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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Choulhan Aroukh · Yoré Déa — Siman 95

Poissons et œuf cuits dans une marmite de viande — étude et pilpoul
סימן צ״ה
נותן טעם בר נותן טעם דהיתרא, מחלוקת המחבר והרמ״א, דבר חריף, הדחת כלים
עיון, פלפול, שיטות הראשונים והאחרונים
⚡ Pour lamdanim et talmidei hakhamim ⚡
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Pilpoul et étude approfondie

Sougyot, sources, la hakira de fond, ma'hlokot des Richonim et des A'haronim,
nafka minot pour la halakha et examen des chitot

Le sujet :
Choulhan Aroukh Yoré Déa siman 95 (sept seifim)
avec ses nossei kelim : Chakh (Siftei Kohen), Taz (Tourei Zahav), Peri Megadim, Pit'hei Techouva

Le fondement de la sougya dans le Chas :
‘Houlin 111b–112a (les poissons montés dans l'écuelle, נותן טעם בר נותן טעם) · ‘Houlin 97b–98a (טעם כעיקר, l'annulation dans soixante) · Avoda Zara 38b–39a (le kutach, נ״ט בר נ״ט)

Rédaction et étude :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. Introduction de la sougya — les poissons cuits dans une marmite de viande, et le fondement du נ״ט בר נ״ט דהיתרא (seif 1)
  2. Le fondement du נ״ט בר נ״ט דהיתרא — le ‘hidouch du Taz (ס״ק א), le goût affaibli, et la ligne de partage entre permis et interdit
  3. La hakira du récipient et de l'aliment — נ״ט בר נ״ט dans l'ustensile ou dans l'aliment, et combien de נ״ט dans la cuisson et dans le rôtissage (פת״ש ס״ק א–ב)
  4. L'œuf et la ma'hloket du Mehaber et du Rama — עלו face à נתבשלו, יש מחמירין pour le rôtissage et la cuisson (seif 2)
  5. Le דבר חריף — il défait le נ״ט בר נ״ט, רובו ככולו, et l'objection du Makom Chmouel (פת״ש ס״ק ד)
  6. Le lavage de la vaisselle — בני יומן en kli richon, présomption de graisse, irouï et kli chéni (seif 3)
  7. La cendre et le נותן טעם לפגם — et le lavage de la vaisselle par un goût gâté (seif 4)
  8. Voisinage et contiguïté · la salaison — le kutach auprès du sel et du vinaigre, la jarre de viande auprès de celle de lait, et le sel (seifim 5–7)
  9. Hakira et nafka mina pour la pratique
  10. Tableaux de synthèse

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif א'

↩ Explication détaillée (niveau 1)

דגים וביצה שנתבשלו בקדירה של בשר אם מותר לאכלן עם גבינה. ובו ז׳ סעיפים: דגים שנתבשלו או שנצלו בקדירה של בשר רחוצה יפה שאין שום שומן דבוק בה מותר לאכלם בכותח משום דהוי נותן טעם בר נותן טעם דהיתירא ואם לא היתה רחוצה יפה אם יש בממש שעל פי הקדירה יותר מאחד בששים בדגים אסור לאכלם בכותח:

Le chapeau du siman est recopié avec le seif, tel que la source le donne.

1. Introduction de la sougya — les poissons cuits dans une marmite de viande

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le fondement — נותן טעם בר נותן טעם דהיתרא

Le fondement du siman : des poissons cuits ou rôtis dans une marmite de viande bien lavée, où nulle graisse n'adhère, peuvent être mangés même avec du kutach (un mets lacté), parce qu'on a là un נותן טעם בר נותן טעם דהיתירא (שו״ע יו״ד צ״ה:א). En voici l'explication : le goût de la viande entre d'abord dans la marmite (premier don de goût), et de la marmite dans les poissons (second don de goût) ; et dans tout ce trajet rien d'interdit ne s'est mêlé, mais seulement un goût permis — car c'est de la viande cachère, et il n'y a d'interdit qu'au moment où elle se joindra effectivement au lait. Tant que la viande ne s'est pas jointe réellement au lait, mais que son goût est resté affaibli dans les poissons, il n'y a là qu'un goût de permis, et c'est permis.
La condition de propreté — « bien lavée » : tout le permis du נ״ט בר נ״ט n'est dit que lorsque la marmite est bien lavée et que nulle graisse n'y adhère ; car s'il reste de la graisse en substance sur la marmite, il n'y a plus un simple goût affaibli mais de la viande en substance, et les poissons ont absorbé le corps même de la viande.
« רחוצה יפה שאין שום שומן דבוק בה » (שו״ע יו״ד צ״ה:א)
« אם יש בממש שעל פי הקדירה יותר מאחד בששים בדגים » (שו״ע יו״ד צ״ה:א)

Le Choulhan Aroukh chiffre lui-même ce seuil : dès que la substance qui est à la surface de la marmite dépasse un soixantième par rapport aux poissons, elle ne s'annule pas, et il est interdit de les manger avec du kutach.

La présomption de graisse (Chakh ס״ק א) : le Chakh écarte d'emblée une lecture trop lourde des mots « bien lavée ». Il ne faut pas comprendre que toute marmite où l'on a cuit serait présumée porter de la graisse adhérente : c'est l'inverse.
« אבל כשנתבשלה בקדרה אמרינן מסתמא דלא היה שומן דבוק בהן » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק א)
« דדוקא גבי הדח׳ אמרינן מסתמא שומן דבוק בהן דהא השתא הוא דמדיחן » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק א)

Voilà une distinction de fond entre le seif א' — où l'on présume la propreté — et le seif ג' du lavage de la vaisselle, où l'on présume au contraire la graisse, parce qu'on est précisément en train de laver. Le Chakh ajoute que les mots « bien lavée » du Mehaber ne servent qu'à exclure le cas où l'on sait avec certitude qu'elle ne l'était pas.

2. Le fondement du נ״ט בר נ״ט דהיתרא — le ‘hidouch du Taz

↩ Explication détaillée (niveau 1)

C'est le fondement de tout le siman, et le Taz y met tout son poids dès son premier ס״ק.

