sa pureté, et qu'elle n'entre sous la houppa qu'après la tevila. Et cette gezera vaut בין גדולה בין קטנה — adulte comme mineure : même celle qui n'est pas en âge de voir entre dans la crainte (voir plus bas).
Racine de la gezera — un sang qui se détache et qu'elle ne sent pas. L'émotion et le saisissement ont pour propre d'éveiller la matrice ; et dans l'instant de cet élan, la femme ne distingue pas la goutte, car il n'y a pas là de hargacha — la sensation qui accompagne ordinairement la vue d'une nidda. Puisqu'il n'y a donc pas ici de vue certaine mais une crainte, ce din ne dépend pas d'un sang effectivement vu, mais d'une cause — le ḥimoud et la demande eux-mêmes ; et c'est pourquoi il vaut même pour celle qui s'est vérifiée et s'est trouvée pure.
Source du din. Le din du dam ḥimoud est rapporté par le Mordekhi (הלכות נדה) et les poskim, et le Mehaber comme le Rama l'ont fixé comme halakha. Le Taz en précise le statut : la gezera est de rang rabbinique, et de la Torah une telle femme serait entièrement permise, puisque même un sang vu sans hargacha ne rend pas impure d'après la Torah.
« דזו היא מדרבנן דהם החמירו בגזירה זאת ומן התורה מותרת גמורה » (ט״ז יו״ד קצ״ב ס״ק א׳)
2. La ḥakira sur la gezera — « comme un grain de moutarde », sans hargacha et sans hefsek tahara
C'est le cœur de la ḥakira du séif : le dam ḥimoud est-il un sang certain, ou une simple crainte — et quelle en est la nafka mina ?
La ḥakira — sang certain ou crainte ? Si elle s'est vérifiée et s'est trouvée pure, pourquoi s'assiérait-elle sept jours propres ? Il n'y a pas ici de vue ! Deux côtés à la chose : (a) ou bien le dam ḥimoud est un sang certain, seulement il ne se laisse pas voir à la bedika, et il faut le traiter comme une vue pleine et entière ; (b) ou bien ce n'est qu'une crainte, une gezera « peut-être a-t-elle vu », dont tout le ressort est la dignité de la kalla qui entre sous la houppa en état de pureté.
Ce que le séif tranche — elle n'a pas besoin de hefsek tahara. Le Mehaber souligne qu'אינה צריכה הפסק טהרה. Chez toute nidda ordinaire, l'ouverture des sept jours propres exige une bedika de hefsek tahara avant le coucher du soleil, qui atteste que la vue a cessé. Ici, alors même qu'elle n'a fait aucun hefsek tahara, elle compte dès le lendemain. C'est la preuve que le dam ḥimoud n'est pas comme la vue d'une nidda accomplie, qui demande un hefsek ; ce n'est qu'une crainte, et le décompte des sept jours à partir du lendemain suffit.
« הטעם שאינה מוחזקת בדם דהא לא ודאי ראתה » (ט״ז יו״ד קצ״ב ס״ק ב׳)
En quoi diffère-t-elle, pour n'avoir pas besoin de hefsek ? Chez une nidda certaine, le hefsek tahara est le fondement même du décompte : on ne peut compter des jours propres sans savoir que la vue a cessé. Dans le dam ḥimoud, puisqu'il n'y a pas de vue connue mais une crainte, il n'y a rien à « clore » — on n'a jamais su qu'elle avait vu ; il suffit qu'elle s'arrête au jour de la demande et compte dès le lendemain. Ainsi la dispense même de hefsek tahara révèle la nature de la gezera : une crainte, et non une vue. Et c'est exactement la raison que donne le Taz, cité ci-dessus : elle n'est pas tenue pour établie dans le sang, puisqu'elle n'a pas vu de façon certaine.
Adulte et mineure — l'une comme l'autre :
Le cas
Le din
La raison
Adulte (en âge de voir)
Elle s'assied sept jours propres
Elle est sujette au ḥimoud et en âge de voir — on craint la goutte de sang
Mineure (qui n'est pas en âge de voir)
Elle aussi s'assied sept jours propres
Bien qu'elle n'ait pas coutume de voir, on a décrété sur elle à cause du ḥimoud, et l'on n'a pas distingué entre adulte et mineure
Ce que les A'haronim entendent ici par « mineure ». Les A'haronim — et le Sidrei Tahara en particulier — s'arrêtent sur le gader de la קטנה de ce séif : l'intention du Mehaber ne serait pas la mineure au sens strict, mais celle qui n'a pas coutume de voir — et puisqu'elle est sujette au ḥimoud, on craint pour elle le dam ḥimoud. Le Torat HaChlamim, lui, écrit en toutes lettres que le cas visé est celle qui n'a jamais vu, et qu'il n'y a chez elle que la crainte du ḥimoud. Le ḥidouch de la gezera est là : elle ne dépend ni d'un vesset ni d'une vue régulière.
