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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA’ASSÉ

Siman 218 — Halakha lema‘assé : suivre l’intention de celui qui voue

יורה דעה · סימן רי״ח
כיצד הולכין אחר כוונת הנודר
כוונת הנודר · רואין דברים שבגללן נדר · אחר הענין ולא אחר משמעות הדיבור · אומדנא דמוכח
⚖️ הלכה למעשה · Psak
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Ce qui se pratique, ce qui reste ouvert, et qui peut invoquer l’intention

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן רי״ח (ו׳ סעיפים)
עם נושאי כלים: ש״ך (ז׳ ס״ק), ט״ז (ד׳), באר היטב (ו׳), פתחי תשובה (ה׳), נקודות הכסף (א׳), בית יוסף, טור
יסוד: נדרים נ״ה ע״ב · נדרים ס״ג ע״ב · נדרים מ״ג ע״א · רמב״ם הלכות נדרים פרק ח׳

Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. La ligne de psika, en six propositions
  2. Les deux divergences ouvertes
  3. Les cas d’aujourd’hui, rapportés par l’appareil
  4. Qui peut invoquer l’intention — et qui ne le peut pas

1. La ligne de psika, en six propositions

Ce niveau expose la ligne de psika telle que les décisionnaires l’ont posée. Il ne remplace pas la décision d’un Rav. Ce siman restreint des vœux ; il n’en annule aucun. Ce qui demeure dans le champ de l’intention reste interdit, et ne se lève que par une התרה : tout cas réel se pose à un Rav.
1. On lit le vœu par les circonstances qui l’ont produit, non par le sens des mots — והולכין אחר הענין ולא אחר משמעות הדיבור.
2. Ces circonstances doivent être visibles : le Chakh, au ס״ק ז, refuse la prétention rétrospective de n’avoir visé qu’un lieu ou qu’un temps.
3. Sans circonstance douloureuse établie, il n’y a pas de הוכחה — et le Chakh interdit alors tout ce que la formule couvrait (ס״ק א).
4. La règle ne vaut que du vœu fait seul ; un engagement envers autrui suit sa langue, sauf אומדנא דמוכח (Rama ; Taz ס״ק ב).
5. Le vœu de refuser un mariage ou une invitation n’atteint que ce qu’il refusait — le reste n’a jamais été interdit (seifim 3 et 4).
6. Une ordonnance communale se lit comme un vœu : par le sujet qui l’a fait naître (seif 6).
« כל הנודר או נשבע רואין דברים שבגללן נשבע או נדר ולומדים מהם לאיזה נתכוין והולכין אחר הענין ולא אחר משמעות הדיבור » (שו״ע יו״ד רי״ח:א)

2. Les deux divergences ouvertes

1. L’intention contre la lettre — le seif 2

Le Mehaber et le Rama tranchent avec le Rachbats ; le Taz, au ס״ק ג, le combat sur trois fronts ; le Mahari’t, rapporté par le Pit’hei Techouva au ס״ק ג, va dans le même sens ; les Nekoudot HaKessef défendent le Mehaber mais concluent par וצ״ע. Le Baer Hetev résume l’état de la question en deux lignes, et n’y ajoute rien.

« הט״ז חולק על דין זה ע״ש שמביא ראיות לדבריו (ובנה״כ השיג עליו ודחה ראיותיו ע״ש » (באר היטב יו״ד רי״ח ס״ק ג)
Ce qui se dégage n’est pas un psak mais une prudence de rédaction : celui qui prend un engagement doit dire ce qu’il veut dire. Un vœu formulé sur un verbe — « je ne ferai plus » — sera peut-être lu comme portant sur l’état, peut-être non. C’est un point où les décisionnaires divergent ouvertement : demande à ton Rav.

2. La takana communale et ce qu’on avait déjà

Ici, à l’inverse, la convergence est forte. Le Chakh, le Taz et le Baer Hetev vont tous trois contre le כל שכן du Rama, et arrivent à la même règle pratique.

