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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Choul'han Aroukh · Yoré Déa

La cuiller lactée plongée dans une marmite carnée — étude et pilpoul
סימן צ״ד
Mesurer contre ce qui a été plongé · ben yomo · noten taam bar noten taam · le din du couteau
Étude, pilpoul, positions des Richonim et des Aharonim
⚡ POUR LES LAMDANIM ET LES TALMIDEI HAKHAMIM ⚡
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Pilpoul et étude approfondie

Sougyot, sources, hakira de fond, ma’hlokot des Richonim et des Aharonim,
nafka minot pour la pratique et examen des chitot

Le sujet :
Choul'han Aroukh, Yoré Déa, siman צ״ד (neuf seifim)
avec ses nossei kelim : Chakh (Siftei Kohen), Taz (Tourei Zahav), Peri Megadim, Pit’hei Techouva

Le fondement de la sougya dans le Chas :
’Houlin ק״ח.–ק״ט. (taam ke‘ikar, annulation dans soixante, noten taam bar noten taam) · Avoda Zara ע״ו. (ustensile ben yomo et non ben yomo, neïtsat hassakin) · Pessa’him ע״ו. (’ham miktsato, keli richon et keli cheni)

Rédaction et étude :
Rav Yossef Haïm Samama · DAAT

📑 Table des matières

  1. Introduction de la sougya — la cuiller lactée plongée dans une marmite carnée, mesurer contre ce qui a été plongé (seif א')
  2. ’Ham miktsato ’ham koulo — la ma’hloket sur la cuiller de métal, hakira sur l’absorption et le rejet (seif א')
  3. Il a plongé deux fois — deux fois soixante, et la raison du Teroumat haDéchen (seif ב')
  4. Il y a soixante pour annuler la cuiller — interdit de jouissance, vente au non-juif, et la ma’hloket du chien (seif ג')
  5. Une cuiller qui n’est pas bat yoma — interdit lekhathila, permis bediavad (seif ד')
  6. Noten taam bar noten taam de permis — marmite neuve et deux cuillers (seifim ה'–ט')
  7. Des légumes imprégnés de viande — il n’y a pas ici de ’hatikha na‘assit nevela (seif ו')
  8. Le din du couteau — contre l’endroit ou contre tout le couteau, kelipa, hag‘ala et neïtsa (seif ז')
  9. Fromage et kelipa · miel et noten taam bar noten taam — four à pnadach et versement de permis (seifim ח'–ט')
  10. Hakira et nafka mina pour la pratique
  11. Tableaux de synthèse

📜 Le texte du Choul'han Aroukh — seif א'

↩ Explication détaillée (niveau 1)
« התוחב כף חולבת בקדרה של בשר או איפכא משערים בכל מה שנתחב ממנו בקדירה…ויש מי שאומר שאם הכף של מתכת משערים בכולו משום דחם מקצתו חם כולו » (שו״ע יו״ד צ״ד:א)
« וסברא ראשונה עיקר וכן נוהגין » (רמ״א יו״ד צ״ד:א)

Traduction : celui qui plonge une cuiller lactée dans une marmite de viande, ou l’inverse — on mesure [les soixante] contre tout ce qui en a été plongé dans la marmite (si la cuiller est ben yomo, c’est-à-dire qu’on s’en est servi dans un keli richon dans les vingt-quatre heures) (Aroukh, klal ל״ז) ; et il en est un qui dit que si la cuiller est de métal, on mesure contre elle tout entière, parce que « chaud en partie, chaud en tout ». (Glose du Rama : et la première opinion est l’essentiel, et ainsi fait-on) (Mordekhaï, Chaarei Doura et ses gloses, et Aroukh) (et voir siman צ״ח).

1. Introduction de la sougya — mesurer contre ce qui a été plongé

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le fondement — une cuiller qui a absorbé, et la mesure du chiour

Le fondement du siman : une cuiller lactée, imprégnée de lait, que l’on plonge dans une marmite bouillante de viande. La cuiller étant chaude et imprégnée, elle rejette le lait absorbé dans le mets carné, et il faut l’annuler dans soixante, comme pour tout rejet d’interdit. Mais le vrai din du siman est dans la mesure : contre quoi compte-t-on les soixante ? Le Mehaber répond משערים בכל מה שנתחב ממנו בקדירה (שו״ע יו״ד צ״ד:א) — c’est-à-dire contre la part de la cuiller qui a été trempée dans le mets, et non contre le mets entier ni contre la cuiller entière.

Et tout cela seulement lorsque la cuiller est ben yomo : on s’en est servi dans un keli richon dans les vingt-quatre heures, de sorte que ce qu’elle a absorbé donne encore un goût qui améliore (noten taam lechevah).

La hakira du Chakh (ס״ק א) — pourquoi contre ce qui a été plongé ? À première vue, il aurait fallu mesurer contre ce que la cuiller a rejeté, et non contre le volume de métal qui a été plongé. Le Chakh répond que la mesure est prise à la rigueur, faute de savoir :
« דלא ידעינן כמה נפיק מיניה » (ש״ך יו״ד צ״ד ס״ק א)

Nous ne savons pas combien la cuiller a réellement rejeté ; on prend donc la rigueur et l’on mesure contre tout le corps de métal qui a été trempé, comme s’il avait tout rejeté.

