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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 108 — L'odeur transfère-t-elle l'interdit ? (ריחא) — cuire interdit et permis dans un même four

ריחא מילתא ? — l'odeur d'un interdit transfère-t-elle l'interdiction au permis cuit à côté ?
יורה דעה · סימן ק״ח
דִּין שֶׁלֹּא לֶאֱפוֹת הֶתֵּר וְאִסּוּר בְּתַנּוּר אֶחָד
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman 108 : les 7 seifim du Mehaber et les gloses du Rama, texte hébreu et traduction française fluide. L'odeur (ריחא) d'un interdit qui rôtit ou cuit dans le même four que du permis transfère-t-elle l'interdiction ? La règle ריחא לאו מילתא — l'odeur seule n'interdit pas (permis בדיעבד), mais לכתחילה on évite — et ses exceptions (le דבר חריף, le même poêle/מחבת, certains interdits במשהו) ; les conditions d'autorisation (grand four ouvert, l'un couvert, 60 contre l'interdit) ; le pain chaud sur un tonneau de vin ; et le fait de sentir, goûter ou asperger.

Sujet : L'odeur transfère-t-elle l'interdit — cuire interdit et permis dans un même four
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״ח

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Mehaber : les 7 seifim, par groupes thématiques
2. Contexte : où ce siman se place dans Issour ve-Heter
3. Les concepts-clés : ריחא, פיטום, חריף, ל60, בדיעבד / לכתחילה…
4. Le tableau ריחא : quand l'odeur interdit, quand elle ne fait rien
5. Le Shach et le Taz : qui ils sont, quelques entrées-clés
6. La glose du Rama (הגה)
7. Sentir, goûter, asperger : ce que l'odeur change vraiment
8. Cas pratiques modernes : four viande+lait, micro-ondes, sentir un aliment non-cachère
9. Synthèse et questions de compréhension

1. Le texte du Mehaber — les 7 seifim

Le Siman 108 pose une question d'apparence simple mais lourde de conséquences : l'odeur (ריחא) suffit-elle à transférer l'interdiction ? Quand on rôtit de la viande cachère et de la viande interdite dans un même four — même sans qu'elles se touchent — l'odeur de l'interdit imprègne-t-elle le permis au point de l'interdire ? Le Mehaber (Rabbi Yossef Karo) suit la guemara (Pessahim 76, Avoda Zara 66) : ריחא לאו מילתא — l'odeur seule n'interdit pas ; donc בדיעבד (après coup) c'est permis, mais לכתחילה (a priori) on ne cuit pas les deux ensemble. Restent des exceptions où l'odeur interdit même בדיעבד, et des conditions d'autorisation même לכתחילה. Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) y ajoute de longues gloses pour l'usage achkénaze (viande-lait, pain cuit avec un interdit, le décompte des 60). Découvrons les seifim par groupes.

Groupe A — Le four : rôtir, cuire en marmite, la pelle (seifim 1-3)

Seif 1 — Ne pas rôtir interdit et permis ensemble ; ריחא מילתא ?

