Orah Haïm רי״ב · Niveau 4 · שיטת אדמו״ר הזקן

דעת הרב

Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) — Siman רי״ב · שֶׁהָעִקָּר פּוֹטֵר אֶת הַטָּפֵל

La voie de l’Admour HaZaken sur שֶׁהָעִקָּר פּוֹטֵר אֶת הַטָּפֵל : עִקָּר וְטָפֵל ; תַּעֲרֹבֶת דָּגָן ; דָּג מָלוּחַ וּפַת ; יֵין שָׂרָף ; נְטִילַת יָדַיִם ; לְמַתֵּק הַשְּׁתִיָּה ; חָבִיב ; דַּעְתּוֹ עָלָיו ; שִׁנּוּי מָקוֹם — dans la sensibilité de Habad.

Pourquoi un niveau 4 dédié à l’Admour HaZaken ? Le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken n’est pas un commentaire sur le Mehaber (מחבר) — c’est un Choulhan Aroukh autonome et complet, écrit par l’Admour HaZaken (Rabbi Schneur Zalman de Liadi, fondateur de Habad, élève du Maguid (מגיד) de Mezeritch). Sa singularité : il combine halakha (הלכה) + טעמי המצוות + dimension intérieure dans un seul ouvrage, et il tranche avec une rigueur talmudique unique.

Pour le Habad, l’Admour HaZaken est הפוסק האחרון — son psak est l’autorité décisionnaire. Cette page rassemble la voie du Rav sur le siman רי״ב — שֶׁהָעִקָּר פּוֹטֵר אֶת הַטָּפֵל (que le principal acquitte l’accessoire). Le Mehaber n’y consacre que deux seifim ; le Rav en écrit י״א סְעִיפִים (onze seifim), et cet écart est tout le sujet : ce que le Choulhan Aroukh énonce comme une règle, l’Admour HaZaken le démonte en conditions. Il commence par étager les degrés de subordination — du mélange où le second ingrédient ne fait qu’accommoder le premier jusqu’aux deux aliments nullement mêlés où le pain lui-même devient accessoire au poisson salé — puis pose la règle qui commande tout : dans un mélange comportant une des cinq céréales, la céréale est toujours le principal, dès lors qu’on veut aussi la manger. Suivent les cas-limites qui l’intéressent vraiment : le pain trempé dans l’eau-de-vie avant ou après le repas, la pâtisserie mezonot trempée ou enduite de miel, le pain émietté dans une boisson chaude où il ne reste plus de substance de céréale. Puis viennent les conditions : la subordination ne dure que le temps où l’on mange ensemble ; elle dispense aussi de la netilat yadaïm ; elle ne peut jamais couvrir ce qu’on mange avant de boire, car on ne jouit pas de ce monde sans bénédiction préalable ; elle cède devant l’aliment qui est toujours le plus aimé ; elle exige que l’accessoire ait été devant soi ou clairement à l’esprit ; et elle tombe si l’on a changé de pièce entre le principal et l’accessoire.

→ Lire la préface générale sur la chitah de l’Admour HaZaken

Note de source. Le texte hébreu reproduit dans cette page est le texte intégral et réel du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, Orah Haïm siman רי״בי״א סְעִיפִים (onze seifim) de la main du Rav — d’après l’édition Kehot telle que numérisée sur Sefaria (Shulchan Arukh HaRav, Orach Chayim רי״ב). L’Admour HaZaken y traite de שֶׁהָעִקָּר פּוֹטֵר אֶת הַטָּפֵל. Le texte est reproduit sans retouche, y compris les crochets éditoriaux de l’édition (par exemple גֻּדְגְּ[דָ]נִיּוֹת, [בָּ]זֶה, [הָאַחֲרוֹנוֹת]). Les traductions françaises sont les nôtres. Aucun passage n’est cité hors de ce texte vérifiable.
1 · טקסט אדמו״ר הזקן

שולחן ערוך הרב — סימן רי״ב — שֶׁהָעִקָּר פּוֹטֵר אֶת הַטָּפֵל

Le texte intégral du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken

שולחן ערוך הרב, סימן רי״ב — שֶׁהָעִקָּר פּוֹטֵר אֶת הַטָּפֵל — וּבוֹ י״א סְעִיפִים
Texte de l’Admour HaZaken lui-même (source Sefaria Shulchan_Arukh_HaRav,_Orach_Chayim.212), suivi de notre traduction française. Le siman comporte onze seifim (י״א סְעִיפִים ; seif k → .212.k).

סעיף א כָּל שֶׁהוּא עִקָּר וְעִמּוֹ טְפֵלָה — מְבָרֵךְ עַל הָעִקָּר וּפוֹטֵר אֶת הַטְּפֵלָה.

שֶׁהָעִקָּר פּוֹטֵר אֶת הַטָּפֵל, וּבוֹ י״א סְעִיפִים:
כָּל שֶׁהוּא עִקָּר וְעִמּוֹ טְפֵלָה — מְבָרֵךְ עַל הָעִקָּר וּפוֹטֵר אֶת הַטְּפֵלָה, בֵּין מִבְּרָכָה רִאשׁוֹנָה בֵּין מִבְּרָכָה אַחֲרוֹנָה.
אֵין צָרִיךְ לוֹמַר אִם הַטְּפֵלָה מְעֹרֶבֶת עִם הָעִקָּר, כְּגוֹן כָּל תַּעֲרֹבֶת שְׁנֵי מִינִים שֶׁהָאֶחָד הוּא עִקָּר וְהַשֵּׁנִי אֵינוֹ אֶלָּא לְתַקְּנוֹ וּלְהַכְשִׁירוֹ, אוֹ אֲפִלּוּ שְׁנֵיהֶם עִקָּר אֶלָּא שֶׁהָאֶחָד מְרֻבֶּה וְהָאֶחָד מוּעָט, שֶׁהָרֹב נֶחְשָׁב עִקָּר וְהַמּוּעָט טָפֵל, אוֹ בְּתַעֲרֹבֶת מַמָּשׁוּת דָּגָן, שֶׁאֲפִלּוּ הוּא מוּעָט נֶחְשָׁב עִקָּר.
וַאֲפִלּוּ אֵינוֹ מְעֹרָב מַמָּשׁ עִם הַטָּפֵל, אֶלָּא שֶׁנַּעֲשָׂה עַל דַּעַת לֶאֱכֹל שְׁנֵיהֶם יַחַד, כְּגוֹן עִסָּה מְמֻלֵּאת בְּפֵרוֹת, וְאָז אֲפִלּוּ אוֹכֵל הַטָּפֵל לְבַדּוֹ אַחַר שֶׁבֵּרַךְ עַל הָעִקָּר — אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ.
אֶלָּא אֲפִלּוּ אֵינָן מְעֹרָבִין כְּלָל זֶה עִם זֶה, אֶלָּא שֶׁעִקַּר הָאֲכִילָה הוּא מִמִּין אֶחָד וְהַשֵּׁנִי אֵינוֹ בָּא אֶלָּא מֵחֲמַת הָרִאשׁוֹן, שֶׁאִם לֹא הָיָה אוֹכֵל הָרִאשׁוֹן לֹא הָיָה אוֹכְלוֹ כְּלָל עַתָּה, הֲרֵי הוּא טָפֵל אֵלָיו וְנִפְטָר בְּבִרְכָתוֹ, אֲפִלּוּ הוּא לֶחֶם, שֶׁהוּא חָשׁוּב מִכָּל הַמִּינִים, כְּגוֹן מִי שֶׁחָפֵץ לֶאֱכֹל דָּג מָלוּחַ וּכְדֵי שֶׁלֹּא יַזִּיקֶנּוּ בִּגְרוֹנוֹ אוֹכֵל עִמּוֹ פַּת — הֲרֵי הוּא טְפֵלָה לַדָּג וְנִפְטֶרֶת בְּבִרְכָתוֹ.
וְהוּא שֶׁאֵינוֹ רָעֵב וְאֵינוֹ תָּאֵב כְּלָל לַאֲכִילַת הַפַּת, וְלֹא הָיָה אוֹכְלוֹ כְּלָל עַכְשָׁו אִם לֹא הַמָּלִיחַ, אֲבָל אִם הוּא תָּאֵב גַּם לַאֲכִילַת פַּת, אַף עַל פִּי שֶׁאוֹכְלוֹ עִם הַמָּלִיחַ — אֵינָהּ טְפֵלָה אֵלָיו, אֲפִלּוּ אִם תָּאֵב לוֹ יוֹתֵר, וְצָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלֶיהָ "הַמּוֹצִיא" וּפוֹטֵר אֶת הַמָּלִיחַ, הוֹאִיל וְהוּא מִדְּבָרִים שֶׁדַּרְכָּן לָבוֹא תּוֹךְ הַסְּעוּדָה, שֶׁהֵם נִפְטָרִים לְעוֹלָם בְּבִרְכַּת הַפַּת, אַף שֶׁאֵינָם בָּאִים מֵחֲמָתָהּ, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קע״ז:

