Ce qu’il faut avoir en tête avant de prononcer un engagement
יורה דעה · סימן ר״ג
איזה דברים משובחים ואיזה הם מגונים
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Ce niveau ne raconte rien de neuf : il range. Les sept seifim en un tableau, les trois degrés du vœu, le remède et ses deux exceptions, la tsedaka pas à pas, les positions sur les points discutés, et les pièges où l’on tombe deux fois.
Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ר״ג
הרב יוסף חיים סממה DAAT · daattorah.com
1. Le siman en une phrase
Un vœu est blâmé pour ce qu’il ajoute : là où il ajoute un interdit à ceux de la Torah, il est méprisable même tenu ; là où il ne fait que soutenir ce qui est déjà dû, il est permis, voire une mitsva ; là où il corrige un défaut de celui qui le prend, il est louable — sans devenir une habitude.
2. Tableau-maître — les sept seifim
Seif
Ce qu’il dit
Mot-clé
א
Ne pas prendre l’habitude des vœux ; quiconque voue, même s’il accomplit, est racha et ḥoté.
רשע וחוטא
ב
Celui qui a différé son vœu — son registre s’ouvre.
פנקסו נפתחת
ג
L’autel privé ; mieux vaut se faire délier. Mais les vœux de consécration s’accomplissent ; et le serment, comme eux, ne se délie que sous contrainte.
כאילו בנה במה
ד
Ne rien vouer, même pour la tsedaka. Si l’argent est là, donner ; sinon, attendre ; et souscrire en disant « sans vœu ».
יאמר בלא נדר
ה
En temps de détresse, il est permis de vouer.
בעת צרה
ו
Vouer pour s’astreindre est permis ; vouer ou jurer pour se garder d’une faute est une mitsva.
לזרוזי נפשיה
ז
Vouer pour corriger un trait : diligent et louable — mais sans multiplier ni s’y accoutumer.
סייג לפרישות
3. Les trois degrés du vœu
Degré
Quand
Seif
Méprisable — racha, ḥoté, l’autel privé
Un vœu qui ajoute un interdit, même accompli, même pour la tsedaka
א · ב · ג · ד
Permis
En temps de détresse ; et pour s’astreindre à ce qu’on doit déjà
ה · ו
Une mitsva
Quand il protège d’une faute qu’on craint de commettre
ו
Diligent et louable
Quand il corrige un trait de caractère — sans être multiplié ni devenir une habitude
ז
4. Le remède — et ses deux exceptions
Le remède est la déliaison. Le seif 3 l’indique — il vaut mieux qu’il demande la déliaison de son vœu — et le Rambam, plus fermement, en fait une mitsva pour un vœu d’interdiction. La déliaison est l’affaire d’un sage, non du vouant.
Deux exceptions, et elles sont dans le même seif.Une — les vœux de consécration : on les accomplit, et l’on n’en demande la déliaison que sous contrainte. Deux — le serment : la glose lui applique la même retenue, et le Chakh en donne la raison — du serment il est écrit לא ינקה.
5. La tsedaka, pas à pas
L’argent est disponible. Donner tout de suite, et ne rien vouer. Le vœu n’ajoute rien qu’un risque.
L’argent n’est pas disponible. Ne rien vouer, ni même s’engager pour plus tard. Attendre d’avoir, puis donner sans vœu.
Une collecte publique, et il faut souscrire. Souscrire, mais en disant expressément בלי נדר.
Souscrire sans rien dire. Ce n’est pas une abstention : le Chakh l’écrit au nom de la Prisha — une souscription faite sans rien préciser est un vœu.
6. Les positions sur les points discutés
Point discuté
Les avis
Référence
Pourquoi deux mots de blâme ?
Taz : racha s’il a une porte et ne s’en sert pas ; ḥoté tant que le vœu pèse.
ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק א
Le sens de l’autel privé
Rachi : un autel d’idolâtrie. Roch et Ran : un autel privé au temps où ils sont interdits.
בית יוסף יו״ד ר״ג
Pourquoi le registre s’ouvre-t-il ?
Chakh : on examine ses actes de près. Taz : c’est le registre où ses fautes sont consignées.
ש״ך יו״ד ר״ג ס״ק א
« jusqu’à ce qu’il l’ait »
Beit Yossef et Taz : temporel — attendre, puis donner sans vœu. Ba’h : pas de vœu conditionnel.
ט״ז יו״ד ר״ג ס״ק ד
La déliaison du serment
Chakh : certains sont rigoureux. Taz : certains Guéonim. Le fond est au siman 230.
ש״ך יו״ד ר״ג ס״ק ג
« j’étudierai ce chapitre »
Chakh : la phrase seule oblige déjà. Pit’hei Techouva : et pour une abstention ? — question ouverte.
ש״ך יו״ד ר״ג ס״ק ה
Jurer sur une mitsva
Chakh : le serment ne prend pas, mais il est permis de s’aiguillonner soi-même.
