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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA'ASSE / PSAK

שולחן ערוך · יורה דעה

Siman 120 — Tevilat kelim : l'immersion des ustensiles acquis d'un non-Juif — Psika lema'asse
סימן ק״כ · הלכה למעשה
דיני טבילת הכלים
פסק המחבר והרמ״א · הכרעת נושאי הכלים · הסקת ההלכה למקרים בני זמננו
⚖️ פסק הלכה ולמעשה ⚖️
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Halakha lema'asse — la psika pratique

Du psak du Mehaber et du Rama, à l'arbitrage du Taz, du Shach, du Pri Hadash,
du Pitchei Teshuva et de l'Aroukh HaShoulhan, jusqu'à l'évier, au magasin et au mikvé d'aujourd'hui

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ (ט״ז סעיפים)
עם נושאי הכלים: ט״ז, ש״ך, פרי חדש, פתחי תשובה, ערוך השולחן

⚠ Avertissement de niveau :
Ce niveau n'est pas “Daat HaRav” : le Choulhan Aroukh HaRav
(Admour HaZaken) ne couvre pas le Yoreh De'ah, donc pas le Siman 120.
C'est un niveau de psika pratique : ce que l'on fait, et à qui demander.

Rédaction et iyun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Comment lire ce niveau. Chaque affirmation est ancrée soit dans le texte du Choulhan Aroukh et de ses nossei kelim (Taz, Shach, Pri Hadash, Pitchei Teshuva, Aroukh HaShoulhan), soit dans une source nommée et vérifiable. Sur le Yoreh De'ah, il n'y a ni Mishna Berurah (qui ne commente que l'Orach Chaim), ni Choulhan Aroukh HaRav / Daat HaRav (l'Admour HaZaken n'a pas écrit le YD). La tevilat kelim est le siman le plus quotidien du Yoreh De'ah : presque chaque ligne du texte a une traduction directe dans une cuisine. Mais chaque application concrète (lema'asse) se conclut par le renvoi à ton Rav : la matière exacte d'un ustensile, son usage réel, la propriété du fabricant, la présence d'une hatsitsa, sont des faits que seul un posek voyant ton cas peut trancher.

📑 תוכן העניינים

  1. שורש הדין — d'où vient la tevila, et est-elle דאורייתא ?
  2. פסק המחבר והרמ״א — la carte des ט״ז סעיפים
  3. אילו חומרים חייבים — métal, verre, revêtements — et les matières d'aujourd'hui
  4. מהו כלי סעודה — ce qui touche l'aliment (סעיף ד׳–ז׳)
  5. הברכה — quand, laquelle, et quand s'en abstenir (סעיף ג׳)
  6. סדר הטבילה וחציצה — prise lâche, manches, rouille (סעיף ב׳, י״ב, י״ג)
  7. שאול, שכור, ומשכון — emprunt, location, gage (סעיף ח׳–ט׳)
  8. אומן, מכר, שותפות — fabrication, revente, copropriété, vol (סעיף י׳–י״א)
  9. מי מטביל — enfant, non-Juif, et la question de la כוונה (סעיף י״ד–ט״ו)
  10. שכח ולא הטביל — cadeau au non-Juif, et l'absence de mikvé (סעיף ט״ז)
  11. פסיקת הספרדים והאשכנזים בזמננו — les deux courants
  12. מקרים מודרניים וסיכום מעשי — magasin, inox, Pyrex, plastique, électrique, jetable

1. שורש הדין — d'où vient la tevilat kelim

תנא: וכולן צריכין טבילה בארבעים סאה. מנהני מילי? אמר רבא, דאמר קרא: ״כל דבר אשר יבא באש תעבירו באש וטהר״, הוסיף לך הכתוב טהרה אחרת… אמר רב נחמן אמר רבה בר אבוה: אפילו כלים חדשים במשמע

— עבודה זרה ע״ה ע״ב
Deux mots, deux exigences. La guemara tire la tevila de deux mots du verset de la פרשת מטות. De וטהר : après le passage par le feu (l'hagala/libboun qui ôte le goût interdit), l'Écriture ajoute une purification — un acte qui n'a rien à voir avec le goût. De אך במי נדה : “l'eau dans laquelle une nidda s'immerge”, d'où le מקוה et son volume de quarante séah. Et Rav Nahman précise que même des ustensiles neufs, jamais utilisés, sont concernés : la tevila n'est donc pas un nettoyage, mais un changement de statut.
Le taam : passer d'un domaine à l'autre. Le Taz donne la raison en une ligne : « וטעם הטבילה כדי שיצאו מטומאתו של עובד כוכבים לקדושתו של ישראל » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק א). L'Aroukh HaShoulhan rapporte la même idée au nom du Yerushalmi — résumé : l'ustensile est entré dans la sainteté d'Israël (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף נ״ג). C'est la clé de tout le siman : là où l'ustensile n'entre pas vraiment dans le domaine du Juif (emprunt, location, copropriété), il n'y a pas de tevila.

דאורייתא ou דרבנן ? — et pourquoi cela change tout

Nafka mina immédiate : dans un cas de doute, on est sévère pour le métal (ספק דאורייתא) et indulgent pour le verre (ספק דרבנן). C'est exactement le raisonnement du Pri Hadash sur le gage (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק י״א), et du Hokhmat Adam sur l'immersion dans la neige (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק ד).

Lema'asse (la racine). Retiens trois choses avant tout le reste : (1) la tevila ne nettoie rien — elle fait passer l'ustensile dans le domaine d'Israël, donc elle vaut même pour du neuf sous emballage ; (2) elle exige un מקוה ou une source de quarante séah, pas un évier ; (3) le métal est traité comme דאורייתא, le verre comme דרבנן, et c'est cette différence qui décide de tous les cas douteux. Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.

2. פסק המחבר והרמ״א — la carte des seize seifim

Le Siman 120 compte seize seifim. Le Mehaber pose la trame — quels ustensiles, quelle eau, quelle berakha, quels cas d'exemption ; le Rama (הגה) glose, presque toujours dans le sens de “immerger, mais sans berakha” là où le doute demeure. Voici la carte d'ensemble, telle qu'elle ressort du texte lui-même.

