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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION
Siman ד׳ · La netilat yadayim du matin
Netilat Yadayim Cha'harit — sanctifier ses mains au réveil
סימן ד׳ · כ״ג סעיפים
דיני נטילת ידים שחרית
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche des 23 seifim : texte hébreu vocalisé, traduction française fluide, explications pédagogiques sur la berakha, les trois versées, l'ordre droite-gauche et la qedoucha de l'âme renouvelée — avec une section de cas pratiques.
Sujet : Le lavage des mains au réveil et la sainteté du jour qui commence
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ד' · כ״ג סעיפים
Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com
Ce siman ouvre la journée par un geste de qedoucha : au réveil, l'homme reçoit une âme renouvelée — חֲדָשִׁים לַבְּקָרִים — et sanctifie ses mains, comme le Kohen qui se lave les mains au כִּיּוֹר avant son service. Nous étudions ici, au niveau du principe, ce premier acte d'avoda du matin. Pour les cas de doute (ספקות) et la conduite précise, nous renvoyons à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
1. La berakha « על נטילת ידים » — et אשר יצר (Rama, Abudraham)
2. Verser trois fois — pour ôter la רוח רעה
3–5. Avant la netila — ne pas toucher les orifices ; conduites de prudence
6. Pas besoin de רביעית — pour la netila de la tefila
7–9. Les modalités — verser dans un כלי, ne pas tirer profit de l'eau
10–11. Droite avant gauche — et ne pas prendre de qui n'a pas fait netila
12. שכשוך — tremper : vaut pour la tefila, pas pour la רוח רעה
13–15. Les ספקות — éveillé la nuit, avant l'aube, sieste : sans berakha
16–17. David et les 60 respirations · rincer la bouche
18–19. Ce qui exige la netila — et les dangers
20–21. Bien s'essuyer · les מקומות מכוסים avant la tefila
22–23. Sans eau · l'ordre des berakhot du matin
+ Cas pratiques et questions de compréhension
1. La berakha « על נטילת ידים »
Texte original (Seif 1)
יִרְחַץ יָדָיו וִיבָרֵךְ עַל נְטִילַת יָדָיִם. הגה: וְיֵשׁ אוֹמְרִים גַּם « אֲשֶׁר יָצַר », וַאֲפִילוּ לֹא עָשָׂה צְרָכָיו (וְכֵן נָהֲגוּ) (אבודרהם).
Traduction française
Qu'il lave ses mains et qu'il dise la berakha « על נטילת ידים » (« qui nous a ordonné le lavage des mains »). Glose du Rama : et certains disent aussi « אשר יצר », et cela même s'il n'a pas encore fait ses besoins (et tel est l'usage) [Abudraham].
נְטִילַת יָדַיִם (netilat yadayim) — le « lavage des mains » par versement d'eau d'un récipient. Le mot netila évoque le נַטְלָא, le vase avec lequel on verse : il ne s'agit pas d'un simple rinçage, mais d'un acte institué, accompli avec un כלי (un récipient).
L'idée centrale : la journée s'ouvre par une berakha. Au réveil, l'homme se prépare à se tenir devant Hachem : il lave ses mains et bénit. Le Rama ajoute אֲשֶׁר יָצַר — la berakha qui loue Hachem d'avoir formé le corps avec sagesse — car le matin tout entier est une louange du corps et de l'âme rendus.
2. Verser trois fois — la רוח רעה
Texte original (Seif 2)
יְדַקְדֵּק לְעָרוֹת עֲלֵיהֶם מַיִם ג' פְּעָמִים לְהַעֲבִיר רוּחַ רָעָה שֶׁשּׁוֹרָה עֲלֵיהֶן.
Qu'il prenne soin de verser de l'eau sur ses mains trois fois, pour ôter la רוח רעה (« l'esprit impur ») qui repose sur elles.
רוּחַ רָעָה (roua'h ra'a) — un « esprit » d'impureté qui, selon la tradition (le Zohar, la Kabbale), repose sur les mains durant le sommeil. On l'ôte en versant l'eau trois fois en alternance sur chaque main. C'est l'une des deux grandes raisons de la netila du matin.
