Sougyot, sources, hakira de fond, ma'hlokot des Richonim et des Aharonim,
nafka minot pour la pratique et examen des chitot
Le sujet :
Choul'han Aroukh, Yoré Déa, siman 105 (14 seifim)
avec ses nossei kelim : Chakh (Siftei Kohen), Taz (Tourei Zahav), Peri Megadim, Pit'hei Techouva
Le fond de la sougya dans le Chas :
Pessa'him 76a (כיצד צולין — tataa gavar, pi'poua) · 'Houlin 111b–112a (maliah kerotéah, kavouch) · Avoda Zara 38b (kavouch)
Rédaction et étude :
Rav Yossef Haim Samama · DAAT
Condensé vocalisé du seif (תמצית) — le verbatim intégral du texte source est au niveau 1.
אִסּוּר שֶׁנִּשְׁרָה עִם הֶתֵּר מֵעֵת לְעֵת בְּצוֹנֵן — מִקְרֵי כָּבוּשׁ, וַהֲרֵי הוּא כִּמְבֻשָּׁל, וְנֶאֱסַר כֻּלּוֹ. אֲבָל פָּחוֹת מִכָּאן — בַּהֲדָחָה סַגִּי. (הגה: וְכָל מָקוֹם שֶׁאוֹמְרִים כָּבוּשׁ כִּמְבֻשָּׁל, אֲפִלּוּ מַה שֶּׁחוּץ לַמַּשְׁקֶה נֶאֱסָר, שֶׁכְּבִישַׁת הַתַּחְתּוֹן מִתְפַּשֶּׁטֶת לְמַעְלָה כְּמוֹ בְּבִשּׁוּל; וְיֵשׁ מְקִילִין בְּמַה שֶּׁחוּץ לַמַּשְׁקֶה. וּסְפֵק כָּבוּשׁ — אָסוּר, חוּץ מִבָּשָׂר בְּחָלָב שֶׁמְּקִילִין, דְּמִן הַתּוֹרָה אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא בְּבִשּׁוּל מַמָּשׁ.) וְאִם נִכְבַּשׁ בְּצִיר אוֹ בְּחֹמֶץ — אִם שָׁהָה כְּדֵי שֶׁיַּרְתִּיחַ, נַעֲשָׂה כִּמְבֻשָּׁל; פָּחוֹת מִכָּאן — אֵינוֹ אוֹסֵר אֶלָּא כְּדֵי קְלִיפָה (ועיין סימן ע').
« וכל מקום דאמרינן כבוש כמבושל אפילו מה שחוץ לכבישה אסור » (רמ״א יו״ד ק״ה:א)
« ויש מקילין במה שבחוץ » (רמ״א יו״ד ק״ה:א)
Le Chakh, à son ס״ק א, remarque que d'après les mots du Rama dans le Torat Hatat c'est l'avis indulgent qui paraît l'essentiel, et il conclut qu'on ne poussera pas la rigueur jusque-là :
« ומדברי הרב בת״ח כלל כ״ב ד״ו נראה שכן עיקר » (ש״ך יו״ד ק״ה ס״ק א)
« לכך נראה דאע״ג דלא מחלקינן בין כחוש לשמן היינו במליחה וצלייה וכה״ג אבל כולי האי לא נחמיר » (ש״ך יו״ד ק״ה ס״ק א)
| Chita | Saumure / vinaigre | Source |
|---|---|---|
| Sens simple du Mehaber | La saumure et le vinaigre vont de pair — tous deux hâtent, et en כדי שירתיח (un temps bref) le voilà comme cuit | Mehaber seif 1 |
| Le Chakh (ס״ק ב), au nom du Roch | Le vinaigre suit la règle des autres liquides — vingt-quatre heures ; seule la saumure, par la force du sel, macère en « le temps qu'il bouille » | ש״ך ס״ק ב |
« דאף בחומץ בעינן יום שלם » (ש״ך יו״ד ק״ה ס״ק ב)
« ל״ד חומץ לציר דציר שאנו אוסרים בשביל כח המלח שיש בו די בשיעור כדי שיתננו על האש וירתיח » (ש״ך יו״ד ק״ה ס״ק ב)
La nafka mina pour la pratique est grande : de la viande qui a trempé dans du vinaigre moins de vingt-quatre heures n'est pas kevoucha selon le Chakh, et l'on ne dit pas à son sujet « le temps qu'il bouille ». Pour la saumure en revanche, le Chakh précise à son ס״ק ג qu'en deçà de la mesure il n'y a certes pas de macération, mais que le salé agit aussitôt comme du bouillant :
« מיהו עכ״פ מליח כרותח הוי מיד לאסור כולו » (ש״ך יו״ד ק״ה ס״ק ג)