Que le principal acquitte l’accessoire, et il comporte onze seifim. Tout ce qui est principal (עִקָּר) et qui a avec lui un accessoire (טְפֵלָה) — on bénit sur le principal et l’on acquitte l’accessoire, tant pour la bénédiction première que pour la bénédiction finale.
Il va sans dire qu’il en est ainsi si l’accessoire est mêlé au principal : par exemple tout mélange de deux espèces dont l’une est le principal et la seconde n’est là que pour l’accommoder et le rendre propre à la consommation ; ou même si les deux sont principales, seulement que l’une est en grande quantité et l’autre en petite — car la majorité est tenue pour principal et la minorité pour accessoire ; ou encore dans un mélange où il y a de la substance (מַמָּשׁוּת) de céréale, laquelle, fût-elle en petite quantité, est tenue pour principal.
Et même s’il n’est pas réellement mêlé à l’accessoire, mais qu’il a été fait dans l’intention de manger les deux ensemble — comme une pâte fourrée de fruits —, alors, même s’il mange l’accessoire seul après avoir béni sur le principal, il n’a pas à bénir de nouveau.
Bien plus : même s’ils ne sont aucunement mêlés l’un à l’autre, mais que l’essentiel de la consommation porte sur une espèce et que la seconde ne vient qu’à cause de la première — de sorte que, s’il ne mangeait pas la première, il ne mangerait pas du tout la seconde maintenant —, la voici accessoire à elle et acquittée par sa bénédiction ; et cela même s’il s’agit de pain, qui est la plus importante de toutes les espèces : ainsi celui qui désire manger du poisson salé et qui, pour qu’il ne lui fasse pas mal à la gorge, mange du pain avec lui — le pain est accessoire au poisson et acquitté par sa bénédiction.
Et cela à condition qu’il n’ait pas faim et n’ait aucune envie de manger du pain, et qu’il ne l’aurait pas mangé du tout maintenant sans le salé ; mais s’il a envie de manger du pain lui aussi, bien qu’il le mange avec le salé — le pain ne lui est pas accessoire, même s’il a davantage envie du salé ; et il doit bénir sur le pain « הַמּוֹצִיא », ce qui acquitte le salé, puisque celui-ci est de ces choses qui viennent habituellement au cours du repas et qui sont toujours acquittées par la bénédiction du pain, même lorsqu’elles ne viennent pas à cause de lui, comme il a été expliqué au siman קע״ז (177).

סעיף ב פַּת שְׁרוּיָה בְּיֵין שָׂרָף לִפְנֵי הַסְּעוּדָה — הַפַּת עִקָּר וְהַיַּיִן טָפֵל.

וְכֵן מִי שֶׁאוֹכֵל לִפְנֵי סְעוּדָה פַּת שְׁרוּיָה בְּיֵין שָׂרָף, אַף עַל פִּי שֶׁעִקַּר כַּוָּנָתוֹ בָּזֶה עַל הַיֵּין שָׂרָף, אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁהוּא חָזָק וְקָשֶׁה לוֹ לִשְׁתּוֹתוֹ לְבַדּוֹ שׁוֹרֶה בּוֹ פַּת וְאוֹכְלוֹ, מִכָּל מָקוֹם, כֵּיוָן שֶׁהוּא לִפְנֵי הַסְּעוּדָה וַדַּאי כַּוָּנָתוֹ גַּם כֵּן לִסְעֹד הַלֵּב, וּלְפִיכָךְ אֵין הַפַּת טְפֵלָה לְהַיֵּין שָׂרָף, וְצָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלֶיהָ "הַמּוֹצִיא", וּפוֹטֵר אֶת הַיֵּין שָׂרָף אֲפִלּוּ אֵין כַּוָּנָתוֹ בּוֹ כְּדֵי לְעוֹרֵר תַּאֲוַת הַמַּאֲכָל, שֶׁלֹּא הָיָה נִפְטַר בְּבִרְכַּת הַפַּת אִם הָיָה שׁוֹתֵהוּ בִּפְנֵי עַצְמוֹ, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קע״ד.
וְכֵן אֲפִלּוּ אִם שׁוֹרֶה פַּת בְּיַיִן שֶׁצָּרִיךְ לְבָרֵךְ עָלָיו "בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן" אַף בְּתוֹךְ הַסְּעוּדָה — אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ עַל הַבָּלוּעַ בַּפַּת הַשְּׁרוּיָה בּוֹ, שֶׁכֵּיוָן שֶׁכַּוָּנָתוֹ גַּם כֵּן לִסְעֹד הַלֵּב — הַפַּת עִקָּר וְהַיַּיִן טָפֵל, שֶׁכָּל תַּעֲרֹבֶת מִין דָּגָן עִם מִין אַחֵר — הַדָּגָן עִקָּר לְעוֹלָם, כָּל שֶׁמִּתְכַּוְּנִין גַּם כֵּן לַאֲכִילָתוֹ, אַף עַל פִּי שֶׁעִקַּר הַכַּוָּנָה הוּא בִּשְׁבִיל מִין הָאַחֵר, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן ר״ח:

De même, celui qui mange avant le repas du pain trempé dans de l’eau-de-vie (יֵין שָׂרָף) : bien que son intention principale, en cela, porte sur l’eau-de-vie — seulement que, comme elle est forte et qu’il lui est difficile de la boire seule, il y trempe du pain et le mange —, néanmoins, puisque c’est avant le repas, son intention est assurément aussi de sustenter le cœur (לִסְעֹד הַלֵּב) ; c’est pourquoi le pain n’est pas accessoire à l’eau-de-vie, et il doit bénir sur lui « הַמּוֹצִיא », ce qui acquitte l’eau-de-vie même s’il n’a pas l’intention, en la buvant, d’éveiller l’appétit — laquelle n’aurait pas été acquittée par la bénédiction du pain s’il l’avait bue seule, comme il a été expliqué au siman קע״ד (174).
Et de même, même s’il trempe du pain dans du vin sur lequel il faut bénir « בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן » y compris au cours du repas — il n’a pas à bénir sur ce qui est absorbé dans le pain qui y est trempé ; car, puisque son intention est aussi de sustenter le cœur, le pain est principal et le vin accessoire : tout mélange d’une espèce de céréale avec une autre espèce — la céréale en est toujours le principal, dès lors que l’on a aussi l’intention de la manger, même si l’intention principale porte sur l’autre espèce, comme il a été expliqué au siman ר״ח (208).

סעיף ג פַּת הַבָּאָה בְּכִיסָנִין הַשְּׁרוּיָה בְּמַשְׁקֶה — וּמָתַי נַעֲשֵׂית טְפֵלָה לוֹ.