Les deux raisons de la netila : d'une part ôter la רוח רעה (le motif des trois versées), d'autre part se sanctifier avant de servir Hachem — « comme le Kohen qui se lave les mains avant son service ». Ces deux raisons éclairent tout le siman et expliqueront les cas de doute (séifim 13-15).
Comment verser (selon l'usage répandu) :
- De l'eau dans un récipient (כלי), près du lit
- Verser trois fois en alternance : droite, gauche, droite, gauche, droite, gauche
- Sur les mains jusqu'au poignet
3–5. Avant la netila : la prudence
Texte original (Seifim 3–5)
[ג] לֹא יִגַּע בְּיָדוֹ קֹדֶם נְטִילָה לַפֶּה וְלֹא לַחֹטֶם וְלֹא לָאָזְנַיִם וְלֹא לָעֵינַיִם. [ד] אֲפִילוּ מִי שֶׁנָּטַל יָדָיו לֹא יְמַשְׁמֵשׁ ... וְלֹא יִגַּע בִּמְקוֹם הַקָּזָה. [ה] לֹא יִגַּע בְּגִיגִית שֵׁכָר שֶׁמִּשְׁמוּשׁ הַיָּד מַפְסִיד הַשֵּׁכָר.
(Seif 3) Qu'il ne touche pas, avant la netila, sa bouche, son nez, ses oreilles ni ses yeux [tant que la רוח רעה repose sur les mains]. (Seif 4) Même celui qui a déjà fait la netila évitera certains attouchements et ne touchera pas un endroit de saignée [par souci de santé]. (Seif 5) Qu'il ne touche pas non plus un récipient de boisson [que le contact pourrait altérer].
La prudence du matin : avant d'avoir purifié ses mains, on s'abstient de toucher les orifices du visage (bouche, nez, oreilles, yeux), points sensibles. Le siman mêle, comme souvent, la qedoucha et le soin du corps.
6. Pas besoin de רביעית
Texte original (Seif 6)
אֵין צָרִיךְ רְבִיעִית לִנְטִילַת יָדַיִם לִתְפִלָּה.
Il n'est pas nécessaire d'avoir une רביעית (un quart de log) d'eau pour la netila des mains en vue de la tefila.
רְבִיעִית (reviit) — une mesure de volume (≈ 86 ml selon les avis usuels). Pour la netila des mains avant un repas, on requiert un certain minimum d'eau ; mais pour la netila du matin en vue de la tefila, le Choulhan Aroukh enseigne qu'on n'a pas besoin de cette mesure.
Une netila plus souple : ce séif annonce une distinction qui parcourt tout le siman — la netila de shacharit / tefila est moins exigeante en ses modalités que la netila du repas (voir séif 7). Le principe (purifier, sanctifier) demeure ; les détails diffèrent.
7–9. Les modalités : le כלי et l'eau
Texte original (Seifim 7–9)
[ז] טוֹב לְהַקְפִּיד בִּנְטִילַת יָדַיִם שַׁחֲרִית בְּכָל הַדְּבָרִים הַמְעַכְּבִים בִּנְטִילַת יָדַיִם לִסְעוּדָה. הגה: מִיהוּ אֵינוֹ מְעַכֵּב לֹא כְּלִי וְלֹא כֹּחַ גַּבְרָא וּשְׁאָר דְּבָרִים הַפּוֹסְלִים בִּנְטִילַת הַסְּעוּדָה (מרדכי, תשובת רשב״א). [ח] נְטִילַת יָדַיִם שַׁחֲרִית אֵין נוֹטְלִין עַל גַּב קַרְקַע אֶלָּא לְתוֹךְ כְּלִי. [ט] מַיִם שֶׁל נְטִילַת יָדַיִם שַׁחֲרִית אָסוּר לֵיהָנוֹת מֵהֶם וְלֹא יִשְׁפְּכֵם בַּבַּיִת וְלֹא בְּמָקוֹם שֶׁעוֹבְרִים שָׁם בְּנֵי אָדָם.