SeifSujetPsak (ancré dans le texte)
1Quels ustensiles, quelle eauCelui qui achète d'un non-Juif des ustensiles de repas de métal, de verre, ou revêtus d'étain à l'intérieur → tevila au מקוה ou מעיין de quarante séah, même s'ils sont neufs. Rama : les revêtus d'étain, même à l'intérieur, s'immergent sans berakha, וכן נוהגין.
2Prise lâcheL'ustensile doit être lâche dans la main pendant l'immersion ; le serrer fait חציצה. Mouiller la main d'abord lève la crainte. Rama : seulement avec de l'eau du mikvé, non de l'eau puisée.
3La berakhaPour un ustensile : על טבילת כלי. Pour deux ou plus : על טבילת כלים.
4Trépied ou grilLes טריפיד״ש (trépieds sur lesquels on pose la marmite) → exempts. Les פדיליא״ש (grils sur lesquels on met l'aliment lui-même) → tevila.
5Couteau de che'hita, fers à matsotCouteau de che'hita (ou d'écorchage) : יש מי שאומר qu'il est exempt. Rama : יש חולקין, et il est bon de l'immerger sans berakha. Les fers à piquer les matsot et le couvercle qu'on rabat sur le pain → exempts ; mais le couvercle de marmite → tevila.
6Bois cerclé de ferUn ustensile de bois cerclé de fer à l'extérieur, les cercles le maintenant, → exempt : l'usage ne passe pas par le métal.
7Ustensiles mixtesCoupe d'argent fixée à un support de bois → tevila. Rama : moulin à poivre à axe de fer, entonnoirs et robinets de métal → tevila. Règle : si l'essentiel de l'ustensile est le métal → tevila ; si l'essentiel est le bois et qu'on peut s'en servir sans la pièce de fer → exempt ; mais si les pièces de fer internes sont indispensables → tevila.
8Emprunt, location, reventeEmprunté ou loué à un non-Juif → exempt. Mais si un Juif l'a acheté puis prêté, l'emprunteur doit l'immerger : l'obligation est née chez le premier. יש מי שאומר : si le premier ne l'a pas acheté pour la seuda (couper des parchemins) → pas d'obligation. Rama : le premier ne peut alors s'en servir pour un repas, même occasionnellement, sans tevila ; et si un second Juif le lui achète pour la seuda → tevila chez ce second.
9Gage (משכון)Un non-Juif met un ustensile en gage chez un Juif : si l'on voit qu'il a l'intention de le laisser définitivement → tevila. Sinon → l'immerger sans berakha, ou acheter un autre ustensile et l'immerger avec lui. Et s'il finit par rester chez le Juif → réimmerger sans berakha.
10Fabrication par un artisanUn Juif remet son propre métal à un artisan non-Juif pour qu'il lui fasse un ustensile → exempt. Rama : יש חולקין, donc l'immerger sans berakha ; et si une partie du métal appartient au non-Juif → tevila. Un artisan juif qui a fabriqué pour un non-Juif et lui rachète l'objet → sans berakha si le non-Juif avait fourni tout le métal ; mais s'il l'a fait pour lui-même en achetant le métal, ou en fournissant une partie → exempt.
11Revente, copropriété, volUn Juif vend un ustensile à un non-Juif puis le rachète → tevila ; mais s'il le lui avait seulement mis en gage et l'a racheté → exempt. Rama : un ustensile acheté en copropriété Juif / non-Juif → exempt ; volé ou spolié puis rendu → exempt ; mais réquisitionné par un dignitaire ou un gouverneur puis rendu → tevila, car il s'était déjà installé dans son domaine.
12Les manchesצריך להטביל ידי הכלי — les manches et poignées doivent entrer dans l'eau avec l'ustensile.
13Rouille et hatsitsaÔter la rouille avant la tevila. Si on ne l'a pas ôtée : ce dont on se soucie (מקפיד) fait חציצה ; mais si, après avoir frotté et passé aux braises, il reste un peu qu'on ne peut ôter → c'est un מיעוט שאינו מקפיד, et cela ne fait pas חציצה.
14Un enfantOn ne croit pas un enfant qui dit avoir immergé les ustensiles. Rama : mais s'il les a immergés devant un adulte, la tevila est valable.
15Un non-Juif qui immergeSi l'on a fait immerger les ustensiles par un non-Juif, la tevila compte. Rama : mais il n'est pas cru pour attester qu'il l'a faite.
16Oubli avant ChabbatS'il a oublié d'immerger avant Chabbat ou Yom Tov : qu'il le donne en cadeau à un non-Juif puis le lui emprunte — et il peut s'en servir. Rama : on fait de même en semaine là où l'on n'a pas de mikvé ; et si l'on a transgressé et utilisé l'ustensile sans tevila, ce qu'on y a mis n'est pas interdit — on l'immergera ensuite.
כלל הפסק של הסימן:
כלי סעודה של מתכות או זכוכית הבאים מרשות העובד כוכבים לרשות ישראל בקנין גמור — טעונים טבילה בארבעים סאה, אף חדשים. וכל שלא נכנס לרשותו לגמרי — שאול, שכור, שותפות, משכון שאין דעתו לשקעו — פטור או בלא ברכה. וכל ספק בעיקר החיוב — יטבול בלא ברכה או עם כלי אחר.

3. אילו חומרים חייבים בטבילה — métal, verre, revêtements, et les matières d'aujourd'hui

הקונה מהעובד כוכבים כלי סעודה של מתכו׳ או של זכוכית או כלים המצופים באבר מבפנים אף על פי שהם חדשים צריך להטבילם במקוה או מעיין של ארבעים סאה

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף א
הגה: י״א דכלים המצופים באבר אפילו בפנים יטבול בלא ברכה וכן נוהגין

— רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף א
Deux matières seulement, dans le verset. La guemara restreint deux fois. Une première fois quant à l'usage : « כלי סעודה אמורין בפרשה » — seuls les ustensiles de repas. Une seconde fois quant à la matière : « כלי מתכות אמורין בפרשה » — seuls les ustensiles de métal (עבודה זרה ע״ה ע״ב). Le verre n'y figure pas : c'est Rav Ashi qui l'y rattache — « הני כלי זכוכית הואיל וכי נשתברו יש להן תקנה ככלי מתכות דמו » (עבודה זרה ע״ה ע״ב). Le critère est donc la refonte : ce qui, brisé, peut redevenir ustensile, est traité comme du métal — mais מדרבנן.
לא חיבו בטבילה זו אלא כלי מתכות של סעדה הנלקחין מן העכו״ם… וכן אם לקח כלי עץ או כלי אבנים מדיח או מרתיח ואינו צריך להטביל. וכן כלי חרשים אינו צריך להטביל. אבל השועין באבר הרי הן ככלי מתכות וצריכין טבילה

— רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז הלכה ו
La liste des exemptés, chez le Rambam. Bois, pierre, terre cuite : rinçage ou ébouillantage, pas de tevila. Seule exception : la terre cuite revêtue d'étain (השועין באבר), qui suit le métal. C'est exactement le troisième membre du seif 1 du Mehaber. Toute la question moderne des matières nouvelles se joue là : est-ce du métal, du verre, un revêtement — ou rien de tout cela ?

טבלה — la matière et son statut

MatièreStatutAncrage
Métal — or, argent, cuivre, fer, inox, aluminium, étainTevila avec berakhaשולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף א · ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף כ״ג
Verre — verre ordinaire, cristal, Pyrex, DuralexTevila avec berakha ; obligation דרבנןעבודה זרה ע״ה ע״ב · ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף כ״ד · ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף כ״ב
Métal revêtu — émaillé, étamé, vitrifiéTevila ; sans berakha selon le Ramaרמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף א · ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ג · ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ב
Terre cuite revêtue d'étain à l'intérieur (קוניא)Tevila ; sans berakha selon le Ramaשולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף א · רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז הלכה ו
Porcelaine, faïence, grès non revêtus de verre ou de métalPoint de désaccord — voir l'encadré ci-dessousפתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק ב · ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף כ״ט
Bois, pierre, os, terre cuite nueExemptsרמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ז הלכה ו · שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ו

La porcelaine — le désaccord le plus visible de nos placards

Ce qui se pratique : l'usage très répandu est d'immerger la porcelaine et la faïence sans berakha — ce qui satisfait à la fois le Rama (revêtement → sans berakha) et l'avertissement de l'Aroukh HaShoulhan (ne pas prononcer une berakha לבטלה).