אֵין צוֹלִין בָּשָׂר כְּשֵׁרָה עִם בְּשַׂר נְבֵלָה אוֹ שֶׁל בְּהֵמָה טְמֵאָה בְּתַנּוּר אֶחָד, וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין נוֹגְעִים זֶה בָּזֶה. וְאִם צְלָאָן — הֲרֵי זֶה מֻתָּר, וַאֲפִלּוּ הָיְתָה הָאֲסוּרָה שְׁמֵנָה הַרְבֵּה וְהַמֻּתֶּרֶת רָזָה. וְאִם הָיָה הַתַּנּוּר גָּדוֹל (מַחֲזִיק שְׁנֵים עָשָׂר עֶשְׂרוֹנִים) וּפִיו פָּתוּחַ — מֻתָּר לְצָלוֹתָן לְכַתְּחִלָּה, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִגְּעוּ זֶה בָּזֶה. וְאִם הָיָה אֶחָד מֵהֶן מְכֻסֶּה בִּקְדֵרָה אוֹ בְּצֵק וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה — מֻתָּר לְצָלוֹתָן אֲפִלּוּ בְּתַנּוּר קָטָן וּפִיו סָתוּם. (הגה: וְהוּא הַדִּין לְבָשָׂר בְּחָלָב; וְנוֹהֲגִין לְהַחְמִיר לְכַתְּחִלָּה אֲפִלּוּ בְּתַנּוּר גָּדוֹל, וּלְהָקֵל בְּדִיעֲבַד אֲפִלּוּ בְּתַנּוּר קָטָן. וְאִם אָפָה פַּת עִם בָּשָׂר — אָסוּר לְאָכְלוֹ בְּחָלָב אִם יֵשׁ לוֹ פַּת אַחֵר, וְכֵן אִם אָפָה כּוּתִי פַּת עִם אִסּוּר אָסוּר לִקְנוֹתוֹ אִם יֵשׁ פַּת אַחֵר — וְכָל זֶה לְכַתְּחִלָּה; אֲבָל אִם אֵין פַּת אַחֵר מָצוּי, שְׁנֵיהֶם מֻתָּרִים. וְיֵשׁ אוֹמְרִים דְּלֹא מַתִּירִין רֵיחָא אֲפִלּוּ בְּדִיעֲבַד אֶלָּא אִם כֵּן הַתַּנּוּר פָּתוּחַ קְצָת מִן הַצַּד אוֹ לְמַעְלָה בִּמְקוֹם שֶׁהֶעָשָׁן יוֹצֵא; וּבִמְקוֹם הֶפְסֵד אֵין לְהַחְמִיר בְּדִיעֲבַד אֲפִלּוּ סָתוּם לְגַמְרֵי. וְאִם הָאִסּוּר דָּבָר חָרִיף, וְכָל שֶׁכֵּן אִם הַהֶתֵּר חָרִיף — רֵיחָא מִילְּתָא וְאָסוּר אֲפִלּוּ בְּדִיעֲבַד אִם שְׁנֵיהֶם מְגֻלִּים; אֲבָל אִם אֶחָד מְכֻסֶּה, אֲפִלּוּ בְּבָצֵק בְּעָלְמָא, מֻתָּר. אָפוּ אוֹ צָלוּ אִסּוּר וְהֶתֵּר תַּחַת מַחֲבַת אֶחָד מְגֻלִּים — אָסוּר אֲפִלּוּ בְּדִיעֲבַד, וְכֵן פַּת עִם בָּשָׂר אָסוּר בְּחָלָב; אֲבָל זֶה אַחַר זֶה אֵין לָחֹשׁ, אֶלָּא אִם כֵּן הִזִּיעַ הַמַּחֲבַת מִשְּׁנֵיהֶם, דְּאָז אָסוּר אֲפִלּוּ זֶה אַחַר זֶה אִם מְגֻלִּים. וְיֵשׁ אוֹמְרִים דְּכָל מָקוֹם שֶׁרֵיחָא אוֹסֵר בְּדִיעֲבַד, הַיְינוּ דַּוְקָא כְּשֶׁאֵין שִׁשִּׁים בַּהֶתֵּר נֶגֶד הָאִסּוּר; אֲבָל אִם יֵשׁ שִׁשִּׁים (אֲפִלּוּ בְּכָל הַתַּנּוּר) — מְבַטֵּל, וְלִמְקוֹם הֶפְסֵד יֵשׁ לַעֲשׂוֹת כֵּן. וְיֵשׁ אוֹמְרִים דְּאִסּוּר שֶׁאוֹסֵר בְּמַשֶּׁהוּ (כְּגוֹן חָמֵץ בַּפֶּסַח), רֵיחָא אוֹסֵר אֲפִלּוּ בְּדִיעֲבַד בְּתַנּוּר קָטָן וְסָתוּם מְגֻלִּים; וְיֵשׁ אוֹמְרִים דְּאֵין חִלּוּק, וּבִמְקוֹם הֶפְסֵד יֵשׁ לִסְמוֹךְ אַמְּקִלִּין. וְעַיֵּן לְקַמָּן סִימָן קי״ח.)
On ne rôtit pas de la viande cachère avec de la viande de נבילה ou d'une bête impure dans un même four, même s'ils ne se touchent pas. Mais si on les a rôtis — c'est permis [בדיעבד], même si l'interdite était très grasse et la permise maigre. Et si le four est grand (il contient douze עשרונים) et que sa bouche est ouverte → on peut les rôtir לכתחילה, pourvu qu'ils ne se touchent pas. Et si l'un d'eux est couvert (d'un plat, de pâte ou semblable) → on peut les rôtir même dans un petit four à bouche fermée. Glose du Rama : de même pour viande et lait ; l'usage est strict לכתחילה même dans un grand four, et indulgent בדיעבד même dans un petit four. Si l'on a cuit du pain avec de la viande, il est interdit de le manger avec du lait si l'on a un autre pain ; de même si un non-Juif a cuit du pain avec un interdit, interdit de l'acheter s'il y a un autre pain — tout cela לכתחילה ; mais s'il n'y a pas d'autre pain aisément, les deux sont permis. יש אומרים : on ne permet pas ריחא même בדיעבד à moins que le four soit un peu ouvert sur le côté ou en haut, là où la fumée sort ; en cas de perte, ne pas être strict בדיעבד même totalement fermé. Et si l'interdit est un דבר חריף (épicé), à plus forte raison si le permis est חריףריחא מילתא, interdit même בדיעבד si les deux sont découverts ; mais si l'un est couvert, même d'une simple pâte, c'est permis. Si l'on a cuit/rôti interdit et permis sous un même poêle (מחבת) découverts → interdit même בדיעבד ; idem pain avec viande → interdit avec du lait. Mais l'un après l'autre (זה אחר זה) → pas d'inquiétude, sauf si le poêle a sué des deux, alors interdit même l'un après l'autre s'ils sont découverts. יש אומרים : partout où ריחא interdit בדיעבד, c'est seulement s'il n'y a pas 60 de permis contre l'interdit ; mais s'il y a 60 (même dans tout le four) → cela annule, et pour une perte on fait ainsi. יש אומרים : un interdit qui interdit במשהו (חמץ בפסח), ריחא interdit même בדיעבד dans un petit four fermé découverts ; ויש אומרים qu'il n'y a pas de distinction ; en cas de perte, s'appuyer sur les indulgents. Voir siman 118.
L'idée centrale : la guemara tranche ריחא לאו מילתא — l'odeur seule n'a pas de substance halakhique. Donc, en principe, du permis qui a seulement senti l'interdit reste permis בדיעבד. Mais לכתחילה on évite — et il y a trois portes de sortie pour permettre même לכתחילה (grand four ouvert, ou l'un couvert, sans contact), et trois exceptions où l'odeur interdit même בדיעבד : le דבר חריף (épicé), le מחבת commun (un même poêle découvert, comme une vraie cuisson), et — pour certains — un interdit במשהו (חמץ בפסח).