(Seif 7) Il est bon d'être attentif, pour la netila du matin, à toutes les exigences de la netila du repas. Glose du Rama : toutefois, ne sont pas indispensables le כלי (le récipient), le כח גברא (la force de l'homme qui verse) ni les autres conditions qui invalideraient la netila du repas [Mordekhi, responsa du Rachba]. (Seif 8) Pour la netila du matin, on ne verse pas à même le sol mais dans un récipient. (Seif 9) L'eau de la netila du matin, il est interdit d'en tirer profit ; on ne la répand pas dans la maison ni en un lieu de passage.
כֹּחַ גַּבְרָא (koa'h gavra) — « la force de l'homme » : l'eau doit être versée par l'action d'une personne (et non couler d'elle-même). C'est une condition de la netila du repas ; le Rama enseigne qu'elle n'est pas indispensable pour la netila du matin (en son aspect de רוח רעה).
Pourquoi recueillir cette eau ? Parce qu'elle a ôté la רוח רעה, on n'en tire pas profit et on ne la répand pas là où l'on marche. Cela manifeste concrètement la réalité que cette eau a « emporté » quelque chose — un thème propre à la netila du matin, qui la distingue de toute autre.
10–11. Droite avant gauche
Texte original (Seifim 10–11)
[י] נוֹטֵל כְּלִי שֶׁל מַיִם בְּיַד יְמִינוֹ וְנוֹתְנוֹ לְיַד שְׂמֹאלוֹ כְּדֵי שֶׁיָּרִיק מַיִם עַל יְמִינוֹ תְּחִלָּה. [יא] לֹא יִטֹּל מִמִּי שֶׁלֹּא נָטַל יָדָיו שַׁחֲרִית.
(Seif 10) Il prend le récipient d'eau de sa main droite et le passe à sa main gauche, afin de verser l'eau sur sa main droite en premier. (Seif 11) Qu'il ne reçoive pas la netila [l'eau versée sur ses mains] de la part de quelqu'un qui n'a pas lui-même fait sa netila du matin.
Pourquoi la droite d'abord ? La main droite (יָמִין) garde une préséance d'honneur dans les mitsvot. On lui réserve donc la première eau. C'est le même ḥachivout ha-yamin (la dignité de la droite) que dans le siman 2 (l'ordre des chaussures).
L'ordre des gestes : tenir le récipient de la droite, le passer à la gauche, verser d'abord sur la droite. Et la netila se reçoit d'une personne elle-même « nettoyée » du matin : la purification se transmet de mains pures.
12. שכשוך — tremper les mains
Texte original (Seif 12)
אִם שִׁכְשֵׁךְ יָדָיו לְתוֹךְ כְּלִי שֶׁל מַיִם, עָלְתָה לוֹ נְטִילָה לִקְרִיאַת שְׁמַע וְלִתְפִלָּה, אֲבָל לֹא לְרוּחַ רָעָה שֶׁעֲלֵיהֶם. אִם שִׁכְשֵׁךְ יָדָיו בְּשָׁלֹשׁ מֵימוֹת מְחֻלָּפִים, יֵשׁ לְהִסְתַּפֵּק אִם עָלְתָה לוֹ לְהַעֲבִיר רוּחַ רָעָה שֶׁעֲלֵיהֶם.
S'il a trempé ses mains dans un récipient d'eau, sa netila vaut pour la lecture du Chema et la tefila, mais non pour ôter la רוח רעה qui est sur elles. S'il les a trempées dans trois eaux différentes, il y a un doute (ספק) si cela suffit à ôter la רוח רעה.
Deux niveaux dans une seule netila : tremper (שכשוך) sans verser d'un כלי suffit pour se préparer au Chema et à la tefila — c'est l'aspect « propreté / sanctification ». Mais cela ne suffit pas pour ôter la רוח רעה, qui requiert de verser trois fois. La netila du matin porte donc deux dimensions distinctes.
13–15. Les ספקות — sans berakha
Cas de doute — sans berakha. Les séifim 13 à 15 envisagent des situations où l'on ne sait pas si la netila (et la רוח רעה) s'applique : éveillé toute la nuit, avant l'aube, sieste de jour. Dans ces cas, le Rama tranche : on se lave les mains sans dire la berakha (ספק ברכות להקל). Pour le cas précis, on se réfère à la décision du Rav.
