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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman ר"ע · 2 Seifim

Réciter le pereq Bameh madlikin (Mishna Shabbat ch. 2) — pour découvrir et comprendre
סימן ר"ע
לוֹמַר מִשְׁנַת בַּמֶּה מַדְלִיקִין
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman ר"ע : texte hébreu intégral du Mehaber, traduction française fluide, explications pédagogiques des concepts halakhiques, cas pratiques modernes et synthèse.

Sujet : Réciter le pereq Bameh madlikin (Mishna Shabbat ch. 2)
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ר"ע (2 seifim)

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Choul'han Aroukh — les 2 seifim du Mehaber
2. Le contexte général : pourquoi ce siman, quelle est la question ?
3. Les concepts-clés halakhiques de ce siman
4. Le détail des seifim — un par un
5. Le Mishnah Berurah — premières entrées
6. La position du Rama — différences ashkénaze vs séfarade
7. Cas pratiques modernes
8. Synthèse pratique et règles à retenir
9. Questions de compréhension

1. Le texte du Choul'han Aroukh

Le siman ר"ע contient 2 seifim du Mehaber (Rabbi Yossef Karo) qui codifient les règles relatives à réciter le pereq bameh madlikin (mishna shabbat ch. 2).

Seif א — Quand réciter Bameh Madlikin

לוֹמַר מִשְׁנַת בַּמֶּה מַדְלִיקִין. ובו ב סעיפים:
נוֹהֲגִים לוֹמַר פֶּרֶק "בַּמֶּה מַדְלִיקִין". וְהַסְּפָרַדִּים אוֹמְרִים אוֹתוֹ קוֹדֶם תְּפִלַּת עַרְבִית — וְהוּא הַנָּכוֹן.
Traduction : il est coutume de réciter, le vendredi soir après Mincha ou avant/après Maariv, le pereq בַּמֶּה מַדְלִיקִין — chapitre 2 de la Mishna de Shabbat. Ce chapitre traite des mèches et huiles permises pour la bougie de Shabbat, de la mitsva d'allumage, et des trois rappels familiaux que le maître de maison doit faire avant Shabbat (אעשרים, ערובים, נר).

Position des Séfarades : on le récite avant la tefilla d'Arvit (= avant Maariv) — "וְהוּא הַנָּכוֹן" ("c'est ce qui est juste"), nous dit le Mehaber. Logique : c'est un rappel-pratique avant que Shabbat ne commence officiellement.

Seif ב — Exceptions calendaires

יֵשׁ שֶׁאֵין אוֹמְרִים אוֹתוֹ בְּיוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּעֶרֶב שַׁבָּת. וְיֵשׁ שֶׁאֵין אוֹמְרִים אוֹתוֹ בְּשַׁבָּת שֶׁל חֲנֻכָּה. הגה (רמ"א) : וְאֵין נוֹהֲגִין כֵּן בַּחֲנֻכָּה — וּבְשַׁבָּת שֶׁל חוֹל הַמּוֹעֵד אֵין אוֹמְרִים אוֹתוֹ (מנהגים), וְכֵן בְּיוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת — אֵין אוֹמְרִים אוֹתוֹ (מהרי"ל הלכות סוכה).
Traduction : deux cas d'exception cités par le Mehaber : (1) certains ne le disent pas quand Yom Tov tombe vendredi (Yom Tov = veille de Shabbat) ; (2) certains ne le disent pas le Shabbat de Hanouka.

Hagaha (Rama) : on ne suit pas cette exception pour Hanouka — donc on le dit le Shabbat de Hanouka. Mais on ne le dit pas :
• Le Shabbat de Hol HaMoed (Pessah, Souccot) (source : Minhagim)
• Yom Tov qui tombe Shabbat (source : Maharil, Hilkhot Soukka)
Vue d'ensemble : le siman codifie le moment et les exceptions d'une lecture publique d'une mishna précise (Shabbat 2:1-7). C'est un rituel mineur mais ancien, dont la valeur est multiple : (a) rappel des hilkhot allumage, (b) étude de la Mishna, (c) source de berakhot finales ("אלו דברים..." en clôture).