Jusqu’où a-t-il plongé — « jusqu’au haut de la cuiller » (Chakh ס״ק א au nom du Maharchal) : et quel est le din lorsqu’il ne sait pas jusqu’où il a plongé la cuiller dans la marmite ? Le Chakh écrit au nom du Maharchal que tout doute se juge à la rigueur :
« דאם אינו ברור לו עד כמה תחב משערי׳ בסתם דרך לתחוב דהיינו עד ראש הכף » (ש״ך יו״ד צ״ד ס״ק א)

Mais s’il sait avec certitude jusqu’où il a plongé — et de même lorsqu’on sait combien a été absorbé, le Chakh renvoyant lui-même à וע״ל סימן צ״ח ס״ה אי ידעינן כמה בלע (ש״ך יו״ד צ״ד ס״ק א) — on ne mesure que contre cette quantité-là. La racine de « ce qui a été plongé » est donc un doute non levé, et non un din tranché en toute circonstance.

Le Pit’hei Techouva (ס״ק א) — la crédibilité de celui qui a plongé : il rapporte au nom du Noda BiYehouda (tinyana, Yoré Déa, fin du siman ט״ז) que l’homme est cru lorsqu’il dit jusqu’où il a plongé sa cuiller, et qu’on n’applique pas ici la règle du « détail auquel on ne prête pas attention » :
« דבדבר שהאדם עצמו עושה ל״ש לומר כן » (פתחי תשובה יו״ד צ״ד ס״ק א)

La raison : ce que l’homme fait lui-même, il sait comment il le fait — à la différence du cho’het qui n’avait pas appris les hilkhot chehita au moment de l’acte. Mais il faut dire la suite du Pit’hei Techouva, que la page ne doit pas taire : il objecte lui-même au Noda BiYehouda depuis le siman י״ח, et conclut ולע״ד דבריו צ״ע (פתחי תשובה יו״ד צ״ד ס״ק א) ; il rapporte ensuite le Peri Megadim, qui hésite pareillement, puis le ’Hatam Sofer qui soutient le Noda BiYehouda. La question reste donc ouverte dans l’appareil.

2. ’Ham miktsato ’ham koulo — la ma’hloket sur la cuiller de métal

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C’est l’un des points les plus aigus du siman, et c’est là que se concentre le poids de l’étude du Chakh et du Taz.

La hakira — le métal est-il chaud tout entier : une cuiller de métal dont on plonge une partie dans un liquide bouillant conduit la chaleur et s’échauffe jusque dans la partie restée hors de la marmite. D’où la question : cette chaleur suffit-elle à lui faire rejeter ce qui est absorbé dans tout le corps de la cuiller — et alors on mesurerait contre elle tout entière ; ou bien la chaleur du métal ne vaut-elle que pour l’absorption, et non pour le rejet ?
Les deux opinions du Mehaber et du Rama :
PositionCuiller de métal — contre quoi mesure-t-onSource
La première opinion (stam du Mehaber) Contre ce qui a été plongé seulement — on ne dit pas « chaud en partie, chaud en tout » pour le rejet Mehaber ס״א
Yech mi cheomer (rapporté par le Mehaber, tranché par le Rama) Contre la cuiller entière — car chaud en partie, chaud en tout, et tout le métal est comme chaud pour rejeter Mehaber ס״א ; Rama ס״א
Et la décision du Rama :
« וסברא ראשונה עיקר וכן נוהגין » (רמ״א יו״ד צ״ד:א)

On ne dit donc pas « chaud en partie, chaud en tout » pour faire rejeter ce qui est absorbé.

Le tranchant du Chakh (ס״ק ג) et du Pit’hei Techouva (ס״ק ג) — absorber d’un côté, rejeter de l’autre : le Pit’hei Techouva rapporte le Beit Hillel, qui avait entendu du Magen Avraham (Ora’h ’Haïm סי׳ תנ״א) la distinction suivante :
« אע״ג דחם מקצתו חם כולו היינו לבלוע אבל לא לפלוט » (פתחי תשובה יו״ד צ״ד ס״ק ג)

Pour le Beit Hillel et le Magen Avraham, « chaud en partie, chaud en tout » vaut donc pour absorber et non pour rejeter, et c’est pourquoi on ne mesure que contre ce qui a été plongé. Le Chakh, lui, va plus loin : selon lui on ne le dit pas même pour l’absorption, puisque le raisonnement de la première opinion est אינו מוליך בליעתו בכולו (ש״ך יו״ד צ״ד ס״ק ג) — le métal ne conduit pas ce qu’il a absorbé dans tout son corps.

Le Pit’hei Techouva le dit expressément : אכן דעת הש״ך כאן סק״ג לא נראה כן (פתחי תשובה יו״ד צ״ד ס״ק ג), et renvoie au Chakh du siman קכ״א. Les deux chemins aboutissent ici au même din pratique, mais pour des raisons différentes — et la différence porte ailleurs, comme le montre la nafka mina qui suit.

Nafka mina — le manche (la קתא) de la cuiller : de là sort le din du manche. Une cuiller de métal bat yoma dont on a plongé le manche dans le mets : pour le Beit Hillel, rapporté par le Pit’hei Techouva, il faut soixante dans la marmite contre le manche qui y a été plongé —
« אם תחבו הקתא של הכף של מתכת ב״י בקדרה צריך ס׳ בקדרה נגד הקתא שנתחב בו » (פתחי תשובה יו״ד צ״ד ס״ק ג)

Le Pit’hei Techouva ajoute, au nom du Solet laMin’ha (klal פ״ה) et de son propre ouvrage sur les hilkhot Pessa’h, que bediavad il n’y a rien à annuler du tout en pareil cas, et que la divergence avec le Beit Hillel demeure ; mais que la cuiller, elle, est interdite à l’usage jusqu’à hag‘ala. Enfin il rapporte le Panim Meïrot, qui distingue selon que tout l’ustensile est ou non chaud au point que la main s’y rétracte. Et pour la pratique — demande à ton Rav.