Et les matières que le Choulhan Aroukh n'a pas connues ? Plastique, mélamine, nylon, silicone, bakélite, revêtement téflon, aluminium jetable, corian. Aucune n'est nommée dans le siman — et il serait malhonnête de leur inventer une source.
La méthode, elle, est dans le siman. Trois questions se posent, dans cet ordre. (1) La matière est-elle du métal ou du verre ? — car « כלי מתכות אמורין בפרשה », et le verre n'y est rattaché que par la refonte. Le plastique, la mélamine, le silicone ne sont ni l'un ni l'autre : la plupart des décisionnaires contemporains les exemptent, tandis que certains, s'appuyant sur le fait qu'un plastique brisé peut être refondu, préfèrent immerger sans berakha. (2) S'agit-il d'un revêtement sur un corps de métal ? — une poêle en acier revêtue de téflon reste un ustensile de métal, et le seif 7 tranche : « ודוקא שעיקר הכלי הוא של מתכות » (רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ז). (3) Est-ce vraiment un כלי סעודה durable ? — question qui commande le sort de la vaisselle jetable, traitée à la section 12.

Lema'asse (les matières). Métal et verre : tevila avec berakha. Revêtus (émail, étain, vernis) : tevila sans berakha. Bois, pierre, terre cuite nue : rien. Porcelaine et faïence : l'usage est d'immerger sans berakha. Plastique, mélamine, silicone : les avis diffèrent, et la pratique de ta communauté compte. Un ustensile de matière composite ou incertaine (revêtements modernes, résines, céramiques techniques) ne se tranche pas à l'œil — Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.

4. מהו כלי סעודה — ce qui touche l'aliment, et ce qui ne le touche pas

טריפיד״ש ששופתים עליהם קדירות אינם טעונות טבילה אבל פדיליא״ש טעונות טבילה מפני שנותנים עליהם המאכל עצמו

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ד
סכין של שחיטה… יש מי שאומר שאינו צריך טבילה

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ה
הגה: ויש חולקין… וטוב לטובלו בלא ברכה הברזלים שמתקנים בהם המצות אינם צריכים טבילה… וכן כיסוי שכופין על הפת לאפותו אבל כיסוי קדירה צריך טבילה

— רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ה
כלי עץ שיש לו חשוקים של ברזל מבחוץ שמעמידים אותו אינו טעון טבילה

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ו
כוס של כסף מחובר בכלי עץ צריך טבילה

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ז
הגה: ודוקא שעיקר הכלי הוא של מתכות אבל אם עיקר הכלי הוא של עץ רק שמעט ברזל קבוע בו הואיל ואפשר להשתמש בו בלא הברזל אין צריך טבילה אבל כלי המתוקן ביתדות של ברזל ובלא היתדות לא היה אפשר להשתמש בו והם מבפנים צריך טבילה

— רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ז
Le critère du seif 4, en une opposition. Deux objets de métal, sous la même marmite. Le טריפיד״ש porte la marmite : exempt. Le פדיליא״ש porte l'aliment lui-même : soumis. La ligne n'est donc pas “sert-il en cuisine ?” mais “l'aliment le touche-t-il ?”. C'est la règle qui décide de tous les cas litigieux du siman.
Pourquoi le couteau de che'hita est exempté (seif 5). Le Shach donne la raison du Beit Yossef : « דלאו כלי סעודה הן דהא דהבהמה חזיא לאכילה משום הכי לא חשיב כלי סעודה דעדיין צריכה בישול או צלייה » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י). L'animal égorgé n'est pas encore de la nourriture : il faut encore le cuire ou le rôtir. Le couteau intervient donc avant le stade de l'aliment. Le Rama, prudent, retient les חולקין : « וטוב לטובלו בלא ברכה » (רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ה).
Le second critère : peut-il servir à autre chose ? (Shach s.k. 11). Le Shach explique pourquoi le Rama exempte franchement les fers à matsot alors qu'il hésite sur le couteau de che'hita : « דהברזלים גרעי טפי שא״א לשמשן למאכל אחר משא״כ סכין של שחיטה שאפשר לשמשו למאכל אחר » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״א). Un outil qui ne peut rien faire d'autre est plus faible encore ; un couteau, lui, peut toujours couper un aliment prêt. Le Shach en tire que les ciseaux à légumes n'ont pas besoin de tevila.
Le troisième critère : רוב תשמישו (Aroukh HaShoulhan). L'Aroukh HaShoulhan généralise, en calquant la règle de l'hagala : « אם הכלי היא שלא לצורך סעודה כגון סכין שקונין אותו לחתוך קלפים… אע״פ שבמקרה חותך בו איזה מאכל מ״מ א״צ טבילה » (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף מ). On suit l'usage majoritaire de l'objet, pas l'usage accidentel — mais il précise aussitôt que si l'on coupe un aliment de façon régulière, la tevila redevient due.

טבלה — כלי סעודה ou non

ObjetStatutAncrage
Trépied, dessous-de-plat, plaque sur laquelle on pose la marmiteExemptשולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ד
Gril / grille sur laquelle on pose l'alimentTevilaשולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ד
Couteau de che'hita, couteau d'écorchageיש מי שאומר exempt ; Rama : sans berakhaשו״ע ורמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ה
Fers à piquer les matsot ; couvercle rabattu sur le painExemptsרמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ה
Couvercle de marmiteTevilaרמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ה
Ustensile de bois cerclé de fer à l'extérieurExemptשולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ו
Moulin à poivre, entonnoir, robinet de métalTevilaרמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ז
Objet de bois avec une petite pièce de fer non indispensableExemptרמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ז
Objet dont les pièces de fer internes sont indispensablesTevilaרמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ז
Ciseaux à couper les légumesExempts selon le Shach ; d'autres exigent la tevilaש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״א · ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף ל״ו
Chaudière ou cuve fixée, trop grande pour être déplacéeNon traité comme כלי סעודהערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף ל״ט

👈 Le siman a déjà rencontré l'appareil électrique

L'Aroukh HaShoulhan énumère les ustensiles de son temps qui exigent la tevila, et l'un d'eux est décisif pour nous : « ולכן מוליאר שקורין סאמאווא״ר או טי״י מאשין צריך טבילה » (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף ל). Un samovar, une machine à thé — soit exactement une bouilloire électrique. Le fait qu'un appareil soit compliqué, chauffant, ou muni d'un mécanisme ne le sort pas de la catégorie כלי סעודה. En sens inverse, il exempte les grandes cuves fixées au four, parce que « דכלי סעודה לא מקרי אלא כשמטלטלין אותם ממקום למקום » (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף ל״ט) — un appareil encastré et immobilisable relève de cette discussion.

Lema'asse (qu'est-ce qu'un כלי סעודה). Pose-toi les trois questions dans l'ordre : l'aliment le touche-t-il ? peut-il servir à un aliment déjà prêt ? quel est son usage majoritaire ? Sont soumis : assiettes, verres, couverts, marmites, poêles, plats de cuisson, couvercles, moulins, ouvre-boîtes, râpes, bouilloires. Sont exempts : dessous-de-plat, supports, outils qui n'atteignent l'aliment qu'à un stade non comestible. Les cas mixtes — manche de bois, appareil encastré, outil polyvalent — Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.