La hakira — pourquoi le נ״ט בר נ״ט d'un permis est permis, et celui d'un interdit reste interdit : à première vue, si le goût de la viande passe dans les poissons, pourquoi seraient-ils permis avec du kutach ? Le goût vaut comme la substance ; or il y a du goût de viande dans les poissons, et ensuite dans le kutach : voilà de la viande dans du lait ! Et à l'inverse — pourquoi, pour un interdit (le goût d'une nevela, par exemple), le passage par deux ou trois relais ne rend-il pas la chose permise ?
La réponse du Taz (ס״ק א) — un goût affaibli qui fut permis : le Taz pose deux choses, et elles se tiennent ensemble.
« דתחילה אין ממשות של בשר רק טעם » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק א)
« ועדיין כולו היתר וטעם קלוש כזה אין בו איסור » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק א)
« ובאיסור אפילו כמה פעמים נ״ט בר נ״ט אסור הכל » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק א)

Lisons-les dans l'ordre. D'abord, il n'y a dès le départ aucune substance de viande, rien qu'un goût : la viande a donné son goût à l'écuelle, et l'écuelle aux poissons. Ensuite, tout est demeuré permis le long du trajet, et un goût affaibli de cette sorte ne porte pas d'interdit. Enfin, la contre-épreuve : dans un interdit, même plusieurs נ״ט בר נ״ט successifs ne délivrent rien, et le tout reste interdit. Le nombre de relais n'est donc pas, à lui seul, ce qui permet ; il ne permet que parce qu'aucun interdit n'a jamais été en cause.

Le נ״ט בר נ״ט selon ce qu'on en fait — deux cas qu'il ne faut pas confondre :
CasLe dinSource
Les manger dans les ustensiles de leur propre espèce Des poissons montés dans une écuelle de viande : les donner dans un ustensile de viande est permis lekhathila רמ״א יו״ד צ״ה:ב ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ה
Les manger avec l'espèce opposée Les manger avec du kutach ou du lait — c'est là que joue le permis du נ״ט בר נ״ט, et c'est là que le Mehaber et le Rama divergent שו״ע יו״ד צ״ה:א–ב ; רמ״א יו״ד צ״ה:ב
« אבל ליתנן בכלי שלהם מותר לכתחלה » (רמ״א יו״ד צ״ה:ב)
« דבזה אנו סומכים על המתירין גם בבישול וצלייה נ״ט בר נ״ט » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ה)

Le Taz explique ce second point sans détour : si l'on permet de les verser dans les ustensiles de leur propre espèce, c'est qu'on s'appuie là sur ceux qui permettent le נ״ט בר נ״ט même après cuisson et rôtissage.

La racine de l'affaire : tout le permis tient à ce que le goût est affaibli et qu'il fut permis. De là se déduisent tous les détails du siman : partout où le goût se renforce — graisse adhérente, דבר חריף, kli richon au lavage — le permis tombe, et l'on revient au principe selon lequel tout ce qui porte un goût de viande est interdit avec le lait à moins de soixante. De là aussi se comprend pourquoi עלו est plus léger que נתבשלו, et pourquoi la cuisson est plus légère que le rôtissage — autant de degrés dans l'affaiblissement du goût.

3. La hakira du récipient et de l'aliment — et combien de נ״ט sont nécessaires

↩ Explication détaillée (niveau 1)
Hakira — le נ״ט בר נ״ט vaut-il dans l'ustensile seulement, ou aussi dans l'aliment (Pit'hei Techouva ס״ק א) ? Il y a lieu de chercher : la règle du נ״ט בר נ״ט est-elle dite proprement d'un ustensile — un goût absorbé dans la paroi et qui passe de là dans l'aliment — ou vaut-elle aussi d'un aliment lui-même, le goût de viande qui est dans les poissons et qui passe dans le kutach ? Le Pit'hei Techouva rapporte que les avis divergent, et il faut lire avec soin qui dit quoi.
« שכתב בשם שערי דורא » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק א)
« דאין נ״ט בר נ״ט אלא בכלי אבל לא באוכל » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק א)

Ainsi le Peri Megadim, au nom des Chaarei Doura, tient qu'il n'y a de נ״ט בר נ״ט que dans un ustensile, et non dans un aliment. C'est le Pnei Arié qui conteste : il montre longuement que la leçon des Chaarei Doura citée par le Peri Megadim est une leçon corrompue, et il pose l'inverse.

« ובאמת הדין דבאוכל נמי אמרינן נ״ט בר נ״ט וק״ו הוא מכלי » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק א)

Pour le Pnei Arié, donc, l'aliment aussi relève du נ״ט בר נ״ט, et c'est un kal va‘homer depuis l'ustensile. Mais — et c'est ici que la lecture demande de l'attention — le Pnei Arié lui-même pose une limite qui va en sens rigoureux.

« שלא התירו נ״ט בר נ״ט אלא בכלי או בחתיכה שבלעה בשר או חלב שהבלוע נאחז ונדבק בו » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק א)
« אבל ברוטב דלא שייך בו בליעה כלל אלא תערובת אין כאן נ״ט בר נ״ט » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק א)

Autrement dit : il n'a étendu le נ״ט בר נ״ט qu'à un morceau qui a absorbé de la viande ou du lait, où l'absorbé est retenu et adhère ; dans une sauce, où il n'y a pas d'absorption mais un simple mélange, il n'y a pas de נ״ט בר נ״ט du tout. Le Pit'hei Techouva, pour sa part, permet le cas qu'il examine — mais par un autre chemin, celui du calcul proportionnel du Taz au siman 92, et non par le נ״ט בר נ״ט. La question reste donc ouverte, et nous ne la tranchons pas.

Combien de נ״ט faut-il — cuisson et rôtissage (Pit'hei Techouva ס״ק ב au nom du Chakh) :
ModeNombre de relais du goûtLe din
Cuisson (par l'eau / le bouillon) Trois נ״ט — viande → marmite → eau → poissons Plus léger, et l'on permet bedieved
Rôtissage (sans eau) Deux נ״ט seulement — viande → ustensile → poissons Plus lourd, et le Chakh l'interdit
« ודוקא נתבשלו שיש ג׳ נ״ט שעיקר הטעם הולך באמצעית המים אבל נצלו אסור ש״ך » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ב)
Ce que le Pit'hei Techouva ajoute, et qu'il ne faut pas confondre : la distinction du Chakh porte sur les poissons eux-mêmes. Mais le Peri Megadim et le ‘Hamoudei Daniel en tirent une conséquence que le Chakh n'avait pas écrite — et qui vise la sauce, même dans une cuisson.
« ולפ״ז גם בנתבשלו אף דהדגים מותרים מ״מ הרוטב אסור דהוי כמו נצלו » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ב)

La sauce n'a pas eu l'eau pour intermédiaire à son égard : elle est comme un rôti, et elle est interdite alors même que les poissons sont permis. Le ‘Hamoudei Daniel pose ensuite une distinction qui allège, et une autre qui alourdit.

« אבל אם צלה דגים בקדרה שבישל בו בשר מותר כיון שטעם בשר נבלע בכלי ע״י בישול חשיב מעיקרא כמו ג׳ נ״ט » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ב)
« ואם חתך דגים רותחים בסכין שחתך בשר הוי כנצלו דדוחקא ורותח מבשל » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ב)

Ce qui allège : rôtir des poissons dans une marmite où l'on a cuit de la viande est permis, car le goût de la viande y est entré par cuisson et compte dès l'origine comme trois נ״ט — à la différence d'une broche ou d'un ustensile où l'on a rôti la viande elle-même. Ce qui alourdit : couper des poissons brûlants avec un couteau qui a coupé de la viande vaut comme un rôtissage, parce que la pression jointe à la chaleur cuit. Ce second point n'est pas reçu sans contestation.