Le Pit'hei Techouva (ס״ק ב) rapporte au même endroit que l'huile d'olive, selon les Tossafot d'Avoda Zara, absorbe et rejette même à froid :
« דשמן זית בולע ופולט אף בצונן לפי שהוא עז וחריף » (פתחי תשובה יו״ד ק״ה ס״ק ב)
« ולא אוכל להבין למה יאסור ההיתר בכלי של איסור ב״י » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק א)
Sa raison : au moment même où la macération prend effet — après vingt-quatre heures — l'ustensile n'est plus ben yomo, et tout ce qu'il rejette est notén ta'am lifgam. Cela ne ressemble pas au fût de vin de libation, dont le goût s'améliore :
« והרי באותה שעה נעשה אינו בן יומו ואין לו לכלי כח לאסור ההיתר ששרוי בתוכו » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק א)
Il refuse aussi la distinction du Issour ve-Heter entre le bois et la terre d'une part, le métal de l'autre, et il conclut :
« העיקר בזה דבכל הכלים אין לאסור אותם בדיעבד ע״י שנשרה בם איסור מע״ל » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק א)
Le hidouch du Rama — un doute sur le kavouch est interdit — et c'est sur lui que le Taz et les Aharonim ont divergé.
« ויש ראיה ברורה להתיר מסי׳ ר״א סעיף ס״ה במקוה » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק ג)
Comme un mikvé qu'on mesure et qu'on trouve manquant : on suppose qu'il manque à présent et qu'auparavant il était plein, par la force de sa ‘hazaka. Ici de même, où l'on n'a devant soi qu'une bonne ‘hazaka :
« דאין כאן רק חזקה טובה למוקמי אחזקת כשרות » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק ג)
| Possek | Sur le doute | Source |
|---|---|---|
| Le Rama | Interdit (sauf pour la viande au lait, où l'on allège) | רמ״א ס״א |
| Le Kreti ou-Pleti | Comme le Taz : seul le doute portant sur deux morceaux est interdit ; un doute sur la durée va vers l'indulgence | פ״ת ס״ק ג |
| Le ‘Havot Yaïr | Objecte au Kreti : l'essentiel est l'avis du Rama | פ״ת ס״ק ג |
| Le Nodah bi-Yhouda | Kavouch comme cuit n'est pas une règle qui vaut pour tout : hors des espèces nommées dans les michnayot, il y a place pour l'indulgence dans le doute | פ״ת ס״ק ג |
« אבל אם יש ספק אם מונח כבוש מעל״ע או פחות יש להקל דאוקמינן בחזקת כשרות » (פתחי תשובה יו״ד ק״ה ס״ק ג)
« וספק כבוש אסור מלבד בבשר עם חלב דאזלינן לקולא דמן התורה אינו אסור רק בבישול ממש » (רמ״א יו״ד ק״ה:א)
Le ‘Havot Da'at, et avec lui le Peri Megadim, y apportent une précision : si l'on peut les manger, il reste interdit de les cuire ensuite — car s'ils ont macéré il s'y trouve du goût, et l'on se trouverait cuire de la viande au lait, ce qui est un doute d'ordre toranique :
« מיהו לבשלן אסור דנגד לבשלן הוי ספק דאורייתא » (פתחי תשובה יו״ד ק״ה ס״ק ד)
Le Min'hat Ani (responsum 35), rapporté au même endroit, a soutenu l'inverse et permis même de cuire, en s'appuyant sur le Taz. Le Pit'hei Techouva clôt son entrée sur un צריך עיון, et nous ne tranchons pas.
Condensé vocalisé du seif (תמצית) — le verbatim intégral du texte source est au niveau 1.
