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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION
Siman א׳ · La conduite au lever
Din Hashkamat haBoker — pour découvrir et comprendre
סימן א׳ · ט׳ סעיפים
דין השכמת הבוקר
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche des 9 seifim : texte hébreu vocalisé, traduction française fluide, explications pédagogiques, et le grand yesod de שִׁוִּיתִי ה' לְנֶגְדִּי תָמִיד, avec une section de cas pratiques.
Sujet : La conduite du juif au lever et l'ordre du matin
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן א' · ט׳ סעיפים
Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com
📑 Plan de l'étude
1. Se lever comme un lion — et le yesod שויתי ה' לנגדי תמיד
2. Celui qui se lève tôt pour implorer : les heures des michmarot
3. S'affliger sur le 'hourban du Beit haMikdach
4. Peu avec kavana vaut mieux que beaucoup sans kavana
5. La lecture des parchiyot : Akeda, Mann, Dix Paroles, korbanot
6. Les parchiyot des korbanot : seulement de jour
7. Le Yehi Ratson après la parchat haOla
8. Le verset « ve-cha'hat oto » avec les korbanot
9. Le minhag du Kiyor, Teroumat haDéchen, Tamid et Ketoret
10. Cas pratiques et questions de compréhension
1. Se lever comme un lion
Texte original (Seif 1)
יִתְגַּבֵּר כָּאֲרִי לַעֲמוֹד בַּבֹּקֶר לַעֲבוֹדַת בּוֹרְאוֹ, שֶׁיְּהֵא הוּא מְעוֹרֵר הַשַּׁחַר. הגה: וְעַל כָּל פָּנִים לֹא יְאַחֵר זְמַן הַתְּפִלָּה שֶׁהַצִּבּוּר מִתְפַּלְּלִין (טור).
Traduction française
Qu'il se renforce comme un lion pour se lever le matin au service de son Créateur — de sorte que ce soit lui qui éveille l'aube, et non l'aube qui l'éveille. Glose du Rama : en tout état de cause, qu'il ne retarde pas l'heure de la prière à laquelle le tsibbour prie.
« Éveiller l'aube » (מְעוֹרֵר הַשַּׁחַר) — image du verset "עוּרָה כְבוֹדִי... אָעִירָה שָּׁחַר" (Tehilim 57) : le juste se lève avant le jour pour servir Hachem, comme s'il réveillait lui-même l'aurore, au lieu d'attendre qu'elle le tire du sommeil.
Le grand yesod — שויתי ה' לנגדי תמיד
Le Rama poursuit avec ce qui est, selon ses propres mots, un grand principe de la Tora et une qualité des justes qui marchent devant Hachem :
הגה: שִׁוִּיתִי ה' לְנֶגְדִּי תָמִיד הוּא כְּלָל גָּדוֹל בַּתּוֹרָה וּבְמַעֲלוֹת הַצַּדִּיקִים אֲשֶׁר הוֹלְכִים לִפְנֵי הָאֱלֹהִים, כִּי אֵין יְשִׁיבַת הָאָדָם וּתְנוּעוֹתָיו וַעֲסָקָיו וְהוּא לְבַדּוֹ בְּבֵיתוֹ כִּישִׁיבָתוֹ וּתְנוּעוֹתָיו וַעֲסָקָיו וְהוּא לִפְנֵי מֶלֶךְ גָּדוֹל... כָּל שֶׁכֵּן כְּשֶׁיָּשִׂים הָאָדָם אֶל לִבּוֹ שֶׁהַמֶּלֶךְ הַגָּדוֹל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֲשֶׁר מְלֹא כָל הָאָרֶץ כְּבוֹדוֹ עוֹמֵד עָלָיו וְרוֹאֶה בְּמַעֲשָׂיו (מורה נבוכים ח״ג פ׳ נ״ב).