Texte original (Seifim 13–15)
[יג] אִם הָיָה נֵעוֹר כָּל הַלַּיְלָה, יֵשׁ לְהִסְתַּפֵּק אִם צָרִיךְ לִטֹּל יָדָיו שַׁחֲרִית. הגה: וְיִטְּלֵם בְּלֹא בְּרָכָה (הרא״ש, רשב״א). [יד] הִשְׁכִּים קֹדֶם עֲמוּד הַשַּׁחַר וְנָטַל יָדָיו, יֵשׁ לְהִסְתַּפֵּק אִם צָרִיךְ לִטֹּל פַּעַם אַחֶרֶת כְּשֶׁיֵּאוֹר הַיּוֹם. הגה: וְיִטְּלֵם בְּלֹא בְּרָכָה. [טו] יָשַׁן בַּיּוֹם, יֵשׁ לְהִסְתַּפֵּק (וְיִטְּלֵם בְּלֹא בְּרָכָה).
(Seif 13) Celui qui est resté éveillé toute la nuit : il y a un doute s'il doit faire la netila du matin. Rama : qu'il se lave les mains sans berakha [Rosh, Rachba]. (Seif 14) Celui qui s'est levé avant עמוד השחר (le lever de l'aube) et a fait la netila : doute s'il doit recommencer au jour ; qu'il se lave sans berakha. (Seif 15) Celui qui a dormi le jour : doute s'il doit verser trois fois ; qu'il se lave sans berakha.
La règle des doutes : dès qu'il y a un ספק sur l'obligation de la netila ou sur la רוח רעה, on agit (on se lave) mais sans prononcer la berakha — selon le principe ספק ברכות להקל (dans le doute sur une berakha, on s'abstient). Le geste est gardé ; le Nom n'est pas prononcé en vain.
16–17. David et les 60 respirations · rincer la bouche
Texte original (Seifim 16–17)
[טז] דָּוִד הָיָה נִזְהָר שֶׁלֹּא לִישֹׁן שִׁתִּין נִשְׁמִין (פֵּרוּשׁ: שִׁשִּׁים נְשִׁימוֹת) כְּדֵי שֶׁלֹּא יִטְעַם טַעַם מִיתָה. [יז] יֵשׁ נוֹהֲגִין לִרְחֹץ פִּיהֶם שַׁחֲרִית מִפְּנֵי הָרִירִין שֶׁבְּתוֹךְ הַפֶּה.
(Seif 16) David [le roi] prenait garde de ne pas dormir « שיתין נשמין » (soit soixante respirations) afin de ne pas goûter le goût de la mort [c'est-à-dire un sommeil profond]. (Seif 17) Certains ont l'usage de se rincer la bouche le matin, en raison des sécrétions (רירין) qui s'y trouvent.
L'élan du matin : ces deux séifim disent l'empressement à servir Hachem dès le réveil. David ne s'attardait pas dans le sommeil ; et l'on se rince la bouche pour se présenter net et digne au service du matin. La netiout (la propreté) prépare la tefila.
18–19. Ce qui exige la netila · les dangers
Texte original (Seif 18)
אֵלּוּ דְּבָרִים צְרִיכִים נְטִילָה בְּמַיִם: הַקָּם מֵהַמִּטָּה, וְהַיּוֹצֵא מִבֵּית הַכִּסֵּא, וּמִבֵּית הַמֶּרְחָץ, וְהַנּוֹטֵל צִפָּרְנָיו, וְהַחוֹלֵץ מִנְעָלָיו, וְהַנּוֹגֵעַ בְּרַגְלָיו, וְהַחוֹפֵף רֹאשׁוֹ ... וְהַנּוֹגֵעַ בְּגוּפוֹ בְּיָדוֹ. וּמִי שֶׁעָשָׂה אַחַת מִכָּל אֵלּוּ וְלֹא נָטַל ...
Voici les choses qui exigent une netila à l'eau : celui qui se lève du lit, qui sort des toilettes ou du bain, qui se coupe les ongles, qui retire ses chaussures, qui touche ses pieds, qui se lave la tête ... et qui touche son corps de sa main [aux endroits habituellement couverts].