Traduction : la chaleur d'un kli richon où la main se rétracte cuit et interdit le tout. Mais la chaleur d'un kli chéni ne cuit pas ; il y a qui disent qu'elle ne fait ni sortir ni entrer le goût, et il y a qui disent qu'elle fait sortir et entrer et interdit l'épaisseur d'une pelure ; il convient d'y prendre garde a priori, mais après coup c'est permis sans ôter de pelure, et un rinçage suffit (voir les simanim 68, 92 et 95).
| Chita | Le kli chéni | Source |
|---|---|---|
| Le Maharchal (Yam chel Chelomo) | Un kli chéni où la main se rétracte fait sortir, fait entrer et interdit le tout, comme un kli richon — du moins lorsqu'un interdit tombe dans un kli chéni de permis, ou l'inverse | ט״ז ס״ק ד (בשם רש״ל) |
| Le Chakh (ס״ק ה) | Conteste — le kli chéni ne cuit pas, et il faut la chaleur d'un kli richon ; le Chakh y expose longuement les positions du Rachbam et de Rabbenou Tam sur le irouy | ש״ך ס״ק ה |
« דאף בכלי שני שהיד סולדת בו אוסר כולו » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק ד)
Et le Pit'hei Techouva (ס״ק ו) rapporte que le Beit Yossef, dans ses responsa (סימן ך׳), a tranché comme le Maharchal — et il ajoute une chose qu'il vaut de savoir :
« ובעל ש״ך בעצמו הודה לו » (פתחי תשובה יו״ד ק״ה ס״ק ו)
Au ס״ק ז suivant, il rapporte le Bekhor Chor, qui tient que nous ne savons plus mesurer le degré de chaleur en cause, et qu'il faut donc être rigoureux dans ce qui est d'ordre toranique :
« דכיון דאנן לא בקיאין בשיעור שכריסו של תינוק נכוה » (פתחי תשובה יו״ד ק״ה ס״ק ז)
Condensé vocalisé du seif (תמצית) — le verbatim intégral du texte source est au niveau 1.
Traduction : un interdit chaud tombé dans un permis chaud de kli richon, ou même un interdit froid tombé dans un permis chaud — tout est interdit, parce que le dessous l'emporte : il réchauffe le dessus et lui fait rendre son goût. À plus forte raison un permis froid tombé dans un interdit chaud. Mais si le dessus est chaud et le dessous froid, il n'interdit que l'épaisseur d'une pelure, et cela même si le chaud du dessus est l'interdit. (Glose : tout ceci pour la chaleur d'un kli richon… Un interdit posé dans un ustensile de permis, ou l'inverse, se juge par tataa gavar comme entre deux morceaux, voir le siman 94. Et il est interdit de verser d'un récipient contenant de la graisse permise dans une lampe allumée où se trouve de la graisse interdite ; après coup, il n'y a pas lieu de s'inquiéter.)
Condensé vocalisé du seif (תמצית) — le verbatim intégral du texte source est au niveau 1.
Traduction : tout cela vaut lorsque l'interdit est tombé dans un plat où il y a de la sauce, car la sauce conduit ce que l'interdit rejette et le mêle à toute la marmite. Mais un interdit — chaud ou froid — tombé sur un rôti qui est près du feu n'interdit que kedei netila (l'épaisseur d'un doigt autour du point de contact). Aussi, un gigot rôti avec son nerf, ou un morceau interdit rôti au contact d'un morceau permis : on ôte kedei netila autour du nerf, ou autour du point de contact. Et un interdit tombé sur un morceau qui se trouve hors de la sauce, sans qu'on ait remué la marmite ni qu'on l'ait couverte, n'interdit que kedei netila ; mais s'il est dans la sauce (Rachi : tout entier ; Ri : même en partie), ou même entièrement hors de la sauce mais qu'on a remué ou couvert — la sauce conduit le goût partout.
| Chita | Quand la sauce conduit | Source |
|---|---|---|
| Rachi | Seulement lorsque tout le morceau est dans la sauce | מחבר ס״ד |
| Le Ri | Même si une partie est dans la sauce — la sauce conduit partout | מחבר ס״ד |
Condensé vocalisé du seif (תמצית) — le verbatim intégral du texte source est au niveau 1.