« Je place Hachem devant moi en permanence » est un grand principe de la Tora et l'une des qualités des justes qui marchent devant Hachem. Car la manière dont un homme se tient, bouge et s'occupe de ses affaires quand il est seul chez lui n'est pas la même que lorsqu'il se tient devant un grand roi ; et sa parole et son aisance lorsqu'il est avec les siens ne sont pas les mêmes que lorsqu'il parle dans l'assemblée du roi. À plus forte raison lorsque l'homme met à son cœur que le grand Roi, le Saint béni soit-Il, dont la gloire emplit toute la terre, se tient sur lui et voit ses actes — aussitôt l'atteignent la crainte, la soumission et la pudeur devant Lui (Moré Nevoukhim III, ch. 52).
Le cœur de tout le siman : שִׁוִּיתִי ה' לְנֶגְדִּי תָמִיד — la conscience permanente de se tenir devant le Roi. Ce n'est pas une émotion du matin seulement, mais l'orientation de toute la journée : agir, seul comme en public, comme devant Celui qui voit.
Pratiquement (Seif 1) : dès qu'il s'éveille, qu'il se lève avec zerizout (empressement) au service de son Créateur, qu'il n'ait pas honte devant ceux qui se moqueraient de lui, et — déjà couché sur sa couche — qu'il sache devant Qui il repose.
2. Se lever tôt pour implorer
Texte original (Seif 2)
הַמַּשְׁכִּים לְהִתְחַנֵּן לִפְנֵי בּוֹרְאוֹ, יְכַוֵּן לַשָּׁעוֹת שֶׁמִּשְׁתַּנּוֹת הַמִּשְׁמָרוֹת, שֶׁהֵן בִּשְׁלִישׁ הַלַּיְלָה וּלְסוֹף שְׁנֵי שְׁלִישֵׁי הַלַּיְלָה וּלְסוֹף הַלַּיְלָה, שֶׁהַתְּפִלָּה שֶׁיִּתְפַּלֵּל בְּאוֹתָן הַשָּׁעוֹת עַל הַחֻרְבָּן וְעַל הַגָּלוּת רְצוּיָה.
Celui qui se lève tôt pour implorer devant son Créateur visera les heures où changent les michmarot (les « veilles » célestes) — à savoir au premier tiers de la nuit, à la fin des deux tiers, et à la fin de la nuit — car la prière dite à ces heures sur le 'hourban et sur la galout est agréée.
Michmarot (מִשְׁמָרוֹת) — les « veilles » qui divisent la nuit. Aux heures de leur changement, le monde est plus propice à la téfila du deuil et de l'imploration (le fondement du tikkoun 'hatsot, dit à minuit).
3. S'affliger sur le 'hourban
Texte original (Seif 3)
רָאוּי לְכָל יְרֵא שָׁמַיִם שֶׁיְּהֵא מֵצֵר וְדוֹאֵג עַל חֻרְבַּן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ.
Il convient à tout craignant-Ciel (יְרֵא שָׁמַיִם) de s'attrister et de se soucier du 'hourban du Beit haMikdach — la destruction du Temple.
La avoda du matin n'est pas seulement personnelle : elle porte aussi la peine du peuple. Garder au cœur que nous sommes encore en galout, et désirer la reconstruction, fait partie de la yirat Chamayim.
4. Peu avec kavana
Texte original (Seif 4)
טוֹב מְעַט תַּחֲנוּנִים בְּכַוָּנָה מֵהַרְבּוֹת בְּלֹא כַּוָּנָה.
Mieux vaut peu de supplications avec kavana (intention, concentration du cœur) que beaucoup sans kavana.
La qualité avant la quantité. Mieux vaut dire moins, mais en comprenant et en s'adressant vraiment à Hachem, que multiplier les mots avec l'esprit ailleurs. C'est le fondement de la avoda che-ba-lev, le service du cœur.
5. La lecture des parchiyot
Texte original (Seif 5)
טוֹב לוֹמַר פָּרָשַׁת הָעֲקֵדָה וּפָרָשַׁת הַמָּן וַעֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת וּפָרָשַׁת עוֹלָה וּמִנְחָה וּשְׁלָמִים וְחַטָּאת וְאָשָׁם. הגה: וְדַוְקָא בְּיָחִיד מֻתָּר לוֹמַר עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת בְּכָל יוֹם, אֲבָל אָסוּר לְאוֹמְרָם בְּצִבּוּר (תשו' הרשב"א סימן קפ"ד).