« שחולק עליו וכתב דאין לחוש לו גם הפמ״ג בסי׳ צ״ז במשבצות אות ג׳ הניח דין זה בצ״ע » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ב)

Le Peri Tevoua le conteste et tient qu'il n'y a pas lieu de s'en soucier ; et le Peri Megadim, au siman 97, laisse ce din בצ״ע. Nous le rapportons tel quel, et nous ne tranchons pas.

4. L'œuf et la ma'hloket du Mehaber et du Rama

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Ici se tient la ma'hloket principale entre l'enseignement du Mehaber pour les Sefardim et celui du Rama pour les Achkenazim.

Le texte du Mehaber et du Rama (seif ב')

ביצה שנתבשלה במים בקדירה חולבת מותר לתת אותה בתוך התרנגולת אפילו לכתחלה אבל אם נתבשלה בקדרה עם בשר ואפילו בקליפה אסור לאכלה בכותח: הגה ויש מחמירים בצלייה ובישול לאסור נותן טעם בר נותן טעם (ריב״ן בשם רש״י ובארוך כלל ל״ד הביא המרדכי וא״ז) והמנהג לאסור לכתחילה ובדיעבד מותר בכל ענין (ארוך) ודוקא לאכול עם חלב והבשר עצמו אבל ליתנן בכלי שלהם מותר לכתחלה (באיסור והיתר הארוך) וכן נהגו וכן אם לא נתבשלו או נצלו תחילה רק עלו בכלי של בשר מותר לאכלן עם חלב עצמו וכן להפך (סברת עצמו) וכן אם היה הכלי שנתבשלו או נצלו בו לפגם שלא היה בן יומו נוהגין היתר לכתחילה לאכלן עם המין השני (שם בארוך) וכל זה כשהמאכל אינו דבר חריף אבל אם היה דבר חריף כגון שבשלו דברים חריפים בכלי של בשר אפי׳ אינו בן יומו או שדכו תבלין במדוך של בשר אם אכלו בחלב אוסר אפילו בדיעבד עד דאיכא ס׳ נגד הבשר הבלוע בהם (בארוך כלל כ״ד וכן משמע בתשובת הרשב״א סי׳ תמ״ט וב״י סי׳ צ״ו בשם סה״ת והגהו׳ ש״ד סי׳ ס״ב בשם מהר״ש ואגור בשם מרדכי) ומכל מקום לא מקרא מאכל דבר חריף משום מעט תבלין שבו רק אם כולו הוא דבר חריף ורובו ככולו וע״ל סימן צ״ו:

Le fondement — עלו face à נתבשלו et נצלו :
Trois degrés dans la force du passage du goût, et c'est sur le degré moyen que le Mehaber et le Rama se séparent.

• עלו — un mets chaud simplement posé dans l'ustensile de l'autre espèce, sans cuisson ni rôtissage : affaiblissement complet, permis même lekhathila à manger avec l'espèce opposée.
• נתבשלו / נצלו — un נ״ט בר נ״ט plein : permis même lekhathila pour le Mehaber ; pour le Rama, il y a qui interdisent lekhathila et permettent bedieved.
• De la viande elle-même, fût-ce l'épaisseur d'une pelure : il n'y a plus là de נ״ט בר נ״ט mais un goût de viande en propre, et c'est interdit avec du kutach.
« וכן אם לא נתבשלו או נצלו תחילה רק עלו בכלי של בשר מותר לאכלן עם חלב עצמו וכן להפך » (רמ״א יו״ד צ״ה:ב)
« דבזה הוה כמו ממש של בשר בדגים ולא התירו נ״ט בר נ״ט אלא עלו לחוד » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ג)

Le Taz explique le camp des rigoureux par cette même échelle : dans la cuisson et le rôtissage, le goût est devenu comme de la substance de viande dans les poissons, et ils n'ont permis le נ״ט בר נ״ט que pour le seul cas de עלו. Et le Chakh précise ce que ce mot recouvre exactement.

« פי׳ שאחד מהן הכלי או הדגים חמים » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק ו)
« אבל אם שניהם חמים הביא הב״י בשם מ״כ דה״ל כנצלו » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק ו)

עלו suppose donc que l'un des deux seulement soit chaud — l'ustensile ou les poissons. Si les deux le sont, le Beit Yossef rapporte que cela vaut comme un rôtissage, et l'allègement tombe.

La racine de la ma'hloket :
Chitaנ״ט בר נ״ט pour les manger avec l'espèce opposéeSource
Le Mehaber (Sefarad) Permis même lekhathila — נ״ט בר נ״ט d'un permis, et même pour les manger avec le kutach שו״ע יו״ד צ״ה:א–ב
Le Rama (Achkenaz) Il y a qui interdisent pour le rôtissage et la cuisson — interdit lekhathila, permis bedieved (et pour עלו ou un ustensile gâté, on allège même lekhathila) רמ״א יו״ד צ״ה:ב (ריב״ן בשם רש״י ובארוך כלל ל״ד הביא המרדכי וא״ז)
« ויש מחמירים בצלייה ובישול לאסור נותן טעם בר נותן טעם » (רמ״א יו״ד צ״ה:ב)
« והמנהג לאסור לכתחילה ובדיעבד מותר בכל ענין » (רמ״א יו״ד צ״ה:ב)
La décision du Rama et ses détails : même pour le Rama qui alourdit, la rigueur ne porte que sur le lekhathila, et plusieurs situations restent permises même lekhathila : (a) les donner dans les ustensiles de leur propre espèce — ce n'est pas « avec l'espèce opposée » ; (b) עלו, sans cuisson ni rôtissage — permis à manger avec le lait lui-même, et réciproquement ; (c) un ustensile gâté, qui n'est pas ben yomo — l'usage permet lekhathila de les manger avec l'espèce opposée, puisqu'il y a à la fois נ״ט בר נ״ט et goût gâté. La rigueur du Rama se resserre donc sur un cas précis : cuisson ou rôtissage, dans un ustensile ben yomo, pour les manger effectivement avec l'espèce opposée, et lekhathila.
« וכן אם היה הכלי שנתבשלו או נצלו בו לפגם שלא היה בן יומו נוהגין היתר לכתחילה לאכלן עם המין השני » (רמ״א יו״ד צ״ה:ב)
Deux précisions que l'appareil ajoute, et qui resserrent le permis : le Chakh marque d'abord que le permis du Mehaber lui-même ne va pas jusqu'à autoriser qu'on provoque la chose exprès.
« אבל לבשלן לכתחלה בקדרה של בשר כדי לאכלן בכותח אסור אפי׳ להמחבר וסייעתו » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק ג)
« אבל אסור לכתחילה להעלותם בכלי בשר כדי לאכול אח״כ בכותח » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ד)

Cuire des poissons lekhathila dans une marmite de viande afin de les manger ensuite avec du kutach est interdit même pour le Mehaber et ceux qui le suivent ; et le Taz dit la même chose pour עלו — on ne les pose pas exprès dans un ustensile de viande afin de les manger ensuite avec du kutach, quand bien même le résultat serait permis. Ensuite, le Chakh rapporte une rigueur plus grande encore chez le Maharchal.