« ונ״ל פשוט דכל זה מיירי בקטנה שלא ראתה מעולם » (תורת השלמים יו״ד קצ״ב ס״ק ג׳)
Ce que l'usage a ajouté au séif. Le Chakh rapporte qu'à son époque on a pris l'usage de faire malgré tout un hefsek tahara, même pour une jeune fille, et de se vérifier chacun des sept jours propres — et il l'attribue au Maharchal, rapporté par le Pericha et le Baït Ḥadach. La dispense du séif demeure donc le din, et l'usage rapporté par le Chakh vient par-dessus ; cette page n'en tire aucune conclusion pratique.
« והאידנא נהגו להפסיק בטהרה אף לבתולה ובודקים כל ז׳ נקיים » (ש״ך יו״ד קצ״ב ס״ק א׳)
3. Dès l'heure où elle s'appuie en son esprit — à partir de quand compte-t-on
« שבעת ימים הללו מונים אותה משעה שהיא סומכת בדעתה ומכינה עצמה לחופה אע״פ שלא נתקדשה עדיין » (שו״ע יו״ד קצ״ב:ב)
Traduction. « Ces sept jours, on les lui compte depuis l'heure où elle s'appuie en son esprit et se prépare elle-même à la houppa, quand bien même elle n'aurait pas encore été consacrée (kiddouchin). »
Le fondement — l'assentiment de l'esprit, et non les kiddouchin :
Grand ḥidouch de ce séif : le décompte des sept ne dépend ni des kiddouchin ni d'une demande formelle, mais du moment où elle s'appuie en son esprit — où elle a arrêté sa décision et commencé à se préparer pour la houppa. Car ce qui produit le dam ḥimoud est d'abord l'âme : l'élan et l'attente de la houppa — et cela existe déjà avant les kiddouchin, dès l'instant où son esprit s'est fixé.
Ḥakira — qu'est-ce qui oblige : la demande, ou l'esprit ? Au séif 1, le Mehaber a suspendu la chose à la demande et à l'assentiment (« on l'a demandée en mariage et elle a accepté ») ; ici il la suspend à l'appui de l'esprit et à la préparation pour la houppa — et il n'y a pas contradiction : la demande et l'assentiment sont ce qui éveille le ḥimoud, tandis que l'appui de l'esprit est la mesure du moment où le décompte commence. Nafka mina : là où son esprit s'est fixé sans demande formelle, elle compte depuis ce moment-là.
Nafka mina quant au début du décompte. Si l'on avait suspendu la chose à l'acte des kiddouchin, la fiancée non encore consacrée en aurait été dispensée ; mais selon le gader « elle s'appuie en son esprit », dès qu'elle a arrêté sa décision et commencé ses préparatifs, elle commence à compter, même si la houppa est encore lointaine et qu'il n'y a pas eu de kiddouchin. Le Taz explique d'ailleurs pourquoi le décompte ne peut pas être ancré n'importe quand : selon le Rachba, que le Tour rapporte et que le Taz cite ici, celle à qui l'on demanderait le mariage pour dans douze mois n'éprouve pas encore de ḥimoud, et des sept jours comptés maintenant ne lui serviraient de rien — le ḥimoud est à l'heure où elle se prépare pour la houppa. Et le Chakh ajoute, sur les mots « quand bien même elle n'aurait pas encore été consacrée », que le cas où elle est déjà consacrée relève à plus forte raison du même din.