Traduction : on n'ôte kedei netila que pour une chose maigre, qui n'a pas la force de pénétrer partout (le gigot et son nerf). Mais un chevreau gras rôti avec sa graisse interdite : s'il n'y a pas soixante contre toute cette graisse, il est interdit d'en manger même le bout de l'oreille, car étant gras il pénètre partout. S'il est maigre, il n'interdit que kedei netila, même sans soixante. Et même si le morceau interdit est maigre et le morceau permis gras, la graisse pénètre et fait entrer l'interdit partout. Et toute chose qui pénètre, tombée sur un endroit repérable du rôti — même s'il y a soixante, il faut ôter l'endroit. (Glose : tout ce qui est cuit sans sauce ou cuit au four suit la règle du rôti. Et il y a qui disent que nous ne savons plus distinguer le maigre du gras, et qu'on interdit donc en tout cas jusqu'à soixante ; et même avec soixante, il faut ôter l'endroit, et tel est l'usage. Mais cela vaut pour la graisse interdite ou pour un interdit gras ; un interdit sans graisse aucune, assurément maigre, n'interdit que kedei netila — voir le seif 9.) — Seif 6 : une chose qui pénètre dans un rôti, si l'un est chaud et l'autre froid — le dessous l'emporte : chaud sur froid, l'épaisseur d'une pelure ; froid sur chaud, s'il n'y a pas soixante contre l'interdit, tout est interdit.
« ואפילו חתיכת האיסור כחושה » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק י)
Le Beit Yossef tire cette rigueur de ce qu'on trouve au siman 108 pour le reiha — l'odeur —, où même un permis gras est interdit pour qui tient que l'odeur compte, le permis « engraissant » l'interdit qui rend ensuite son odeur au permis. Le Taz objecte longuement : si tout repose sur l'odeur, et que pour l'odeur on permet après coup au siman 108, pourquoi interdirait-on ici même après coup ? Il objecte encore à la réponse du Darkei Moché — qui restreignait le seif à une graisse interdite maigre —, puisque c'est du reiha qu'on l'apprend, et qu'il y est question de viande maigre et non de graisse. Il rapporte enfin l'explication de ceux qui distinguent : là où l'interdit est interdit par lui-même, il rend forcément son jus, et la graisse du permis s'y mêle et l'emporte partout ; tandis que plus loin, où l'interdit n'est qu'absorbé, on ne le dit pas. Le Taz ne prend pas parti pour lui-même.
C'est de là que vient la glose du Rama — nous ne savons plus distinguer le maigre du gras :
« וי״א דאין אנו בקיאין איזה מיקרי כחוש או שמן ויש לאסור בכל ענין » (רמ״א יו״ד ק״ה:ה)
« צריך נטילת מקום » (שו״ע יו״ד ק״ה:ה)
Et le Taz en donne la raison, qu'il tire des lois de Pessa'h :
« שבאותי מקום נחשב האיסור טפי כאלו הוא בעין ונלמד מפסח » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק י״א)
C'est ici la grande question du siman — une contradiction apparente entre le seif 7 et le seif 9, sur laquelle le Taz s'étonne.
Condensé vocalisé du seif (תמצית) — le verbatim intégral du texte source est au niveau 1.
Traduction : un morceau interdit n'interdit son voisin par contact que lorsque son interdit lui vient de lui-même — comme une nevéla ou de la viande au lait. Mais s'il n'a en lui que ce qu'il a absorbé d'ailleurs, il n'interdit pas celui qui le touche, même rôtis ensemble, tant que l'absorbé ne pénètre pas. Mais s'il a absorbé une chose qui pénètre par nature (comme la graisse), il interdit son voisin (au rôti ou au contact, chaud contre chaud, ou le dessous chaud et le dessus froid), car l'interdit absorbé pénètre et passe d'un morceau à l'autre. (Glose : tout ceci pour deux morceaux ; mais un ustensile qui a absorbé de l'interdit interdit le permis qui le touche, même pour un interdit qui n'est pas gras.) — Seif 8 : un rognon rôti avec sa graisse n'interdit que l'épaisseur d'une pelure, la membrane faisant barrage. (Glose : il y a qui interdisent, et tel est l'usage, et il ne faut pas en changer ; sa règle est celle de toute graisse rôtie avec de la viande ; et s'il a été cuit ainsi, le rognon devient nevéla et il faut soixante contre lui tout entier. Il en va de même pour le lobe du foie.)
