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Siman 221 — le vœu qui interdit de profiter d’autrui (דיני הנודר הנאה מחבירו)

דיני הנודר הנאה מחבירו
Quatorze seifim, rangés par mécanisme — et un tableau qui garde l’ordre du livre

שולחן ערוך יורה דעה סימן רכ״א · י״ד סעיפים
ש״ך · ט״ז · באר היטב · פתחי תשובה · נקודות הכסף · טור · בית יוסף · רמב״ם
DAAT · הרב יוסף חיים סממה
Sommaire
  1. L’axiome : tout profit, jusqu’à celui que personne ne monnaye
  2. Mécanisme A — ce que le vœu atteint sur la personne
  3. Mécanisme B — ce que le vœu n’atteint pas : גרמא, דממילא, מצוה
  4. Mécanisme C — la mesure du salaire, qui commande tout le siman
  5. Mécanisme D — ce qui passe par un tiers, et à quelle condition
  6. Mécanisme E — le patrimoine : ce que « mes biens » recouvre, et ce qu’un vœu ne peut plus atteindre
  7. Mécanisme F — la mitsva accomplie avec un objet interdit
  8. Tableau-maître — les quatorze seifim dans l’ordre du livre
  9. Les ma’hlokot ouvertes de l’appareil
  10. Le vocabulaire du siman
  11. Règles d’or, mnémonique et pièges classiques

1. L’axiome : tout profit, jusqu’à celui que personne ne monnaye

L’axiome. Le siman applique la michna de אין בין המודר selon Rabbi Eliezer, pour qui même le ויתור est interdit au מודר הנאה. Le ויתור, c’est l’indulgence d’usage — celle qui ne se facture pas. De là que le siman s’ouvre sur le droit de passage, et que la question, seif après seif, n’est jamais « est-ce un grand profit ? » mais « est-ce un profit ? ».
« רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הִיא, דְּתַנְיָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אֲפִילּוּ וִיתּוּר אָסוּר בְּמוּדַּר הֲנָאָה » (נדרים ל״ב ע״ב)
« אפילו בבקעה בימות החמה שאין בני אדם מקפידים על דריסת רגל שבה » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)
1. Le vœu court dans deux sens — « mes biens te sont interdits », ou « tes biens me sont interdits ». Dans les deux cas, c’est le נאסר qui est lié, et le מדיר qui a parlé.
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2. Il atteint tout profit, y compris celui que nul ne facture — le passage, l’ustensile, le service rendu.
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3. Sauf trois : le profit qui n’est que évité (גרמא), celui qui vient de soi (דממילא), et celui qui n’est que la mitsva.
▼
4. Et la mesure qui tranche partout : ce service se paye-t-il d’ordinaire ? Si oui, le rendre gratuitement est un profit.

2. Mécanisme A — ce que le vœu atteint sur la personne

Le seif 1 et le seif 5 traitent la même matière à deux échelles : ce qu’on emprunte, et ce qu’on partage. La règle est physique : si le corps de l’un reçoit quelque chose du corps ou du bien de l’autre, c’est interdit. Un petit lit réchauffe en hiver ; un petit bassin fait monter l’eau ; une rangée de vigne creusée devant l’autre lui ameublit la terre.
« ראובן שאסר הנאתו על שמעון יכול לישן (עמו) במטה קטנה בימות החמה אבל לא בימות הגשמים מפני שהוא מהנהו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ה)
« אם היו שניהם חופרים בכרם ביחד לא יחפור בשורה הקרובה לו מפני שמהנהו שמרפה הקרקע לפניו אבל ברחוק ממנו מותר » (שו״ע יו״ד רכ״א:ה)
Mais le mot employé restreint. Le seif 1 déploie quatre formules de plus en plus étroites, et c’est là qu’il faut être précis : « profit » atteint tout ; « nourriture » n’atteint que l’acte de manger ; « le profit de ta nourriture » ajoute tout profit tiré du corps de l’aliment — d’où le blé mâché sur la plaie ; « un profit qui mène à la nourriture » retire la plaie et ajoute les ustensiles de cuisine.
« ואסור ללעוס חטים ליתן על גבי מכתו » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)
« ומותר ללעוס חטים וליתן על גבי מכתו » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)
Le piège. Les deux clauses ci-dessus sont matériellement identiques — le même blé, la même plaie — et elles s’opposent. Ce n’est donc pas le fait qui décide : c’est la formule prononcée. Établir quels mots ont été dits précède toute application.