2. Le contexte général

Qu'est-ce que "Bameh Madlikin" ?

בַּמֶּה מַדְלִיקִין = "avec quoi allume-t-on". C'est le titre — premier mot — du chapitre 2 de la Mishna de Shabbat, qui contient 7 mishnayot traitant des règles de l'allumage des bougies de Shabbat. Il couvre :

La tradition de réciter ce pereq en public le vendredi soir remonte au geonim et était vivement attestée au Moyen Âge ashkénaze et séfarade. Le Mehaber décrit la coutume comme acquise.

La question fondamentale : à quel moment dire Bameh Madlikin (avant ou après Maariv) ? Et pourquoi certains jours sont-ils exceptés (Yom Tov en érev Shabbat, Shabbat de Hanouka, Hol HaMoed) ?

Place dans Hilkhot Shabbat

Le siman ר"ע succède au siman 269 (kiddush en synagogue) et précède 271 (kiddush du soir au repas). C'est un siman très court mais qui codifie un rituel particulier : la récitation d'une mishna à un moment liturgique précis, avec ses exceptions.

3. Les concepts-clés halakhiques

Concept 1 — קְרִיאַת מִשְׁנָה בְּפַרְהֶסְיָא (Récitation de Mishna en public) : phénomène liturgique d'inclure des sources non-biblique (Mishna, Aggadah) dans la prière publique. Bameh Madlikin est l'un des cas les plus anciens. Logique : apprendre les hilkhot du jour (allumage) au moment où elles s'appliquent.
Concept 2 — Le moment optimal : "קוֹדֶם תְּפִלַּת עַרְבִית — וְהוּא הַנָּכוֹן" du Mehaber. Pourquoi avant Maariv ? Parce que le pereq sert d'introduction à l'entrée du Shabbat — c'est un rappel pré-shabbat, pas un commentaire post-acceptation.
Concept 3 — Les exceptions calendaires : les jours où on ne dit pas Bameh Madlikin partagent un trait — l'allumage est déjà fait (Hanouka : on a déjà allumé les bougies de Hanouka avant les bougies de Shabbat), n'a pas de nouveauté (Yom Tov-Shabbat : on allume déjà pour Yom Tov), ou est différé/inutile (Hol HaMoed : pas d'allumage spécial supplémentaire).

4. Le détail des 2 seifim

SeifSujetPosition
1Coutume de réciter Bameh MadlikinCoutume universelle. Mehaber : "Sefardim disent avant Maariv — c'est ce qui est juste".
2aYom Tov en érev ShabbatCertains ne disent pas (rappel inutile, déjà allumé pour Yom Tov)
2bShabbat de HanoukaCertains ne disent pas ; Rama : on dit (allumage de Hanouka est différent de Shabbat)
2c (Rama)Shabbat de Hol HaMoedNe pas dire (source : Minhagim) — repas et atmosphère sont déjà "fêtés"
2d (Rama)Yom Tov qui tombe ShabbatNe pas dire (source : Maharil)
Synthèse pratique des exceptions : on ne dit pas Bameh Madlikin chaque fois que :
• L'allumage a déjà eu lieu de manière "spéciale" (Hanouka — sauf Rama)
• L'allumage spécial est déjà institué (Yom Tov en érev Shabbat ; Yom Tov-Shabbat)
• Le rappel pédagogique est superflu (Hol HaMoed)
Logique commune : le pereq est un rappel des règles qui n'est pertinent que quand l'allumage est "courant".

5. Le Mishnah Berurah

Le Mishna Berurah compte 8 entrées sur ce siman.

