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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Siman 93 — Niveau Lamdan : ce que devient un goût absorbé dans une paroi

La marmite où l'on a cuit de la viande — étude et pilpoul
סימן צ״ג
בן יומו ונותן טעם, נותן טעם לפגם, לשער נגד כל הקדרה, דין הכיסוי, תתאה גבר
Étude, pilpoul, shitot des Richonim et des A'haronim
⚡ Pour les étudiants et les talmidé 'hakhamim ⚡
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Pilpoul et étude approfondie

Sougyot, sources, hakira de fond, ma'hlokot de Richonim et d'A'haronim,
nafka minot pour la halakha et examen des shitot

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן צ״ג — un seul seif
avec les nossé kelim : ש״ך (Sifté Kohen), ט״ז (Touré Zahav), פרי מגדים, פתחי תשובה

Racine de la sougya dans le Chas :
עבודה זרה ע״ה:–ע״ו. (ustensiles rachetés aux non-juifs, goût qui gâte, ustensile du jour) · פסחים ל'. (le vase de terre, dont la Torah atteste qu'il ne sort jamais de son défaut) · פסחים ע״ו. (le dessous l'emporte)

Rédaction et étude :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. Ouverture de la sougya — une marmite où l'on a cuit de la viande, on n'y cuira pas de lait (un seul seif)
  2. L'ustensile du jour et le goût qu'il donne — pourquoi c'est lui qui interdit, et ce qu'est une absorption encore vive
  3. Le goût qui gâte — après vingt-quatre heures, et la racine de notre usage : nos ustensiles ne sont pas réputés du jour
  4. La marmite reste interdite — alors même que le plat est permis, pourquoi elle ne redevient pas utilisable
  5. Évaluer contre la marmite entière — le ס״ק א du Chakh, et le cas où l'on sait ce qui a été absorbé (צ״ד:ו', צ״ב:ה')
  6. Le vase de terre — la sougya de Pessa'him 30 — le Tour s'étonne du Baal haIttour, le Taz (ס״ק א) le justifie
  7. Le couvercle — la rigueur de le tenir pour « du jour », le Maharchal contre le Levouch (ט״ז ס״ק ב)
  8. Allègements sur le couvercle — le Chevout Yaakov (après deux mois) et le Bené 'Hiya (Pit'hé Techouva)
  9. Le dessous l'emporte, entre couvercle et marmite — la pelure, et deux marmites qui se touchent
  10. 'Hakira et nafka mina pour la pratique
  11. Tableaux récapitulatifs

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif א'

↩ Explication détaillée (niveau 1)

קדירה שבשלו בה בשר לא יבשלו בה חלב. ובו סעיף אחד: קדירה שבשל בה בשר לא יבשל בה חלב ואם בישל בה בתוך מעת לעת אסור בנותן טעם (וצריך לשער נגד כל הקדירה) אבל אם שהה מעת לעת קודם שבישל בה הוי ליה נותן טעם לפגם ומותר התבשיל אבל הקדרה אסורה לבשל בה לא בשר ולא חלב: הגה אבל שאר דברים מותר (ריב"ש סימן קכ"ו בשם סמ"ק ובהגמי"י פ"ו) ודין כסוי קדרה כדין קדירה עצמה (ד"ע ואו"ה) ויש מחמירים בכיסוי לומר דאע"פ שאינו בן יומו דינו כאילו היה בן יומו (בהגהות ש"ד בשם קובץ) וכן נוהגין בקצת מקומות וכן אני נוהג מפני המנהג והוא חומרא בלא טעם (ד"ע) ומכל מקום במקום שיש שום צד להתיר בלאו הכי או שהוא לצורך שבת או הפסד יש להתיר אם אין הכיסוי בן יומו כמו בקדירה עצמה ואם לקחו כיסוי רותח מקדירה של בשר ונתנו אותו על קדירה של חלב אם שניהם חמים שניהם אסורים אם יש מאכל בקדירה של בשר וחלב ואם הכיסוי צונן והקדירה חמה נמי שניהם אסורים אם התחיל להזיע תחת הכיסוי דתתאה גבר (או"ה) ואם הכיסוי חם והקדירה צוננת הכל שרי (שם) רק המאכל צריך קליפה (לדעת הגהת ש"ד ולא כאו"ה שם) אם אפשר לקלפו ואם לאו הכל שרי ואם לא היה מאכל בקדירה הכל שרי דהוי כשתי קדירות שנגעו זו בזו (הכל ד"ע לסברת הארוך):

1. Ouverture de la sougya — une marmite où l'on a cuit de la viande

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le fondement — ce qui a été absorbé revient et ressort à la cuisson suivante

Le siman tient tout entier dans un fait matériel et dans ce que la halakha en tire. Une marmite dans laquelle on a cuit de la viande a absorbé dans sa paroi le goût de cette viande. Si l'on y cuit ensuite du lait, ce goût ressort de la paroi vers le lait : on se retrouve, sans l'avoir voulu, à cuire de la viande avec du lait. De là l'interdiction dès le départ — לא יבשלו בה חלב (שולחן ערוך יורה דעה צ״ג:א).