5. הברכה — quand la dire, laquelle, et quand s'en abstenir

יברך על טבילת כלי ואם הם שנים או יותר מברך על טבילת כלים

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ג

Le texte de la berakha — trois positions

טבלה — avec ou sans berakha

CasBerakhaAncrage
Métal ou verre acheté d'un non-JuifAvec berakhaשולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף א · ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף כ״ב
Ustensile revêtu d'étain, de verre ou d'émailSans berakhaרמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף א · ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ג
Couteau de che'hita, couteau d'écorchageSans berakhaרמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ה
Objet de métal monté sur bois, dans le douteSans berakhaש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״ב
Ustensile pris en gage, sans savoir l'intention du non-JuifSans berakha, ou avec un autre ustensileשולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ט
Fabriqué par un artisan non-Juif à partir du métal d'un JuifSans berakhaרמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף י
Porcelaine, faïence, grèsSans berakhaערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף כ״ט
La solution générale du doute : immerger avec un autre ustensile. Chaque fois qu'on doit immerger “sans berakha”, les nossei kelim proposent le même remède : joindre à l'ustensile douteux un ustensile certainement soumis, et prononcer la berakha sur les deux. Le Shach l'écrit pour le revêtu — « ונראה דיש להטבילן עם איזה כלי אחר בברכה » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ה) — et le répète pour l'ustensile acheté à d'autres fins : « ונראה דיש להטבילו בלא ברכה או יטבול כלי אחר עמו » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ט״ז). Le Taz recourt au même procédé pour l'ustensile donné puis réemprunté : « יש ליזהר שיטביל כלי אחר עמו משום חשש ספק ברכה » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק י״ח). Le Mehaber lui-même l'avait déjà prescrit pour le gage (שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ט).

Lema'asse (la berakha). Une seule berakha couvre toute une immersion : on la dit une fois, avant de commencer, puis on immerge l'ensemble. Le doute sur la berakha ne se résout jamais en la prononçant “au cas où” — il se résout en ajoutant au lot un ustensile de métal certainement soumis. La formule exacte suit l'usage de ta communauté — Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.

6. סדר הטבילה וחציצה — la prise, les manches, la rouille

צריך שיהא הכלי רפוי בידו בשעת טבילה שאם מהדקו בידו הוי חציצה ואם לחלח ידו במים תחילה אין לחוש

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ב
הגה: ודוקא שלחלח ידיו במי מקוה אבל לא במים תלושים

— רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ב
צריך להטביל ידי הכלי

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ב
צריך להעביר החלודה קודם טבילה ואם לא העביר אם מקפיד עליו חוצץ ואם שפשף ונתן בגחלים ונשאר עדיין מעט של חלודה שלא יכול לעבור על ידי כך הוי מיעוטו שאינו מקפיד עליו ואינו חוצץ

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ג

Mouiller la main — eau du mikvé, ou n'importe quelle eau ?

Le Rama restreint : « ודוקא שלחלח ידיו במי מקוה אבל לא במים תלושים » (רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ב). Le Taz le conteste longuement : l'eau qui reste sur la main, même puisée, se relie aux eaux du mikvé par השקה dès qu'elle y entre, et perd donc son statut d'eau détachée (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ד). Le Shach défend le Rama : ici, sans l'eau il y aurait חציצה, donc c'est précisément l'eau qui doit être qualifiée (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ז).

Le Shach pose d'ailleurs une question plus grave encore sur le principe même : le Rambam écrit que celui qui tient un ustensile et l'immerge n'a rien fait, même s'il a relâché sa main, par crainte qu'il ne relâche pas — et le Shach conclut « וצ״ע » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ו). Le Pitchei Teshuva rapporte au nom du Tiferet LeMoshe la réponse : là-bas il s'agit d'une טומאה dont les conséquences sont graves, ici non (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק ה).

Ce qui en découle en pratique : ne pas tenir l'ustensile à pleine main. Le plus sûr est de le déposer dans un panier ou un filet largement ajouré, ou de le lâcher dans l'eau.

Ce qu'il faut faire avant d'immerger

👈 La liste de contrôle, tirée du texte

  1. Ôter tout ce qui adhère et qu'on ne veut pas garder : étiquettes de prix, autocollants, colle, restes de carton, peinture, rouille. Le seif 13 énonce le critère — ce dont on est מקפיד fait חציצה ; ce dont on ne l'est pas, et qui reste minoritaire, non (שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ג). L'Aroukh HaShoulhan ajoute que le noircissement d'une marmite par le feu n'est pas une חציצה, car c'est devenu la paroi même (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף ט״ו).
  2. Immerger les manches : « צריך להטביל ידי הכלי » (שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ב).
  3. Démonter ce qui se démonte : l'Aroukh HaShoulhan l'exige des couteaux pliants et des couverts en plusieurs pièces — « שצריכים בעת הטבילה לפורקן ולטבול כל אחד בפ״ע » (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ח).
  4. Tout l'ustensile dans l'eau, en une fois : le Hokhmat Adam, cité par le Pitchei Teshuva — « צריך שיכניס כל הכלי במים בפעם אחת שלא ישאר ממנה חוץ למים אפילו כל שהוא » (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק ג).
  5. Faire entrer l'eau partout : pour une bouteille à col étroit, l'incliner sur le côté avant de l'enfoncer (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ט) ; et si l'on immerge dans un récipient, l'ouverture extérieure doit être large et l'ustensile intérieur libre (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ט).
  6. Ordre : si l'ustensile exige aussi une הגעלה ou un ליבון, on les fait avant ; bediavad, une tevila faite avant reste valable (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ז).

Lema'asse (l'immersion elle-même). Ustensile propre, sans étiquette ni rouille, démonté si nécessaire, entièrement sous l'eau d'un seul coup, tenu sans serrer — ou déposé dans un panier ajouré. Ce qui reste incertain, c'est ce qui compte comme חציצה sur ton ustensile (un vernis, une gravure remplie, un joint) — Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.

7. שאול, שכור, ומשכון — ce qui n'entre pas vraiment dans ton domaine

לא שנו אלא בלקוחין וכמעשה שהיה אבל שאולין לא

— עבודה זרה ע״ה ע״ב
השואל או שוכר כלי מהעובד כוכבים אינו טעון טבילה אבל אם ישראל קנאו מהעובד כוכבים והשאילו לחבירו טעון טבילה שכבר נתחייב ביד הראשון ויש מי שאומר שאם לא לקחו הראשון לצורך סעודה אלא לחתוך קלפים וכיוצא בו אין צריך להטבילו

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ח
הגה: אבל הראשון אסור להשתמש בו לצרכי סעודה אפילו דרך עראי בלא טבילה… וכן אם קנאו ישראל השני מן הראשון לצורך סעודה צריך טבילה גבי השני

— רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ח
Le principe, et son revers. L'obligation naît de l'acquisition, pas de l'usage : « לא שנו אלא בלקוחין » — seul l'ustensile acheté est concerné, non l'emprunté (עבודה זרה ע״ה ע״ב). Mais le seif 8 en tire immédiatement le revers : une fois que l'obligation est née chez le premier acquéreur, elle ne s'éteint plus. Celui qui lui emprunte l'ustensile est tenu de l'immerger — שכבר נתחייב ביד הראשון (שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ח). D'où la question, décisive aujourd'hui : l'obligation est-elle née chez celui qui me le donne ?
Le commerçant, et la vaisselle prêtée pour une grande réception. Le Beit Yossef en avait déduit qu'un commerçant qui achète des ustensiles pour les revendre n'est jamais tenu de les immerger — il ne les a pas acquis pour un repas ; d'où celui qui les lui emprunte est également exempt. Le Taz, plus strict, écrit : « וה״ה השואל כלים מישראל החנוני לצורך סעודה יטבלנו בלא ברכה » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק י). Le Pitchei Teshuva rapporte au nom du Binat Adam un allègement explicite pour les grandes réceptions : quand il y a crainte de casse, perte financière ou manque de temps, on peut s'appuyer sur les indulgents pour la vaisselle de verre et de faïence, dont la tevila n'est de toute façon que rabbinique — mais il maintient la rigueur pour le métal, ספק דאורייתא (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק ט). L'Aroukh HaShoulhan atteste enfin la pratique universelle : « ולא שמענו מעולם שיטבילו אותם ויש מפקפקין בזה אבל באמת אין כאן פקפוק כלל דכן הוא עיקר לדינא » (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף מ״ה). Les trois voix se rejoignent sur la ligne de partage : l'obligation ne naît que chez celui qui acquiert l'ustensile pour sa propre table. Le loueur professionnel et le commerçant ne l'ont jamais contractée, et n'ont donc rien à transmettre à qui leur emprunte ; ce qu'ils transmettent, dès qu'il y a vente, c'est un ustensile sur lequel l'obligation naîtra chez l'acheteur.
איבעיא להו: משכנתא מאי?

— עבודה זרה ע״ה ע״ב
משכן עובד כוכבים כלי לישראל אם נראה בדעת העובד כוכבים שרוצה לשקעו בידו טעון טבילה ואם לאו יטבילנו בלא ברכה או יקנה כלי אחר ויטבילנו עמו

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ט
הגה: ואם לבסוף נשתקע בידו יחזור ויטבילנו בלא ברכה

— רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ט
Le gage : un doute resté ouvert dans la guemara. La guemara demande « משכנתא מאי? » et n'en sort pas : le cas rapporté (Mar bar Rav Ashi vit son père immerger une coupe d'argent reçue en gage) admet deux lectures — soit le gage vaut vente, soit c'est que le non-Juif visiblement ne comptait pas la reprendre (עבודה זרה ע״ה ע״ב). Le Mehaber tranche selon l'intention apparente. Le Shach précise que le ואם לאו du Mehaber vise le cas où l'on ignore l'intention ; si l'on sait avec certitude qu'il compte reprendre son gage, il n'y a aucune obligation (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״ט). Le Pri Hadash, cité par le Pitchei Teshuva, ajoute la conséquence attendue : pour le verre, dont la tevila n'est que rabbinique, le doute se règle à l'indulgence (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק י״א).

טבלה — le titre de possession décide

SituationStatutAncrage
Emprunté à un non-JuifExemptשולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ח
Loué à un non-JuifExemptשולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ח
Emprunté à un Juif qui l'avait acheté pour la tableTevila — l'obligation est née chez luiשולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ח
Emprunté à un commerçant juif (stock de vente)Exempt selon l'Aroukh HaShoulhan ; le Taz : sans berakhaערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף מ״ה · ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק י
Acheté à un commerçant juif, pour s'en servirTevila — l'obligation naît chez l'acheteurרמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ח
Acheté à un non-Juif pour un usage non alimentaireExempt ; mais interdit de s'en servir pour la table, même occasionnellement, sans tevilaשו״ע ורמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ח
Pris en gage, intention apparente de le garderTevilaשולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ט
Pris en gage, intention inconnueSans berakha, ou avec un autre ustensileשולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ט · ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק י״ט

Lema'asse (emprunt, location, gage). Ce que tu n'acquiers pas, tu ne l'immerges pas : vaisselle d'un hôtel, d'un appartement loué, d'un traiteur, d'un service de location — rien à faire. Ce que tu achètes, tu l'immerges, même dans un magasin cachère tenu par un Juif : le commerçant n'a jamais été tenu, donc l'obligation naît chez toi. Le cas des grandes réceptions et de la vaisselle empruntée demande un arbitrage sur place — Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.

8. אומן, מכר, שותפות — qui a fait l'ustensile, et à qui appartient-il

ישראל שנתן כסף לאומן עובד כוכבים לעשות לו ממנו כלי אינו צריך טבילה

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף י
הגה: ויש חולקין… ויש לטובלו בלא ברכה ואם מקצת הכסף שנעשה ממנו הכלי של עובד כוכבים צריך טבילה

— רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף י
ישראל שמכר כלי לעובד כוכבים וחזר ולקחו ממנו צריך טבילה אבל אם משכנו בידו וחזר ופדאו ממנו אינו צריך טבילה

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״א
הגה: ישראל ועובד כוכבים שקנאו כלי בשותפות אין צריך טבילה ישראל שגנבו או גזלו ממנו כליו והוחזרו לו אין צריך טבילה אבל שר או מושל שאנסו ישראל ולקחו כליו והוחזרו לו צריכין טבילה דכבר נשתקעו ביד העובד כוכבים

— רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״א
La hakira du seif 10 : suit-on la matière ou la main ? Un Juif remet son propre argent à un artisan non-Juif. À qui “appartient” l'ustensile qui en sort ? Deux principes s'affrontent, importés du droit civil : אומן קונה בשבח כלי — l'artisan acquiert par la plus-value qu'il produit, l'ustensile est donc issu d'un non-Juif — contre le principe inverse, selon lequel on suit le propriétaire de la matière. Le Shach expose la position du Ritzva : dès lors que le non-Juif fait l'essentiel de l'ustensile, il faut la tevila, « אפילו הכסף של ישראל » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״א) — et il conclut qu'il faut être sévère, s'agissant d'un interdit דאורייתא.

👈 De l'artisan à l'usine — la question qu'il faut réellement poser

L'Aroukh HaShoulhan refuse d'appliquer la hakira de l'artisan à une usine. Là où l'on produit des ustensiles par milliers, l'ouvrier n'est qu'un salarié à la journée, et tout suit le propriétaire de l'entreprise : si le patron est juif, même le métal est exempt et même si les ouvriers ne sont pas juifs ; si le patron n'est pas juif, même le verre est soumis, avec berakha. D'où sa conclusion, dont l'actualité saute aux yeux : « ולכן כשקונה כלי מתכות או כלי זכוכית צריך לידע מי הוא בעל העסק » (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף נ״ח). La vraie question, devant un ustensile de magasin, n'est donc pas “qui me l'a vendu ?” mais “qui l'a fabriqué, et de qui était l'entreprise ?” — et dans le doute on immerge.