Seif 2 — Cuire en marmite : la marmite sépare

בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים בְּצָלִי; אֲבָל אִם בָּא לְבַשְּׁלָן בִּקְדֵרָה, כָּל אֶחָד בִּקְדֵרָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ — אֲפִלּוּ בְּתַנּוּר קָטָן וְסָתוּם מֻתָּר, וַאֲפִלּוּ פִּי הַקְּדֵרוֹת מְגֻלֶּה. (הגה: וְדַוְקָא שֶׁהַתַּנּוּר פָּתוּחַ קְצָת; אֲבָל אִם הוּא סָתוּם מִכָּל צַד, כְּגוֹן שֶׁטּוֹמְנִין בּוֹ הֶחָמִין לְשַׁבָּת — אָסוּר; וַאֲפִלּוּ בְּדִיעֲבַד יֵשׁ מַחְמִירִין אִם הָאִסּוּר וְהַהֶתֵּר מְגֻלִּים. וּבִמְקוֹם הֶפְסֵד מְרֻבֶּה יֵשׁ לְהָקֵל.)
Tout ce qui précède (seif 1) vaut pour un rôti [à nu] ; mais s'il vient à les cuire en marmite, chacun dans sa propre marmite → c'est permis même dans un petit four fermé, et même si la bouche des marmites est découverte. Glose du Rama : et seulement si le four est un peu ouvert ; mais s'il est fermé de tous côtés, comme lorsqu'on y enfouit le חמין pour Shabbat → interdit ; et même בדיעבד, certains sont stricts si l'interdit et le permis sont découverts. En cas de grande perte (הפסד מרובה), il y a lieu d'être indulgent.
La marmite fait barrière. Le seif 1 parlait d'un rôti à nu, exposé à l'odeur. Dès que chaque aliment est dans sa propre marmite, la paroi de la marmite sépare les odeurs : permis même dans un petit four fermé. La seule réserve : il faut un four un peu ouvert ; totalement scellé (comme la הטמנה du חמין de Shabbat), l'odeur n'a aucune issue et l'on redevient strict.

Seif 3 — La pelle du boulanger (מרדה)

מְרֵדָה שֶׁיֵּשׁ עָלֶיהָ שֻׁמַּן אִסּוּר — אָסוּר לִתֵּן עָלֶיהָ הֶתֵּר כָּל הַיּוֹם; וּמִכָּל מָקוֹם כְּשֶׁאֵינָהּ בַּת יוֹמָהּ מֻתָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהּ, מִשּׁוּם דְּאִי אֶפְשָׁר בְּעִנְיָן אַחֵר. (הגה: וְכָל זְמַן שֶׁהִיא בַּת יוֹמָהּ, לֹא מַהֲנֵי לָהּ הַגְעָלָה אוֹ קְלִיפָה בִּכְלִי שֶׁל אֻמָּן.)
Une pelle de boulanger (מרדה) sur laquelle il y a de la graisse d'interdit → il est interdit d'y poser du permis toute la journée [tant qu'elle est בת יומא]. Néanmoins, lorsqu'elle n'est pas בת יומא (le goût absorbé a passé 24 h et est devenu נותן טעם לפגם), on peut l'utiliser, car il est impossible de faire autrement (אי אפשר בעניין אחר). Glose du Rama : tant qu'elle est בת יומא, ni הגעלה (ébouillanter) ni קליפה (peler) n'aident pour un ustensile d'artisan (כלי של אומן).
Pourquoi l'indulgence ? La pelle (מרדה) sert à enfourner et défourner les pains ; on ne peut pas la changer à chaque fournée. Tant qu'elle est בת יומא (utilisée dans les 24 h), sa graisse interdite donne un bon goût et interdit le pain. Passé 24 h, le goût absorbé est devenu פגום (gâté) → permis לכתחילה, justement parce qu'אי אפשר בעניין אחר (« on ne peut faire autrement »). Pour un ustensile d'artisan brûlé par l'usage, ni הגעלה ni קליפה ne suffisent quand il est בת יומא.