Tout le reste du siman dépend alors d'une seule question : dans quel état se trouve ce goût absorbé ? S'il est encore vif et bon, il interdit ; si le temps l'a gâté, il n'interdit plus le plat. C'est là toute la ligne de partage entre l'ustensile du jour, בן יומו, et celui qui ne l'est plus, אינו בן יומו (שולחן ערוך יורה דעה צ״ג:א).

Un seul seif, et une profondeur considérable. Le siman ne comporte qu'un seif — ובו סעיף אחד (שולחן ערוך יורה דעה צ״ג, chapeau) — et pourtant plusieurs des fondements les plus aigus de toutes les lois de mélanges y sont ramassés : la définition du goût qui gâte, dont la racine est en עבודה זרה ע״ה:–ע״ו. ; le principe sur lequel repose notre usage que les ustensiles ne sont pas réputés du jour ; la séparation entre le sort du plat et celui de l'ustensile ; la mesure de l'annulation ; et la sougya du vase de terre de פסחים ל'. Un siman court peut demander une longue étude.
L'ordre des règles dans le seif. (a) Marmite de viande — on n'y cuit pas de lait, dès le départ. (b) On y a cuit dans les vingt-quatre heures — le plat est interdit par le goût donné. (c) Vingt-quatre heures se sont écoulées avant la cuisson — c'est un goût qui gâte, et le plat est permis. (d) Malgré cela la marmite demeure interdite : אבל הקדרה אסורה לבשל בה לא בשר ולא חלב (שולחן ערוך יורה דעה צ״ג:א). Puis, dans la glose du Rama : les autres aliments y restent permis ; le couvercle suit la marmite ; la rigueur de le tenir pour « du jour », et les cas où elle cède.

2. L'ustensile du jour et le goût qu'il donne — une absorption encore vive

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C'est la porte de tout le siman : qu'est-ce qu'un ustensile « du jour », et pourquoi est-ce lui, précisément, qui interdit ?

Le fondement — l'ustensile du jour interdit par le goût qu'il donne.
Un ustensile בן יומו — dans lequel on a cuit de la viande il y a moins de vingt-quatre heures — porte dans sa paroi un goût encore vif, et bon. Quand on y cuit du lait, la paroi rend ce goût de viande au lait en quantité suffisante pour se faire sentir, et le plat est interdit de plein droit, puisqu'un goût réel de viande s'est mêlé au lait. C'est ce que dit le Me'haber : אסור בנותן טעם (שולחן ערוך יורה דעה צ״ג:א).
'Hakira — absorption d'un goût, ou absorption d'une matière ? Qu'est-ce donc que ce « goût absorbé » qui revient et ressort ? Est-ce une matière ténue de viande dont la paroi s'est imprégnée, ou seulement un goût, sans corps ? La conséquence est grande : s'il s'agit d'une matière, le principe du vase de terre qui ne sort jamais de son défaut s'y applique pleinement ; s'il ne s'agit que d'un goût, il se laisse bien plus facilement extraire par l'ébouillantage. Le Pit'hé Techouva pose exactement cette distinction, au nom du 'Havot Yaïr : שיש חילוק בין בליעת טעם הדבר לבליעת ממשו (פתחי תשובה יו״ד צ״ג ס״ק ה).
La source de la règle dans le Chas. La racine de la notion d'ustensile du jour est en עבודה זרה ע״ה:–ע״ו., à propos des ustensiles rachetés aux non-juifs, où il est enseigné que celui qui a servi avec de l'eau bouillante demande l'ébouillantage ; la guemara y examine ce qu'interdit un ustensile du jour et ce que devient celui qui ne l'est plus. C'est de là que le Me'haber transpose à notre siman : dans les vingt-quatre heures, un goût qui se fait sentir ; passé ce délai, un goût qui gâte.

3. Le goût qui gâte — après vingt-quatre heures

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Les mots du Me'haber (fin du seif א')

« אבל אם שהה מעת לעת קודם שבישל בה הוי ליה נותן טעם לפגם ומותר התבשיל אבל הקדרה אסורה » (שולחן ערוך יורה דעה צ״ג:א)

Autrement dit : une fois écoulées vingt-quatre heures sur le goût absorbé, ce goût s'est gâté ; ce que la paroi rend au lait est alors un goût qui gâte, et la règle reçue est qu'un goût qui gâte ne rend pas interdit (חולין צ״ח: ; עבודה זרה ס״ז:). Le plat, par conséquent, est permis après coup.