Copropriété, vol, réquisition (seif 11). Trois cas, une même logique — l'ustensile est-il vraiment sorti du domaine du Juif ? (1) Copropriété Juif / non-Juif : exempt, car il n'est pas entré entièrement dans la sainteté d'Israël ; le Shach ajoute la nafka mina — s'il rachète ensuite la part du non-Juif, la tevila est due (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״ו). (2) Vol : exempt, et la raison n'est pas le désespoir du propriétaire. Le Shach conteste explicitement l'explication par le יאוש et retient celle du Issour veHeter : un voleur ne peut détenir le bien publiquement, donc le nom du non-Juif ne s'est jamais posé dessus (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״ז) — le Taz dit la même chose (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ט״ו). (3) Réquisition par une autorité : soumis, car là l'ustensile s'est bel et bien installé, ouvertement, dans son domaine (רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״א).
Deux conséquences que les Aharonim tirent eux-mêmes. (1) Vente du hametz. Le Pitchei Teshuva, au nom du Hokhmat Adam : puisque vendre à un non-Juif puis racheter oblige à la tevila, celui qui inclut ses marmites dans la vente du hametz devrait les réimmerger après Pessah — « ולכן מוטב שלא למכרם » (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק י״ג). (2) Acheté pour être refondu. L'Aroukh HaShoulhan, au nom du Pri Hadash : celui qui achète du métal à un non-Juif pour le fondre et en faire un ustensile neuf n'a aucune tevila à faire — et même s'il l'avait acheté pour s'en servir tel quel puis s'est ravisé, car פנים חדשות באו לכאן (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף נ״ט).

Lema'asse (fabrication et propriété). Un ustensile reçu en cadeau d'un non-Juif entre pleinement dans ton domaine : il suit la règle de l'acquisition, donc tevila. Un ustensile réparé par un non-Juif ne change pas de propriétaire — mais s'il en a refait l'essentiel, la discussion du seif 10 s'ouvre. Un ustensile qui sort d'une usine pose la question du propriétaire de l'entreprise. Ces trois cas reposent sur des faits que tu ne connais souvent pas — Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.

9. מי מטביל — enfant, non-Juif, et la question de la כוונה

אין מאמינים קטן על טבילת כלים

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ד
הגה: אבל אם טבלו לפני גדול הוי טבילה

— רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ד
אם הטביל כלים על ידי עובד כוכבים עלתה להם טבילה

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ט״ו
הגה: אבל אינו נאמן על הטבילה

— רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ט״ו
Deux questions à ne pas confondre : la validité et le témoignage. Le seif 15 dit qu'une immersion faite par un non-Juif est valable ; le Rama ajoute qu'il n'est pas cru pour dire qu'il l'a faite. Le seif 14 traite le même couple pour l'enfant : pas cru, mais valable s'il a agi devant un adulte. La question de la validité repose sur un point de fond : cette tevila exige-t-elle une כוונה ?

Faut-il une intention ? — et la nafka mina de l'ustensile tombé à l'eau

Le Bach soutenait que puisqu'on tranche, pour la nidda, que la tevila exige une כוונה, il devrait en aller de même ici — et donc qu'une immersion faite par un non-Juif ne vaudrait pas. Le Shach réfute : la raison du Rashba est ailleurs — cette tevila-ci n'est pas un passage de טומאה à טהרה, elle n'interdit pas ce qu'on a mis dans l'ustensile avant, elle n'est qu'un décret de l'Écriture ; d'où sa conclusion pratique : « ולפ״ז אם נפלו כלים למים קודם טבילה א״צ טבילה » (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״ח).

Le Taz lit le silence du Rama comme une preuve : puisqu'il n'a pas exigé qu'un adulte apprenne à l'enfant à avoir l'intention de purifier, c'est qu'ici « לא בעינן כוונה כלל » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק ט״ז). L'Aroukh HaShoulhan en fait une règle générale : la tevila des ustensiles n'exige pas d'intention, et si l'ustensile est tombé au mikvé sans que personne n'y pense, la tevila compte (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ב). Il note toutefois qu'il y a des חולקין (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ד).

Lema'asse (qui immerge). Immerge toi-même, ou fais-le faire devant toi. Un adulte juif présent suffit à valider l'immersion faite par un enfant ; l'immersion faite par un non-Juif compte, mais on ne se contente pas de sa parole. Et si un ustensile est tombé au mikvé, ou a été immergé sans qu'on y pense, la question de la כוונה se pose — il y a des avis opposés, et la réponse dépend du reste : Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.

10. שכח ולא הטביל — le cadeau au non-Juif, et l'absence de mikvé

אם שכח ולא הטביל כלי מערב שבת או מערב יום טוב יתננו לעובד כוכבים במתנה ואחר כך ישאלנו ממנו ומותר להשתמש בו

— שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ט״ז
הגה: וכן יעשה אפילו בחול במקום שאין לו מקוה… ואם עבר והשתמש בכלי בלא טבילה לא נאסר מה שנשתמש בו ויטבלנו עוד

— רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ט״ז
Pourquoi ce procédé fonctionne — et jusqu'où. L'ustensile redevient la propriété d'un non-Juif ; on ne fait plus que le lui emprunter, et l'emprunt est exempt (seif 8). Mais le Taz pose aussitôt la limite : « נ״ל דהאי תיקונא אינו אלא לפי שעה » — le procédé ne vaut que pour un temps, ce Chabbat-là, ou tant qu'on n'a pas de mikvé ; car s'il reste définitivement chez le Juif, il redevient comme acheté. Et il recommande alors : « יש ליזהר שיטביל כלי אחר עמו משום חשש ספק ברכה » (ט״ז יו״ד ק״כ ס״ק י״ח). L'Aroukh HaShoulhan dit la même chose : la permission ne dure que jusqu'après Chabbat, ou jusqu'à ce qu'il trouve un mikvé, et il immergera ensuite sans berakha (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף ס). Le Pitchei Teshuva signale enfin qu'il y a qui hésitent devant ce procédé, y voyant une הערמה (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק ט״ו).
Les autres issues, quand il n'y a pas de mikvé sous la main. (1) Une source ou un plan d'eau naturel de quarante séah : le seif 1 les met sur le même plan que le mikvé (שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף א). (2) Puiser de l'eau avec l'ustensile lui-même : l'Aroukh HaShoulhan propose cette issue explicitement, « אם היא כלי שראוי למלאות בה מים ידלה בה המים גם בשבת ויו״ט והטבילה תעלה לה » (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף ס) — l'ustensile est de toute façon submergé au moment où on le remplit. (3) La neige, בשעת הדחק, et seulement pour le verre dont la tevila est rabbinique : ainsi le Hokhmat Adam, cité par le Pitchei Teshuva (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק ד). (4) Neutraliser l'ustensile : le Hokhmat Adam, pour une immense chaudière impossible à immerger, propose d'y percer un large trou qui lui ôte le statut d'ustensile, « ואח״כ יתקן אומן ישראל » (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק א) — un artisan juif le refait, et l'ustensile est désormais “fabriqué par un Juif”.
Et pendant Chabbat même ? L'Aroukh HaShoulhan est catégorique : on n'immerge pas d'ustensiles Chabbat ni Yom Tov, משום דמתקן מנא, et même à la tombée du jour, quand on ne sait plus s'il fait nuit (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף ס). Le Pitchei Teshuva rapporte la distinction du Shaagat Aryeh pour le crépuscule : à בין השמשות de la veille de Chabbat, on n'immerge pas le métal (דאורייתא) mais on peut immerger le verre (דרבנן) ; à בין השמשות de Chabbat ou de Yom Tov eux-mêmes, même le verre est interdit, car l'immersion serait pour un usage de semaine (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק ט״ו). Le Shach renvoie enfin à l'Orah Haïm pour une autre solution du Rama (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״ט).