3. Mécanisme B — ce que le vœu n’atteint pas : גרמא, דממילא, מצוה

Premier : le profit évité. Payer la dette d’un homme ne lui donne rien ; la guemara appelle cela אברוחי ארי, chasser un lion. Le Taz en donne la formule : ce n’est que de la גרמא.
« המודר הנאה מחבירו יכול לפרוע חובו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)
« שאע״פ שעל ידי זה מפטר הוא מחובו מכל מקום לא הוה אלא גרמא בעלמא » (ט״ז יו״ד רכ״א ס״ק ה)
Deuxième : le profit qui vient de soi. Nourrir l’épouse et les enfants dispense le mari d’une dépense, mais ce résultat n’est pas donné, il survient. Le Chakh ajoute que ces personnes auraient pu vivre de leur travail : la dépense épargnée n’était donc même pas certaine.
« ויכול לזון את אשתו ובניו ועבדיו ואפי׳ הכנענים » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)
« ההיא הנאה דממילא היא ועוד שהיו יכולים לצמצם להתפרנס ממעשה ידיהם או לחזור על הפתחים » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק ח)
Et sa limite, immédiate. La bête, elle, est faite pour valoir : la nourrir augmente son prix. Le Ran va plus loin — même quand la suralimentation dégrade une bête de travail, c’est interdit. Le critère n’est donc pas le profit effectif mais la destination de l’objet.
« אבל אסור לזון בהמתו בין טמאה בין טהורה » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)
« וכיון דפיטמה טפי לא עבדה שפיר ונמצא דאינו נהנה אפ״ה אסור » (באר היטב יו״ד רכ״א ס״ק ח)
Troisième : le profit qui n’est que la mitsva. Rendre un objet perdu est permis dans les deux sens du vœu, parce que c’est une mitsva ; sonner du chofar interdit est permis ; s’acquitter avec un loulav prêté l’est aussi, hors du premier jour. Le Rambam le dit en trois mots en tête de son chapitre 7.
« הֲרֵי אֵלּוּ מֻתָּרִין לְהַחְזִיר אֲבֵדָה זֶה לָזֶה מִפְּנֵי שֶׁהוּא מִצְוָה » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ז׳ הלכה א)
« המודר הנאה משופר מותר לתקוע בו תקיעה של מצוה » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״ג)
Et sa limite. Le seif 11 interdit d’étudier dans le livre qu’on s’est fait interdire, et le seif 13 n’autorise l’immersion dans la source qu’en hiver. Le principe couvre la mitsva, non le profit qui l’accompagne — un loyer épargné, une joie, un rafraîchissement.
« המודר הנאה ממעיין טובל בו טבילה של מצוה בימות הגשמים אבל לא בימות החמה. » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״ג)

4. Mécanisme C — la mesure du salaire, qui commande tout le siman

La mesure. Partout dans ce siman, la question opérante est : ce service se paye-t-il d’ordinaire ? Si oui, le rendre gratuitement, c’est remettre un prix — donc procurer un profit. Si non, il n’y a rien à remettre. Cette seule mesure explique le tamis, la visite debout, le soin du médecin, l’enseignement d’aujourd’hui et le livre.
« ואסור ליהנות בכל דבר שמשכירין כיוצא בו » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)
« דכיון דדרך להשכיר כיוצא בהם והוא מוחל לו השכירות באותן הדמים הוא יכול לקנות אוכל נפש » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק ג)
Trois applications à retenir. (1) La visite du malade : debout là où l’on paye celui qui s’assied pour tenir compagnie — mais le Chakh précise qu’assis contre salaire est permis. (2) Le soin : gratuitement là où l’on ne paye pas de médecin, contre salaire ailleurs. (3) L’enseignement : la halakha y a changé avec l’usage, et le siman le dit en toutes lettres.
« ובמקום שנותנין שכר למי שיושב אצל החולה לצוות לו לא ישב אצלו אלא מבקרו מעומד » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)
« משמע דוקא בחנם אבל אם יושב בשכר שרי » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק י״ט)
« והאידנא שמותר ליטול שכר אף על המדרש הכל אסור » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)
Le piège. La mesure est locale et temporelle : « dans un endroit où l’on donne salaire », « de nos jours ». Une conduite juste en un lieu peut être fautive ailleurs, et l’état du marché des services est une donnée de la question, non un détail.

5. Mécanisme D — ce qui passe par un tiers, et à quelle condition

Le seif 8 permet de déclarer une détresse à un épicier ou à des ouvriers, et de les laisser agir. La condition tient dans une parenthèse : le vouant n’est pas obligé de payer. Le Chakh en donne la raison en une ligne — sinon, ce serait son mandataire.
« אם ירצה המדיר לפרעו (אבל אינו מחוייב לפרעו) » (שו״ע יו״ד רכ״א:ח)
« דא״כ ה״ל שלוחו והיה חבירו אסור בו » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק מ״ט)
Les deux formules qui franchissent la ligne, et elles sont données par le seif lui-même : l’impératif — « que quiconque entend ma voix le nourrisse » — parce que c’est un ordre ; et le singulier — « si tu nourris untel, tu n’y perdras pas » — parce que s’adresser à un seul a l’apparence d’un mandat.
« אבל אסור לומר כל השומע קולי יזון לפלוני דכיון שהוא לשון ציווי הוי כשלוחו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ח)
« וכן אסור לומר לחבירו אם תזון לפלוני לא תפסיד דכיון שאומר כן ליחיד נראה כשלוחו: » (שו״ע יו״ד רכ״א:ח)
Le seif 9 ajoute la voie du bien lui-même : donner à un tiers, ou déposer et déclarer la chose sans maître. Mais le don doit être entier : une condition le vide, et des circonstances qui le démentent aussi. C’est la règle הוכיח סופו על תחלתו.
« אבל אם אמר לחבירו הסעודה נתונה לך במתנה ויבא פלוני שהוא אסור בהנייתי ויאכל עמכם בסעודה הרי זה אסור » (שו״ע יו״ד רכ״א:ט)
Et une différence à ne pas manquer. Au seif 8, le Chakh accepte du Roch l’extension : la permission de l’épicier vaut même s’il a de quoi manger. Au seif 9, il la refuse : là, on n’a permis que parce qu’il n’a rien à manger. La raison est structurelle — au seif 8 rien ne passe de main en main, au seif 9 un bien change de propriétaire deux fois.
« הכא דוקא משום דאין לו מה יאכל התירו וכ״פ הרא״ש » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק נ״ב)