« ואני תמה על הש״ע שפסקיו סותרין זא״ז » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק כ״ב)
« ואין לומר דלעיל מיירי לענין צלי והכא במליחה דהא מסקינן בגמרא מליח כרותח דצלי » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק כ״ב)
Il ne lui reste donc qu'une conclusion — que le Maharam et le Rachba divergent :
« וע״כ לומר דמהר״מ פליג ארשב״א וס״ל גם באיסור שמן אינו יוצא בלא רוטב כל שהוא בלוע בו » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק כ״ב)
Et son étonnement porte enfin sur le Choul'han Aroukh lui-même, qui a placé les deux positions côte à côte sans marquer la divergence :
« ע״כ תימה על הש״ע שלא הרגיש במחלוקת זו » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק כ״ב)
La question reste ouverte, et nous ne la tranchons pas. Le Taz observe par ailleurs, à son ס״ק ט״ז, pourquoi un ustensile se comporte autrement qu'un morceau : un aliment a de quoi rejeter de son propre corps, qui retient l'absorbé ; un ustensile n'en a pas :
« אבל כלי שאין בה פליטה מגופה אז יוצא שפיר מה שבלע » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק ט״ז)
et c'est pourquoi la glose du Rama enseigne :
« אבל כלי שבלע איסור אוסר היתר שנוגע בו אפילו באיסור שאינו שמן » (רמ״א יו״ד ק״ה:ז)
| Chita | La graisse absorbée, d'un morceau à l'autre | Seif |
|---|---|---|
| Le Rachba | La graisse absorbée pénètre et interdit le morceau qui la touche | שו״ע ס״ז |
| Le Maharam | La graisse ne pénètre pas d'un morceau à l'autre sans sauce | שו״ע ס״ט |
« שהקרום מפסיק » (שו״ע יו״ד ק״ה:ח)
Mais le Rama rapporte qu'il y a qui interdisent, et tel est l'usage — sa règle est celle de toute graisse rôtie avec de la viande ; et s'il a été cuit ainsi :
« הכוליא נעשית נבילה וצריך ששים נגד כולה » (רמ״א יו״ד ק״ה:ח)
c'est-à-dire ‘haticha na'assit nevéla. Il en va de même pour le lobe du foie.
Condensé vocalisé du seif (תמצית) — le verbatim intégral du texte source est au niveau 1.
Traduction : un aliment salé au point de ne pouvoir être mangé à cause de son sel suit la règle du bouillant : il rejette et interdit l'épaisseur d'une pelure. Si c'est la graisse du nerf, les vaisseaux ou les membranes, il faut ôter l'endroit. Si c'est de la graisse interdite véritable, il faut soixante pour l'annuler. Et si la viande salée avec elle est grasse, même la graisse du nerf demande soixante et l'on ôte l'endroit, ou au moins une pelure. Tout cela pour le morceau auquel la graisse adhérait ; quant aux autres morceaux salés avec lui, s'il n'y a pas dans chacun d'eux à part soixante, ils sont interdits, et ils ne se joignent pas pour annuler la graisse, car la graisse ne pénètre pas d'un morceau à l'autre sans sauce. Et si l'on ne sait pas si elle a touché tous, tous sont interdits ; si l'on sait qu'elle n'en a touché qu'un et qu'on ignore lequel, tous sont permis (un contre deux s'annule, même pour des morceaux dignes d'être servis). (Glose : il y a qui disent que toute salaison n'interdit que l'épaisseur d'une pelure (Tour, Ravia, R. Ephraïm, Ran, Rachba, Ramban) ; et parce que nous ne savons plus distinguer le gras du maigre, l'usage est de mesurer toute salaison à soixante comme pour la cuisson… Et pour un interdit qui n'a aucune graisse — comme du hametz à Pessa'h — de l'avis de tous il n'interdit que l'épaisseur d'une pelure.) — Seif 10 : tout cela quand l'interdit et le permis sont tous deux salés, et même l'interdit salé avec le permis non salé ; mais si le permis est salé et l'interdit non salé, un rinçage suffit. (Glose : il y a qui interdisent s'ils se touchent, et l'on peut être indulgent en cas de perte.) — Seif 11 : dans le cas de l'interdit salé et du permis non salé, la rigueur ne vaut que si l'interdit salé est en dessous et le permis non salé au-dessus, par tataa gavar ; mais si le permis non salé est en dessous et l'interdit salé au-dessus, il n'interdit que l'épaisseur d'une pelure. (Glose : il y a qui contestent et disent que dans la salaison il n'y a pas de différence entre le haut et le bas (Tossafot, Roch, Semak, Tour), et tel est l'usage.)