👈 Et si l'on a utilisé l'ustensile sans l'immerger ?

Le Rama tranche, et c'est la ligne la plus rassurante du siman : « ואם עבר והשתמש בכלי בלא טבילה לא נאסר מה שנשתמש בו ויטבלנו עוד » (רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ט״ז). Ce qu'on y a mis n'est pas interdit, et l'ustensile n'est pas ruiné : on l'immerge, simplement. L'Aroukh HaShoulhan donne la raison — il n'y a ici aucun goût interdit absorbé, seulement une mitsva prescrite (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף י״ז). C'est aussi ce qui explique, en amont, plusieurs des indulgences du siman.

Lema'asse (l'oubli, et l'absence de mikvé). Le don à un non-Juif suivi d'un emprunt est une solution d'attente, pas un régime permanent : dès qu'un mikvé est accessible, on immerge — sans berakha, ou avec un autre ustensile. En voyage, un lac, une rivière ou la mer peuvent convenir, mais leur validité halakhique n'est pas une évidence. Et si tu t'es servi de l'ustensile sans l'immerger : rien n'est interdit, immerge-le. Pour l'application à ta situation, consulte ton Rav.

11. פסיקת הספרדים והאשכנזים בזמננו — les deux courants

Note de méthode. Ce qui suit n'est pas cité entre guillemets, et pour une raison : les décisionnaires contemporains nommés ici n'ont pas été téléchargés depuis un corpus vérifiable pour cette page. Leurs positions sont donc exposées en prose, avec le nom de l'ouvrage, comme repères de psika — et à confirmer auprès d'un Rav avant toute application. Tout ce qui est entre « … » dans les sections précédentes vient, lui, du texte du Choulhan Aroukh et de ses nossei kelim.

Le courant séfarade

La psika séfarade contemporaine (école du Rav Ovadia Yossef, exposée notamment dans le Yalkout Yossef, section Issour veHeter, et dans les responsa Yabia Omer) part du Mehaber tel quel : métal et verre, tevila avec berakha ; revêtus, sans berakha. Deux traits la caractérisent. D'abord, le Mehaber n'a pas retenu le י״א du Rama sur les revêtus, mais l'usage séfarade a de toute façon suivi la règle générale de ne pas prononcer une berakha dans le doute — d'où la porcelaine et la faïence immergées sans berakha. Ensuite, sur les matières nouvelles — plastique, mélamine, nylon — l'orientation générale est de ne pas exiger la tevila, faute d'appartenir à l'une des deux catégories du verset et de la guemara.

Le courant ashkénaze

La psika ashkénaze part du Rama et de ses Aharonim, et le siman en offre déjà l'ossature complète : la tendance systématique à “immerger sans berakha” dans le doute (seifim 1, 5, 9, 10), le remède de l'ustensile joint (Shach, Taz), et la prudence de l'Aroukh HaShoulhan sur la porcelaine. Chez les décisionnaires du XXe siècle — au premier rang desquels les responsa Igrot Moshe, Yoreh De'ah — la discussion s'est portée sur les matières et les appareils que le siman ne nommait pas : Pyrex et verre trempé, aluminium, revêtements antiadhésifs, appareils électriques. La méthode y reste celle du siman : identifier la matière du corps de l'ustensile, puis son usage réel.
Habad — uniquement par des sources réelles. Le Choulhan Aroukh HaRav ne couvre pas le Yoreh De'ah ; il n'y a donc pas de “Daat HaRav” sur le siman 120, et l'on n'attribuera pas à l'Admour HaZaken un psak qu'il n'a pas écrit ici. Pour la pratique Habad sur ces questions, on se réfère aux responsa du Tzemach Tzedek et au Sefer HaMinhagim Habad, lorsqu'ils traitent explicitement d'un point.

12. מקרים מודרניים וסיכום מעשי — la cuisine d'aujourd'hui

Comment le siman 120 se lit dans une cuisine d'aujourd'hui. Quatre questions, dans cet ordre, résolvent presque tous les cas. (1) Le titre : l'ai-je acquis, ou seulement emprunté / loué ? (seifim 8-11). (2) La matière : métal, verre, revêtement — ou rien de tout cela ? (seif 1). (3) L'usage : l'aliment le touche-t-il, et est-ce l'usage majoritaire ? (seifim 4-7). (4) La berakha : certitude → avec ; doute → sans, ou joint à un autre ustensile (seif 3 et nossei kelim).
Cas moderneOutil du simanOrientation (à confirmer auprès du Rav)
Vaisselle achetée en magasin (même une épicerie cachère tenue par un Juif)Seifim 8, 10-11Le commerçant n'a jamais été tenu (il achète לסחורה) : l'obligation naît chez toi (רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ח). La vraie question est celle de l'Aroukh HaShoulhan : à qui appartenait l'usine ? Dans le doute → tevila.
Inox, aluminium, cuivre, fonteSeif 1Métal sans réserve → tevila avec berakha (שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף א).
Pyrex, Duralex, verre trempé, cristalSeif 1 · עבודה זרה ע״ה ע״בVerre → tevila, l'usage étant de dire la berakha ; l'obligation est דרבנן (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף כ״ד), ce qui compte dans les cas de doute.
Porcelaine, faïence, grès, céramique vernisséeSeif 1 · ש״ך ס״ק ב · ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף כ״טL'usage répandu : immerger sans berakha. Un vernis de verre vaut un revêtement (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק ב) ; l'Aroukh HaShoulhan interdit la berakha (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף כ״ט).
Poêle antiadhésive (téflon, céramique) sur corps de métalSeif 7L'essentiel de l'ustensile est le métal → tevila (רמ״א יורה דעה סימן ק״כ סעיף ז) ; la question de la berakha suit celle des revêtements — d'où l'usage d'immerger avec un autre ustensile de métal.
Plastique, mélamine, nylon, siliconeעבודה זרה ע״ה ע״ב · רמב״ם פרק י״ז הלכה וNi métal ni verre : la plupart exemptent ; certains immergent sans berakha, par analogie avec le critère de la refonte. Question de minhag, à trancher avec ton Rav.
Bouilloire, samovar, mixeur, grille-pain, machine à caféערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף ל · סעיף ל״טL'Aroukh HaShoulhan exige déjà la tevila du samovar et de la machine à thé (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף ל) ; l'électricité ne change pas la catégorie. Les issues connues des Aharonim quand l'immersion abîmerait l'appareil : le démontage de la partie qui touche l'aliment, ou la neutralisation puis la réparation par un artisan juif (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק א).
Appareil encastré, four, grande cuve fixéeערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף ל״טL'Aroukh HaShoulhan écarte du כלי סעודה ce qui n'est pas déplaçable et ce qui est trop grand pour servir à table (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף ל״ט) — un raisonnement à ne pas étendre soi-même.
Vaisselle jetable (aluminium, plastique)ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף מLe critère du siman est l'usage réel de l'objet (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף מ) ; l'usage unique puis la mise au rebut est un cas non traité par le siman, et les décisionnaires contemporains se partagent. Ne pas trancher seul.
Location de vaisselle, traiteur, hôtel, appartement louéSeif 8Ni acheté ni donné → exempt (שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״כ סעיף ח) ; l'Aroukh HaShoulhan atteste l'usage reçu pour les grandes réceptions (ערוך השולחן יורה דעה סימן ק״כ סעיף מ״ה).
Cadeau reçu d'un non-Juif ; ustensile réparé par un non-JuifSeifim 8, 10Un cadeau fait entrer l'ustensile dans ton domaine (à la différence de l'emprunt) → tevila. Une réparation ne change pas le propriétaire, mais si le non-Juif a refait l'essentiel de l'ustensile, c'est la discussion du seif 10 (ש״ך יו״ד ק״כ ס״ק כ״א).
Marmites vendues dans la vente du hametzSeif 11 · פתחי תשובה ס״ק י״גVendre puis racheter oblige à la tevila (seif 11) ; d'où l'avis rapporté par le Pitchei Teshuva de ne pas les inclure dans la vente (פתחי תשובה יו״ד ק״כ ס״ק י״ג).