Le fondement — un goût qui gâte ne rend pas interdit.
Un goût absorbé sur lequel vingt-quatre heures ont passé n'est plus un goût de qualité : il est gâté. Et la règle reçue est qu'un tel goût est permis, parce que la Torah n'a interdit que le goût qui améliore. Il y a donc bien, ici, mélange de viande et de lait — mais puisque ce que rend la marmite est gâté, il n'y a pas d'interdit de la Torah, et le plat est permis après coup.
La racine de notre usage — nos ustensiles ne sont pas réputés « du jour ».
C'est sur cette règle que repose tout notre usage en matière d'ustensiles : on présume que vingt-quatre heures ont passé depuis leur dernier emploi, de sorte que ce qu'ils rendent est gâté et n'interdit pas après coup. Le Choulhan Aroukh l'écrit ailleurs en toutes lettres : « כשם שסתם כליהם של עובדי כוכבים אינם בני יומן כך סתם כלים שלנו בחזקת שאינן בני יומן » (שולחן ערוך יורה דעה קכ״ב:ז). Mais cela ne vaut qu'après coup : au départ, on n'installe pas une telle situation — et c'est pourquoi la marmite, elle, reste interdite.
Une précision de langue — « le plat est permis », et non la marmite. Le Me'haber pèse ses mots : c'est le plat qui est permis, la marmite qui demeure interdite. La permission du goût qui gâte ne porte que sur le résultat — le plat déjà cuit —, parce qu'après coup un rejet gâté n'interdit pas. Mais l'ustensile, lui, n'en devient pas permis pour autant : en cuisant de la viande puis du lait dans le même ustensile on fait justement ce qu'il ne fallait pas faire, et au départ on n'installe pas un rejet de viande dans du lait. De là on passe au sort de la marmite.

4. La marmite reste interdite — alors même que le plat est permis

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La 'hakira — pourquoi la marmite ne redevient-elle pas utilisable ? Si un goût qui gâte est permis, et que ce que rend une marmite qui n'est plus du jour est gâté, pourquoi ne pas autoriser d'emblée à y cuire du lait après y avoir cuit de la viande ? Dans tous les cas, ce qu'elle rend est gâté.
Réponse — on n'annule pas un interdit d'emblée, et l'on n'installe pas une situation de viande et de lait. Deux fondements se joignent : La marmite est donc interdite d'emblée, pour la viande comme pour le lait, même passées vingt-quatre heures.
Les autres aliments restent permis (glose du Rama, au nom du Rivach et du Semak) — mais le Chakh signale une tension. L'interdiction ne vise que la cuisson, dans cette marmite, de l'autre espèce, car c'est cela qui réunit les deux ; y cuire des aliments neutres est permis : « אבל שאר דברים שאינן לא של בשר ולא של חלב כגון ירקות ודגים וכה"ג מותר לבשל בה אפילו לכתחלה » (ש״ך יו״ד צ״ג ס״ק ג). Le Chakh oppose aussitôt à cela ce que le Rama écrit ailleurs : « ולקמן סי' צ"ד ס"ה כתב הרב דנוהגין לאסור הכלי שאינו בן יומו אפילו לשאר דברים » (ש״ך יו״ד צ״ג ס״ק ג) — et il raisonne a fortiori : si l'on interdit là où seule une cuiller du jour a été plongée, à plus forte raison ici, où de la viande a été réellement cuite. Sa résolution est que notre siman a énoncé les choses telles quelles quant au din, et il renvoie à ce qu'il écrit au siman 94. Nous rapportons, et nous ne tranchons pas.
Rendre la marmite à l'usage. Interdite d'emblée ne veut pas dire interdite pour toujours : l'ébouillantage la rend à l'usage, et l'on peut ensuite y cuire l'espèce que l'on veut. Le Pit'hé Techouva précise, pour une marmite de métal devenue interdite, qu'il ne suffit pas de la remplir d'eau et de la faire bouillir — la face extérieure ne serait pas traitée — mais qu'il faut la plonger tout entière dans un récipient plus grand : « אם היא של מתכות ובא להגעילה לא מהני כשימלאנה מים וירתיחנה דא"כ צד החיצון לא נגעל אלא צריך להכניסה כולה ליורה » (פתחי תשובה יו״ד צ״ב ס״ק ג), et il renvoie pour cela au Maguen Avraham (או״ח סי' תנ״ב ס״ק י״א). Et pour la pratique — demande à ton Rav.

5. Évaluer contre la marmite entière — le ס״ק א du Chakh

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C'est ici l'ajout du Rama, « et il faut évaluer contre la marmite entière », dont le Chakh, à son ס״ק א, est le pilier explicatif.

Les mots du Rama

« וצריך לשער נגד כל הקדירה » (רמ״א יורה דעה צ״ג:א)

Autrement dit : lorsqu'on a cuit du lait dans une marmite de viande qui est du jour, et qu'on vient annuler dans soixante ce que la marmite a rendu, on ne mesure pas contre la quantité absorbée — dont nous ignorons le volume — mais contre le corps entier de la marmite.