Quelques cas qui appellent une nouvelle netila (Seif 18) :
- Se lever du lit ; sortir des toilettes ou du bain
- Se couper les ongles ; retirer ses chaussures
- Toucher ses pieds ; se laver la tête
- Toucher les parties habituellement couvertes du corps
Texte original (Seif 19)
הַמַּקִּיז דָּם מֵהַכְּתֵפַיִם וְלֹא נָטַל יָדָיו מְפַחֵד שִׁבְעָה יָמִים. הַמְגַלֵּחַ וְלֹא נָטַל יָדָיו מְפַחֵד ג' יָמִים. הַנּוֹטֵל צִפָּרְנָיו וְלֹא נָטַל יָדָיו מְפַחֵד יוֹם אֶחָד.
(Seif 19) Le Choulhan Aroukh souligne la gravité de négliger la netila après une saignée (הקזה), après s'être rasé (גילוח) ou coupé les ongles — la tradition y attache une crainte (un effet néfaste) durant un certain nombre de jours.
Le sérieux de la netila : ces séifim montrent que la netila n'est pas un simple usage : elle prépare et protège. Pour les détails de chaque cas, on s'en réfère à la décision du Rav — l'essentiel ici est de retenir que certains actes appellent à se relaver les mains.
20–21. Bien s'essuyer · les מקומות מכוסים
Texte original (Seifim 20–21)
[כ] הָרוֹחֵץ פָּנָיו וְלֹא נִגְּבָם יָפֶה, פָּנָיו מִתְבַּקְּעוֹת אוֹ עוֹלוֹת בָּהֶן שְׁחִין. [כא] צָרִיךְ לִזָּהֵר בִּתְפִלָּה אוֹ בַּאֲכִילָה (וְעַיֵּן לְעֵיל סִימָן צ״ב) שֶׁלֹּא לִגַּע בְּשׁוֹק וְיָרֵךְ וּבַמְּקוֹמוֹת הַמְכֻסִּים בָּאָדָם, לְפִי שֶׁיֵּשׁ שָׁם מַלְמוּלֵי זֵעָה.
(Seif 20) Celui qui se lave le visage et ne l'essuie pas bien risque que sa peau se gerce ou s'irrite ; on prendra donc soin de bien s'essuyer. (Seif 21) Il faut prendre garde, avant la tefila ou le repas (voir aussi siman 92), à ne pas toucher la jambe, la cuisse ni les parties habituellement couvertes du corps, car il s'y trouve des מַלְמוּלֵי זֵעָה (traces de sueur).
מְקוֹמוֹת מְכֻסִּים (mekomot mekhoussim) — les « endroits couverts » du corps, où la transpiration s'accumule (מלמולי זיעה). Avant la tefila ou le repas, les avoir touchés requiert de se relaver les mains, par souci de propreté devant Hachem (lien direct avec les simanim 92 et 164).
La propreté avant la tefila : se tenir devant Hachem demande des mains nettes. Bien s'essuyer (séif 20), ne pas toucher les endroits couverts (séif 21) : tout converge vers une נקיות digne de la prière.
22–23. Sans eau · l'ordre des berakhot
Texte original (Seifim 22–23)
[כב] אִם אֵין לוֹ מַיִם, יְקַנֵּחַ יָדָיו בִּצְרוֹר אוֹ בְּעָפָר אוֹ בְּכָל מִידֵי דִּמְנַקֵּי, וִיבָרֵךְ « עַל נְקִיּוּת יָדַיִם », וְיוֹעִיל לִתְפִלָּה אֲבָל לֹא לְהַעֲבִיר רוּחַ רָעָה שֶׁעֲלֵיהֶן. [כג] לֹא תִּקְּנוּ נְטִילַת יָדַיִם אֶלָּא לִקְרִיאַת שְׁמַע וְלִתְפִלָּה, אֲבָל בִּרְכוֹת דְּשַׁחֲרִית יָכוֹל לְבָרֵךְ קֹדֶם נְטִילָה, אֶלָּא אִם כֵּן הוּא יָשֵׁן עַל מִטָּתוֹ עָרוֹם, שֶׁאָז אָסוּר לְהַזְכִּיר אֶת הַשֵּׁם עַד שֶׁיְּנַקֶּה אוֹתָם.