« ואין מצטרפין ביחד לבטל החלב דאין חלב מפעפע מחתיכה לחתיכה בלא רוטב » (שו״ע יו״ד ק״ה:ט)
Et lorsqu'on sait qu'elle n'en a touché qu'un, sans savoir lequel — tous sont permis, car il n'y a pas d'interdit certain dans chacun :
« דחד בתרי בטיל אפי׳ הן חתיכות הראויות להתכבד » (שו״ע יו״ד ק״ה:ט)
| Chita | La mesure de la salaison | Source |
|---|---|---|
| Sens simple du Mehaber | Le salé est comme du bouillant, pour une pelure ou pour l'endroit ; et pour la graisse interdite — soixante | מחבר ס״ט |
| Il y a qui disent (Rama — Tour, Ran, Rachba, Ramban) | Toute salaison n'interdit que l'épaisseur d'une pelure | רמ״א ס״ט |
| Conclusion du Rachal (Taz ס״ק כ״ו) | Rôti, salaison et cuisson au four suivent la règle de la cuisson — pour la rigueur seulement (soixante), et il faut en outre ôter l'endroit | ט״ז ס״ק כ״ו |
« וי״א דכל מליחה אינה אוסרת רק כדי קליפה » (רמ״א יו״ד ק״ה:ט)
« ולפי שאין אנו בקיאין בין בשר שמן לכחוש נוהגין לשער בכל מליחה בס׳ כמו בבישול » (רמ״א יו״ד ק״ה:ט)
« דדין אלו הג׳ כבישול וצריך ס׳ כשאר איסורין » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק כ״ו)
« לא אמרינן באלו הג׳ הוויין כבישול אלא לחומרא » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק כ״ו)
« משום דתתאה גבר » (שו״ע יו״ד ק״ה:יא)
Le Rama rapporte cependant qu'il y a qui contestent (Tossafot, Roch, Semak, Tour), et tel est l'usage :
« ויש חולקין ואומרים דבמליחה אין חילוק אם הוא למעלה או למטה » (רמ״א יו״ד ק״ה:יא)
Le Taz, à son ס״ק כ״ז, en donne la raison :
« הטעם דבמליחה אין כח באותו שהוא תפל לבטל כח המליחה » (ט״ז יו״ד ק״ה ס״ק כ״ז)
« אבל אם ההיתר מלוח והאיסור תפל אינו צריך אלא הדחה » (שו״ע יו״ד ק״ה:י)
Le Rama ajoute qu'il y a qui interdisent s'ils se touchent, et que l'on peut alléger en cas de perte. Et le Pit'hei Techouva (ס״ק י״ד) rapporte le ‘Hatam Sofer (responsum 93) dans le cas de six oies salées posées les unes sur les autres sans se toucher, où toute l'analyse porte sur le chemin que prend la ציר qui coule entre elles.
Condensé vocalisé du seif (תמצית) — le verbatim intégral du texte source est au niveau 1.
Traduction : des fromages faits dans des moules de non-juifs — même s'ils y ont été salés — sont permis. (Glose : il en va de même si un permis a été salé dans un autre ustensile interdit (Rachba), même non percé, car le salé n'est pas bouillant au point de faire sortir de l'ustensile ce qui y est absorbé ; mais cela seulement après coup, car a priori c'est interdit.) — Seif 13 : du sel ou des épices qui se trouvaient dans une écuelle de viande, on peut les mettre dans du lait. (Glose : il en va de même s'ils se trouvaient dans un ustensile interdit, puisqu'étant secs ils n'absorbent pas de l'ustensile, pourvu que l'ustensile soit propre et qu'aucun interdit n'y adhère ; et celui qui se montre rigoureux a priori, qu'une bénédiction vienne sur lui.)