וּלְפִיכָךְ, אֲפִלּוּ פַּת הַבָּאָה בְּכִיסָנִין שֶׁמְּבָרֵךְ עָלֶיהָ "בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת", אִם שׁוֹרֶה אוֹתָהּ בְּיַיִן אוֹ יֵין שָׂרָף וּשְׁאָר מַשְׁקִין — אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ עַל מַשְׁקֶה הַבָּלוּעַ בָּהּ, וְלֹא עַל מַשְׁקֶה שֶׁעַל גַּבָּהּ, כְּגוֹן שֶׁמְּטַבֵּל בִּדְבַשׁ וְאוֹכֵל, וַאֲפִלּוּ אִם עִקַּר כַּוָּנָתוֹ עַל הַמַּשְׁקֶה (שֶׁכֵּיוָן שֶׁהִיא מֵה׳ מִינִים הִיא עִקָּר).
אֶלָּא אִם כֵּן אֵינוֹ מִתְכַּוֵּן לַאֲכִילָתָם כְּלָל, אֶלָּא כְּדֵי שֶׁלֹּא יְטַנְּפוּ אֶת הַיָּדַיִם מֵהַדְּבַשׁ, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קס״ח, אוֹ שׁוֹרֶה בְּיֵין שָׂרָף וְכַוָּנָתוֹ עַל הַיֵּין שָׂרָף בִּלְבַד, אֶלָּא שֶׁמִּפְּנֵי שֶׁהוּא חָזָק וְקָשֶׁה לוֹ לִשְׁתּוֹתוֹ לְבַדּוֹ הוּא שׁוֹרֶה בּוֹ פַּת וְאוֹכְלָהּ, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ מִתְאַוֶּה לָהּ כְּלָל, כְּגוֹן מִי שֶׁשּׁוֹרֶה אַחַר הַסְּעוּדָה מְעַט פַּת בְּיֵין שָׂרָף וְאוֹכְלָהּ לְעַכֵּל הַמַּאֲכָל, שֶׁאָז נַעֲשֵׂית הַפַּת טְפֵלָה לַיֵּין שָׂרָף, וְצָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלֶיהָ "שֶׁהַכֹּל", כְּדִין יֵין שָׂרָף הַבָּא לְעַכֵּל הַמַּאֲכָל, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קע״ד.
(וְאִם שׁוֹרֶה בּוֹ מַאֲכָל שֶׁמִּתְאַוֶּה לוֹ וְאֵינוֹ מֵחֲמֵשֶׁת הַמִּינִים — בָּאנוּ לַמַּחֲלֹקֶת שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן ר״ב, שֶׁיֵּשׁ אוֹמְרִים שֶׁכָּל תַּעֲרֹבֶת ב׳ מִינִים שֶׁאֶחָד מֵהֶם הָיָה אוֹכְלוֹ גַּם אִלּוּ הָיָה לְבַדּוֹ וְהַשֵּׁנִי לֹא הָיָה אוֹכְלוֹ לְבַדּוֹ — נַעֲשָׂה זֶה טָפֵל לָזֶה הוֹאִיל וְאֵינוֹ אוֹכְלוֹ אֶלָּא עַל יְדֵי שֶׁמְּעֹרָב [בָּ]זֶה, וְאַף עַל פִּי שֶׁכַּוָּנָתוֹ עַל שְׁנֵיהֶם בְּשָׁוֶה. וְיֵשׁ חוֹלְקִים בָּזֶה. וּסְפֵק בְּרָכוֹת לְהָקֵל, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר שָׁם):

C’est pourquoi, même la pat haba’a bekhisnin (פַּת הַבָּאָה בְּכִיסָנִין, la pâtisserie) sur laquelle on bénit « בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת » : s’il la trempe dans du vin, ou de l’eau-de-vie, ou d’autres boissons — il n’a pas à bénir sur la boisson absorbée en elle, ni sur la boisson qui est sur elle, comme lorsqu’il trempe dans du miel et mange ; et cela même si son intention principale porte sur la boisson (car, étant des cinq espèces de céréales, c’est elle qui est le principal).
À moins qu’il n’ait aucunement l’intention de les manger, mais seulement pour que ses mains ne soient pas salies par le miel, comme il a été expliqué au siman קס״ח (168) ; ou qu’il trempe dans de l’eau-de-vie et que son intention porte sur la seule eau-de-vie, seulement que, comme elle est forte et qu’il lui est difficile de la boire seule, il y trempe du pain et le mange, bien qu’il n’en ait aucune envie — comme celui qui, après le repas, trempe un peu de pain dans de l’eau-de-vie et le mange pour digérer le repas : alors le pain devient accessoire à l’eau-de-vie, et il doit bénir sur lui « שֶׁהַכֹּל », selon le din de l’eau-de-vie qui vient pour digérer le repas, comme il a été expliqué au siman קע״ד (174).
(Et s’il y trempe un aliment dont il a envie et qui n’est pas des cinq espèces — nous voici ramenés à la mahloket exposée au siman ר״ב (202) : il en est qui disent que, dans tout mélange de deux espèces dont l’une, il l’aurait mangée même seule, et la seconde, il ne l’aurait pas mangée seule — celle-ci devient accessoire à celle-là, puisqu’il ne la mange que parce qu’elle est mêlée à celle-là, et cela même si son intention porte également sur les deux ; et il en est qui contestent en cela. Et un doute en matière de bénédictions se tranche par l’abstention, comme il a été expliqué là-bas.)

סעיף ד מְפָרֵר לֶחֶם דַּק דַּק לְתוֹךְ שֵׁכָר — הַשֵּׁכָר עִקָּר.

וַאֲפִלּוּ אִם מִתְכַּוֵּן וּמִתְאַוֶּה לִטְעֹם הַפַּת הַשְּׁרוּיָה בַּמַּשְׁקֶה, אֶלָּא שֶׁאֵינוֹ עוֹשֶׂה לַאֲכִילָה אֶלָּא לִשְׁתִיָּה, כְּגוֹן שֶׁמְּפָרֵר לֶחֶם דַּק דַּק וְנוֹתֵן לְתוֹךְ שֵׁכָר חַם כְּדֵי שֶׁיִּתֵּן בּוֹ טַעַם, כֵּיוָן שֶׁאֵין בַּלֶּחֶם מַמָּשׁוּת וְדָבָר חָשׁוּב — הַשֵּׁכָר עִקָּר (שֶׁלֹּא אָמְרוּ שֶׁכָּל תַּעֲרֹבֶת שֶׁיֵּשׁ בּוֹ דָּגָן הַדָּגָן עִקָּר, אֶלָּא כְּשֶׁיֵּשׁ בּוֹ מַמָּשׁוּת הַדָּגָן, וְלֹא רִבָּה בּוֹ מַשְׁקֶה הַרְבֵּה עַד שֶׁנַּעֲשָׂה רַךְ וְרָאוּי לִשְׁתִיָּה אֶלָּא הוּא עָב וְרָאוּי לַאֲכִילָה, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן ר״ח):

Et même s’il a l’intention et l’envie de goûter le pain trempé dans la boisson, seulement qu’il ne le fait pas en vue de manger mais en vue de boire — comme lorsqu’il émiette du pain très fin et le met dans de la bière chaude pour lui donner du goût —, puisqu’il n’y a dans le pain ni substance ni chose importante, la bière est le principal. (Car on n’a dit que, dans tout mélange où il y a de la céréale, la céréale en est le principal, que lorsqu’il y a en lui de la substance de céréale et qu’on n’y a pas ajouté tant de liquide qu’il en devienne fluide et propre à être bu, mais qu’il est épais et propre à être mangé, comme il a été expliqué au siman ר״ח (208).)

סעיף ה מַה שֶּׁאוֹכֵל אַחַר כָּךְ לְבַדּוֹ — צָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלָיו תְּחִלָּה וָסוֹף.

וְכָל זֶה בְּפַת אוֹ מַאֲכָל אַחֵר שֶׁאוֹכֵל עִם הַמָּלִיחַ אוֹ עִם הַיֵּין שָׂרָף בְּיַחַד, אֲבָל מַה שֶּׁאוֹכֵל אַחַר כָּךְ לְבַדּוֹ — צָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלָיו תְּחִלָּה וָסוֹף, כֵּיוָן שֶׁבַּאֲכִילָה זוֹ אֵינֶנּוּ טָפֵל כְּלָל, וְגַם מִתְּחִלָּה לֹא נַעֲשָׂה טָפֵל אֶלָּא בִּשְׁעַת אֲכִילָתוֹ אוֹתָם יַחַד, וְלֹא מִתְּחִלַּת עֲשִׂיָּתָם יַחַד בַּאֲפִיָּה אוֹ בִּשּׁוּל, שֶׁעַל יְדֵי זֶה נַעֲשׂוּ כְּדָבָר אֶחָד מַמָּשׁ לִבְרָכָה, לְעִנְיָן שֶׁהָעִקָּר פּוֹטֵר אֶת הַטָּפֵל אַף אִם אוֹכְלוֹ אַחַר כָּךְ לְבַד (אֲבָל לֹא לְעִנְיָן שֶׁיְּבָרֵךְ עַל הַטָּפֵל בִּרְכַּת הָעִקָּר אִם בָּא לְאָכְלוֹ לְבַדּוֹ מִתְּחִלָּה, מִטַּעַם שֶׁיִּתְבָּאֵר).
וְאִם גַּם בַּאֲכִילָה זוֹ הוּא טָפֵל — אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלָיו אַף עַל פִּי שֶׁאוֹכְלוֹ לְבַדּוֹ, כְּגוֹן מִי שֶׁאוֹכֵל פַּת לְמַתֵּק הַשְּׁתִיָּה שֶׁשָּׁתָה כְּבָר — אֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלֶיהָ, שֶׁהִיא טְפֵלָה לַמַּשְׁקֶה וְנִפְטֶרֶת בְּבִרְכָתוֹ:

Et tout cela vaut pour le pain, ou pour un autre aliment, qu’il mange en même temps que le salé ou que l’eau-de-vie ; mais ce qu’il mange ensuite à part — il doit bénir sur lui avant et après, puisque dans cette consommation-là il n’est plus du tout accessoire ; et parce que, dès le début, il n’était devenu accessoire qu’au moment où il les mangeait ensemble, et non depuis le moment où on les avait faits ensemble par la cuisson au four ou par la cuisson à l’eau — car par là ils deviennent réellement une seule chose quant à la bénédiction, en ce sens que le principal acquitte l’accessoire même s’il le mange ensuite à part. (Mais non au point qu’il bénisse sur l’accessoire la bénédiction du principal s’il vient à le manger seul dès le début, pour une raison qui sera expliquée.)
Et si, dans cette consommation aussi, il est accessoire — il n’a pas à bénir sur lui, bien qu’il le mange seul : ainsi celui qui mange du pain pour adoucir la boisson qu’il a déjà bue — il n’a pas à bénir sur ce pain, qui est accessoire à la boisson et acquitté par sa bénédiction.

סעיף ו כָּל פַּת שֶׁהִיא טְפֵלָה לְעִנְיַן בְּרָכָה — טְפֵלָה גַּם לִנְטִילַת יָדַיִם.

וְכָל פַּת שֶׁהִיא טְפֵלָה לְעִנְיַן בְּרָכָה — הִיא טְפֵלָה גַּם כֵּן לְעִנְיַן נְטִילַת יָדַיִם, וְאֵין צָרִיךְ לִטּוֹל יָדָיו, אֲפִלּוּ אוֹכֵל כְּבֵיצָה.
וְטוֹב לִמְנֹעַ מִלֶּאֱכֹל פַּת לְמַתֵּק הַשְּׁתִיָּה, כִּי מִי יוּכַל לְהַבְחִין אִם אוֹכְלָהּ לְמַתֵּק הַשְּׁתִיָּה אוֹ לְמִלּוּי כֶּרֶס, שֶׁאָז צָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלֶיהָ "הַמּוֹצִיא":

Et tout pain qui est accessoire quant à la bénédiction est accessoire aussi quant à la netilat yadaïm : il n’a pas à se laver les mains, même s’il en mange le volume d’un œuf (כְּבֵיצָה).
Et il est bon de s’abstenir de manger du pain pour adoucir la boisson, car qui peut discerner s’il le mange pour adoucir la boisson ou pour se remplir le ventre — auquel cas il doit bénir sur lui « הַמּוֹצִיא ».

סעיף ז הָאוֹכֵל קֹדֶם הַשְּׁתִיָּה — צָרִיךְ לְבָרֵךְ בְּרָכָה הַמְיֻחֶדֶת לָהּ.

וְכָל זֶה בְּמִתּוּק הַשְּׁתִיָּה שֶׁשָּׁתָה כְּבָר, אֲבָל הָאוֹכֵל גַּרְעִינֵי גֻּדְגְּ[דָ]נִיּוֹת וְכַיּוֹצֵא בָּהֶם לְמַתֵּק הַשְּׁתִיָּה שֶׁיִּשְׁתֶּה, שֶׁאֲכִילָתָם גּוֹרֶרֶת לוֹ תַּאֲוָה לִשְׁתִיָּה, אַף עַל פִּי שֶׁאֲכִילָתָם טְפֵלָה לְהַשְּׁתִיָּה וְהָיְתָה נִפְטֶרֶת בְּבִרְכָתָהּ אִם הָיָה אוֹכֵל אַחַר שֶׁבֵּרַךְ עַל הַשְּׁתִיָּה, מִכָּל מָקוֹם, כְּשֶׁאוֹכֵל קֹדֶם הַשְּׁתִיָּה אִי אֶפְשָׁר שֶׁיִּפָּטֵר בְּבִרְכַּת הַשְּׁתִיָּה שֶׁיְּבָרֵךְ אַחַר אֲכִילָתוֹ, כִּי אָסוּר לֵהָנוֹת מֵהָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה בַּתְּחִלָּה, לָכֵן צָרִיךְ לְבָרֵךְ עֲלֵיהֶם בְּרָכָה הַמְיֻחֶדֶת לָהֶם.
וְכֵן הָרוֹצֶה לִשְׁתּוֹת בַּבֹּקֶר אוֹ אַחַר שֵׁנַת צָהֳרַיִם, וְרוֹצֶה לֶאֱכֹל מְעַט תְּחִלָּה כְּדֵי שֶׁלֹּא יִשְׁתֶּה עַל לֵב רֵיקָן, אַף עַל פִּי שֶׁאֲכִילָה זוֹ הִיא צֹרֶךְ הַשְּׁתִיָּה וּטְפֵלָה אֵלֶיהָ — צָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלֶיהָ בְּרָכָה הַמְיֻחֶדֶת לָהּ, כְּדֵי שֶׁלֹּא יֵהָנֶה מֵהָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה:

Et tout cela vaut pour l’adoucissement d’une boisson qu’il a déjà bue ; mais celui qui mange des noyaux de goudguedaniyot (גַּרְעִינֵי גֻּדְגְּ[דָ]נִיּוֹת) et choses semblables pour adoucir la boisson qu’il va boire — car leur consommation lui tire une envie de boire —, bien que leur consommation soit accessoire à la boisson et qu’elle eût été acquittée par sa bénédiction s’il les avait mangés après avoir béni sur la boisson, néanmoins, lorsqu’il les mange avant de boire, il est impossible qu’ils soient acquittés par la bénédiction de la boisson qu’il dira après les avoir mangés, car il est interdit de tirer profit de ce monde-ci sans bénédiction préalable ; c’est pourquoi il doit bénir sur eux la bénédiction qui leur est propre.
Et de même, celui qui veut boire au matin, ou après la sieste de midi, et qui veut manger un peu auparavant afin de ne pas boire le cœur vide (עַל לֵב רֵיקָן) — bien que cette consommation soit un besoin de la boisson et lui soit accessoire — il doit bénir sur elle la bénédiction qui lui est propre, afin de ne pas tirer profit de ce monde-ci sans bénédiction.

סעיף ח בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — וּלְעוֹלָם יַרְבֶּה הָאָדָם בַּבְּרָכוֹת הַצְּרִיכוֹת.

בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? כְּשֶׁשּׁוֹתֶה יַיִן שֶׁבִּרְכָתוֹ "בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן", שֶׁאִי אֶפְשָׁר לְבָרֵךְ בְּרָכָה זוֹ עַל הַמַּאֲכָל, אֲבָל הַשּׁוֹתֶה מַשְׁקֶה שֶׁבִּרְכָתוֹ "שֶׁהַכֹּל" — יֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁיְּבָרֵךְ עַל הַמַּאֲכָל שֶׁאוֹכֵל תְּחִלָּה "שֶׁהַכֹּל" וְלֹא בִּרְכָתוֹ הַמְיֻחֶדֶת לוֹ, שֶׁכֵּיוָן שֶׁאֲכִילָתוֹ אֵינָהּ אֶלָּא לְצֹרֶךְ הַשְּׁתִיָּה וּטְפֵלָה אֵלֶיהָ — מְבָרֵךְ עָלֶיהָ בִּרְכַּת הַשְּׁתִיָּה שֶׁהִיא עִקָּר.
אֲבָל כָּל טָפֵל שֶׁאֵין אֲכִילָתוֹ טְפֵלָה אֶל הָעִקָּר אֶלָּא כְּשֶׁאוֹכֵל שְׁנֵיהֶם יַחַד אוֹ הַטָּפֵל אַחַר הָעִקָּר, וּכְשֶׁאוֹכְלוֹ קֹדֶם הָעִקָּר אֵין אֲכִילָתוֹ טְפֵלָה אֵלָיו כְּלָל, כְּגוֹן שֶׁהֵבִיאוּ אֵלָיו פַּת אוֹ מַאֲכָל אַחֵר לֶאֱכֹל עִם הַמָּלִיחַ שֶׁלֹּא יַזִּיקֶנּוּ בִּגְרוֹנוֹ אוֹ לְמַתֵּק הַשְּׁתִיָּה אַחַר שֶׁיִּשְׁתֶּה, וּכְשֶׁבָּא לֶאֱכֹל מִמֶּנּוּ לִפְנֵי הַמָּלִיחַ אוֹ לִפְנֵי הַשְּׁתִיָּה אֵין אֲכִילָה זוֹ טְפֵלָה אֵלֶיהָ כְּלָל — צָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלֶיהָ בְּרָכָה הַמְיֻחֶדֶת לָהּ וְלֹא בִּרְכַּת הַמָּלִיחַ אוֹ הַמַּשְׁקֶה, אַף עַל פִּי שֶׁהִיא "שֶׁהַכֹּל".
לְפִיכָךְ, טוֹב שֶׁיֹּאכַל מִמֶּנּוּ מְעַט קֹדֶם בִּרְכַּת הַמָּלִיחַ אוֹ הַמַּשְׁקֶה, כְּדֵי שֶׁיְּבָרֵךְ עָלָיו בְּרָכָה הַמְיֻחֶדֶת לוֹ, וְלֹא יִפְטְרֶנּוּ בִּבְרָכָה אַחֶרֶת בְּתוֹרַת טְפֵלָה.
וְאַף עַל פִּי שֶׁמִּן הַדִּין אֵין לָחֹשׁ לְכָךְ, שֶׁאַף שֶׁבִּרְכַּת הָעִקָּר הִיא "שֶׁהַכֹּל" שֶׁהִיא בְּרָכָה כּוֹלֶלֶת וּבִרְכַּת הַטְּפֵלָה הִיא בְּרָכָה מְבֹרֶרֶת וּפוֹרֶטֶת — אֵין לָהּ דִּין קְדִימָה עַל הָעִקָּר, כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ אוֹכֵל עַתָּה הַטָּפֵל אֶלָּא בִּשְׁבִיל אֲכִילַת הָעִקָּר, אִם כֵּן קֹדֶם שֶׁהִתְחִיל בַּאֲכִילַת הָעִקָּר שֶׁעֲדַיִן אֵינוֹ חָפֵץ לֶאֱכֹל הַטָּפֵל — אֵינוֹ מְחֻיָּב לְאָכְלוֹ בִּשְׁבִיל קְדִימַת בִּרְכָתוֹ, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן רי״א, מִכָּל מָקוֹם כֵּיוָן שֶׁהָעִקָּר וְהַטָּפֵל אֵין בִּרְכוֹתֵיהֶם שָׁווֹת, וְאִם יְבָרֵךְ עַל הָעִקָּר תְּחִלָּה לֹא יְבָרֵךְ כְּלָל עַל הַטָּפֵל, וְאִם יְבָרֵךְ עַל הַטָּפֵל תְּחִלָּה יַחֲזֹר וִיבָרֵךְ עַל הָעִקָּר — טוֹב יוֹתֵר לַעֲשׂוֹת כֵּן, לְהַרְבּוֹת בַּבְּרָכוֹת, כִּי לְעוֹלָם יַרְבֶּה הָאָדָם בַּבְּרָכוֹת הַצְּרִיכוֹת וִימַעֵט בְּשֶׁאֵינָן צְרִיכוֹת, וְזוֹ הִיא בְּרָכָה הַצְּרִיכָה, שֶׁהֲרֵי הִיא מְיֻחֶדֶת לְהַטָּפֵל וְלֹא לְהָעִקָּר, וְגַם (בְּ)בִרְכַּת הָעִקָּר אֵינָהּ מְיֻחֶדֶת אֶל הַטָּפֵל אֶלָּא כּוֹלֶלֶת גַּם אֶת הַטָּפֵל, וְלֹא צִוּוּ לְמַעֵט אֶלָּא כְּשֶׁיָּכוֹל לִפְטֹר שְׁנֵי דְּבָרִים בִּבְרָכָה אַחַת הַמְיֻחֶדֶת לִשְׁנֵיהֶם:

En quel cas cela est-il dit ? Lorsqu’il boit du vin, dont la bénédiction est « בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן », car il est impossible de dire cette bénédiction sur un aliment. Mais celui qui boit une boisson dont la bénédiction est « שֶׁהַכֹּל » — il en est qui disent qu’il bénira sur l’aliment qu’il mange d’abord « שֶׁהַכֹּל », et non la bénédiction qui lui est propre : puisque sa consommation n’est que pour le besoin de la boisson et lui est accessoire, il bénit sur elle la bénédiction de la boisson, qui est le principal.
Mais tout accessoire dont la consommation n’est accessoire au principal que lorsqu’il mange les deux ensemble ou l’accessoire après le principal, et dont la consommation, lorsqu’il le mange avant le principal, ne lui est aucunement accessoire — par exemple lorsqu’on lui a apporté du pain ou un autre aliment pour manger avec le salé afin qu’il ne lui fasse pas mal à la gorge, ou pour adoucir la boisson après qu’il aura bu, et qu’il vient à en manger avant le salé ou avant la boisson, cette consommation ne lui étant alors aucunement accessoire — il doit bénir sur elle la bénédiction qui lui est propre, et non la bénédiction du salé ou de la boisson, quand bien même celle-ci serait « שֶׁהַכֹּל ».
C’est pourquoi il est bon qu’il en mange un peu avant la bénédiction du salé ou de la boisson, afin de bénir sur lui la bénédiction qui lui est propre, et de ne pas l’acquitter par une autre bénédiction au titre d’accessoire.
Et bien qu’en stricte loi il n’y ait pas lieu de s’en soucier — car même si la bénédiction du principal est « שֶׁהַכֹּל », qui est une bénédiction englobante, et celle de l’accessoire une bénédiction distincte et particulière, celle-ci n’a pas de droit de priorité sur le principal, puisqu’il ne mange l’accessoire maintenant que pour la consommation du principal ; par conséquent, avant d’avoir commencé de manger le principal, alors qu’il ne désire pas encore manger l’accessoire, il n’est pas tenu de le manger pour la priorité de sa bénédiction, comme il a été expliqué au siman רי״א (211) —, néanmoins, puisque le principal et l’accessoire n’ont pas les mêmes bénédictions, et que s’il bénit d’abord sur le principal il ne bénira pas du tout sur l’accessoire, tandis que s’il bénit d’abord sur l’accessoire il bénira ensuite de nouveau sur le principal — il est meilleur d’agir ainsi, pour multiplier les bénédictions ; car l’homme doit toujours multiplier les bénédictions nécessaires et diminuer celles qui ne le sont pas, et celle-ci est une bénédiction nécessaire, puisqu’elle est propre à l’accessoire et non au principal, et que la bénédiction du principal, de son côté, n’est pas propre à l’accessoire mais l’englobe seulement ; et l’on n’a prescrit de diminuer que lorsqu’on peut acquitter deux choses par une seule bénédiction qui leur est propre à toutes deux.

סעיף ט עִקָּר הֶחָבִיב לְעוֹלָם יוֹתֵר מִן הַטָּפֵל — מְבָרֵךְ עָלָיו תְּחִלָּה.

בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? כְּשֶׁאֵין הָעִקָּר חָבִיב לוֹ יוֹתֵר מֵהַטָּפֵל, אֶלָּא שֶׁהַשָּׁעָה צְרִיכָה לְכָךְ לַעֲשׂוֹת מִמֶּנּוּ עִקָּר, כְּגוֹן שֶׁאָכַל כְּבָר פֵּרוֹת מְתוּקִין בְּיוֹתֵר וְהֻצְרַךְ לֶאֱכֹל אַחֲרֵיהֶם מָלִיחַ לְחַתֵּךְ הַלֵּחוֹת הַנִּקְבָּצוֹת בָּאִצְטוֹמְכָא, וְאוֹכֵל עִמּוֹ אֵיזֶה מַאֲכָל שֶׁלֹּא יַזִּיקֶנּוּ בִּגְרוֹנוֹ, אֲבָל אֵין הַמָּלִיחַ חָבִיב עָלָיו וְאֵינוֹ מִתְאַוֶּה לוֹ כְּלָל, כְּמוֹ שֶׁאֵינוֹ מִתְאַוֶּה לְהַמַּאֲכָל עַכְשָׁו אִם לֹא הַמָּלִיחַ.
אוֹ אֲפִלּוּ אִם הָעִקָּר חָבִיב עָלָיו עַכְשָׁו, אֶלָּא שֶׁבְּרֹב הַפְּעָמִים הַטָּפֵל חָבִיב עָלָיו יוֹתֵר, וְאִם כֵּן אֵין קְדִימָה לְהָעִקָּר, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן רי״א.
וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר אִם גַּם עַכְשָׁו הַטָּפֵל חָבִיב עָלָיו יוֹתֵר, אֶלָּא שֶׁאַף עַל פִּי כֵן לֹא הָיָה אוֹכְלוֹ אִם לֹא שֶׁהֻצְרַךְ לֶאֱכֹל הַמָּלִיחַ, וּמִפְּנֵי זֶה הוּא טָפֵל אֵלָיו. וְאַף שֶׁאַף עַל פִּי כֵן אֵין צָרִיךְ לְהַקְדִּים הַטָּפֵל מִן הַדִּין אַף עַל פִּי שֶׁהוּא חָבִיב, כֵּיוָן שֶׁלֹּא הָיָה אוֹכְלוֹ כְּלָל אִם לֹא הָעִקָּר, מִכָּל מָקוֹם, כְּדֵי לְהַרְבּוֹת בַּבְּרָכוֹת — טוֹב לְהַקְדִּימוֹ, כֵּיוָן שֶׁאֵין לְהָעִקָּר דִּין קְדִימָה מִצַּד עַצְמוֹ.
וְאַף אִם מִצַּד בִּרְכָתוֹ יֵשׁ לוֹ דִּין קְדִימָה, כְּגוֹן שֶׁבִּרְכָתוֹ "בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה" אוֹ "בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ" וּבִרְכַּת הַטָּפֵל הִיא "שֶׁהַכֹּל", מִכָּל מָקוֹם, כֵּיוָן שֶׁאִם יְבָרֵךְ עַל הָעִקָּר תְּחִלָּה "בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ" אוֹ "בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה" לֹא יְבָרֵךְ כְּלָל עַל הַטָּפֵל שֶׁבִּרְכָתוֹ "שֶׁהַכֹּל נִהְיָה בִּדְבָרוֹ" — לֹא שַׁיָּךְ כְּלָל בָּזֶה קְדִימָה, וְיוֹתֵר טוֹב לְהַרְבּוֹת בַּבְּרָכוֹת, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר.
אֲבָל אִם הָעִקָּר חָבִיב עָלָיו לְעוֹלָם יוֹתֵר מִן הַטָּפֵל — צָרִיךְ לְבָרֵךְ עָלָיו תְּחִלָּה, שֶׁכֵּיוָן שֶׁהוּא חָשׁוּב מִמֶּנּוּ וּמֻקְדָּם לִבְרָכָה מֵחֲמַת חֲבִיבוּת עַצְמוֹ וְלֹא מֵחֲמַת בִּרְכָתוֹ — רָאוּי הוּא לְבָרֵךְ עָלָיו וְלִפְטֹר הַטָּפֵל בְּבִרְכָתוֹ מֵחֲמַת טְפֵלָתוֹ, שֶׁזֶּהוּ עִקַּר מַעֲלַת חֲשִׁיבוּתוֹ כְּשֶׁפּוֹטֵר דָּבָר אַחֵר בְּבִרְכָתוֹ, וְלֹא קְדִימָה לְבַדָּהּ, שֶׁאֵין בָּהּ מַעֲלָה כָּל כָּךְ לַדְּבָרִים הַחֲשׁוּבִים מִצַּד עַצְמָן, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן רי״א.
וְאַף אִם בִּרְכַּת הָעִקָּר הִיא "שֶׁהַכֹּל" וּבִרְכַּת הַטָּפֵל הִיא מְבֹרֶרֶת וּפְרָטִית — אֵין זֶה מוֹעִיל לְהַקְדִּימוֹ, כֵּיוָן שֶׁלֹּא הָיָה אוֹכְלוֹ כְּלָל אִם לֹא הָעִקָּר.
וַאֲפִלּוּ אִם עַכְשָׁו כְּשֶׁאוֹכֵל הַטָּפֵל עִם הָעִקָּר הַטָּפֵל חָבִיב עָלָיו יוֹתֵר אֶלָּא שֶׁכְּשֶׁאוֹכְלוֹ לְבַדּוֹ אֵינוֹ חָבִיב לוֹ כְּמוֹ הָעִקָּר — אֵין לוֹ לְבָרֵךְ עָלָיו כְּלָל, כֵּיוָן שֶׁכְּשֶׁבָּא לְאָכְלוֹ לְבַדּוֹ הֲרֵי אֵינוֹ חָבִיב עָלָיו כְּמוֹ הָעִקָּר, וּכְשֶׁבָּא לְאָכְלוֹ עִם הָעִקָּר הֲרֵי הוּא טָפֵל אֵלָיו, וְכָל עִקָּר וְטָפֵל אַף עַל פִּי שֶׁהַטָּפֵל חָבִיב — מְבָרֵךְ עַל הָעִקָּר וּפוֹטֵר אֶת הַטָּפֵל הַנֶּאֱכָל עִמּוֹ אוֹ אַחֲרָיו:

En quel cas cela est-il dit ? Lorsque le principal ne lui est pas plus cher (חָבִיב) que l’accessoire, mais que le moment exige d’en faire le principal — comme s’il a déjà mangé des fruits par trop sucrés et qu’il ait dû manger après eux du salé pour trancher les humeurs rassemblées dans l’estomac (אִצְטוֹמְכָא), et qu’il mange avec lui quelque aliment pour qu’il ne lui fasse pas mal à la gorge, alors que le salé ne lui est pas cher et qu’il n’en a aucune envie, de même qu’il n’a pas envie de cet aliment maintenant s’il n’y avait le salé.
Ou même si le principal lui est cher maintenant, seulement que la plupart du temps l’accessoire lui est plus cher — de sorte que le principal n’a pas de priorité, comme il a été expliqué au siman רי״א (211).
Et il va sans dire qu’il en va ainsi si, maintenant aussi, l’accessoire lui est plus cher, mais que malgré cela il ne l’aurait pas mangé s’il n’avait dû manger le salé, et que c’est pour cela qu’il lui est accessoire. Et bien que, même alors, il n’ait pas à faire précéder l’accessoire selon la stricte loi, quand bien même il lui serait cher, puisqu’il ne l’aurait pas mangé du tout sans le principal — néanmoins, pour multiplier les bénédictions, il est bon de le faire précéder, puisque le principal n’a pas de droit de priorité de son propre chef.
Et même si, du côté de sa bénédiction, il a un droit de priorité — par exemple si sa bénédiction est « בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה » ou « בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ » et que celle de l’accessoire est « שֶׁהַכֹּל » —, néanmoins, puisque, s’il bénit d’abord sur le principal « בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ » ou « בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה », il ne bénira pas du tout sur l’accessoire, dont la bénédiction est « שֶׁהַכֹּל נִהְיָה בִּדְבָרוֹ » — la priorité n’a ici aucune prise, et il vaut mieux multiplier les bénédictions, comme il a été expliqué.
Mais si le principal lui est toujours plus cher que l’accessoire — il doit bénir sur lui d’abord ; car, puisqu’il lui est plus important et qu’il le précède pour la bénédiction en raison de sa valeur d’affection propre et non en raison de sa bénédiction — il est digne de bénir sur lui et d’acquitter l’accessoire par sa bénédiction du fait de sa subordination : c’est là le principal de l’excellence de son importance, lorsqu’il acquitte une autre chose par sa bénédiction, et non la priorité seule, en laquelle il n’y a pas tant d’excellence pour les choses importantes par elles-mêmes, comme il a été expliqué au siman רי״א (211).
Et même si la bénédiction du principal est « שֶׁהַכֹּל » et que celle de l’accessoire est distincte et particulière — cela ne suffit pas à le faire précéder, puisqu’il ne l’aurait pas mangé du tout sans le principal.
Et même si maintenant, lorsqu’il mange l’accessoire avec le principal, l’accessoire lui est plus cher, mais que lorsqu’il le mange seul il ne lui est pas cher autant que le principal — il ne doit aucunement bénir sur lui : puisque, lorsqu’il vient à le manger seul, il ne lui est pas cher autant que le principal, et lorsqu’il vient à le manger avec le principal, il lui est accessoire ; et pour tout principal et accessoire, même si l’accessoire est cher — on bénit sur le principal et l’on acquitte l’accessoire mangé avec lui ou après lui.