« אלא בשעה שתכין עצמה לחופה שאז יש לה חימוד » (ט״ז יו״ד קצ״ב ס״ק ג׳)
« משמע דכל שכן אם כבר נתקדשה דצריכה לישב ז׳ נקיים סמוך לחופה » (ש״ך יו״ד קצ״ב ס״ק ג׳)
4. La tevila au plus près de la beïlat mitsva — le Rama et l'usage de la nuit du mercredi
הגה ויש לסמוך הטבילה סמוך לבעילת מצוה בכל מה דאפשר (כך משמע במרדכי בשם רשב״ם ור״מ ורוקח בשם אביו ורבותיו ובהגהת מיימוני פי״א דהלכות א״ב) והמנהג לטבול הכלה ליל ד׳ אע״פ שלא תבעל קודם מוצאי שבת (מרדכי שם) אבל אין להרחיק הטבילה מן הבעילה יותר מזה ואם לא תבעל במוצאי שבת יש לה לבדוק עצמה בכל יום עד בעילת מצוה (שם בהג״ה ובתוספות פ״ק דיומא דף י״ח) ודוקא לכתחלה אבל בדיעבד אין להחמיר אם בדקה רק פעם אחת תוך ז׳ (ב״י) וכל חתן ישאל לכלה קודם שיגע בה אם שמרה שבעה נקיים (הגהת ש״ד):
Traduction. « Glose : et il y a lieu de rapprocher la tevila de la beïlat mitsva autant qu'il est possible (ainsi ressort-il du Mordekhi au nom du Rachbam, de ר״מ et du Rokéa'h au nom de son père et de ses maîtres, et des Haggahot Maïmouni, chap. 11 des lois א״ב) ; et l'usage est de faire tremper la kalla la nuit du mercredi, quoiqu'elle ne soit pas unie à lui avant la sortie du Chabbat (Mordekhi, ibid.), mais on n'éloignera pas la tevila de l'union plus que cela. Et si elle n'est pas unie à lui à la sortie du Chabbat, elle a à se vérifier chaque jour jusqu'à la beïlat mitsva ; et cela seulement lekhatḥila, mais bediavad il n'y a pas lieu d'être rigoureux si elle ne s'est vérifiée qu'une seule fois durant les sept (Beit Yossef). Et tout ḥatan demandera à la kalla, avant de la toucher, si elle a bien gardé les sept jours propres (הגהת ש״ד). »
Trois sigles que le Rama ne développe pas, et que cette page ne développe pas non plus : ר״מ, l'un des Richonim que le Mordekhi rapporte là avec le Rachbam et le Rokéa'h ; א״ב, le traité des Haggahot Maïmouni visé au chapitre 11 ; et ש״ד, l'ouvrage dont la glose est citée à la fin.
Le fondement — la proximité de la tevila et de l'union :
Le Rama rapporte au nom des Richonim (le Rachbam, ר״מ et le Rokéa'h) qu'il y a lieu de rapprocher la tevila de la beïlat mitsva autant qu'il est possible — que la tevila ne soit pas éloignée de la première union. Et la raison en est qu'elle n'en vienne pas, dans les jours qui séparent la tevila de la houppa, à une crainte de vue nouvelle ; et qu'elle entre sous la houppa dans une pureté toute proche.
« לסמוך הטבילה סמוך לבעילת מצוה בכל מה דאפשר » (רמ״א יו״ד קצ״ב:ב)
L'usage et le din — proximité contre commodité :
La position
Contenu
Source
Le din de base du Rama
Rapprocher la tevila de la beïlat mitsva autant qu'il est possible
Mordekhi au nom du Rachbam, de ר״מ et du Rokéa'h
L'usage
Faire tremper la kalla la nuit du mercredi, quoiqu'elle ne soit pas unie à lui avant la sortie du Chabbat
Mordekhi, ibid. ; Rama, séif 2
Le garde-fou
Mais on n'éloignera pas la tevila de l'union plus que cela
Rama, séif 2
Comment l'usage s'accorde avec le din. À première vue, l'usage de tremper la nuit du mercredi contredit le din de base, qui est de rapprocher la tevila de l'union — puisque la houppa est à la sortie du Chabbat. C'est ici qu'entre le besoin pratique : l'ordre du mariage et la préparation de la kalla. Le Taz explique du reste d'où vient ce mercredi : au temps du Talmud, la vierge se mariait le quatrième jour. Quoi qu'il en soit, le Rama a posé un garde-fou — אבל אין להרחיק הטבילה מן הבעילה יותר מזה — qu'on n'éloigne pas outre mesure. L'usage est donc un équilibre entre la proximité de la tevila et de l'union d'une part, les usages du lieu et les besoins de la kalla d'autre part ; et le détail des temps est remis à la morat kalla et au maître de horaa du lieu.