6. Mécanisme E — le patrimoine : ce que « mes biens » recouvre, et ce qu’un vœu ne peut plus atteindre

Premier étage : ce que le mot recouvre. Un bien loué sort de « mes biens » si le propriétaire ne garde sur lui aucune תפיסת יד. La raison est d’intention, non de titre : sa pensée ne portait pas sur ce dont il s’est dessaisi. Mais une désignation expresse rattrape le bien.
« אם יש לו בהם תפיסת יד אסור » (שו״ע יו״ד רכ״א:ו)
« אם אין לו בהם תפיסת יד מותר » (שו״ע יו״ד רכ״א:ו)
« מותר. לפי שאין דעתו על מה שהשכיר ונסתלק ממנו: » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק ל״ח)
Second étage : ce qu’un vœu ne peut plus atteindre. Même expressément désigné, le bien loué est grevé du שעבוד du locataire. Le seif rapporte deux avis, et le second — celui de Rabbenou Tam, selon le Chakh — refuse au קונם la force d’écarter cette charge. Le Chakh en donne la raison décisive : seule la sainteté du corps écarte une charge, et une consécration d’aujourd’hui n’est que sainteté de valeur.
« וי״א שאפי׳ אם פירשו בפירוש אינו יכול לאסרו בלשון קונם אם לא בלשון הקדש ממש » (שו״ע יו״ד רכ״א:ז)
« דדוקא קדושת הגוף מפקיע מידי שעבוד » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק מ״ג)
Troisième étage : qui détient le pouvoir d’interdire. Le locataire, lui, peut interdire — דהא פירותיו הם. Et le seif généralise en deux équations : celui qui donne un gage est comme un bailleur, celui qui le reçoit comme un locataire. Ce qui compte n’est pas le titre mais la jouissance.
« ושוכר יכול לאסרו דהא פירותיו הם » (שו״ע יו״ד רכ״א:ז)
« וממשכן דינו כמשכיר ובעל משכונא דינו כשוכר: » (שו״ע יו״ד רכ״א:ז)
Le piège. Le Chakh, au ס״ק מ״ה, restreint encore ce que le seif semblait concéder : selon Rabbenou Yerouham au nom du Rachba et de Rabbenou Yona, on ne peut consacrer ni dans une location ni dans un gage, même l’excédent. La lecture plate du seif ne suffit donc pas.

7. Mécanisme F — la mitsva accomplie avec un objet interdit

Quatre cas, et un seul principe : מצות לאו ליהנות ניתנו. Sonner du chofar interdit, s’immerger dans la source interdite en hiver, s’acquitter avec un loulav prêté le second jour, sonner pour celui dont on est lié. Dans tous, l’acte accompli est la mitsva, et rien d’autre.
« המודר הנאה מחבירו תוקע לו תקיעה של מצוה: » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״ב)
« הנודר הנאה מחבירו ונתן לו לולב לצאת בו על מנת שיחזירנו ביום שני יצא » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״ד)
Trois limites, et elles sont toutes du même genre : un profit qui s’ajoute à la mitsva ne bénéficie pas du principe. (1) Le livre, parce qu’il se loue — ou parce qu’on l’abîme, ou parce que la Torah réjouit ; les trois raisons circulent. (2) La source en été, parce qu’on s’y rafraîchit. (3) Le loulav le premier jour, où l’obstacle n’est pas le profit mais la propriété : ולקחתם לכם, et un objet interdit ne s’acquiert pas.
« אם אסר ספרו על חבירו אסור לנאסר ללמוד בו: » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״א)
« אבל ביום ראשון לא יצא : » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״ד)
« דבעינן ולקחתם לכם משלכם ולא משל אסורי הנאה » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק ס)

8. Tableau-maître — les quatorze seifim dans l’ordre du livre

Les six sections précédentes rangent la matière par mécanisme ; celle-ci la remet dans l’ordre du Choulhan Aroukh, clause après clause, pour qu’on puisse retrouver un seif.

