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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA’ASSÉ

Siman 215 — Le vœu prend sur une chose de mitsva

יורה דעה · סימן רט״ו
הנדרים חלים על דבר מצוה
נדרים חלים על דבר מצוה · קונם סוכה שאני יושב · לשון נדר ולשון קבלת תענית · מצות עשה ולא תעשה
⚖️ הלכה למעשה · Psak
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Ce qui lie malgré la mitsva, ce qui se délie, et ce qui ne s’est jamais lié

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן רט״ו (ו׳ סעיפים)
עם נושאי כלים: ש״ך (י״ז ס״ק), ט״ז (ז׳), באר היטב (י״ב), פתחי תשובה (ב׳), נקודות הכסף (ב׳), בית יוסף, טור
יסוד: נדרים ט״ז ע״ב · משנה נדרים ב׳:א · רמב״ם הלכות נדרים פרק ג׳

Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. הדין העולה — la ligne de psika du siman
  2. נדר או שבועה — la première question à poser
  3. הנאת סוכה עלי — la formule qui laisse la mitsva intacte
  4. נדר להתענות — le jeûne voué et la porte du sage
  5. לשון נדר ולשון קבלה — le point le plus utile du siman
  6. חנוכה ופורים — la divergence ouverte
  7. דברים שבלב — « je n’y avais pas pensé »
  8. מצות עשה ולא תעשה — jusqu’où le vœu porte
  9. מצה עשירה — quand le même mot ne dit pas la même chose
  10. Cas contemporains — et la limite de cette page

1. הדין העולה — la ligne de psika du siman

La ligne de ce siman tient en une phrase : un vœu qui nomme l’objet d’une mitsva prend effet — donc on ne l’ignore pas, on le fait délier, et alors on accomplit la mitsva. Tout le reste est la carte des cas où il ne prend pas : le profit seul, le serment, la formule d’acceptation d’un jeûne, l’objet déjà interdit.
« נדרים חלים על דבר מצוה כיצד אמר קונם סוכה שאני יושב לולב שאני נוטל אסור לישב בסוכה וליטול לולב » (שו״ע יו״ד רט״ו:א)
« ומתירין לו נדרו ומקיים המצוה » (רמ״א יו״ד רט״ו:א)
Ce siman ne s’applique pas seul, et pour une raison qu’il énonce lui-même : presque toutes ses variables sont des faits de langue — quels mots exactement, dans quel ordre, avec quelle intention déclarée. Et l’un de ses points, celui de Ḥanoukka et Pourim, est en divergence ouverte entre le Choulhan Aroukh d’ici et celui d’Ora’h Ḥayim. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

2. נדר או שבועה — la première question à poser

« דוקא נדרים אבל לא שבועה כדלקמן סימן רל״ט ס״ד וע״ש דין נדוי » (ש״ך יו״ד רט״ו ס״ק א)
« אבל שבועה אוסר עצמו מלעשות הדבר ולאו כל כמיניה להפקיע עצמו מחיוב מצוה » (ט״ז יו״ד רט״ו ס״ק א)
Un serment de ne pas accomplir une mitsva ne prend pas : l’homme est déjà lié depuis le Sinaï. Un vœu, lui, prend. La distinction n’est pas théorique : elle décide si l’on a affaire à un interdit réel ou à rien du tout.
En pratique, personne ne s’exprime en formules de traité. Ce qu’une personne a dit — et si c’était un vœu, un serment, une simple résolution, ou une parole sans engagement — est une question d’analyse, et le Chakh renvoie lui-même au siman 239 pour la matière du serment. Cela s’établit devant un Rav.

3. הנאת סוכה עלי — ce que la formulation change

« אבל אם אמר הנאת סוכה עלי מותר לישב בסוכה דמצות לאו ליהנות נתנו » (ש״ך יו״ד רט״ו ס״ק ב)
« כ׳ הש״ך ולא הוי דבר שאין בו ממש כיון דמזכיר שם החפץ הנאסר אבל אם אמר הנאת סוכה עלי מותר לישב בסוכה דמצות לאו ליהנות נתנו וע״ל סימן רל״ט ס״ד » (באר היטב יו״ד רט״ו ס״ק א)
Celui qui s’est interdit le profit de la soucca peut y demeurer : l’accomplissement d’une mitsva n’est pas un profit. Le Ba’h étend le raisonnement au chofar depuis Ora’h Ḥayim 586:5, et le Baer Hetev y ajoute un cas du Radbaz sur le vœu de ne pas se marier.
Ce point est tentant et dangereux : il est facile de se persuader après coup qu’on « voulait dire le profit ». La question n’est pas ce qu’on voulait dire mais ce qu’on a dit — et le Pit’hei Techouva, au ס״ק א, renvoie sur le cas du mariage à des responsa contestées. Demande à ton Rav.