« ומהרש״ל באו״ש ובספרו פכ״ה סימן ס״ג אוסר אפי׳ בדיעבד בנצלו מדינא » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק ד)
« משמע דבלא בישלו אלא עלו לחוד מותר אפילו לכתחילה » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ד)

Le Maharchal interdit, de plein droit, même bedieved lorsqu'il y a eu rôtissage ; le Taz, lui, lit dans les mots mêmes du Rama que pour le seul עלו, sans cuisson, c'est permis même lekhathila — et le Rama l'écrira ensuite explicitement.

5. Le דבר חריף — il défait le נ״ט בר נ״ט

↩ Explication détaillée (niveau 1)
Le fondement — pourquoi un דבר חריף défait le permis :
Tout le permis du נ״ט בר נ״ט tient à ce que le goût est affaibli. Or un דבר חריף — une chose piquante et mordante — porte en lui de quoi renverser cet affaiblissement. Le Chakh en donne la raison en une phrase, et c'est elle qu'il faut retenir plutôt qu'une formule approchante.
« דחורפי׳ דתבלין משוי ליה כאלו האיסור בעין ומשוי ליה בן יומו » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק ז)

Le mordant de l'épice rend l'interdit comme s'il était en substance, et il rend l'ustensile comme s'il était ben yomo. Ce n'est donc pas seulement que le goût « se renforce » : c'est que deux des conditions du permis tombent d'un coup — l'affaiblissement et la péremption. Le Choulhan Aroukh en tire la conséquence.

« אבל אם היה דבר חריף כגון שבשלו דברים חריפים בכלי של בשר אפי׳ אינו בן יומו » (רמ״א יו״ד צ״ה:ב)
« אם אכלו בחלב אוסר אפילו בדיעבד עד דאיכא ס׳ נגד הבשר הבלוע בהם » (רמ״א יו״ד צ״ה:ב)

Une chose piquante cuite dans un ustensile de viande — même non ben yomo — ou des épices pilées dans un mortier de viande : si on les a mangées avec du lait, cela interdit même bedieved, jusqu'à ce qu'il y ait soixante contre la viande absorbée en elles.

רובו ככולו — quand une chose est-elle « piquante » : le Rama ferme lui-même la porte à une extension sans mesure.
« ומכל מקום לא מקרא מאכל דבר חריף משום מעט תבלין שבו רק אם כולו הוא דבר חריף ורובו ככולו » (רמ״א יו״ד צ״ה:ב)

Un mets ne devient pas « piquant » à cause du peu d'épices qui s'y trouve : il faut que le mets lui-même le soit, en tout ou en sa plus grande part. C'est une condition restrictive — sans quoi toute marmite contenant un peu de poivre ou de sel deviendrait interdite. (Voir le siman 96 pour tous les détails du דבר חריף, le mortier et l'oignon.) Note de recopie : l'édition suivie porte ici לא מקרא là où la lecture attendue est לא מיקרי ; nous recopions la source telle qu'elle est et ne la restaurons pas.

L'objection du Makom Chmouel (Pit'hei Techouva ס״ק ד) :
ChitaLe דבר חריף dans un נ״ט בר נ״טSource
Le Rama (et c'est l'usage établi) Le דבר חריף porte le goût comme une substance — interdit même bedieved רמ״א יו״ד צ״ה:ב
Le Makom Chmouel (qui conteste) Dans le mortier il n'y a que deux נ״ט ; mais dans une cuisson, où il y en a trois, même un דבר חריף serait permis פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ד
« רק משום דאין כאן רק ב׳ נ״ט » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ד)
« ולפ״ז בנתבשל דאיכא ג׳ נ״ט אפילו בדבר חריף מותר ולא כמו שמדמה הרמ״א דין בישול בדברים חריפים לדין תבלין שנדוכו » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ד)

L'argument du Makom Chmouel est exactement celui de la section 3 : ce qu'exige le Isour veHeter quand il réclame soixante contre toutes les épices ne vient pas de ce qu'un דבר חריף ne connaîtrait pas le נ״ט בר נ״ט, mais seulement de ce qu'il n'y a là que deux relais de goût — comme dans un rôtissage. Dès lors, dans une cuisson à trois relais, le Rama n'aurait pas dû assimiler le cas de la cuisson d'aliments piquants à celui des épices pilées au mortier.

Où le Makom Chmouel s'arrête lui-même : il ne tire pas de son objection une permission générale.
« ומסיק דבדבר חריף גמור אין לזוז מפסק הרמ״א מאחר שכן פשט המנהג » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ד)
« אבל במקום שיש להסתפק אי מקרי דבר חריף » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ד)

Pour un דבר חריף complet, il conclut qu'il n'y a pas à bouger de la décision du Rama, l'usage s'étant répandu ainsi ; sa permission ne vaut que là où il y a doute sur la qualification même de « piquant ». Et le Pit'hei Techouva ajoute que les A'haronim se divisent jusque sur le statut de ce principe — de la Torah ou des Sages — sans qu'il tranche. Nous rapportons, et nous ne tranchons pas.

6. Le lavage de la vaisselle — בני יומן, présomption de graisse et irouï

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et du Rama (seif ג')

קערות של בשר שהודחו ביורה חולבת בחמין שהיד סולדת בהן אפילו שניהם בני יומן מותר משום דהוה ליה נותן טעם בר נותן טעם דהתירא והוא שיאמר ברי לי שלא היה שום שומן דבוק בהן ואם היה שומן דבוק בהן צריך שיהא במים ס׳ כנגד ממשות שומן שעל פי הקערה: הגה ויש אוסרים אפילו אין שומן דבוק בהן (טור בשם סה״ת וסמ״ג וסמ״ק וש״ד והר״ף ותוס׳ ומרדכי ור״ן והגמ״יי ופסקי מהרא״י ואו״ה) אלא א״כ אחד מן הכלים אינן בני יומן מבליעת כלי ראשון ואז כל הכלים מותרים והמים נוהגין בהן איסור לכתחילה אבל אם שניהם בני יומן והדיח אותן ביחד בכלי ראשון הכל אסור והכי נוהגין ואין לשנות ודוקא שהודחו ביחד ובכלי ראשון אבל אם הודחו זה אחר זה או בכלי שני אפילו ביחד הכל שרי (בארוך כלל ל״ד) ואם עירה מכלי ראשון של בשר על כלי חלב דינו ככלי ראשון ואוסר אם היה בן יומו אבל אם עירה מים רותחים שאינן של בשר ולא של חלב על כלים של בשר ושל חלב ביחד ואפילו שומן דבוק בהם הכל שרי דאין עירוי ככלי ראשון ממש שיעשה שהכלים שמערה עליהם יבלעו זה מזה (שם) . ואם נמצא קערה חולבת בין כלי בשר לא חיישינן שמא הודחו ביחד בדרך שנאסרים (הגהות ש״ד ואו״ה):