« כיון דבזמן התלמוד בתולה נישאת ליום הרביעי » (ט״ז יו״ד קצ״ב ס״ק ד׳)
Les A'haronim. Le Taz explique pourquoi la glose du Rama demande une bedika chaque jour jusqu'à la beïlat mitsva : selon le Beit Yossef, tant qu'on l'a demandée en mariage et jusqu'à l'union, il y a lieu de douter qu'elle ne voie par ḥimoud. Et il ajoute aussitôt que cette crainte-là n'égale pas celle du séif 1, où le ḥimoud du moment de la demande est le plus fort. Les A'haronim — Sidrei Tahara, Ḥokhmat Adam — discutent du détail de cette proximité et de ce qu'il y a à craindre lorsqu'on l'éloigne, et les usages des lieux quant au moment de la tevila y sont exposés. Et pour la pratique — demande à ton rav et à la morat kalla.
« ומ״מ אין חשש חימוד זה שוה לחשש חימוד דבסעיף א׳ » (ט״ז יו״ד קצ״ב ס״ק ה׳)
5. Le report du mariage — retour aux sept jours propres
Ḥidouch tranchant : quand bien même elle a déjà compté ses sept jours propres, si le mariage a été reporté — elle recommence le décompte.
Le texte du Mehaber (séif 3)
אם דחו הנשואין מחמת איזה סיבה אף על פי שישבה שבעה נקיים צריכה לחזור ולישב ז׳ נקיים (ולטבול) כשיתפשרו לעשות הנשואין. (אע״פ שבדקה עצמה תמיד בימים שבינתיים לא מהני) (מרדכי הלכות נדה ובמהרי״ק שורש קנ״ט):
Traduction. « Si l'on a reporté le mariage pour une raison quelconque, quand bien même elle se serait assise sept jours propres, elle doit recommencer et s'asseoir sept jours propres (et tremper) lorsqu'ils s'accorderont pour faire le mariage. (Glose : quand bien même elle se serait vérifiée constamment durant les jours intermédiaires — cela ne sert de rien.) (Mordekhi, lois de la nidda, et Maharik, chorech 159.) »
À bien attribuer : le ולטבול inséré au milieu du texte du Mehaber n'est pas de lui mais une glose du Rama, et Sefaria le marque par un <small> à l'intérieur du séif (רמ״א יו״ד קצ״ב:ג). Il en va de même de la phrase sur les bedikot intermédiaires.
Le fondement — un ḥimoud qui se renouvelle :
Raison de l'obligation de recompter : le dam ḥimoud ne tient pas à une vue passée, mais à un ḥimoud qui se renouvelle. Quand le mariage a été reporté, le premier ḥimoud s'est défait ; et quand on s'accorde de nouveau pour faire le mariage, un ḥimoud nouveau s'éveille — et peut-être a-t-elle revu une goutte de sang grosse comme un grain de moutarde. Il s'ensuit que toute fixation d'une nouvelle date de houppa engendre une crainte nouvelle, qui exige un décompte nouveau.
Ḥakira — pourquoi les bedikot n'y suffisent-elles pas ? Elle s'est pourtant vérifiée constamment durant les jours intermédiaires et s'est trouvée pure ! Pourquoi ces bedikot ne tiendraient-elles pas lieu d'un décompte nouveau ? Le Maharik (chorech 159) et le Mordekhi l'expliquent : les bedikot ne servent de rien, car la crainte porte sur un sang qui ne se laisse pas voir à la bedika — une goutte comme un grain de moutarde, sans hargacha, que même une bedika ne découvre pas. La bedika n'est donc pas le remède du ḥimoud ; ce que le séif requiert pour dissiper la crainte est un décompte nouveau de sept jours propres.
Racine de l'affaire — ḥezkat tahara contre une crainte qui se renouvelle. On aurait pu dire que les bedikot l'établissent en ḥezkat tahara ; seulement une ḥazaka de pureté ne vaut pas contre une crainte qu'il est impossible de dissiper par un examen — puisque toute la crainte porte sur un sang que la bedika elle-même ne montre pas. Et puisqu'à chaque nouvelle date le ḥimoud se renouvelle, la crainte se renouvelle avec lui, et la ḥazaka antérieure n'y décide pas. De là un grand fondement : une chose qui tient à une cause qui se renouvelle — les examens faits entre-temps n'en dispensent pas. Le Chakh précise du reste l'étendue du din : même si elle a déjà trempé, elle recommence.