SeifLa clause du Choulhan AroukhCe qu’elle dit
א« ראובן שאסר נכסיו על שמעון או שאסר עצמו מנכסי שמעון הנאסר אסור לעבור על שדה האחר » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)Réouven qui a interdit ses biens à Chimon, ou qui s’est interdit lui-même les biens de Chimon — celui à qui c’est devenu interdit ne peut passer sur le champ de l’autre
א« אפילו בבקעה בימות החמה שאין בני אדם מקפידים על דריסת רגל שבה » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)même dans une plaine, en saison sèche, où les gens ne sont pas regardants sur le passage qu’on y fait
א« ואסור לשאול ממנו כלים שבעולם » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)et il lui est interdit de lui emprunter quelque ustensile que ce soit au monde
א« ואם לא נדר ממנו אלא מאכל אינו אסור אלא לאכול משלו. » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)et s’il n’a voué contre lui que la nourriture, il ne lui est interdit que de manger de ce qui est à lui.
א« אמר הנאת מאכלך עלי אסור לאכול משלו » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)S’il a dit : « le profit de ta nourriture m’est [interdit] » — il lui est interdit de manger de ce qui est à lui
א« ואסור ללעוס חטים ליתן על גבי מכתו » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)et il lui est interdit de mâcher du blé pour le poser sur sa plaie
א« אבל לשאול ממנו נפה וכברה מותר » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)mais lui emprunter un tamis ou un crible est permis
א« אמר הנאה המביאה לידי מאכל עלי אסור לאכול משלו » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)S’il a dit : « un profit qui mène à la nourriture m’est [interdit] » — il lui est interdit de manger de ce qui est à lui
א« ומותר ללעוס חטים וליתן על גבי מכתו » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)et il lui est permis de mâcher du blé et de le poser sur sa plaie
א« ואסור ליהנות בכל דבר שמשכירין כיוצא בו » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)et il lui est interdit de profiter de toute chose dont on loue la pareille
א« ומה שאין משכירין כיוצא בו מותר אם אין בו שייכות מאכל » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)et ce dont on ne loue pas la pareille est permis, s’il n’y a en lui aucun rapport à la nourriture
א« אבל אם יש בו שייכות מאכל כגון נפה וכברה » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)mais s’il y a en lui un rapport à la nourriture, comme un tamis et un crible
א« ואפילו שק להביא בו פירות וחמור להביא עליו פירות » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)et même un sac pour y rapporter des fruits, et un âne pour porter dessus des fruits
א« וכן סוס לרכוב עליו לבית המשתה וטבעת להראות בו בבית המשתה » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)et de même un cheval pour le monter jusqu’à la maison de noces, et une bague pour s’en faire voir à la maison de noces
א« ולעבור דרך שדהו לבית המשתה אף על פי שאין משכירין כיוצא בו אסור » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)et de traverser son champ pour aller à la maison de noces — bien qu’on ne loue pas la pareille, c’est interdit
א« וכן אסור לקנות לו צרכי סעודה » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)et de même il lui est interdit de lui acheter ce qu’il faut pour un repas
א« וכן אסור לחמם ידיו בככר שלו: » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)et de même il lui est interdit de se réchauffer les mains à sa miche.
א« הגה קרדום שמבקעים בו עצים לבשל בו מאכל מקרי הנאה המביאה לידי מאכל אבל קרדום שמנכש בו מותר לשאול לו. » (רמ״א יו״ד רכ״א:א)Glose : une hache avec laquelle on fend du bois pour cuire un aliment est appelée un profit qui mène à la nourriture ; mais une hache avec laquelle on sarcle, il est permis de la lui emprunter.
א« (ב״י בשם רבינו ירוחם): » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)(Beit Yossef au nom de Rabbenou Yerouham)
ב« המודר הנאה מחבירו יכול לפרוע חובו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)Celui à qui le profit de son compagnon a été interdit peut acquitter sa dette
ב« ואפילו אם היה לו משכון ביד המלוה ופרע זה בשבילו ונטל המשכון » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)et même s’il avait un gage entre les mains du prêteur, et que celui-ci a payé pour lui et a repris le gage
ב« צריך להחזירו ללוה הנאסר (דעת רש״י וריב״ש ורמב״ם) » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)il doit le rendre à l’emprunteur, celui à qui c’est interdit (avis de Rachi, du Rivach et du Rambam)
ב« ויכול לזון את אשתו ובניו ועבדיו ואפי׳ הכנענים » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)et il peut nourrir sa femme, ses enfants et ses serviteurs, même cananéens
ב« אבל אסור לזון בהמתו בין טמאה בין טהורה » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)mais il lui est interdit de nourrir sa bête, qu’elle soit impure ou pure
ב« ואסור ללמדו מקרא כיון שמותר ליטול שכר עליה והוא מלמדו חנם נמצא שמהנהו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)et il lui est interdit de lui enseigner le texte de l’Écriture, puisqu’il est permis d’en prendre salaire, et lui le lui enseigne gratuitement — il se trouve donc qu’il lui procure un profit
ב« אבל מלמדו מדרש הלכות ואגדות » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)mais il lui enseigne le midrach, les halakhot et les aggadot
ב« והוא שלא יאמר הנאסר לאוסר שילמדנו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)et cela à condition que celui à qui c’est interdit ne dise pas à celui qui a interdit de le lui enseigner