Le fondement — pourquoi il y a qui interdisent au lavage (Taz ס״ק ח) :
À première vue, laver ensemble des écuelles de viande et de lait n'est qu'un נ״ט בר נ״ט d'un permis, et il faudrait permettre. Pourquoi donc y a-t-il qui interdisent ? Le Taz rapporte les deux raisons des Tossafot, puis celle du Ran, qui est la décisive.
« דשאני הכא שהקערות נוגעות במחבת ונפלט טעם מזה לזה » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ח)
« דהא כשהטעם הב׳ של בשר ושל חלב נכנס במים מיד נאסרו המים וחוזרים ואוסרין הקערות והמחבת » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ח)
« דמאן לימא לן שלא יתערבו פליטת הבשר ופליטת החלב בעצמן בלא אמצעית המים » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ח)

Première raison : les écuelles touchent la bassine, et le goût passe directement de l'une à l'autre — ce n'est déjà plus qu'un second goût, et il tombe dans de l'interdit. Seconde raison, et c'est elle que le Ran développe : dès que le second goût de viande et celui de lait entrent dans l'eau, l'eau devient interdite, et elle revient interdire les écuelles et la bassine. Le Ran pousse le trait : qui nous dit que la sécrétion de la viande et celle du lait ne se mêleront pas entre elles, sans même l'intermédiaire de l'eau ? Alors il n'y a plus de נ״ט בר נ״ט du tout, mais un interdit qui se fait à l'intérieur d'un seul ustensile.

« ברי לי » — et la présomption de graisse (Choulhan Aroukh seif ג' ; Chakh ס״ק א ; Taz ס״ק ז) : c'est au lavage, et là seulement, que le Mehaber pose une condition de certitude.
« והוא שיאמר ברי לי שלא היה שום שומן דבוק בהן » (שו״ע יו״ד צ״ה:ג)
« דדוקא גבי הדח׳ אמרינן מסתמא שומן דבוק בהן דהא השתא הוא דמדיחן » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק א)

Car pour des ustensiles gras dans lesquels on mange, on présume qu'il y a de la graisse adhérente — à l'inverse du seif א', où l'on présume la propreté — et la raison en est simple : c'est maintenant qu'on est en train de les laver. On objectera : comment peut-on seulement dire « j'en suis certain » ? Les Tossafot, le Roch et le Ran, au siman 97, tiennent avec Rabbenou Tam qu'un four ne se nettoie pas bien. Le Taz répond.

« די״ל דהתם קאי אתנור שאי אפשר לשלוט בו כ״כ בידים » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ז)
« מה שאין כן כאן בקערה וכן בקדירה שפיר שולטות בו הידים בקינוח רב » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ז)

Là-bas il s'agit d'un four, où la main ne peut pas atteindre partout pour le grand nettoyage qu'exige la terre cuite ; ici, dans une écuelle comme dans une marmite, les mains y règnent parfaitement. On peut donc dire d'elles « j'en suis certain », et la difficulté tombe.

Le détail du din — quand c'est permis et quand c'est interdit (pour le Rama) :
La situationLe dinSource
Les deux ben yomo, ensemble, en kli richon Tout est interdit — « et ainsi fait-on, et il n'y a pas à en changer » רמ״א יו״ד צ״ה:ג
L'un des deux n'est pas ben yomo Tous les ustensiles sont permis, et l'eau porte un interdit lekhathila רמ״א יו״ד צ״ה:ג ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ט ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י
L'un après l'autre (non ensemble) Tout est permis, même en kli richon רמ״א יו״ד צ״ה:ג ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״א
En kli chéni, même ensemble Tout est permis (et même sales — Taz ; le Maharchal conteste) רמ״א יו״ד צ״ה:ג ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ב
Irouï depuis un kli richon de viande sur un ustensile de lait Il a le statut d'un kli richon — il interdit, s'il est ben yomo רמ״א יו״ד צ״ה:ג ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ג
Irouï d'eau bouillante neutre sur les deux Même avec de la graisse adhérente — tout est permis רמ״א יו״ד צ״ה:ג
Une écuelle lactée trouvée parmi les ustensiles de viande On ne craint pas qu'elles aient été lavées ensemble d'une manière interdite רמ״א יו״ד צ״ה:ג
« והכי נוהגין ואין לשנות » (רמ״א יו״ד צ״ה:ג)
« אלא א״כ אחד מן הכלים אינן בני יומן מבליעת כלי ראשון ואז כל הכלים מותרים והמים נוהגין בהן איסור לכתחילה » (רמ״א יו״ד צ״ה:ג)
« אבל אם הודחו זה אחר זה או בכלי שני אפילו ביחד הכל שרי » (רמ״א יו״ד צ״ה:ג)
« ואם עירה מכלי ראשון של בשר על כלי חלב דינו ככלי ראשון ואוסר אם היה בן יומו » (רמ״א יו״ד צ״ה:ג)
« אבל אם עירה מים רותחים שאינן של בשר ולא של חלב על כלים של בשר ושל חלב ביחד ואפילו שומן דבוק בהם הכל שרי » (רמ״א יו״ד צ״ה:ג)
« ואם נמצא קערה חולבת בין כלי בשר לא חיישינן שמא הודחו ביחד בדרך שנאסרים » (רמ״א יו״ד צ״ה:ג)
Pourquoi un ustensile non ben yomo sauve tout le lavage (Taz ס״ק ט et ס״ק י) : le Taz démonte le cas pièce par pièce.
« אותו שהוא בן יומו מותר דהא פגם הוא מקבל ואותו שאינו בן יומו גם כן אינו נאסר מן אותו שהוא בן יומו דנותן טעם בר נותן טעם הוא » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ט)
« דהא בלעי עתה מפגם בשר בחלב ואין שייך דיעבד במים גרידא » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י)

Celui qui est ben yomo est permis, car ce qu'il reçoit est un goût gâté ; et celui qui n'est pas ben yomo n'est pas davantage interdit par celui qui l'est, car ce qu'il reçoit de lui est un נ״ט בר נ״ט, et il est encore permis. Voilà le ‘hidouch : un seul ustensile gâté sauve tout le lavage. Reste l'eau, et le Taz en donne la raison propre — elle a absorbé à l'instant même un goût gâté de viande dans du lait, et l'on ne parle pas de « bedieved » pour de l'eau seule, qui n'est pas un mets. Quant à l'irouï, le Taz le rattache à la même raison que l'interdit du lavage.

