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✦ ❖ ✦ D A A T · N I V E A U 3 — S Y N T H È S E / R É V I S I O N ✦ ❖ ✦

Siman 209 — Répondre « amen » au vœu d’autrui (השומע שחבירו נודר ואמר אמן)

השומע שחבירו נודר ואמר אמן
Un seif, deux mécanismes : l’acceptation qui lie, et la propriété qui n’a pas besoin d’accord

שולחן ערוך יורה דעה סימן ר״ט · סעיף אחד
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
Sommaire
  1. L’axiome : ce n’est pas la formule qui lie, c’est l’acceptation
  2. Les trois questions-réflexes
  3. Tableau-maître — le seif clause par clause
  4. Qui doit accepter, qui n’a rien à accepter
  5. La ma’hloket ouverte de l’appareil
  6. Le vocabulaire du siman
  7. Règles d’or, mnémonique et pièges classiques

1. L’axiome : ce n’est pas la formule qui lie, c’est l’acceptation

L’axiome. Le seif ne dit pas que le mot « amen » a une force propre. Il dit que ce mot est une acceptation des paroles — שהוא קבלת דברים — et c’est l’acceptation qui produit l’effet. D’où deux conséquences immédiates : toute autre formule d’acceptation vaut autant ; et là où aucune acceptation n’est requise, la question ne se pose plus.
« או דבר שעניינו כענית אמן שהוא קבלת דברים אסור » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)
« אבל כשחבירו מדירו משלו אין צריך לקבל דבריו » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)
Trois conséquences. (1) Répondre amen à un vœu qu’on t’impose te lie comme si tu l’avais prononcé. (2) « Oui », « d’accord », « je l’accepte » font la même chose, et dans n’importe quelle langue. (3) Mais interdire ce qui t’appartient à autrui ne demande pas son accord — et c’est un tout autre mécanisme.

2. Les trois questions-réflexes

1. Qui a parlé ? Lui-même — c’est un vœu ordinaire, les simanim précédents. Un autre, et sur lui — question suivante.
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2. A-t-il accepté ? Amen, ou tout mot de même portée, dans quelque langue que ce soit — il est lié. Silence — le vœu ne lui a rien fait, sauf dans le cas suivant.
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3. À qui appartient la chose interdite ? À celui qui parle — aucune acceptation n’est requise. Et jusqu’où va ce pouvoir ? Jusqu’à ce que la chose cesse d’être sienne.

3. Tableau-maître — le seif clause par clause

SeifLa clause du Choulhan AroukhCe qu’elle décide
א« השומע שחבירו נודר ואמר אמן. ובו סעיף אחד » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)Le titre du siman : il s’agit d’un auditeur, non d’un auteur
א« אחד הנודר מעצמו או שהדירו חבירו ואמר אמן » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)Le vouant et celui qui répond amen sont sur le même rang
א« או דבר שעניינו כענית אמן שהוא קבלת דברים אסור » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)Toute formule d’acceptation vaut l’amen, parce que c’est l’acceptation qui opère
א« אבל כשחבירו מדירו משלו אין צריך לקבל דבריו » (שו״ע יו״ד ר״ט:א)Quand l’autre interdit ce qui lui appartient, aucune acceptation n’est requise

4. Qui doit accepter, qui n’a rien à accepter

Le casVerdictSource
Il a voué lui-mêmeLiéשו״ע יו״ד ר״ט:א
Un autre a voué sur lui, et il a répondu amenLié, au même rangשו״ע יו״ד ר״ט:א
Il a dit « oui », ou tout mot d’acceptation, en quelque langueLiéרמב״ם הלכות שבועות פרק ב׳ הלכה א
Il a entendu et n’a rien ditLe vœu d’autrui ne le lie pasשו״ע יו״ד ר״ט:א
Il a seulement dit « moi aussi, comme toi » — sans qu’on l’ait fait jurerExempt — c’est un מתפיסרמב״ם הלכות שבועות פרק ב׳ הלכה ח
… mais il lui reste interdit d’en mangerInterdit sans flagellation ni sacrificeרמב״ם הלכות שבועות פרק ב׳ הלכה ט
L’autre interdit ce qui est à l’autreAucune acceptation requiseשו״ע יו״ד ר״ט:א
… et si l’objet n’est déjà plus à lui ?L’interdiction ne prend pasפתחי תשובה יו״ד ר״ט ס״ק א

5. La ma’hloket ouverte de l’appareil

Une seule, mais entière. Que veut dire מדירו משלו ? Le Beit Yossef et le Chakh : les biens sont à celui qui parle, et l’interdiction vaut même contre le gré de l’autre. Le Taz : cette lecture est תמוה, car on aurait alors écrit le cas fort ; les biens sont à celui qu’on vise. Les Nekoudot HaKessef : quatre objections, et retour à la lecture du Beit Yossef. Le Baer Hetev rapporte les trois voix, et signale en petit que les Nekoudot HaKessef ont répondu.
« אין צריך לקבל דבריו. שהרי זה יכול לאסור נכסיו עליו בע״כ ואם כן מה צורך שיקבל עליו דבריו » (ש״ך יו״ד ר״ט ס״ק ב)
« ונראה דהכי פירושו דאם ראובן מדיר את שמעון שלא יהנה מנכסי עצמו אין צריך לקבל שמעון את דבריו » (ט״ז יו״ד ר״ט ס״ק א)
« ועוד היאך שייך דין זה לכאן ועוד מאי אבל אלא הדבר פשוט כמו שפירש הב״י » (נקודות הכסף יו״ד ר״ט)

6. Le vocabulaire du siman

TermeSens
אמןLe mot de confirmation ; dans la Torah, la réponse de la femme soupçonnée au serment
קבלת דבריםAcceptation des paroles — la raison que le seif donne lui-même
מדירCelui qui impose le vœu à un autre
מתפיסCelui qui rattache son interdit à celui d’un autre, sans avoir été adjuré — exempt
אוסר נכסיו על חבירוInterdire ses propres biens à autrui : un pouvoir de propriétaire
בעל כרחוMalgré lui — le point que le Taz et les Nekoudot HaKessef discutent
הגבהה קונהLe soulèvement fait acquérir — la limite que pose le Pit’hei Techouva
סליחה וכפרהCe qu’il faut à celui qui a mangé l’interdit, même s’il rembourse

7. Règles d’or, mnémonique et pièges classiques

Un mot, deux mécaniques. Le premier mot lie parce qu’il accepte. La seconde moitié du seif n’a besoin d’aucun mot, parce qu’elle repose sur la propriété. Ne pas confondre : accepter, ce n’est pas posséder.
Les règles d’or
Les pièges classiques
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
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