« ואפילו טבלה וכן הוא במרדכי בשם רשב״ם » (ש״ך יו״ד קצ״ב ס״ק ה׳)
Nafka mina — quand recommence-t-on le décompte ? Chaque fois que le mariage a été reporté puis qu'on s'est accordé sur une date nouvelle, elle recommence et compte sept jours propres et trempe de nouveau, et les bedikot intermédiaires n'en dispensent pas. De là aussi que la kalla n'avance pas son décompte longtemps à l'avance, de peur que le mariage ne soit reporté et qu'elle n'ait à recompter. Les A'haronim discutent de l'étendue exacte du report qui oblige à recommencer — le Baït Ḥadach, rapporté par le Chakh, distingue un report laissé en suspens d'un simple déplacement de date décidé dans le même moment ; cette page ne tranche pas entre eux. Et pour la pratique — demande à ton rav et à la morat kalla.
6. Garde et interdit de yi'houd — la kalla devenue nidda avant la première union
עבר וכנסה תוך זמן זה וכן חתן שפירסה כלתו נדה קודם שבא עליה לא יתייחד עמה אלא הוא ישן בין האנשים והיא ישנה בין הנשים: הגה יש אומרים אם היתה טהורה כשנשאה ולא בא עליה ופירסה נדה אח״כ אינה צריכה שימור עוד (ת״ה סימן רנ״ג והגהות אלפסי) והמחמיר תע״ב (ת״ה שם) ואין לחלק בזה בין בחור לאלמן או בתולה לאלמנה (ר׳ ירוחם נתיב כ״ו) יש אומרים שאסורה ליחד עמו ביום כמו בלילה ואין צריך להיות שתי שמירות רק הוא בין האנשים או היא בין הנשים (טור בשם הרא״ש) ואם אינם ישנים בחדר אחד אינם צריכים שימור כלל (ב״י בשם הרשב״א) וי״א דבלילה צריך שתי שמירות וביום מותר להתייחד (הראב״ד) והמנהג ליקח קטן אצל החתן וקטנה אצל הכלה ואין מתיחדין ביום בלא קטן או קטנה:
Traduction. « Il a passé outre et l'a épousée dans ce délai, et de même un ḥatan dont la kalla est devenue nidda avant qu'il ne soit venu vers elle : il ne restera pas seul avec elle ; lui dort parmi les hommes et elle dort parmi les femmes. Glose : il y a qui disent que si elle était pure quand il l'a épousée et qu'il n'est pas venu vers elle, et qu'elle est devenue nidda ensuite — elle n'a plus besoin de garde (Terumat HaDeshen, siman 253, et Haggahot Alfassi) ; et celui qui est rigoureux, תע״ב (Terumat HaDeshen, ibid.). Et il n'y a pas à distinguer en cela entre un célibataire et un veuf, ou entre une vierge et une veuve (Rabbénou Yerouḥam, netiv 26). Il y a qui disent qu'il lui est interdit de rester seule avec lui le jour comme la nuit, et qu'il n'est pas besoin de deux gardes : il suffit que lui soit parmi les hommes ou qu'elle soit parmi les femmes (Tour au nom du Roch) ; et s'ils ne dorment pas dans une même chambre, ils n'ont besoin d'aucune garde (Beit Yossef au nom du Rachba) ; et il y a qui disent que la nuit il faut deux gardes et que le jour il est permis de rester seuls (Raavad). Et l'usage est de prendre un enfant auprès du ḥatan et une enfant auprès de la kalla, et ils ne restent pas seuls le jour sans un enfant ou une enfant. »
Le Rama écrit ici le sigle תע״ב et ne le développe pas ; cette page ne le développe pas davantage. Deux précisions d'attribution : tout ce qui suit le mot הגה est du Rama, non du Mehaber, et les avis rapportés sous « il y a qui disent » sont ceux des Richonim que le Rama nomme, non les siens.
Le fondement — la gravité du yi'houd du ḥatan et de la kalla nidda :
Puisqu'il ne l'a pas encore acquise par l'union et que son penchant est à son comble, on craint qu'il ne tienne pas à l'épreuve. C'est pourquoi la kalla devenue nidda avant la première union est traitée plus sévèrement que l'épouse nidda ordinaire : לא יתייחד עמה — il ne restera pas seul avec elle ; lui dort parmi les hommes et elle parmi les femmes, et l'on place un garde et une garde. Il n'en va pas de même de l'épouse qu'il a déjà connue, avec laquelle il est permis de rester seul même dans sa nidda.