« דכיון שאנו אוסרים לעיל כיש אוסרים שהביא רמ״א סעיף זה מטעם דהוה כטעם בשר וחלב מעורבים יחד » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ג)
« אבל אם זה הכלי שמערה עליו אינו בן יומו לא נאסר » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ג)

Puisque l'on interdit ici parce que les deux goûts se mêlent dans un seul ustensile, on tient le jet qu'on verse comme s'il était encore dans l'ustensile d'où l'on verse — et il interdit donc celui sur lequel on verse, pourvu que celui-ci soit lui aussi ben yomo. Mais si l'ustensile sur lequel on verse n'est pas ben yomo, il n'est pas interdit.

Deux précisions de l'appareil qu'il ne faut pas omettre : le Mehaber écrit « même les deux ben yomo — permis ». Le Chakh borne aussitôt cette permission.
« היינו בדיעבד אבל לכתחלה אין להדיחן אפילו להמחבר » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק ט)
« פי׳ אפי׳ היה רק שומן דבוק באחד מהן הכל אסור » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק י)

C'est dit bedieved : lekhathila, on ne les lave pas ensemble, même selon le Mehaber. Et pour la graisse adhérente, le Chakh élargit dans l'autre sens — même si la graisse n'était que sur l'un des deux, tout est interdit. Le Chakh, enfin, laisse ouverte la question de l'irouï.

« ומ״מ לענין דינא צ״ע כיון דהרבה פוסקים » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק ה)
« נראה דאם עירה מכלי ראשון של בשר על כלי של חלב דשרי דהוו דיעבד » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק ה)

Il relève que le Rama permet de verser les mets dans les ustensiles de leur propre espèce, ce qui semble contredire ce qu'il écrit au seif ג' de l'irouï ; il tient pour son compte que verser depuis un kli richon de viande sur un ustensile de lait devrait être permis, parce que c'est un bedieved — mais il laisse le din בצ״ע. Nous le rapportons ainsi.

Le kli chéni sale — Taz et Maharchal (Taz ס״ק י״ב) : le Taz tient qu'en kli chéni tout est permis même si les ustensiles étaient sales, car un kli chéni ne fait pas absorber.
« פירוש אפילו אם היו מלוכלכות » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ב)
« דיש לחוש דהלכלוך יתמחה בתוך המים ויהיו נחשבים כגוף האיסור » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ב)
« אבל בכלי שני אין אוסר שיורי מאכל » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ב)

Le Maharchal conteste et alourdit lorsqu'il y a de la saleté, même en kli chéni : il craint que la saleté elle-même se dissolve dans l'eau et devienne comme le corps de l'interdit. Le Taz, après avoir pesé, tranche pour la pratique en partageant — dans l'irouï, il faut interdire les deux s'il y avait des restes de mets sur les deux ; mais en kli chéni, les restes de mets n'interdisent pas, puisque nous tenons qu'un kli chéni, même à température brûlante, ne fait ni absorber ni sécréter. Et en pratique — demandez à votre Rav.

7. La cendre et le נותן טעם לפגם

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber (seif ד')

יראה לי שאם נתנו אפר במים חמין שביורה קודם שהניחו הקדירות בתוכה אע״פ שהשומן דבוק בהן מותר דע״י האפר הוא נותן טעם לפגם:

Le fondement — la cendre et le goût gâté :
La cendre gâte le goût de la graisse qui sort dans l'eau ; et tout goût qui sort à travers une chose qui le gâte est un goût gâté, lequel n'interdit pas. Ainsi, même s'il y avait de la graisse adhérente aux écuelles, dès lors qu'elle est sortie dans une eau cendrée, elle est gâtée et n'interdit pas le reste de la vaisselle. Et c'est un ‘hidouch du Mehaber lui-même — il ouvre le seif par « il me semble », qui est chez lui la marque d'une décision propre, et non d'un enseignement reçu des Richonim.
« דע״י האפר הוא נותן טעם לפגם » (שו״ע יו״ד צ״ה:ד)
L'objection du Chakh (ס״ק כ״א) : le Chakh conteste ce din, et il faut dire exactement sur quoi porte son objection, car elle n'est pas celle qu'on croit.
« דין זה לא נמצא בשום פוסק ולא שום א׳ מהאחרונים הזכירוהו גם בב״י לא הזכירו » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק כ״א)
« ואדרבה משמע מדברי הפוסקים דאין שום תקנה להגעיל כלי בן יומו אם לא שיש במים ס׳ נגד הכלי » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק כ״א)

Son objection est double et tient en deux temps. D'abord, ce din ne se trouve chez aucun posek : aucun des A'haronim ne l'a mentionné, et le Beit Yossef lui-même ne l'a pas rapporté. Ensuite, et c'est le fond, les paroles des poskim impliquent l'inverse — il n'y a aucun remède pour cachériser un ustensile ben yomo si ce n'est qu'il y ait soixante dans l'eau contre l'ustensile. Le Chakh appuie cela sur les Tossafot et le Roch et conclut son ס״ק par וצ״ע. Le Pit'hei Techouva reprend le débat et propose une lecture qui sauve le Mehaber.

« עש״ך שהשיג על דין זה » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ו)
« דנראה שאין כוונת המחבר דאפר יכול לפגום את האיסור אלא כוונתו דוקא הכא בבשר בחלב מהני אפר להקליש טעם שלא יחול עליו אח״כ שם בב״ח » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ו)

Selon lui, l'intention du Mehaber n'est pas que la cendre puisse gâter l'interdit : c'est ici, et ici seulement, dans la viande et le lait, que la cendre sert à affaiblir le goût pour que le nom de « viande dans du lait » ne se pose pas sur lui ensuite — comme on le trouve au siman 87 pour la présure. Il note que plusieurs A'haronim ont objecté au Chakh, et il tient sa lecture pour la réponse. Nous rapportons les deux, et nous ne tranchons pas.

Le savon, et ce que le Taz en fait (Taz ס״ק ט״ו) : la question est posée dans le siman même, et le Taz ne la clôt pas.
« ולפי זה אין איסור אם נפל בורית שקורין זיי״ף העשוי מחלב לתוך תבשיל » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ט״ו)
« משמע דבודאי נפל אוסר הבורית והא בורית עשויה מאפר עם חלב ונותן טעם לפגם הוא וצ״ע למעשה » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ט״ו)

D'un côté, si le din de la cendre est reçu, il n'y aurait pas d'interdit quand un savon fait de graisse animale tombe dans un mets, puisque ce savon contient de la cendre. De l'autre, le Taz cite le Maharil, chez qui il ressort que si la chose est certaine, le savon interdit — alors même qu'il est fait de cendre et de graisse et qu'il est un goût gâté — et il conclut וצ״ע למעשה. Le din du savon n'est donc pas tranché ici, et il ne faut pas le présenter comme s'il l'était. Et en pratique — demandez à votre Rav.