La 'hakira — de quel « goût » parle-t-on, et à quoi le mesure-t-on ? Les mots du Me'haber, אסור בנותן טעם (שולחן ערוך יורה דעה צ״ג:א), laissent entendre qu'on s'en remet au goût effectif, et le Chakh le dit explicitement : « יטעימנו קפילא אם יש בו טעם » (ש״ך יו״ד צ״ג ס״ק א) — on le fait goûter à un cuisinier. Mais le Rama, fidèle à sa position, ne s'appuie pas sur la dégustation d'un non-juif. Alors, si l'on ne goûte pas, comment saura-t-on s'il y a goût donné ?
La réponse du Chakh (ס״ק א) — et sa seconde voie. Le Chakh relie lui-même les deux bouts : « דאין נוהגים לסמוך אטעימת עובד כוכבים לכך כתב וצריך לשער נגד כל הקדרה » (ש״ך יו״ד צ״ג ס״ק א). Puisqu'on ne se fie pas à la dégustation, et qu'on ignore ce que la marmite a bu, on évalue par rigueur contre son corps entier : toute la paroi est traitée comme si elle avait tout rendu dans le plat. Le Chakh en tire d'abord la conséquence que c'est une mesure qu'on n'atteint pas, et donc que le plat est interdit ; puis il donne une seconde voie, qui la rend parfois praticable — « משכחת לפעמים שיהא רוחב הקדרה גדול כ"כ שיחזיק מים שיהיו ששים נגדו כגון שנחושתה דק ורחבה גדול » (ש״ך יו״ד צ״ג ס״ק א) : une paroi mince et une large ouverture peuvent contenir soixante fois le corps de la marmite. C'est cette seconde voie que le Pit'hé Techouva reprend en renvoyant au Merkévet haMichné, qui l'établit par le calcul (פתחי תשובה יו״ד צ״ג ס״ק א).
Nafka mina — lorsqu'on sait ce qui a été absorbé. Le Chakh conclut que toute cette rigueur ne vaut que pour une marmite ancienne, dont on ignore ce qu'elle a bu : « הא דצריך לשער נגד כל הקדרה היינו בקדרה ישנה דלא ידעינן כמה בלע אבל אי ידעינן כמה בלע א"צ לשער אלא כנגד הבלוע בו » (ש״ך יו״ד צ״ג ס״ק א). Il renvoie pour cela à deux endroits précis — צ״ב:ה' dans la glose, et צ״ד:ו' — où les mesures de l'absorbé sont exposées.
La racine de la distinction — et une précision du ס״ק ב. Toute la rigueur d'« évaluer contre la marmite entière » ne vient pas du fond de la règle, mais de notre ignorance de la quantité. Là où l'on sait combien a été absorbé, on revient à la règle ordinaire et l'on mesure contre l'absorbé seul : c'est donc une règle d'estimation par rigueur, non une règle de fond sur l'annulation elle-même — et c'est bien pourquoi le Chakh la rattache aux simanim 92 et 94. On pourrait croire, en outre, qu'elle ne vise que le vase de terre, qui absorbe davantage ; le Chakh écrit le contraire à son ס״ק ב : « ולקמן סי' צ"ח יתבאר דאין חילוק בין קדרה של מתכת או של חרס לעולה צריך לשער נגד כל הקדרה » (ש״ך יו״ד צ״ג ס״ק ב).

6. Le vase de terre — la sougya de Pessa'him 30 (le ס״ק א du Taz)

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Ici le Taz reprend l'avis du Baal haIttour rapporté par le Tour — dont le Tour lui-même s'étonne — et entreprend de le justifier par la sougya du vase de terre.