Ḥakira — quelle est la crainte propre à l'avant-première union ? Pourquoi a-t-on été rigoureux précisément pour la kalla nidda d'avant l'union, et non après ? Le Chakh donne le fondement en toutes lettres : après qu'il est venu vers elle, son penchant ne le saisit plus autant, puisqu'il a déjà connu l'union, et il lui est permis de rester seul avec elle — tandis qu'avant la première union, le désir et le ḥimoud dominent. C'est ce que les Richonim appellent לבו גס בה(רש״י גיטין פ״א ע״א) : la familiarité ne naît qu'après. Aussi a-t-on traité ce yi'houd avec la rigueur d'un yi'houd d'avant le mariage, et il y faut une garde.
« אבל בא עליה לא תקיף ליה יצריה כ״כ כיון דבעל ומותר לייחד עמה » (ש״ך יו״ד קצ״ב ס״ק ט׳)
Ma'hloket — quand faut-il une garde ?
La position
Le din
Source
Le Mehaber
Devenue nidda avant l'union — il ne restera pas seul ; un garde et une garde
Mehaber, séif 4
« Il y a qui disent » (rapporté par le Rama)
Si elle était pure quand il l'a épousée, qu'il n'est pas venu vers elle et qu'elle est devenue nidda ensuite — elle n'a plus besoin de garde
Terumat HaDeshen, siman 253 ; Haggahot Alfassi
Et celui qui est rigoureux
תע״ב
Terumat HaDeshen, ibid. ; Rama, séif 4
Le raisonnement du Terumat HaDeshen — elle était pure d'abord. Le Terumat HaDeshen (siman 253) distingue celle qui est entrée sous la houppa nidda dès l'abord — il n'a jamais eu de permission sur elle, et son penchant n'a pas été mis à l'épreuve, et elle a besoin de garde — de celle qui était pure quand il l'a épousée et ne lui a été interdite qu'ensuite : il a déjà eu permission sur elle et ne s'est pas approché, et cela même montre que son penchant ne le saisit pas ; elle n'a donc plus besoin de garde. Le Chakh donne la raison sous cette forme même. Et le Taz, lui, ne se satisfait pas de la preuve que le Terumat HaDeshen tire du bœuf devenu mouad : il écrit que la comparaison ne vaut pas, et tient que de plein droit il y aurait lieu d'être rigoureux ; le Chakh, dans les Nekoudot HaKessef, met en doute cette réponse du Taz — ainsi le rapporte le Torat HaChlamim. Cette page ne tranche pas entre eux. Et c'est pour cela que le Rama, la chose tenant à un raisonnement et non à un din clair, a écrit que celui qui est rigoureux תע״ב.
« דהא חזינן דלא תקיף יצריה כיון שלא בא עליה עד השתא » (ש״ך יו״ד קצ״ב ס״ק י׳)
« ולע״ד שאין הנדון דומה לראיה » (ט״ז יו״ד קצ״ב ס״ק ז׳)
« עיין בט״ז שכתב דמדינא יש להחמיר והש״ך בנה״כ מפקפק על דבריו » (תורת השלמים יו״ד קצ״ב ס״ק ז׳)
Il n'y a pas à distinguer entre un célibataire et un veuf (Rabbénou Yerouḥam). On aurait pu dire qu'un veuf — qui a déjà connu une femme — n'a pas le penchant qui saisit un célibataire, et de même une vierge au regard d'une veuve. Rabbénou Yerouḥam (netiv 26) a posé qu'אין לחלק בזה : tout ḥatan dont la kalla est devenue nidda avant la première union, célibataire ou veuf, vierge ou veuve, relève d'un seul et même din de garde. Le Chakh dit expressément que c'est là le ḥidouch de la glose : on aurait cru que chez le veuf, qui a déjà connu l'union, le penchant ne le saisit pas — le Rama nous apprend qu'il n'en est rien.