משנה ברורה (א)נוהגים לומר : הטעם המקורי — אורחים שהיו לנים בבית הכנסת קודם שבת. אומרים להם הלכות שבת קלות שדוקא יידעו את הקרובים להם (מהן הפתילות הכשרות, מהן השמנים, אזהרות לאיש בעל הבית — לשון "עשרתם, עירבתם, הדליקו את הנר").
Explication : le MB explicite la raison originelle du pereq — les voyageurs hébergés à la synagogue avaient besoin d'apprendre les règles pratiques de l'allumage (qu'ils auraient ratées chez eux). Donc on leur récitait ce pereq de la Mishna en public.
משנה ברורה (ב)קודם תפילת ערבית : הספרדים אומרים אותו לפני "ברכו". וזהו הנכון — שיהיה בעוד יום, לפני קבלת השבת.
Explication : les Sefardim le récitent avant "Barekhu" — c'est-à-dire avant l'entrée formelle dans le Shabbat liturgique. C'est cohérent : le pereq est un avertissement avant Shabbat. Les Ashkénazes le disent souvent après Maariv.

Pour les 8 entrées complètes : Mishnah Berurah 270.

6. La position du Rama — 4 précisions

Le Rama ajoute une seule הגהה sur ce siman, mais elle contient 4 précisions importantes :

  1. Hanouka — on dit Bameh Madlikin. Contre l'opinion mentionnée par le Mehaber, le Rama suit l'usage ashkénaze : la mishna est dite même le Shabbat de Hanouka (allumage de Hanouka est distinct de celui de Shabbat).
  2. Hol HaMoed (Pessah/Souccot) — on ne dit pas. Source : sefer Minhagim. Pourquoi ? L'atmosphère festive du moed se prolonge dans le Shabbat — pas besoin de rappel des règles spécifiques de Shabbat.
  3. Yom Tov qui tombe Shabbat — on ne dit pas. Source : Maharil (Hilkhot Soukka). L'allumage du Yom Tov-Shabbat est déjà spécial.
  4. Yom Tov en érev Shabbat — on ne dit pas. (Selon le Mehaber lui-même.)
Tableau des cas chez le Rama :

7. Cas pratiques modernes

SituationConduite
Shabbat ordinaire en synagogueBameh Madlikin récité (avant Maariv chez les Sefardim, après chez les Ashkenaz).
Shabbat de HanoukaSefardim selon position citée : ne dit pas. Ashkénazes (Rama) : on dit.
Shabbat de Hol HaMoed PessahNe pas dire (Rama, source Minhagim).
Yom Tov (par exemple Souccot) qui tombe vendrediNe pas dire (Mehaber + Rama).
Premier soir de Pessah qui tombe ShabbatNe pas dire (Rama, Maharil).
Personne qui prie chez soi sans minyanCoutume de le dire personnellement avant ou après Maariv. Pas d'obligation stricte.
Synagogue ne dit pas Bameh Madlikin par manque de tempsPas d'interdit. C'est une coutume, pas une obligation. Mais l'apprendre soi-même reste valide.

8. Synthèse pratique du siman

Les 4 règles à retenir du Siman ר"ע :
  1. Bameh Madlikin = chapitre 2 de Mishna Shabbat — règles d'allumage des bougies de Shabbat.
  2. Récité vendredi soir. Sefardim : avant Maariv ("c'est ce qui est juste"). Ashkénazes : après Maariv (usage courant).
  3. Exceptions chez le Rama : Shabbat de Hol HaMoed + Yom Tov-Shabbat + Yom Tov en érev Shabbat — pas dit.
  4. Shabbat de Hanouka : Mehaber rapporte "on ne dit pas" ; Rama : on dit. Suivre son minhag.

Le siman ר"ע fait partie des simanim 242-365 qui couvrent les Hilkhot Shabbat. Il a son propre périmètre conceptuel mais s'articule avec les simanim voisins.

9. Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Que contient le pereq Bameh Madlikin (chapitre 2 de Mishna Shabbat) ?
  2. À quel moment liturgique exactement le récite-t-on ? Quelle est la différence Sefardi/Ashkenaz ?
  3. Pourquoi est-ce "le moment juste" de le réciter avant Maariv selon le Mehaber ?
  4. Quels sont les 4 jours où on ne récite pas Bameh Madlikin selon le Rama ?
  5. Quelle est la divergence Mehaber/Rama sur Shabbat de Hanouka ?
  6. Quels sont les 3 rappels du chef de famille mentionnés dans le pereq ?
  7. Pourquoi a-t-on institué la récitation de cette mishna en public ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Pour continuer l'étude — siman suivantSiman 271 →
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