3. Il a plongé deux fois — deux fois soixante

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seif ב')

« אם תחב הכף בקדירה שני פעמים ולא נודע בנתים צריך ב׳ פעמים ששים » (שו״ע יו״ד צ״ד:ב)
« דסגי בפעם א׳ ששים » (רמ״א יו״ד צ״ד:ב)

Traduction : s’il a plongé la cuiller dans la marmite deux fois et qu’il ne l’a pas su entre-temps, il faut deux fois soixante. (Glose du Rama : et il en est qui disent qu’une seule fois soixante suffit, et ainsi fait-on) (Teroumat haDéchen siman קפ״ג, gloses de Chaarei Doura, et Aroukh).

Le yessod — pourquoi songerait-on à exiger deux fois soixante :
Le Chakh donne la raison de la rigueur, au nom des Haggahot Mordekhaï, du Maharil et du Teroumat haDéchen : il faut d’abord soixante contre le lait, et l’on craint qu’il soit resté un peu de lait dans la cuiller ; lorsqu’on l’a retirée de la marmite, toute la cuiller est devenue nevela de bassar be’halav, et il faut donc l’annuler une seconde fois —
« וחיישינן דלמא נשאר בו מעט חלב וכשהוציאו מן הקדרה נעשה כל הכף נבילה מבשר בחלב ולכך צריך לבטל הכף בפעם הב׳ » (ש״ך יו״ד צ״ד ס״ק ד)
La décision du Teroumat haDéchen (siman קפ״ג) — une seule fois suffit :
PositionDeux plongementsSource
La première opinion (Mehaber) Deux fois soixante — chaque plongement est un rejet en soi Mehaber ס״ב
Yech omrim (Rama au nom du Teroumat haDéchen) Une seule fois soixante suffit — et ainsi fait-on Rama ס״ב ; Teroumat haDéchen קפ״ג
La raison du Teroumat haDéchen (Taz ס״ק ב) — un permis absorbé ne devient pas nevela : le Taz expose la racine de la mesure d’allègement. Le Teroumat haDéchen avait d’abord donné la raison de la rigueur, puis l’a repoussée lui-même :
« ואח״כ דחה זה דאין היתר בלוע נאסר מאיסור בלוע » (ט״ז יו״ד צ״ד ס״ק ב)

Un permis absorbé n’est pas rendu interdit par un interdit absorbé. Au second plongement, la cuiller ne rejette donc pas un interdit nouveau. Le Taz rappelle que le Maharchal, au chapitre Guid haNaché siman מ׳, fut strict et exigea deux fois soixante, et il conclut : ואין לנו אלא המנהג שכתב רמ״א להקל הן בבשר בחלב הן בשאר איסורים (ט״ז יו״ד צ״ד ס״ק ב).

4. Il y a soixante pour annuler la cuiller — l’interdit de jouissance

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seif ג')

« אם יש ס׳ לבטל הכף הקדירה והתבשיל מותרים אבל הכף אסור בין עם בשר בין עם חלב לפי שהיא בלועה מבשר בחלב ואפילו בדיעבד אוסרת אם חזרו ותחבוה בין בבשר בין בחלב כל זמן שהיא בת יומא ואם אין ס׳ הכל אסור בהנאה אפי׳ הקדרה אך מותר לתת לתוכה פירות או צונן כיון שאינו נהנה מגוף האיסור » (שו״ע יו״ד צ״ד:ג)

Traduction : s’il y a soixante pour annuler la cuiller, la marmite et le mets sont permis, mais la cuiller est interdite, aussi bien avec de la viande qu’avec du lait, parce qu’elle est imprégnée de bassar be’halav ; et même bediavad elle interdit si on l’a replongée, dans de la viande comme dans du lait, tant qu’elle est bat yoma. Et s’il n’y a pas soixante, tout est interdit à la jouissance, même la marmite ; mais il est permis d’y mettre des fruits ou une chose froide, puisqu’il ne tire pas jouissance du corps de l’interdit.

Le yessod — trois degrés dans la cuiller devenue interdite :
• Il y a soixante → le mets est permis, mais la cuiller ne l’est pas : אבל הכף אסור בין עם בשר בין עם חלב (שו״ע יו״ד צ״ד:ג), puisqu’elle est imprégnée de bassar be’halav et rejettera dans toute marmite où on la replongera, tant qu’elle est bat yoma.
• Il n’y a pas soixante → le mets devient bassar be’halav, et il est interdit à la jouissance, la marmite avec lui.
• Et malgré cela, il est permis d’y mettre des fruits ou une chose froide, la raison étant donnée par le Mehaber lui-même : כיון שאינו נהנה מגוף האיסור (שו״ע יו״ד צ״ד:ג).
L’interdit de jouissance et le chien (Pit’hei Techouva ס״ק ה) : puisque le bassar be’halav est interdit à la jouissance, les Aharonim se sont demandé s’il est permis de donner le mets à manger à un chien. Le Taz l’interdit, au nom du Issour veHeter, du Maharchal et du Torat ’Hatat — et le Pit’hei Techouva écrit que le Mekor ’Haïm (סי׳ תמ״ח) et le Biour haGra ne sont pas de cet avis :
« אכן אין כן דעת הגאון בעל מקור חיים בסי׳ תמ״ח סק״י דדוקא בחמץ בפסח » (פתחי תשובה יו״ד צ״ד ס״ק ה)

Pour eux, c’est le ’hamets à Pessa’h qui est l’exception, et non le bassar be’halav. Le Pit’hei Techouva ajoute lui-même une réserve sur la preuve du Mekor ’Haïm tirée des Tossafot de Pessa’him ד׳ כ״ב, et renvoie encore au Pnei Yehochoua et au Baer Yaakov. La ma’hloket tient donc au gader de l’interdit de jouissance du bassar be’halav.