Il est bon de dire la parchat haAkeda (la ligature d'Its'hak), la parchat haMann (la manne), les Asseret haDibrot (les Dix Paroles), et les parchiyot des korbanot : Ola, Min'ha, Chelamim, 'Hatat et Acham. Glose du Rama : et c'est précisément en yaḥid (en privé) qu'il est permis de dire les Dix Paroles chaque jour, mais il est interdit de les dire be-tsibbour (publiquement, en communauté) [Responsa du Rachba, siman 184].
Pourquoi les Dix Paroles seulement en privé ? Pour ne pas donner prise à ceux qui prétendraient que seules les Dix Paroles ont été données du Sinaï. En public, on évite donc de les fixer dans la téfila ; en privé, chacun peut les dire.
| Parcha | Contenu |
|---|---|
| הָעֲקֵדָה — Akeda | La ligature d'Its'hak — rappeler le mérite des Avot et le don de soi |
| הַמָּן — Mann | La manne — affermir la confiance que la parnassa vient de Hachem |
| עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת | Les Dix Paroles — seulement be-yaḥid |
| קָרְבָּנוֹת | Ola, Min'ha, Chelamim, 'Hatat, Acham |
6. Les korbanot — seulement de jour
Texte original (Seif 6)
פָּרָשִׁיּוֹת הַקָּרְבָּנוֹת לֹא יֹאמַר אֶלָּא בַּיּוֹם (וְעַיֵּן לְעֵיל סִימָן מ"ז סָעִיף י"ג).
Les parchiyot des korbanot, on ne les dira que de jour (voir plus haut, siman 47, séif 13).
Pourquoi de jour ? Parce que les sacrifices eux-mêmes ne pouvaient être offerts que de jour. Puisque dire les korbanot tient lieu de leur offrande — "וּנְשַׁלְּמָה פָרִים שְׂפָתֵינוּ", « nous remplacerons les taureaux par nos lèvres » — on respecte le temps de leur avoda. Le renvoi est au siman 47.
7. Le Yehi Ratson après la Ola
Texte original (Seif 7)
כְּשֶׁיְּסַיֵּם פָּרָשַׁת הָעוֹלָה יֹאמַר יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ שֶׁיְּהֵא זֶה חָשׁוּב וּמְקֻבָּל כְּאִלּוּ הִקְרַבְתִּי עוֹלָה, וְכָךְ יֹאמַר אַחַר פָּרָשַׁת הַמִּנְחָה וְהַשְּׁלָמִים מִפְּנֵי שֶׁהֵם בָּאִים בִּנְדָבָה.
Lorsqu'il termine la parchat haOla, il dira un Yehi Ratson : « Que ce soit Ta volonté que ceci soit tenu pour considéré et agréé comme si j'avais offert un olah ». De même dira-t-il après les parchiyot de la Min'ha et des Chelamim — parce qu'elles viennent en offrande volontaire (nedava).
On ne dit le Yehi Ratson que pour les korbanot qui peuvent venir en nedava (par don volontaire) : Ola, Min'ha, Chelamim. On ne le dit pas pour le 'Hatat et l'Acham, qui ne viennent que pour expier une faute précise — on ne souhaite pas en devoir.
8. « Ve-cha'hat oto » avec les korbanot
Texte original (Seif 8)
יֹאמַר עִם הַקָּרְבָּנוֹת פָּרָשַׁת וְשָׁחַט אוֹתוֹ עַל יֶרֶךְ הַמִּזְבֵּחַ צָפוֹנָה לִפְנֵי ה'.
Il dira, avec les korbanot, le verset « וְשָׁחַט אוֹתוֹ עַל יֶרֶךְ הַמִּזְבֵּחַ צָפוֹנָה לִפְנֵי ה' » — « il l'égorgera sur le flanc nord de l'autel, devant Hachem » (Vayikra 1:11).