8. Voisinage et contiguïté · la salaison

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le texte du Mehaber et du Rama (seifim ה'–ז')

אין מניחין כלי שיש בו כותח אצל כלי שיש בו מלח אבל מותר להניחו אצל כלי שיש בו חומץ: הגה ודוקא אם הכלים מגולים ואפי׳ הכי אם עבר ונתנן ביחד מותר ולא חיישינן שמא נפל אל המלח (הגהות ש״ד וארוך):

מותר ליתן בתוך תיבה כד של בשר אצל של חלב: הגה ויש מחמירין לכתחילה (הגהות אשיר״י בשם א״ז) וטוב ליזהר לכתחילה במקום שאינו צריך:

מלח הנתון בקערה של בשר מותר ליתנו בחלב: הגה והמחמיר גם בזה תבא עליו ברכה כי יש מחמירין לכתחילה (תוס׳ וסמ״ג ואו״ה):

Le fondement — le sel face au vinaigre :
La racine de la distinction du seif ה' n'est pas celle qu'on suppose spontanément. Ce que l'on craint n'est pas que du sel de viande se mêle au kutach : c'est l'inverse, et le Chakh comme le Taz le disent dans le même sens.
« הטעם דבמלח הכותח הנופל עליו הוי בעין ולא בטיל וחיישינן שמא ימלח בו בשר » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק כ״ב)
« דאם יפול שם כותח במלח נראה וניכר ולא בטיל ושמא לא ידע וימלח ממנו בשר » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ט״ז)

Si du kutach tombe dans le sel, il y demeure en substance, visible et reconnaissable, et il ne s'annule pas ; on craint alors qu'on l'ignore et qu'on sale ensuite de la viande avec ce sel-là. On ne pose donc pas un ustensile de kutach auprès d'un ustensile de sel. Mais dans le vinaigre, ce qui tombe ne subsiste pas en substance et s'annule dans soixante — et il est permis de l'en approcher. Voilà le sens de la contiguïté : ce qui s'annule et ce qui ne s'annule pas. Le Rama restreint encore : cela ne vaut que si les ustensiles sont découverts, et si l'on a passé outre et qu'on les a posés ensemble, c'est permis, car on ne craint pas qu'il soit tombé dans le sel.

« אין מניחין כלי שיש בו כותח אצל כלי שיש בו מלח אבל מותר להניחו אצל כלי שיש בו חומץ » (שו״ע יו״ד צ״ה:ה)
« מותר ליתן בתוך תיבה כד של בשר אצל של חלב » (שו״ע יו״ד צ״ה:ו)
« דבשר עם חלב זהירי אינשי שלא יפול מזה לזה » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ז)

Pour la jarre de viande auprès de celle de lait (seif ו'), le Taz donne la raison de la permission : de la viande et du lait, les gens se gardent, et il ne tombera pas de l'un dans l'autre. Le Rama y ajoute néanmoins qu'il y a qui alourdissent lekhathila, et qu'il est bon de s'en garder là où l'on n'en a pas besoin.

La salaison — le sel posé dans une écuelle de viande (seif ז') : ici il faut se garder d'une raison fausse. On pourrait croire que le sel est permis dans du lait parce qu'il y aurait là un נ״ט בר נ״ט ; le Chakh écarte expressément cette raison.
« אין הטעם משום דהוי נ״ט בר נ״ט דהא מלח דבר חריף הוא ומשוי ליה בעין » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק כ״ה)
« אלא הטעם דאין כח למלח להפליט טעם מכלי » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק כ״ה)

Le sel est lui-même un דבר חריף, et son mordant rend l'absorbé comme s'il était en substance — c'est précisément ce que le Rama a écrit au seif ב' et le Mehaber au siman 96. La raison véritable est tout autre : le sel n'a pas la force de faire sortir un goût de l'ustensile, comme il est dit au siman 105. Et le Chakh en tire une conséquence qu'il énonce lui-même : à ce compte, ce serait permis même dans une écuelle d'interdit.

« מלח הנתון בקערה של בשר מותר ליתנו בחלב » (שו״ע יו״ד צ״ה:ז)
« והמחמיר גם בזה תבא עליו ברכה כי יש מחמירין לכתחילה » (רמ״א יו״ד צ״ה:ז)

Le Rama conclut que celui qui alourdit même en cela, la bénédiction viendra sur lui, car il y a qui interdisent lekhathila. Mais le Taz conteste cette lecture avec vigueur.

« והוא תמוה מאד » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ח)
« אבל בזה המלח אין שום סברא לאסור אפי׳ לכתחלה » (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ח)

Pour le Taz, le Rama a rattaché la formule « celui qui alourdit, la bénédiction viendra sur lui » à la mauvaise clause des Tossafot : elle porte sur les moules à fromages des non-juifs, non sur le sel. Il juge cette lecture fort étonnante — car les Tossafot appuyaient sur un usage constant d'hommes savants, qu'on ne saurait ranger parmi ceux qui se privent de la bénédiction — et il conclut qu'en ce sel-là, il n'y a aucune raison d'interdire, même lekhathila. Le Maharchal, qu'il cite, permet de même ; et le Pit'hei Techouva rapporte encore une limitation.

« דמשמע דדוקא בכלי חרס ראוי להחמיר ולא בשאר כלים » (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ח)

Au nom du Radbaz : la rigueur ne conviendrait que pour des ustensiles de terre cuite, qui absorbent davantage, et non pour les autres. Nous rapportons la ma'hloket telle qu'elle est — le Rama recommande la rigueur, le Taz la juge sans fondement, le Pit'hei Techouva la borne — et nous ne tranchons pas.

Synthèse de la contiguïté (seifim ה'–ז') :
La situationLe dinLa glose du Rama
Kutach auprès du sel Interdit — de peur qu'il n'y tombe sans s'annuler Seulement si les ustensiles sont découverts ; s'il a passé outre — permis
Kutach auprès du vinaigre Permis — le vinaigre l'annule dans soixante —
Jarre de viande auprès d'une jarre de lait Permis — les gens s'en gardent Il y a qui alourdissent lekhathila, et il est bon de s'en garder sans nécessité
Sel posé dans une écuelle de viande, mis dans du lait Permis — le sel ne fait pas sortir de goût de l'ustensile (Chakh) Celui qui alourdit, la bénédiction viendra sur lui ; le Taz conteste