4. נדר להתענות — le jeûne voué et la porte du sage

« מתירין לו נדרו ופותחין לו בהם » (שו״ע יו״ד רט״ו:ב)
« והותר כל הנדר » (שו״ע יו״ד רט״ו:ב)
« שמותר בכל הימים דנדר שהותר מקצתו הותר כולו » (ש״ך יו״ד רט״ו ס״ק ו)
La conduite est claire : on ne jeûne pas ces jours-là, et l’on ne s’en dispense pas non plus tout seul. On vient devant un sage, qui ouvre par l’honneur du jour — et le vœu tombe en entier, jours ordinaires compris, en vertu de נדר שהותר מקצתו הותר כולו.
« דנדר שהותר מקצתו הותר כולו וע״ל סי׳ רכ״ט » (באר היטב יו״ד רט״ו ס״ק ד)
Deux points de méthode. D’abord, la « porte » est ouverte par le sage et non par l’intéressé — une dissolution n’est pas une décision personnelle. Ensuite, le fait que tout le vœu tombe surprend souvent : celui qui pensait n’être dispensé que des Chabbatot se retrouve libre de tout. Cela aussi se vérifie devant un Rav.

5. לשון נדר ולשון קבלה — le point le plus utile du siman

« במה דברים אמורים שצריך התרה כשקבלו בלשון נדר שאמר קונם אכילת ימים כך וכך עלי » (שו״ע יו״ד רט״ו:ג)
« אבל אם לא הוציאו אלא בלשון קבלת תענית אינו דוחה לא שבת ויו״ט וראש חודש ולא חנוכה ופורים ואינו צריך התרה » (שו״ע יו״ד רט״ו:ג)
Celui qui a seulement dit « j’accepte un jeûne » n’a rien à délier : son engagement n’a jamais porté sur les jours où l’on ne jeûne pas — Chabbat, fête, Roch Ḥodech, Ḥanoukka, Pourim. Le Taz en donne la raison : cette formule lie la personne, comme un serment, et un serment ne prend pas sur une chose de mitsva.
« דאלו אמר לשון קבלת התענית הרי אוסר נפשו על האכילה ודמיא לשבועה דאין חלה על דבר מצוה » (ט״ז יו״ד רט״ו ס״ק ג)
Voilà pourquoi la première question n’est jamais « faut-il jeûner ? » mais « quels mots ont été dits ? ». Et voilà aussi pourquoi elle se pose à quelqu’un : à froid, personne ne se souvient de sa propre formule avec la précision que le siman exige.

6. חנוכה ופורים — la divergence ouverte du siman

« אבל אם פגע בהם חנוכה ופורים נדרו בטל » (שו״ע יו״ד רט״ו:ד)
« ועיין בא״ח סי׳ תק״ע דלא פסק כן » (שו״ע יו״ד רט״ו:ד)
« מפני שהם מדבריהם וצריכין חיזוק » (ש״ך יו״ד רט״ו ס״ק י)
Le seif : le vœu est nul, et l’on n’a pas à jeûner. Ora’h Ḥayim 570 : le Choulhan Aroukh n’y tranche pas ainsi, et le Rama y écrit que la coutume n’est pas comme le Rambam. Le Chakh, au ס״ק י״א, propose de distinguer un vœu perpétuel d’un vœu à terme — mais il conclut lui-même par כן נ״ל.
« ובאמת דהרמב״ם ס״ל דבכל ענין נדרו בטל רק שהמחבר מכריע כן מדעתו » (באר היטב יו״ד רט״ו ס״ק ז)
Le Baer Hetev enregistre la divergence sans la trancher, et ajoute au nom des A’haronim que le mois de Nissan et les jours sans ta’hanoun suivent le régime des jours interdits de rabbinique. C’est un point où les décisionnaires divergent ouvertement, et il ne se tranche pas sur une page. Demande à ton Rav.

7. דברים שבלב — la valeur d’une déclaration après coup

« בנדר להתענות חודש אומרים לו הרי בזה החודש שנדרת יש יו״ט ושבתות אומר להם לא נתכוונתי להם אין צריך אפי׳ התרה דדברים שבלב כי הני שמוכחים הוי דברים » (ט״ז יו״ד רט״ו ס״ק ד)
« אלא דאם אמר שבפירוש היה עולה על דעתו שלא להתענות אלא בימי החול ודאי נאמן על זה דהא אינו סותר לשון נדרו שנדר להתענות חודש אחד » (ט״ז יו״ד רט״ו ס״ק ד)
La règle pratique qui s’en dégage : une déclaration d’intention vaut si elle précise la formule employée, et ne vaut pas si elle la contredit. Dire « quand j’ai dit un mois, je pensais aux jours ouvrables » précise ; dire « quand j’ai dit קונם, je ne pensais pas m’engager » contredit.
Le Ba’h ajoute, rapporté par le Taz et le Baer Hetev, qu’en langage de vœu la dissolution reste requise en tout état de cause. Autrement dit : même une déclaration recevable ne dispense pas de venir. Consulte ton Rav.