סעיף י אֵין הַטָּפֵל נִפְטָר אֶלָּא כְּשֶׁהָיָה לְפָנָיו אוֹ שֶׁהָיְתָה דַּעְתּוֹ עָלָיו.

לְעוֹלָם אֵין הַטָּפֵל נִפְטָר בְּבִרְכַּת הָעִקָּר, וַאֲפִלּוּ אִם הֵם שְׁנֵי מִינִים שֶׁבִּרְכוֹתֵיהֶם שָׁווֹת, אֶלָּא כְּשֶׁהָיָה הַטָּפֵל לְפָנָיו, אוֹ שֶׁהָיְתָה דַּעְתּוֹ עָלָיו בְּבֵרוּר בְּשָׁעָה שֶׁבֵּרַךְ עַל הָעִקָּר, אֲבָל אִם אַחַר הַבְּרָכָה הֱבִיאוּהוּ לְפָנָיו וְלֹא הָיְתָה דַּעְתּוֹ עָלָיו בְּבֵרוּר, בְּעִנְיָן שֶׁאִם לֹא הָיָה טָפֵל הָיָה צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ — אֵין טְפֵלָתוֹ מוֹעֶלֶת כְּלוּם לְפָטְרוֹ בְּבִרְכַּת הָעִקָּר, לֹא מִבְּרָכָה רִאשׁוֹנָה אַף עַל פִּי שֶׁבִּרְכוֹתֵיהֶם שָׁווֹת, וְעַל דֶּרֶךְ מַה שֶּׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן ר״ו, וְלֹא מִבְּרָכָה אַחֲרוֹנָה כְּשֶׁאֵין בִּרְכוֹתֵיהֶם [הָאַחֲרוֹנוֹת] שָׁווֹת, אֶלָּא אִם כֵּן קָבַע עַצְמוֹ עַל הָעִקָּר, וְהוּא דָּבָר שֶׁקְּבִיעוּת מוֹעֶלֶת בּוֹ מִפְּנֵי שֶׁדַּרְכּוֹ בְּכָךְ, כְּגוֹן פַּת, וְכֵן יַיִן, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן ר״ו, וְכֵן שֵׁכָר וּדְבַשׁ בִּמְדִינוֹת אֵלּוּ, כְּמוֹ שֶׁיִּתְבָּאֵר בְּסִימָן רי״ג.
וּמִכָּל מָקוֹם, מִי שֶׁאוֹכֵל פַּת אוֹ מַאֲכָל אַחֵר לְמַתֵּק הַשְּׁתִיָּה וְדַרְכּוֹ בְּכָךְ בְּרֹב הַפְּעָמִים — הֲרֵי זֶה כְּאִלּוּ הָיְתָה דַּעְתּוֹ עָלָיו.
וְאִם אֵין דַּרְכּוֹ בְּכָךְ — מְבָרֵךְ עַל הַפַּת "שֶׁהַכֹּל" כְּבִרְכַּת הַמַּשְׁקֶה שֶׁהִיא טְפֵלָה אֵלָיו.
(אֲבָל אֵין צָרִיךְ לִטּוֹל יָדָיו תְּחִלָּה, אַף אִם הוּא בְּעִנְיָן שֶׁצָּרִיךְ לְבָרֵךְ עָלֶיהָ "הַמּוֹצִיא", כְּגוֹן שֶׁהִיא טְפֵלָה לְדָבָר שֶׁאֵין בִּרְכָתוֹ "שֶׁהַכֹּל", וּלְעִנְיַן נְטִילַת יָדַיִם לֹא שַׁיָּךְ לְחַלֵּק בֵּין אִם הָיְתָה דַּעְתּוֹ עַל הַטָּפֵל בִּשְׁעַת בִּרְכַּת הָעִקָּר אוֹ שֶׁנִּמְלַךְ עָלָיו אַחַר הַבְּרָכָה, אֶלָּא כֵּיוָן שֶׁאוֹכְלָהּ בְּתוֹרַת טְפֵלָה לְדָבָר אַחֵר — פָּטוּר מִנְּטִילַת יָדַיִם, שֶׁלֹּא תִּקְּנוּ לַפַּת אֶלָּא כְּשֶׁאוֹכְלָהּ לִסְעֹד הַלֵּב, שֶׁסְּעוּדָתָהּ רְגִילָה וּמְצוּיָה תָּמִיד, וְיֵשׁ לָחֹשׁ לְסֶרֶךְ תְּרוּמָה, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קנ״ח):

Jamais l’accessoire n’est acquitté par la bénédiction du principal — et cela même s’il s’agit de deux espèces dont les bénédictions sont identiques — sinon lorsque l’accessoire était devant lui, ou qu’il l’avait clairement à l’esprit au moment où il a béni sur le principal. Mais si on le lui a apporté après la bénédiction et qu’il ne l’avait pas clairement à l’esprit, de telle sorte que, s’il n’était pas accessoire, il aurait dû bénir de nouveau — sa qualité d’accessoire ne sert de rien pour l’acquitter par la bénédiction du principal : ni pour la bénédiction première, bien que leurs bénédictions soient identiques, à la manière de ce qui a été expliqué au siman ר״ו (206) ; ni pour la bénédiction finale, lorsque leurs bénédictions [finales] ne sont pas identiques — à moins qu’il ne se soit établi (קָבַע) sur le principal, et qu’il s’agisse d’une chose sur laquelle l’établissement opère parce que tel en est l’usage, comme le pain, et de même le vin, comme il a été expliqué au siman ר״ו (206), et de même la bière et le miel dans ces pays-ci, comme il sera expliqué au siman רי״ג (213).
Et néanmoins, celui qui mange du pain ou un autre aliment pour adoucir la boisson et dont c’est l’usage la plupart du temps — c’est comme s’il l’avait eu à l’esprit.
Et si ce n’est pas son usage — il bénit sur le pain « שֶׁהַכֹּל », comme la bénédiction de la boisson à laquelle il est accessoire.
(Mais il n’a pas à se laver les mains d’abord, même s’il se trouve dans un cas où il doit bénir sur ce pain « הַמּוֹצִיא », par exemple lorsqu’il est accessoire à une chose dont la bénédiction n’est pas « שֶׁהַכֹּל » ; car, pour la netilat yadaïm, il n’y a pas lieu de distinguer entre le cas où il avait l’accessoire à l’esprit lors de la bénédiction du principal et celui où il s’est ravisé après la bénédiction : dès lors qu’il le mange au titre d’accessoire d’une autre chose — il est dispensé de netilat yadaïm ; car on n’a institué la netilat yadaïm pour le pain que lorsqu’on le mange pour sustenter le cœur, dont le repas est régulier et fréquent en tout temps, et qu’il y a lieu de craindre pour l’accoutumance à la terouma (סֶרֶךְ תְּרוּמָה), comme il a été expliqué au siman קנ״ח (158).)

סעיף י״א טְפֵלָה הַנֶּאֱכֶלֶת אַחַר הָעִקָּר — בַּמָּקוֹם שֶׁאָכַל הָעִקָּר וְלֹא שִׁנָּה מְקוֹמוֹ.

וְכָל טְפֵלָה הַנֶּאֱכֶלֶת אַחַר אֲכִילַת הָעִקָּר אֵינָהּ נִפְטֶרֶת בְּבִרְכָתוֹ אֶלָּא אִם כֵּן אוֹכְלָהּ בַּמָּקוֹם שֶׁאָכַל הָעִקָּר וְלֹא שִׁנָּה מְקוֹמוֹ בֵּינְתַיִם מֵחֶדֶר לְחֶדֶר, כְּמוֹ שֶׁלֹּא הָיְתָה נִפְטֶרֶת אִם לֹא הָיְתָה טְפֵלָה, מִפְּנֵי שֶׁעֲמִידָתוֹ מִמְּקוֹמוֹ הוּא גְּמַר סְעוּדָתוֹ, וּמַה שֶּׁאוֹכֵל אַחַר כָּךְ — סְעוּדָה אַחֶרֶת הִיא, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קע״ח.
אֶלָּא אִם כֵּן הִיא טְפֵלָה לְדָבָר הַטָּעוּן בְּרָכָה לְאַחֲרָיו בִּמְקוֹמוֹ, שֶׁאָז אֵין עֲמִידָתוֹ גְּמַר סְעוּדָתוֹ כָּל שֶׁלֹּא בֵּרַךְ בְּרָכָה הָאַחֲרוֹנָה, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר:

Et tout accessoire mangé après la consommation du principal n’est acquitté par sa bénédiction que s’il le mange à l’endroit où il a mangé le principal et qu’il n’a pas changé de place entre-temps, d’une pièce à une autre — de même qu’il n’aurait pas été acquitté s’il n’avait pas été accessoire ; car son lever de sa place est l’achèvement de son repas, et ce qu’il mange ensuite est un autre repas, comme il a été expliqué au siman קע״ח (178).
À moins qu’il ne soit accessoire à une chose qui requiert une bénédiction après elle à l’endroit même : alors son lever n’est pas l’achèvement de son repas tant qu’il n’a pas dit la bénédiction finale, comme il a été expliqué.