Ce verset précise le lieu de l'abattage — au nord (צָפוֹנָה) — exigence du korban Ola. En l'ajoutant, on récite l'offrande dans sa forme complète, « devant Hachem », fidèle au yesod du siman : tout se fait לִפְנֵי ה'.
9. Le minhag du Kiyor et de la Ketoret
Texte original (Seif 9)
יֵשׁ נוֹהֲגִין לוֹמַר פָּרָשַׁת הַכִּיּוֹר, וְאַחַר כָּךְ פָּרָשַׁת תְּרוּמַת הַדֶּשֶׁן, וְאַחַר כָּךְ פָּרָשַׁת הַתָּמִיד, וְאַחַר כָּךְ פָּרָשַׁת מִזְבֵּחַ מִקְטַר קְטֹרֶת וּפָרָשַׁת סַמָּנֵי הַקְּטֹרֶת וַעֲשִׂיָּתוֹ.
Certains ont l'usage de dire, dans l'ordre : la parchat haKiyor (la vasque), puis la parchat Teroumat haDéchen (le prélèvement des cendres), puis la parchat haTamid (le sacrifice perpétuel), puis la parcha de l'autel sur lequel on faisait monter la fumée de l'encens, et la parcha des composants de la ketoret et de sa préparation.
Ces parchiyot supplémentaires sont un minhag (« certains ont l'usage »), suivi dans l'ordre du service quotidien du Temple. Elles complètent le « séder ha-korbanot » que beaucoup disent au début de Cha'harit.
10. Cas pratiques
Cas 1 — Se lever avec zerizout
Situation : le réveil sonne, le lit est confortable, la téfila be-tsibbour est encore loin. Comment vivre le Seif 1 ?
Conduite : se lever comme un lion, sans traîner, en se rappelant que c'est un service du Créateur. Et même si l'on prie seul, ne pas retarder l'heure à laquelle le tsibbour prie (Rama). La force du matin met le ton de toute la journée.
Cas 2 — שויתי ה' לנגדי dans la vie de tous les jours
Situation : au travail, seul devant un écran, personne ne regarde. Une parole, un regard, un choix peuvent passer inaperçus des hommes.
Conduite : se rappeler que la conduite de l'homme seul chez lui ne devrait pas différer de sa conduite devant un grand roi — et à plus forte raison devant le Roi des rois, « dont la gloire emplit toute la terre » et qui voit ses actes. C'est le grand yesod du siman, vécu non au Beit haKnesset seulement, mais partout.
Cas 3 — Dire les korbanot et les Dix Paroles le matin
Situation : en ouvrant le sidour le matin, on trouve l'Akeda, la parchat haMann, les korbanot — et l'on se demande quoi dire et quand.
Conduite : il est bon de dire l'Akeda, le Mann et les parchiyot des korbanot, de jour seulement (Seif 6). Les Dix Paroles peuvent se dire chaque jour en privé (be-yaḥid), mais pas be-tsibbour (Rama). Et l'on garde la qualité avant la quantité : mieux vaut peu avec kavana (Seif 4).
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
- Que signifie "מְעוֹרֵר הַשַּׁחַר" et que demande le Rama « en tout état de cause » au sujet de l'heure de la prière ?
- Explique le yesod שויתי ה' לנגדי תמיד : quelle différence entre l'homme seul chez lui et l'homme devant un grand roi ?
- Quelles sont les trois heures des michmarot et quel type de prière y est agréé ?
- Que veut dire "טוב מעט תחנונים בכוונה" ? Pourquoi est-ce un fondement de la avoda du cœur ?
- Pourquoi les Dix Paroles ne se disent-elles qu'en yaḥid et non be-tsibbour ?
- Pourquoi ne dit-on les parchiyot des korbanot que de jour ?
- Pour quels korbanot dit-on un Yehi Ratson, et pourquoi pas pour le 'Hatat et l'Acham ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
📖Rejoindre la khavroutha
- 📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul, les שיטות ראשונים et les nuances Acharonim sur שויתי ה' et l'amirat korbanot
- ✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide
- 👑 Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) : la chitah du Choulhan Aroukh HaRav sur la conduite au lever