La position du Baal haIttour, l'étonnement du Tour, et la difficulté que le Taz soulève à son tour. Le Taz ouvre en rapportant l'état du dossier : « הטור כתב בשם בעל העיטור » (ט״ז יו״ד צ״ג ס״ק א) — si l'on a cuit du lait dans une marmite de viande qui était du jour et qu'il y avait soixante, on pourra ensuite y cuire l'espèce que l'on veut, puisque l'absorbé s'est trouvé annulé. Et le Tour, ajoute le Taz, s'en étonne : ותמה עליו (ט״ז יו״ד צ״ג ס״ק א). Le Taz soulève alors sa propre difficulté sur la sougya du vase de terre : puisque c'est à propos des choses consacrées que la Torah a prescrit le bris, on en déduirait plutôt que les choses ordinaires sont plus légères — « וקשה אדרבה נימא מדגלי רחמנא גבי קדשים דאמרינן ישבר ש"מ דחולין הוה קיל מזה » (ט״ז יו״ד צ״ג ס״ק א). Les Tossafot, note-t-il, posaient une autre difficulté et y répondaient ; leur réponse ne règle pas celle-ci.
Le Taz vient justifier le Baal haIttour. Le Taz annonce son propos en toutes lettres : « ונראה לתרץ דעת בעל העיטור על נכון » (ט״ז יו״ד צ״ג ס״ק א). Son point d'appui est ce que la Torah atteste du vase de terre — « התורה העידה על כלי חרס שאינו יוצא מידי דופיו לעולם » (ט״ז יו״ד צ״ג ס״ק א, פסחים ל'.) —, que Rachi explique ainsi : puisqu'il rend du liquide par sa paroi extérieure, il a bel et bien absorbé, et il ne rendra plus jamais tout ce qu'il a bu. Et c'est de la difficulté précédente, dit le Taz, que le Baal haIttour a tiré sa position : « דבחרס בחולין אה"נ דמן התורה מותר בהגעלה אלא דוקא בקדשים אמרה תורה אינו יוצא מידי דופיו ורבנן אמרו דגם בחולין אמרינן כן » (ט״ז יו״ד צ״ג ס״ק א). Dès lors tout s'ordonne : pour le Baal haIttour, le goût de viande a déjà été chassé par l'ébouillantage qu'a constitué la cuisson du lait ; il ne reste qu'un interdit rabbinique ; et comme le maintenir rendrait l'ustensile définitivement inutilisable — יבוא לידי פסידא דא"א להשתמש בו עוד (ט״ז יו״ד צ״ג ס״ק א) —, on est dans le cas d'un « après coup », où les Sages n'ont pas décrété sur un goût gâté. Le Taz conclut : כנ"ל נכון דעת בה"ע (ט״ז יו״ד צ״ג ס״ק א), et il renvoie au siman 121, où le Tour rapporte que le Baal haIttour allège pareillement pour un vase de terre qui n'est pas du jour, l'interdit n'y étant que rabbinique.
'Hakira — matière absorbée ou goût absorbé (Pit'hé Techouva ס״ק ה). La sougya du vase de terre aiguise la question posée plus haut : « il ne sort pas de son défaut » suggère qu'il reste dans la paroi une matière, et non un goût seul. Le Pit'hé Techouva rapporte que le 'Havot Yaïr, précisément, refuse sur ce point le raisonnement du Taz et fonde la chose sur la distinction entre les deux : שיש חילוק בין בליעת טעם הדבר לבליעת ממשו (פתחי תשובה יו״ד צ״ג ס״ק ה). Ce qu'un ustensile saturé n'absorbe plus, c'est le corps de la chose ; son goût, il continue de le prendre.
Le Pit'hé Techouva (ס״ק ב) — le 'Hatam Sofer. Sur ces mots mêmes du Me'haber, le Pit'hé Techouva renvoie à une responsa qui reprend l'explication des paroles du Baal haIttour : « ועיין בתשובת חתם סופר סימן פ"ד מ"ש הוא ז"ל בביאור דברי העיטור בזה » (פתחי תשובה יו״ד צ״ג ס״ק ב). La discussion sur la position du Baal haIttour reste donc ouverte chez les A'haronim ; la lettre du seif, elle, ne bouge pas, et la marmite demeure interdite. Et pour la pratique — demande à ton Rav.

7. Le couvercle — la rigueur de le tenir pour « du jour »

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Les mots du Rama (glose)

« ודין כסוי קדרה כדין קדירה עצמה » (רמ״א יורה דעה צ״ג:א)

« ויש מחמירים בכיסוי לומר דאע"פ שאינו בן יומו דינו כאילו היה בן יומו » (רמ״א יורה דעה צ״ג:א)

« וכן נוהגין בקצת מקומות וכן אני נוהג מפני המנהג והוא חומרא בלא טעם » (רמ״א יורה דעה צ״ג:א)

« ומכל מקום במקום שיש שום צד להתיר בלאו הכי או שהוא לצורך שבת או הפסד יש להתיר אם אין הכיסוי בן יומו כמו בקדירה עצמה » (רמ״א יורה דעה צ״ג:א)