Vendre la marmite à un non-juif (Pit’hei Techouva ס״ק ו au nom du ’Hatam Sofer סי׳ צ״ח) : la marmite imprégnée de bassar be’halav, quoique interdite à la jouissance, le ’Hatam Sofer permet de la vendre à un non-juif, et même tant qu’elle est bat yoma :
« דלמכור לעובד כוכבים קדרה הבלועה מבשר בחלב אין בו בית מיחוש כלל אפילו ביומיה » (פתחי תשובה יו״ד צ״ד ס״ק ו)

Le Pit’hei Techouva ouvre cette entrée en renvoyant d’abord à la techouva du Radbaz (’helek א׳ siman כ״ד).

5. Une cuiller qui n’est pas bat yoma — lekhathila et bediavad

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Ici se tient la distinction principale entre un goût qui améliore et un goût qui gâte, et tous les gedarim de « ben yomo ».

Le texte du Mehaber (seif ד')

« אם אין הכף בן יומו הקדרה והתבשיל מותרים והכף אסור לכתחלה בין עם בשר בין עם חלב ומ״מ בדיעבד אינה אוסרת כיון שלא היתה בת יומא » (שו״ע יו״ד צ״ד:ד)

Traduction : si la cuiller n’est pas ben yomo, la marmite et le mets sont permis, et la cuiller est interdite lekhathila, avec de la viande comme avec du lait ; et néanmoins bediavad elle n’interdit pas, puisqu’elle n’était pas bat yoma.

Le yessod — un goût qui gâte, dans un ustensile qui n’est pas ben yomo :
Un ustensile qui n’est pas ben yomo a déjà un contenu absorbé gâté : il est resté plus de vingt-quatre heures, et son rejet ne donne plus un goût qui améliore mais un goût qui gâte, et un goût qui gâte ne rend pas interdit. Mais les Sages ont interdit d’en user lekhathila. Et bediavad, le Mehaber écrit : ומ״מ בדיעבד אינה אוסרת כיון שלא היתה בת יומא (שו״ע יו״ד צ״ד:ד).
Comparaison des quatre premiers seifim (א'–ד') — l’état de la cuiller :
SituationLe metsLa cuiller
Bat yoma, il y a soixante (ס״ג) Permis Interdite (imprégnée de bassar be’halav)
Bat yoma, il n’y a pas soixante (ס״ג) Interdit à la jouissance, la marmite avec lui Interdite ; fruits et choses froides permis
Pas bat yoma (ס״ד) Permis Interdite lekhathila ; bediavad elle n’interdit pas
Un keli richon retiré du feu (Taz ס״ק א ; Pit’hei Techouva ס״ק ב au nom du ’Havot Yaïr סי׳ ק״א) : tout le din de la cuiller se joue dans un keli richon. Le Taz rapporte le Maharchal (פכ״ה סי׳ ע״א), pour qui un keli richon dont la main ne se rétracte pas n’a plus la force de faire absorber :
« דמסתבר דכלי ראשון כל זמן שאין היד סולדת בו אין בו כח להבליע כלל » (ט״ז יו״ד צ״ד ס״ק א)

Le Maharchal craint néanmoins d’alléger pour un keli richon posé auprès du feu, « car on a fait une haré’haka au keli richon, comme il est dit dans le Yerouchalmi ». Mais le Taz conclut contre lui, au nom du Torat ’Hatat (klal נ״ז), du Beit Yossef et du Issour veHeter : דאפילו בכלי ראשון שעל האש אינו אוסר אם אין היד סולדת בו וכן עיקר (ט״ז יו״ד צ״ד ס״ק א). Le Pit’hei Techouva ajoute le ’Havot Yaïr : un ustensile refroidi garde le nom de keli richon tant qu’il est plus que tiède, et il faut un mea‘t-le‘et à compter du moment où il est descendu au tiède.

6. Noten taam bar noten taam de permis — marmite neuve et deux cuillers

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et du Rama (seif ה')

« אם בשלו מים בקדרה חדשה ותחבו בה כף חולבת ואחר כך חזרו ובשלו בה מים פעם אחרת ותחבו בה כף של בשר ושתי הכפות היו בני יומן ובשום אחד מהפעמים לא היו במים ששים אסור להשתמש בקדירה לא בשר ולא חלב אבל שאר דברים מותר לבשל מאחר שהיתה חדשה שלא בשלו בה מעולם » (שו״ע יו״ד צ״ד:ה)
« מיהו אם עבר ובישל בה בשר או חלב מותר דהוי נותן טעם בר נותן טעם » (רמ״א יו״ד צ״ד:ה)
« קדרה שבשלו בה ירקות או מים ותחבו בה כף בן יומו והקדירה אינה בת יומה או להפך או שיש במאכל ששים הכל שרי ונוהגין להחמיר לאכול המאכל כמין הכלי שהוא בן יומו ולאסור הכלי שאינו בן יומו » (רמ״א יו״ד צ״ד:ה)
« ואינו אלא חומרא בעלמא כי מדינא הכל שרי » (רמ״א יו״ד צ״ד:ה)