(Seif 22) S'il n'a pas d'eau, qu'il nettoie ses mains avec un caillou, de la terre ou tout ce qui nettoie, et qu'il dise la berakha « על נקיות ידים » (« sur la propreté des mains ») ; cela vaut pour la tefila, mais non pour ôter la רוח רעה. (Seif 23) La netila n'a été instituée que pour le Chema et la tefila ; les ברכות השחר (berakhot du matin) peuvent être dites avant la netila — sauf si l'on a dormi dénudé, auquel cas on ne prononce pas le Nom avant de s'être nettoyé les mains.
L'institution de la netila : ce séif final donne le cadre — la netila du matin a été instituée pour le Chema et la tefila. Les berakhot du matin, elles, peuvent la précéder. Mais la propreté reste requise dès qu'on prononce le Nom : si l'on a dormi dénudé, on se nettoie d'abord les mains.
Sans eau (Seif 22) : on nettoie les mains avec un caillou, de la terre ou tout objet qui nettoie, et l'on bénit עַל נְקִיּוּת יָדַיִם. Cela permet la tefila mais n'ôte pas la רוח רעה (qui requiert de l'eau versée trois fois).
Cas pratiques
Cas 1 — La netila au réveil
Situation : on se réveille le matin. Comment accomplir concrètement la netila et quand dire la berakha ?
Conduite : préparer la veille un récipient (כלי) d'eau près du lit. Au réveil, verser trois fois en alternance sur chaque main (droite, gauche…), jusqu'au poignet, pour ôter la רוח רעה (séif 2). On évite de toucher la bouche, le nez, les oreilles et les yeux auparavant (séif 3). Quant à la berakha על נטילת ידים (et אשר יצר), l'usage et le moment précis se règlent selon la décision du Rav.
Cas 2 — Éveillé toute la nuit, sieste, avant l'aube
Situation : on est resté éveillé toute la nuit, ou l'on a fait une sieste de jour, ou l'on s'est levé avant l'aube.
Conduite : dans ces cas de doute (ספקות, séifim 13-15), on se lave les mains sans dire la berakha (ספק ברכות להקל). Pour la conduite exacte de chaque situation, on se réfère à la décision du Rav, et l'on peut approfondir au Niveau 4 — Daat HaRav.
Cas 3 — Sans eau (voyage, hôpital)
Situation : au réveil, on n'a pas d'eau à disposition (en voyage, à l'hôpital).
Conduite : on nettoie ses mains avec ce qui nettoie (un linge, une matière propre) et l'on dit la berakha על נקיות ידים (séif 22). Cela permet la tefila, mais n'ôte pas la רוח רעה : dès qu'on aura de l'eau, on versera trois fois.
Cas 4 — Une nouvelle netila dans la journée
Situation : dans la journée, on se coupe les ongles, on sort du bain, on touche les parties couvertes du corps avant de prier.
Conduite : certains actes appellent une nouvelle netila (séif 18) ; et avant la tefila ou le repas, on ne touche pas les מקומות מכוסים sans se relaver (séif 21, lien siman 92). Le principe : se présenter à la prière avec des mains nettes. Pour le détail des cas, on se réfère à la décision du Rav.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
- Quelle berakha dit-on sur la netila du matin (Seif 1), et qu'ajoute le Rama au nom de l'Abudraham ?
- Combien de fois verse-t-on l'eau, et pourquoi (Seif 2) ?
- Que ne touche-t-on pas avant la netila (Seif 3) ?
- Dans quel ordre verse-t-on sur les mains, et pourquoi (Seif 10) ?
- Que vaut le שכשוך (tremper), et que ne vaut-il pas (Seif 12) ?
- Dans les cas de doute (Seifim 13-15), fait-on la netila avec ou sans berakha ?
- Cite trois actes qui exigent une nouvelle netila (Seif 18).
- Sans eau, que fait-on et quelle berakha dit-on (Seif 22) ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
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- 📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul, les שיטות ראשונים et les nuances Acharonim sur le טעם הנטילה (רוח רעה / qedoucha), le דין הכלי et les ספק ברכות
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- 👑 Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) : la chitah du Choulhan Aroukh HaRav (21 séifim) — le yesod de l'âme renouvelée (חדשים לבקרים) et la raison du כלי