Groupe B — Le pain chaud sur le tonneau de vin (seif 4)

Seif 4 — Pain chaud posé sur un tonneau de יין נסך

פַּת חַמָּה שֶׁהִנִּיחָהּ עַל גַּבֵּי חָבִית שֶׁל יֵין נֶסֶךְ פְּתוּחָה — אֲסוּרָה (וְהַיְינוּ דַּוְקָא כְּשֶׁמַּנִּיחָהּ כְּנֶגֶד הַמְּגוּפָה); אֲבָל אִם הַפַּת צוֹנֶנֶת, אֲפִלּוּ הֶחָבִית פְּתוּחָה, אוֹ שֶׁהַפַּת חַמָּה וְהֶחָבִית סְתוּמָה — מֻתֶּרֶת. וְאִם הָיְתָה פַּת שֶׁל שְׂעוֹרִים — אֲסוּרָה אִם הַפַּת חַמָּה אֲפִלּוּ הֶחָבִית סְתוּמָה.
Du pain chaud posé sur un tonneau ouvert de יין נסך (vin de libation idolâtre) → interdit ; et seulement s'il est posé face à la bonde (מגופה) [le bouchon, par où monte l'odeur]. Mais si le pain est froid, même tonneau ouvert, ou si le pain est chaud et le tonneau bouché (fermé)permis. Et si c'était du pain d'orge (שעורים)interdit dès que le pain est chaud, même tonneau bouché.
Le pain chaud aspire l'odeur. Un pain chaud, par sa chaleur, attire vers lui la vapeur odorante du vin qui monte par la bonde — au point d'en absorber l'interdit. Trois conditions doivent se rencontrer : pain chaud, tonneau ouvert, et face à la bonde. Ôtez-en une (pain froid, tonneau bouché) → permis. Le pain d'orge, plus absorbant, fait exception : chaud, il interdit même tonneau bouché.

Groupe C — Sentir, goûter, asperger (seifim 5-7)

Seif 5 — Aspirer l'odeur du vin par la bouche ; goûter ; asperger

מֻתָּר לִמְשֹׁךְ בְּפִיו רֵיחַ יֵין נֶסֶךְ דֶּרֶךְ נֶקֶב הֶחָבִית, לֵידַע אִם הוּא טוֹב. (הגה: אֲבָל אָסוּר לִטְעֹם אוֹתוֹ אֲפִלּוּ אֵינוֹ בּוֹלְעוֹ. וְאָסוּר לְזַלֵּף יֵין נֶסֶךְ שֶׁהוּא אָסוּר בַּהֲנָאָה; אֲבָל מֻתָּר לְזַלֵּף סְתָם יֵינָם שֶׁהוּא מֻתָּר בַּהֲנָאָה.)
Il est permis d'aspirer par la bouche l'odeur du יין נסך, par un trou du tonneau, pour savoir s'il est bon [pour le vendre]. Glose du Rama : mais il est interdit de le goûter (לטעום), même sans l'avaler (Rivash) ; et il est interdit d'asperger (לזלף) du יין נסך, qui est interdit de profit (אסור בהנאה) ; mais il est permis d'asperger du סתם יינם, qui est permis de profit.
Sentir ≠ goûter ≠ asperger. Sentir pour tester est permis : l'odeur seule n'est pas un « profit » substantiel (et l'odeur forte du vin gêne plutôt le nez). Goûter est interdit, même recraché — car tout interdit alimentaire est interdit à la dégustation (Rivash). Asperger (זילוף), en revanche, est un vrai usage/profit : interdit pour un vin אסור בהנאה (le vrai יין נסך), mais permis pour le סתם יינם (vin d'idolâtres ordinaire, seulement interdit à boire).

Seif 6 — Sentir des épices placées dans une jarre de vin

צְרוֹר שֶׁל פִּלְפְּלִין וְשֶׁל זַנְגְּבִיל שֶׁמַּנִּיחִין אוֹתָן בְּכַדֵּי יֵין נֶסֶךְ — מֻתָּר לְהָרִיחַ בָּהֶן; אֲבָל בְּשָׂמִים שֶׁל הַבְדָּלָה — אָסוּר.
Un sac de poivre (פלפלין) et de gingembre (זנגביל) que l'on place dans des jarres de יין נסך → il est permis de les sentir ; mais pour les בשמים de la Havdala → interdit.
Qui parfume qui ? Le poivre et le gingembre parfument le vin et non l'inverse : ils n'ont rien absorbé d'interdit, donc on peut les sentir. La nuance de la Havdala est d'un autre ordre : même si c'est permis en soi, on n'emploie pas pour une mitsva (la bénédiction sur les בשמים) un objet associé à un interdit — הקריבהו נא לפחתך (« offre-le donc à ton gouverneur » : on n'offre pas à D.ieu ce qu'on n'offrirait pas à un dignitaire).

Seif 7 — Sentir des interdits de profit (ע"ז, ערלה, כלאי הכרם)

בְּשָׂמִים שֶׁל עֲבוֹדָה זָרָה וְשֶׁל כִּלְאֵי הַכֶּרֶם וְשֶׁל עָרְלָה — אָסוּר לְהָרִיחַ בָּהֶן.
Les בשמים (aromates) de l'idolâtrie (עבודה זרה), du כלאי הכרם (mélange interdit de la vigne) et de la ערלה (fruits des trois premières années) → il est interdit de les sentir.
Pourquoi ici l'odeur interdit-elle ? Ces trois interdits sont אסורים בהנאה (interdits de tout profit). Or un aromate est fait pour qu'on le sente (עומד להריח) : son odeur n'est pas un sous-produit fortuit, c'est sa fonction même. La sentir, c'est donc en tirer le profit principal → interdit. C'est le miroir inversé du seif 5 : là, sentir le vin pour le tester n'était qu'un moyen secondaire ; ici, sentir l'aromate est son usage.
Les seifim 5-7 dessinent une échelle de l'odeur comme « profit » : sentir pour tester (vin, seif 5) = permis ; sentir ce qui n'a rien absorbé (épices dans le vin, seif 6) = permis (sauf scrupule de Havdala) ; sentir un aromate fait pour être senti, interdit de profit (ע"ז, ערלה, כלאי הכרם, seif 7) = interdit. Le critère n'est plus la cuisson, mais : l'odeur est-elle ici un véritable profit ?

