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סימן רט״וSiman 215

Yoreh De'ah · Nedarim

Siman 215 — Le vœu prend sur une chose de mitsva

Six seifim, et un renversement. On croirait qu’une parole d’homme ne peut rien contre un commandement de la Torah — et c’est vrai d’un serment. Mais le vœu ne lie pas l’homme : il interdit l’objet. Dire « קונם la soucca où je m’assieds », c’est rendre cette soucca interdite, et l’on ne fait pas manger à un homme ce qui lui est interdit. Le siman déploie cette règle sur le jeûne voué qui rencontre un Chabbat, distingue deux formules qui décident de tout, s’arrête devant Ḥanoukka et Pourim, et pose enfin la limite : le vœu prend sur un commandement positif, non sur une défense. (Choulhan Aroukh, Yoreh De’ah 215 — 6 seifim)

נדרים חלים על דבר מצוה כיצד אמר קונם סוכה שאני יושב לולב שאני נוטל אסור לישב בסוכה וליטול לולב

Les vœux prennent effet sur une chose de mitsva. Comment ? Il a dit : קונם la soucca où je m’assieds, le loulav que je prends — il lui est interdit de s’asseoir dans la soucca et de prendre le loulav. Le siman ouvre sur sa règle et la montre aussitôt à l’œuvre.

Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 215:1

Les 4 niveaux d’étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

Les six seifim en hébreu, avec traduction française fluide et décomposition clause par clause : la règle-titre et ses deux mitsvot, la flagellation du vœu vain, le jeûne voué et la porte de l’honneur du jour, les deux formules, Ḥanoukka et Pourim, la limite du commandement positif et l’avis contraire sur la נבילה. Les quarante entrées de l’appareil — Chakh, Taz, Baer Hetev, Pit’hei Techouva, Nekoudot HaKessef — citées une à une.

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NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Pilpoul : la raison du Taz — le vœu interdit l’objet, le serment lie la personne ; מצות לאו ליהנות נתנו et la permission du profit ; le דבר שאין בו ממש du siman 213 et la réponse du Ran au nom des Tossefot ; Rabbenou Ḥananel contre le Raavia sur la flagellation, et les מכת מרדות du Chakh ; les trois conciliations de Nedarim et Taanit — Ramban, Semak, Rambam ; le mot אפילו et le Ba’h ; la contradiction avec Ora’h Ḥayim 570 et la distinction du Chakh ; le Rachba contre Rachi et les Tossefot ; et la lecture du Taz qui supprime le sixième seif.

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NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

Un tableau des six seifim clause par clause, l’axiome du vœu qui interdit l’objet, les trois questions-réflexes, la grille des deux formules, celle du jeûne voué jour par jour, les six ma’hlokot ouvertes de l’appareil, le vocabulaire, les règles d’or et les pièges classiques.

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NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'asse — Psak

La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז, le באר היטב et le פתחי תשובה, puis les cas contemporains : un engagement pris dans un moment de ferveur, un jeûne accepté pour une période, s’interdire ce qui est déjà interdit, et « je voulais dire autre chose ». Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non « Daat HaRav ».

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Questions fréquentes — Siman 215

Un vœu peut-il vraiment m’empêcher d’accomplir une mitsva ?

Oui, et c’est la règle même du siman. Le vœu ne te lie pas : il rend l’objet interdit, et l’on ne fait pas manger à un homme ce qui lui est interdit.

« נדרים חלים על דבר מצוה כיצד אמר קונם סוכה שאני יושב לולב שאני נוטל אסור לישב בסוכה וליטול לולב » (שו״ע יו״ד רט״ו:א)
« הטעם דנדר כיון שהוא אוסר החפץ עליו שאומר קונם ישיבת סוכה עלי אינו כנודר לבטל המצוה שהרי לא קבל על עצמו כלום אלא אסר החפץ עליו ואין מאכילין לאדם דבר האסור לו » (ט״ז יו״ד רט״ו ס״ק א)
La conduite n’est donc pas de passer outre mais de faire délier le vœu, après quoi la mitsva redevient possible. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Et si je m’étais interdit seulement le « profit » de la chose ?

Alors la formule ne mord pas sur la mitsva, et le Chakh le dit expressément :

« אבל אם אמר הנאת סוכה עלי מותר לישב בסוכה דמצות לאו ליהנות נתנו » (ש״ך יו״ד רט״ו ס״ק ב)
La raison est un axiome : מצות לאו ליהנות נתנו — ce qu’on fait par obligation n’est pas, en droit, un profit. Mais tout dépend des mots réellement employés, et c’est une question d’analyse : demande à ton Rav.

J’ai voué de jeûner, et un Chabbat tombe dans la période. Que faire ?

Le siman ne dit pas que le vœu tombe de lui-même : il dit qu’on va le faire délier, et il donne même la formule par laquelle le sage ouvre.

« מתירין לו נדרו ופותחין לו בהם » (שו״ע יו״ד רט״ו:ב)
« שאומרים לו אילו שמת על לבך שיפגעו בתוך הזמן הזה אלו הימים לא היית נודר » (שו״ע יו״ד רט״ו:ב)
« שמותר בכל הימים דנדר שהותר מקצתו הותר כולו » (ש״ך יו״ד רט״ו ס״ק ו)
Et l’on notera que tout le vœu tombe, jours ordinaires compris : נדר שהותר מקצתו הותר כולו. La dissolution se fait devant un sage, jamais seul : consulte ton Rav.

Quelle différence entre « je voue » et « j’accepte un jeûne » ?

C’est le point le plus utile du siman, et il décide de tout :

« במה דברים אמורים שצריך התרה כשקבלו בלשון נדר שאמר קונם אכילת ימים כך וכך עלי » (שו״ע יו״ד רט״ו:ג)
« אבל אם לא הוציאו אלא בלשון קבלת תענית אינו דוחה לא שבת ויו״ט וראש חודש ולא חנוכה ופורים ואינו צריך התרה » (שו״ע יו״ד רט״ו:ג)
« דאלו אמר לשון קבלת התענית הרי אוסר נפשו על האכילה ודמיא לשבועה דאין חלה על דבר מצוה » (ט״ז יו״ד רט״ו ס״ק ג)
Le Taz en donne la raison : la seconde formule lie la personne, comme un serment, et un serment ne prend pas sur une chose de mitsva. La première formule nomme l’objet : c’est un vœu. La première question est donc toujours quels mots ont été dits — et cela se vérifie devant un Rav.

Et si Ḥanoukka ou Pourim tombe dans le jeûne voué ?

C’est le point où le Choulhan Aroukh se sait en désaccord avec lui-même, et il le signale dans le seif même :

« אבל אם פגע בהם חנוכה ופורים נדרו בטל » (שו״ע יו״ד רט״ו:ד)
« ועיין בא״ח סי׳ תק״ע דלא פסק כן » (שו״ע יו״ד רט״ו:ד)
« מפני שהם מדבריהם וצריכין חיזוק » (ש״ך יו״ד רט״ו ס״ק י)
Le Chakh consacre au ס״ק י״א la plus longue note du siman à concilier les deux, en distinguant le vœu perpétuel du vœu à durée finie — mais il conclut par כן נ״ל, « ainsi me semble-t-il ». C’est un point où les décisionnaires divergent ouvertement : demande à ton Rav.