« וכיון דבנדון זה שזכר רמ״א הוה ספק דרבנן אזלינן להקל ואין כאן איסור אלא אם נעשית התקנה בחרם הקהל » (ט״ז יו״ד רי״ח ס״ק ד)
La règle pratique, telle que le Taz la formule : une ordonnance communale ordinaire n’interdit pas ce que les membres possédaient déjà — c’est un doute rabbinique, et l’on est indulgent. Une ordonnance prise sous ḥerem l’interdit, parce qu’elle est alors traitée comme une obligation de Torah.
« ומ״מ נתבאר מדברי מהרש״ל שיש לחלק בין תקנה בחרם לסתם תקנה ובין יחיד לקהל ושלא כדברי הרב » (ש״ך יו״ד רי״ח ס״ק ג)

Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ד, ne tranche pas non plus, mais il montre que la question a continué de vivre : quatre responsa des dix-huitième et dix-neuvième siècles y sont revenues.

3. Les cas d’aujourd’hui, rapportés par l’appareil

Le voyage en bateau — le Mabit, au Chakh ס״ק א

Un homme est monté en mer avec sa femme pour se promener ; une tempête s’est levée, il l’a rassurée, et il a juré de ne plus jamais prendre la mer avec elle. Plus tard il doit s’embarquer pour aller s’établir ailleurs. La conclusion est que son intention ne portait que sur la promenade.

« וכתוב בתשובת מבי״ט ח״א סי׳ קי״ז דף כ״ג ע״ד מי שנכנס בספינה עם אשתו לטייל בים וקם עליהם רוח סערה והיה מפייסה שלא תפחד כו׳ ונשבע שלא יכנס עוד עם אשתו בספינה לים ואח״כ הוצרך לילך בספינה כדי לדור בעיר אחרת נראה שלא היתה כוונתו אלא על הטיול » (ש״ך יו״ד רי״ח ס״ק א)

Les deux associés qui se séparent — le Mabit, second paragraphe du ס״ק א

Deux hommes vivaient dans une même maison, mangeaient à une même table et tenaient boutique ensemble. Une querelle sur le loyer, et l’un jure : « nous n’habiterons plus ensemble, nous ne mangerons plus ni ne boirons ensemble ». Faut-il donc qu’ils ne se revoient jamais ?

« שנים שהיו דרים בבית אחד ואוכלים על שלחן אחד והיה להן עסק בשותפות והיו בחנות ועל פרעון שכירות הבית והחנות נפל ביניהם קטטה וקפץ אחד מהם ונשבע שלא נשב יחד בבית אחד ושלא נאכל ושלא נשתה ביחד לא נפרש אותו אלא לפי הסברא ולא יהיה אסור אלא לדור יחד בבית אחד כמו שהיה קודם ולאכול ולשתות בהוצאה א׳ בבית אבל הוא מותר לאכול בבית חבירו אחר שנפרדו איש מעל אחיו ומעל הבית וכל א׳ עושה הוצא׳ לבדו בביתו ואצ״ל בבית אחר ובשמחת חופה וברית מילה וראיה מהיה טעון צמר כו׳ וכן בהיה לבוש כו׳ דאזלינן בתר הכוונה ולפי הענין שנעשה הנדר » (ש״ך יו״ד רי״ח ס״ק א)
Une fois séparés — chacun dans sa maison, chacun à ses frais —, il peut manger chez son ancien associé, et à plus forte raison ailleurs, et à une noce ou une brit mila. Le raisonnement est exactement celui du seif 1 : le vœu visait la vie commune, qui a cessé. Mais c’est une décision de responsa, prise sur un cas précis : demande à ton Rav.

Le vœu de ne pas marcher — le Ḥavot Yaïr, au Pit’hei Techouva ס״ק א

Un homme épuisé par un long voyage a voué qu’une fois rentré il ne ferait plus une parasa. Or il doit, pour vivre, se rendre dans des villages dont certains sont plus loin. Le Ḥavot Yaïr démonte la question en quatre, et sa conclusion est instructive : l’argument de l’intention ne passe pas — au contraire, on voit qu’il a exagéré sa mesure —, mais une halte avec un vrai repas coupe la distance.