ש״ך יו״ד ר״ג ס״ק ו
7. Le vocabulaire
נדר — vœu — la parole qui rend une chose interdite à celui qui la prononce, en la rattachant à une chose déjà interdite. C’est de lui que parle tout le siman.
שבועה — serment — la parole qui oblige la personne elle-même. La glose du seif 3 lui applique la même retenue qu’au vœu, et le Chakh au ס״ק ג en donne la raison : du serment il est écrit לא ינקה.
נדרי הקדש — vœux de consécration — ceux qui vouent un bien au Temple ou à la tsedaka. Le seif 3 les met à part : on les accomplit, et l’on n’en demande la déliaison que sous contrainte.
נשאל על נדרו — demander la déliaison de son vœu — s’adresser à un sage qui, trouvant une « porte », défait le vœu depuis son origine. Le Rambam en fait une mitsva pour les vœux d’interdiction.
בלא נדר — « sans vœu » — la formule du seif 4, à dire expressément. Le Chakh au ס״ק ד insiste : il ne suffit pas de souscrire en silence ; souscrire sans rien dire est déjà un vœu.
לזרוזי נפשיה — pour s’aiguillonner soi-même — le motif qui rend le vœu permis au seif 6, et une mitsva lorsqu’il protège d’une faute. Le Chakh au ס״ק ו le maintient même là où le serment ne prendrait pas, sur une chose de mitsva.
סייג לפרישות — une haie pour l’abstinence — la formule de Rabbi Akiva dans les Pères, que le Rambam et le seif 7 reprennent. C’est la seule louange que le siman accorde au vœu, et elle est aussitôt bornée.
פנקס — registre — l’image du seif 2. Le Chakh au ס״ק א : du ciel on ouvre le registre de ses actes et on les examine de près. Le Taz au ס״ק ב précise qu’il s’agit du registre où ses fautes sont consignées.
8. Les règles d’or
Le blâme ne porte pas sur le manquement mais sur le fait même de vouer. Le seif 1 le dit d’un mot : même s’il l’accomplit.
Le retard a son propre chef d’accusation. Le seif 2 ne parle plus du vœu mais du délai.
Deux mots règlent presque toute la pratique : בלי נדר — et ils se disent, ils ne se pensent pas.
Une phrase d’engagement n’a pas besoin du mot « vœu » pour obliger. « J’étudierai », « je donnerai », « je ne ferai plus » : le Chakh le dit du premier, et la prudence l’étend aux autres.
Si l’argent est en main, on donne ; s’il ne l’est pas, on attend. On ne voue dans aucun des deux cas.
Un vœu prononcé se défait chez un sage, pas tout seul. Et pour un vœu de consécration ou un serment, on n’y vient que sous contrainte.
Le vœu est permis quand il soutient une obligation existante, et une mitsva quand il protège d’une faute.
Le vœu est louable quand il corrige un défaut — et la même phrase qui le loue interdit d’en faire une habitude.
9. Les pièges classiques
Croire que le blâme vise celui qui ne tient pas sa parole. Il vise celui qui la donne. Le seif 1 ajoute expressément même s’il l’accomplit.
Penser « sans vœu » au lieu de le dire. Le Chakh écarte cette lecture au ס״ק ד : souscrire en silence est un vœu.
Croire qu’une promesse « quand je pourrai » est plus prudente. C’est exactement ce que le Taz écarte au ס״ק ד, contre une sevara qui venait naturellement.
Prendre le seif 7 pour une invitation générale. Il loue le vœu qui corrige un trait — et la même phrase interdit de multiplier et de s’y accoutumer.
Se délier soi-même. La déliaison appartient à un sage. Et pour un vœu de consécration ou un serment, on n’y vient que sous contrainte.
Oublier que « j’étudierai » oblige. Le Chakh au ס״ק ה le dit sans formule de vœu — et le Pit’hei Techouva laisse ouverte la question de l’abstention.
10. Questions de révision
Quels seifim blâment le vœu, lesquels le permettent, lequel le loue ? Et qu’est-ce qui distingue les trois ?
Deux mots de blâme au seif 1 : quelle distinction le Taz met-il entre eux, et pourquoi importe-t-elle au seif 3 ?
Cite les deux exceptions du seif 3 à la règle de la déliaison, et la source de chacune.
Quatre situations pour la tsedaka, quatre conduites. Restitue-les dans l’ordre.
Où le seif 6 passe-t-il du permis à la mitsva, et quelle remarque du Chakh en change la portée ?
Le seif 7 loue et borne dans la même phrase. Cite les deux moitiés.
Pour aller plus loin
Les autres niveaux de ce siman :
📖 Niveau 1 — Base : le texte des sept seifim, leur traduction, et les vingt entrées de l’appareil
📚 Niveau 2 — Lamdan : la ‘hakira, les ma’hlokot et ce qui reste ouvert
~ ~ ~ ~ ~ DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות סימן ר״ג · Niveau 3 — Synthèse · איזה דברים משובחים ואיזה הם מגונים daattorah.com