Traduction : s’ils ont cuit de l’eau dans une marmite neuve et y ont plongé une cuiller lactée, puis ont de nouveau cuit de l’eau une autre fois et y ont plongé une cuiller carnée, les deux cuillers étant bnot yoman, et qu’à aucune des deux fois il n’y avait dans l’eau soixante — il est interdit d’user de cette marmite ni pour la viande ni pour le lait ; mais il est permis d’y cuire d’autres choses, puisqu’elle était neuve et qu’on n’y avait jamais rien cuit. Glose du Rama : toutefois, s’il a transgressé et y a cuit de la viande ou du lait, c’est permis, car c’est un noten taam bar noten taam (Haggahot Maïmoniot פ״ט). Une marmite où l’on a cuit des légumes ou de l’eau et où l’on a plongé une cuiller ben yomo alors que la marmite n’est pas bat yoma, ou l’inverse, ou bien s’il y a dans le mets soixante — tout est permis ; et l’usage est d’être strict, de manger le mets du côté de l’ustensile qui est ben yomo et de tenir pour interdit l’ustensile qui ne l’est pas (Aroukh klal ל״ז) — et ce n’est qu’une stringence, car de droit tout est permis.

Le yessod — qu’est-ce qu’un « noten taam bar noten taam de permis » :
Un goût permis qui a traversé un intermédiaire neutre — de l’eau, une marmite, un ustensile — avant d’atteindre l’autre espèce ne rend pas interdit bediavad. Ici : le goût du lait est passé de la cuiller à l’eau, et de l’eau à la marmite ; le goût de la viande de l’autre cuiller à l’eau, et de l’eau à la même marmite. Chacun est un goût éloigné, et le Rama tranche מיהו אם עבר ובישל בה בשר או חלב מותר דהוי נותן טעם בר נותן טעם (רמ״א יו״ד צ״ד:ה), au nom des Haggahot Maïmoniot.
Le tranchant du Taz (ס״ק ו) — pourquoi est-ce interdit lekhathila : si un noten taam bar noten taam de permis est permis, pourquoi le Mehaber interdit-il d’user de la marmite pour la viande et pour le lait ? Le Taz explique que de droit c’est bien permis, et que l’interdiction lekhathila tient à l’usage qui s’est répandu :
« והא דאסור לכתחלה הוא מטעם כיון שנתפשט המנהג לאסור אותו שאינו בן יומא » (ט״ז יו״ד צ״ד ס״ק ו)

Le Taz ajoute sa propre explication : on a été strict pour la marmite parce qu’on verse le mets dans un ustensile de l’espèce qui est ben yomo, et il n’est donc pas juste de permettre celui qui ne l’est pas, puisque c’est de lui qu’on verse. Il pose ensuite une kouchia sur le Tour, qu’il dit avoir résolue plus haut. Mais bediavad — « s’il a transgressé et y a cuit » — le din revient à sa place et c’est permis, car c’est un noten taam bar noten taam de permis.

L’usage d’être strict — manger du côté de ce qui est ben yomo (Taz ס״ק ח au nom du Torat ’Hatat et du Maharchal) : là où le din est égal, tout est permis de droit ; et l’usage, écrit le Rama dans sa glose, est ונוהגין להחמיר לאכול המאכל כמין הכלי שהוא בן יומו (רמ״א יו״ד צ״ד:ה). Le Taz rapporte le Torat ’Hatat (klal נ״ז), pour qui il vaut mieux ne manger ce mets ni avec de la viande ni avec du lait, et le Maharchal (Guid haNaché סי׳ מ״ג), qui conseille de le manger de la marmite avec une cuiller neuve. Et le Mehaber lui-même conclut :
« ואינו אלא חומרא בעלמא כי מדינא הכל שרי » (רמ״א יו״ד צ״ד:ה)

7. Des légumes imprégnés de viande — il n’y a pas ici de ’hatikha na‘assit nevela

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et du Rama (seif ו')

« בצלים או ירקות שבלועים מבשר ובשלם בקדרה חולבת אם ידוע כמה בשר בלוע בבצלים ובירקות אין צריך ס׳ אלא כנגד הבשר » (שו״ע יו״ד צ״ד:ו)
« דלא שייך לומר חתיכה נעשית נבילה הואיל ועדיין כולו היתר ולכן אין צריך לשער רק נגד מה שבלע וכל שכן בקדירה של חלב שבשלו בה מים תוך מעת לעת ואח״כ בשלו בה בשר לא אמרינן דצריך לשער נגד כל המים רק נגד החלב שבלע הקדירה » (רמ״א יו״ד צ״ד:ו)

Traduction : des oignons ou des légumes imprégnés de viande, qu’on a cuits dans une marmite lactée — si l’on sait quelle quantité de viande est imprégnée dans les oignons et les légumes, il ne faut soixante que contre la viande. Glose du Rama : car il n’y a pas lieu de dire « le morceau devient nevela », puisque tout est encore permis, et il ne faut donc mesurer que contre ce qui a été absorbé. Et a fortiori pour une marmite lactée dans laquelle on a cuit de l’eau dans les vingt-quatre heures et ensuite de la viande : on ne dit pas qu’il faille mesurer contre toute l’eau, mais seulement contre le lait qu’a absorbé la marmite (sens du Tour et du Beit Yossef).