ב« והאידנא שמותר ליטול שכר אף על המדרש הכל אסור » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)et de nos jours, où il est permis de prendre salaire même pour le midrach, tout est interdit
ב« אבל ללמד את בנו אפי׳ מקרא מותר » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)mais lui enseigner son fils, même l’Écriture, est permis
ב« ומותר לשמשו בכוס של בית האבל ובכוס של בית המרחץ: » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)et il lui est permis de le servir de la coupe de la maison du deuil et de la coupe de la maison des bains
ב« הגה ויש חולקין ומתירין אפילו אמר לו שילמדנו (הרא״ש והטור) » (רמ״א יו״ד רכ״א:ב)Glose : et certains contestent et permettent même s’il lui a dit de le lui enseigner (le Roch et le Tour)
ב« וה״ה בכל דבר מצוה ובלבד בדבר הצריך שליחות כגון לתרום תרומתו אסור להיות שלוחו. (ב״י בשם הרא״ש ורבינו ירוחם): » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)et il en va de même pour toute chose de mitsva ; à condition toutefois que, s’agissant d’une chose qui requiert un mandat — comme prélever sa terouma —, il lui soit interdit d’être son mandataire. (Beit Yossef au nom du Roch et de Rabbenou Yerouham)
ג« ראובן שאסר נכסיו על שמעון אסור להשיאו בתו קטנה או נערה לפי שעדיין היא ברשותו והרי מוסר לו שפחה לשמשו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ג)Réouven qui a interdit ses biens à Chimon : il lui est interdit de lui donner en mariage sa fille mineure ou jeune fille, parce qu’elle est encore sous son autorité, et voilà qu’il lui livre une servante pour le servir
ג« ואם נכסי שמעון אסורין עליו מותר לישא בתו אע״פ שפטרו מחיוב מזונותיה » (שו״ע יו״ד רכ״א:ג)et si ce sont les biens de Chimon qui lui sont interdits, il lui est permis d’épouser sa fille, bien qu’il l’ait dispensé de l’obligation de la nourrir
ג« ומחזיר לו אבידתו בין שנכסי בעל אבידה אסורין למחזיר בין שנכסי מחזיר אסורין לבעל אבידה » (שו״ע יו״ד רכ״א:ג)et il lui rend son objet perdu, que les biens du propriétaire de l’objet soient interdits à celui qui le rend, ou que les biens de celui qui le rend soient interdits au propriétaire
ג« ובמקום שנוטלין שכר על החזרת אבידה אם נכסי בעל אבידה אסורין למחזיר אסור לו לקבלו אלא מחזיר לו בחנם » (שו״ע יו״ד רכ״א:ג)et dans un endroit où l’on prend salaire pour la restitution d’un objet perdu : si les biens du propriétaire de l’objet sont interdits à celui qui le rend, il lui est interdit de le recevoir ; il le lui rend donc gratuitement
ג« ואם נכסי מחזיר אסורין על בעל אבידה אינו רשאי להחזיר לו בחנם » (שו״ע יו״ד רכ״א:ג)et si les biens de celui qui rend sont interdits au propriétaire de l’objet, il n’a pas le droit de le lui rendre gratuitement
ג« ואם נכסי שניהם אסורין זה על זה אינו יכול לקבל השכר שאם כן הוא נהנה ולא להניחו שא״כ הוא מהנה אלא יפול השכר להקדש: » (שו״ע יו״ד רכ״א:ג)et si les biens de tous deux sont interdits l’un à l’autre, il ne peut recevoir le salaire — car alors il tire profit —, ni le lui laisser — car alors il procure un profit ; mais le salaire tombera au hekdech
ד« ראובן שאסר הנאתו על שמעון וחלה שמעון יכול ראובן ליכנס לו לבקרו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)Réouven qui a interdit son profit à Chimon, et Chimon est tombé malade : Réouven peut entrer chez lui pour le visiter
ד« ובמקום שנותנין שכר למי שיושב אצל החולה לצוות לו לא ישב אצלו אלא מבקרו מעומד » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)et dans un endroit où l’on donne salaire à qui s’assied auprès du malade pour lui tenir compagnie, il ne s’assiéra pas auprès de lui, mais le visitera debout
ד« ואם אין דרך ליתן שכר לרופא יכול לרפאתו אפילו בידים אפי׳ אם יש רופא אחר שירפאנו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)et s’il n’est pas d’usage de donner salaire au médecin, il peut le soigner, même de ses mains, même s’il y a un autre médecin qui le soignerait
ד« אבל אם דרך ליתן שכר לרופא לא ירפאנו בחנם » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)mais s’il est d’usage de donner salaire au médecin, il ne le soignera pas gratuitement
ד« ולא ירפא לבהמתו ואפי׳ אם אין דרך ליתן שכר לרופא » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)et il ne soignera pas sa bête, même s’il n’est pas d’usage de donner salaire au médecin
ד« אבל יכול לומר לו סם פלוני יפה לה והוא יעשנה » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)mais il peut lui dire : tel remède lui est bon — et lui, il le fera
ד« ואם אינו יודע לעשותו והיא תמות אם לא יעשנה מותר המדיר לעשותו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)et s’il ne sait pas le faire, et qu’elle mourra s’il ne le fait pas, il est permis à celui qui a fait le vœu de le faire
ד« ואם מת יכול להביא ארון ותכריכין » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)et s’il est mort, il peut apporter un cercueil et des linceuls
ד« ואם חלה בן שמעון יכול ראובן ליכנס לו ולישב עמו ולבקרו (מעומד) » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)et si c’est le fils de Chimon qui est tombé malade, Réouven peut entrer chez lui, s’asseoir avec lui et le visiter (debout)
ד« ואם נכסי שמעון אסורין על ראובן שהדירו שמעון מנכסיו וחלה שמעון נכנס ראובן לבקרו (ר״ן) » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)et si les biens de Chimon sont interdits à Réouven, Chimon l’ayant fait jurer contre ses biens, et que Chimon soit tombé malade : Réouven entre le visiter (Ran)