« והעלה שאין בטעם הראשון ממש להתיר לו בלא התרה דלא דמי כלל לכל הנזכרים בי״ד סימן רי״ח דאדרבה הרי חזינן שהפריז על מדתו לאסור אף בפרסה » (פתחי תשובה יו״ד רי״ח ס״ק א)

Le chohet, et le prix du vin — la Knesset HaGuedola, au Baer Hetev ס״ק ו

« שוחט שנשבע שלא לשחוט לאחרים אינו יכול לבדוק הסכין לאחרים שישחטו לאחרים. כנה״ג בשם חכם א׳ והסכים כן הראנ״ח » (באר היטב יו״ד רי״ח ס״ק ו)
« הסכימו הקהל שלא ימכור יין יותר מב׳ לבנים ומכר ראובן לשמעון בשלשה קונסין ג״כ ללוקח » (באר היטב יו״ד רי״ח ס״ק ו)
Ces deux cas donnent la mesure de la sévérité pratique du siman. Dans le premier, l’intention élargit l’interdit au lieu de le réduire : celui qui a juré de ne pas abattre pour d’autres ne peut même pas préparer leur couteau. Dans le second, une ordonnance sur les prix atteint aussi l’acheteur. L’intention n’est pas, en soi, une voie d’indulgence : demande à ton Rav.

Le secret dit par un tiers — le Mayim Amoukim, au Pit’hei Techouva ס״ק ה

« דמי שנשבע שלא יגלה סודו לשמעון יכול להגיד ללוי ולוי יגלה לשמעון » (פתחי תשובה יו״ד רי״ח ס״ק ה)

Le raisonnement s’appuie sur le seif 5 : puisque le vouant profite bien de la vache par la main d’autrui, et que le seif le permet, le même détour vaudrait pour une parole. La transposition d’un domaine à l’autre est exactement le genre de pas qu’un Rav doit valider.

4. Qui peut invoquer l’intention — et qui ne le peut pas

C’est la question décisive du niveau pratique, et le Chakh y répond au second paragraphe de son ס״ק ז, d’après le Mabit. Elle mérite d’être lue avant tout le reste, parce qu’elle empêche de se servir de ce siman comme d’une porte de sortie.

« אבל מי שנודר על איזה דבר אינו נאמן לו׳ לא נתכוונתי לאסור עצמי בדבר זה אלא בעיר זה ולא בעיר אחרת כי סתם נדר שבגופו הוא בכל מקום וה״ל לפרט כו » (ש״ך יו״ד רי״ח ס״ק ז)
Trois conditions se dégagent, et elles se tiennent. (1) On suit l’intention là où le mot porte réellement deux sens — l’exemple du Chakh est חרם, au siman 208. (2) Un vœu portant sur un objet ou sur la personne même vaut partout : il fallait préciser. (3) Mais si la cause est visible — de mauvaises gens dans cette ville-là —, on la suit, et l’on revient au seif 1.
« מיהו אם רואים הדבר שבגללו נדר כגון שהיו אנשים רעים באותו עיר ונדר שלא יאכל בביתם וכיוצא בזה הולכים אחריו » (ש״ך יו״ד רי״ח ס״ק ז)
« כתב בתשובת מבי״ט מי שנשבע שלא יאכל חוץ מביתו אם נלך אחר כונתו שלא היתה אלא באותה מדינה ולא במדינה אחרת זה אינו כי מה שהולכים אחר כונת הנודר הוא במה שיש בו משמעות ב׳ לשונות כמו חרם » (באר היטב יו״ד רי״ח ס״ק ו)
Ce qu’il faut retenir pour la pratique : l’intention ne se plaide pas, elle se constate. Un homme qui vient dire aujourd’hui ce qu’il avait en tête il y a un an n’apporte rien ; ce qui compte est ce que les circonstances montrent. Et c’est au Rav, non à lui, d’en juger.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
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