9. Hakira et nafka mina pour la pratique

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La hakira qui traverse tout le siman : jusqu'où le goût s'affaiblit-il — et quand redevient-il assez fort pour interdire ?
Nafka mina pour la pratique, telle que le siman la donne :
  1. Des poissons cuits dans une marmite de viande bien lavée : pour les Sefardim, permis même lekhathila avec du kutach ; pour les Achkenazim, interdit lekhathila et permis bedieved (שו״ע יו״ד צ״ה:א–ב ; רמ״א יו״ד צ״ה:ב).
  2. Mais on ne les cuit pas exprès dans une marmite de viande afin de les manger ensuite avec du kutach — et cela même selon le Mehaber (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק ג ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ד).
  3. Dans une marmite où l'on a cuit, on ne présume pas de graisse adhérente ; au lavage de la vaisselle, on la présume, d'où la condition « j'en suis certain » (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק א).
  4. Laver des ustensiles de viande et de lait tous deux ben yomo, ensemble, en kli richon — interdit, « et il n'y a pas à en changer » ; l'un non ben yomo, l'un après l'autre, en kli chéni, ou un irouï d'eau neutre — permis (רמ״א יו״ד צ״ה:ג).
  5. Un דבר חריף (en tout ou en sa plus grande part) cuit ou pilé dans un ustensile de viande — interdit même bedieved, à moins de soixante (רמ״א יו״ד צ״ה:ב ; voir le siman 96).
  6. Contiguïté : le kutach est interdit auprès du sel, permis auprès du vinaigre ; une jarre de viande auprès d'une de lait — permis, et il y a qui alourdissent (שו״ע יו״ד צ״ה:ה–ו).
Et en pratique — demandez à votre Rav.

10. Tableaux de synthèse

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Tableau — les modes de contact et leur din

Le mode de contact Le résultat Source
Poissons dans une marmite de viande bien lavée נ״ט בר נ״ט d'un permis → permis avec du kutach (pour le Rama, interdit lekhathila) שו״ע יו״ד צ״ה:א ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק א
Substance à la surface de la marmite au-delà d'un soixantième De la viande en substance → interdit avec du kutach שו״ע יו״ד צ״ה:א ; ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק א
Un œuf cuit dans l'eau dans une marmite lactée Permis de le mettre dans la volaille, même lekhathila שו״ע יו״ד צ״ה:ב
עלו (sans cuisson ni rôtissage), l'un des deux chaud seulement Permis de les manger avec l'espèce opposée, même lekhathila רמ״א יו״ד צ״ה:ב ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ד ; ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק ו
דבר חריף (en tout ou en sa plus grande part) Le mordant rend l'absorbé comme une substance → interdit même bedieved רמ״א יו״ד צ״ה:ב ; ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק ז ; פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ד ; siman 96
Lavage d'ustensiles ben yomo ensemble en kli richon Tout est interdit (« et il n'y a pas à en changer ») רמ״א יו״ד צ״ה:ג ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ח
L'un non ben yomo / kli chéni Les ustensiles sont permis (l'eau porte un interdit lekhathila) רמ״א יו״ד צ״ה:ג ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ט ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ב
De la cendre dans l'eau de la bassine נ״ט לפגם → même avec de la graisse adhérente, permis ; le Chakh conteste ce din שו״ע יו״ד צ״ה:ד ; ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק כ״א ; פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ו
Kutach auprès du sel / du vinaigre Auprès du sel, interdit ; auprès du vinaigre, permis שו״ע יו״ד צ״ה:ה ; ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק כ״ב ; ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק ט״ז

Tableau — les ma'hlokot centrales du siman

Le sujet Première chita Seconde chita
נ״ט בר נ״ט pour les manger avec l'espèce opposée Le Mehaber (Sefarad) — permis même lekhathila Le Rama (Achkenaz) — interdit lekhathila, permis bedieved
נ״ט בר נ״ט — dans l'ustensile ou dans l'aliment Peri Megadim au nom des Chaarei Doura — dans l'ustensile seulement (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק א) Pnei Arié — dans l'aliment aussi, par kal va‘homer, mais non dans une sauce (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק א)
Combien de נ״ט faut-il Cuisson — trois נ״ט (plus léger, permis bedieved) Rôtissage — deux נ״ט (plus lourd) ; et la sauce est comme un rôti (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ב)
Le couteau qui a coupé des poissons brûlants ‘Hamoudei Daniel — comme un rôtissage, car la pression et la chaleur cuisent Peri Tevoua — il n'y a pas à s'en soucier ; le Peri Megadim laisse בצ״ע (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ב)
Le דבר חריף dans un נ״ט בר נ״ט Le Rama — interdit même bedieved Le Makom Chmouel — dans une cuisson à trois נ״ט, permis ; mais il conclut de ne pas bouger du Rama pour un דבר חריף complet (פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ד)
Un kli chéni avec des restes de mets Le Taz — permis, même sales Le Maharchal — interdit, car la saleté se dissout dans l'eau (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ב)
La cendre dans l'eau de la bassine Le Mehaber — « il me semble » : c'est un נ״ט לפגם, et tout est permis Le Chakh — ce din ne se trouve chez aucun posek, et les poskim impliquent l'inverse ; le Pit'hei Techouva propose une lecture qui le sauve (ש״ך יו״ד צ״ה ס״ק כ״א ; פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ו)
Le sel posé dans une écuelle de viande Le Rama — celui qui alourdit, la bénédiction viendra sur lui Le Taz — la lecture est étonnante, et il n'y a aucune raison d'interdire, même lekhathila ; le Radbaz ne l'admet que pour la terre cuite (ט״ז יו״ד צ״ה ס״ק י״ח ; פת״ש יו״ד צ״ה ס״ק ח)

Tableau — les sources de la sougya

Guemara : ‘Houlin 111b–112a (les poissons montés dans l'écuelle, נותן טעם בר נותן טעם) · ‘Houlin 97b–98a (טעם כעיקר, l'annulation dans soixante) · Avoda Zara 38b–39a (le kutach et le נ״ט בר נ״ט) · Pessa‘him 76a (תתאה גבר, l'irouï)
Richonim : רש״י · ר״ת · ריב״ן · רמב״ם · רא״ש · תוספות · רשב״א (תורת הבית) · ר״ן · מרדכי · סמ״ג · סמ״ק · או״ז · ספר התרומה · שערי דורא · טור · איסור והיתר הארוך
A'haronim : בית יוסף · רמ״א · ש״ך · ט״ז · ב״ח · דרכי משה · תורת חטאת · מהרש״ל (ים של שלמה) · פרי חדש · פרי מגדים · מנחת יעקב · פתחי תשובה · מקום שמואל · פני אריה · חמודי דניאל · פרי תבואה · רדב״ז

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DAAT · Rav Yossef Haim Samama
Talmid hakham · donne des chiourim en halakha et en hassidout
Pilpoul et étude sur les poissons et l'œuf cuits dans une marmite de viande · Siman 95 · ⚡ Niveau 2 — Lamdan
⚠️ Ce contenu est écrit pour l'étude et l'examen seulement. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה) — demandez à votre Rav.

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