Le fondement — le couvercle suit la marmite.
Le כיסוי absorbe la vapeur qui monte du plat bouillant ; son statut est donc celui d'un ustensile dans lequel on a cuit — le même que celui de la marmite. Du jour, il interdit ; passées vingt-quatre heures, ce qu'il rend est gâté. Voilà la règle de fond. C'est sur elle que vient se poser la rigueur de l'usage : tenir le couvercle pour « du jour » en toute occasion, même quand il ne l'est plus.
Ma'hloket sur le motif de cette rigueur (ט״ז ס״ק ב) :
PositionCe qu'elle tient de la rigueur sur le couvercleSource
Maharchal (ים של שלמה, פרק כל הבשר סי' מ״ז) La rigueur ne vaut que pour les couvercles étroits et creux, qu'on ne peut essuyer correctement : il s'y trouve de l'interdit en nature, et là on ne dit pas qu'un goût gâte. Un couvercle large, que la main peut nettoyer, suit la marmite dès lors qu'il n'est pas du jour ט״ז ס״ק ב
Le Levouch Cette rigueur n'a aucune place : le couvercle est comme la marmite en tout, et il n'y a pas à le tenir pour « du jour » ט״ז ס״ק ב
« Une rigueur sans raison » — la précision de langue du Rama, et ce que les deux nossé kelim en font. Le Rama reconnaît lui-même que cette rigueur n'a pas de raison du côté du din, et qu'il ne la suit qu'à cause de l'usage : והוא חומרא בלא טעם (רמ״א יורה דעה צ״ג:א). Deux conséquences en découlent. (a) Là où il existe un autre motif de permettre, ou un besoin de Chabbat, ou une perte, on permet le couvercle qui n'est pas du jour, comme la marmite elle-même. (b) Le Taz penche du côté du Maharchal, dont il cite la position en propres termes — « שעיקר החומרא דוקא באותן כיסויים שהן קצרים למעלה ויש בהם חלל וא"א לקנחם יפה מן הרתיחה שעולה לשם דכל שיש איסור בעין לא אמרינן ביה נותן טעם לפגם » (ט״ז יו״ד צ״ג ס״ק ב) — puis propose une mesure praticable : « ונלע"ד לנהוג בזה שיש לשער אם יש בתבשיל ס' נגד מקום הקצר שבכיסוי » (ט״ז יו״ד צ״ג ס״ק ב). Il rapporte encore le Levouch — « גם רמ"י בלבוש כתב שאין לחומרא של כיסוי מקום כלל » (ט״ז יו״ד צ״ג ס״ק ב) — et referme sur une formule de méthode : « וכל מי שאומר סברות להחמיר בזה מה שלא נמצא בתלמוד ובפוסקים עליו הראייה » (ט״ז יו״ד צ״ג ס״ק ב). Le Chakh va dans le même sens — « ומ"מ ודאי דאין להחמיר כ"כ בכיסוי » (ש״ך יו״ד צ״ג ס״ק ד) — et cite la fin du Darké Moché, parmi les mots les plus vifs du siman : « ואי איישר חילי אבטל המנהג כי הוא מנהג טעות ואין לו טעם לסמוך עליו » (ש״ך יו״ד צ״ג ס״ק ד). Ceux-là mêmes qui suivent la rigueur reconnaissent donc que c'est une précaution ajoutée, et non le fond de la règle.

8. Allègements sur le couvercle — Chevout Yaakov et Bené 'Hiya

↩ Explication détaillée (niveau 1)
Chevout Yaakov (Pit'hé Techouva ס״ק ג) — après deux mois. Même pour qui suit la rigueur de tenir le couvercle pour « du jour », si deux mois ont passé sans qu'on s'en soit servi, il y a lieu de permettre : « דאף המחמיר בכיסוי קדרה אעפ"י שאינו ב"י מ"מ אחר שני חדשים יש להתיר » (פתחי תשובה יו״ד צ״ג ס״ק ג). Le Pit'hé Techouva pose aussitôt la limite de cet allègement : « ולכתחלה בכל איסורים אסור להשתמש בכלים אף שלא נשתמש בהם שנים הרבה » (פתחי תשובה יו״ד צ״ג ס״ק ג), et il renvoie à ce qu'il écrit au siman 122.
Bené 'Hiya (Pit'hé Techouva ס״ק ד) — le couvercle attitré et l'assiette posée là. La distinction porte sur l'ustensile : toute la rigueur du couvercle ne vise que celui qui est destiné à cet usage. Une assiette de lait posée sur une marmite de viande est permise de l'avis de tous dès lors qu'elle n'est pas du jour : « דאף לדברי המחמירים דוקא כיסוי מיוחד לכך אבל אם נתן קערה של חלב על קדרה של בשר מותר לדברי הכל כשאינו בן יומו » (פתחי תשובה יו״ד צ״ג ס״ק ד).
Nafka mina pour la pratique. Il y a donc, même pour qui suit la rigueur sur le couvercle, plusieurs côtés d'allègement : un autre motif de permettre, le besoin de Chabbat ou une perte (Rama) ; deux mois écoulés (Chevout Yaakov) ; une assiette posée là, qui n'est pas un couvercle attitré (Bené 'Hiya). Dans tous ces cas, couvercle ou assiette qui ne sont pas du jour suivent la marmite. Et pour la pratique — demande à ton Rav.
'Havot Yaïr (סי' ק״א) et la divergence Ba'h / Levouch (Pit'hé Techouva ס״ק ה). Sur le cas où il n'y a pas d'aliment dans la marmite — la fin de la glose, examinée plus bas —, le Taz développe longuement, et le Pit'hé Techouva rapporte que le 'Havot Yaïr le rejoint contre le Ba'h et le Levouch : « שגם הוא ז"ל הסכים עם הט"ז ודלא כהב"ח והלבוש » (פתחי תשובה יו״ד צ״ג ס״ק ה) — mais non pour le motif du Taz, précise-t-il : pour le 'Havot Yaïr, la guemara indique qu'un ustensile saturé n'absorbe pas du tout le corps de la chose, et la distinction à faire est celle du goût et de la matière.