« פסק בהדיא שאפילו שמן לגמרי הבולע בכלי אינו אוסר כולו » (פתחי תשובה יו״ד ק״ה ס״ק י״ג)
et le Nodah bi-Yhouda (Yoré Déa, responsum 30 — le Pit’hei Techouva l’écrit סימן למ״ד, le nom épelé de la lettre ל) allège dans ce sens, écrivant qu'on n'abandonne pas ce qui est clair pour le Maguen Avraham au profit d'un doute du Chakh.
Condensé vocalisé du seif (תמצית) — le verbatim intégral du texte source est au niveau 1.
Traduction : du sel imprégné de sang par la salaison de la viande, qu'on a mis dans une marmite, ou de la viande salée non rincée qu'on a mise dans une marmite — s'il y a soixante contre le sel, c'est permis. (Glose : bien que le sel donne encore du goût dans la marmite, puisqu'il n'est pas interdit par lui-même mais à cause du sang qui est en lui, partout où ce qui interdit ne peut aller, ce qui est devenu interdit n'interdit pas plus que ce qui l'a rendu tel. Voir le siman 69.)
| Le mécanisme | La mesure / le din | Source |
|---|---|---|
| Kavouch (vingt-quatre heures à froid) | Comme cuit — tout est interdit ; en deçà — un rinçage | מחבר ס״א ; ט״ז ס״ק א |
| Saumure / vinaigre | Saumure — le temps qu'il bouille ; vinaigre — vingt-quatre heures selon le Chakh | מחבר ס״א ; ש״ך ס״ק ב |
| Doute sur le kavouch | Interdit pour le Rama ; en viande et lait on allège | רמ״א ס״א ; ט״ז ס״ק ג ; פ״ת ס״ק ג–ד |
| Kli richon (main qui se rétracte) | Il cuit et interdit le tout | מחבר ס״ב |
| Kli chéni | Il ne cuit pas ; pour le Maharchal il interdit comme un kli richon | מחבר ס״ב ; ש״ך ס״ק ה ; ט״ז ס״ק ד |
| Tataa gavar | Chaud sur froid — une pelure ; froid sur chaud — le tout | מחבר ס״ג |
| Rôti maigre | Kedei netila (l'épaisseur d'un doigt) | מחבר ס״ד–ה׳ |
| Rôti gras (pi'poua) | Soixante contre la graisse ; et l'on ôte l'endroit | מחבר ס״ה ; ט״ז ס״ק י–יא |
| Salé non mangeable | Comme du bouillant — pelure / soixante ; l'usage est soixante | מחבר ס״ט ; ט״ז ס״ק כ״ו |
| Salaison et ustensiles / sec | Elle ne fait rien sortir de l'ustensile (après coup) ; le sec n'absorbe pas | מחבר סי״ב–סי״ג ; פ״ת ס״ק י״ג |
| Le sel qui a bu du sang | Soixante contre le sel — permis | מחבר ס״ד ; עיין סימן ס״ט |
| Sujet | Première chita | Seconde chita |
|---|---|---|
| Le vinaigre — la mesure de la macération | Sens simple du Mehaber — comme la saumure, le temps qu'il bouille | Le Chakh — comme les autres liquides, vingt-quatre heures |
| Le doute sur le kavouch | Le Rama — interdit | Le Taz et le Kreti — vers l'indulgence (‘hezkat kachrout) |
| Le kli chéni où la main se rétracte | Le Maharchal — il interdit comme un kli richon (et ainsi les responsa du Beit Yossef) | Le Chakh — il ne cuit pas, il faut un kli richon |
| La graisse absorbée, d'un morceau à l'autre | Le Rachba (seif 7) — elle pénètre et interdit | Le Maharam (seif 9) — elle ne pénètre pas sans sauce ; et le Taz laisse la contradiction ouverte |
| Le haut et le bas dans la salaison | Le Mehaber — tataa gavar vaut aussi dans la salaison | Le Rama (Tossafot, Roch) — pas de différence, et tel est l'usage |
DAAT דעת — © 5786 / 2026 · Retour à l'accueil · סימן ק״ה · ♥ Soutenir