« דל״ת דבאלמן שבעל כבר לא תקיף יצריה קמ״ל » (ש״ך יו״ד קצ״ב ס״ק י״ב)
Nafka mina — les modalités de la garde. Quand la kalla est devenue nidda avant la première union, le ḥatan ne dort pas seul avec elle : lui parmi les hommes et elle parmi les femmes, avec un garde et une garde. Le Rama rapporte ensuite plusieurs avis sur l'étendue de cette garde — le jour comme la nuit ou la nuit seule, deux gardes ou une seule, et ce qu'il en est lorsqu'ils ne dorment pas dans une même chambre — et l'usage qu'il conclut est de prendre un enfant auprès du ḥatan et une enfant auprès de la kalla. Le détail pratique — qui sont les gardes, et comment l'on s'y conduit — est remis au maître de horaa, car c'est une matière fine qui demande une direction concrète. Et pour la pratique — demande à ton rav et à la morat kalla.
7. Celui qui reprend sa divorcée — l'extension du gader du ḥimoud
« מחזיר גרושתו צריכה לישב שבעה נקיים » (שו״ע יו״ד קצ״ב:ה)
Traduction. « Celui qui reprend sa divorcée — elle doit s'asseoir sept jours propres. »
Le fondement — du ḥimoud jusque dans la divorcée reprise :
Même celui qui reprend sa divorcée — laquelle a déjà été son épouse et qu'il a connue — elle doit s'asseoir sept jours propres. À première vue il n'y a pourtant ici aucun ḥimoud de kalla nouvelle ! Seulement, dans le rétablissement de l'union aussi il y a un éveil et un ḥimoud, et peut-être en a-t-elle vu une goutte de sang grosse comme un grain de moutarde. De là que le gader du ḥimoud est large : il ne vaut pas seulement pour la kalla vierge entrant sous sa première houppa, mais pour tout renouement d'union.
Ḥakira — jusqu'où va le gader du ḥimoud ? Puisque celui qui reprend sa divorcée est compris dans le din, il y a à chercher : l'obligation est-elle là parce que le cas ressemble vraiment à celui de la kalla (un éveil plein, comme celui de la demande), ou bien est-ce une extension — tout renouvellement d'union, fût-il ténu, entrant dans la gezera du ḥimoud ? Nafka mina pour d'autres cas comparables de rapprochement renouvelé. Et en fait le Mehaber n'a étendu explicitement qu'à celui qui reprend sa divorcée ; le reste des cas est remis au maître de horaa. Le Torat HaChlamim va dans le sens de l'extension : il écrit qu'il lui semble qu'il en va de même de celle qu'il a divorcée enceinte et qu'il reprend, bien qu'une femme enceinte soit présumée n'avoir pas de sang, car on craint qu'elle n'ait vu par ḥimoud.
Les A'haronim. Le Taz écrit sur ce séif que si l'on a passé outre et qu'on l'a épousée dans le délai, il n'y a pas besoin de garde, puisqu'il l'a déjà connue lorsqu'elle était sa femme la première fois et que son penchant ne le saisit plus autant. Le Sidrei Tahara, le Ḥokhmat Adam et l'Aroukh HaChoulḥan discutent des gaders du dam ḥimoud dans le détail des cas — dont celui qui reprend sa divorcée, celle qui est devenue veuve et revient à son mari, et des fiançailles renouées — et pour l'essentiel la chose est remise à la horaa d'un ḥakham. Et pour la pratique — demande à ton rav.
« נראה דאם עבר וכנס תוך זמן דאין צריך שמירה כיון דכבר בעלה » (ט״ז יו״ד קצ״ב ס״ק ח׳)
La ḥakira d'ensemble du siman : quelle est la nature de la gezera du dam ḥimoud, et à partir de quand — et pourquoi — compte-t-on ?
Nature de la gezera — une crainte qu'une goutte de sang comme un grain de moutarde ait été vue sans hargacha, et non une vue certaine ; c'est pourquoi אינה צריכה הפסק טהרה.
Adulte et mineure — toutes deux comprises, car on n'a pas distingué, dans le ḥimoud, celle qui est en âge de voir de celle qui ne l'est pas.
Le moment du décompte — depuis la demande et l'assentiment, et pratiquement depuis l'heure où elle s'appuie en son esprit et se prépare pour la houppa.
La tevila — au plus près de la beïlat mitsva autant qu'il est possible ; et l'usage est la nuit du mercredi, pourvu qu'on n'éloigne pas la tevila de l'union plus que cela.
Le report du mariage — elle recommence le décompte, car le ḥimoud se renouvelle ; et les bedikot n'y servent de rien (Maharik).
La garde — devenue nidda avant la première union ; et la ma'hloket du Terumat HaDeshen lorsqu'elle était pure d'abord.
Celui qui reprend sa divorcée — extension du gader du ḥimoud jusqu'au renouement d'une union.