טבלה — qui dit quoi (nossei kelim du siman)

PosekApport décisif (ancré corpus)
Mehaber (א׳–ט״ז)Matières et eau (א׳) ; prise lâche (ב׳) ; berakha (ג׳) ; trépied contre gril (ד׳) ; couteau de che'hita (ה׳) ; bois cerclé (ו׳) ; ustensiles mixtes (ז׳) ; emprunt et location (ח׳) ; gage (ט׳) ; artisan (י׳) ; revente (י״א) ; manches (י״ב) ; rouille (י״ג) ; enfant (י״ד) ; non-Juif (ט״ו) ; oubli avant Chabbat (ט״ז).
Rama (הגה)Revêtus → sans berakha, וכן נוהגין (א׳) ; eau du mikvé pour mouiller la main (ב׳) ; couteau de che'hita sans berakha, fers à matsot exempts, couvercle de marmite soumis (ה׳) ; règle de l'essentiel métal / bois (ז׳) ; interdiction d'un usage occasionnel sans tevila, et second acheteur (ח׳) ; artisan sans berakha (י׳) ; copropriété, vol, réquisition (י״א) ; enfant devant un adulte (י״ד) ; non-Juif non cru (ט״ו) ; cadeau en semaine faute de mikvé, et l'aliment non interdit (ט״ז).
Taz (טורי זהב)ס״ק א : le taam — sortir de la טומאה du non-Juif vers la קדושה d'Israël ; ס״ק ג : le revêtement intérieur n'est que décoratif ; ס״ק ד : contre le Rama, l'eau puisée suffit par השקה ; ס״ק ה : ne pas changer la formule de la berakha ; ס״ק י : l'emprunteur chez le commerçant, sans berakha ; ס״ק ט״ו : le voleur ne détient pas publiquement ; ס״ק ט״ז : טבילת כלים דאורייתא, et pas de כוונה requise ; ס״ק י״ח : le cadeau au non-Juif n'est qu'une solution temporaire.
Shach (שפתי כהן)ס״ק ב : un revêtement de verre vaut un revêtement d'étain ; ס״ק ה : immerger le douteux avec un autre ustensile, avec berakha ; ס״ק ו : צ״ע sur la prise lâche, d'après le Rambam ; ס״ק ח : la formule על טבילת כלי מתכות ; ס״ק י : pourquoi le couteau de che'hita n'est pas כלי סעודה ; ס״ק י״א : le critère de l'usage impossible pour un autre aliment ; ס״ק י״ט : le gage quand l'intention est inconnue ; ס״ק כ״א : la position du Ritzva sur l'artisan ; ס״ק כ״ו : rachat de la part du non-Juif ; ס״ק כ״ז : le vol, non par יאוש ; ס״ק כ״ח : pas de כוונה, d'où l'ustensile tombé à l'eau.
Pri Hadash (פר״ח)Acharon de référence sur ce siman : la tevila du verre n'est que rabbinique, d'où l'indulgence en cas de doute (gage) ; l'usage majoritaire de l'ustensile décide ; celui qui achète du métal pour le refondre est exempt.
Pitchei Teshuva (ס״ק א–ט״ו)ס״ק א : les grandes chaudières, et la neutralisation puis réparation par un artisan juif ; ס״ק ב : la porcelaine selon le Sheilat Yaavetz ; ס״ק ג : tout l'ustensile en une fois ; ס״ק ד : la neige בשעת הדחק ; ס״ק ה : la réponse du Tiferet LeMoshe au Shach ; ס״ק ט : la vaisselle empruntée pour les grandes réceptions ; ס״ק י״א : le Pri Hadash sur le gage ; ס״ק י״ג : les marmites dans la vente du hametz ; ס״ק ט״ו : la הערמה, et le crépuscule selon le Shaagat Aryeh.
Aroukh HaShoulhan (ק״כ:א–ס״א)Le commentaire le plus utile pour nos cas : la tevila est de la Torah (ד) ; la berakha au pluriel même sur un ustensile (כ״ב) ; le verre, obligation rabbinique (כ״ד) ; la porcelaine, sans berakha (כ״ט) ; la liste des ustensiles soumis, samovar compris (ל) ; démonter les couverts (י״ח) ; les bouteilles à col étroit (י״ט) ; l'usage majoritaire (מ) ; la vaisselle prêtée par le commerçant (מ״ד–מ״ה) ; le propriétaire de l'usine (נ״ח) ; le métal acheté pour être refondu (נ״ט) ; Chabbat et les issues (ס).

Liens Sefaria (texte et nossei kelim)

Choulhan Aroukh YD 120 : 120:1 · 120:3 · 120:8 · 120:13 · 120:16
Taz (Turei Zahav) : 120 ס״ק א · 120 ס״ק י״ח
Shach (Siftei Kohen) : 120 ס״ק ב · 120 ס״ק כ״ח
Pitchei Teshuva : 120 ס״ק ב · 120 ס״ק ט
Aroukh HaShoulhan : יו״ד ק״כ:כ״ט · יו״ד ק״כ:נ״ח
Rambam · Guemara : מאכלות אסורות פרק י״ז הלכה ו · עבודה זרה ע״ה ע״ב

👈 הלכה למעשה — la règle d'or de ce niveau

  1. Sur le fond, la tevila ne purifie pas un goût : elle fait passer l'ustensile du domaine du non-Juif à celui d'Israël. Tout le siman découle de là — d'où l'exemption de l'emprunté, du loué, du copropriété, du volé.
  2. Trois filtres, dans l'ordre : l'acquisition (l'ai-je vraiment acquis ?), la matière (métal ou verre ?), l'usage (l'aliment le touche-t-il ?).
  3. Le doute ne se résout jamais par une berakha : il se résout en immergeant sans berakha, ou en joignant au lot un ustensile de métal certainement soumis.
  4. Rien n'est perdu si l'on a oublié : ce qu'on a mis dans l'ustensile n'est pas interdit, on l'immerge après coup.
  5. Et pour chaque cas réel — quelle matière exactement, quelle provenance, quel usage — la halakha lema'asse passe par ton Rav : consulte ton Rav.

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
פסק והלכה למעשה בדיני טבילת הכלים · סימן ק״כ · ⚖️ Niveau 4 — Halakha lema'asse
⚠️ Ce contenu est à but d'étude. Les courants de psika contemporains cités (séfarades et ashkénazes) sont des repères, non un psak personnel. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה), consultez un Rav qualifié.

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