2. Contexte — où ce siman se place

Après les simanim qui ont posé les principes du goût absorbé (טעם), du נותן טעם, du soixante et du פיטום/פעפוע (siman 105), le Siman 108 traite un cas-limite : et si rien ne s'est touché — seulement l'odeur a circulé ? La question n'est plus « le goût a-t-il pénétré ? » mais « l'odeur a-t-elle une substance halakhique ? ». La réponse de fond — ריחא לאו מילתא — est nuancée par des exceptions (חריף, même poêle, במשהו), des conditions (grand four ouvert, couvert, 60) et un second front : le fait de sentir (vin, épices, aromates interdits de profit).

Les grandes questions du siman

Question Où ? Réponse-type
Rôtir interdit + permis dans un même four Seif 1 ריחא לאו מילתא → permis בדיעבד ; לכתחילה four grand ouvert ou l'un couvert
Quand l'odeur interdit même בדיעבד Seif 1 דבר חריף, même מחבת découvert, (pour certains) חמץ בפסח
Cuire en marmite Seif 2 La marmite sépare → permis (sauf four totalement scellé)
La pelle du boulanger (מרדה) Seif 3 בת יומא → interdit ; non-בת יומא → permis (אי אפשר)
Pain chaud sur tonneau de vin Seif 4 Chaud + ouvert + face à la bonde → interdit
Sentir / goûter / asperger Seifim 5-7 Sentir pour tester = permis ; goûter / asperger = interdit ; aromate de profit = interdit à sentir
L'idée transversale : l'odeur n'a pas, en soi, de substance halakhique (ריחא לאו מילתא) — d'où l'indulgence בדיעבד. Mais dès que l'odeur devient « forte » (חריף), « confinée » (même poêle, four scellé) ou « recherchée pour elle-même » (aromate qu'on hume), elle redevient un fait réel qui interdit.

3. Les concepts-clés de ce siman

Pour comprendre le Siman 108, il faut maîtriser un petit vocabulaire technique qui décrit comment l'odeur transfère — ou non — l'interdiction.

ריחא מילתא / לאו מילתא« l'odeur est-elle substantielle ? » : la grande question du siman. La guemara (Pessahim 76, AZ 66) tranche ריחא לאו מילתא — l'odeur seule n'interdit pas → permis בדיעבד. Mais לכתחילה on ne cuit pas interdit et permis ensemble, et certaines situations (חריף, même poêle, במשהו) font de nouveau ריחא מילתא.
בדיעבד / לכתחילה« après coup » / « a priori » : axe central du seif 1. בדיעבד (déjà fait) → on permet l'odeur ; לכתחילה (avant de faire) → on évite, sauf conditions (grand four ouvert, l'un couvert). Le Rama traduit : « avoir un autre pain » = לכתחילה (interdit) ; « pas d'autre pain » = בדיעבד (permis).
פיטום / מפעפעPitoum / pi'pou'a : « l'odeur engraisse/parfume » (Rashi). C'est par ce mécanisme que la graisse qui rôtit diffuse son odeur ; d'où l'inquiétude même quand le cachère est gras et l'interdit maigre. Mais maigre + maigre → permis לכתחילה (rien ne « pousse » l'odeur ; cf. siman 105).
דבר חריףDavar harif : un aliment « piquant / épicé » (ail, oignon, poivre…). Sa nature aiguë renforce la transmission de l'odeur : là, ריחא מילתא et l'on interdit même בדיעבד si les deux sont découverts — à plus forte raison si c'est le permis qui est חריף (il « tire » l'interdit à lui).
מחבתLe poêle commun : si interdit et permis cuisent sous un même poêle/couvercle découverts, ce n'est plus une simple odeur libre mais une quasi-cuisson commune → interdit même בדיעבד (comparable au couvercle de marmite du siman 93). « L'un après l'autre » (זה אחר זה) ne pose pas problème, sauf si le poêle a « sué » des deux.
ביטול בששים (ל-60)L'annulation par soixante : selon certains (Rama), même en ריחא, s'il y a 60 de permis contre l'interdit (même réparti dans tout le four), cela annule l'odeur — solution à retenir en cas de perte (le ריחא compte comme les autres interdits pour le צירוף des 60, siman 111).
בת יומא« fille du jour » : se dit d'un ustensile utilisé dans les 24 heures. Tant qu'il est בת יומא, le goût/graisse absorbé est encore « bon » et interdit (seif 3, la pelle) ; passé 24 h, il devient נותן טעם לפגם (goût gâté) et n'interdit plus.
Deux registres dans un même siman : les seifim 1-4 traitent de l'odeur en cuisson (four, marmite, pelle, pain sur le vin) ; les seifim 5-7 traitent de l'odeur comme profit — sentir, goûter, asperger. Le fil commun : ריחא, l'odeur, et la question de savoir quand elle « compte ».