9. Le dessous l'emporte, entre couvercle et marmite — et la pelure

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Fin de la glose — le couvercle chaud d'une espèce posé sur la marmite de l'autre, dont le fondement est le principe « le dessous l'emporte » (פסחים ע״ו., et voir le siman 91).

« ואם לקחו כיסוי רותח מקדירה של בשר ונתנו אותו על קדירה של חלב אם שניהם חמים שניהם אסורים אם יש מאכל בקדירה של בשר וחלב » (רמ״א יורה דעה צ״ג:א)

« ואם הכיסוי צונן והקדירה חמה נמי שניהם אסורים אם התחיל להזיע תחת הכיסוי דתתאה גבר » (רמ״א יורה דעה צ״ג:א)

« ואם הכיסוי חם והקדירה צוננת הכל שרי… רק המאכל צריך קליפה… אם אפשר לקלפו ואם לאו הכל שרי » (רמ״א יורה דעה צ״ג:א)

« ואם לא היה מאכל בקדירה הכל שרי דהוי כשתי קדירות שנגעו זו בזו » (רמ״א יורה דעה צ״ג:א)

Le fondement — « le dessous l'emporte » et les degrés de chaleur.
La racine de ces règles est le principe תתאה גבר (רמ״א יורה דעה צ״ג:א) — c'est le dessous qui l'emporte. De là :

• Les deux chauds, et de l'aliment dans la marmite → שניהם אסורים (שם), chacun faisant absorber à l'autre.
• Couvercle froid, marmite chaude qui s'est mise à transpirer sous lui → le dessous, qui est chaud, l'emporte → שניהם אסורים (שם).
• Couvercle chaud, marmite froide → le dessous, qui est froid, l'emporte et ne laisse pénétrer que l'épaisseur d'une pelure → tout est permis, et pour l'aliment une קליפה (שם) suffit.
La pelure — la mesure de ce que le dessous laisse passer. Quand le couvercle chaud est posé sur une marmite froide, bien que le dessous froid l'emporte et n'absorbe pas dans toute son épaisseur, un peu de chaleur atteint tout de même la surface de l'aliment : d'où la pelure, quand elle est possible à prendre ; et là où elle ne l'est pas, tout est permis, puisqu'il n'y a eu qu'une faible chaleur, de l'épaisseur d'une pelure. C'est la règle ordinaire du froid dans du chaud et du chaud dans du froid. Le Chakh ajoute, pour le cas du couvercle froid sur la marmite chaude, une condition de degré : « ונראה שצריך שתהא היד סולדת » (ש״ך יו״ד צ״ג ס״ק ה) — il faut que la main se rétracte au contact de la vapeur, et il renvoie pour ce degré au siman 92.
Pas d'aliment dans la marmite — deux marmites qui se touchent ; et un צ״ע du Chakh. S'il n'y a aucun aliment dans la marmite et que seuls les ustensiles se touchent, tout est permis : un ustensile ne fait pas absorber à un autre sans liquide. Le Choulhan Aroukh rattache lui-même toute cette fin de glose à l'avis propre du Rama suivant le raisonnement de l'Issour veHetter haArokh (רמ״א יורה דעה צ״ג:א — הכל ד״ע לסברת הארוך), et c'est là-dessus que le Taz développe, rejoint par le 'Havot Yaïr contre le Ba'h et le Levouch (פתחי תשובה יו״ד צ״ג ס״ק ה). Le Chakh, lui, rapporte le Darké Moché au nom de l'Arokh, qui permet jusqu'à la marmite elle-même lorsqu'on l'essuie à l'endroit du contact — « ואפי' הקדרה עצמה שרי לכתחלה כשמקנחה או מדיחה למעלה במקום שנוגעת בכסוי » (ש״ך יו״ד צ״ג ס״ק ו) —, puis la contestation des Hagahot Cha'aré Doura, et il s'arrête sur deux mots : וצ"ע במה שמתיר גם הקדרה (ש״ך יו״ד צ״ג ס״ק ו). Nous rapportons, et nous ne tranchons pas.

10. 'Hakira et nafka mina pour la pratique

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La 'hakira d'ensemble du siman. Qu'est-ce qu'un goût absorbé, et quand interdit-il ?
Nafka mina pour la pratique (selon la ligne qui se dégage chez les A'haronim) :
  1. Marmite de viande qui est du jour → on n'y cuit pas de lait, et le plat est interdit, puisqu'on évalue contre la marmite entière (ש״ך ס״ק א).
  2. Vingt-quatre heures écoulées → le plat est permis après coup ; mais cuire ainsi d'emblée reste interdit.
  3. La marmite, qui n'est plus du jour, reste permise pour les aliments neutres (ריב״ש קכ״ו) — le Chakh signalant cependant l'usage rapporté au siman 94 d'interdire même cela (ש״ך ס״ק ג).
  4. Couvercle qui n'est plus du jour — l'usage est de faire la rigueur ; on allège pour le besoin de Chabbat ou la perte, après deux mois (Chevout Yaakov), et pour une assiette posée là (Bené 'Hiya).
  5. Couvercle et marmite, chaud et froid — la chose se juge par « le dessous l'emporte » ; chaud sur froid → pelure ; pas d'aliment → deux marmites qui se touchent, permis.
Et pour la pratique — demande à ton Rav.