ד« אבל לא מיושב » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)mais non assis
ד« חלה בנו אינו נכנס כלל אלא שואל עליו בשוק » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)si c’est son fils qui est tombé malade, il n’entre pas du tout, mais s’enquiert de lui au marché
ד« ויכול ראובן להעיד לשמעון הנאסר בין עדות ממון בין עדות נפשות: » (שו״ע יו״ד רכ״א:ד)et Réouven peut témoigner pour Chimon, celui à qui c’est interdit, qu’il s’agisse d’un témoignage en matière d’argent ou en matière capitale
ה« ראובן שאסר הנאתו על שמעון יכול לישן (עמו) במטה קטנה בימות החמה אבל לא בימות הגשמים מפני שהוא מהנהו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ה)Réouven qui a interdit son profit à Chimon : il peut dormir (avec lui) dans un petit lit à la saison sèche, mais non à la saison des pluies, parce qu’il lui procure un profit
ה« ובגדולה מותר בין בימות החמה בין בימות הגשמים » (שו״ע יו״ד רכ״א:ה)et dans un grand lit c’est permis, tant à la saison sèche qu’à la saison des pluies
ה« ורוחץ עמו באמבטי גדולה אבל לא בקטנה מפני שמהנהו שמגביה עליו המים » (שו״ע יו״ד רכ״א:ה)et il se baigne avec lui dans un grand bassin, mais non dans un petit, parce qu’il lui procure un profit en faisant monter l’eau sur lui
ה« ומזיע עמו אף בקטנה » (שו״ע יו״ד רכ״א:ה)et il transpire avec lui même dans un petit
ה« ומיסב עמו במטה ואוכל עמו על השלחן » (שו״ע יו״ד רכ״א:ה)et il s’étend avec lui sur un divan et mange avec lui à la même table
ה« אבל לא בקערה אחת שמא יאכל מחלקו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ה)mais non dans une même écuelle, de peur qu’il ne mange de sa part
ה« ואם דרך שבעל הבית חוזר וממלא הקערה לאחר שאכלו כל מה שהיה בו מותר: » (שו״ע יו״ד רכ״א:ה)et s’il est d’usage que le maître de maison remplisse de nouveau l’écuelle après qu’ils ont mangé tout ce qu’il y avait dedans, c’est permis
ה« הגה או שהיה מתחילה כל כך בקערה שהמותר חוזר לבעל הבית מותר (ב״י בשם הר״ן והראב״ד) : » (רמ״א יו״ד רכ״א:ה)Glose : ou bien s’il y avait dès le début tant de nourriture dans l’écuelle que le reste retourne au maître de maison — c’est permis (Beit Yossef au nom du Ran et du Raavad)
ה« אם היו שניהם חופרים בכרם ביחד לא יחפור בשורה הקרובה לו מפני שמהנהו שמרפה הקרקע לפניו אבל ברחוק ממנו מותר » (שו״ע יו״ד רכ״א:ה)si tous deux creusaient ensemble dans une vigne, il ne creusera pas dans la rangée proche de lui, parce qu’il lui procure un profit en ameublissant la terre devant lui ; mais loin de lui, c’est permis
ה« ולא ימכור לו ולא יקנה ממנו ולא ישאילנו ולא ילונו ולא ישאל ולא ילוה ממנו: » (שו״ע יו״ד רכ״א:ה)et il ne lui vendra pas, et n’achètera pas de lui, et ne lui prêtera pas d’objet, et ne lui prêtera pas d’argent, et ne lui empruntera ni objet ni argent
ו« המודר הנאה מחבירו ויש לו מרחץ ובית הבד מושכרים בעיר » (שו״ע יו״ד רכ״א:ו)Celui à qui le profit de son compagnon a été interdit, et cet autre a un bain et un pressoir loués en ville
ו« אם יש לו בהם תפיסת יד אסור » (שו״ע יו״ד רכ״א:ו)s’il y garde une prise de main, c’est interdit
ו« אם אין לו בהם תפיסת יד מותר » (שו״ע יו״ד רכ״א:ו)s’il n’y garde pas de prise de main, c’est permis
ו« אבל אם אסרו עליו בפירוש חל האיסור גם עליו: » (שו״ע יו״ד רכ״א:ו)mais s’il les lui a interdits expressément, l’interdit prend sur eux aussi
ז« המשכיר בית לחבירו ואח״כ הדיר השוכר מנכסיו לא חל איסור על הבית שהשכיר לו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ז)Celui qui loue une maison à son compagnon, et ensuite le locataire lui a interdit ses biens : l’interdit n’a pas pris sur la maison qu’il lui a louée
ז« ואם פירש הבית בפירוש יש אומרים שחלה האיסור גם עליו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ז)et s’il a désigné la maison expressément, certains disent que l’interdit a pris sur elle aussi
ז« וי״א שאפי׳ אם פירשו בפירוש אינו יכול לאסרו בלשון קונם אם לא בלשון הקדש ממש » (שו״ע יו״ד רכ״א:ז)et certains disent que même s’il l’a désignée expressément, il ne peut l’interdire par le terme de konam, mais seulement par le terme d’une consécration véritable
ז« ושוכר יכול לאסרו דהא פירותיו הם » (שו״ע יו״ד רכ״א:ז)et le locataire, lui, peut l’interdire, puisque les fruits sont les siens
ז« וממשכן דינו כמשכיר ובעל משכונא דינו כשוכר: » (שו״ע יו״ד רכ״א:ז)et celui qui donne un gage, son statut est celui du bailleur, et le détenteur du gage, son statut est celui du locataire
ז« הגה המשאיל בית לחבירו אין יכול לאסרו עליו כל זמן השאלה (הגהת מיי׳ פ״ו) » (רמ״א יו״ד רכ״א:ז)Glose : celui qui prête une maison à son compagnon ne peut la lui interdire tant que dure le prêt (glose des Maïmoniot, chapitre 6)
ז« והשואל יכול לאסרו על אחר כל זמן השאלה דכדידיה דמי (בית יוסף ס״ס זה בשם הרשב״א): » (שו״ע יו״ד רכ״א:ז)et l’emprunteur peut l’interdire à un autre pendant toute la durée du prêt, car elle est comme la sienne (Beit Yossef, fin de ce siman, au nom du Rachba)
ח« הנותן טבלא לאומן לצייר ואסרה על בעלה אחר שציירה קודם שפרעו מותרת. » (שו״ע יו״ד רכ״א:ח)Celui qui donne une planche à un artisan pour qu’il la peigne, et l’a interdite à son propriétaire après qu’il l’eut peinte, avant qu’il ne l’eût payé — elle est permise.
ח« המודר הנאה מחבירו יכול המדיר לומר לחנוני פלוני מודר הנאה ממני ואיני יודע מה אעשה והחנוני נותן לו וחוזר ונוטל מהמדיר » (שו״ע יו״ד רכ״א:ח)Celui à qui le profit de son compagnon a été interdit : celui qui a fait le vœu peut dire à l’épicier — untel est lié par vœu de ne pas profiter de moi, et je ne sais que faire ; et l’épicier lui donne, puis revient et prend de celui qui a fait le vœu