2 · למעשה

הלכה למעשה — מנהג חב״ד

La conduite Habad pratique

Des points de conduite qui découlent directement du siman רי״ב dans la sensibilité de l’Admour HaZaken et de Habad — présentés au niveau du principe, en renvoyant au Rav pour le détail des cas.

Pour le Hassid Habad — Siman רי״ב (שֶׁהָעִקָּר פּוֹטֵר אֶת הַטָּפֵל)

  • ① Seif א. La règle-mère du siman : עִקָּר וְטָפֵל. Là où une chose est le principal et l’autre ne vient qu’à cause d’elle, une seule bénédiction est dite — celle du principal — et elle acquitte l’accessoire, avant comme après. Le Rav étage quatre degrés de moins fort à plus fort : mélange où le second n’est là que pour accommoder le premier ; mélange où les deux comptent mais où la majorité l’emporte ; mélange contenant de la substance de céréale, qui est principal même en petite quantité ; et enfin le cas extrême — deux aliments nullement mêlés, où le second ne vient qu’à cause du premier. C’est là que le pain, pourtant le plus important des aliments, peut devenir accessoire : le classique du poisson salé que l’on accompagne de pain pour qu’il ne blesse pas la gorge. Mais le Rav pose aussitôt la condition qui décide tout en pratique : cela ne vaut que s’il n’a aucune envie du pain. S’il en a envie aussi, le pain redevient pain — on dit « hamotsi », et c’est lui qui acquitte le poisson.
  • ② Seif ב. Le pain trempé dans l’eau-de-vie avant le repas : l’intention porte peut-être sur l’alcool, mais avant un repas on mange aussi pour sustenter le cœur — donc le pain n’est pas accessoire : « hamotsi », et l’eau-de-vie est acquittée avec lui. Et le principe général qui commande tout le siman : dans un mélange comportant une des cinq céréales, la céréale est toujours le principal, dès lors qu’on veut aussi la manger — même si l’envie première portait sur l’autre ingrédient. C’est pourquoi on ne bénit pas séparément sur le vin absorbé dans le pain trempé.
  • ③ Seif ג. Le même principe s’étend à la pâtisserie mezonot (pat haba’a bekhisnin) : trempée dans du vin, de l’eau-de-vie ou du miel, elle reste le principal — étant des cinq espèces de céréales — et l’on ne bénit pas sur la boisson. Deux exceptions, à retenir : quand on ne veut pas du tout manger la pâtisserie (elle sert d’ustensile pour ne pas se salir les mains), et quand on ne veut que l’alcool et que le pain n’est là que pour le rendre buvable — cas typique du morceau de pain trempé après le repas pour faciliter la digestion : là le pain devient accessoire et l’on dit « chéhakol ». Le Rav renvoie enfin à la mahloket du siman ר״ב (202) et tranche par safek berakhot lehakel.
  • ④ Seif ד. Frontière fine et très actuelle : le pain émietté dans une boisson chaude pour lui donner du goût. Ici il y a bien envie de goûter, mais le geste vise à boire, non à manger, et il ne reste dans la boisson aucune substance de céréale. La règle « la céréale est toujours principale » ne joue donc pas : c’est la boisson qui est le principal. Le critère que le Rav met à nu : la céréale ne domine que si elle garde de la consistance — épaisse et bonne à manger, non délayée et bonne à boire.
  • ⑤ Seif ה. La subordination a une durée. Elle ne vaut que pour ce qu’on mange en même temps que le principal ; ce qu’on mange ensuite à part exige de nouveau bénédiction avant et après. Sauf dans un cas : lorsque les deux ont été faits ensemble par la cuisson — là ils sont devenus une seule chose, et le principal continue d’acquitter l’accessoire même mangé séparément. Et si la subordination persiste dans l’acte même de manger (le pain que l’on prend pour adoucir la boisson déjà bue), aucune bénédiction n’est requise, fût-il mangé seul.
  • ⑥ Seif ו. Conséquence pratique que l’on oublie souvent : un pain accessoire quant à la bénédiction l’est aussi quant à la netilat yadaïm — même un kabeïtsa n’oblige pas à se laver les mains. Mais le Rav ajoute un conseil de prudence, très caractéristique de sa manière : mieux vaut s’abstenir de manger du pain pour adoucir une boisson, car nul ne peut vraiment savoir s’il le mange pour cela ou pour se remplir — et dans ce dernier cas il faudrait « hamotsi ».
  • ⑦ Seif ז. Renversement d’ordre : adoucir une boisson déjà bue n’est pas la même chose que manger avant de boire. Ce qu’on mange d’abord ne peut pas être acquitté par une bénédiction qui viendra après — car il est interdit de jouir de ce monde sans bénédiction préalable. Donc, malgré sa subordination, il faut bénir sur lui sa propre bénédiction. Deux applications quotidiennes : les noyaux mangés pour donner soif, et le morceau que l’on prend le matin ou après la sieste pour ne pas boire à jeun.
  • ⑧ Seif ח. Le Rav distingue deux situations. Si la boisson est du vin, on ne peut évidemment pas dire « hagafen » sur l’aliment. Si sa bénédiction est « chéhakol », certains disent qu’on dira « chéhakol » sur l’aliment mangé d’abord. Mais dès lors que, mangé avant, l’aliment n’est plus accessoire du tout, il retrouve sa bénédiction propre. D’où le conseil pratique du Rav : en manger un peu avant, pour dire dessus sa bénédiction propre. Le raisonnement mérite d’être médité : ce n’est pas une question de priorité (le principal n’en a pas ici), mais de ne pas perdre une bénédiction nécessaire — « on multiplie les bénédictions nécessaires et l’on diminue celles qui ne le sont pas ».
  • ⑨ Seif ט. Tout ce conseil suppose que le principal ne soit pas חָבִיב — le plus aimé. Le Rav envisage les cas où le statut de principal est imposé par les circonstances (le salé pris après des fruits trop sucrés) et non par l’affection. Là, faire précéder l’accessoire pour multiplier les bénédictions est bon. Mais si le principal est toujours le plus aimé, on bénit sur lui d’abord, et l’accessoire est acquitté : car la vraie dignité d’un aliment important n’est pas de passer en premier, c’est d’acquitter autre chose par sa bénédiction. Ni une bénédiction plus spécifique du côté de l’accessoire, ni son caractère momentanément plus aimé ne renversent cette règle.
  • ⑩ Seif י. Condition de fond, et sans doute la plus opérante au quotidien : la subordination ne fonctionne que si l’accessoire était devant lui ou clairement à l’esprit au moment de la bénédiction sur le principal. Apporté après coup et non envisagé, il n’est acquitté ni par la bénédiction première ni par la finale — sauf kevi’out sur un aliment où l’établissement opère (pain, vin ; bière et miel « dans ces pays-ci »). Deux détails pratiques : celui qui a l’habitude de manger pour adoucir sa boisson est réputé l’avoir eu à l’esprit ; et à défaut d’habitude, il dira sur le pain « chéhakol », comme la boisson. Quant aux mains — jamais de netilat yadaïm pour un pain mangé au titre d’accessoire.
  • ⑪ Seif י״א. Dernière condition : le lieu. L’accessoire mangé après le principal n’est acquitté que s’il est mangé là où l’on a mangé le principal, sans changer de pièce — car se lever, c’est achever son repas, et ce qui suit est un autre repas. Exception : si le principal est de ce qui exige une bénédiction finale sur place, tant qu’elle n’a pas été dite, le repas n’est pas achevé et la subordination tient.

⚠ Cette section présente la conduite Habad fondée sur le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, siman רי״ב (texte réel reproduit au §1). Elle ne remplace pas une décision rabbinique pour un cas particulier. Pour toute question concrète — quel aliment est principal et lequel est accessoire, faut-il bénir séparément, faut-il se laver les mains — consulter ton Rav, et pour Habad, un Rav de Habad.