Nafka mina pour la pratique (telle que la rapportent les séifim et leur appareil) :
La kalla s'assied sept jours propres même si elle s'est vérifiée et s'est trouvée pure, et elle n'a pas besoin de hefsek tahara — quoiqu'elle doive faire une bedika durant les sept (Mehaber, séif 1) ; et le Chakh rapporte qu'on a pris l'usage de faire malgré tout un hefsek (ש״ך ס״ק א׳).
On compte depuis l'heure où elle s'appuie en son esprit et se prépare pour la houppa, même avant les kiddouchin (Mehaber, séif 2).
La tevila est au plus près de la beïlat mitsva autant qu'il est possible ; et l'usage est la nuit du mercredi, et pas beaucoup plus tôt (Rama, séif 2).
Le mariage a été reporté — elle recommence et compte sept jours propres et trempe, et les bedikot intermédiaires n'y servent de rien (Mehaber, séif 3 ; Maharik).
Devenue nidda avant l'union — un garde et une garde, et il ne restera pas seul avec elle ; et lorsqu'elle était pure d'abord, c'est une ma'hloket, et celui qui est rigoureux תע״ב (Mehaber et Rama, séif 4).
Celui qui reprend sa divorcée — elle s'assied sept jours propres (Mehaber, séif 5).
Et pour la pratique — demande à ton rav et à la morat kalla.
Elle s'assied sept jours propres, adulte comme mineure ; même si elle s'est vérifiée et s'est trouvée pure
Mehaber, séif 1
Hefsek tahara
Elle n'en a pas besoin ; elle compte dès le lendemain — mais elle doit une bedika durant les sept
Mehaber, séif 1
Début du décompte
Depuis l'heure où elle s'appuie en son esprit et se prépare pour la houppa
Mehaber, séif 2
Tevila
Au plus près de la beïlat mitsva ; usage de la nuit du mercredi, pas beaucoup plus tôt
Rama, séif 2 ; Mordekhi au nom du Rachbam et du Rokéa'h
Mariage reporté
Elle recommence et compte sept jours propres et trempe ; les bedikot n'y servent de rien
Mehaber, séif 3 ; Maharik, chorech 159
Devenue nidda avant l'union
Il ne restera pas seul avec elle ; un garde et une garde
Mehaber, séif 4
Elle était pure et est devenue nidda ensuite
Il y a qui disent qu'elle n'a plus besoin de garde ; celui qui est rigoureux תע״ב
Rama, séif 4 ; Terumat HaDeshen 253
Celui qui reprend sa divorcée
Elle s'assied sept jours propres
Mehaber, séif 5
Tableau — les ma'hlokot centrales du siman
Le sujet
Première position
Seconde position
Le moment de la tevila
Le din de base du Rama — au plus près de la beïlat mitsva autant qu'il est possible
L'usage — la nuit du mercredi, pourvu qu'on n'éloigne pas la tevila de l'union plus que cela
La garde, lorsqu'elle était pure et est devenue nidda ensuite
Le Mehaber — il faut une garde (il ne restera pas seul avec elle)
Terumat HaDeshen, sous « il y a qui disent » — elle n'en a pas besoin ; et celui qui est rigoureux תע״ב. Le Taz conteste la preuve du Terumat HaDeshen, et le Chakh, dans les Nekoudot HaKessef, conteste le Taz
Célibataire au regard du veuf
Il y aurait eu lieu de distinguer (chez le veuf, le penchant ne le saisirait pas)
Rabbénou Yerouḥam — il n'y a pas à distinguer ; un seul din de garde pour tous (et c'est ainsi que le Chakh explique la glose)
L'utilité des bedikot en cas de report du mariage
Il y aurait eu lieu de dire que les bedikot l'établissent en ḥezkat tahara
Maharik et Mordekhi — elles n'y servent de rien, car la crainte porte sur un sang que la bedika ne montre pas
~ ~ ~ ~ ~ DAAT · Rav Yossef Haim Samama
Talmid ḥakham · donne des cours de halakha et de ḥassidout Pilpoul et étude des lois de la kalla qui entre sous la houppa · siman 192 (סימן קצ״ב) · ⚡ Niveau 2 — Lamdan daattorah.com
⚠️ Ce contenu est écrit pour l'étude et l'examen seulement. Pour toute conduite pratique (למעשה) — demande à ton rav et à la morat kalla.