ח« אם ירצה המדיר לפרעו (אבל אינו מחוייב לפרעו) » (שו״ע יו״ד רכ״א:ח)si celui qui a fait le vœu veut le payer (mais il n’est pas obligé de le payer)
ח« וכן אם היה למודר בית לבנות גדר לגדור שדה לקצור יכול לומר לפועלים פלוני מודר הנאה ממני ואיני יודע מה אעשה הם עושים עמו ובאים ונוטלין שכר מהמדיר אם ירצה המדיר לפרעם » (שו״ע יו״ד רכ״א:ח)et de même, si celui qui est lié avait une maison à bâtir, une clôture à élever, un champ à moissonner, il peut dire aux ouvriers : untel est lié par vœu de ne pas profiter de moi, et je ne sais que faire ; et eux travaillent avec lui, puis viennent prendre salaire de celui qui a fait le vœu, s’il veut les payer
ח« וכן מותר לומר כל הזן לפלוני או עושה עמו אינו מפסיד » (שו״ע יו״ד רכ״א:ח)et de même il est permis de dire : quiconque nourrira untel, ou travaillera avec lui, n’y perdra pas
ח« אבל אסור לומר כל השומע קולי יזון לפלוני דכיון שהוא לשון ציווי הוי כשלוחו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ח)mais il est interdit de dire : que quiconque entend ma voix nourrisse untel — car, étant une formule d’ordre, c’est comme son mandataire
ח« וכן אסור לומר לחבירו אם תזון לפלוני לא תפסיד דכיון שאומר כן ליחיד נראה כשלוחו: » (שו״ע יו״ד רכ״א:ח)et de même il est interdit de dire à son compagnon : si tu nourris untel, tu n’y perdras pas — car du moment qu’il le dit à un seul, il apparaît comme son mandataire
ט« היו מהלכין בדרך ואין לו מה יאכל נותן לאחר לשם מתנה והלה מותר בה » (שו״ע יו״ד רכ״א:ט)Ils marchaient en chemin et il n’a pas de quoi manger : il donne à un autre à titre de don, et celui-là lui est permis
ט« ואם אין עמהם אחר מניח על הסלע ואומר הרי הוא מופקר לכל מי שירצה והלה נוטל ואוכל » (שו״ע יו״ד רכ״א:ט)et s’il n’y a personne d’autre avec eux, il pose sur le rocher et dit : voici, c’est abandonné à quiconque le voudra — et l’autre prend et mange
ט« במה דברים אמורים בנותן לאחר לשם מתנה בסתם » (שו״ע יו״ד רכ״א:ט)En quoi cela s’applique-t-il ? Lorsqu’il donne à un autre à titre de don, sans rien préciser
ט« אבל אם אמר לחבירו הסעודה נתונה לך במתנה ויבא פלוני שהוא אסור בהנייתי ויאכל עמכם בסעודה הרי זה אסור » (שו״ע יו״ד רכ״א:ט)mais s’il a dit à son compagnon : le repas t’est donné en don, et qu’untel, qui est interdit de mon profit, vienne et mange avec vous au repas — voilà qui est interdit
ט« ולא עוד אלא אפי׳ נותן לו סתם וחזר ואמר לו רצונך שיבא פלוני ויאכל עמכם אם הוכיח סופו על תחלתו שלא נתן לו אלא על מנת שיבא פלוני ויאכל אסור » (שו״ע יו״ד רכ״א:ט)et bien plus : même s’il lui donne sans rien préciser, puis lui dit — veux-tu qu’untel vienne manger avec vous ? —, si la fin démontre le commencement, à savoir qu’il ne le lui a donné qu’à la condition qu’untel vienne et mange, c’est interdit
ט« כגון שהיתה סעודה גדולה והוא רוצה שיבא אביו או רבו וכיוצא בהם שהם אסורים בהנייתו לאכול מסעודתו שהרי סעודתו מוכחת עליו שלא גמר להקנות וכן כל כיוצא בזה: » (שו״ע יו״ד רכ״א:ט)par exemple lorsqu’il s’agissait d’un grand repas et qu’il veut que vienne son père, ou son maître, ou leurs semblables, qui sont interdits de son profit, manger de son repas — car voilà que son repas démontre contre lui qu’il n’a pas achevé de transférer la propriété. Et de même pour tout ce qui lui ressemble
י« מי שנשבע או נדר שלא ידבר עם חבירו יכול לכתוב לו כתב » (שו״ע יו״ד רכ״א:י)Celui qui a juré ou voué de ne pas parler avec son compagnon peut lui écrire un écrit
י« (או) לדבר עם אחר והוא שומע: » (שו״ע יו״ד רכ״א:י)(ou) parler avec un autre, et lui, il entend
י״א« אם אסר ספרו על חבירו אסור לנאסר ללמוד בו: » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״א)S’il a interdit son livre à son compagnon, il est interdit à celui-ci d’y étudier
י״ב« המודר הנאה מחבירו אסור בגחלתו ומותר בשלהבתו » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״ב)Celui à qui le profit de son compagnon a été interdit lui est interdit dans sa braise et permis dans sa flamme
י״ב« המודר הנאה מחבירו תוקע לו תקיעה של מצוה: » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״ב)Celui à qui le profit de son compagnon a été interdit sonne pour lui une sonnerie de mitsva
י״ב« הגה המודר הנאה מחבירו מותר לשחוט לו בהמה בריאה אבל לא מסוכנת (כן משמע מב״י בשם אהל מועד): » (רמ״א יו״ד רכ״א:י״ב)Glose : celui à qui le profit de son compagnon a été interdit — il lui est permis d’abattre pour lui une bête saine, mais non une bête en danger de mort (ainsi ressort-il du Beit Yossef au nom du Ohel Moed)
י״ג« המודר הנאה משופר מותר לתקוע בו תקיעה של מצוה » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״ג)Celui à qui le profit d’un chofar a été interdit : il lui est permis d’y sonner une sonnerie de mitsva
י״ג« המודר הנאה ממעיין טובל בו טבילה של מצוה בימות הגשמים אבל לא בימות החמה. » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״ג)Celui à qui le profit d’une source a été interdit s’y immerge d’une immersion de mitsva à la saison des pluies, mais non à la saison sèche.
י״ג« (כפול סי׳ רי״ז סכ״ו): » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״ג)(doublon du siman 217, seif 26)
י״ד« הנודר הנאה מחבירו ונתן לו לולב לצאת בו על מנת שיחזירנו ביום שני יצא » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״ד)Celui qui a voué de ne pas profiter de son compagnon, et cet autre lui a donné un loulav pour s’en acquitter à charge de le lui rendre : le deuxième jour, il s’est acquitté
י״ד« אבל ביום ראשון לא יצא : » (שו״ע יו״ד רכ״א:י״ד)mais le premier jour, il ne s’est pas acquitté