Le yessod — « le morceau devient nevela » ne s’applique pas quand tout est permis :
Le din de ’hatikha na‘assit nevela — le morceau entier est compté comme interdit et l’on mesure contre lui tout entier — ne vaut que là où un interdit a rendu le morceau interdit. Ici, les oignons sont imprégnés d’une viande permise et n’ont jamais été interdits ; le Rama écrit donc דלא שייך לומר חתיכה נעשית נבילה הואיל ועדיין כולו היתר (רמ״א יו״ד צ״ד:ו), et l’on ne mesure que contre ce qui a été absorbé.
Le kal va’homer de la marmite (sens du Tour et du Beit Yossef) : de là le Rama tire un kal va’homer. Une marmite lactée bat yoma dans laquelle on a cuit de l’eau puis de la viande : on ne mesure pas contre toute l’eau, mais seulement contre le lait absorbé dans la marmite —
« לא אמרינן דצריך לשער נגד כל המים רק נגד החלב שבלע הקדירה » (רמ״א יו״ד צ״ד:ו)

L’eau est permise, et le lait absorbé ne fait pas de toute l’eau une « nevela ». C’est là le contraste avec le siman צ״ב, où l’on traite d’un morceau réellement devenu interdit ; ici tout est permis, et l’on ne mesure que contre ce qui a été absorbé.

8. Le din du couteau — contre l’endroit, ou contre tout le couteau

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et du Rama (seif ז')

« בשר רותח שחתכו בסכין חולבת כל החתיכה אסורה אם אין בה ששים כנגד מקום הסכין שחתך הבשר אבל אם אינו בן יומו או אם אינו יודע שהוא בן יומו אינו אוסר אלא כדי קליפה » (שו״ע יו״ד צ״ד:ז)
« וכל זה בבשר רותח בכלי ראשון ואז אם הסכין בן יומו ואין ס׳ בבשר נגד הסכין הכל אסור ואף הסכין צריך הגעלה אבל אם הוא כלי שני הבשר צריך קליפה והסכין נעיצה בקרקע » (רמ״א יו״ד צ״ד:ז)
« ואפילו אין הסכין בן יומו יש לקלוף הבשר מעט משום שמנונית הסכין » (רמ״א יו״ד צ״ד:ז)

Traduction : de la viande brûlante qu’on a coupée avec un couteau lacté — tout le morceau est interdit s’il n’y a pas en lui soixante contre l’endroit du couteau qui a coupé la viande ; mais s’il n’est pas ben yomo, ou s’il ne sait pas qu’il l’est, il n’interdit qu’une kelipa. Glose du Rama : et tout ceci pour de la viande brûlante dans un keli richon ; alors, si le couteau est ben yomo et qu’il n’y a pas dans la viande soixante contre le couteau, tout est interdit et le couteau lui-même requiert une hag‘ala. Mais si c’est un keli cheni, la viande requiert une kelipa et le couteau une neïtsa dans le sol (Aroukh klal ל״ז), et ainsi fait-on. Et même si le couteau n’est pas ben yomo, il faut peler un peu la viande à cause du gras du couteau (Tour et Beit Yossef au nom du Semak).

Le yessod — contre l’endroit du couteau, et une kelipa quand il n’est pas ben yomo :
• Couteau ben yomo, keli richon, pas de soixante → tout le morceau est interdit, et le couteau requiert une hag‘ala.
• Pas ben yomo, ou l’on ne sait pas → il n’interdit qu’une kelipa, car son goût est un goût qui gâte ; et malgré cela il faut peler un peu, à cause du gras réel qui se tient sur la lame.
• Keli cheni → il n’y a pas d’absorption pleine : la viande requiert une kelipa, et le couteau une neïtsa — on le plante dans un sol dur — et non une hag‘ala.
Ma’hloket — contre l’endroit ou contre tout le couteau (Taz ס״ק י״ב) :
PositionLa mesure des soixanteSource
Le Tour au nom du Rabbenou Pérets, et le Maharchal Contre tout le couteau — c’est-à-dire la lame hors du manche Taz ס״ק י״ב ; Yam chel Chelomo, Guid haNaché סי׳ מ״ב
Le Choul'han Aroukh Contre l’endroit du couteau qui a coupé, seulement Mehaber ס״ז

Le Taz donne la raison de l’omission : והש״ע לא העתיקו לפי שר״פ אזיל לטעמי׳ דס״ל ריש סי׳ זה במתכת חם מקצתו חם כולו ולא קי״ל כן (ט״ז יו״ד צ״ד ס״ק י״ב). Le Rabbenou Pérets suit son propre raisonnement du début du siman, que nous ne tenons pas.

« Un détail auquel on ne prête pas attention » (Taz ס״ק י״ב au nom du Maharchal) : la raison de ceux qui mesurent contre tout le couteau est que celui qui coupe ne fait pas attention à la profondeur de sa coupe ; et même s’il dit « je suis certain de n’avoir coupé qu’à cet endroit », il n’est pas cru :
« דכל חותך בסכין אינו מדקדק כמה חתך בסכין ואף אם יאמר ברי לי שלא חתכתי רק במקום זה אינו נאמן דכל מלתא דלא רמיא עליה דאינש לאו אדעתי׳ » (ט״ז יו״ד צ״ד ס״ק י״ב)

C’est la règle même que le Noda BiYehouda écartait au seif א׳ pour la cuiller, et que le Pit’hei Techouva ס״ק א tient pour צריך עיון. Le Mehaber, lui, mesure contre l’endroit, puisque nous ne disons pas « chaud en partie, chaud en tout ».