8. מצות עשה ולא תעשה — jusqu’où le vœu porte

« הא דנדרים חלים על דבר מצוה דוקא במצות עשה » (שו״ע יו״ד רט״ו:ה)
« אבל על מצות לא תעשה דעלמא אינו חל בין בביטולו בין בקיומו » (שו״ע יו״ד רט״ו:ה)
« וי״א שאם נדר מדברים האסורים כגון נבילות וטריפות חל הנדר ואם אוכל מהם עובר בלא יחל » (שו״ע יו״ד רט״ו:ו)
Le seif 5 (Rachba) : le vœu ne prend pas sur ce que la Torah interdit déjà. Le seif 6 (Rachi, Tossefot, Tour) : il prend, et celui qui en mange transgresse בל יחל. Le Ba’h tient le second pour l’essentiel ; le Chakh défend le premier ; le Ran va avec le second ; le Baer Hetev enregistre les deux.
« והב״ח כתב דנ״ל עיקר כדעה זו אבל הש״ך כתב דעיקר כדעה ראשונה מיהו דעת הר״ן כדעה זו » (באר היטב יו״ד רט״ו ס״ק י)
Ce qui n’est pas disputé, et qui vaut donc pour la pratique : on ne peut pas se servir d’une chose interdite par la Torah comme point d’attache pour en interdire une autre — מתפיס בדבר האסור. En revanche, une chose interdite seulement de rabbinique reste disponible : le vœu y prend, et elle peut servir d’attache.
« מיהו בע״ה י״א דבעינן שאלה אף במתפיס בדבר האסור כדלעיל סי׳ ר״ה » (ש״ך יו״ד רט״ו ס״ק ט״ז)
Le Chakh ajoute qu’en matière de profit, certains exigent une dissolution même là où le vœu n’a pas pris — renvoi au siman 205. Une situation où l’on croit « qu’il n’y a rien » peut donc en demander une quand même. Demande à ton Rav.

9. מצה עשירה — quand le même mot ne dit pas la même chose

« הגה הנודר או הנשבע שלא לאכול מצה בליל פסח אין מצה עשירה בכלל » (רמ״א יו״ד רט״ו:ו)
« אבל אם נדר שלא לאכול מצה כל השנה אפשר דמצה עשירה בכלל » (רמ״א יו״ד רט״ו:ו)
La règle pratique : la portée d’un mot dépend du moment et du contexte où il est dit. La nuit de Pessa’h, « מצה » désigne la מצה qui acquitte de la mitsva ; hors de ce moment, le mot reprend son extension ordinaire. Noter la prudence du Rivach — אפשר —, qui ne conclut pas.
« כלומר ומותר לאכלה בלא התרה אבל מ״מ בנשבע שלא לאכול מצה בליל פסח לוקה ואוכל מצה בליל פסח » (ש״ך יו״ד רט״ו ס״ק י״ז)
Le Chakh tire ici une conséquence qu’il faut lire lentement : la מצה עשירה est permise sans dissolution, mais pour la מצה elle-même, celui qui a juré de ne pas en manger la nuit de Pessa’h reçoit la flagellation et mange — car le serment ne prend pas contre la mitsva (Ora’h Ḥayim 485, et plus loin siman 236:5). Une phrase qui contient deux régimes opposés : elle ne se transpose pas sans un Rav.

10. Cas contemporains — et la limite de cette page

1. Un engagement pris dans un moment de ferveur. « Je m’interdis telle chose si je refais telle faute » — quand la chose interdite est un objet de mitsva. Le siman dit que cela tient. La conduite : venir faire délier, et le Chakh au ס״ק ט écrit qu’il est juste d’y contraindre plutôt que de laisser transgresser.
« מיהו יש להתיר כמ״ש בס״ק ד׳. לקמן סימן רל״ט ס״ק י״ט כתבתי דאע״ג דחל הנדר ראוי לכופו שישאל על נדרו ולא יעבור על המצוה » (ש״ך יו״ד רט״ו ס״ק ט)
2. Un jeûne accepté pour une période. La question de tous les jours : quels mots ? Si c’est une simple acceptation, rien n’a pris sur les jours où l’on ne jeûne pas. Si c’est un vœu, on vient faire délier — et tout tombe.
3. S’interdire ce qui est déjà interdit. Formule fréquente — « je m’interdis absolument de… » là où la chose est déjà défendue. Les seifim 5 et 6 divergent sur l’effet ; ce qui est acquis, c’est qu’une telle chose ne peut pas servir de point d’attache à un autre interdit.
4. « Je voulais dire autre chose ». Le Taz au ס״ק ד fixe la mesure : une déclaration qui précise la formule est recevable, une déclaration qui la contredit ne l’est pas. Et en langage de vœu, la dissolution reste due.
Cette page est un exposé d’étude, non une décision. Trois raisons le lui interdisent : les faits de langue sur lesquels tout repose ne s’établissent pas à distance ; le siman contient une divergence que le Choulhan Aroukh signale lui-même ; et le Chakh, sur plusieurs points, conclut par כן נ״ל, c’est-à-dire propose. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רט״ו · Niveau 4 — Halakha lema’assé · הנדרים חלים על דבר מצוה
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