9. Les ma’hlokot ouvertes de l’appareil

Sept désaccords que l’appareil laisse ouverts, et qu’aucune page ne peut trancher à la place d’un Rav.

1. Le passage sans raccourci (seif 1). Le Ba’h permettrait s’il n’abrège pas le chemin ; le Chakh au ס״ק א, le Taz au ס״ק א et les Nekoudot HaKessef interdisent en toute hypothèse. Le Baer Hetev enregistre ודלא כהב״ח.
2. La dette assortie d’un acte ou d’un gage (seif 2). Le Mehaber permet sans distinction ; le Ba’h, rapporté par le Chakh au ס״ק ו, interdit quand la dette est certaine. Les Nekoudot HaKessef renvoient à leur propre commentaire sur le Hochen Michpat 128, où l’auteur conteste le Sma sur ce point.
3. Demander qu’on enseigne (seif 2). Le Mehaber exige que le נאסר ne demande pas ; le Rama, au nom du Roch et du Tour, permet même s’il a demandé ; le Ba’h, cité au ס״ק י״ג, tranche comme le premier avis.
4. Le mot מעומד au seif 4. Le Chakh au ס״ק כ״ד et le Taz au ס״ק כ״ה le tiennent pour une erreur de copiste ; l’édition qui nous parvient le porte entre parenthèses. Question de texte, non d’opinion — mais elle change la conduite.
5. Le קונם contre le שעבוד (seif 7). Trois positions, plus une quatrième dans l’appareil : l’interdit prend si l’on désigne expressément ; il ne prend qu’en langage de consécration ; selon le Chakh au ס״ק מ״ה, on ne peut même pas consacrer, pas même l’excédent ; et le Pit’hei Techouva au ס״ק ב rapporte qu’il faut de surcroît une formule expresse.
6. L’abattage (seif 12). Le Rama permet, le Taz au ס״ק מ״ב écrit ואיסור גמור הוא, les Nekoudot HaKessef le réfutent, et le Peni Aryé — rapporté au Pit’hei Techouva ס״ק ו — suit le Rama sous trois conditions.
7. Sonner soi-même (seif 13). Le Chakh, au ס״ק נ״ט, oppose notre seif à Orah Haïm 586:5 et conclut וצ״ע ; le Ba’h permet en cas de nécessité, ce que le Baer Hetev rapporte.

10. Le vocabulaire du siman

TermeSens
מודר הנאה · מדיר · נאסרCelui à qui le profit est interdit ; celui qui a prononcé le vœu ; celui qui se trouve lié
ויתורL’indulgence d’usage, que nul ne facture — et qui est pourtant interdite (seif 1)
הנאה המביאה לידי מאכלUn profit qui mène à la nourriture : la formule intermédiaire du seif 1
גרמאL’effet indirect — le paiement de dette, אברוחי ארי (seif 2)
הנאה דממילאLe profit qui vient de soi — la femme et les enfants nourris (seif 2)
מצות לאו ליהנות ניתנוLes mitsvot n’ont pas été données pour le profit — seifim 12, 13, 14
תפיסת ידUn reste de maîtrise sur un bien loué — le critère du seif 6
שעבודLa charge réelle du locataire ou du créancier gagiste — l’obstacle du seif 7
קדושת הגוף · קדושת דמיםSainteté du corps et sainteté de valeur ; seule la première écarte une charge (Chakh ס״ק מ״ג)
שליחותLe mandat — la frontière du seif 8, mesurée par l’obligation de payer
הוכיח סופו על תחלתוLa fin démontre le commencement — la règle de preuve du seif 9
מחיותיה לא אדריהDe sa propre vie il ne l’a pas interdit — l’estimation du Chakh au ס״ק כ״ה
קלקול ותיקוןDétérioration et amélioration — la mesure de l’abattage au seif 12

11. Règles d’or, mnémonique et pièges classiques

Tout · sauf trois · mesuré au prix. Le vœu atteint tout profit, jusqu’à celui que nul ne facture. Il laisse trois brèches : ce qui n’est qu’évité, ce qui vient de soi, ce qui n’est que la mitsva. Et partout la même mesure : ce service se paye-t-il ?
Règles d’or. (1) Établir d’abord dans quel sens le vœu court, et quels mots ont été dits : le siman change du tout au tout selon l’un et l’autre. (2) Un profit évité n’est pas un profit reçu — mais seulement s’il n’était pas certain. (3) Ce qui se monnaye, donné gratuitement, est un profit. (4) Un mot général ne couvre que ce sur quoi la pensée portait ; une désignation expresse va plus loin, mais se heurte au droit d’un tiers. (5) On peut parler au monde, on ne peut pas commander ni s’adresser à un seul. (6) Un don n’est un don que si la volonté de se dessaisir est entière.
Pièges classiques. (1) Croire que le vœu ne porte que sur l’argent : il porte sur le passage, le service, la parole et l’étude. (2) Appliquer la permission du paiement de dette sans vérifier les deux conditions du Chakh. (3) Prendre la permission de nourrir la famille pour une permission de nourrir : la bête, elle, reste interdite, même quand on la dégrade. (4) Lire le seif 8 sans sa parenthèse : dès que le vouant doit payer, tout le montage s’effondre. (5) Traiter le seif 7 comme un seif de vœux : c’est un seif de droit des biens, et le Chakh l’y ramène expressément. (6) Trancher la question de l’abattage sur le seul Rama : le Taz s’y oppose en termes formels et l’appareil ne conclut pas.
Tout ce qui précède est un résumé d’étude. La conduite réelle — savoir dans quel sens le vœu a été prononcé, quels mots ont été dits, ce que l’usage du lieu fait payer, et si le vouant est tenu à quelque chose — revient au Rav.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רכ״א · Niveau 3 — Synthèse / Révision · דיני הנודר הנאה מחבירו
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