Une kelipa à cause du gras (Taz ס״ק י״ג) : même un couteau qui n’est pas ben yomo — permis de droit puisque son goût gâte — le Tour exige d’en peler un peu la viande, au nom du Rabbenou Pérets. Le Taz donne la raison, tirée des Haggahot Semak : משום שמנונית שעל הסכין שסתם סכין יש עליו שמנונית (ט״ז יו״ד צ״ד ס״ק י״ג).

Il y a donc ici deux dinim distincts : ce qui est absorbé, qui est gâté, et le gras réel, qui ne se gâte pas en restant. Le Taz développe longuement la kouchia et conclut, contre le Ba’h, que s’il n’y a pas soixante contre le gras du couteau tout est interdit, והמיקל בזה אינו אלא מן המתמיהים (ט״ז יו״ד צ״ד ס״ק י״ג).

Keli chelichi et yad soledet (Pit’hei Techouva ס״ק ז au nom du ’Hatam Sofer סי׳ צ״ה) : le ’Hatam Sofer écrit que l’usage est d’être strict dans tous les ustensiles :
« דאנו רגילים להחמיר בכל הכלים אפילו כלי שלישי כ״ז שהיד סולדת בו » (פתחי תשובה יו״ד צ״ד ס״ק ז)

— sauf en cas de perte importante, où il permet d’alléger après avoir fait tout ce qui est possible. Mais le Pit’hei Techouva ajoute aussitôt sa propre réserve : המורים שלנו אין נוהגים כן (פתחי תשובה יו״ד צ״ד ס״ק ז), et renvoie au Taz et au Chakh du siman ק״ה. Il met encore en doute le kal va’homer du ’Hatam Sofer vers les autres interdits.

9. Fromage et kelipa · miel et noten taam bar noten taam

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seifim ח'–ט')

« אם נפל לתנור פנאד״ש גבינה אפי׳ לחה וכן גבינה חמה בקערת בשר בת יומא אינו אוסר אלא כדי קליפה » (שו״ע יו״ד צ״ד:ח)
« בשלו דבש במחבת של בשר בת יומא והריקוהו חם בקערה של חלב בת יומא מותר משום דהוי נותן טעם בר נותן טעם דהיתירא » (שו״ע יו״ד צ״ד:ט)

Traduction : (ח) s’il est tombé du fromage, même humide, dans un four à פנאד״ש, et de même du fromage chaud dans une écuelle de viande bat yoma — cela n’interdit qu’une kelipa. (ט) s’ils ont cuit du miel dans une poêle de viande bat yoma et l’ont versé chaud dans une écuelle de lait bat yoma — c’est permis, car c’est un noten taam bar noten taam de permis (opinion propre du Mehaber).

Le yessod — une kelipa pour le fromage, un noten taam bar noten taam pour le miel :
• Du fromage dans un four à פנאד״ש, ou dans une écuelle de viande → אינו אוסר אלא כדי קליפה (שו״ע יו״ד צ״ד:ח) : il n’y a pas de sauce pour conduire le goût partout, mais un contact partiel — ôter la kelipa suffit.
• Du miel d’une poêle carnée à une écuelle lactée → מותר משום דהוי נותן טעם בר נותן טעם דהיתירא (שו״ע יו״ד צ״ד:ט) : le goût de la viande est passé de la poêle au miel, et du miel à l’écuelle lactée ; chacun est permis, et le miel ne devient pas bassar be’halav.
La racine de la permission du miel — deux chemins (Taz ס״ק י״ז) :
PositionPourquoi le miel est permisSource
Le Mordekhaï Parce que c’est un goût qui gâte — le gras dans le miel gâte Taz ס״ק י״ז au nom du Mordekhaï
Le Beit Yossef Parce que c’est un noten taam bar noten taam Taz ס״ק י״ז ; Beit Yossef
Nafka mina — s’il reste de la viande en nature (Taz ס״ק י״ז ; voir siman צ״ה) : la différence entre les deux chemins apparaît lorsqu’il reste de la viande en nature dans le miel ou dans la poêle :
« דאפילו היה בשר בעין במחבת שבשלו הדבש דאז הוה אסור ולא הוה נ״ט בר נ״ט » (ט״ז יו״ד צ״ד ס״ק י״ז)

Pour le chemin du noten taam bar noten taam ce serait alors interdit — comme au siman צ״ה, pour l’œuf cuit avec de la viande ; pour le chemin du Mordekhaï, ce serait encore permis, puisque le gras gâte. Et le Taz conclut en reprochant au Mehaber son omission : לא היה לו לש״ע להשמיט טעמו של המרדכי בזה (ט״ז יו״ד צ״ד ס״ק י״ז). Et pour la pratique — demande à ton Rav.