11. Tableaux récapitulatifs

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Tableau — l'état de la marmite et la règle

État de la marmite Ce qu'il en résulte Source
Marmite de viande — y cuire du lait d'emblée Interdit Me'haber ס״א
Du jour (dans les vingt-quatre heures) Interdit par le goût donné ; on évalue contre la marmite entière Me'haber ס״א ; ש״ך ס״ק א
Plus du jour (vingt-quatre heures écoulées) Goût qui gâte → le plat est permis Me'haber ס״א
La marmite elle-même (qui n'est plus du jour) Interdite d'emblée pour la viande comme pour le lait ; rendue à l'usage par l'ébouillantage Me'haber ס״א ; פ״ת ס״ק ג (סי' צ״ב)
Aliments neutres dans la marmite Permis — avec la réserve que le Chakh rapporte au nom du siman 94 רמ״א ; ריב״ש קכ״ו ; ש״ך ס״ק ג
On sait ce qui a été absorbé On évalue contre l'absorbé seul, non contre la marmite entière ש״ך ס״ק א (צ״ד:ו', צ״ב:ה')
Le couvercle de la marmite Il suit la marmite ; certains font la rigueur de le tenir pour « du jour » רמ״א ; ט״ז ס״ק ב
Couvercle chaud sur marmite froide Permis ; l'aliment demande une pelure, si elle est possible רמ״א (תתאה גבר)
Pas d'aliment dans la marmite Permis — comme deux marmites qui se touchent רמ״א (ד״ע לסברת הארוך) ; ט״ז

Tableau — les ma'hlokot centrales du siman

Objet Première position Seconde position
À quoi mesure-t-on, pour une marmite du jour Le Me'haber — au goût donné, que l'on fait goûter à un cuisinier (ש״ך ס״ק א) Le Rama et le Chakh — contre la marmite entière, faute de se fier à la dégustation
Après une cuisson où il y avait soixante, cuire l'autre espèce Le Baal haIttour — permis, l'absorbé ayant été annulé ; et le Taz vient justifier sa position (ט״ז ס״ק א) Le Tour — s'en étonne ; la lettre du seif maintient la marmite interdite
La rigueur sur le couvercle Maharchal — seulement pour les couvercles étroits et creux (interdit en nature) Le Levouch — cette rigueur n'a aucune place ; et le Taz comme le Chakh inclinent à ne pas y ajouter
Couvercle qui n'est plus du jour, après un long temps L'usage de faire la rigueur en toute occasion Chevout Yaakov — après deux mois, il y a lieu de permettre (פ״ת ס״ק ג)
La rigueur sur le couvercle — pour quel ustensile Pour le couvercle attitré de la marmite Bené 'Hiya — une assiette posée là est permise de l'avis de tous (פ״ת ס״ק ד)

Tableau — les sources de la sougya

Guemara : עבודה זרה ע״ה:–ע״ו. (ustensiles rachetés aux non-juifs, goût qui gâte, ustensile du jour) · עבודה זרה ס״ז:–ס״ח. (un goût qui gâte est permis) · חולין צ״ז:–צ״ח. (le goût vaut la substance, annulation dans soixante) · פסחים ל'. (le vase de terre, cité par le Taz) · פסחים ע״ו. (כיצד צולין — le dessous l'emporte)
Richonim : רש״י (פסחים ל', cité par le Taz) · רמב״ם · רא״ש · רשב״א · ר״ן · מרדכי · סמ״ק · בעל העיטור · טור · ריב״ש (סי' קכ״ו) · איסור והיתר הארוך
A'haronim : בית יוסף · רמ״א (ובדרכי משה) · ש״ך · ט״ז · ב״ח · לבוש · מהרש״ל (ים של שלמה, כל הבשר מ״ז) · פרי מגדים · פתחי תשובה · חתם סופר (יו״ד פ״ד) · שבות יעקב · בני חייא · חוות יאיר (סי' ק״א) · מגן אברהם (סי' תנ״ב) · מרכבת המשנה

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
Talmid hakham · enseignant en halakha et en hassidout
סימן צ״ג · Niveau 2 — Lamdan · דין קדרה שבישלו בה בשר
daattorah.com
⚠️ Ce contenu est écrit pour l'étude et l'examen seulement. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה) — demande à ton Rav.

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