4. Le tableau ריחא — quand l'odeur interdit

Tout le seif 1 se résume en un tableau. On croise la situation (four, couvert, חריף, marmite…) avec le statut בדיעבד / לכתחילה.

Situation לכתחילה בדיעבד
Petit four fermé, les deux à nu et découverts 🔴 Interdit 🟢 Permis (ריחא לאו מילתא)
Grand four (12 עשרונים) à bouche ouverte, sans contact 🟢 Permis 🟢 Permis
L'un couvert (plat / pâte) 🟢 Permis (même petit four fermé) 🟢 Permis
דבר חריף (interdit ou permis épicé), découverts 🔴 Interdit 🔴 Interdit (ריחא מילתא)
Sous un même מחבת (poêle) découverts 🔴 Interdit 🔴 Interdit
Chacun dans sa marmite (seif 2) 🟢 Permis (four un peu ouvert) 🟢 Permis
Il y a 60 de permis contre l'interdit (Rama) 🟢 Annulé (pour une perte)
La logique en une phrase : par défaut l'odeur n'interdit pas après coup (ריחא לאו מילתא), mais on s'en garde avant ; et trois facteurs la « réactivent » même בדיעבד — l'aliment épicé (חריף), le poêle commun découvert, et (selon des avis) l'interdit במשהו (חמץ בפסח).
Les portes de sortie לכתחילה : il suffit que le four soit grand et ouvert (l'odeur s'échappe), ou que l'un des deux soit couvert (même d'une simple pâte), ou que chacun soit dans sa marmite — et qu'ils ne se touchent pas. Le contact, lui, n'est plus du ressort de ce siman : c'est une vraie cuisson/absorption.

5. Le Shach et le Taz — les grands commentateurs

En Yoreh De'ah, le Choul'han Aroukh ne se lit jamais seul. Deux grands commentaires l'accompagnent sur chaque page et structurent l'étude pratique : le Shach et le Taz. Ce sont les nossei kelim de référence en Yoreh De'ah (pas de Mishna Berurah ici, qui ne commente que l'Orach Chaim).

Le Shach (ש״ך) — abréviation de שפתי כהן, Siftei Kohen, de Rabbi Shabtai haCohen (Lituanie, XVIIᵉ siècle). C'est le commentaire de référence sur Yoreh De'ah, d'une grande profondeur analytique.
Le Taz (ט״ז) — abréviation de טורי זהב, Turei Zahav, de Rabbi David haLévi Segal (Pologne, XVIIᵉ siècle). Souvent en dialogue — et parfois en désaccord — avec le Shach.

Une entrée-clé du Taz

Taz s.k. 1 — Rashi : l'odeur « engraisse » (פיטום) ; maigre + maigre permis

אֵין צוֹלִין כו'. פֵּרֵשׁ רָשִׁ״י דְּהָרֵיחַ מְפַטֵּם, וַאֲפִלּוּ שֻׁמַּן הֶתֵּר מְפַטֵּם הָאִסּוּר וְחוֹזֵר וּמְפַטֵּם הַהֶתֵּר; וְהַיְינוּ דַּוְקָא כְּשֶׁאֶחָד מֵהֶן שָׁמֵן, אֲבָל רָזֶה בְּרָזֶה — מֻתָּר לְכַתְּחִלָּה, דְּאֵין כָּאן פִּטּוּם.
Le Taz explique, au nom de Rashi, que l'odeur « engraisse / parfume » (מפטם) : même la graisse du permis parfume l'interdit, qui à son tour re-parfume le permis — d'où la crainte même quand le permis est gras et l'interdit maigre. Mais cela seulement si l'un des deux est gras ; maigre contre maigre (רזה ברזה) → permis לכתחילה, car il n'y a là aucun פיטום.

Une entrée-clé du Shach

Shach s.k. 2 — ריחא לאו מילתא בדיעבד ; pourquoi le pain interdit

וְאִם צְלָאָן הֲרֵי זֶה מֻתָּר. דְּקַיְימָא לָן רֵיחָא לָאו מִילְּתָא בְּדִיעֲבַד. וּמַה שֶּׁאָסְרוּ פַּת שֶׁנֶּאֱפָה עִם בָּשָׂר לְאָכְלוֹ בְּכוּתָח, הַיְינוּ מִשּׁוּם דְּאֶפְשָׁר בְּלֹא כוּתָח, וְכָל הֵיכָא דְּאֶפְשָׁר מַחְמִירִינַן לְכַתְּחִלָּה.
Le Shach pose la règle : « et s'il les a rôtis, c'est permis » — car ריחא לאו מילתא בדיעבד. Et si l'on a interdit le pain cuit avec de la viande de le manger avec du koutah (sauce laitière), c'est parce qu'on peut faire sans koutah (אפשר בלא כותח) : partout où une alternative existe, on est strict לכתחילה. C'est exactement la clé du Rama : « s'il y a un autre pain » (donc une alternative aisée) → on interdit לכתחילה.
On voit la méthode : le Shach et le Taz ne répètent pas le Mehaber — ils expliquent le mécanisme (פיטום de Rashi ; maigre+maigre permis ; ריחא לאו מילתא בדיעבד mais strict quand אפשר) et tranchent. C'est exactement ce qu'on approfondit au niveau Lamdan, avec le débat sur le חריף, le décompte des 60 (Shach s.k. 13) et le « one after the other » (Shach s.k. 12).