10. Hakira et nafka mina pour la pratique

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La hakira d’ensemble du siman : contre quoi mesure-t-on les soixante, et quand ce qui est absorbé cesse-t-il de rendre interdit ?
Nafka mina pour la pratique (selon la ligne qui se dégage de l’appareil cité ci-dessus) :
  1. On mesure contre ce qui a été plongé ; dans le doute, jusqu’au haut de la cuiller ; et lorsqu’on sait, contre ce que l’on sait (Chakh ס״ק א ; voir siman צ״ח ס״ה).
  2. On ne dit pas « chaud en partie, chaud en tout » pour le rejet — donc contre ce qui a été plongé seulement, même pour une cuiller de métal (Rama ס״א).
  3. Il a plongé deux fois sans l’avoir su entre-temps — une seule fois soixante suffit (Rama ס״ב, au nom du Teroumat haDéchen קפ״ג).
  4. Pas de soixante → interdit à la jouissance, la marmite avec lui ; et malgré cela, fruits et choses froides sont permis, et le ’Hatam Sofer permet de la vendre à un non-juif (Pit’hei Techouva ס״ק ו).
  5. Noten taam bar noten taam de permis — permis bediavad, et interdit lekhathila à cause de l’usage (Taz ס״ק ו).
  6. Couteau : ben yomo, keli richon, pas de soixante → tout est interdit et le couteau requiert une hag‘ala ; pas ben yomo → une kelipa à cause du gras ; keli cheni → kelipa et neïtsa (Mehaber et Rama ס״ז).
Et pour la pratique — demande à ton Rav.

11. Tableaux de synthèse

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Tableau — les états de la cuiller et du couteau, et leur din

La situation Le résultat Source dans le corpus
Cuiller bat yoma, il y a soixante Mets permis ; la cuiller interdite (imprégnée de bassar be’halav) Mehaber ס״ג ; Chakh ס״ק א
Cuiller bat yoma, pas de soixante Tout interdit à la jouissance, la marmite avec ; fruits et froid permis Mehaber ס״ג
Cuiller qui n’est pas bat yoma Mets permis ; la cuiller interdite lekhathila, bediavad elle n’interdit pas Mehaber ס״ד
Plongée deux fois, sans l’avoir su Une seule fois soixante suffit Rama ס״ב ; Teroumat haDéchen קפ״ג
Marmite neuve, deux cuillers (noten taam bar noten taam) Interdit lekhathila pour la viande et le lait ; permis bediavad Mehaber et Rama ס״ה ; Taz ס״ק ו
Légumes imprégnés de viande dans une marmite lactée Soixante contre la viande absorbée seulement ; pas de ’hatikha na‘assit nevela Mehaber et Rama ס״ו
Couteau ben yomo, keli richon, pas de soixante Tout le morceau interdit ; le couteau requiert une hag‘ala Mehaber et Rama ס״ז ; Taz ס״ק י״ב
Couteau en keli cheni, ou qui n’est pas ben yomo Kelipa pour la viande et neïtsa pour le couteau ; kelipa pour le gras Rama ס״ז ; Taz ס״ק י״ג
Miel d’une poêle carnée vers une écuelle lactée Permis — noten taam bar noten taam de permis Mehaber ס״ט ; Taz ס״ק י״ז

Tableau — les ma’hlokot centrales du siman

Sujet Première position Seconde position
Cuiller de métal — contre quoi mesure-t-on Stam du Mehaber — contre ce qui a été plongé Yech mi cheomer — contre toute la cuiller (chaud en partie, chaud en tout)
Il a plongé deux fois Mehaber — deux fois soixante Teroumat haDéchen et Rama — une seule fois suffit
Jusqu’où porte « chaud en partie, chaud en tout » Beit Hillel et Magen Avraham — pour absorber, non pour rejeter Chakh ס״ק ג — pas même pour absorber
Donner le mets interdit à un chien Taz — interdit Mekor ’Haïm et Biour haGra — permis, seul le ’hamets à Pessa’h fait exception
Couteau — la mesure des soixante Tour au nom du Rabbenou Pérets, et Maharchal — contre tout le couteau Mehaber — contre l’endroit de la coupe
La permission du miel (ס״ט) Mordekhaï — un goût qui gâte Beit Yossef — un noten taam bar noten taam

Tableau — les sources de la sougya

Guemara : ’Houlin ק״ח.–ק״ט. (taam ke‘ikar, annulation dans soixante, noten taam bar noten taam) · Avoda Zara ע״ו. (ustensile ben yomo et non ben yomo, neïtsa du couteau dans le sol) · Pessa’him ע״ו. (’ham miktsato, keli richon et keli cheni, tataa gavar)
Richonim : Rachi · Rambam · Roch · Rachba (Torat haBayit) · Ran · Mordekhaï · Rabbenou Pérets · Semak · Tour · Beit Yossef · Issour veHeter haAroukh · Haggahot Maïmoniot · Chaarei Doura
Aharonim : Rama · Chakh · Taz · Ba’h · Beit Hillel · Peri Megadim · Magen Avraham (Ora’h ’Haïm סי׳ תנ״א) · Pit’hei Techouva · Teroumat haDéchen (סי׳ קפ״ג) · Maharchal (Yam chel Chelomo) · ’Havot Yaïr (סי׳ ק״א) · Noda BiYehouda (tinyana, Yoré Déa ט״ז) · ’Hatam Sofer (סי׳ פ״ב, צ״ה, צ״ח) · Mekor ’Haïm · Biour haGra · Solet laMin’ha · Panim Meïrot · Radbaz

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DAAT · Rav Yossef Haïm Samama
Talmid ’hakham · maggid chiour en halakha et en ’hassidout
Pilpoul et étude sur la cuiller lactée plongée dans une marmite carnée · סימן צ״ד · ⚡ Niveau 2 — Lamdan
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⚠️ Ce contenu est écrit pour l’étude et l’examen seulement. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה) — demande à ton Rav.

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