6. La glose du Rama (הגה)

Le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute sur le texte du Mehaber de longues gloses qui reflètent l'usage achkénaze et précisent la pratique. Voici ses interventions les plus marquantes dans notre siman.

Sur le seif 1 — viande-lait, et « avoir un autre pain »

Glose du Rama : והוא הדין לבשר בחלב… ואם אפה פת עם בשר אסור לאכלו בחלב אם יש לו פת אחר« de même pour viande et lait… et si l'on a cuit du pain avec de la viande, interdit de le manger avec du lait si l'on a un autre pain ». C'est la traduction pratique de לכתחילה / בדיעבד : avoir une alternative aisée (un autre pain) place dans le לכתחילה (on interdit) ; ne pas en avoir place dans le בדיעבד (on permet).

Sur le seif 1 — le דבר חריף et le même poêle

Glose du Rama : ואם האיסור דבר חריף… ריחא מילתא ואסור אפילו בדיעבד אם שניהם מגולים« si l'interdit est épicé… l'odeur compte et c'est interdit même après coup si les deux sont découverts ». De même, cuire interdit et permis sous un même poêle (מחבת) découverts interdit même בדיעבד ; mais « l'un après l'autre » (זה אחר זה) ne pose pas problème, sauf si le poêle a « sué » des deux.

Sur le seif 1 — les 60 et le « במשהו »

Glose du Rama : ויש אומרים… כשאין ששים בהתר נגד האיסור; אבל אם יש ששים מבטל« partout où ריחא interdit בדיעבד, c'est faute de soixante ; mais s'il y a soixante, cela annule » — même réparti dans tout le four, à retenir pour une perte. Et il rapporte le débat sur un interdit במשהו (חמץ בפסח) : certains interdisent même בדיעבד dans un petit four fermé, d'autres ne distinguent pas — en cas de perte, on s'appuie sur les indulgents (renvoi siman 118).

Sur les seifim 2-3 et 5 — marmite scellée, ustensile d'artisan, asperger

Le Rama précise encore : la marmite ne sépare que si le four est un peu ouvert ; scellé de tous côtés (comme la הטמנה du חמין) → interdit (seif 2) ; pour un ustensile d'artisan בת יומא, ni הגעלה ni קליפה n'aident (seif 3) ; et il interdit de goûter le vin même sans avaler, et d'asperger (לזלף) un vin interdit de profit, tout en permettant d'asperger du סתם יינם (seif 5).
Le Rama distingue soigneusement la loi de base (le Mehaber : ריחא לאו מילתא, permis בדיעבד) de la pratique achkénaze plus précise (strict לכתחילה quand il y a une alternative ; חריף et même poêle interdisent même בדיעבד) — tout en gardant des indulgences ciblées (60 contre l'interdit, perte, אי אפשר pour la pelle).

7. Sentir, goûter, asperger — ce que l'odeur change vraiment

Les seifim 5-7 — le second versant du siman — méritent un arrêt. Quand l'odeur d'un interdit est-elle un véritable « profit » qu'il faut interdire ?

"מֻתָּר לִמְשֹׁךְ בְּפִיו רֵיחַ יֵין נֶסֶךְ דֶּרֶךְ נֶקֶב הֶחָבִית, לֵידַע אִם הוּא טוֹב."
Tout repose sur la nature de l'odeur tirée. Trois cas :
Acte Objet Statut
Sentir pour tester יין נסך (par un trou du tonneau) 🟢 Permis
Goûter (même sans avaler) Vin / interdit alimentaire 🔴 Interdit (Rivash)
Asperger (זילוף) יין נסך (אסור בהנאה) 🔴 Interdit
Asperger (זילוף) סתם יינם (permis de profit) 🟢 Permis
Sentir des épices Poivre / gingembre dans la jarre 🟢 Permis (Havdala 🔴)
Sentir un aromate ע"ז / ערלה / כלאי הכרם 🔴 Interdit
La clé : l'odeur n'est interdite que lorsqu'elle est un vrai profit. Tester ou humer ce qui n'est pas « fait pour sentir » reste permis ; mais humer un aromate עומד להריח qui est interdit de tout profit revient à en jouir — donc c'est interdit.

8. Cas pratiques modernes

Comment ces règles s'appliquent-elles dans nos cuisines aujourd'hui ? Voici trois situations courantes éclairées par notre siman.

Cas 1 — Cuire un plat de viande et un plat de lait dans le même four

Un gratin laitier et un rôti carné au four en même temps (seif 1, Rama : והוא הדין לבשר בחלב). Tant qu'ils ne se touchent pas et qu'aucun n'est חריף, l'odeur seule n'interdit pas בדיעבד (ריחא לאו מילתא). Mais לכתחילה l'usage est strict : on les sépare — l'idéal étant qu'au moins l'un soit couvert, ou le four un peu ouvert, ou chacun dans son plat fermé (la marmite sépare, seif 2). Un plat épicé (חריף) change la donne. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

Cas 2 — Réchauffer cachère et non-cachère ensemble, ou au micro-ondes

Réchauffer un plat cachère à côté d'un plat non-cachère, ou dans un micro-ondes partagé : le four clos concentre l'odeur (comparable au petit four fermé du seif 1). Si les deux sont couverts, la vapeur/odeur ne circule pas → on évite le problème (la marmite/le couvercle séparent, seif 2). À nu et découverts dans un espace scellé, c'est plus délicat — surtout s'il y a de la graisse (פיטום) ou un aliment חריף. Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.

Cas 3 — Sentir un parfum ou un aliment non-cachère

Peut-on sentir un plat ou un parfum non-cachère ? Le siman distingue (seifim 5-7) : sentir un aliment pour le tester n'est pas un profit interdit en soi (comme humer le vin, seif 5), mais goûter est interdit même sans avaler. En revanche, un produit fait pour être senti (un parfum / aromate) qui relèverait d'un interdit de profit (ע"ז, ערלה, כלאי הכרם) → interdit à sentir (seif 7). Pour la halakha lema'asseh, consulte ton Rav.
Le fil conducteur des trois cas : avant de paniquer, pose-toi trois questions — les aliments se touchent-ils ? l'un est-il couvert (ou dans une marmite fermée) ? y a-t-il du gras ou un aliment épicé (חריף) ? Et pour l'odeur « profit » : est-ce un objet fait pour être senti, interdit de tout profit ? Mais la décision concrète revient toujours au Rav, qui connaît les détails de fait.

9. Synthèse du Siman 108

L'essentiel du Siman 108 en quelques phrases :
  1. On ne rôtit pas interdit et permis dans un même four, même sans contact ; mais בדיעבד c'est permisריחא לאו מילתא (seif 1).
  2. לכתחילה permis si le four est grand et ouvert, ou si l'un est couvert, sans contact (seif 1).
  3. L'odeur interdit même בדיעבד pour un דבר חריף, sous un même מחבת découvert, et (selon des avis) pour un interdit במשהו (חמץ בפסח) (seif 1).
  4. Selon le Rama, 60 de permis contre l'interdit annulent l'odeur (pour une perte) (seif 1).
  5. Cuire en marmite : la marmite sépare → permis même petit four fermé, sauf four totalement scellé (seif 2).
  6. La pelle (מרדה) : בת יומא → interdit ; non-בת יומא → permis, car אי אפשר בעניין אחר (seif 3).
  7. Pain chaud sur tonneau de vin : chaud + ouvert + face à la bonde → interdit ; froid / bouché → permis ; pain d'orge → strict (seif 4).
  8. Sentir le vin pour le tester = permis ; goûter (même sans avaler) et asperger un vin interdit de profit = interdit (seif 5).
  9. Sentir des épices dans une jarre de vin = permis ; mais les בשמים de Havdala = interdit (seif 6) ; et sentir un aromate interdit de profit (ע"ז, ערלה, כלאי הכרם) = interdit (seif 7).

Tableau-mémoire

Situation Statut
Interdit + permis rôtis ensemble (à nu, fait) 🟢 Permis בדיעבד (ריחא לאו מילתא)
Grand four ouvert / l'un couvert, sans contact 🟢 Permis לכתחילה
דבר חריף, ou même מחבת découvert 🔴 Interdit même בדיעבד
Chacun dans sa marmite (four un peu ouvert) 🟢 Permis
Pelle (מרדה) בת יומא / non-בת יומא 🔴 Interdit / 🟢 Permis
Pain chaud, tonneau ouvert, face à la bonde 🔴 Interdit
Sentir le vin pour tester / sentir aromate de profit 🟢 Permis / 🔴 Interdit

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Que signifie ריחא לאו מילתא ? Quelle est la différence entre בדיעבד et לכתחילה dans le seif 1 ?
  2. Quelles sont les conditions d'autorisation לכתחילה (seif 1) ? Pourquoi faut-il que les aliments ne se touchent pas ?
  3. Cite les cas où l'odeur interdit même בדיעבד. Qu'est-ce qu'un דבר חריף et pourquoi aggrave-t-il ?
  4. Pourquoi la crainte existe-t-elle même si le permis est gras et l'interdit maigre (Taz, פיטום) ? Et que dit-on de maigre + maigre ?
  5. En quoi la marmite change-t-elle la règle (seif 2) ? Quand redevient-on strict ?
  6. Pourquoi la pelle (מרדה) non-בת יומא est-elle permise לכתחילה (seif 3) ? Que veut dire אי אפשר בעניין אחר ?
  7. Quelles trois conditions rendent le pain chaud interdit sur le tonneau de vin (seif 4) ? Que change le pain d'orge ?
  8. Distingue sentir, goûter et asperger (seif 5). Pourquoi le סתם יינם peut-il être aspergé ?
  9. Pourquoi peut-on sentir le poivre d'une jarre de vin mais pas les בשמים de Havdala (seif 6) ? Et pourquoi les aromates de ע"ז / ערלה / כלאי הכרם sont-ils interdits à sentir (seif 7) ?
  10. Que dit le Taz (s.k. 1) sur le פיטום et le maigre+maigre ? Et le Shach (s.k. 2) sur אפשר בלא כותח ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
יורה דעה · סימן ק״ח · Niveau 1 — Initiation
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